Sohaya : Merci miss ! Tes review me font super plaisir, je suis flattée que tu trouves que je respecte le style des romans. Pour la rapidité des chapitres, c'est l'avantage de les avoir écrit avant ! Sinon, merci pour ton soutien en général et tous tes compliments, ça fait chaud au cœur et ça m'encourage à continuer. Gros bisous.


Chapitre 4 : Vie à la tour et retrouvailles

Johan n'avait jamais été aussi heureux de sa vie. Ce qu'il faisait à Neskaya lui plaisait énormément.

Pour la première fois, il se sentait utile et compétent. Il apprit à maîtriser et à développer son laran et il découvrit avec plaisir qu'il était plutôt doué. Il possédait même le pouvoir nécessaire pour devenir gardien, ce qu'on le destinait d'ailleurs à être.

Johan suivait un entraînement rigoureux qui le laissait souvent sans énergie. Le travail dans les cercles, qui exigeait une vigilance constante, était particulièrement dur et épuisant.

Mais Johan trouvait cela passionnant. Toute cette puissance... il avait la sensation de pouvoir déplacer des montagnes...

Il savait que leur travail était utile, que les tours étaient une source de prospérité pour les habitants de Ténébreuse. Car à cette époque, les Tours n'étaient pas encore impliquées dans les guerres intempestives qui sévissaient sur la planète.

Johan appréciait les autres télépathes, il les trouvait gentils et aimables. Il se prit d'affection pour Donal et Alindas, deux techniciens qui étaient à Neskaya depuis un an déjà.

Mais c'est Armand que Johan aimait par dessus tout.

Leur relation s'était renforcée. Maintenant que Johan contrôlait son laran, ils pouvaient se parler télépathiquement, renforçant ainsi le lien profond qui s'était installé entre eux.

Armand, qui avait travaillé comme technicien au début, était maintenant devenu un compétent moniteur. C'est lui qui surveillait les télépathes quand ceux-ci travaillaient dans un cercle. Il vérifiait leurs constantes vitales, relançait parfois leur respiration quand, trop concentrés par leur travail télépathique, ils en oubliaient de respirer, et les soulageait de crampes éventuelles.

La vie à Neskaya était plaisante, Johan avait l'impression qu'il n'avait jamais vécue avant, que sa vie commençait seulement.

Mais un jour, par l'intermédiaire des relais, il apprit que son père était mourant et qu'il tenait à le voir. Etonné par cette soudaine attention que lui témoignait son géniteur, Johan décida d'y aller.

Armand ne put partir avec lui. Il était le seul moniteur de la tour, les autres étant partis pour Caer Donn où une étrange maladie faisait des ravages.

Ce fut un triste départ, Johan répugnait à quitter Neskaya et surtout il ne voulait pas être séparé d'Armand. Mais il ne pouvait pas non plus manquer à ses obligations de prince de Scathfell, il se devait d'aller au chevet de son père, surtout si celui-ci le réclamait.

« Je ne resterais pas longtemps », promit-il à son ami.

Mais Armand était inquiet, il avait un mauvais pressentiment sur ce voyage.

Avant de partir, il lui serra la main et leurs esprits se joignirent un court instant. Un frisson parcourut le corps de Johan, électrisé par ce contact. Il se sentit enveloppé d'un amour infini.

Il regarda longuement dans les magnifiques yeux violets d'Armand. Et dans ce regard brûlant, il lut pleins de promesses.

Le voyage se passa sans incident, tout était tranquille. Trop peut être. L'appréhension d'Armand gagnait le jeune homme au fur et à mesure qu'il se rapprochait de chez lui. Il avait hâte d'arriver, de voir ce que lui voulait son père et de repartir le plus vite possible. Armand lui manquait déjà.

Enfin, un matin gris et pluvieux, Johan fut de retour chez lui, après un an d'absence. Et il ne reconnut pas les lieux.

A peine avait-il franchi la rivière qui délimitait le domaine de son père, il sut que quelque chose avait changé mais il n'arriva pas tout de suite à définir exactement ce qui provoquait chez lui cette angoisse.

Tout était silencieux. Mortellement silencieux.

Il n'y avait personne pour l'accueillir. En fait, il ne semblait n'y avoir personne du tout. Aucun signe de vie.

Il traversa le village, rendu sinistre par une brume qui évoluait en volutes au dessus du sol détrempé. Il paraissait abandonné. Une odeur acre flottait dans l'air. Les portes des logis en bois étaient fermées, les rideaux tirés. Aucune fumée ne sortait des cheminées.

De plus en plus oppressé, Johan entra dans la cour du château. Il sauta lestement de son cheval et regarda autour de lui. Personne ne vint à sa rencontre.

Johan commençait véritablement à s'inquiéter quand il aperçut une ombre furtive, seul signe de vie dans ce paysage désertique.

Il héla après elle et un homme apparut à sa vue. Il se rapprocha et Johan reconnut un servant du château, un dénommé Albert.

Celui-ci avait vraiment piètre allure, avec ses cheveux sales et emmêlés, ses cernes noirs et ses vêtements troués. Il paraissait ne pas avoir dormir depuis des semaines. Amaigri et pâle comme la mort, il s'avança vers Johan, en déambulant, tel un squelette décharné. Il semblait sur le point de tomber à chaque pas. Il était effrayant à voir et Johan eut un sursaut de panique quand l'homme s'accrocha à son bras.

"Ah monseigneur, c'est affreux ! Affreux ! Un terrible fléau s'est abattu ici ! Tout le monde tombe malade ! C'est atroce... La fièvre s'abat sur les gens telle la foudre. Elle a déjà emporté deux des princes de ce domaine, le vieux Roi lui-même est très malade... Tellement de gens sont déjà morts...

Pitié monseigneur, si vous pouvez faire quelque chose pour nous aider... Je vois que vous avez une pierre bleue, vous devez posséder le don de guérison, par pitié... aidez nous..."

Johan, ébahi, ne sut d'abord pas quoi répondre. Cette nouvelle lui coupa les jambes si bien qu'il fut obligé de se tenir au mur pour ne pas tomber.

Mais il parvint à se ressaisir et dit d'une voix dure à celui qui ne l'a pas reconnu : "Amène-moi au Roi."

Albert, acquiesça: "Oui, monseigneur, merci monseigneur... " Et il prit la direction de la chambre royale.

Evidemment, Johan connaissait le chemin mais il préféra garder son identité secrète. Il suivit docilement le valet jusqu'à la chambre de son père.

"Voilà Vai Dom. C'est ici." Sans s'annoncer, le valet ouvrit grand la porte, dévoilant aux yeux du jeune prince une scène qui lui pinça le coeur.

Johan ne distingua qu'une forme sous les draps et penchée au-dessus de celle-ci, une dame en robe de velours noir. Elle était en train de passer un linge humide sur le front du roi, ses longs cheveux noirs lui cachaient le visage mais il l'aurait reconnue n'importe où.

C'était sa mère.

Elle se retourna au bruit de la porte que le valet avait refermée et pendant quelques minutes, ils ne dirent rien, se contentant de se dévisager. Une vague de tristesse envahit le garçon quand il vit le visage de sa mère. Cernée, aussi blanche que les draps, elle semblait si vieille...

Cette attente lui parut insupportable mais après un moment qui lui sembla être une éternité, sa mère réagit enfin. Elle se mit à pleurer et se précipita dans ses bras.

"Johan, mon fils... Ah Johan ! C'est affreux, affreux !"

Johan tenta de consoler sa mère du mieux qu'il put et quand, enfin, elle se calma, elle lui parla. Sa voix était tremblante.

" Tu es venu quand même, mon fils… J'avais peur que tu n'aies pas reçu le message. Ton père a demandé après toi, durant un des rares moments où il est revenu à la conscience. La leroni a tout de suite transmis le message mais nous craignons que vous ne l'ayez pas reçu. "

" La leroni ?"

" Oui, elle est ici depuis deux mois, depuis que la fièvre est arrivée... On l'a fait venir de Caer Donn, ton frère était mourant... Mais elle n'a rien put faire..." Sa voix se brisa mais elle réussit à maîtriser ses larmes qui menaçaient de couler. "Elle est restée avec nous pour nous aider. Elle doit être au village, en train de soulager les souffrances de quelqu'un. Elle fait ce qu'elle peut mais il y a tellement de malades... "

Sa mère releva la tête vers lui, son visage tiré s'éclaira : "Je suis si heureuse de te voir, mon fils."


Voilà, une petite review me ferait plaisir. yeux de pipi malo qui a reçu un coup de casquette s'il vous plaît ( je décline toute responsabilité pour cette expression débile. C'est ma mère qui l'a inventée, c'est pas moi ! )