Hello people ! J'ai finalement réussi à corriger le chapitre à temps, mais je suis à l'état de zombi actuellement u_u Je suis revenue de Paris il y a quelques heures, et je repart à Angers dans quelques heures aussi... Je commence à haïr ma voiture et à avoir mal partout...

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Enfin bref ! Voici les réponses aux reviews !

Niakovic, ta review m'a bien fait rigoler. Un Epouvantard toilettes-Détraqueur, mon Dieu xDDD Pour Jedusor et Elisa... C'est tellement bête que dans le canon JKR n'ai pas développé l'impact qu'à eu le journal sur Ginny, BECAUSE I HAVE FEELINGS ABOUT IT OKAY. J'ai des dizaines de théories, qui relèvent à la fois des études sur le lavage de cerveau, le syndrome de Stockholm, mais aussi des idées tordues basées sur la psyché d'Elisa. Bref, la petite voix de Jedusor est pas près de la boucler. Mais si Elisa et Voldemort se retrouvent face à face, il ne va pas la reconnaître, bien sûr : il n'a pas les souvenirs du journal ! Et Dumbledore... Il suspecte Elisa d'être derrière la révélation de la parenté de Jedusor (parce qu'elle lui a montré ses notes, où elle avait fait cette connexion). Mais il n'a pas eu besoin de lire ses pensées pour ça. En revanche, c'est vrai, il commence vraiment à être intrigué par elle...

Hello Kuro No Kage ! Très bonne question : jusqu'où vont les connaissances de Dudu sur les actions d'Elisa ? Pour l'instant, il pense juste qu'elle est une élève normale, plus intelligente que la moyenne, un peu mère-poule, amie avec Harry (très important), et qui a eu la malchance de tomber durant quatre mois entre les griffes du journal, ce qui lui a donné envie de se venger. Il ne sait pas qu'elle prémédite tout ça. Il suspecte qu'elle s'implique volontairement dans tout ce qui touche Harry, parce qu'elle est son amie : mais que ce qui se passe ensuite (son sauvetage dans la Chambre des Secrets par exemple) est simplement un coup de chance. Dudu la considère un peu comme le "cerveau" de la bande d'Harry (place qu'il réserve à Hermione dans le canon) sauf que contrairement à Hermione, Elisa n'aime pas Dudu et se méfie de lui, et que Dumbledore le sait et le prend en considération dans ses calculs...

Yo Doucetbête ! Oui, Dans la promo d'Harry il y avait 40 élèves seulement, donc environ 10 élèves par Maison. Mais (et j'ai du le dire soit dans ce tome là soit dans le tome 2) c'est parce qu'il s'agit d'une génération née durant la guerre : beaucoup d'enfants ou de jeunes parents ont été trucidé. Du coup, la génération de Ginny et les suivantes (nées après la disparition de Voldy) sont deux fois plus grandes, voir davantage ! Il y a entre 80 et 100 élèves à répartir, donc entre 20 et 25 élèves par Maison. Le double ! Et cette année, Poufsouffle a une quantité gigantesque nouveaux venus...

Salut IceQueen38 ! Bonne question. Dudu ne soupçonne absolument pas qu'Elisa connait le futur, parce qu'à chaque fois qu'elle agit en connaissance de ce futur, elle s'est donné les moyens de justifier cette connaissance. Par exemple, avec les coqs dans le tome 2 : elle s'est arrange pour que beaucoup de monde, durant des mois, la voient étudier un bouquin sur les Basilics. Donc Dumbledore pense qu'elle est plus intelligente que la moyenne et plus prévoyante, mais il n'envisage pas qu'elle connaisse le futur, parce que ça serait trop tiré par les cheveux et qu'Elisa a bien couvert ses traces. Hum... Sinon, pour le couple Drago/Astoria : je n'en ai aucune idée. Drago a changé suite à sa possession, et Astoria va aussi changer par rapport au canon. J'attends de voir comment ils évoluent au fil de mon écriture ! =D

Coucou Mayoune =) Oui, dans ce tome, Elisa et Dumbledore vont avoir l'occasion de discuter à plusieurs occasions. Leur relation va être moins antagoniste (même si Elisa reste méfiante, et Dudu prudent !). Quant à Drago et Astoria... Ca reste à voir !

Aaaaah, BlanchEner, je comprend mieux ! Oui, Elisa va parler de ce qu'elle a apprit sur Sirius à Harry. Dans pas très longtemps d'ailleurs ! Et elle va aussi essayer de nuancer les choses (puisque les éléments de son enquête pointent vers le fait que Sirius n'est pas quelqu'un de très recommandable xD). Sinon, pour le Choixpeau, je crois que c'est plutôt une sorte de miroirs où les enfants se trient eux-mêmes. Au fond de lui-même Neville voulait Gryffondor, par exemple. Donc la volonté un rôle primordial. Avec le cas d'Astoria Greengrass, je l'imagine comme étant assez effacée, discrète, mais voulant aller à Serpentard (dans le canon). Là, elle est décidée pour Poufsouffle. Le Choixpeau l'aide à faire la part entre ces deux désirs contradictoires et c'est Poufsouffle qui l'emporte. Comme pour beaucoup d'élèves, d'ailleurs, qui ont gagné une appréciation nouvelle pour cette Maison après avoir été protégés par les blaireaux x) Voilà. Et pour les classes... Ils vont garder le vieux système de partage des classe entre deux Maisons, tout simplement parce qu'ils n'ont pas assez de profs pour faire autrement. Poudlard est gravement en sous-effectif, c'est un point que je vais aborder plus tard.

Salut Skaelds ! Enfin quelqu'un qui comprend mon point de vue sur GOT ! Sérieusement, quand Daenerys et Jon se sont rencontrés, ils étaient tendus, ils étaient rivaux, les coups d'éclats de Dany faisaient reculer Jon, et Jon faisait passer le Nord avant tout. Et là... Pouf, tout disparait. Tyrion clame que Jon ets amoureux (euuuh, WTF ?!). Dany lâche tout pour aller sauver Jon. Et soudain la mort du dragon chagrine tellement Jon que fuck le Nord, il va prêter allégeance ?! Je hurle. Et ça, c'est sans compter la haine entre Arya et Sansa qui n'a aucun sens. Si Arya se cherche un ennemi, elle devrait se fixer sur Littlefinger ! Sansa est à peu près la seule personne raisonnable de la bande (elle prépare l'hiver, etc.), franchement, autant sa naïveté m'agaçait dans la saison 1, autant je suis TeamSansa depuis qu'on la voie survivre à des trucs de plus en plus horribles... Enfin bref. Cet épisode était assez épique, visuellement, mais l'intrigue se barre en sucette...

Yo Aomine ! L'idée des lettres est bien, mais malheureusement Elisa n'a pas vraiment de justification pour prendre contact avec Sirius (ni pour savoir qu'il se cachera dans la Cabane Hurlante). Donc nope. Ton idée vis-à-vis de Dudu est à peu près exacte : Dumbledore a bien conscience de la popularité d'Elisa, et il le prend en compte dans ses calculs. Quant à la recruter... Il n'est pas encore décidé, car Elisa ne l'aime pas. La vidéo sorcière fera son apparition dans le tome 4, c'est décidé ! J'ai bien développé cette idée, merci beaucoup pour ça d'ailleurs =) Et je suis totalement d'accord pour Arya et Sansa. Pour Jon et Daenerys, par contre, je n'arrive pas à voir l'attirance. DU TOUT. Jon refuse de reconnaitre Dany comme reine : elle crame les gens pour ça, et chez Jon, elle trouverait ça attachant ? Pff. N'importe quoi. Et Jon n'a pas vraiment parlé avec elle de cette histoire de changer le monde... Je veux bien croire qu'il se préoccupe d'elle (il se préoccupe de TOUT LE MONDE), et qu'il lui soit reconnaissant pour le sauvetage... mais de là à en tirer une romance, c'est n'importe quoi ! Ouais, je suis toujours contrariée à cause de cet épisode u_u

Hello Imthebest ! Oui, Dumbleore sait qu'Elisa est derrière la révélation de la parenté de Jedusor. Il sait qu'elle savait l'identité de Voldemort, qu'elle voulait une vengeance, qu'elle a sauvé Drago (lui donnant un moyen de pression sur les Malefoy) et qu'ensuite Lucius a joué le jeu. Les indices n'étaient pas difficiles à aligner. Heureusement, très peu de gens savent la vérité...

Ah ah, SugarBrown, ta review m'a fait bien rigoler, je t'imaginais hurler devant ton écran x) Ouais, je suis encore énervée par l'épisode de Game Of Thrones... Arya fracasse les Stark, et la soudaine affection de Jon Snow me parait sortir de nulle part, être limite forcée. Et personne n'apprécie assez Sansa ! Mais bref. Nope, pas de Drago/Elisa xD Mais cette remarque était trippante, je crois que je ferai un clin d'oeil à ce ship dans le tome 4, juste pour le fun x)

EXCELLENTE REMARQUE Elaia Gurialde et je suis contente que quelqu'un l'ai soulevée =D Non, Lupin n'a pas lancé de Patronus, car les autres Poufsouffle ont lancé le sort et c'est le Patronus de l'un d'eux qui a sauvé Harry et compagnie ! Lupin leur a juste donné du chocolat. Voilà ! Sinon, ouaiiis, moi aussi je trépigne à l'idée de lancer le tome 4, il est rempli de détails qui tuent, de révélation, de suspense, et d'actions épiques. Sinon, oui, Trisha participe au CEM, c'est expliqué déjà dans le tome 1, mentionné dans le 2... =)

Hello, LA. Adeline B ! Oui, Dumbledore est beaucoup plus compréhensif envers une Elisa Poufsouffle qu'envers une Elisa Serpentard. D'un autre côté, la Elisa Serpentard gérait son business toute seule, il ignorait tout d'elle, alors il s'en méfiait beaucoup : mais il a déjà eu affaire à Elisa Poufsouffle et il sait qu'elle est motivée par l'envie de protéger les élèves =D Enfin bref, merci beaucoup, et pour le tome 4... Spoilers !

Voilà Jack Sherlock Black-Londugbat, c'est ça qui m'énerve dans GoT : Tyrion et Davos (par exemple), qui ne se connaissent pas DU TOUT, parviennent à mettre leurs différences de côté. Mais Arya et Sansa, qui sont soeurs, qui ont passé leur enfance ensemble, qui aiment Winterfell, qui ont un but commun, qui ont un ennemi commun, et qui aiment les mêmes personnes, en seraient incapables ? C'est incohérent. C'est insultant pour leurs personnages (qui étaient pourtant si bien développés ! Sans est l'un des persos les plus réalistes et attachants). Bref, ça m'énerve x)

T'inquiète, Streema, on va voir Harry dans ce chapitre =) Quant à Astoria, le canon ne nous dit même pas sa Maison, en fait. Elisa pense qu'elle était originellement une Serpentard, mais... en fait, ce n'est qu'un "headcanon" de sa part. J'ai même lu plusieurs fics où Astoria était, canoniqument, une Poufsouffle... Mais passons. Je ne sais pas encore quelle relation elle va avoir avec Drago. Mais ils ont le temps : ils ne sont encore que des enfants...

Salut Louny9895 ! Ah ah, oui, je vois, pas de fanboyage dans cette review x) Oui, la relation entre Elisa et Dudu s'améliore... Mais attention, ça ne veut pas dire qu'ils sont potes. Il y a encore beaucoup de méfiance du côté de notre petite Poufsouffle ! D'ailleurs, en parlant de Poufsouffle : la Maison d'Astoria dans le canon n'est pas connue, donc si ça se trouve, elle était canoniquement une Poufsouffle... x)

Hello Sygale ! xD Ta review m'a bien fait rire x) Pour le couple d'Astoria et de Drago, c'est à voir ! Je ne sais même pas si je vais garder les enfants canons de la nouvelle génération (Elisa pousserait de hauts cris si Harry appelait ses enfants comme ses parents morts xD). Et on est bien d'accord pour Game Of Thrones ! Sérieusement, j'ai presque peur de voir ce que l'épisode suivant nous réserve.

Yo, EveApplefield ! Oui, Dumbledore est malin, et il a changé d'approche en ce qui concerne Elisa. Il faut dire qu'il la garde à l'oeil, et qu'il a décidé qu'il valait mieux ne pas l'avoir en tant qu'ennemie. Elle ne serai pas une menace, mais elle lui planterai une sacrée épine dans le pied, quand même x)

Coucou Elesdei ! Contente que ça t'ai plu x) Ah, la conversation entre Dudu et Elisa est pleine de sous-entendus... Et effectivement, ça va leur éclater à la figure quand Voldy va faire des siennes dans le tome suivant xD Et oui, Elisa critique la santé mentale de Sirius tout en sachant tès bien qu'elle-même a des soucis ! Mais bon, elle considère qu'elle a le droit de ne prendre de haut tant qu'elle n'envisage pas de tuer quelqu'un en guise de blague... x) Sinon : nope, Astoria est la PETITE soeur de Daphnée, qui elle, est dans la même classe que Drago. Donc j'ai imagine qu'Astoria avait deux ans de moins =)

AndouilleEtSushi ! Bwahahaha, contente que ça t'ai plu x) Nope, Ginny n'est pas raciste envers les Serpentard, parce qu'aucun de ses frères (Percy, Fred et George, et Ron) ne le sont. Et puis, si Harry Potter a des amis Serpentard (enfin, une amie, Tracey, mais ça compte), alors ça aide beaucoup x)

Yo Johann D. E. ! Ouais, Game Of Thrones vire au fn-service, je suis déçue u_u Sinon, oui, Elisa a déjà bien préparé tout le monde à la catastrophe qui se prépare... Même si elle a aussi pour objetcif d'empêcher tout simplement qu'elle se produise ! Enfin bref. Bonne chance avec tes soucis d'ordi ! xD On dirai que tu joue de malchance.

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Et avant de passer au chapitre... Une note descriptive sur le personnage que vous attendez tous : Cédric Diggory !

Cédric Jason Diggory est un Sang-Pur, blond et plutôt mignon, aux traits droits et au regard amusé. Charismatique, patient et attentif, Cédric est incroyablement populaire dans sa Maison. Il aime beaucoup le Quidditch, où il joue au poste d'Attrapeur.

Le père de Cédric, Amos Diggory, est un Sang-Pur descendant une famille assez ancienne. Il avait deux frères, qui sont tous les deux morts durant la guerre. Son épouse, Galatéa Diggory (née Lucini) est également une Sang-Pure, d'origine italienne, venue aider à St Mangouste avec plusieurs volontaires internationaux. Amos travaillait à l'époque au Département de la Coopération Magique Internationale, gérant les arrivées de Portoloin, et c'est ainsi qu'ils se sont rencontrés. Amos et Galatéa sont très vite tombés amoureux.

Galatéa croyait avec ferveur à la Divination et a insisté pour qu'ils fassent appels à la Visionomie pour nommer leur fils. Tout s'est bien passé, le Visionomeur a déclaré à la jeune mère enceinte quel serai le destin et la personnalité de son enfant, et les Diggory ont appelé leur fils Cédric. Deux ans plus tard, Galatéa est tombée enceinte à nouveau : mais cette fois le Visionomeur lui a dit que cet enfant n'aurait pas d'avenir. Amos était sceptique. Mais il se trouve que Galatéa a été gravement blessée dans une attaque de Mangemort, victime d'un tir croisé, peu de temps avant l'accouchement. Elle a perdu l'enfant. Leur couple n'a pas survécu à ce drame, et les Diggory ont divorcé deux ans plus tard. Galatéa est retournée vivre en Italie.

Cela a inculqué à Amos du respect pour la Divination, respect qu'il a transmis à son fils : mais il se tient personnellement à distance des voyants en tout genre. Il leur voue une certaine rancune pour ne pas avoir prévenu sa femme de son destin. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, même s'il n'a rien contre l'amitié de Cédric et Elisa, il s'est arrangé pour ne jamais rencontrer ni Elisa elle-même, ni sa mère (une astrologue est une voyante, et les voyantes, il n'aime pas ça !).

Alors que son père est plutôt rigide, fier et a quelques préjugés (vestiges de la guerre et de son histoire personnelle), Cédric est quelqu'un de très ouvert et de très tolérant. Quand il était plus jeune, il passait beaucoup de temps à jouer avec les gamins de Loutry St Chaspoule : les sorciers (notamment Charlie Weasley, qui a beaucoup de patience avec les enfants) mais aussi les Moldus. Son père n'avait pas beaucoup de temps à lui consacrer, et sa mère a quitté le pays alors que Cédric avait à peine six ans. Il se sentait donc très seul, abandonné. Cela l'a rendu très vite assez indépendant, mais sans jamais lui faire perdre sa gentillesse ou sa douceur.

Il se sent généralement responsable des élèves plus jeunes. C'est en grande partie pour cela qu'il a sympathisé avec Elisa, et s'est obstiné à tisser une amitié avec elle (alors qu'Elisa cherchait à garder ses distances) : c'est quelque chose qu'ils ont en commun. Ils veulent aider les autres, ils s'en sentent responsable d'une façon qu'ils n'arrivent pas complètement à exprimer. Et, d'une certaine façon, Elisa avait l'air très seule, avait besoin d'aide, et Cédric voulait l'aider. C'est aussi simple que ça. Il a ensuite fallu beaucoup e temps pour que Cédric gagne la confiance d'Elisa, mais celle-ci à finalement cédé à sa gentillesse, son humour, sa loyauté indéfectible. Depuis, avec Trisha, ils forment un trio inséparable.

Cédric semble vraiment être l'archétype du Poufsouffle parfait. Il est patient, altruiste, et loyal. Quand on le compare au caractère obstiné d'Elisa ou à la personnalité énergique de Trisha, Cédric semble ne pas avoir beaucoup de profondeur. C'est une erreur. Il a aussi pas mal d'humour, et un certain charisme. Il sait se faire écouter, même quand la tension est à son comble et que la situation sembla à deux doigts de dégénérer ! Cédric a en effet beaucoup de sang-froid sous son affabilité. Il garde son calme en toutes circonstances : ses amis peuvent compter sur les doigts d'une main les moments où ils l'ont vu paniquer. Ce côté terre-à-terre, avec sa gentillesse et son sens moral, font que Cédric est respecté non seulement par sa Maison, mais aussi par un grand nombre d'élèves d'autres Maisons (ce qui lui a valu un badge de Préfet en cinquième année).

Cédric adore aussi la compétition. Il est l'un des meilleurs élèves de son année, pas seulement parce qu'il est studieux, mais aussi parce qu'il aime avoir des bonnes notes. Il aime jouer au Quidditch parce qu'il adore voler, mais aussi parce qu'il n'y a rien de plus grisant que d'arracher la victoire de justesse dans un match. Cédric ne recherche pas activement la gloire et la renommée : mais ce sont des choses qui l'attirent, indubitablement.

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Voilà, je crois que c'est tout. Enjoy !

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Les elfes, la justice, et les Patronus

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Malgré la présence des Détraqueurs autour de l'école, et la perspective des BUSES pour la promotion d'Elisa, l'année commença de manière relativement paisible. Oh, sûr, les profs commencèrent tous leurs cours par un petit discours sinistre pour leur mettre la pression. La tirade de Rogue, en particulier, était assez terrifiante. Mais Elisa n'était pas très angoissée. Bien sûr, elle avait envie d'avoir de bonnes notes et de se couvrir de gloire ! Mais elle n'en avait pas besoin pour trouver un métier, contrairement à ses camarades. Elle, elle avait déjà son commerce de Glisseurs, ainsi que la boutique B&B.

Mais bon, ça la tentait bien de faire un Doctorat en Sortilèges, alors elle avait intérêt à obtenir au moins un Optimal dans cette matière. Ça, et les Runes Anciennes. Pour le reste… Elle aviserait.

Bref, les cours commencèrent plutôt tranquillement. Il y eut un cours de Divination où Elisa inventa une prédiction selon laquelle Sirius Black entrerait à Poudlard à la fin du mois d'octobre, et où Trelawney la félicita pour cette magnifique lecture de la boule de cristal, tandis qu'Adrian et Trisha essayaient de ne pas rigoler. Il y eut un cours de Potions où Elisa foira complètement son Elixir de Clairvoyance. Il y eu un cours de Runes où ils passèrent deux heures à faire une traduction laborieuse et où Elisa eut presque une crampe à la main à force d'écrire. Et puis il y eu un cours de Métamorphose où, Merlin soit loué, ils se concentrèrent sur le Sortilège de Disparition, qu'Elisa avait déjà appris quelques années plus tôt. La Métamorphose était sa bête noire, alors elle profitait de chaque petit avantage qu'elle pouvait grappiller !

– On a une tonne de devoirs, se plaignit Trisha dès le premier jour. Regarde-moi ça, quarante centimètres sur l'importance du mouvement de baguette du Sortilège de Disparition ?

– M'en parles pas, marmonna Elisa qui n'avait aucune idée de ce qu'elle allait bien pouvoir raconter dans cette dissertation.

Le reste de la semaine suivit dans le même ton. En Botanique, ils avaient rarement des devoirs, mais Chourave leur ordonna quand même de faire des recherches sur l'usage des Tentacula Vénéneuses. Et en Sortilèges, Flitwick ne les ménagea pas non plus. Elisa, en particulier. Son talent dans cette matière avait déjà attiré l'œil du petit professeur, mais elle n'avait pas réalisé que ça signifiait qu'il allait la pousser particulièrement sévèrement durant cette année de sélection. Il devina très vite qu'elle maîtrisait déjà le Charme de Solidification, et lui ordonna donc de faire la démonstration d'une vingtaine de sorts qu'ils avaient vus durant les quatre années précédentes. A la fin, Elisa avait fait un sans-faute, mais elle était crevée.

– Miss Bishop, la retint-il à la fin du cours de sa petite voix flutée. Vous maîtrisez déjà le Charme du Bouclier, n'est-ce pas ?

Elisa eut un moment de panique : est-ce que Flitwick avait découvert le Challenge ? Puis elle se rappela qu'elle avait utilisé le Charme du Bouclier contre Lockhart. Son talent avec ce sortilège était sans doute connu de tout le personnel enseignant.

– Euh, oui…

– Ainsi que le Patronus, si je n'abuse. Et vous avez élaboré plusieurs objets enchantés, dont les MagicoGlisseurs qui nécessitent des enchantements extrêmement calibrés.

– Professeur ?

– Miss Bishop, fit très sérieusement le petit professeur. Vous avez déjà couvert presque tout le cursus de la cinquième année, et je pense que vous connaissez déjà plusieurs sorts du niveau des ASPICS. Mais je ne veux pas que vous vous ennuyez dans ma classe… Alors j'ai un devoir supplémentaire à vous assigner : apprenez à lancer vos sorts de manière informulée.

Elisa ouvrit de grands yeux effarés :

– Mais c'est très difficile ! Et j'ai déjà plein de devoirs !

Flitwick haussa un sourcil :

– Vous pensez que votre temps dans ma classe serait utilisé de manière plus productive si vous vous entrainiez à répéter les sorts que vous connaissez déjà ?

Elisa hésita, partagée entre le désespoir à l'idée de tout le travail qu'elle allait devoir faire… Et la fierté de voir que son professeur fondait de si grands espoirs sur elle. Finalement, elle inclina la tête. Elle devait admettre qu'elle était curieuse.

– Vous avez raison. Je vais le faire. Mais, euh, du coup, est-ce que je suis aussi obligée de faire la dissertation sur le Sortilège de Solidification… ?

– Au revoir, Miss Bishop, claironna Flitwick en retournant à son bureau. Vous allez être en retard à votre prochain cours !

Espèce de nain tyrannique, va.

Bref. Mis à part cette charge supplémentaire de travail et les discours des profs sur l'importance des BUSES, l'année commençait comme d'habitude. Trisha se mit à se plaindre de leur charge de travail. Adrian se mit à ronfler en cours d'Histoire. Cédric organisa des groupes d'entraide dans la salle commune. Les jumeaux Weasley se mirent à fabriquer des pétards faits-maisons durant leur cours de Métamorphose. Helen et Rhonda reprirent leurs leçons de duel dans l'une des cours intérieures du château, leçons auxquelles tous les membres du Challenge essayaient de venir un jour ou un autre afin de s'entrainer. Bref, la routine.

Pour Elisa (et un certain nombre de ses amis), l'évènement le plus marquant du début d'année était le lancement du Club d'Education Moldue, à la fin de la première semaine de cours. Takashi, surtout, était stressé. Et Elisa, qui était chargée du discours d'introduction, avait toujours un trac tellement monstrueux qu'elle n'arrivait pas à manger de toute la journée. En plus, cette année, il y avait plein de nouvelles recrues. Trente élèves, soit près d'un tiers des premières années !

Bon, la plupart ne tiendraient pas la distance et ne reviendraient pas l'année prochaine. Mais c'était bon de savoir que l'idée du CEM avait atteint un public aussi large.

La plupart des anciens inscrits étaient revenus. Pas tous : beaucoup de cinquièmes années avaient décidé de se faire la malle pour se consacrer à leurs BUSES, comme Tabitha, Raashid, ou Aaron Woodbridge. Des élèves plus jeunes avaient suivis leurs pas. Mais il restait quand même pas mal d'inscrits. Harry Potter et Hermione Granger, par exemple : ou encore Marietta Edgecombe, Terence Higgs, ou la petite Sun-Min. Et l'afflux de petits nouveaux compensait largement le vide laissé par le départ des anciens.

– Stressée ? lui souffla Trisha lorsqu'elles entrèrent dans la salle de classe remplie.

Elisa avala de travers, et trébucha sur le seuil de la pièce tant elle était nerveuse. Bon sang, elle avait fait face à l'héritier de Serpentard, mais nope, parler en public lui nouait toujours les tripes comme un saut dans le vide.

– Yo, Magister ! lança Heather d'une voix forte. On n'attendait plus que toi !

Du coup, tous les regards se tournèrent vers Elisa. Les anciens, les nouveaux. Les gens assis sur des chaises, ceux qui étaient debout, et les plus âgés qui s'étaient assis sur les tables avec nonchalance. Il y avait même des petits Sang-Purs, qui étaient sans doute venus par simple curiosité.

Et c'était à elle de les convaincre de s'inscrire. Bonjour la pression.

– Je n'allais pas manquer ça, répondit Elisa avec son sourire figé. Alors, pour commencer, bonjour à tous ! Je suis Elisa Bishop, la co-présidente du CEM…

Plus elle parlait et plus elle se détendait. Trisha avait raison, elle était affreusement stressée avant de se lancer. Mais une fois dans le feu de l'action, les mots lui venaient plus naturellement.

Depuis deux ans, elle ressortait toujours les mêmes thèmes. L'éducation moldue était un bonus sur votre CV qui pourrait vous permettre d'être engagé au Ministère. Connaitre les lois de la physique améliorait votre compréhension du monde, et donc votre usage de la magie. Et surtout, au CEM, vous pouviez demander de l'aide pour n'importe quoi, qu'il s'agisse de résoudre une équation ou de savoir en quoi les mouvements de la baguette étaient importants, et les gens vous répondraient sans vous juger. C'était une idée qui attirait beaucoup les Nés-Moldus, qui avaient des tas de questions sur le monde magique mais qui n'osaient souvent pas les poser.

– Et pour ceux qui seraient curieux d'apprendre le Patronus, je vous préviens que ce n'est pas dans le cursus du CEM, conclut Elisa avec un sourire. Mais si ça vous intéresse, je peux organiser une leçon plus tard.

– Tu t'écartes du sujet, toussota Takashi.

– C'est vrai, concéda Elisa d'un air penaud. Je m'arrête là. Qui a des questions sur le CEM ?

Une vingtaine de mains se levèrent. Takashi et Elisa échangèrent un regard complice, puis se mirent à répondre aux interrogations de leurs futures recrues. S'engager à suivre un cursus moldu en plus du cursus sorcier, ce n'était pas un truc qu'on faisait à la légère. Surtout quand on avait onze ans et qu'on avait bien d'autres choses à faire que d'assister à des cours supplémentaires. Elisa et son collègue Serdaigle avaient tout intérêt à se montrer persuasifs.

Il y avait de nombreuses interrogations, mais après-coup, lorsque la liste d'inscription se mit à circuler, presque tout le monde signa. Petit à petit, la salle se vida, la plupart des gens retournant à leurs salles communes ou pressés d'aller dîner. Ce fut ce moment-là que choisit Hermione pour tomber sur la Poufsouffle comme un rapace fondant sur sa proie.

– Elisa, tu as des elfes de maison, non ?

Oh oh.

– Effectivement, répondit prudemment la jeune fille. Et Harry m'a parlé de ton… intérêt pour le sujet.

Hermione n'avait pas beaucoup écrit à Elisa cet été, probablement parce qu'elle était en vacances en France. Mais à la fin de l'année dernière, elle avait découvert l'existence des elfes de maison, et d'après Harry, elle s'était lancée dans une croisade aussi passionnée que dans l'histoire canon.

Hermione hocha vigoureusement la tête :

– Oui, j'ai lu tout ce que je pouvais trouver sur le sujet. Mais ce n'était pas beaucoup. Apparemment personne ne s'est donné la peine d'écrire sur les elfes, et les quelques livres qui les mentionnent sont absolument horribles, ils parlent d'eux comme s'ils étaient des créatures inférieures !

Parce que la plupart des sorciers pensaient que les elfes étaient des créatures inférieures, justement. Elisa poussa un soupir :

– Les gens prennent les services des elfes pour acquis, c'est vrai. Je suis désolée, mais je ne connais pas de livres sur les elfes à te recommander.

– Vraiment ? lâcha Hermione avec incrédulité. Alors comment tu sais toutes ces choses sur eux ? Harry m'a dit que tu lui avais expliqué comment fonctionnait le lien entre elfe et sorcier, la façon dont les elfes en sont dépendants et dont les sorciers utilisent ça pour les abuser…

C'était un peu exagéré. Le lien entre un elfe et sa famille nourrissait la magie de l'elfe et lui permettait, entre autres, de rester en bonne santé et… mentalement stable. Les sorciers ne tiraient pas de contrepartie magique de cet arrangement. C'était la raison pour laquelle, malgré les services des elfes, ils voyaient souvent ces créatures comme de la vermine.

– J'ai demandé aux elfes, répondit simplement Elisa.

Hermione marqua un temps d'arrêt, comme si ça ne lui était pas venu à l'esprit. Elisa secoua la tête avec amusement, et un peu de réprobation :

– Qu'est-ce que tu penses faire, Hermione ? Imposer tes idées aux elfes parce que c'est la bonne parole ? Je sais que la façon dont ils sont traités est souvent affreuse, mais tu ne peux pas débarquer dans les cuisines de Poudlard et les libérer parce que tu penses que c'est juste. Tu les mettrais à la rue. Si tu veux être de leur côté, la moindre des choses serait d'écouter ce qu'ils ont à dire. En t'imposant de force, tu ne ferais que les priver de leur libre-arbitre. Et puis, les elfes libres tendent à ne pas vivre vieux.

Soit parce qu'ils succombaient à la maladie ou à la dépression, soit parce que le Ministère les attrapait et… les faisait disparaitre. Elisa avait finalement comprit qu'un elfe sans surveillance pouvait poser un grave danger au Secret Magique. Alors quand un elfe ne trouvait pas de travail… Le Ministère envoyait des agents faire une frappe préventive.

Yep. Les sorciers avaient tellement de considération pour la vie d'autrui, c'était incroyable.

– C-Ce n'est… Et toi, qu'est-ce que tu proposes ?! bredouilla Hermione en rougissant d'indignation.

Elisa cligna des yeux. Effectivement, qu'est-ce qu'elle proposait ? Elle s'était lamenté sur l'injustice du sort des elfes deux ans plus tôt, quand elle avait adopté (et remis en esclavage) six elfes libres qui voulaient désespérément échapper au Ministère. Elle s'était morfondu dix minutes sur l'injustice du système, et puis… Elle avait eu autre chose à faire. Elle avait oublié.

Alors oui, qu'est-ce qu'elle proposait ?

– Déjà, les elfes devraient être protégés, commença-t-elle lentement en réfléchissant à voix haute. Par exemple, les gens devraient risquer des amendes s'ils maltraitent les elfes… S'ils les battent, s'ils les privent de nourriture, s'ils leur refusent d'avoir un endroit chaud pour dormir, ce genre de chose. Ils doivent avoir droit à un minimum de dignité. Et s'il y a une maltraitance grave, l'elfe pourrait être retiré à son propriétaire.

Mais où iraient-ils ensuite ? Et cela déclencha un autre cheminement de pensée.

– Et il leur faudrait un sanctuaire aussi, continua-t-elle en regardant dans le vague. Une sorte de village pour elfes ? Un endroit où peuvent aller les elfes libres sans crainte d'être capturés par le Ministère qui s'inquiète du Secret Magique. Peut-être un coin pas loin de Pré-au-Lard.

Elle fronça les sourcils. Bon courage pour faire admettre ça chez les sorciers. Ou même chez les elfes. La plupart étaient pétrifiés à l'idée d'être libre, ou même d'avoir une infime mesure de liberté.

– Et il leur faut des alternatives. Tous les elfes devraient savoirs que certains lieux sont prêts à les embaucher et les protéger s'ils ont des problèmes… Poudlard, ou l'école des Cracmols, ou même une liste de familles volontaires. Oh, et ils pourraient peut-être avoir une éducation, aussi ! Une éducation obligatoire de trois à dix ans, même si ce n'est qu'à mi-temps pour ne pas les séparer de leur famille. Ça permettrait aussi d'interdire le travail des enfants elfes. Et si leurs maitres les payaient, ça arrangerait pas mal leurs perspectives d'avenir. Ils pourraient survivre après avoir été libérés, par exemple. Et il faudrait quelque chose pour encourager les gens à payer leurs elfes, ou pour les encourager à embaucher un elfe qui a été libéré. Des déductions d'impôts, peut-être ?

Elle était en panne d'idées. Elle secoua la tête, reporta son regard sur Hermione… Et retint un mouvement de recul. La Gryffondor la fixait, les yeux agrandis et presque scintillants, et Elisa faillit se retourner pour voir si Dumbledore était apparu derrière elle.

– C'est brillant ! souffla Hermione. Tu viens d'y penser ? Oh il faut absolument que je note ça ! Par quoi commencer ? Oh, je dois envoyer une lettre au Ministère pour leur parler des elfes ! C'est qui, le directeur du Département de Régulation des Créatures Magiques ?

Elisa grimaça. Elle n'avait pas du tout envie d'expliquer à Hermione qu'Amos Diggory, un homme aimant et gentil qui adorait son fils Cédric, maltraitait son elfe simplement parce qu'il ne lui venait pas à l'esprit de la considérer comme un être digne de respect ou de sympathie.

– Les gens importants sont de vieux croutons qui ne changeront pas leurs vues si facilement, dit-elle le plus diplomatiquement possible. Pourquoi tu n'essaies pas déjà d'agir à ton niveau ?

Hermione, qui notait frénétiquement ses idées sur un bloc-notes moldu, hésita :

– Tu penses que je devrais… adopter des elfes libres ? Pour les protéger ?

C'était une idée que n'aurait jamais eu l'Hermione de l'intrigue canon, et ça fit comme un choc à Elisa. Même trois ans après, elle avait toujours du mal à réaliser que la version réelle des personnages n'était pas toujours identique à leur version canon.

– Pas forcément, décida-t-elle de dire. Mais tu pourrais… demander aux elfes ce qu'ils en pensent ? Ou bien… Parler autour de toi du problème ? Demande aux gens ce qu'ils savent des elfes, du problème que pose leur soumission aux sorciers, et des problèmes qui se posent s'ils sont libérés. Demande-leur s'ils ont des solutions. Fais réfléchir les gens.

– Je ne suis pas trop douée pour ça, marmonna Hermione. Je m'emporte toujours.

Elisa soupira. Elle ne comprenait que trop bien : elle avait le même problème.

– Demande à Ron et Harry de t'aider, suggéra-t-elle. Moi, je vais voir si je ne peux pas m'arranger pour que la première leçon d'Histoire du CEM porte sur la traite des esclaves chez les Moldus. Ça devrait rendre les gens plus réceptifs.

Rien de tel qu'une bonne douche froide pour donner envie aux jeunes indignés de combattre les inégalités sociales.

Le visage d'Hermione s'illumina, et pendant une seconde, Elisa se demanda quel genre de bazar ça allait provoquer. Dans le canon, les efforts d'Hermione envers la cause des elfes n'avaient pas eu beaucoup d'effets, et la SALE avait été un objet de dérision plus qu'autre chose. Mais si les choses étaient différentes dans cet univers-ci… Si le sujet était abordé avec les bonnes personnes, si l'esclavage soulevait une vague d'indignation chez les Nés-Moldus, si l'agitation gagnait plusieurs dizaines d'élèves… Si Elisa y donnait un coup de pouce… Si ça touchait le Ministère…

Peut-être que les choses bougeraient. Et peut-être que les gens se mettraient à y réfléchir, peut-être qu'ils s'indigneraient. Peut-être qu'il y aurait du changement, du progrès.

… Ou peut-être que ce serait vu comme un scandale, un excès de sensiblerie, et qu'Elisa verrait son nom associé à cette croisade impossible et que ça se mettrait en travers de ses ambitions.

Mais elle avait à peine songé à cette hypothèse qu'elle se sentait honteuse de l'avoir envisagée. Si cette croisade impossible entravait le reste de ses projets, et alors ?! Elle ferait avec. Est-ce que ça n'en vaudrait pas le coup ?! C'était bien joli de vouloir sauver le monde de Voldemort, mais est-ce que ça vaudrait le coup si elle se contentait d'un monde corrompu qui acceptait l'esclavage comme une fatalité ?!

– Tu fais une drôle de tête, lui fit remarquer Hermione.

Elisa cligna des yeux, revenant sur terre. Puis elle secoua la tête avec amusement. Elle n'avait jamais réalisé qu'elle avait des opinions si fortes au sujet des elfes. D'où sortaient ses tendances révolutionnaires ? Et est-ce que c'était une bonne ou une mauvaise chose ?

– Ce n'est rien, se contenta-t-elle de répondre avec un mince sourire. Je viens juste de réaliser que mon idéalisme s'étendait plus loin que ce que je ne pensais. Dis-moi, Hermione, est-ce que tu as pensé à faire de la politique plus tard ?

Elle n'avait pas souvent discuté seule à seule avec la petite Gryffondor et, du coup, elle ne la connaissait pas aussi bien qu'Harry. Pourtant, elle fut agréablement surprise quand l'adolescente hocha très sérieusement la tête.

– J'aimerais fonder des associations bénévoles, lui confia Hermione. Mais depuis un moment, je pense que je veux travailler dans le Département de Régulation des Créatures Magiques, ou celui de la Justice Magique. Je veux me rendre utile, mais aussi faire bouger les choses et rendre le monde meilleur. Un peu comme toi avec l'école des Cracmols.

Elisa sentit son cœur se gonfler d'émotion. Stupidement, elle eut les larmes aux yeux. Quand elle avait débarqué dans cet univers, elle pensait pouvoir aiguiller le destin dans une meilleure direction, changer les gens, mais… Elle n'imaginait pas qu'elle allait compter, qu'elle serait importante. Et voilà qu'Hermione Granger lui disait qu'elle était un exemple. Hermione Granger, l'héroïne, la brave, la généreuse, la guerrière, qui lui disait ça à elle.

C'est toi qui étais mon exemple, aurait voulu lui dire Elisa.

Elle se contenta de toussoter pour chasser la boule d'émotion qui lui nouait la gorge, puis d'esquisser un sourire un peu tremblant :

– Tu feras sans doute des choses bien plus grandioses que moi, Hermione.

La Gryffondor protesta faiblement, balbutiant, et Elisa s'autorisa un instant pour rêver à l'avenir. Un avenir débarrassé de Voldemort, avec des inventions modernes qui facilitaient la vie des gens, et des idées modernes, aussi : des idées d'acceptation et de tolérance, de liberté et d'égalité pour tous.

Et pour une fois, la tâche ne lui parut pas insurmontable.

oOoOoOo

Bien sûr, la paix d'Elisa ne dura pas. Déjà, parce qu'elle avait une montagne de devoirs. Ensuite parce que dès les premiers jours, au moins quatre personnes vinrent la voir pour s'enquérir de l'achat d'un Glisseur : Elisa dut leur montrer les planches, leur apprendre à s'en servir, défendre ses prix. Au final, elle vendit trois planches, mais perdit un après-midi complet.

Et puis, un peu plus d'une semaine après la rentrée, Harry, Ron et Hermione virent la voir tous les trois. C'était la première fois qu'Elisa avait le temps de souffler… Mais, à en juger par l'expression de leurs visages, sa pause allait devoir attendre. La jeune fille referma son grimoire avec résignation.

– Qu'est-ce qui se passe ?

Les trois enfants échangèrent un regard, puis prirent place autour d'elle. Elisa s'était installée dans une table reculée de la bibliothèque. Trisha était normalement avec elle, mais elle venait de partir aux toilettes. Absurdement, elle se demanda si le Trio d'Or avait guetté le départ de son amie pour approcher.

– On voulait tous t'en parler ensemble, commença Harry. C'est pour ça que je ne suis pas venu te voir après le CEM. Ron et Hermione sont déjà au courant, mais c'est un truc grave, alors…

Elisa savait de quoi il allait parler avant même qu'il ouvre la bouche. Et, en effet, ça ne rata pas : Harry lui déballa toute l'histoire selon laquelle il avait entendu Mr Weasley et sa femme parler de Black et du fait que le criminel était apparemment à la poursuite du Survivant. Quand elle eut terminé, elle hésita à feindre la surprise, puis renonça et poussa un profond soupir.

– Tu le savais, réalisa Ron.

– Trisha a entendu deux Aurors en parler, acquiesça Elisa. J'aurais dû te le dire tout de suite, mais… Honnêtement, j'espérais avoir le temps de trouver une stratégie défensive avant de te balancer ce genre de vérité.

– Une stratégie défensive ? répéta Harry en se penchant en avant.

Elisa hocha la tête, bénit Merlin qu'aucun des témoignages récoltés sur Sirius ne mentionne le nom de ses amis, et sortit de son sac sa pochette cartonnée. Depuis la rentrée, ses notes s'étaient enrichies d'encore quatre autres témoignages, donnés par des collègues de Lester. En tant qu'employé du Ministère, mais aussi en tant qu'ex-Poufsouffle qui s'était senti affreusement trahi quand Dumbledore avait utilisé la Pierre philosophale au sein de l'école, Lester prenait cette enquête très au sérieux. Il ne faisait plus aveuglément confiance aux autorités, désormais.

Maintenant que Trisha avait d'autres préoccupations, Elisa aurait sans doute pu laisser tomber son enquête. Elle aurait même le faire. Elle avait l'impression d'être une voyeuse, à fouiller le passé de Sirius, à exhumer ses histoires de collégiens. En plus, Sirius n'avait pas exactement été un collégien exemplaire. Quand Elisa lisait les histoires de gens qui racontaient qu'ils avaient été déshabillés en public ou enfermés dans un placard pendant vingt-quatre heures, ça la mettait vraiment mal à l'aise.

Mais c'était précisément pour sauver la face dans ce genre de situation qu'elle avait continué. Parce qu'Elisabeth Bishop était le genre de personne qui s'investissait à fond, et que maintenant qu'elle avait commencé, elle devait avoir des preuves à étaler sous le nez des curieux.

– J'enquête sur Black, déclara-t-elle en ouvrant la pochette et en la retournant pour qu'Harry puisse lire. Quel genre de personne il était, par exemple.

– Une petite brute apparemment, marmonna Ron qui lisait par-dessus l'épaule d'Harry.

– Certes, concéda Elisa. Mais pas mal de ses blagues étaient le type de plaisanteries que feraient Fred et George. Mettre des pétards sous une chaise, teindre les cheveux de quelqu'un… C'est juste que… Lui et ses amis allaient de plus en plus loin, et que leurs blagues étaient de plus en plus cruelles. Mais ça faisait toujours rire les gens, et aucun prof n'était là pour mettre le holà, alors ils ne se sont jamais arrêtés. Ils n'ont sans doute jamais réalisé qu'il faudrait arrêter.

Hermione et Harry continuaient à lire, mais Ron releva le nez des notes d'Elisa pour poser sur elle un regard vaguement incrédule :

– Tu le défends ?!

– Non ! protesta la jeune fille. C'est juste que j'ai toutes ces anecdotes qui décrivent la façon dont il aimait enfoncer la tête des gens dans les toilettes, mais j'ai aussi ces témoignages de gens qui me disent qu'il était gentil, qu'il adorait ses amis, qu'il était l'un des chouchous de McGonagall. C'est dur de voir Black uniquement comme un monstre quand je lis toutes ces choses. C'est un être humain.

– C'est un sale Mangemort, grogna Ron.

Elisa grimaça sans répondre. Elle n'avait pas envie de débattre ce point-là. Sirius Black l'avait toujours mise mal-à-l'aise (tout comme le personnage de Dumbledore, d'ailleurs : comme si leurs bonnes actions effaçaient leurs torts !), mais elle se sentait obligée de le défendre. Heureusement, Ron parut satisfait de son silence, et se remit à lire par-dessus l'épaule d'Harry. Hermione, qui était déjà presque arrivée au bout de la pile de notes, leva les yeux sur Elisa.

– Toutes ses infos… Tu as dû demander à plein de gens, ça a dû te prendre un temps fou. Tu n'étais pas obligée.

Elisa se força à sourire :

– Bien sûr que si. Je devais faire quelque chose.

– Juste me dire que Black était à ma poursuite aurait été suffisant, protesta Harry en ouvrant de grands yeux. La vache, tu as même retracé son arbre généalogique ! Oh, quelle horreur, il est apparenté à Malefoy…

Elisa ricana devant l'air horrifié des trois Gryffondor, même si elle trouvait qu'ils exagéraient un peu. Malefoy se tenait remarquablement à carreau en ce moment. Bon, les cours avaient repris depuis à peine dix jours, mais jusque-là il avait été sage comme une image. Toute son arrogance semblait avoir disparue avec l'épisode de la Chambre des Secrets.

Mais bref, Elisa devait quand même se justifier. Elle finit par se décider, et déclara gravement :

– Trisha et moi ne t'avons rien dit pendant les vacances. C'était ma faute, ma décision, donc je devais me racheter.

– Tu en fais déjà beaucoup pour moi, marmonna Harry en baissant les yeux. Tu m'as invité cet été, et puis tu m'apprends le Patronus…

Ah, ces Gryffondor. Elisa roula des yeux :

– Peu importe le nombre de bons trucs que j'ai fait avant ou que je ferais après. Le seul moyen de racheter une faute c'est de réparer le tort qu'elle a causé. A cause de moi, tu n'as pas pu te préparer durant l'été, alors je devais au moins te donner une bonne arme pour te défendre.

Pas mal, songea Elisa avec soulagement en voyant que les trois adolescents hochaient pensivement la tête. Elle avait bien eu peur qu'ils ne la croient pas. Mais qu'est-ce qu'elle aurait pu leur dire ? « Ce dossier est inutile parce que Sirius est innocent et que ce n'est pas des histoires d'écoliers qui pourraient nous aider à arrêter un Mangemort de toute façon, mais je continue à prendre des notes pour donner le change et aussi à cause de ma curiosité morbide ? »

Ouais, l'histoire de sa grandeur d'âme et du rachat de son erreur, ça allait quand même nettement mieux passer.

– Tu as établi un profil psychologique ? s'intéressa Hermione.

– Un quoi ?! répéta Ron effaré. Qu'est-ce que c'est que ça encore ?

– C'est l'analyse des traits de caractères que quelqu'un pour mieux comprendre comment il fonctionne, l'informa Hermione d'un ton professoral. Par exemple, on peut déjà établir que Black aime humilier ses victimes, et qu'il préfère les affrontements face-à-face.

Elisa ouvrit de grands yeux alarmés, parce que ce n'était pas du tout la conversation qu'elle voulait avoir avec eux. Elle voulait qu'ils voient Sirius comme quelqu'un de dangereux et se tiennent à l'écart : elle ne voulait pas qu'ils le haïssent. Mais Harry hochait la tête, pensif :

– Tout les témoignages disent qu'il attaquait les gens avec ses amis pour l'aider, donc… Il va peut-être avoir des complices.

Oh, non. Elisa récupéra hâtivement sa pochette, et entreprit de rassembler ses notes en jetant un regard menaçant sur les trois Gryffondor :

– Je n'ai pas assez d'infos pour parvenir à un résultat concluant. On verra ça dans quelques mois, d'accord ?

– Tu pourras trouver le nom de ses amis d'école ? demanda Harry avec intérêt. A chaque fois les gens parlent de « Black et ses amis » mais aucun nom n'est mentionné.

Elisa sentit poindre une migraine. Elle avait espéré qu'il ne le remarque pas ! Mais bon, c'était quand même un truc assez évident. Elle-même avait vérifié chaque témoignage avec attention, mais non, les gens avaient tous pris soin d'oublier les noms des Maraudeurs. Lupin était du genre peu mémorable. Quant à James Potter et Peter Pettigrew, les gens devaient penser à eux comme des héros et donc être réticents à attacher leurs noms à celui du criminel qui avait causé leur mort.

– Peut-être, finit-elle par dire.

Merlin merci, ce fut le moment que choisit Trisha pour revenir des toilettes, et Elisa rouvrit son grimoire. Le Trio d'Or vit apparemment ça comme le signe qu'il était temps de les laisser travailler, et s'éclipsèrent discrètement. Trisha les regarda disparaitre hors de la bibliothèque avec amusement, puis reprit sa place en face de son amie.

– Tu te fais toujours harceler ?

– Ils ont des questions, j'y réponds, se défendit Elisa. Quelqu'un doit bien jouer le rôle de l'adulte responsable dans cette école !

Et tout le monde savait ce qu'elle pensait de la capacité des profs à être des adultes responsables. Trisha renifla avec amusement, et n'insista pas. Elle se contenta de consulter la table des matières d'un épais grimoire qui trônait au milieu de la table, à la recherche de références à utiliser pour leur dissertation de Métamorphose.

Elisa se replongea dans son traité sur les sortilèges informulés.

Les sortilèges informulés, d'ailleurs. Quelle plaie ! En temps normal, Elisa était douée avec les Sortilèges. Elle l'avait toujours été. Et depuis qu'Helen l'obligeait à s'entraîner pour le Challenge, Elisa réagissait plus vite et était plus endurante, et son habilité avec les charmes et les enchantements s'en était encore améliorée.

Mais les sortilèges informulés étaient rétifs. Pour la première fois de sa vie, Elisa devait faire un gros effort pour jeter un sort… Et en plus, elle le ratait une fois sur deux. Et ce n'était qu'un foutu Wingardium Leviosa !

Elisa continua sa lecture. Et la vie poursuivit son cours, monotone.

C'était dur de se réhabituer aux devoirs et aux dissertations après les vacances, surtout quand il y en avait une telle quantité. Helen piqua une crise quand plusieurs personnes annoncèrent qu'ils n'iraient sans doute pas au Challenge à cause de la quantité de devoirs qu'ils avaient (dont Terence, son grand rival). Une des Gryffondor fondit en larmes en plein cours de Métamorphose. On n'avait pas encore entamé la deuxième semaine de cours que déjà la pression se faisait sentir.

Elisa, elle, était moins affectée par le stress, et elle retrouva donc plus facilement son rythme de travail. Elle copiait une grande partie de ses devoirs sur Cédric ou bien sur Heather, quand la Serpentard daignait partager ses notes. Elle aidait ses camarades avec leurs leçons pratiques de Sortilèges, et inventait avec Trisha des prédictions farfelues mais réalistes pour les cours de Trelawney. Elle avait moins de temps libre qu'avant, avec tous ces devoirs, mais elle trouvait quand même le temps de donner un coup de main aux petits Poufsouffle, ou bien à tout membre du CEM qui avait besoin de conseils. Elle n'avait plus que qu'une petite heure chaque jour pour lire de son plaisir : en ce moment, elle lisait un bouquin sur les Pères Fondateurs des Etats-Unis.

Et puis, bien sûr, elle continuait à bosser sur ses inventions (plus particulièrement sur celle des miroirs communicants), et à écrire à ses amis. Surtout à Gwendolyn, en fait, puisqu'elle tenait absolument à savoir comment ça se passait à B&B. Mais elle écrivait également à ses autres complices de Tourmaline, que ce soit pour parler de leurs projets pour l'école ou juste s'enquérir de leur santé. Bref, elle vivait sa vie. Elle ne se faisait pas de souci pour Sirius Black, et considérait qu'attraper Peter nécessitait une bonne fenêtre d'opportunité qui ne s'était pas encore présentée. Et donc, elle patientait.

Elle était toujours très occupée, de toute façon.

Elle eut son premier cours avec Remus Lupin le lundi suivant, et elle dut admettre qu'elle avait attendu cette leçon avec une certaine impatience. Les Poufsouffle avaient cours avec les Gryffondor, et ils étaient tous très curieux de voir ce que le nouvel enseignant leur préparait.

Ils prirent donc tous place en zieutant plus ou moins discrètement leur professeur, mais celui-ci se contenta de leur renvoyer un sourire chaleureux, attendant avec patience que tout le monde se soit assis. Elisa se prit une place au premier rang. Elle était curieuse de voir ce qui allait suivre.

– Bonjour à tous, sourit le loup-garou. Je sais que c'est une année très importante pour vous, et que vous avez eu dans cette matière différents professeurs qui n'étaient pas toujours très… aptes à vous enseigner ce que vous deviez savoir. Alors, pour cette première leçon, je voudrais commencer par évaluer vos connaissances. Nous commencerons par un petit test théorique, et ensuite nous ferons des tests pratiques.

– Des duels ? demanda Rhonda avec excitation.

Elle était presque aussi obsédée qu'Helen. Lupin hocha la tête, amusé :

– En effet. Mais nous commencerons par le test théorique. Ce ne sera pas un test écrit, je vais juste vous poser quelques questions. Commençons par les créatures magiques : lesquelles avez-vous étudiées jusqu'ici ?

Il y eut un moment de flottement. Puis Cédric leva la main :

– Les Pitiponk, les Chaporouges, les Strangulots, les goules, les harpies, les vampires, les loups-garous, et les Banshee.

– Et les trolls, rajouta la Préfète de Gryffondor (Trinity Lynn, la fille la plus posée de sa classe). Les géants, les sphinx, les griffons, et les Acromentules.

– Les Basilics ! lança un des jumeaux Weasley.

Un rire nerveux parcouru la classe, et Lupin haussa un sourcil :

– C'est un programme très étendu…

– Parce que nos connaissances sont essentiellement théoriques, lâcha Cédric. Nos anciens professeurs ne nous ont pas beaucoup laissé faire de magie.

Leur prof de première année avait été terrifié par les créatures magiques, et était aussi absolument paranoïaque. Il leur avait donc appris tout ce qu'il y avait à savoir sur les Pitiponk qui noyaient les voyageurs dans les marais, les petits Chaporouges sadiques et cruels, et même les Doxy et leur morsure douloureuse. Et en deuxième année, comme leur prof était quasiment un Cracmol, ils n'avaient guère pu se lancer de sorts, et leur apprentissage avait poursuivi le même chemin.

Ironiquement, Quirrell avait été leur premier prof compétent. Au moins, dans sa classe, ils avaient appris quelques sortilèges !

– C'est quand même très bien, l'assura Lupin. Alors, qui peut me dire comment repousser un vampire ? Oui, Mr Hussain ?

– Avec de l'ail, parce qu'ils y sont allergiques, et de la lumière solaire, qui agresse leur vue sensible.

– Cinq points pour Poufsouffle. Qui peut me dire de quoi les vampires se nourrissent ? Oui, Miss Bell ?

– De sang humain !

– Ah, mauvaise réponse. Mr Diggory ?

– De sang animal, de compotes de fruits et de soupes diverses, car ils n'ont pas de molaires pour mastiquer les aliments solides. Le sang humain les attire comme une drogue, mais les rend malade s'il est consommé en grande quantité, car ils n'arrivent pas à le digérer correctement.

Elisa haussa les sourcils, admirative devant la réponse de Cédric. Elle était sûre que c'était un truc qu'ils n'avaient pas vu en classe. Cédric était vraiment calé sur le sujet. Pas étonnant, pour le fils du directeur du Département de Régulation des Créatures Magiques.

– Correct, cinq points pour Poufsouffle. Maintenant, où pouvez-vous trouver des Moremphis ? Oui, Mr Jordan ?

– Sous les tropiques !

– Correct, cinq points pour Gryffondor. Plus précisément, ils sont originaires de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Quelle est la meilleure réaction face à un sphinx ?

Le jeu des questions-réponses continua un petit moment. Elisa continuait à observer, répondant de temps à autres aux questions, mais restant plutôt en retrait. Globalement, son évaluation était plutôt positive. Lupin était gentil même quand il corrigeait les erreurs des élèves, il distribuait les points comme des bonbons, il faisait un effort pour essayer d'interroger tout le monde, et il ne semblait pas favoriser les Gryffondor. Sérieusement, il était sans doute le prof le moins menaçant qu'elle ait jamais vu, et elle comptait Trelawney dans le lot !

La séance de questions s'acheva, et Elisa remarqua soudain que Lupin n'avait pas du tout abordé le sujet des loups-garous. Pourtant, c'était une des créatures qu'ils avaient le plus étudié durant les cours de Quirrell (enfin, juste après les vampires). Est-ce que leur professeur avait peur qu'ils fassent le lien avec ses disparitions futures ?

– Commençons l'évaluation pratique maintenant ! lança Lupin. Déplacez les bureaux pour dégager le centre de la pièce, s'il-vous-plaît.

Il y eut un peu de chaos le temps que tout le monde se lève et commence à déplacer les meubles, et Elisa jeta en vain un Wingardium Leviosa informulé avant de renoncer et de le lancer avec une incantation. Finalement, les bureaux furent bougés, libérant le centre de la salle de la classe. Une excitation familière commençait à faire vibrer l'atmosphère, comme un avant un Challenge.

– Deux volontaires, s'il-vous-plait !

Rhonda fut la première à être choisie, et quasiment la moitié de la classe recula. Dans le classement du Challenge, Rhonda était parmi les meilleurs. Cédric aurait pu lui faire face, mais le Préfet ne semblait pas très décidé à intervenir. Elisa, qui oscillait elle-même entre la troisième et la sixième position dans le classement du Challenge, poussa donc un gros soupir… puis leva la main. Elle était la seule personne dans sa Maison à pouvoir donner un défi à Rhonda.

Lupin parcourut du regard les Gryffondor, mais aucun d'entre eux ne se porta volontaire. L'idée d'assister à un match entre Rhonda et Elisa devait être bien plus alléchant que la perspective de se faire zigouiller par la meilleure amie d'Helen.

– Miss Bishop et Miss Flatbury, dans ce cas. Vous connaissez les règles du duel ?

Les deux filles acquiescèrent en chœur, et échangèrent un identique sourire féroce. Ça allait être extrêmement intéressant.

– Ce n'est qu'un match amical, leur dit Lupin qui les fixait d'un air soucieux. Alors allez-y doucement, et on s'arrête à mon signal. Prêtes ? Allez-y !

Flippendo ! attaqua Rhonda.

Protego ! contra Elisa.

Impedimenta !

Tiens, ça c'était nouveau, remarqua Elisa en interceptant le sort avec un Sortilège de Déflexion qui le renvoya contre le plafond. Rhonda avait des attaques plus puissantes qu'Elisa, et elle connaissait aussi des sorts offensifs souvent très avancés. Pendant plusieurs secondes, elles se mitraillèrent de sorts et de maléfices sans qu'aucune ne puisse prendre l'avantage, sous les cris d'encouragement de leur public.

Expulso ! finit par craquer Elisa.

Les Sortilèges Explosifs étaient son arme de prédilection. Rhonda plongea pour éviter la déflagration, mais le souffle de l'explosion la fit reculer d'au moins trois pas en arrière. Elle contra le sort suivant d'Elisa uniquement par réflexe, et la Sang-Mêlée sourit en sentant qu'elle reprenait l'avantage :

Ponderatus !

Rhonda poussa un juron quand elle trébucha et tomba par terre, écrasée par la gravité qui avait soudain doublée sous ses pieds. Elle arrêta par réflexe sa chute avec sa main libre, et sa main armée ne fut plus pointée vers Elisa. Celle-ci saisit l'occasion :

Incarcerem !

Des liens invisibles surgirent du néant, ligotant Rhonda et bloquant ses mouvements. Après ça, la désarmer n'était qu'une formalité. Elisa jeta un Expelliarmus, récupéra sa baguette, puis libéra Rhonda sous un tonnerre d'applaudissements.

– Pas mal, Magister ! lâcha Rhonda avec un sourire en tendant la main pour reprendre sa baguette. Tu es toujours trop statique, mais maintenant que tu connais le Charme du Bouclier, ça ne te pose plus de problème. Mais fais gaffe, tu ne pourras pas toujours compter là-dessus. Tu n'as jamais pensé à faire du jogging ?

– J'ai horreur du sport ! geignit Elisa en lui rendant son arme.

Et puis, elle était assez maladroite, et il y avait un gros risque qu'elle trébuche sur ses propres pieds en pleine course.

– Ça se voit, fit Rhonda complètement impitoyable. Mais ça pourrait bien te sauver la mise, si jamais tu te prends un sort qui fait exploser ton Bouclier.

Elisa cligna des yeux, alarmée :

– Ça peut arriver, ça ?

– Si tu te prends trois sorts en même temps c'est une garantie, l'assura Rhonda.

Puis quelqu'un se racla la gorge à proximité et elles se retournèrent, presque surprises de voir Lupin à côté d'elles. Pendant quelques secondes, elles avaient tellement été prises par la routine du Challenge (le match, la victoire, le briefing post-affrontement…) qu'elles avaient oubliées qu'elles étaient en plein cours.

– Félicitations, sourit Lupin. C'était un excellent match, dix points pour Poufsouffle. Vous avez un excellent niveau. Je pensais que vos anciens enseignants s'étaient surtout consacrés à la théorie ?

Elisa haussa les épaules, sa victoire ayant boosté sa confiance en elle :

– C'est vrai. Au bout d'un moment, on en a eu assez de ne faire que lire les manuels et on a pris les choses en main.

Lupin haussa un sourcil :

– Pas en vous jetant des sorts hors des cours, j'espère.

Elisa lui renvoya un regard innocent :

– J'imagine que chacun a sa méthode, mais je vous assure les Poufsouffle sont seulement très portés sur l'entraide.

Ce n'était même pas un mensonge. Cela dit, plusieurs personnes réprimèrent des gloussements. Lupin devinait sans doute que ce n'était pas tout, mais il se contenta de secouer la tête avec amusement, et laissa couler.

– D'autres volontaires ?

Les matchs se succédèrent dans une ambiance assez semblable à celle du Challenge, avec les acclamations du public et les sorts qui volaient en rafale. Cependant, la présence de Lupin semblait garder l'ambiance à un niveau d'excitation raisonnable, et les gens n'étaient pas survoltés come durant les Challenges. Il faut dire que les matchs ne s'enchaînaient pas à toute allure, non plus : entre chaque affrontement, les deux adversaires avaient quelques instants pour se parler, et Lupin en profitait pour pointer leurs erreurs.

A la fin du cours, chacun s'était battu au moins une fois, et Elisa était définitivement convaincue que Lupin serait un bon prof. Il avait l'air de savoir de quoi il parlait, en tous les cas. C'était plus qu'on ne pouvait en dire de Lockhart ou de Quirrell.

Et avec le Challenge comme entraînement supplémentaire… Toute leur promotion était assure de réussir cette matière avec au moins un Effort Exceptionnel.

– C'était une bonne classe, lança-t-elle joyeusement à Trisha quand elles allèrent déjeuner.

– Donc tu ne le poignarderas pas, celui-là ? fit mine de s'inquiéter son amie.

Elisa roula des yeux, et les jumeaux Weasley éclatèrent de rire dans son dos. La réputation de caïd de la jeune Poufsouffle semblait être une source d'amusement sans fin pour eux. Ça ne la dérangeait pas vraiment.

C'était agréable d'être considérée comme quelqu'un de badass.

oOoOoOo

Elisa croisa plusieurs fois Hermione dans les couloirs du rez-de-chaussée, souvent près de la cuisine. Elle interrogea discrètement Olly, mais l'elfe l'informa que la Gryffondor se comportait parfaitement. Elle posait beaucoup de questions aux elfes de Poudlard sur leur culture, la façon dont ils avaient été élevés, sur la façon dont ils vivaient au château et la façon dont les autres elfes vivaient à l'extérieur. Parfois, elle s'enflammait et s'indignait contre certaines de leurs conditions de vie, et plus aucun elfe n'osait mentionner devant elle le Ministère, mais dans l'ensemble… Ça ne se passait pas si mal.

– Ils n'ont aucun droit légal, s'indigna Hermione auprès d'Elisa au cours d'une séance du CEM. C'est horrible, ils sont considérés encore plus mal que des animaux !

Elisa n'osa pas lui dire que la mentalité des sorciers ne tendait à l'empathie et la compassion. Leur société avait évolué avec la certitude que le repli sur soi était une protection certaine. Les sorciers acceptaient de partager leur monde avec des centaines d'êtres intelligents très différents d'eux : les centaures, les gobelins, les Moldus, les vampires… Mais ils ne se mélangeaient guère. Alors il était facile pour eux de voir ces autres êtres comme autres, différents... et, au fond, inférieurs.

Au lieu de ça, elle carra les épaules, et déclara avec assurance :

– On changera ça.

– On changera carrément ça, approuva férocement Hermione.

Mais pas tout de suite, évidemment. Hermione était encore en train de collecter des informations sur les elfes. Elle passait tous les jours aux cuisines.

– Je suis désolée de ne pas pouvoir faire plus de mon côté, s'excusa la Poufsouffle. Je suis complètement débordée en ce moment.

– Ne t'inquiète pas pour ça, sourit Hermione. Je peux gérer ça toute seule. Et je veux faire quelque chose moi-même pour une fois.

Elisa ouvrit la bouche, puis la referma. C'est vrai que la S. A. L. E. et la croisade d'Hermione pour la protection des elfes était son truc à elle. C'était sa cause, sa nouvelle passion. Elle y croyait, elle s'y dévouait déjà corps et âme. Ça serait complètement égoïste de l'en priver.

Et Elisa… Elisa savait qu'elle avait une certaine tendance à s'approprier les choses. Eh ! Ce n'était pas de l'arrogance, c'était vrai. Le CEM, par exemple : le programme venait des cours de Takashi, et le Serdaigle était co-président, mais c'était Elisa que les jeunes élèves allaient chercher quand ils avaient besoin de conseils.

Si Elisa récupérait l'idée de la S. A. L. E., elle aurait du succès avec. Ou bien elle échouerait lamentablement, c'était possible aussi. Mais dans les deux cas, personne ne se souviendrait d'Hermione. Et Elisa lui aurait tout simplement volé sa quête.

– D'accord, finit-elle par dire. Mais si tu as besoin d'aide, n'hésite pas à venir me voir, d'accord ?

Le visage d'Hermione s'illumina, et ce fut la fin de l'affaire. Elisa cessa de demander à Olly de lui rapporter ce que faisait Hermione aux cuisines. Jusqu'à ce que la petite Gryffondor lui demande son aide, elle devrait considérer que ce n'était pas ses oignons.

Et puis, elle avait tellement à faire…

Il y avait les devoirs, le CEM, les leçons. Il y avait ses MagicoGlisseurs : elle essayait de passer au moins deux heures par semaine dans son atelier afin de travailler dessus. Elle avait déjà reçu une nouvelle commande de la part d'une petite Serdaigle nommée Amélia Selwyn, en première année, qui était complètement émerveillée par le concept d'un skateboard volant. Elisa était presque sûre que les Selwyn étaient des Mangemorts, mais… Ça ne l'avait pas stoppée quand elle avait vendu un Glisseur à Drago Malefoy, alors elle n'allait pas chipoter maintenant. Et puis, la petite Amélia était polie, et s'entendait bien avec Astoria Greengrass. Pourquoi discriminer ?

Bref. Elisa bossait sur ses Glisseurs, mais ils n'étaient pas la seule invention qu'elle peaufinait. Depuis l'année dernière, elle travaillait sur des miroirs communicants qui pourraient remplacer le téléphone chez les sorciers. Elle avait fait d'énormes progrès, et état presque sûre de pouvoir terminer ses prototypes avant Noël. Le seul problème, c'était qu'elle aurait vraiment adoré donner une fonction « texto » à ces miroirs… Mais dans ce domaine, c'était un échec cuisant.

Elle devait admettre que ça la vexait un peu. C'était la première fois qu'elle était obligée de revoir ses ambitions à la baisse en matière d'invention. Quand elle avait pensé pour la première fois à inventer une sorte de téléphone portable sorcier, l'idée d'envoyer des texto lui paraissait indissociable du concept. Mais après des mois d'échec, Elisa avait dû admettre qu'elle n'avait ni la technique ni les compétences pour inventer un truc aussi délicat. Créer des messages instantanés sur support enchanté, c'était du niveau de la création de la carte des Maraudeurs : il fallait avoir quatre cerveaux, d'excellents ASPICS, et au moins un spécialiste des Runes Anciennes. Et ça, c'était sans parler du Sortilège Protéiforme modifié qu'il faudrait inventer pour permettre l'envoi des messages ! Sur ce coup, Elisa était dépassée.

C'était affreusement frustrant. Elle n'avait pas l'habitude de l'échec.

Elle n'avait cependant pas abandonné son projet et travaillait toujours sur ces miroirs communicants. Soyons honnête, même s'ils permettaient seulement d'appeler et pas d'envoyer des messages textes, ces objets seraient tout de même un gros progrès au niveau de la technologie sorcière. Et puis, les gens serait davantage intéressé par l'aspect familier de ces miroirs plutôt que par des applications nouvelles, comme les texto.

En effet, les Miroirs à Double-Sens n'étaient pas un concept récent. Jadis, ce type de moyen de communication était cher et rare, réservé aux Sang-Purs riches. Pour cette raison, Gwendolyn avait été très intéressée par l'idée de vendre ces miroirs à B&B à des prix abordables. Si Elisa réussissait à créer un réseau de miroirs communicants, ça serait vu comme une avancée sociale, pas du tout comme un plagiat sur les Moldus.

Bref, Elisa avait donc du pain sur la planche. Et, en plus de ça, elle se souvint soudain qu'Harry ne connaissait toujours pas le Sortilège du Patronus. A la fin du moins de septembre, elle réussit à le coincer à l'entrée de la Grande Salle, et aborda le sujet sans prendre de gants :

– Tu t'es entraîné au Patronus ?

Harry eut l'air d'un lapin pris dans les phares d'une voiture. Apparemment, il avait complètement oublié. Elisa roula des yeux :

– Il faut que tu le fasses, Harry. C'est important.

– Dumbledore ne va pas laisser les Détraqueurs entrer à Poudlard ! protesta Harry.

– Pas forcément, concéda la jeune fille. Mais s'ils entrent dans le parc pendant qu'il est au Ministère, hein ? Tu sais bien qu'il est absent quasiment tout le temps ! Et puis, qu'est-ce qui va se passer durant les visites à Pré-au-Lard ? Imagine que les Détraqueurs soient attirés là durant une des sorties ?

Harry grimaça. C'était un coup bas, Elisa devait l'admettre. Le Survivant avait toujours eu un complexe quand il s'agissait de sauver les gens. L'idée que des gens dépendent de sa protection et qu'ils puissent être en danger parce qu'il avait négligé son entraînement… C'était horrible, pour lui.

– D'accord, capitula Harry. Mais c'est nul de s'entraîner tout seul…

– Je pourrais m'entraîner avec toi de temps en temps, sourit Elisa. Mais j'ai pas mal de boulot, alors… Tu pourrais demander à Hermione et Ron de venir avec toi. Ça pourrait les aider d'apprendre le sort, eux aussi. Pas vrai Ron ?

Le visage du jeune Weasley s'éclaira et il hocha vigoureusement la tête. Tous les élèves considéraient le sort du Patronus comme quelque chose d'extrêmement cool. Harry maugréa quelque chose d'inaudible, et Elisa renifla avec amusement :

– Allez. Quand tu maîtriseras le Patronus, je t'apprendrais un sort que j'ai inventé.

Le regard d'Harry s'illumina, et Ron se pencha avidement en avant :

– Pour électrocuter les gens ? Les faire tomber ?

– Non, délinquant ! Pour les éblouir avec une lumière aveuglante. Ton adversaire a du mal à te tirer dessus s'il est en train de se cacher le visage dans les mains.

Le visage des deux garçons se fendit d'un identique sourire espiègle, et pendant une seconde Elisa se demanda ce qu'Harry serait devenu s'il avait été élevé par ses parents. James Potter avait peut-être été un peu violent durant son enfance, mais il avait aussi été un grand blagueur et un papa complètement gaga. Sa mère avait été loyale, patiente, et absolument brillante. Est-ce qu'Harry serait devenu drôle et irresponsable comme les jumeaux Weasley ? Gentil mais sarcastique comme Cédric Diggory ? Ou arrogant comme Zacharias Smith ?

Ils ne le sauraient jamais. La guerre avait été horrible et meurtrière, mais surtout, ça avait été un tel gâchis. Tellement de choses auraient pu avoir lieu. Tellement de choses merveilleuses, tuées dans l'œuf. Un gâchis, oui.

– Tu fais beaucoup de duels, ô grand Magister ? sourit Harry avec amusement.

– Je ne vois pas de quoi tu parles, protesta Elisa en feignant le dédain. Qu'est-ce que tu insinues ? Respecte tes aînés, jeune Padawan !

Harry rigola. Il se doutait probablement depuis un certain temps qu'Elisa et ses amis organisaient leurs propres cours de Défense. Après tout, ils avaient eu les mêmes profs épouvantables, mais pourtant Elisa avait appris au Trio d'Or plusieurs sorts et maléfices pour se défendre.

– C'est quoi un Padawan ? fit Ron avec curiosité.

Harry et Elisa se regardèrent.

– Sur ce coup, tu te débrouilles, fit la Poufsouffle.

Le Survivant roula des yeux, puis se tourna vers son ami et l'entraîna vers la Grande Salle en commençant le début de ce qui s'annonçait être une longue explication. Elisa eut le temps de l'entendre expliquer le contexte de l'histoire et les bases de la Force, et sourit.

Elle ne regrettait absolument pas d'avoir introduit Harry Potter à Star Wars. Elle n'avait plus qu'à lui faire découvrir les Disney, puis Jurassic Park et ensuite Retour Vers le Futur, et elle aurait donné des bases solides à son éducation cinématographique.

– Tu apprends le Patronus à Harry ? lança une voix envieuse derrière elle.

Elle sourit, et se retourna pour faire face à Tracey Davies. Elle avait une affection particulière pour la petite Serpentard, qui était la seule Sang-Mêlée dans sa classe, et qui était très ouverte d'esprit pour quelqu'un qui passait constamment son temps avec Millicent Bulstrode et Pansy Parkinson. Tracey se mettait toujours en binôme avec Hermione ou Sally-Anne au CEM. Du moins, avant que Sally ne soit pétrifiée puis retirée de l'école l'année dernière…

Penser à Sally-Anne serrait toujours le cœur d'Elisa. La gamine était maintenant à Durmstrang. Elle était dyslexique et n'écrivait donc pas beaucoup, mais son meilleur ami Zacharias Smith recevait régulièrement des lettres de sa part, et donnait de ses nouvelles à Elisa. Apparemment, elle n'était pas heureuse à Durmstrang. Encore un beau gâchis.

– Tu veux que je te l'apprenne aussi ? dit-elle plutôt à Tracey.

L'adolescente jeta un coup d'œil rapide au reste de ses amis. Pansy, Millicent et Daphnée s'étaient déjà assises à table. Drago racontait quelque chose à Theodore Nott avec de grands gestes, l'air contrarié. Ils n'avaient pas encore remarqué son absence.

– Je veux bien, finit par dire la jeune Serpentard. Aucun Serpentard ne connait le sort, mais Zacharias dit que tous les Poufsouffle le maîtrisent.

Elisa cligna des yeux. Elle ignorait que Tracey était restée en bons termes avec Zacharias Smith après la disparition de leur amie commune. Zacharias était du genre solitaire et désagréable. Même avec Elisa, à qui il vouait pourtant une grande loyauté.

– Zacharias exagère, répliqua Elisa avec amusement. La plupart des Poufsouffle n'obtiennent qu'un nuage argenté, pour l'instant.

Même si plusieurs personnes réussissaient presque à faire apparaitre des formes animales identifiables. Mais bon, il s'agissait surtout d'élèves plus âgés. Certainement pas des élèves de treize ans comme Zacharias Smith !

– Je peux t'apprendre les bases du sort à la prochaine séance du CEM, proposa Elisa après avoir réfléchi deux secondes à son emploi du temps. Arrive avec quinze minutes d'avance. Je serai là.

C'était incroyable qu'aucun prof n'ait pensé à proposer une leçon sur le Patronus, d'ailleurs. Ils savaient que des élèves de quatorze ou quinze ans pouvaient réussir ce sort : l'année dernière, ils avaient vu Trisha et Elisa communiquer par Patronus pendant des semaines ! Mais non, tout le corps enseignant faisait l'autruche, comme s'il n'y avait aucun risque que les Détraqueurs entrent à l'école et donc aucune raison pour les élèves d'apprendre à se défendre contre eux. C'était absurde ! C'était quoi cette logique débile ? Est-ce que les profs pensaient sérieusement que s'ils n'envisageaient pas le pire, s'ils ne s'y préparaient pas, alors ça n'arriverait pas ?!

Est-ce que c'était une décision de Dumbledore ? Est-ce que c'était un truc de Gryffondor, du coup ? Parce que Lupin agissait exactement pareil. Elisa avait feuilleté le manuel scolaire de Défense, et à aucun moment les loups-garous n'étaient au programme. Elle avait discrètement interrogés des élèves de quatrième, troisième et deuxième année, et le verdict était sans appel : Lupin n'allait pas étudier les loups-garous. Oh, la lycanthropie faisait partie du cursus obligatoire des troisièmes années, donc la classe d'Harry aurait sans doute une leçon sur le sujet. Mais ce n'était qu'optionnel dans les autres années, et du coup les loups-garous avaient été retirés du programme.

Est-ce que Lupin avait peur à ce point que les gens découvrent son secret ? Est-ce qu'il était si sûr qu'il n'y avait aucun risque qu'un élève tombe nez-à-nez avec sa forme animale ? Est-ce que, comme le reste du corps enseignant, il pensait que s'il n'envisageait pas le pire, alors ça n'arriverait pas ?!

C'était à se taper la tête contre les murs, vraiment.

Bon, peut-être que les profs n'apprenaient pas le Patronus aux élèves car ils n'avaient pas le temps d'organiser ce genre de leçon. Elisa s'en était déjà fait la réflexion, mais Poudlard était vraiment en sous-effectif au niveau de ses enseignants. Il y avait quinze professeurs, si on ne comptait pas Rusard. Quinze adultes, qui géraient plus de quatre-cent élèves. Quinze adultes, qui faisaient cours à sept niveaux de classes différents, qui devaient corriger leurs copies, préparer leurs leçons. Et quatre de ces professeurs devaient en plus assurer leurs devoirs de directeurs de Maison : inspecter les salles communes, rencontrer les Préfets toutes les semaines… Elisa savait que Chourave se chargeait admirablement bien de ce travail, tout comme Flitwick, et Rogue dans une moindre mesure. Mais McGonagall devait en plus faire toute la paperasse de Dumbledore, puisqu'elle était sous-directrice ! Pas étonnant que, dans la saga canon, la prof de Métamorphose n'ait mis les pieds que deux fois dans la tour des Gryffondor.

Quand on y pensait, c'était quand même assez alarmant. Ils n'avaient pas assez de profs, et les profs qu'ils avaient étaient dépassés…

Mais passons.

Elisa apprit donc le Patronus à Tracey, même si la gamine ne parvint qu'à émettre de faibles étincelles durant sa première séance. Puis, comme elle était lancée, elle organisa une séance impromptue de révision du Patronus dans la salle commune des Poufsouffle. Presque toute sa Maison connaissait les bases du sort, même si pour l'instant seule Elisa et Trisha avaient un Patronus corporel. Cela dit, cette leçon permit à Elisa de montrer comment faire le sort aux premières années.

– Savoir lancer ce sort dans une salle bien éclairée et avec tous nos amis n'est pas la même chose que de le lancer quand on est face à un Détraqueur, fit remarquer Trisha à Elisa au terme d'une de ces leçons.

Dans la salle commune, tout le monde se concentrait sur son Patronus et l'endroit était envahi de nuages argentés plus ou moins denses et plus ou moins bien formés. Cédric avait une forme gigantesque, très longue : un dauphin ou une baleine. Raashid Hussain avait un petit animal, sans doute un écureuil. Une fille de septième année avait quelque chose qui ressemblait à un oiseau.

– Je sais, soupira Elisa. Mais c'est mieux que de ne pas savoir lancer de Patronus du tout, non ?

Trisha frissonna.

– C'est vrai. Mais, dans le train… Je n'ai même pas pensé à jeter le sort. J'étais juste… figée.

– Moi aussi, tenta de la rassurer son amie. Au début, j'étais tellement pétrifiée que j'avais l'impression que mon cerveau était complètement vide.

– Mais tu as réussi à lancer le sort. Tu as réagi.

Elisa resta silencieuse. Oui, elle avait repris ses esprits et lancé son fameux putois argenté, mais… Ce n'était pas parce qu'elle avait soudain eu une bouffée de courage face au Détraqueur. C'était parce qu'elle avait entendu Tom Jedusor derrière elle. Comme s'il était juste là. Et elle avait lancé son Patronus pour se débarrasser du Détraqueur, afin de faire face à Tom. Le choc qu'elle avait éprouvé à ce moment-là avait fait passer le Détraqueur au second plan.

Elisa avait du mal à digérer ça. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Elle ne pensait pas être traumatisée par Tom, pourtant ! Ok, elle était terrifiée par les tunnels, à présent, et repenser au cadavre du Basilic la faisait toujours frissonner d'horreur. Mais c'était durant son face-à-face avec Lockhart, sans baguette et complètement dominée par un sorcier plus grand et plus fort qu'elle, qu'Elisa avait vraiment eu peur. C'était là qu'elle avait hurlé, pleuré, qu'elle s'était débattue comme un animal acculé. Ensuite, dans la Chambre des Secrets… Elle s'était sentie curieusement détachée. Terrifiée, certes, mais détachée. Comme si elle assistait à tout ça en tant que spectatrice.

Bon, c'était sans doute à cause du fait qu'elle avait le crâne ouverte et un œdème cérébral à ce moment-là, mais bon. L'essentiel, c'était qu'elle n'avait pas eu aussi peur. Elle n'avait pas été aussi horrifiée.

Alors pourquoi était-ce Tom Jedusor, sa hantise ? Son pire souvenir, évoqué par le Détraqueur ? Elle avait beau repenser à leur rencontre dans la Chambre, à analyser les détails, elle n'arrivait pas à être effrayée. Même quand Tom l'avait taclée au sol pour marquer le journal de son sang, même quand elle avait réalisé qu'il allait la tuer, elle n'avait pas réussi à comprendre suffisamment la situation pour être terrifiée. Elle ne comprenait pas pourquoi Tom Jedusor était son pire souvenir.

– A quoi tu penses ? lui demanda Trisha après que le silence se soit étendu sur plusieurs secondes.

A la complexité de l'esprit humain. A Tom Jedusor, à Lockhart qui croupissait à Azkaban, au sentiment de désespoir et d'impuissance qu'elle avait ressentie quand il l'avait jetée dans la Chambre des Secrets. Aux Détraqueurs, au Ministère, au Sortilège du Patronus. Au détachement des profs, au détachement des sorciers en général. A tous les problèmes du monde. Aux elfes de maison, à Hermione, à Harry, à Tracey, à Sally-Anne, à Poudlard.

Mais Elisa se contenta de hausser les épaules avec un sourire :

– A rien. Je me disais juste qu'on fait tous de notre mieux.

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Voilà ! J'espère que ça vous a plu =)