Bonsoir! Et voici le chapitre 4, avec Krokmou! J'espère que vous avez l'estomac bien accroché, la fin est légèrement gluante...

Une amie m'a fait remarqué que Stoïck et les villageois sont particulièrement durs envers Harold. Si vous le pensez aussi, je m'en excuse. Je voulais simplement changer un peu par rapport à ma fic précédente sur Dragons. Et leur comportement correspond à ce que j'ai en tête pour la suite. Ce traitement sert à rendre Harold plus dur, plus résistant. Certes il l'est déjà dans le film, mais je voulais que ça soit un peu plus poussé.

Assez de bla-bla, je vous laisse lire. Merci pour votre soutien et vos commentaires. Bonne lecture!


Gueulfor laisse le jeune viking tranquille, estimant qu'il a besoin d'un peu de temps seul. Il s'approche donc des autres jeunes pour voir comment ils se débrouillent. Quand il voit qu'ils n'ont pas besoin de son aide immédiate, ignorant les cris de Rustik qui est toujours coincé sous le cauchemar, le forgeron se dirige vers une caverne au niveau du sol et y entre. Des bruits métalliques se font bientôt entendre, sortant Harold de ses pensées. Curieux, il entre à son tour dans la caverne pour découvrir de nombreuses peaux empilées dans un coin et ce qui ressemble à une petite forge. Gueulfor est occupé à redresser la lame d'un couteau grâce à un marteau.

- C'est quoi cet endroit? demande Harold.

- La mini-forge, comme j'aime à l'appeler. C'est ici que je range tous les outils pour la fabrication des selles, c'est bien plus pratique que de retourner à chaque fois au village. Les dragons sont ici donc je peux avoir les bonnes mesures n'importe quand.

- C'est toi qui fabrique les selles? Je croyais que chaque guerrier devait savoir fabriquer son propre équipement quand il s'agit des dragons. Mon père n'arrête pas de répéter que ça fait partie des bases.

- Et pourtant il n'est même pas capable de coudre le cuir. Stoïck aime bien citer toutes les règles mais il n'en suit pas la moitié.

- Alors pourquoi il insiste pour que je les observe toutes?

- Aucune idée, tu devras le lui demander toi-même. Tu veux m'aider?

- Quoi?

- Tu veux m'aider à fabriquer les selles? Ce n'est pas parce que tu n'as pas le droit de monter sur un dragon que tu ne peux pas savoir tout le reste. Et j'aurais bien besoin d'un assistant. Ces dernières années, il y a de plus en plus de vikings qui se plaignent que mes selles mettent trop de temps à être fabriquées, qu'elles ne sont pas de bonne qualité ou qu'elles sont inconfortables. Et puis, il faudra bien que quelqu'un prenne la relève quand je ne serais plus là.

- Ce qui n'arrivera pas avant un très long moment, marmonne Harold.

- Qu'est-que tu dis?

- Rien! Et oui, je vais t'aider. On commence par quoi?

- Par les mesures. Les dragons de tes amis sont tous adultes, alors les mesures seront définitives. Mais les jeunes vont encore grandir, donc il faudra rendre les selles ajustables pour qu'ils puissent s'en servir quand ils auront poussés.

- Ce ne sont pas des plantes, tu sais, fait remarquer Harold. Et ce ne sont pas mes amis.

- Vraiment? Alors que sont-ils pour toi?

- De vagues connaissances, et des êtres à éviter si je désire avoir la paix.

Le forgeron ne relève pas le ton acide du jeune viking et change de sujet. Il lui montre les différents outils servant à mesurer un dragon et ceux pour fabriquer les selles. Harold est très vite emballé par l'idée de créer quelque chose de nouveau et fais très attention à tout ce qui lui dit Gueulfor. Les deux forgerons sortent de la caverne et appellent les jeunes et leurs partenaires pour commencer à prendre les mesures. Pendant que Gueulfor et Harold s'occupent autour des dragons, les jeunes se réunissent pour discuter de leurs dragons, débattant de leurs qualités, chacun insistant pour dire que le sien est le meilleur. Le débat se transforme vite en combat et Gueulfor est obligé d'intervenir. Il calme les jeunes avant de les renvoyer au village, ne gardant qu'Harold avec lui. Dès que les jeunes sont hors de vue, Pointeur arrive avec son groupe de terreurs terribles et tourne autour de deux vikings. Les petits dragons sont joueurs et cherchent à attirer l'attention mais prennent garde à ne pas gêner le travail des humains. Le soleil commence à se coucher quand Gueulfor déclare qu'il a terminé pour la journée.

- Nous avons toutes les mesures pour les lézards, nous pourront commencer à travailler sur les selles demain. Tout ce qui nous manque, ce sont les mesures des jeunes, mais on verra ça plus tard. Pour l'instant, j'ai juste envie de me trouver un bon poulet bien cuit et une coupe d'hydromel. Ensuite, dodo.

- Pars en premier, je vais ranger, propose Harold.

- Tu n'as pas faim? Tu as travaillé autant que moi, si ce n'est plus.

- Non, le repas ne me dit rien pour l'instant. Je préfère rester ici et nettoyer. Je peux même commencer les selles, tu m'as assez bien expliqué pour que je comprenne comment faire.

- Ne te précipite pas, nous avons tout le temps de l'entraînement pour faire les selles, et ça dure des semaines, voire des mois.

- Gueulfor, je ne veux pas rentrer au village, soupire Harold.

Le forgeron regarde le jeune devant lui avec intensité, fixant en particulier ses yeux. Ce qu'il semble y trouver le pousse à soupirer à son tour tout en hochant la tête.

- Très bien, tu peux rester ici. Ton père t'a interdit de monter les dragons de la Vallée, il n'a jamais rien dit quant à vivre parmi eux. Il y a une petite caverne un peu loin avec une paillasse, je l'utilisais au départ quand j'avais des réparations urgentes à faire sur les selles et que je n'avais pas le temps de rentrer au village. Ce n'est pas grand-chose mais...

- Mais c'est mieux que rien, achève Harold. Merci.

- Ne me remercie pas. Si ton père apprend que tu restes ici, il va piquer une colère. Évite d'embêter les dragons et tout ira bien.

- Pas de souci, il ne remarquera même pas mon absence! assure Harold avec enthousiasme.

- Ne dis pas ça sur un ton aussi joyeux, c'est déprimant. Bon, sois sage et ne fais pas de bêtises. Je reviens demain avec les jeunes. Si tu ne veux pas qu'ils découvrent que tu restes ici, rejoins-nous avant l'arche de pierre. Il y a un petit chemin sur le côté, les gardes ne te verront pas.

- Ce n'est pas dangereux de ne pas surveiller cet accès?

- Le chemin est très étroit, seules des personnes de petite taille peuvent y passer.

- Mais les enfants peuvent passer, ce qui n'est pas très sûr. Les gardes sont autant là pour protéger les dragons que pour protéger les villageois.

- Je sais. Cependant, il n'y a que deux personnes à connaître ce passage : moi, bien sûr, et toi maintenant. Tant que tu gardes le secret, tout ira bien.

- D'accord, je ne dirais rien.

- Je te conseilles de venir au village de temps en temps, pour ne pas éveiller les soupçons. Et tu auras sûrement besoin de quelques affaires personnelles, non?

- Je me débrouillerais.

- Parfait, alors à demain!

Gueulfor donne une tape légère sur l'épaule d'Harold avant de s'éloigner en claudiquant. Il ne va pas bien loi avant de se retourner et de revenir.

- J'ai oublié de te dire quelque chose.

- Qu'est-que c'est?

- Il y a un dragon qui rôde dans les alentours depuis quelques temps. Il ne sort que la nuit et personne n'a jamais réussi à le voir. Certains disent que c'est un furie nocturne, mais comme on sait pas à quoi il ressemble et les furies sont une espèce très rare, voire éteinte, on est sûrs de rien. Sois sur tes gardes si tu te promènes dehors lorsqu'il fait nuit.

- Je croyais que les furies nocturnes n'étaient qu'une légende?

- Non, ils existent. Mais ils sont très peu nombreux. En fait, personne n'en a vu depuis près de deux décennies, à plus ou moins quelques années. Les furies nocturnes ne se sont jamais associés aux vikings pour combattre les Souffles du Froid. Ils combattaient de leur côté et faisaient beaucoup de dégâts dans les rangs ennemis. Une fois, quand j'étais tout petit, j'ai vu un groupe de démons se faire exploser par un furie. Les Souffles étaient rangés six, rangés deux par deux. Je m'en souviens bien parce que je trouvais cette formation bizarre, comme une commande à emporter à la forge! Un furie nocturne est passé, il a envoyé sa boule de feu et les démons étaient partis, commande expédiée!

- Tu inventes là? demande Harold d'un ton sceptique.

- Bien sûr que non! C'est la vérité, parole de viking!

- Hum.

- Enfin bref, tout ça pour dire que les furies existent bel et bien et qu'ils sont plus puissants et plus rapides qu'aucun dragon de race commune. Ils seraient un grand atout dans notre combat, dommage qu'ils ne traînent plus dans le coin. Avec tout ça j'en oublie la raison pour laquelle je te parle des furies! N'oublies pas : fais attention à ce mystérieux dragon!

- Oui, Gueulfor, c'est promis. Et si j'ai un souci, j'enverrais Pointeur te chercher.

- Bien.

Sans un mot de plus, le forgeron s'éloigne et ne se retourne pas cette fois. Harold se met à ranger les différents outils sortis plus tôt dans la journée et part à la recherche de la caverne indiquée par Gueulfor. Comme annoncé, une simple paillasse est posée à même le sol. Des couvertures sont pliées sur le côté et un feu éteint depuis longtemps se trouve vers l'intérieur, à l'abri du vent. La caverne est petite et n'offre aucun confort. Pourtant, Harold semble la trouver à son goût. Il ressort et profite des derniers rayons de soleil pour attraper quelques poissons et ramasser du bois mort. Grâce à l'aide de Pointeur, il parvient à avoir un feu fort et chaud en peu de temps, lui permettant de faire griller un poisson. Il divise le reste de sa prise entre Pointeur et deux autres terreurs qui ont décidés de rester avec lui. Après son repas, Harold se rend de nouveau à la rivière pour se laver les mains et boire un peu. Alors qu'il est penché, un bruit étouffé se fait entendre non loin. Curieux, Harold relève la tête et regarde autour de lui mais ne voit rien de particulier. La plupart des dragons se sont retirées dans leurs cavernes ou leurs nids et aucun animal ne s'aventure dans cette partie de l'île, sous peine de finir dans l'estomac des reptiles. Mettant l'étrange bruit au crédit du vent, Harold finit de se laver et se redresse. Il se tourne pour retourner à la caverne quand un gémissement se fait entendre, suivit d'un bruit sec, comme un claquement. Ne pouvant plus nier la présence d'un autre être, Harold s'avance doucement dans la direction d'où provient le bruit. Il s'éloigne de la partie où vivent les dragons et s'engage dans un recoin isolé de la Vallée. Des arbres poussent autour d'un petit point d'eau entouré de rochers, qui forment comme une enclave. Une forme sombre s'agite près de l'eau. Tirant parti du peu de lumière que lui prodiguent la lune et les étoiles, Harold évite les rochers et avance, cherchant à voir de quoi il s'agit. Se glissant derrière un arbre, le jeune viking a une parfaite sur le point d'eau et la forme sombre.

Plutôt petit par rapport à ses congénères, recouvert d'écailles d'un noir de jais, des ailes semblant puissantes et longues repliées contre son corps, une queue longues et pourvues d'ailerons en bout, une tête plate et arrondies, un dragon étrange se tient dans l'enclave. Le reptile est fort occupé à tenter d'attraper des poissons dans le point d'eau. Mais malgré sa concentration, il se redresse vivement quand il entend du bruit derrière lui. Se retournant et bondissant à une vitesse hallucinante, le dragon arrive sur Harold et le plaque au sol en le maintenant avec une patte tout en grognant et montrant ses dents. Voyant qu'il a coincé un viking, le dragon se dépêche de le relâcher mais reste tout de même sur ses gardes, refusant de tourner le dos. Harold respire fort à plusieurs reprises avant de se relever lentement, évitant les gestes brusques. Quand il peut enfin regarder le dragon, son regard est immédiatement attiré par les yeux verts et expressifs du reptile. Douleur, colère, peur, crainte et incompréhension sont les émotions qui peuvent êtres lues dans les yeux du dragon. Harold ne peut soutenir longtemps ce regard intense et détourne la tête. Se faisant, ses yeux tombent sur la queue du dragon, enroulée autour du corps reptilien. Fronçant les sourcils, le jeune viking ne met pas longtemps à s'apercevoir que l'un des ailerons est manquant.

- Tu... Tu es blessé! C'est pour ça que tu es là! Tu es le dragon dont Gueulfor m'a parlé. Si tu rôdes dans les alentours, c'est parce que tu es blessé. Et si tu restes ici, c'est que ta blessure doit t'empêcher de voler! Depuis combien de temps es-tu là?

Le dragon étrécit les yeux et montre ses dents, faisant comprendre qu'il se méfie du viking. Harold observe l'enclave pour tenter de trouver un moyen de prouver qu'il est inoffensif. En voyant le point d'eau il semble avoir un idée et sautille sur place.

- Ne bouge pas, je reviens!

Sans attendre de réponse, Harold se faufile entre les rochers et rejoint le reste de la Vallée. Il court près de la rivière et s'abaisse, guettant des poissons. Il n'a pas à attendre longtemps avant d'en attraper deux. Se remettant debout, il court vers l'enclave et revient près du dragon qui n'a pas bougé depuis son départ. Déglutissant nerveusement, Harold présente les poissons au dragon. Ce dernier les fixe un moment puis commence à approcher doucement et précautionneusement, comme un chat. En arrivant devant le viking, le dragon ouvre la bouche, dépourvue de dents. Voyant les gencives exposées, Harold fronce les sourcils.

- Mais, tu avais des dents tout à l'heure, où sont-elles passées? Tu ne vas pas pouvoir manger le poisson, il faut croquer, même s'il est...

Le dragon fait un petit geste de la tête et des dents blanches et pointues sortent des gencives. Si vite qu'Harold n'a pas le temps de réagir, le dragon s'empare des poissons et les avale.

- … mou, finit Harold d'un ton étonné. Ben ça alors, tu es surprenant.

Le dragon se lèche les babines avant d'approcher Harold de façon plus confiante tout en le reniflant. Le viking ne se sent pas menacé mais préfère reculer. Quand il est acculé, au sol, contre un rocher, il lève les mains et les écarte pour montrer qu'elles sont vides.

- Désolé mon grand mais je n'ai plus de poissons, ce n'est pas si facile de les attraper dans l'obscurité. Non, arrête de renifler, je n'en ai plus!

À ces mots, le dragon se recule un peu et émet d'étranges bruits. Il ouvre la bouche et une moitié de l'un des poissons qu'il vient d'avaler glisse de sur sa langue pour tomber sur les genoux du viking. Harold regarde le poisson gluant avec dégoût.

- Beurk.