Fiction : Quand Je Joue Juliette (réécriture)

Auteur : Yuuki Momoru

Pairing : NaruSasu

Disclaimer : Ils ne sont pas à moi !

Merci pour vos reviews ! Cette version sera en effet plus longue que la précédente, la preuve dans ce chapitre qui présente énormément d'éléments nouveaux ! =D

Bonne Lecture !


Chapitre 3 : Juliette dans la Brume


ROMEO -[…] Ici on a beaucoup à faire avec la haine, mais plus encore avec l'amour...Amour ! Ô tumultueux amour ! Ô amoureuse haine ! Ô tout créé de rien ![...] (extrait de Roméo et Juliette - Shakespeare)

Naruto.

Nous nous sommes seulement croisés de temps en temps dans les couloirs du lycée, juste un salut un sourire pour lui, un regard pour moi et puis je fuyais. J'ai beau chercher, je ne sais pas ce que j'ai. C'est à la cafétéria où je le voyais le plus, bien qu'il était plus occupé à bavarder avec ses amis pour venir me parler. Un mot, je priais pour qu'il ne me dise rien qu'un mot et quand je me surprenais à prier je me demandais encore une fois ce que je faisais. Je finissais par détourner les yeux et par me dire que ce n'était rien.

Trois semaines se sont écoulées ainsi, vides. Étrangement vides. Et plus les jours me semblaient vides, plus je me trouvais étrange. Je m'enfuyais tout comme je ne pouvais m'empêcher de chercher son regard jusqu'à pouvoir croiser ses pupilles bleues. Comme le lent va et vient des vagues, quand il fait un pas vers moi, je recule et quand c'est à lui de reculer, c'est à moi d'avancer vers lui. Je déglutis, resserre mes genoux sur ma poitrine. Je me sens fébrile, ma respiration se coupe, mes jambes tremblent, mes joues redeviennent rouges et pour la première fois depuis longtemps, j'ai envie de pleurer tant ça me fait mal. J'ai mal. Pourquoi ? Pourquoi je n'arrête pas de penser à lui ? Pourquoi je ne peux pas m'arrêter et reprendre ma vie comme elle était avant ?

Je crois que Shikamaru se pose des questions à mon sujet pour me voir agir de la sorte. Tout comme Maman. En fait, c'est elle qui se fait le plus de soucis, elle n'arrête pas de faire des illusions au lycée pour me tirer les vers du nez. Itachi, lui, pense que c'est à cause d'une fille. Quand il a fait cette remarque, je n'ai pas pu m'empêcher de froncer les sourcils, « Naruto n'est pas une fille » : est ce j'ai pensé à ce moment précis. J'ai peur. Quelque chose cloche chez moi.

Je m'allonge à moitié nu sur mes draps blanc puis lentement, je me mets en position fœtale et ferme les yeux. Il faut que je dorme, que je l'oublie rien que pour cette nuit.

- Oh, la tête..., tu t'es réveillé avec un pétard ou quoi ? Me demande Itachi en riant.

Je tourne la tête vers la vitre du micro-onde où j'y vois un garçon dont les cheveux partent dans les tous les sens, dont les cernes sont aussi grandes qu'un terrain de football et dont les joues sont striées de partout par de magnifiques traces d'oreiller. Mes lourdes paupières se ferment tandis que je tente d'émerger. Mon pyjama, qui n'est autre qu'un vieux t-shirt appartenant à mon grand frère et un vieux jogging en coton, est tout débraillé. J'ai l'air d'un fou qui a dormi dehors toute la nuit.

De loin, j'entends une voix qui m'appelle. Elle se moque de moi, elle n'arrête pas de ricaner et je devine aisément qu'elle appartient à Itachi :

- Pauvre Sasu, tu veux du chocolat ? Ou je te le verse sur la tête ?

- Heiiiin ? Je fais d'une voix traînante.

Il éclate de rire.

- Tu as un de ces dons pour me mettre de bonne humeur ! Dit-il avant de reprendre une gorgée de café.

- De quooooiiiii ?

Je plisse les yeux si bien qu'il manque de recracher le liquide chaud. Un peu plus et il s'étouffait, je souris pour moi-même, fier de ma petite attaque. Quand soudain, j'entends un « clic » qui me fait sursauter. Itachi vient de me prendre en photo avec son portable, j'écarquille les yeux et il en prend une deuxième :

- Oh, tu es magnifique..., dit-il avec cet air qui le fait ressembler à un diablotin tout juste sortit de sa boîte.

J'allais lui sauter dessus quand Maman arrive, m'attrape et m'embrasse sur la joue. Je suis trop fatigué pour l'en empêcher mais fais tout de même la grimace. Troisième « clic ». Mon frère souhaite vraiment mourir aujourd'hui. Je le fixe avec des yeux assassins :

- Si tu crois que tu me fais peur avec la vieille tête que t'as...

Il se lève, range sa vaisselle tout en échangeant un bonjour avec Maman. Je ne le quitte pas des yeux, tout ce que j'espère c'est qu'il ne mettra pas les photos sur internet. Ce n'est pas son genre mais on ne sait jamais avec un mec pareil.

- Mon cœur, ne traîne pas trop hein ? Ton bus arrive dans vingt minutes, m'avertis Maman en me servant un bol de chocolat chaud.

- Tsss, quinze ans et ça se fait assister..., dit Itachi, en même temps avec ta gueule d'attardé.

- Répète, le cinglé !

- Qui que tu traites de cinglé, minus ?

Maman prend un air blasé, soupire et murmure un « ...même plus la force de les arrêter... ». C'est un peu comme ça tous les matins, enfin quand on est assez réveillé pour se chamailler. Itachi et moi ne sommes pas vraiment matinaux, même si en ce qui me concerne je n'ai pas dormi de la nuit pour une toute autre raison. Je m'étais interdit d'y penser mais rien à faire. Je me secoue vivement la tête et finis mon bol d'une traite.


Ses bras. Je suis dans ses bras chauds, forts. Ma tête est enfouie tout contre son torse et son cœur semble me chanter une douce berceuse. J'ai l'impression de rêver. Pourtant tout ça est bien réel. Il n'y a rien d'autre que nous deux enlacés, j'ai fermé les yeux depuis longtemps et mes mains serrent son manteau. Puis, tout en inspirant, je savoure l'odeur qui émane de lui comme un délicieux chocolat qu'on ne goûte qu'à Noël.

Je me sens bien. Sa chaleur chasse le froid ambiant de cette matinée d'automne et me fait frissonner à la fois. Je colle une peu plus mon nez contre cette poitrine, ce pull à rayures qui sent encore la lessive et le neuf. Je crois que mes cheveux s'électrifient à son contact.

Je confondrais presque ses bras à ceux de Morphée.

Je me suis fais bousculer alors que je me levais pour sortir du bus. Et au moment où j'ai cru que j'allais m'étaler dans l'allée, Naruto m'a rattrapé. D'ailleurs je ne vous dis pas la surprise que j'ai eu en le voyant dans ce car, il ne m'a même pas laissé le temps de m'en remettre et m'a tout de suite proposé de m'asseoir à côté de lui. Je n'ai pas décroché un mot alors que lui parlait pour nous deux.

Et ses bras. Et cette odeur sucrée.

J'ai peur. Je me dégage rapidement de son étreinte qui n'a duré que trois secondes à peine. Il fait les yeux ronds tout en me fixant très étonné. Le contraire m'aurait très surpris moi aussi. Je baisse un instant le regard, déglutis et décide de prendre la fuite.

- Sasuke !

Il m'appelle mais je ne me retourne pas. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je l'ai carrément enlacé ! Je ne fais que des bourdes. Je cours aussi vite que je peux jusqu'au lycée. Arrivé devant ma classe, je reprends enfin mon souffle. Mon cœur n'arrête de battre à en rompre mes côtes. Je m'accroupis, les yeux grand ouverts en quête d'une réponse. Y aurait-il des choses que j'ignore sur moi-même ? Pourquoi j'ai fais ça ? Je ne sais pas. J'en ai juste eu envie.

Ma vie est depuis quelques temps remplie de « pourquoi » inutiles, de « je ne sais pas » déconcertants et de « j'en ai envie » qui me font très peur.

Je fronce les sourcils tout en me redressant puis me prends la tête dans les mains avant de rentrer en classe. Le cours de mes pensées s'arrêtent soudainement quand plusieurs regards me scrutent sans ménagements. Des chuchotements désagréables s'élèvent, cassant le silence pesant qui régnait pour rendre l'atmosphère encore plus insupportable. Je me retourne à demi, avec l'espoir que ce n'est pas moi que mes camarades sondent avec autant d'animosité. Mes dents se serrent, en proie à la tempête qui va s'annoncer dans peu de temps.

Je reste planté droit comme un i devant la porte. Complètement pris au dépourvu, je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe et ça m'angoisse avant de me mettre en colère. Quand une voix s'adresse à moi non sans être hautaine :

- Uchiha, on parlait justement de toi.

Un garçon s'approche lentement de moi, ses longs cheveux noirs suivent le mouvement de ses hanches tandis que ses yeux d'un gris clair me lancent des éclairs. Je lui rends son regard avec autant de hargne le défiant de me parler encore une fois sur ce ton. Mais pas le moins du monde impressionné, il me sourit avec une arrogance révoltante :

- J'ai reçu une photo assez déplaisante...

Il sort son portable de sa poche et me montre une image qui me donne envie de me tirer une balle dans la tête.

Naruto et moi dans le car il n'y a même pas quinze minutes.

Les nouvelles vont vraiment vites dans cette école. Mon cœur s'accélère tandis que j'imagine les rumeurs qui pourraient naître de cette image. Je relève les yeux vers lui, il en profite pour se remettre à parler :

- J'ai entendu dire que l'entreprise de ton père était en pleine expansion. Mais que la compagnie Namikaze, qui reste une multinationale très influente malgré la situation économique actuelle, lui mettait des bâtons dans les roues.

Je suis au courant de tout ça même si les affaires de mon père ne m'intéresse absolument pas, puisque c'est mon frère qui en héritera. Namikaze est une très grande compagnie créer par une dynastie qui comprend pas mal de gens affluents. Mon père m'en a parlé de nombreuses fois car lorsqu'il revient à la maison c'est que les affaires vont mal. Le problème est : qu'est-ce que ça a avoir avec cette foutue photo ?

- J'ai un profond respect pour ta famille qui a fait énormément de prouesses pour en être là aujourd'hui, ajoute t-il d'un air conciliant, mais je trouve ton attitude vraiment déplacé Uchiha.

Je serre les poings et fais un pas vers lui.

- Je peux savoir pour qui tu te prends pour me parler comme ça ?

Certains se regardent choqués, comme si j'avais posé une question qui n'avait aucun sens. Ils ricanent entre eux, se pincent les lèvres pour s'empêcher de sourire, ou toussent bruyamment. Je perds lentement en crédibilité et mes joues manquent de rougir. Ils se fichent tous de moi.

- Neji Huuyga. Mon oncle est député, tu en as sans doute déjà entendu parler.

Alors c'est comme ça...ce type se sert de la notoriété de sa famille pour me ridiculiser, moi le « nouveau riche ». Moi, le garçon qui vient d'un collège de seconde zone et qui se fait une place dans un lycée où la plupart des riches héritiers ou fils à papa viennent étudier, même s'il ne s'agit que d'un établissement en province.

Je ne m'attarde pas sur tout ça. L'entreprise de mon père, l'école qu'il m'a choisit, la filière, la prochaine fac, la renommée qu'il voudra que je me construise, je n'en avais jamais rien eu à faire. Parce que je n'aime pas faire des choix. Parce que mon père s'est approprié ma vie tout comme il s'est approprié celle de mon grand frère. Et tout allait bien, jusque là.

Ils auraient pu me prendre pour un bûcheur à cause de la bourse que j'ai reçu et me laisser en paix. Mais non, il a fallu que ce type se renseigne sur moi et profite d'un écart de conduite pour me mettre toute la classe à dos.

Je pourrais presque voir une banderole au dessus de leurs têtes avec en gros marqué : « Bienvenue dans notre monde ». Et la réalité me revient en pleine figure, j'avais oublié cette partie de ma nouvelle vie. J'avais tout fais pour l'éviter jusqu'ici, mon seul souhait avait été de ne pas me faire remarquer et de vivre une scolarité sans accroche. Mon menton se met à légèrement trembler.

Les ennuis commencent. Ils ne vont plus me lâcher. Ils vont me rendre la vie impossible.

- Naruto Uzumaki est l'unique héritier de la compagnie Namikaze.

Silence.

- ...quoi ?

J'écarquille les yeux tout en faisant un pas en arrière. Qu'est-ce qu'il vient de dire ? Mes lèvres s'entrouvrent et une sueur froide coulent le long de mon échine alors que ses mots me reviennent rapidement en mémoire comme un épouvantable écho. Neji Huuyga relève le menton, plisse ses yeux gris clair et croise les bras :

- Ne fais pas comme si tu ne savais pas, Uchiha. Nous savons tous que tu essayes de te rapprocher de lui. Tu as peut-être un joli visage mais laisse-moi t'apprendre une chose...

Il se rapproche au point que mon nez pourrait presque frôler le sien, ses lèvres minces et pâles s'étirent puis très délicatement elles viennent jusqu'à mon oreille droite :

- ...il est loin d'être une pédale.

Je le repousse violemment. Son dos heurte brutalement une table et un cri de douleur s'échappe de sa bouche. Ma respiration se saccade, ma poitrine se soulève en soubresauts incontrôlables, et alors qu'il se relevait pour m'insulter, je lui saute à la gorge.

- Espèce de salopard ! Crié-je.

Nous nous battons sauvagement, renversant quelques chaises, tandis qu'un cercle s'est formé autour de nous. Ils applaudissent, me huent, certains viennent même me mettre des coups de pieds dans le dos. Soudain, je me retrouve en dessous de lui et me rends compte que ma force diminue considérablement. Je vais perdre et il est hors de question que je me rende aussi facilement. C'était sans compter un violent coups aux côtes, puis au visage et ainsi de suite sans que je puisse riposter. Neji a complètement l'avantage :

- AH !

Je me replis sur moi-même, me mords les lèvres et tente de me redresser sous les rires de ces imbéciles. Je me protège la tête avec les bras, l'envie de pleurer me prend et me répugne. Il ne faut pas que leurs voix m'atteignent. Mes paupières se ferment, mon cerveau tourne à plein régime à la recherche d'un quelconque moyen de me sortir de là. J'en entends qui me traitent de « pute » ou de « sale lécheur de bites ». Pourquoi disent-ils cela ? Pourquoi vont-ils aussi loin ?

Quelqu'un vient enfin mettre à terme mon calvaire. Il me prend par les épaules pour m'aider, je le reconnais :

- Putain ! Vous vous croyez où là ? S'exclame t-il très en colère.

- Suigestu...en retard comme toujours, tu viens de rater la fessée du siècle, ris Neji en me montrant du doigt.

- Ça va ? Me demande t-il sans écouter l'autre abrutit.

J'opine de la tête, un peu hagard. Un autre garçon me tend sa main avec une mine profondément inquiète. Trop surpris pour protester, je me laisse faire. Je plante mes pupilles dans les siennes qui sont d'un marron noisette très chaleureux. Il me murmure un « ça va aller... » qui a le don de me réconforter. Ce type n'est pas dans ma classe, mais ce n'est pas le cas de Suigestu. Il venait souvent vers moi pour me demander des notes qu'il ne prenait jamais.

- Je préviens les profs, dit Suigestu, vous n'avez pas le droit de le molester.

Je manque de lever les yeux au ciel.

Neji lui montre calmement la photo tout comme il l'a fait avec moi. Il ouvre la bouche pour mieux la refermer comme une carpe le ferait en voyant deux poissons rouges faire l'amour. Un moment de flottement règne alors dans la pièce.

La sonnerie retentit nous faisant tous sursauter. Le garçon qui me soutenait me demande encore si ça va, j'acquiesce et il s'excuse avant de disparaître dans le couloir. Je cligne les yeux, n'arrivant pas à croire ce qu'il vient de se passer.

Adieu ma vie tranquille.


Je fixe mon plateau depuis cinq bonnes minutes et finis par le repousser. Ce steak n'a même pas l'air décongelé et je déteste les lentilles. Je soupire puis prends un verre d'eau. Suigestu observe mon manège avec une attention toute particulière mais je ne dis rien. Shikamaru baille et s'étire comme à sa grande habitude avant d'attaquer une île flottante recouverte de caramel. Quant à Shinta – le garçon qui m'a gentiment aidé tout à l'heure – il joue distraitement avec sa fourchette non sans me jeter quelques petits coups d'œils.

Mon visage me fait mal, j'ai des bleus partout et je regrette de ne pas avoir apporter un sandwich.

La rumeur s'est répandue comme une traînée de poudre, c'est pourquoi tous les regards sont tournés vers notre table. Mon malaise grandit à un rythme fulgurant et tout ce dont j'ai envie c'est de prendre mes jambes à mon cou. Quand je pense que je commence tout juste le lycée, est-ce que cette histoire va me suivre jusqu'au diplôme ? D'ailleurs pourquoi trouvent-ils ça si scandaleux ? Je ne savais pas que Naruto était le fils du président de cette foutue compagnie ! Ils n'ont même pas le même nom de famille ! Mon père n'a non plus rien remarqué aux portes ouvertes quand il l'a rencontré !

Je me prends la tête dans les mains en un geste désespéré. C'est trop tard, maintenant tout le monde croit que j'essaye de me rapprocher de Naruto pour l'entreprise de mon géniteur. Comme si personne ici ne le faisait ! Ce sont tous des gosses de riches qui trient leurs amis sur le volet ! Je serre les poings, ça me rend en colère.

Et puis qu'est-ce que voulait dire Neji par « pédale » ? Qu'est-ce qu'il insinuait au juste ?

- Sasuke, t'en fais pas, dit Suigestu en me faisant un petit clin d'œil, la plupart de ces têtes à claques partent au bout de six mois pour suivre leurs parents dans la grande capitale. Il ne restera que des bûcheurs et des gens à peu près normaux qui se fichent de tout ça.

Ce gars est vraiment trop bizarre, même s'il est de meilleur compagnie que Neji et sa bande de macaques. Je le vois vider son verre d'une traite et s'en resservir la seconde d'après.

Je ne sais pas si ce qu'il dit est vrai mais je vais l'espérer ou alors ma vie de lycéen s'annoncera épique si j'y survis, ou si je n'ai pas changé de lycée avant.

- J'comprends pas pourquoi ces malades ont tapé Sasuke juste à cause d'un petit câlin, songe Shikamaru tout haut.

Je lève les mains en l'air :

- Ça suffit, je ne veux plus en entendre parler, d'accord ?

- Ils sont jaloux parce que Naruto est un canon et que Sasuke est trop mignon pour son propre bien, lui répond Suigestu sans m'écouter le moins du monde.

Je fais les yeux ronds.

- C'est vrai que Sasuke est mignon, marmonne Shinta, si bas que j'ai cru rêver.

- Tsss, ils sont aussi étroits d'esprit que leurs trous du cul, je te le dis ! Réplique le garçon aux cheveux gris avec une pointe de malice.

Je pose le front sur le bord de la table tout en me bouchant les oreilles. Mais ça ne m'empêche pas de les entendre débiter des injures sur les habitudes des gosses de riches à maltraiter les « mignons petits garçons ».

- Et toi, qu'est-ce qui t'as pris de le prendre dans tes bras ? Me demande Suigestu en me faisant une pichenette sur le haut du crâne.

- Je me suis fais bousculer ! Et ça n'a duré que trois secondes ! Pas de quoi en faire une maladie !

Les trois compères se regardent, stupéfaits de ma réponse. Puis ils se tournent doucement vers moi, avec des yeux écarquillés. Un silence pesant prend soudain place au sein de notre table tandis que le brouhaha habituel du self semble nous prendre dans un étau étouffant. Je les regarde tour à tour, attendant une bombe que Shinta balance d'une voix basse :

- D'après Lee, le type qui a pris la photo, le car a eu le temps de se vider et le chauffeur vous aurait même appelé.

Mon cœur s'arrête.

- Ton estimation du temps est complètement erroné, mon petit Sasuke, remarque Suigestu en posant une main compréhensive sur mon épaule.

- J-je me rappelle pas de ça ! Balbutié-je.

Mais qu'est-ce qu'ils racontent ? Mes joues rougissent d'elles-mêmes alors que je me rends compte qu'il y a en fait de quoi se poser des questions sur mes agissements. Pourtant je ne l'ai pas prémédité ! Ses bras, son torse sentaient tellement bons. C'était juste un moment de pure égarement. Le temps est vraiment passé aussi vite ? Je suis vraiment un imbécile. Et mon ventre qui me fait encore mal. Qu'est-ce que cet enfoiré de Neji a cru ? Qu'est-ce qu'ils ont tous cru ? Pourquoi je me sens aussi mal ?

- Sasuke ? Ça va ? T'as l'air complètement paumé, me fait Shinta en plantant ses yeux droits dans les miens.

J'allais lui répondre quand une main brûlante se pose sur mon épaule. Mon cœur vole en éclats alors qu'une voix grave et chaude se met à me parler. Je vois mes trois autres camarades froncer les sourcils.

- Tout va bien, Sasuke ? J'ai entendu dire que tu t'étais fais tabasser, c'est vrai ? Dit Naruto d'un air inquiet.

Incapable de dire un mot, je tourne lentement la tête vers lui tout en étant sur le point de mourir de crise cardiaque. Ses yeux bleus se font plus grands et une seconde lui suffit pour s'accroupir face à moi et prendre mon visage en coupe. De la vapeur s'échappe de mes oreilles, mes lèvres tremblent tout comme mes genoux sur lesquels je n'ai plus aucun contrôle. Ce type veut me tuer. J'en suis sûr. Ou en tout cas s'il ne le fait pas exprès il devrait penser à une carrière de tueur en série. Des frissons redressent les poils de mes bras ainsi que mes cheveux, j'ai du mal à respirer. Ses lèvres pleines remuent doucement et je n'arrive pas à détacher mes yeux d'elles :

- Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Tu en as parlé à ton professeur principal ?

J'entends vaguement Suigestu lui dire que notre tuteur n'est rien d'autre que Kakashi Hatake et je contemple le profil de Naruto qui me lâche tout en se relevant. Sakura arrive derrière lui et demande à son tour ce qui se passe. Puis après avoir entendu toute l'histoire de la bouche de mon nouvel ami, son fin visage prend une mine choquée. Et moi au milieu de tout ça, je me sens complètement perdu, les mains chaudes de Naruto ont agis comme une puissante morphine qui a fait taire la douleur ressentit par mon corps meurtris. Inexplicablement, je me mets à sourire en caressant distraitement mes joues du bouts des doigts.

- Sasuke ! Ne te laisse pas faire d'accord ? Fait Sakura avec un air triomphant.

Je sursaute et revient brutalement à la réalité.

- Hn, d'accord.

Je n'avais pas non plus l'intention de me laisser marcher sur les pieds. Naruto m'ébouriffe les cheveux et me sourit :

- Au moindre problème, viens me voir, n'hésite pas.

Je me contente d'opiner de la tête. Des papillons volent en pagaille dans mon ventre, semblant créer un véritable tourbillon capable de me donner le vertige.

- C-comme si j'avais besoin de toi ! Lui dis-je en faisant la moue.

Il me pince la joue tandis que ses fossettes se creusent joliments. Un "au revoir" murmuré rien que pour moi et le voilà déjà partit.

Ils me regardent tous avec des têtes d'ahuris. Suigestu a la bouche grande ouverte, Shikamaru a laissé tomber sa cuillère alors que Shinta serre la sienne au point de la tordre. Je déglutis et leur souris timidement, très gêné avant de m'énerver :

- Quoi ? Vous avez quelque chose à me dire ?

- Toi...,dit l'un.

- P'tain, ça crève les yeux..., ajoute l'autre.

- Dans quelle galère tu t'es empêtré, mon vieux..., finis le dernier.

Je serre les poings et les frappe chacun leurs tours.

- De quoi vous parlez ?

Suigestu répond d'une voix absente :

- Tu l'as dans la peau...

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Yeah ! ;) Cette suite vous plaît ? Elle vous dégoûte ? Ce n'est pas ce que vous imaginiez ?

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