Mon quatrième chapitre, après celui-ci je risque de ne plus pouvoir poster avant un bon moment, je m'en excuse…

Chapitre 4 : Rêverie au royaume des morts

Quand elle transplana enfin, les premières lueurs du jour commençaient à poindre. Elle allait enfin s'octroyer un peu de repos quand un grand fracas se fit entendre. La sorcière se précipita vers l'origine du bruit, et découvrit qu'Errol s'était malencontreusement assommé contre la fenêtre, la croyant sans doute ouverte. Hermione récupéra la pauvre bête inconsciente, et après quelques soins s'intéressa à la missive que l'animal avait eu pour mission d'apporter. Elle avait eu peur qu'on ne lui annonce une nouvelle mort, mais il ne s'agissait à son grand soulagement que d'une simple invitation à venir passer le reste des vacances au Terrier. Son cœur se serra. Depuis que Ron n'était plus là, elle avait décliné l'invitation chaque année, trouvant sans cesse de nouvelles excuses... Elle ne voulait certainement pas retourner sur les lieux du drame, et ne comprenait pas pourquoi les Weasley s'obstinaient à y rester. L'altercation qui avait eu lieu la veille avec Rogue avait en outre ravivé sa douleur. Elle se rendit alors compte qu'elle ne pouvait pas passer sa vie à éviter tout ce qui lui rappelait Ron, et qu'il lui fallait exorciser sa peur. Bien sûr elle n'admettrait jamais, ne serait-ce qu'à elle-même, que Rogue lui avait à sa manière ouvert les yeux.

Elle griffonna une réponse affirmative, mais se ravisa quand ses yeux tombèrent sur Errol : il y avait peu de chance que le vieil hibou crasseux arrive au Terrier avant elle ! Elle décida donc de leur faire la surprise. Elle se prépara en vitesse, prit Errol dans ses bras puis transplana. Arrivée sur la colline surplombant le Terrier, elle y jeta un regard plein d'appréhension, et n'y retrouva pas la chaleur d'antan : une créature sombre et malfaisante semblait avoir pris possession du lieu, le recouvrant de son ombre glaciale.

Elle vint cependant à la rencontre de ses amis, mais si l'endroit avait changé, c'était ses habitants qui avaient subi la plus grosse transformation. De la joyeuse et joufflue Molly, il ne restait rien. On avait peine à reconnaitre celle qui avait terrorisée la famille Weasley au grand complet (mari inclus) dans la pâle et chétive créature qui faisait face à Hermione. Telle une chandelle, elle avait littéralement fondu, et sa peau pendait, flasque, faute de chair pour la soutenir. De larges cernes bordaient ses yeux, et ses lèvres se réduisaient à une fente, striées de nombreuses rides verticales. Ses cheveux avaient perdu le roux caractéristique des Weasley, au profit d'un gris souris qui ne lui seyait guère. Le peu d'importance qu'elle accordait à son apparence, comme en témoignaient ses cheveux sales et ses vêtements couverts de taches de graisses, la rendait plus semblable à un elfe de maison qu'à une femme. Elle planta deux baisers secs du bout de ses lèvres gercées sur les joues d'Hermione, puis appela son mari, pas avec la puissance d'autrefois, mais de la voix faible et éraillée d'une femme qui a trop pleuré.

Pendant un moment rien ne se produisit, puis du haut des escaliers apparut un vieillard s'aidant d'une canne pour avancer. Contrairement à ceux de Molly les traits d'Arthur Weasley étaient aisément reconnaissables, hormis le fait qu'il semblait avoir pris quarante ans au lieu de cinq. Le changement le plus remarquable s'était produit au niveau de son regard. Les yeux rieurs de l'homme, où luisait toujours une étincelle de curiosité et d'enthousiasme mêlé, avaient laissé place à deux abîmes sans fonds, où ne se lisait qu'amertume et désespoir. Il salua son invitée d'un faible hochement de tête, mais ne lui adressa pas un mot. Ses yeux semblaient regarder à travers elle, sans la voir. Soudain Hermione comprit pourquoi ils s'entêtaient à rester dans ce lieu maudit : c'était comme si à la mort de leur fils, ils avaient eux-mêmes cessé de vivre, et tels les fantômes qu'ils étaient devenus étaient condamnés à errer sur le lieu de leur mort pour l'éternité. C'est sur cette révélation qu'apparu le dernier habitant du terrier. George Weasley était revenu s'occuper de ses parents à la mort de Ron, ne trouvant pas la force de continuer à faire tourner le magasin de farces et attrapes sans son alter-ego, Fred. George ne semblait pas différent d'autrefois, et il gratifia Hermione d'une chaude étreinte. Ce geste la rassura, quoiqu'elle ne soit pas tout à fait à l'aise.

La journée se passa dans une atmosphère lourde et silencieuse, et Hermione monta se coucher très tôt, arguant qu'elle n'avait pas pu dormir la nuit précédente. Une fois allongée dans la chambre qu'on lui avait attribué, celle de Ron, elle ferma les yeux et repensa aux récents évènements.

Elle avait dû s'assoupir, car elle fut soudain éveillée par un gémissement lugubre, provenant du grenier. Certainement la goule, pensa Hermione, refusant de se laisser impressionner par un simple bruit. Elle décida néanmoins de vérifier, et alla donc vers le territoire de la présumée coupable. Sur le pas de la porte, elle se figea, écoutant le bruit avec une attention décuplée. D'en bas elle avait été persuadée qu'il s'agissait de cris de douleurs, mais à présent elle n'en était plus aussi sure. Alors que cela aurait dû la rassurer, cela la mettait étrangement mal à l'aise. Elle trouva cependant le courage, en bonne griffondor, d'ouvrir la porte et d'en franchir le seuil.

Le choc fut tel qu'elle en demeura hébétée pendant de longues minutes. En effet, la pièce n'avait plus rien à voir avec celle de ses souvenirs, petite, sombre et encombrée. C'était comme si la porte du grenier ouvrait sur une autre dimension. Hermione avait pénétrée dans une salle immense et vide, où régnait une chaleur étouffante. La lumière y était tamisée, mais rougeoyait et vacillait comme si elle provenait d'une nuée de flammes.

Hermione repéra alors l'origine du bruit : un couple nu s'ébattait à même le plancher, au centre de la pièce. Outrepassant alors toutes les interdits moraux et oubliant la pudeur, Hermione s'avança. Elle n'aurait su dire si cet entremêlement de chair tenait plus de la lutte ou de la dance, tant les mouvements des partenaires, lents et gracieux semblaient pourtant leur demander d'efforts : les muscles de l'homme saillaient, tendus à l'extrême, accrochant la lumière, les mains de sa compagne griffant violemment son large dos. Hermione se rendit alors compte d'un détail plus que troublant : cette compagne si exigeante et bestiale, c'était elle ! Elle l'observa encore un instant, cette Hermione au bord de la jouissance, et eu brusquement envie de la toucher. Elle s'approcha alors, mais lorsqu'elle posa sa main sur la peau de son double, elle se retrouva soudainement propulsée au cœur de la scène, comme si elle avait brusquement réintégré son corps. Elle put alors voir le visage de celui qui se mouvait au-dessus d'elle, et même si elle ne l'avait jamais réellement vu, elle eut la conviction qu'il s'agissait du bel inconnu rencontré la nuit précédente. Alors qu'il l'amenait au septième ciel, elle leva la tête, vit que la pièce disposait d'un toit à ciel ouvert et en contemplant les étoiles elle se fit la réflexion que tout cela était trop beau pour être vrai. Et c'est ainsi que l'esprit un peu trop rationnel d'Hermione vint à bout de son premier rêve érotique.

Pestant contre cet aspect de sa personnalité, elle s'extirpa de son lit et se dirigea vers le miroir. Elle y vit une jeune femme qui malgré sa vingtaine d'année, ne connaissait rien à l'amour et pire, était encore vierge ! Elle décida sur le champ d'y remédier, ne voulant pas se retrouver piégée par le souvenir de son premier amour. L'état des derniers Weasley lui avait fait l'effet d'une douche froide : elle ne pouvait se contenter de survivre, elle allait vivre désormais !

Voilà, j'espère vraiment que ça vous satisfait :)