Ça y est !

Après avoir glandouillé un bon moment, voici enfin le chapitre 3 !

Et c'est pas pour arranger les choses.

Undertaker : Ouuuuuh, j'ai peur ! Hihihi...

T'as pas l'air particulièrement effrayé, tu souris...

Undertaker : Je suis sous anti-dépresseurs :)


Les trois amies entrèrent dans le premier bâtiment, comme le leur avait demandé le directeur.
Elles s'attendaient à trouver des lits superposés pas très confortables, le genre classique des colonies de vacance et des internats, ainsi furent-elles surprises lorsqu'elles entrèrent dans le dortoir.
La pièce était carrée et très vaste. Trois des coins de la salle abritaient trois lits à baldaquins qui semblaient moelleux à souhait, le dernier possédait une dizaine de fauteuils et une cheminée artificielle. Il y avait également un assez gros placard pour chaque élève, ainsi que des tables, situées près de prises, où des post-it indiquaient "Avec wifi.". Séraphine en fut enchantée.
Audrey s'élança vers le coin où il n'y avait pas de bagages et plongea sur le lit le plus proche.

_Wouhou !, s'exclama-t-elle en rebondissant sur le matelas. ON S'CROIRAIT DANS HARRY POTTER, PUTAIN !

_Arrête un peu avec tes références culturelles, s'agaça Séraphine. Mais c'est vrai qu'ils sont confortables, ajouta-t-elle une fois sur le lit.

_Hum hum...

Elles se retournèrent en même temps et virent un garçon assez grand. Il avait des yeux myosotis pâle, des cheveux blonds très clairs et une légèreté moqueuse et enfantine qui n'échappa pas à Séraphine. Il portait une chemise violette, un jean et des Converses, et son visage exprimait une sorte de puérilité qui était intensifiée par son petit sourire.

_Bonjour mesdemoiselles, dit-il avec une amabilité déconcertante et mielleuse.

_Pourquoi qu'on croise que des gens chelous depuis ce matin ?, s'étonna Audrey d'une voix haute et claire. Un mec en robe qui mange des biscuits pour chiens et qui rigole comme un fou, un autre mec qui tombe d'un toit sans se faire mal et qu'a les yeux rouges, un troisième qui arrête pas de faire "Hmmm" (elle singea Spears avec une mimique hautaine) et qui a un bâton avec des pinces au bout, un... Euh... une... rouge qui veut violer le direlo et qu'a des dents pointues... Vous êtes Angleterrien ? Vous savez que ça existe pas, dans notre pays, des gens comme ça ?

_Eh bien, voilà une bien longue tirade pour une personne très laide et à l'haleine déplaisante. Vous faites-vous encore allaiter pour avoir ce genre de raisonnement peu frivole ?

Audrey ne sourcilla pas face à l'insulte (elle se moquait bien des quolibets sur son apparence). Elle eut même un petit sourire :

_Oui. Mais pas par ma mère.

Les yeux du garçon s'agrandirent et un sourire étonné et jouasse franchit ses minces lèvres. Il ôta le gant qu'il avait à la main droite et la tendit vers elle :

_Enchanté, mon nom est Aloïs.

_Audrey, se présenta-t-elle en la serrant, et voici Lââm et Séraphine.

_Bonjour, mademoiselle Lââm. Séraphine, n'est-ce pas ?, murmura le blond en se tournant vers Séra, qui rosissait. Ce nom sonne obscur et orgueilleux, mais a tout de même des intonations de noblesse... Un peu comme celui des Lannister, dans...

_Le trône de fer, de George R R Martin, compléta rapidement Audrey.

Aloïs reporta son attention sur elle, de plus en plus surpris.

_Vous connaissez ? Voilà qui est déroutant.

_Mes lectures sont très variées, mylord, sourit-elle en tendant sous le nez du blond le premier tome de la série.

Séraphine se souvint l'avoir vue lire le bouquin dans le bus d'Undertaker.

_Quoi qu'il en soit, poursuivit Aloïs, je trouve votre nom remarquablement joli.

Il lui tendit une main qu'elle serra aussitôt, de peur de lui faire croire qu'elle le snobait. Malgré qu'il l'impressionnât, le fait qu'il n'avait pas serré la main de Lââm ne lui échappa pas. Elle se garda cependant de le commenter et avisa les deux nouveaux venus.
Le premier était un garçon qui devait avoir l'âge de Lââm. A la Renaissance, il aurait pu être considéré comme un noble richement vêtu, mais là, il paraissait simplement ridicule avec sa longue robe bleu nuit et son petit chapeau noir.
Autant la parure et l'apparence d'Undertaker étaient trop surprenants, étranges et exagérés pour qu'on puisse s'en formaliser, autant ce garçon aurait plus eu sa place dans un jogging et un sweet.
Mais il était trop replet et svelte pour faire du sport. Il semblait plus de genre fils à papa, mais un papa qui aurait fait fortune à l'étranger. En Italie, peut-être ? L'image de ce garçon avec une moustache dans une pizzeria s'insinua dans l'esprit d'Audrey, qui en pouffa de rire.
Lorsque l'oeil bleu clair de l'adolescent se posa sur elle, le fou rire d'Audrey se stoppa net. Il n'en avait qu'un de visible, l'autre étant dissimulé sous un bandage, et cet unique oeil reflétait tant de douleur qu'elle eut honte d'avoir rit de lui.
Ses cheveux étaient d'un jais si pâle qu'il en semblait bleu, et avaient l'air d'avoir la consistance de la paille.
Le regard des filles se détacha de lui pour se poser sur celle qui l'accompagnait, une jolie blonde aux cheveux bouclés et aux yeux verts, qui semblait heureuse d'être simplement là. Elle portait une longue robe rose qui reflétait, apparemment, son humeur.

_Bienvenue à James Butler, marmonna le garçon, et les trois amies reportèrent leur attention sur lui. Mon nom est Ciel Phantomhive, et voici Elizabeth...

_Non, non, appellez-moi Lizzyyy !, rit-elle en s'accrochant au cou de Ciel.

Elles n'avaient pas déjà vu cette scène auparavant ?

_En tout cas, je suis ravie de faire votre connaissance !

Audrey lui tendit la main, mais Lizzy lui fit directement la bise. Quant à Séra, elle avait l'impression que Ciel la regardait, et cela la mettait mal à l'aise.
Finny, Bard et May Linn débarquèrent alors, et Ciel ouvrit la bouche pour les présenter, mais Audrey l'interrompit :

_On les connait déjà.

Finnian commençait à parler du "Comte déchaîné" à Audrey, que la série semblait intéresser, quand May Linn leur proposa :

_Ce long voyage a dû vous épuiser. Que diriez-vous d'un peu de repos avant le petit déjeuner ?

_Là, je ne dis pas non, souffla Séra en fixant les lits avec envie.

_On prendra le breakfast à 9h30 précises, déclara Ciel. Notre directeur est très à cheval sur les horaires.

_Notre directeur est très à cheval sur tout, fit Aloïs en imitant Ciel avec une petite voix, en soupirant.

_Sauf sur Grell. Et pourtant ça lui plairait, ajouta Audrey avec un air malicieux.

Aloïs éclata de rire, mais le manque de subtilité de ses propos glaça Ciel. Séra, elle, resta de marbre, un peu jalouse des bons rapports de camaraderie qui les liaient déjà. Et Lââm, ben... Elle avait pas compris.

_Les Stark vaincront !, s'exclama Aloïs

_LES STARK VAINCRONT !, reprirent-ils tous deux en choeur.

Séraphine s'enferma dans sa musique, ignorant Audrey qui éclatait de rire et réagissait à chaque ligne du Trône de Fer qu'elle lisait. Elles restèrent ainsi une heure, toutes les trois occupées à leurs activités préférées, attendant patiemment l'heure du petit déjeuner.

_En fait, est-ce qu'Undertaker cuisine bien ?, demanda Audrey en fixant les autres, tout en bouclant une de ses mèches d'un doigt distrait. Vous le savez ?

_Oui, nous sommes des pensionnaires de longue date, sourit May Linn.

-Il cuisine SUPER bien !, s'exclama Finny. Il fait des plats si succulents !

Ses yeux pétillèrent, sans doute se remémorait-il l'un des susdit plats les plus délicieux.

_Et toi, Bard, t'en pense quoi ?

Le garçon releva la tête et pris un air renfrogné.

_Pas assez cuit.

Finny éclata de rire.

_Rien n'est jamais assez cuit pour Bard, expliqua May Linn. Le feu est son élément.

Lââm allait faire une remarque, avec un étrange sourire aux lèvres, quand la cloche qui annonçait le petit déjeuner retentit : il était temps d'aller manger.

Les neufs élèves entrèrent dans la salle, les filles un peu en retrait, encore un peu intimidées par la grandeur des lieux.
Elles rencontrèrent quelques nouvelles personnes : deux asiatiques vêtus de couleurs chaudes et douces à l'oeil, deux hindous dont l'un, au grand étonnement de Séra, avait les cheveux violets et l'autre portait un turban et un bandage au bras droit. Il y avait également une femme toute vêtue de rouge qui semblait l'alter-ego de Grell.

_Voici Lau (l'homme asiatique s'inclina) et Ran Mao, sa soeur (la femme aux chignons se contenta de les observer avec curiosité), présenta Sébastian. Il y a aussi pr... monsieur Soma (l'indien aux cheveux violets leur fit un salut vague) et Aghni (l'homme au turban, lui, s'inclina si longtemps qu'il fallut que monsieur Soma lui mette un coup de coude dans les côtes pour qu'il se redresse). Ah, et madame Red.

Celle ci les couva d'un regard maternel, mais reporta vite son attention sur Ciel.
La position qu'ils devaient avoir à table fut un sujet de conflit : Lizzy et Aloïs voulaient absolument être auprès de Ciel qui désirait être auprès du directeur, Grell exigeait d'avoir Sebastian en face de lui, ce qui contrariait ce dernier, qui tenait dans ce cas à avoir Spears non loin de lui, Audrey et Lââm voulaient être à côté d'Undertaker, Lau exigeait que Ran Mao soit sur ses genoux, et Soma souhaitait garder Aghni à ses côtés, May Linn, Finny et Bard avaient tendance à discuter tout le temps ensemble, Tanaka se fichait de la dispute.
Finalement, c'est Mr Michaelis qui régla l'affaire,tant il était excedé. Il les installa.
Satisfaits de leurs positions, et remerciant Sebastian, les dix huit autres se mirent à manger. Il y eut bien un moment de froid quand Audrey demanda ce qu'il feraient en cas de dispute entre deux élèves ou quelque chose dans le genre et que le directeur, par dessus les épaules de Ciel et de Lizzy, la foudroya du regard, mais les mets étaient si délicieux que l'ambiance se réchauffa.
Même Spears se dérida lorsque Séraphine leur raconta le passage où elles avaient lu la mention "LS" et que les plaisanteries idiotes qu'avaient dites Audrey firent tant rire le cuistot qu'il en tapa la table, renversant son gaspacho sur Lââm qui était trop hilare pour s'en occuper.
Oui, les mets salés étaient au rendez-vous. Séraphine, plus habituée à manger du sucré au petit déjeuner, se tourna vers le pudding au miel qui trônait au centre de la table, mais Audrey avala bacon, scones, légumes sautés et pommes de terre, toutes les douceurs qui étaient à sa portée. Elle mangeait extrêmement vite, ce qui indignait le directeur mais faisait rire le cantinier.

_Oh, p'tain, Undie, même les j'oeufs au plat deviennent bon quand ch'est toi qui les prépare ! Tu permets qu'ch't'appelle Undie, hein ?

Elle attrapa une grosse pomme de terre, y ajouta de la crème et des miettes de pain, la piqua au bout de sa fourchette et en avala un si gros morceau qu'elle faillit s'étouffer.

_Alors tu sais pas ce que c'est les frites ?, demanda-t-elle à Undertaker en se remettant de sa bouchée avec un verre de jus de pomme.

_Eh non, mademoiselle...

Tandis qu'Audrey lui narrait ce qu'étaient les frites, à quel point elles étaient bonne et comment les préparer, Séraphine demandait à Grell :

_Votre couleur de cheveux est naturelle ?

Le professeur interrompit sa bouchée pour lancer, de manière théâtrale :

_Oh oui ! Le rouge est ma couleur préférée, son teint écarlate rappelle les reflets exquis des rubis de Raymagini ! C'est une couleur qui s'impose, une couleur qui illumine, et qui va si bien avec le noir absolu de mon petit Sebastiaaan !

Sutcliff s'approcha du directeur, qui s'écarta avec un soupir excedé. Les morceaux de pain beurré qui s'étaient accroché à la veste du prof tandis qu'il s'agitait pour appuyer son discours gâchaient un peu son effet, mais il semblait ne pas s'en soucier.

_Ok, mais..., hésita Séraphine, destabilisée, comment ça se fait qu'ils soient rouges ?

_Je ne vous demande pas, mademoiselle, "comment ça se fait" que votre peau soit mate, ou pourquoi votre amie est idiote !

_Grell Sutcliff, adressez-vous plus poliment à vos élèves !, grogna Spears en remontant ses lunettes à l'aide du bâton à pinces.

Séraphine l'apprécia un peu plus quand elle vit qu'il prenait sa défense, mais Audrey, qui observait la scène derrière le dos de trois convives, se demandait toujours à quoi servait ce fichu outil.
Elle haussa les épaules et réattaqua le gâteau qu'elle était en train de manger. Elle le trouvait vraiment délicieux, inimitable avec le fondant de sa crème épaisse et sucrée, le croustillant de sa croûte, la texture de ses fruits et l'inimitable saveur du tout.

_M'chieur Undie, ch'est vous qu'avez fait chette tarte ?

_Il va falloir te décider entre me tutoyer et me vouvouyer, Audrey.

_C'est moi, signala mr Michaelis. Elle est à la pomme, aux mûres et aux raisins blancs et j'ai rehaussé sa crème -maison- d'une touche de miel pour ajouter de la douceur au tout.

_P'tain, ch'est vous qu'avez fait cha ?

_Audrey, pourquoi dites-vous toujours putain ?

_Chaperlipopette, ch'est vous qu'avez fait cha ?

_Oui.

_J'êtes incroyable !

Audrey lui avait malencontreusement envoyé des miettes de sa fameuse tarte dans le visage.

_J'apprécie le compliment, et je vous en remercie, miss Maddie, mais si vous pouviez éviter de parler la bouche pleine !

Audrey avala tout d'un coup et lui fit un grand sourire :

_Vous êtes méga doué en cuisine, monsieur Michaelis !

_Plus en matière de desserts, commenta Ciel en se servant une part de la même tarte avec un air gourmand.

Sebastian le regarda d'un air agacé avant de revenir à Audrey :

_Vous mangez trop vite, cela n'aide pas à la digestion.

_Désolée, sourit-elle, c'est dans ma nature.

_Il faut mâcher au moins vingt fois chaque bouchée avant de l'avaler, et...

_Même le riz et les spaghettis ?, l'interrompit-elle, surprise.

_Ne me coupez pas ! Toute la nourriture, oui, même le... riz et les spaghettis. Cela ne s'applique pas aux potages, soupes et purées, mais consommez-les lentement tout de même. Savourez un peu la nourriture qu'Undertaker a mis tant de mal à préparer, enfin !

Audrey lui désigna le cuistot d'un air blasé, qui se faisait un sandwich après qu'elle lui ait appris que "tout ce qui est comestible est toujours bon avec du pain, sauf le pain, enfin si mais... j't'expliquerais".

_Je n'ai rien dit, soupira le directeur en reprenant son repas.

De l'autre bout de la table, Lââm défia Finny :

_Viens, on fait un bras de fer, après ?

_Je vous déconseille fortement de jouer à ce genre de jeux avec Finnian, miss Haurd, s'interposa Sebastian. Il a tendance à se révéler très... (il l'observa) fort en la matière, et je ne voudrais pas avoir à vous conduire à l'hôpital dès votre premier jour ici.

_Oh oh oh...

Tanaka piocha de ses petites mimines une infusion de thé qu'il trempa dans sa tasse et but un grand coup. Séraphine lut "White Raven" sur la boîte qui contenait les sachets, qui était noire et ornée de plumes blanches.

_C'est un thé anglais, monsieur Tanaka ?, lui demanda-t-elle.

_Oh oh, fit-il en acquiesçant.

_Du magasin du même nom, à Londres, précisa Aloïs. Pourquoi cela t'intéresse-t-il ?

Même s'il lui avait posé la question d'un ton sympathique, Séra n'avait pas pu s'empêcher de rosir.

_Oh... Je trouvais la boîte jolie.

De rougir, plutôt. Et ça se voyait, malgré son teint mat.

_Quelque chose ne va pas ?, s'enquit-il en l'observant d'un air étonné.

Elle allait à la fois rougir et clignoter.

_Vous êtes toute rose, vous avez de la fièvre ?, demanda-t-il en s'approchant d'elle et en lui frôlant le front.

Elle allait rougir, clignoter et tomber dans les pommes.

_Ouais, c'est vrai qu'elle est classe, la boiboite ! Aloïs, c'est qui ton perso préféré dans le Trône de Fer ?

Le blond sourit à Audrey et s'éloigna de Séra. Sauvée par le gong. Ou par son amie allègre, comme vous préférez.

"Vite", se dit-elle, toujours un peu écarlate, " un sujet pour ne pas avoir l'air idiote !"

_Pourquoi sommes-nous si peu ?

C'était la première question qui lui était venue à l'esprit, et elle était assez avisée. Audrey, calée après sa troisième part de tarte, opina :

_C'est vrai, ça ! Y a plus d'adultes qu'd'enfants, ici !

_De moins en moins d'enfants ont une mention "LS", soupira Grell d'un ton de tragédienne. Nous avons de moins en moins de travail, c'est fâcheux.

_A bas les maudites grosses têtes de vos collèges qui nous empêchent d'avoir de la compagnie !, clama Undertaker en saisissant un biscuit dans sa jarre.

_A bas les maudêtes grosses tites !, fit Audrey en écho.

Undertaker sourit et elle l'observa attentivement.

_Vous tenez du Chapelier Fou, vous. Mais alors celui du film de Tim Burton, parce qu'il est plus taré que dans le livre.

_Tu me trouve taré ?

_Complètement.

Il éclata de rire.

_Avec les yeux qu'il a, notre cher professeur ferait un bien beau Lièvre de Mars.

_Hey, je vous entends !, protesta Sutcliff.

Audrey rit :

_Oui, c'est vrai ! Moi je ferais la chenille bleue qui fume ! Comment elle s'appelle, déjà ? (Elle claqua des doigts :) Absolem !

_Tu fumes ?, s'inquiéta madame Red, qui était interessée par leur débat.

_Nan, et remarque je suis pas bleue non plus. C'est parce que c'est Hugh Laurie qui la double, j'aime bien ce mec.

_Moi je serais plus le chat du Cheshire, songea Séra. Je n'ai pas trop sa personnalité mais je l'aime bien.

_Qui ferait Alice ?

Lââm fut désignée d'office, car elle était la plus frêle et la plus rêveuse.

_Il n'y a pas un corbeau dans le conte ?, demanda le directeur.

Audrey, surprise de sa réaction, se mit à réfléchir.

_Oui, je pense bien..., fit Lizzy, prenant pour la première fois part à la discussion. C'était un corbeau idiot qui prenait Alice pour un serpent, non ?

_Non, ça c'est un pigeon, corrigea Séraphine.

Ce débat aussi logique que celui du corbeau et du bureau (c'est ce corbeau là que le directeur cherchait) se poursuivit jusqu'à la fin, lorsque les convives furent repus. On hésitait encore à décréter le rôle de Soma, qui en voulait un de bon, quand Séra déclara :

_Mais j'y pense, on ne connait toujours pas vos rôles dans le collège

_Lycée, rectifia Lau. Nous sommes tous surveillants, dit-il en désignant ceux qu'ils avaient rencontrés au début du repas. Sauf madame Red, qui est documentaliste.

_Et Aghni vient m'aider de temps en temps aux cuisines, mais il reste surveillant aussi, ajouta Undertaker.

_Quatre surveillants ?, s'étonna Séra. Mais et les autres professeurs ?

_Grell est là, non ? On peut dire qu'ils sont là. En la présence de Grell, dit Sebastian, embarassé, en leur souriant d'une manière trop amicale pour être convaincante.

_Tout à fait d'accord avec toi, mon petit Sebastiaaan !, s'exclama le concerné en se collant à lui.

_Evitez vos manières quand on est à table, siffla Soma d'un air dégoûté.

_En fait, Und, j'ai toujours pensé qu'il manquait un côté un peu... cramé, tu sais, à tes plats..., commença Bard.

_Je te l'ai déjà dit un millier de fois l'année dernière, Bard, rétorqua Sebastian, tu n'iras PAS en cuisine ! JAMAIS !

_Hihihi... Ca ne me dérangerait pas, monsieur le directeur...

_Vous mangez vraiment n'importe quoi, vous, fit remarquer Grell en observant la jarre.

Le CPE allongea son baton à pinces et lui en mit un coup :

_Adressez-vous plus poliment à vos supérieurs, Sutcliff !

"Cuisinier, c'est un rôle supérieur à prof, maintenant ?", songea Audrey avec étonnement.

_Désolé mon Willooou !

Séraphine quant à elle se demanda pourquoi ils s'étaient tous tant aidés pour changer habilement de sujet (au point d'en convaincre Audrey, qui essayait de faire rire Ciel), mais renonça à les héler. Apparemment, ce lycée, comme son équipe pédagogique, avait des secrets qui ne leur étaient pas réservés.