Bonjour ou bonsoir à tous ! Merci beaucoup pour tous vos messages adorables. Beaucoup parler de Londres et j'en reviens tout juste. Vous aviez raison, c'est fantastique. J'en ai pris plein les yeux. J'ai pu aller faire un petit tour à Baker street. J'ai pu également aller visiter les studios Harry Potter. Je vous conseil vivement d'y aller c'est juste fantastique à voir. J'avais l'impression d'avoir 5 ans. Par ailleurs, si vous voulez des conseils pour Londres, n'hésitez pas à me contacter en MP. Trêve d'allégeance, place au chapitre ! Dans l'espoir que cela vous plaise.
CHAPITRE QUATRE
Le réveil suivant fut une véritable torture qui ne cessait de malmener la jeune Hooper. Molly n'avait pas été à Baker Street. Elle s'était couchée tard. Son regard s'était longuement posé sur les rues de Londres, rythmées par ses soupirs tortueux. Elle avait réalisé toute ses tâches sans se plaindre sous le regard accablé d'Annie. Molly s'était efforcée de l'ignorer toute la journée en repoussant la moindre pensée qui avait un rapport avec Sherlock Holmes. Après tout, elle avait réussit à vivre sans connaître cet homme, elle pouvait bien continuer ainsi !
Elle avait lavé les rideaux de tous les étages. Puis, elle s'était occupée des draps et couvertures de toutes les chambres. Irène lui avait également laissé une pile astronomique de tenues à laver, rectifier.
Le plus difficile pour Molly avait été d'expliqué au sénateur pourquoi elle était revenue sur sa demande de ne pas travailler. Elle avait cherché toute la soirée pour trouver une explication qui tenait la route. Ce dernier avait été surprit, mais il s'était contenté d'opiner aux propos de la jeune femme.
Il était près de dix huit heures et Molly était totalement épuisée. Elle s'était assise sur un des tabourets de la cuisine et elle épluchait les pommes de terre qu'elle était partie acheter dans la matinée. Elle savait que le sénateur Adler appréciait toujours de déguster une purée avec un peu de gibier le soir. Malgré cela, elle était si perturbé par le mauvais coup d'Irène qu'elle se coupait à plusieurs reprises avec le couteau. Elle laissait de temps à autre des petits cris de douleur s'échapper de ses lèvres tandis qu'elle secouait sa main en grognant après l'ustensile.
— Cette femme est répugnante !
Molly levait son regard en direction d'Annie qui débarquait dans la cuisine les bras chargés de tissus.
— Elle ne sait donc pas s'exprimer normalement ? Sans être arrogante.
— De qui parles-tu ?
— De qui crois-tu que je parle ? De ce petit ange qui sévit ici, ironisa la vieille domestique.
— Elle est rentrée ? demanda Molly avec une certaine appréhension.
Annie lui jeta un regard peiné avant de reprendre.
— Oui. Et elle est toujours aussi infecte. Il faut croire qu'elle n'est jamais contente.
— Je ne sais pas pourquoi elle est ainsi. Nous ne lui avons rien fait de mal, se lamenta Molly en épluchant les patates avec douceur.
— Tu sais ma petite, lorsqu'on a envie de détester quelqu'un, on n'est jamais à court de raison pour cela, déclara-t-elle avec vigueur. D'ailleurs, elle s'en est bien charger avec toi ces jours-ci. Te voler ton rendez-vous avec cet homme. Non mais quel culot !
— C-cela n'était pas un rendez-vous, Annie.
— Ah oui ? Et qu'était-ce donc ? l'interrogeait son amie d'une voix railleuse.
Mal à l'aise, Molly se concentrait sur l'épluchage de ses patates en espérant que sa voix ne tremble pas. Elle songea à la façon dont il l'avait tenu entre ses mains et à ses lèvres sur son front pour un baiser chaste. Elle en avait rêvé toute la nuit lorsqu'elle était revenue de Baker Street. L'idée de ne plus jamais avoir l'occasion de le revoir lui broyait le cœur.
— Cela n'était qu'un…
Elle soupira en ne trouvant aucun mot qui ne définissait pas ceci comme un rendez-vous. Elle entendit Annie approcher et poser ses mains sur ses épaules. Elle la serra tendrement tandis qu'un sourire compatissant avait fleurit sur ses lèvres. Molly avait remarqué que lorsqu'Annie se mettait à sourire, elle ne semblait plus avoir cinquante ans.
— Tu aurais aimé y aller, n'est-ce pas.
Molly ne répondit pas tout de suite et détourna le regard. Elle ne pouvait pas lui répondre en la regardant dans les yeux. C'était bien trop insupportable.
— Je… Je n'en sais rien.
Annie pencha sa tête pour mieux voir le visage de la jeune femme. Elle remarqua qu'elle avait froncé les sourcils tandis qu'elle essayait de garder les yeux rivés sur les pommes de terre. La gorge nouée, Molly sentit le malaise l'envahir. Bien entendue qu'elle aurait aimé y aller.
Elle avait même fabulé sur la façon dont la journée aurait put se dérouler. Elle avait toujours rêvé pouvoir parler de science avec quelqu'un. Partager son maigre savoir et apprendre tout ce qu'elle ne savait pas. Elle se mordit nerveusement la lèvre.
— En faite, je pense qu'au finalement ce n'est pas une mauvaise chose, murmura Molly alors qu'elle se mit à découper en cube les patates.
A ses propos, Annie écarquilla des yeux en serrant sa prise sur l'épaule de Molly.
— Mais qu'est-ce que tu racontes ?! Tu es folle de dire une chose pareille ?
Annie se remua rapidement pour faire face à la jeune femme qui espérait que sa voix ne soit pas aussi pathétique que son état psychologique.
— Annie, soyons honnête. Imagine un homme comme M. Holmes apparaître en publique avec quelqu'un comme moi.
— Les autres hommes auraient été verts de jalousie, asséna-t-elle avec force.
— Où aurait tout simplement cru que j'étais sa domestique, soupira-t-elle. Ou pire…
— Ecoute moi ma petite, tu es une jeune femme très belle.
— Annie, tu-
— Non, non je t'assure ! martela-t-elle en secouant la tête. Tu es si aveugle de ce que tu dégages que tu es totalement désarçonnée lorsqu'un homme montre un intérêt à ton égard.
Les mots de son amie percèrent un trou dans ses barrières et Molly sentit une lueur d'espoir naitre dans sa poitrine. Elle ne voulait rien d'autre que croire que les propos d'Annie étaient véridiques. Puis, elle se remémora ce matin. Celui où elle avait aidé Irène à se préparer pour aller au rendez-vous à sa place. Elle était sublime, parée d'une robe qui mettait toute sa silhouette en valeur ainsi que ses yeux vert.
Tandis qu'elle était vêtu des mêmes guenilles depuis qu'elle travaillait. Cette pensée lui trouait le cœur et le peu d'espoir qu'elle ressentait s'effondra comme un château de carte. Secouant la tête, elle bondit sur ses pieds et s'empara de la casserole de patates qu'elle venait d'éplucher pour les préparer.
— Annie, c'est très gentil ce que tu fais, vraiment. Tu sais que tu es comme une mère pour moi. Ce que tu es entrain de faire, là, avec moi, c'est admirable. Mais, je ne suis pas tout ce que tu dis. Je suis Molly. Juste Molly, rien de plus et ça me va parfaitement.
— On ne dirait pas.
— Ecoute, ce genre de personnes sont nées pour vivre avec le même type de personnes. Quoi que nous en pensions, c'est ainsi. Et même si j'aurais aimé aller à ce rendez-vous, je serais rentrée et je serais redevenue juste Molly. Ce n'était même pas un rendez-vous. C'était juste pour une enquête.
A ses mots, Annie croisa les bras et fit la moue.
— Je ne suis pas d'accord avec toi. Tu étais rayonnante lorsque tu étais rentrée de chez cet homme.
— Annie, je t'en pris, croassait-elle. Je-
— Molly ?
Virevoltant sur ses talons, Molly découvrit le visage bienveillant du sénateur. Elle lui offrit un faible sourire et patienta que l'homme s'exprime sur sa présence dans les cuisines.
— Molly, nous allons recevoir quelques gentilshommes pour le souper.
— Monsieur souhaite que je prépare un poulet avec les pommes de terre ?
— Oui ! Cela sera parfait. Nous serrons sept.
— Sept ?
— Cela pose-t-il un problème ? s'enquit le sénateur en arquant un sourcil inquiet.
— Non. Non monsieur.
— Parfait. Oh ! Et ma nièce aura certainement besoin d'aide pour ce soir.
— Oui monsieur.
Aussi vite qu'il était apparut, le sénateur s'éclipsa ailleurs laissant Molly et Annie les bras balan.
— Nous n'allons encore une fois nous coucher tard, marmonna Annie en grognant.
— Tu n'as qu'à aller te reposer un peu, je peux m'occuper de tout ça seule, déclara Molly en se remettant à éplucher les pommes de terres.
— Oh non ! Tu tiens à peine debout. Tu es fatiguée c'est plausible. Je refuse de t'abandonner maintenant. Termine le repas et je m'occupe du dragon, asséna Annie en désignant du pouce le plafond.
— Tu es certaine ?
— Oui. Alors maintenant, fini ce repas.
MHMHMHMH
La sonnette retentit rapidement dans la soirée. Molly était fière d'avoir réussit à finir le repas à tant. Elle avait eu le temps d'adopter une tenue correcte pour servir les convives du sénateur. Elle espérant tant que les invités ne soit pas ses hommes d'affaires qui pouvait être détestable. Elle n'avait pas l'énergie de les supporter.
Lorsqu'elle se posta près de la porte, elle jeta un regard vers le petit miroir accroché et fit une moue désapprobatrice. Ce soir, elle avait l'impression de ressembler à un zombie. Elle passa une main sur son visage avant de se décider à ouvrir la porte. Lorsque la porte s'ouvrit, un sourire ravi se grava sur les lèvres de la jeune domestique lorsqu'elle vit la femme de John Watson.
Mary Watson esquissa un sourire et prit Molly dans ses bras. Elle savait parfaitement qu'elle était en dehors de l'étiquette, mais elle était Mary. A chacune de ses actions similaires, Molly avait besoin d'un petit temps d'adaptions avant d'oser lui retourner son étreinte. Lorsqu'elles se séparèrent, Molly sentit un sourire fleurir sur ses lèvres alors que son regard glissa sur le ventre arrondit de la femme du docteur.
— Madame, vous semblez en forme. Comment allez-vous vous et le bébé ?
— Parfaitement bien ! Voilà qui est fantastique d'avoir un époux médecin, s'exclama-t-elle en se retournant vers son époux qui se trouvait juste derrière.
— vous attends dans le salon avec sa nièce. Souhaitez-vous que je m'occupe de votre manteau ? demanda-t-elle alors que Mary se tourna pour ôter ce dernier.
Molly s'en saisit et le posa délicatement tout en s'effaçant de l'entrée pour laisser passer la première convive, la laissant voir le docteur Watson qui lui adressa un sourire sincère.
— Docteur Watson.
— Miss Hooper, la salua-t-il en enlevant à son tour son long manteau ainsi que son haut de forme. Cela sent merveilleusement bon. Je me souviens encore de votre délicieux repas de la dernière fois. J'ai hâte de goûter à celui-ci.
— Merci monsieur.
Elle sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine à la vue du troisième convive. Elle ne l'avait pas vu depuis si longtemps qu'elle cru avoir à nouveau quinze ans.
— Oh inspecteur ! s'exclama Molly en découvrant l'homme aux cheveux grisonnant devant la porte.
— Molly ! Voilà une belle surprise. Vous avez grandit depuis la dernière fois que je vous ai vu. Vous commencez à ressembler énormément à votre mère.
Molly rougit de plaisir au compliment tandis que son cœur se serra dans sa poitrine. Ressembler à ça mère était une comparaison qui était incroyablement flatteuse mais terriblement fausse. Elle l'accepta malgré tout en déchargeant l'inspecteur de son manteau. Ce dernier suivit John et Mary la laissant seule avec le dernier invité.
Elle leva son regard et découvrir le visage si parfaitement ciseler de Sherlock Holmes. Son souffle se coupa lorsqu'elle le découvrit sous la lumière du réverbère suspendu juste au dessus du porche. Elle le trouvait si beau qu'elle aurait souhaité se pincer pour voir s'il était réel. Elle aurait dut le savoir en voyant John Watson se présenter. La fatigue qu'elle ressentait ne lui avait pas permis de songer à la potentielle présence de Sherlock Holmes.
Lestrade ne remarqua pas le trouble de la jeune femme car il sa salua d'un coup de chapeau avant de retirer ce dernier et de faire de même avec ses gants. Elle détoura son regard du détective pour se concentrer sur l'inspecteur qui lui tendait ses effets personnels.
Elle posa le manteau de l'inspecteur sur son avant-bras et attendit patiemment que Sherlock fasse la même chose, mais il se contenta de pénétré dans l'entrée en jetant un regard étrange à Mary. Cette dernière opina avant de se tourner vers Lestrade ainsi que son époux et de déclarer.
— Nous allons aller rejoindre le sénateur, Holmes vous nous rejoignez après ?
Molly se sentit figer sur place. Elle allait se retrouver seule avec lui ? Mon dieu, elle ne voulait pas se retrouver seule avec lui ! Elle se sentait terriblement gênée d'avoir cette obsession pour lui. Son regard était sans cesse aimanté vers lui lorsqu'il se trouvait dans la même pièce qu'elle. Elle avait même tenté de se souvenir du parfum qu'il dégageait. Elle ne voulait pas se ridiculiser.
C'est alors qu'elle inspira profondément en se dirigeant vers la penderie de l'entrée, présentant son dos frêle au détective qui ne l'avait pas quitté du regard. Il avait remarqué ses petits gestes nerveux, la façon qu'elle avait de mordillé légèrement sa lèvre. Il trouva ce tic extrêmement séduisant. Il nota dans son esprit qu'il lui faudrait aménager dans son esprit une pièce pour Molly Hooper.
— Monsieur ne veut pas que je le décharge de son manteau ?
— Vous n'êtes pas venu.
Elle baissa son visage et s'empressa de ranger tous les vêtements. Elle pouvait sentir le regard de Sherlock sur elle. Elle en frissonna de terreur, mais aussi de plaisir. Ses mains tremblaient et sa gorge était devenu si sèche qu'elle peinait à déglutir. Elle articula péniblement :
— Non.
Il eut un silence et elle s'attendit à ce qu'il soit désagréable, mais ce fut tout le contraire. Il semblait perdu car ses épais sourcils sombres se froncèrent.
— Ai-je mal agit ? Watson dit que mon comportement peut parfois… froisser les gens.
— Oh, mais vous ne m'avez pas froissé, déclara-t-elle en se retournant pour lui faire face.
— Alors pourquoi ce fut Irène Adler qui se présenta à la morgue et non vous ?
Parce qu'elle m'a volé ce moment, songea amèrement Molly.
Au lieu de dire cela, elle inspira fortement en espérant que sa langue ne trébucherait pas sur les mots qu'elle allait dire.
— Si monsieur me permet, mademoiselle vous apprécie beaucoup et elle ne voulait que vous parlez davantage. Elle m'a demandé si elle pouvait me remplacer. J'ai accepté. De plus, j'avais beaucoup trop de travail à faire.
Pendant un instant, il la regarda comme si elle était une véritable énigme à ses yeux. Il plissa des yeux et remarqua qu'elle était une piètre menteuse. Ses joues s'étaient empourprées alors que son petit nez s'était légèrement plisser.
— Pourquoi faites vous cela ? Pourquoi la défendre ? demanda-t-il d'une voix profonde.
— Je-
— Je me moque qu'elle veuille me voir, c'est vous que je voulais, Molly, asséna-t-il sans se rendre compte de l'impact qu'avait ses paroles sur la jeune femme.
Elle s'empourpra à une vitesse folle alors que la terre semblait s'ouvrir sous ses pieds.
— , vous-vous ne mesurez pas vos propos.
— Je mesure chacun de mes propos. Je suis un homme pour qui chaque mot a son importance.
Il fit un pas dans sa direction et elle se sentit défaillir sur place.
Pitié arrêter cela, Sherlock, pensa-t-elle.
— Je voulais que vous soyez présente, Molly. Vous avez été parfaite la nuit dernière. Vous avez une façon de pensée qui m'aide à avancer. Cela n'est pas commun, croyez moi.
Elle papillonnait des yeux tandis qu'il la fixait intensément. Faisait toujours cela ? C'était beaucoup trop… Attrayant.
— Je suis désolée monsieur.
— Si vous l'êtes, vous acceptez donc une séance de rattrapage. Je dois retourner à la morgue une nouvelle fois avec Lestrade. J'aimerais vous avoir à mes côtés, dit-il d'une voix bien trop rauque pour la stabilité mentale de Molly.
— J'ai mes corvées. J-je ne peux pas demander de-
— Je peux arranger ça, déclara-t-il d'un ton implacable. Acceptez.
— Je ne sais pas…
— Acceptez Molly.
Elle frémit à l'évocation de son prénom. Il avait une façon de le dire qui la perturbait au plus au moins. Pour elle, son prénom avait toujours été si lourd, mou et pesant à la prononciation. Venant de lui, il lui paraissait sensuel et aérien.
— Je-
Avant même qu'elle ait put répondre, la clochette de l'entrée la fit sursauté.
— Je dois aller ouvrir, annonçait-elle en fonçant en direction de l'entrée mais il la saisit par l'avant bras pour la ramener vers lui.
— Vous mourrez d'envie de venir. Acceptez.
— M. Holmes, la porte je-
— Donnez-moi votre réponse.
— Je vous en pris, murmurait-elle tandis qu'elle était presque pressée contre son torse.
Sherlock Holmes était tenu en haleine par le regard suppliant de la jeune femme. Il n'arrivait pas à se détourner de ses deux immenses pupilles sombres. Il ne s'était pas rendu compte qu'il l'avait plaqué contre sa poitrine. Il la tenait si près de lui qu'il savait que cela en était indécent.
— Molly, s'il vous plait, lui susurrait-il. Dites moi que vous allez venir.
— Je…
Elle prit une grande inspiration avant de dire d'une traite :
— Je vais essayer.
Il esquissait un sourire qu'il savait très apprécier de la gente féminine et la relâcha. Elle fit immédiatement un pas en arrière en ramenant sa main contre sa poitrine. Elle contourna le détective qui semblait victorieux et alla ouvrir au dernier convive.
Ce dernier était Lord Kinston. Il était l'un des amis du sénateur. Molly s'empêcha de grimacer à sa vue. Cet homme la répugnait. Il faisait parti de ses personnes qu'elle évitait au maximum lors des soirées du sénateur. Le sourire libidineux qu'abordait Kinston lui faisait toujours monter la bile aux lèvres. Elle dût se retenir de peu de soupirer.
— Oh ! Quelle merveilleuse vision ai-je le droit d'avoir pour mon arrivée.
— Lord Kinston, murmura Molly en s'inclinant légèrement.
Elle s'effaça de l'entrée pour le laisser pénétré dans la maison. Sherlock, lui était resté planter dans l'entrée, observant la scène. Il n'apprécia pas le regard du Lord sur la jeune domestique. Il était déplacé et malsain. Il le vit sourire de toutes ses dents quand elle lui proposa de lui ôté son manteau pour le ranger avec les autres :
— Faites donc mon p'tit. A mon âge, se faire dévêtir par une jeune femme tel que vous est toujours un plaisir.
Les gestes de Molly étaient maladroits et distants. Sherlock su qu'il ne fallait pas être un génie pour se rendre compte qu'elle était effrayée par cet homme. Lord Kinston était un homme de grande taille mais pas autant que Sherlock. Ses cheveux gris ne laissait aucun doute à son âge tout comme les nombreuses rides qui étaient gravées sur son visage. Il était relativement longiligne. Ses yeux noirs et petits avaient une lueur étrange.
— Comment va la femme de monsieur ?
— Oh ne parlons pas d'elle ! Vous voudriez gâcher ma soirée ? demanda-t-il d'une voix mielleuse qui fit dresser les poils de nuque de Molly
— Non… Non monsieur.
— Bien, déclara-t-il en se rendant compte de la présence du détective. Tiens, ne seriez-vous pas cet homme que l'on voit souvent dans les journaux qui résout des cas parfois hallucinant.
— Sherlock Holmes, asséna-t-il platement en l'observant de toute sa hauteur.
— Oui c'est cela. Vous avez une vie palpitante dit-on. Bien que je trouve toutes ces histoires abracadabrantesques.
— Cela l'est pour les personnes qui sont incapables de les apprécier.
Molly écarquilla des yeux, surprise du franc parlé du détective et se permit de sourire lorsqu'il lui jeta un coup d'œil satisfait. Quant au Lord, il semblait touché dans son orgueil car il releva son petit nez gonflé ainsi que son menton gras en direction du détective.
— Je vous prierai de m'excuser mais le sénateur doit certainement attendre M. Holmes. Je suis curieuse de savoir pourquoi il accueil un homme tel que vous. Sans vouloir vous offensez.
Sherlock esquissa un de ses rictus narquois.
— Je ne pense que le sénateur à maintenant besoin d'homme intelligent et utile.
— Que-
— Oh vous êtes là !
La voix criarde d'Irène fit sursauter Molly qui s'empressa d'aller ranger le manteau du Lord.
— Nous étions inquiets de ne pas vous voir venir au salon. Seriez-vous timide de venir M. Holmes ? gloussa-t-elle en saisissant son bras.
Molly sentit son cœur se serrer lorsqu'elle la vit aussi proche du détective. Mais il se serra davantage quand elle remarqua qu'il ne fit rien pour s'échapper de son emprise.
— Nous étions entrain de faire connaissance très chère, fit Kinston d'une voix doucereuse.
— Fantastique ! Mon oncle vous attend et je meurs de faim !
— Allons donc rejoindre votre oncle.
— Ce soir, M. Holmes, vous vous installez près de moi. Gardez moi une place, roucoula-t-elle alors qu'il restait immobile. Je dois parler avec notre domestique.
Elle avait les observa partir avec un sourire à s'en décrocher la mâchoire qui disparut en même temps que les deux hommes. Lorsqu'elle se retourna en direction de Molly, son visage se transforma.
Le dragon était revenu.
— Je t'ai vu lui parler ! Que t'a-t-il demandé ? demanda-t-elle avec empressement.
— Euh… Eh bien…
— Ne soit pas si empoté voyons ! Qu'a-t-il dit ? A-t-il parlé de moi ?
— Non, mademoiselle. Il m'a demandé quel était le menu, tenta-t-elle en allant dans la cuisine où elle s'empara du plat qui se trouvait devant elle en évitant le regard acérée de sa jeune maitresse.
— Es-tu sûre ?
— Nous avons échangé que de brefs propos.
— C'est vrai qu'il n'y a pas grand-chose qui vous pourriez vous dire, soulignait Irène pensive qui ignora la douleur que la remarque provoquait chez Molly. Je pense que ce soir, il est nécessaire que je passe à un niveau supérieur.
Molly fronçait ses sourcils en voyant le sourire carnassier qui barrait les lèvres d'Irène. Cette dernière reportait son attention sur Molly.
— Et toi. Je te défends de l'approcher ou bien d'échanger le moindre propos ou regard. Il doit être concentré sur moi. Alors fais ton possible pour que nous soyons un maximum en contact. Tu as bien compris ?
— Oui, mademoiselle, dit-elle d'une voix trainante.
— Parfait.
— Mais… Mais s'il m'adresse la parole, mademoiselle, je ne peux pas être désagréable avec lui.
— Cela est bien vrai, concéda Irène du bout des lèvres. Tu n'as qu'à tourner la conversation en ma faveur. Vente lui mes qualités. Ce soir, je veux qu'il m'invite à dîner.
MHMHMH
Irène s'était empressée d'aller rejoindre les convives de son oncle au salon. La robe verte qu'elle portait soulignait ses formes féminines tandis que le rouge à lèvre rouge attirait les regards sur ses fines lèvres. Elle levait son menton avec arrogance, heureuse de pouvoir travailler le détective au corps toute une soirée. Elle n'avait pas été satisfaite de la journée à la morgue avec lui. Il avait d'abord été surprit de sa présence, et il lui avait immédiatement parlé de Molly Hooper.
A cette pensée, le sourire glorieux d'Irène s'ébranla légèrement et ressemblait davantage à une grimace. La haine et la jalousie qu'elle ressentait pour la domestique s'était agrandit à cause de cela. Elle la détestait tant. Cette fille n'était qu'une moins que rien et elle avait réussit à inquiété cet homme. Pourtant, ce soir Irène savait que cela allait changer. Elle avait tout pour elle, contrairement à Molly Hooper. Lorsqu'elle vit Sherlock Holmes, elle s'empressa de se poster à ses côtés.
— Oh mon oncle, je m'installe près de M. Holmes ! Nous avons passé une journée si extraordinaire ensemble.
John écarquillait des yeux et jeta un regard interrogatif au détective qui semblait être à bout. Le médecin s'efforçait de retenir un rire devant le malaise de Sherlock. Il savait que son ami détestait les femmes insistantes et davantage Irène Adler. Elle était bien trop vicieuse et sournoise pour Sherlock.
— C'est vrai, ma fille m'a dit que vous aviez été à la morgue avec elle. Quel lieu inquiétant ! S'exclamait le sénateur.
— Il est un lieu que je dois fréquenter pour mon travail, sénateur.
— Je le comprends parfaitement. Vous devriez discuter de ce genre de choses effroyables avec notre Molly. Bien qu'elle soit jeune, elle semble être une experte dans ce domaine, déclarait fièrement le sénateur ce qui eut le don de faire chuter le sourire d'Irène sous le regard amusé de Mary et John.
Molly, elle ne put s'empêcher de rougir vivement alors que Sherlock la lorgnait de longuement avant de déclarer :
— Vraiment ? S'intéresser à ce genre de chose est pour moi le signe d'une grande intelligence.
— Une femme intelligente ? Voilà qui est comique, déclara Lord Kinston.
— Dans tout les cas, vous ne m'ôterez pas que s'intéresser à ce genre de chose pour une femme est effrayant, persifflait Irène en jetant sa serviette sur ses genoux. Il faut dire que Molly a toujours été très étrange. Déjà enfant cela se remarquait. Elle s'intéressait toujours à des choses immondes. Je me souviens lorsqu'elle avait ramené cette chose pour l'étudier. Quelle était le surnom que nous lui donnions déjà ? Ah oui ! Creepy Molly.
Elle ricanait d'une façon désagréable. Sherlock vit le visage de Molly s'effondrer légèrement et son dos se vouter sous le poids du rire d'Irène. Cette dernière s'emparait de son verre et esquissait un sourire sardonique.
— Cela n'est pas pour rien qu'elle ne se fait courtiser par aucun homme. N'est-ce pas Molly ?
— Oh ma fille, vous êtes dur ! déclarait le sénateur. Il y a ce jeune garçon, Tom il me semble, qu'il avait commencé à la courtiser.
— C'est vrai, mais combien de temps cela avait-il été ? Souvenez-vous du visage de ce pauvre garçon lorsqu'il a vu sa collection de livres.
Elle éclatait d'un rire ce qui eut le don de faire vibrer Sherlock de rage. Cette fois-ci, Molly sentait sa poitrine se comprimer fortement. Elle l'avouait difficilement, même à elle-même, mais elle était touchée en plein cœur. Elle se sentait écrasée par le gloussement de sa jeune maitresse qui semblait résonner dans la pièce. Elle était humiliée. Elle n'osa pas jeter un regard au détective de peur de voir du dégoût et de l'horreur sur son visage.
Il allait très certainement la prendre pour une folle à présent.
— Il a tellement été effrayé qu'il a prit ses jambes à son cou !
Tous autour de la table n'osèrent commenter lorsque Molly quittait le salon pour aller chercher l'entrée. A grandes foulées, Molly réapparut dans le salon en fixant le sol sans rien dire. Sherlock l'observait et remarquait qu'elle avait été touchée par les propos déchirant d'Irène. Il en était certain, mais elle n'avait versé aucune larme. Elle semblait impassible et servait chaque personne alors que John avait lancé un nouveau sujet de conversation.
— M. Holmes, vous désirez du vin ? demandait-elle dans un murmure qui fit frissonner le détective.
— Oui, s'il vous plait.
Il la regardait faire ses allers-retours et se demandait si le traitement que lui infligeait Irène était quotidien. Elle s'adressait à elle comme on s'adressait à un chien errant. Bien souvent, Irène claquait des doigts et désignait à la jeune femme ce qu'elle devait faire et Molly s'exécutait sans broncher.
Elle courbait son échine et ramassait la vaisselle sale en remplissant de temps à autre les verres de vins lorsqu'elle en voyait un presque vide. Sherlock n'avait quasiment pas prit part aux conversations, bien trop concentré à observer Molly Hopper.
Sherlock se rendit compte qu'elle était le premier être humain et surtout, la première femme, à être aussi fascinante à ses yeux. Cela allait de sa façon de se tenir à sa manière de pensée les choses. Elle semblait ne jamais rechigner, ni se plaindre. Il était admiratif de ce genre de chose. Il ne pouvait pas s'empêcher de la lorgner du coin de l'œil lorsqu'elle allait et venait. Il ne remarquait pas la façon dont John et Mary l'observait amusée mais également Irène Adler.
Elle portait son verre de vin à ses lèvres en fulminant intérieurement. Comment cet homme faisait pour ne pas lui porter le moindre intérêt ? Elle portait sa plus belle robe et avait un décolleté osé pour attirer son attention. Mais non ! Il préférait rester silencieux et fixer sa domestique.
Furieuse, elle songeait rapidement à une manière de s'attirer l'attention de Sherlock Holmes et d'évincer Molly Hooper de la partie. Elle ne pouvait pas faire le poids contre elle. Irène en était certaine et allait le démontrer. Elle avalait une gorgée de son nectar tandis que le sénateur s'exclama :
— Bien, messieurs je vous propose de poursuivre dans le fumoir ! Mesdames, le piano est tout à vous.
Irène s'empressait de se jeter à son bras en clignant des yeux avec rapidité :
— M. Holmes vous joignez vous à nous ? Je joue divinement du piano, je suis certaine que vous aimeriez mes compétences.
— Ma fille, je pense que M. Holmes n'a pas envie d'écouter les résultats de tes cours de piano. Nous avons des affaires importantes à discuter.
Sherlock lui se moquait du piano comme du boudoir. Il voulait voir Molly. Il ne voulait que ça. Il chercha rapidement une solution pour s'éclipser et
— Où sont les toilettes, sénateur ?
— Au fond du couloir. Avec le docteur Watson et Lord Kinston nous vous attendons pour discuter de notre affaire.
Sherlock opinait brièvement de la tête en promettant de ne pas être long. Puis lorsqu'il fut assuré que tous furent loin, il se mit à la recherche de Molly. Il se dirigeait vers la cuisine mais s'arrêta derrière la porte lorsqu'il entendit un hoquet de surprise :
— Je ne voulais pas vous faire peur, entendit-il.
Lord Kinston, pensait-il avec dégoût.
Cet homme lui déplaisait et son instinct lui disait qu'il n'avait aucune raison de lui faire confiance. Sherlock restait encore quelques minutes derrière la porte à observer la scène. Il observait Molly qui semblait visiblement mal à l'aise en compagnie de Kinston. Elle semblait nerveuse et encore plus maladroite.
Molly peinait à déglutir en sentant son pouls battre exagérément sous sa peau. Une sensation désagréable la traversa, mais elle se contentait d'ignorer cela. Elle tenta un sourire poli alors que Kinston fit un pas dans sa direction. Elle rassemblait ses mains sous son tablier pour se donner contenance.
— Monsieur à besoin de quelque chose avant de passer au fumoir ?
— Cela dépend de ce que vous pouvez m'offrir.
— J-je ne vous suis pas monsieur, bafouilla-t-elle en fronçant les sourcils.
Il ricanait en faisant un nouveau pas dans sa direction.
— Allons, allons. J'ai bien vue la façon dont vous me regardiez pendant tout le repas.
— Je-je suis désolée, monsieur. Mais, je ne-
— Oh mon p'tite ! Vous n'avez aucune raison de nier ! J'ai bien vu votre manège ! s'exclama-il en s'emparant du bras de Molly.
A son contact, la jeune femme poussa un petit cri d'exclamation lorsqu'il la tirait vers lui. Elle tentait de résister mais la prise de Kinston était trop puissante.
— Monsieur je vous en pris lâchez moi, croassait-elle tandis qu'elle heurta le torse arrondit de l'homme qui ricanait.
— Ne résister pas ma petite. Vous me regardiez à table. Cela fait plusieurs fois que l'on se voit. Je sais qu'à chaque fois vous me regarder avec des yeux de tentatrice.
— Qu-Quoi ? Mais de quoi ? Je-je…
— Ne soyez pas si farouche !
— Monsieur… Je-s'il vous plait, croassa-t-elle.
Ce fut à cet instant que Sherlock décida qu'il lui fallait intervenir.
— Il y a un problème ?
Immédiatement, Kinston se sépara de la jeune femme et grogna dans sa barde.
— Holmes. Je croyais que vous cherchiez les toilettes ?
— J'en reviens. J'ai cru entendre des cris.
Il porta son regard vers la jeune femme.
— Vous allez bien Molly ? lui demanda-t-il d'une voix inquiète.
— Je… Je vais bien… Je crois.
Molly sentit les larmes lui monter aux yeux. Son petit corps tremblant était sur le point de s'écrouler mais Sherlock fit quelques pas vers elle. Il empoigna ses bras pour la maintenir debout. Sans s'en rendre compte, la jeune femme soupira en sentant la pression rassurant des mains du détective sur son corps. Sa poigne était ferme mais pas douloureuse. Elle se sentit immédiatement apaisé.
— Elle va bien Holmes, cela se voit. Nous ne faisions que parler, grogna Kinston en levant fièrement son menton. Il ne risquait de ne rien lui arriver.
Sherlock lança un regard méfiant et peu convaincu à Kinston qui comprit immédiatement que le détective ne serait pas de son côté.
— Bon... Hum... Je pense qu'il est nécessaire que je rejoigne le sénateur. Le faire attendre ne serait pas correct, cingla Kinston en tirant sur son veston.
Puis il disparut rapidement laissant Sherlock et Molly seuls une nouvelle fois.
— Molly, comment vous sentez-vous ? Cet homme vous a-t-il fait le moindre mal ?
Tout en la questionnant, Sherlock l'inspecta de la tête aux pieds en chassant de son esprit les couinements désespérés qu'elle avait lâché en pleine détresse. S'il n'était pas intervenu, que se serait-il passé ? Il en avait une idée tout à fait précise et cela lui glaça le sang. Il serra sa mâchoire en songeant à cet homme. Il voulait le tuer. Il méritait de mourir pour avoir touché cette femme.
— Je-je vais bien.
— Voulez-vous vous asseoir ?
— J-Je oui.
Il la guida jusqu'à un petit sofa qui se trouvait dans la pièce alors que Molly tentait de calmer ses esprits. Sa poitrine gonflait et s'abaissait à un rythme fou tandis qu'elle s'installa du mieux qu'elle le pouvait. Elle s'était éloignée au maximum du détective tandis que les propos d'Irène raisonnaient encore dans son esprit. Elle passa une main sur son visage en espérant pouvoir très vite reprendre pieds mais la présence du détective à ses côtés ne l'aidait en rien. Elle s'enroula de ses bras en peinant à contenir les larmes qui menaçait de s'échapper de ses yeux.
— Molly regardez moi.
Il prit son visage en coupe pour le relever vers lui. Elle sentit son souffle se bloquer dans ses poumons alors que son regard plongea dans celui du détective.
— Tout ceci est fini. Vous n'avez plus rien à craindre. Je suis là, il ne vous fera plus aucun mal.
— Oh mon dieu, murmurait-elle en tremblant sans pouvoir s'arrêter. Je suis désolée, M. Holmes. Je-je… Je suis désolée.
Ahurit Sherlock ne comprenait pas pourquoi Molly était entrain de s'excuser.
— Molly, vous n'êtes pas en tord. J'ai vu toute la scène et je ne laisserai pas cet homme vous déshonorez.
— Je ne veux pas que vous ayez des ennuies M. Holmes, marmonnait-elle en reniflant alors que son regard était focalisé sur ses mains.
— Molly, regardez moi.
Il attendit quelques secondes avant de prendre son visage en coupe pour l'obliger à la regarder droit dans les yeux. Il sentit son cœur louper un battement lorsqu'il vit le visage de la jeune femme complètement ravagé.
— Je ne laisserai personne vous faire du mal. Je ferais en sorte que Kinston ne puisse plus vous atteindre, ni vous, ni aucune autre femme.
— Il est un homme influent, murmurait-elle en rougissant furieusement. Il est un grand ami du sénateur et-
— Je vais parler au sénateur. Il vous tient en estime. Il n'y a pas besoin d'être fin observateur pour le voir.
Molly esquissait un sourire en sentant les propos de Sherlock aller droit à sn cœur.
— Imaginer bien M. Holmes que cela n'est pas la première fois que ça arrive je-
— Il a déjà abusé de vous ? demandait-il avec force.
— Non ! Non jamais ! Mais… il a toujours été insistant avec moi. Mais vous savez c'est monnaie courante. Lorsque le sénateur reçoit des invités, il arrive souvent de ses messieurs fasses ce genre de choses, murmurait-elle en reniflant une nouvelle fois.
— Cela vous est déjà donc arrivé.
— Ce n'est pas si grave, dit-elle. Je-Je… Je ne compte pas.
Elle força un petit sourire maladroit et crispée qu'elle avait l'habitude d'offrir lorsqu'elle devait parler d'elle. Interloqué, Sherlock fronça les sourcils et se rendit compte à quel point cette femme le surprenait.
Il n'avait jamais été aussi perdu avec un être humain. Habituellement il était ennuyeux pour lui d'échanger avec quelqu'un. C'était souvent épuisant et lassant, sans le moindre intérêt. Il était une véritable charge pour lui d'écouter les autres geindre, se plaindre, ricaner, cancaner ou bien comploter. Avec Molly Hooper c'était autre chose.
Comment cette femme pouvait-elle penser qu'elle ne comptait pas ? Il n'était pas de ceux qui rassurer les autres. Il ne savait pas le faire et le peu de fois qu'il avait essayé, il se sentait maladroit et gêné. Manipuler était une chose qu'il savait faire pour le bien de ses enquêtes, mais apaiser ou consoler sincèrement était une épreuve pour le détective.
Ses pupilles s'affolèrent sur le sol avec que les mots de la jeune femme résonnaient dans son esprit.
— Pourquoi dites-vous ça ? demanda-t-il d'une voix absente.
— Je… Eh bien… bredouilla Molly en triturant ses doigts. Je ne pense pas être une personne importante. Je ne fais rien d'extraordinaire vous savez. Je ne suis que Molly. Juste Molly.
Le regard de Sherlock se posa sur la jeune femme menue et il la trouva si petite et fragile dans ses immenses draps qui lui servaient de vêtements. Il se senti rosir en songeant à la sensation qu'il éprouverait en encerclant de ses mains la taille de Molly Hooper. Inconsciemment son regard s'était verrouillé sur la jeune femme qui remuait sur place maladroitement.
— Vous-vous devriez aller rejoindre le sénateur ainsi que le docteur Watson. Ils doivent être entrain de se demander ce que vous faites.
— Je ne pense pas que cela soit une bonne idée de vous laissez seule, assénait-il en se levant à son tour.
Il ne craignait pas que cet homme revienne, mais l'idée d'abandonner la jeune femme lui était impossible. Sa gorge était nouée et tous ses muscles étaient tendus. Il mourrait d'envie de la protéger contre tous ce qui pouvait la menacer.
— Oh ne vous en faites pas, M. Holmes, j'ai encore beaucoup de choses à faire, je n'aurais pas trop de temps à pensé, dit-elle dans un rire désabusé.
— Je vais rester avec vous.
Elle sentit la panique immédiatement l'envahir. Elle ne pouvait pas rester seule avec cet homme.
— Que-Quoi ? Non ! Non ! Vous n'avez rien à faire ici.
— Me mettriez-vous à la porte, Molly ?
Il arquait un sourcil mi-interrogatif, mi-amusé qui la fit rougir davantage. Elle comprit le sens de ses propos et s'empressait de rectifier :
— Non ! Je-je-je… Je… Je ne voulais pas- pas dire ça. Je-je ne me permettrais jamais, M. Holmes.
Il ne put s'empêcher de sourire alors qu'elle peinait à finir sa phrase. Il se pencha légèrement vers elle alors qu'il trouvait ses rougeurs adorables.
— M. Adler vous attend et puis…
— Et puis ?
Elle poussait un soupire avant de se diriger vers la cuisine tandis qu'elle espérait que ses rougeurs disparaitraient rapidement. Elle entendait les pas du détective derrière elle et cela la perturbait au plus au point. Lorsqu'elle s'arrêtait de marcher pour se tourner à nouveau dans la direction de l'homme, elle se sentit lasse.
— Et puis ? demandait-il à nouveau d'une voix rauque.
— Et puis, il y a Mademoiselle Adler. Vous savez, elle vous porte en grande estime.
Elle vit ses sourcils se froncer et elle sentit son cœur se compresser dans sa poitrine. Elle s'efforçait de poursuivre en se dirigeant vers l'évier pour nettoyer la vaisselle. Elle avait besoin de nettoyer quelque chose pour ne pas se sentir ridicule.
— Elle vous apprécie énormément. Elle aimerait beaucoup que vous portiez votre attention vers elle. Elle s'efforce de vous plaire, dit-elle en récitant ce que lui avait demandé de dire Irène.
Mordant nerveusement sa lèvre, elle se mit à frotter furieusement les assiettes. En sentant ses propos lui piquer la gorge. Elle n'aimait pas ce qu'elle était entrain de faire.
Elle se sentit frémir lorsqu'il déclarait d'une voix rauque :
— Elle ne m'intéresse en rien.
— Je suis certaine que si vous premier le temps de vous intéressez à elle vous-
— Molly, je vais être sincère avec vous, comme j'ai pour habitude de l'être. Je me moque de votre maîtresse et je sais qu'elle vous a demandé de faire sa promotion auprès de moi. Je n'ai pas pour habitude de perdre mon temps avec des personnes inintéressantes.
— Mais-
— Pensez-vous que je serais ici avec vous, s'il y avait la moindre chance que cette femme m'intéresse ?
Molly cessait de frotter la vaisselle pour faire volte-face en direction de Sherlock. Elle se saisit du rebord de l'évier pour se donner du courage. Elle devait faire son maximum pour qu'il puisse être intéressé par Irène Adler.
Elle savait que si cette dernière décidait de venir la rejoindre ici et qu'elle la découvrait seule avec Sherlock, elle serait furieuse. Molly détestait subir les foudres d'Irène. Elle inspirait fortement pour se donner une nouvelle fois du courage.
— Peut-être que-
— Molly, j'ai plus de plaisir à converser avec vous et être à vos côtés qu'être deux minutes avec mademoiselle Adler.
— Je n'ai pourtant rien d'intéressant à dire, murmurait-elle alors que Sherlock sentit son visage s'échauffer.
Il passait une main sur son visage en sentant malgré lui son cœur palpiter un peu trop vite dans sa poitrine. Il n'aimait pas aller sur ce terrain. Il n'aimait pas ça du tout. Il releva son visage d'un mouvement hautain et déclara avec dédain :
— Je ne crois pas que vous sachiez juger correctement votre potentiel.
— Mon potentiel ?
Il fit un pas vers elle en jaugeant son visage qui était rougit par la gêne. Il sentit son bas ventre s'allumer et s'empêcha de soupirer bruyamment. Il peina à déglutir avant de lui répondre d'une voix faussement calme :
— Je suis certain que vous ne vous rendez pas compte de l'intelligence que referme votre esprit.
— Ce n'est pas ce que les gens disent, murmura Molly avec peine.
— Je me moque de ce que dise les gens.
— Vous devriez pourtant les écouter, M. Holmes. En m'engageant comme votre assistante, vous n'aurez que des problèmes.
Il croisa ses bras contre sa poitrine, mécontent d'être contredit.
— Eh bien que dises les gens pour que soyez une telle gêne ?
Molly ouvrit et ferma sa bouche à plusieurs reprises. Elle se sentait honteuse après la mésaventure qu'elle venait de vivre et dire à haute voix tous les cancans que les gens propageaient sur elle la brisait. Pourtant, elle ne supportait pas l'idée de s'effondrer comme une pauvre petite chose devant quelqu'un. Elle releva son regard en direction du détective et ce qu'il y vit lui fendit le cœur.
— Les gens disent que je suis une drôle de fille et croyez moi M. Holmes, il n'y a aucun compliment derrière ça.
Elle eut un petit rire désabusée et détourna son regard de celui du détective. C'était beaucoup trop douloureux pour elle.
— Les gens sont des idiots, répliqua Sherlock sachant ce qu'elle ressentait.
— Ils ne le sont pas tous, rétorqua-t-elle. Je n'ai jamais…Je n'ai jamais eu de véritable ami à cause de ce que j'étais. Il faut croire que je suis bizarre.
— Bizarre ? répéta-t-il en s'approchant d'elle pour s'appuyer à son tour contre l'évier. Croyez-moi, Molly, vous ne l'êtes pas. Les sciences vous intéressent. Ce n'est pas une tare.
Elle ne put retenir un sourire qui illumina son visage et fit chavirer le cœur du détective. Il ne put réprimer cette sensation qui lui était si nouvelle et qu'il le savait, Mycroft aurait désapprouvé.
— Vous êtes gentil, déclara-t-elle en fixant le sol.
Sherlock releva son regard vers elle et fronça ses sourcils. Cette phrase était tout l'inverse de ce qu'il était en réalité.
— Non. Ne faites pas la bêtise de croire ça.
Elle esquissa un sourire sincère à travers les larmes qui menaçait d'apparaitre.
— Je ne le crois pas, j'en suis certaine.
Un silence s'installa entre eux et Molly tout comme Sherlock ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain bien être en présence de l'autre. Ils se fixèrent droit dans les yeux alors que des voix se firent entendre dans la pièce d'à côté. Sherlock fut le premier à se rendre compte qu'il n'avait pas parlé près d'une minute. Perturbé, il secoua légèrement son visage et se décolla du plan de travail et se racla la gorge en passant une main sur son crâne.
— Je pense… hum… Il me faut bientôt partir. Je pense qu'il faut que j'aille voir Watson et sa compagne.
— Euh… oui. Oui vous devriez.
Il se dirigea en direction de la sortie de la cuisine et s'arrêta avant de partir sur le seuil de la porte. Il fit volte face en direction de la jeune femme. Elle était plantée au milieu de la cuisine, un sourire triste sur les lèvres observant le détective avec bienveillance. Ce dernier esquissa à son tour un sourire timide avant de déclarer :
— Passer une bonne soirée, Molly.
Lorsque Sherlock quitta la jeune femme, il eut l'impression de cesser de respirer. Ses mains étaient moites et sa gorge était sèche. A vive allure, il se dirigea au fumoir et il se planta dans la pièce, ignorant le regard dédaigneux de Kinston.
— Sénateur, j'ai une requête à vous exposez.
Intrigué, le sénateur arqua un de ses sourcils grisâtre avant de dire sous le regard curieux de Watson :
— Quelle est donc cette requête ?
— Molly Hooper. Je veux qu'elle m'accompagne demain pour l'enquête.
— Molly ? s'étonna M. Adler. Pourquoi donc ?
— Cela me regarde, je pense que si vous m'avez engagé, c'est pour me faire confiance. Si je dois vous expliquez chacune de mes décisions nous perdrons un temps précieux.
— Je ne tiens pas à vous contredire, M. Holmes. Cependant, Molly est une personne indispensable à cette maison. Avec les futures réceptions auxquelles je devrais assistés, sans Molly ici en journée, cela deviendra compliqué.
Claquant sa langue contre son palais, Sherlock releva son menton.
— Elle n'a qu'à venir en soirée.
— Si je peux me permettre Holmes, les rues de Londres la nuit sont beaucoup trop dangereuses pour qu'une jeune femme puisse s'y promener, déclara Watson d'un ton grave.
— Elle n'a qu'à dormir à Baker Street.
— A Baker Street ?! S'étonnèrent les deux hommes tandis que Sherlock faisait déjà demi-tour en direction du hall.
— M. Holmes-
— J'ai besoin d'elle, articula sévèrement Sherlock pour couper cours au débat tandis qu'il marchait à vive allure. Qu'elle vienne demain soir après son service. Elle sera correctement traité si c'est cela qui vous préoccupe. Je ne suis pas de ces hommes qui abusent des femmes.
— Je n'ai jamais dis ça, s'outra le sénateur en suivant Sherlock qui se dirigeait en direction du hall. Mais je m'inquiète pour elle. Je suis menacé, mais je n'ai aucune envie que cette jeune femme ne soit mise en danger pour une quelconque folie.
Sherlock se stoppa dans l'immense hall alors que Molly apparut à son tour pour aller chercher les affaires des invités du sénateur. Ce dernier l'interpella et lui demanda d'aller prévenir Mary Watson et Irène du départ des deux hommes. Lorsqu'elle disparut dans le salon, Sherlock reprit :
— Il y a aucune folie, ni caprice dans ce que je vous demande. Juste une opportunité d'avancer plus vite. Faites-moi confiance.
A ses mots, Molly réapparut derrière Irène et Mary.
— Vous partez déjà ! s'exclama Irène en s'approchant vivement de Sherlock. Nous avons à peine eu le temps de discuter.
— Des choses plus importantes ont besoin de mon attention, rétorqua Sherlock tandis que Molly lui apportait son chapeau afin que le reste de ses affaires.
Irène fit une moue enfantine en cherchant le meilleur moyen de capter l'attention du détective. Il n'avait pas cessé de lui retourner chacune de ses attaques et semblaient indifférent à ses avances.
— J'aimerais tant entendre vos récits d'enquête, chouina-t-elle en saisissant son bras pour s'y agripper.
Elle se colla au maximum de lui et bomba sa poitrine pour lui soumettre son décolleter. Pourtant cela ne changea rien. Sherlock s'était tendue et remarqua que Molly ne lui jeta aucun regard.
— Ma chérie, M. Holmes n'a pas le temps pour cela, tenta le sénateur d'une voix suppliante.
— Vous n'avez rien dit à propos de ma robe, croassa-t-elle sans prendre en compte les propos de son oncle. Comment la trouvez-vous ?
Amusée, Mary jeta un regard à John tandis que ce dernier se sentit mal pour son ami. Il commençait à comprendre pourquoi Sherlock avait une vive aversion pour cette jeune femme. Elle était une véritable mente religieuse qui s'agrippait au détective comme une moule à son rocher. Difficilement, Sherlock se détacha de l'emprise d'Irène et fit un pas sur le côté.
— Elle vous convient. Je ne suis pas le meilleur placé pour vous le dire. Vous devriez poser cette question à quelqu'un qui serait apte à y répondre. A Lord Kinston par exemple.
— Mais-
— Nous devons y aller, déclara Sherlock en réalisant un léger mouvement de tête en direction du sénateur pour le saluer. Sénateur. Mademoiselle.
Puis il se tourna vers Molly et baissa une nouvelle fois sa tête en murmurant :
— Mademoiselle Hooper.
Choquée, Molly resta interdite devant le regard furieux d'Irène, interloqué de Watson et du sénateur et satisfait de Mary. Puis sans dire un mot de plus, Sherlock s'extirpa hors de la maison, les Watson sur ses talons qui saluèrent d'un signe de mains leurs hôtes, alors qu'Irène s'était enfuit en fulminant dans sa chambre.
Une fois dans la cabine qui les menèrent jusqu'à chez eux, un silence étrange régna dans l'habitacle.
— Eh bien, cette soirée fut animé, déclara Watson tandis que Sherlock observait les rues de Londres par la fenêtre.
Molly Hooper était une femme qui le fascinait, cela était clair dans son esprit. Elle était si réservé mais elle pouvait se montrer passionnée. Il clôtura ses paupières en songeant à la façon dont la jeune femme avait plongé son regard dans le sien.
Ses yeux n'étaient pas d'un marron ordinaire. Il y avait quelque chose qu'il n'arrivait pas à déterminer. Il sentit un sourire fleurir sur ses lèvres lorsqu'il se remémora les rougeurs qui avaient inondé le visage de Molly.
Elles étaient charmantes. Il songea à si elles pouvaient apparaître dans d'autres circonstances ? Il peina à déglutir lorsqu'une image de la jeune femme apparut derrière ses yeux. Il l'avait toujours vue avec des vêtements épais et difformes. Il était certain que libéré de toutes ses choses, elle devait être encore plus incroyable à voir.
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