Chapitre 3 : Ils n'avaient pourtant fait qu'être amis partie 1.

Harry s'étira doucement pour se réveiller. Le doux contact de la couverture sur son torse le fit frissonner. Il sourit et regarda à sa droite : Ginny dormait encore. Il l'admira alors… Des cheveux blancs commençaient à parsemer ses cheveux roux et des petites rides venaient orner les coins de ses yeux. Ses tâches de rousseurs étaient de plus en plus abondantes, tranchant avec la pâleur de sa peau. Elle était toujours aussi belle, pensa-t-il.

La discussion qu'il avait eue avec Malefoy ne cessait de le tourmenter. Il s'était senti jugé : lui ne pouvait pas oublier Astoria mais Harry s'était dit prêt à trouver une autre personne si sa femme mourrait. Le survivant se sentait tel un menteur en affirmant que Ginny était son âme sœur et pourtant, Merlin sait qu'il y croyait. Depuis leur première rencontre il y avait eu ce quelque chose entre eux. Cette étincelle… Elle avait un peu tari à Poudlard mais s'était ravivée vers la fin de leur scolarité et après la guerre il n'était plus question de les séparer. Oui, elle était son âme sœur. Il le sentait.

Il s'approcha alors doucement de sa femme et lui embrassa le front, sans la réveiller, avant de se lever pour aller prendre son café. Il regarda l'horloge en passant et soupira en constatant qu'il n'y avait personne dans le salon : James ne s'était pas réveillé ce matin-là non plus. Il marcha jusqu'à sa chambre et toqua 3 coups secs :

« James ! » n'appela-t-il pas trop fort pour ne pas réveiller Ginny : « James tu vas être en retard ! »

Il n'y eut d'abord aucune réponse. Au bout d'une bonne minute, son fils ainé vint lui ouvrir, lui lança un regard noir :

« Qu'est-ce qu'il y a Papa ? » demanda-t-il visiblement mal réveillé.

« Il y a que tu as un entretien d'embauche dans trente minutes ! » rétorqua-t-il. « Dépêche-toi te préparer ! Tante Hermione n'acceptera pas que tu arrives en retard, elle est déjà assez gentille de te recevoir ! »

L'ainé des enfants Potter jura dans sa barbe, mal rasée, et marcha d'un pas las dans la salle de bain. Harry l'aurait étranglé ! Il avait raté la plupart de ses ASPIC et il fallait avoir de bonnes notes pour être Auror au ministère… Et c'était l'ambition de James. Hermione avait accepté de le recevoir à condition qu'il s'engage à suivre une formation de mise à niveau en Potion et Métamorphose, mais ce n'était pas gagné…

Harry l'attendit pendant vingt-cinq minutes devant leur porte et dû le presser quand il ne leur resta que 3 minutes pour transplanner pour le ministère. Ils arrivèrent pile poil à temps devant le bureau de la ministre et Harry était en nage. Hermione lui passa devant, une tasse de thé à la main et ne fit aucun commentaire, sachant pertinemment ce qui avait dû se passer. Elle entra dans son bureau avec James et laissa le brun à l'extérieur. Ce dernier prit quelques minutes pour se donner consistance et au moment de repartir il tomba nez à nez avec Drago Malefoy.

« Quel dégaine… » Fit remarquer le blond en prenant place sur un des sièges dans le couloir devant le bureau d'Hermione.

« Bonjour à toi aussi Malefoy. » répliqua Harry. Il checka sa montre : le ministère n'ouvrait officiellement que dans une demi-heure. « Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure-ci ? »

« J'ai rendez-vous avec Madame la ministre. » répliqua l'autre : « Et toi ? »

Harry regarda sa montre : James était là-dedans depuis dix minutes, il ne savait pas trop si c'était positif ou négatif avec Hermione…

« Mon fils a un entretien d'embauche, on va dire. » lui répondit le survivant : « Je l'ai accompagné et j'allais allé tranquillement vers mon bureau mais je t'ai croisé. Du coup et bien, je me dis que je peux attendre avec toi et en profiter pour interroger James quand il sortira. »

Le blond n'émit aucune expression, se contentant de désigner le siège à côté du sien à l'autre :

« Et pour quel poste ton fils postule-t-il ? » questionna-t-il, visiblement curieux.

« Celui d'Auror. On a un poste qui s'est libéré avec le départ d'un collègue à la retraite. » Commença Harry : « Cependant avec les notes qu'il a eu à ses examens, je pense que ça va être compliqué, je t'avoue. »

L'autre haussa les épaules :

« Il est le fils d'Harry Potter et sa tante est la ministre de la magie, il n'a pas vraiment besoin de bonnes notes à ses examens pour devenir Auror. » dit-il.

Le brun se sentit blessé. Drago pensait-il vraiment qu'Hermione allait engager son fils juste car il était son neveu ? Lui-même avait mérité sa propre place d'Auror !

« Qu'est-ce que tu veux dire par là, Malefoy ? » demanda-t-il, essayant de cacher son irritation.

Cependant le blond dut tout de même la capter car il changea d'attitude. Il soupira doucement et s'expliqua :

« Ne le prends pas mal Potter, je ne voulais pas te blesser. » dit-il. « Mais par exemple : Ronald Weasley qui avait des notes vraiment limite à ses examens est devenu Auror de première classe seulement un an après la fin de la guerre et il m'a fallu cinq ans pour être engagé au ministère, dix ans de plus pour être promu directeur adjoint et huit années supplémentaire pour devenir directeur de mon département, alors que j'avais des notes excellentes, parfois meilleures que notre ministre actuelle. » démontra Drago : « Je dis juste que la vie est plus facile si tu t'appelles Potter, Weasley ou Granger et que tu es un héros de guerre, voilà tout. » Il désigna la porte du bureau de la tête : « Même si ton fils ne devient pas Auror, il n'a pas beaucoup de soucis à se faire pour sa carrière. »

Harry resta muet un instant. Il avait toujours été plus ou moins conscient qu'on lui accordait plus de chances aux autres pour ce qu'il avait fait pendant la guerre. Mais il n'avait peut-être pas réalisé que c'était à ce point… Du moins pas que cela impliquerait aussi ses enfants. Puis il réalisa un fait particulier dans ce que venait de dire Drago :

« Attends… Tu n'étais pas directeur Adjoint vendredi dernier ? Quand es-tu devenu directeur du département des mystères ? »

« Ta meilleure amie m'a nommé directeur vendredi soir. » répliqua le blond. « Je la vois ce matin pour lui désigner qui j'ai choisi pour directeur adjoint pour me remplacer, justement. »

Harry fit alors un large sourire. Il tendit sa main vers l'autre et attendit qu'il la prenne pour lui dire :

« Félicitation à toi ! Je suis contente pour toi. »

Cela eut le mérite de surprendre Malefoy car il resta quelques secondes sans voix. Il reprit cependant rapidement consistance :

« Et bien, je te remercie. » répliqua-t-il.

« Il faut fêter ça ! » rétorqua le brun.

Drago leva les yeux aux ciels :

« Je pense qu'aller dans une boîte moldue était notre façon de fêter ça. Et je pense aussi avoir assez accaparé tes soirées pour le reste du mois. » Dit-il.

Le survivant ne fut pas d'accord avec cette idée mais il n'eut pas le temps d'en faire part à l'autre car James sortit du bureau d'Hermione. Le jeune adulte croisa alors le regard de Malefoy mais ne lui dit pas bonjour, question de principe. Il marcha vers son père et lui fit un sourire.

Hermione sortir également de son bureau et invita Drago à entrer, avant qu'il ne puisse disparaître à l'intérieur de la pièce Harry lui demanda:

« On va prendre un café à 17h, Malefoy ? »

Son fils le dévisagea, se demandant ce qu'il prenait à son père. Le blond eut le même air. Il répliqua rapidement :

« Entendu. »

Puis il entra aux côtés de la ministre.

Harry eut alors un petit sourire. Il se tourna vers son fils qui le regardait d'un air totalement désabusé :

« Bon alors, cet entretien ? » demanda-t-il.

« Je pense que c'est bien parti. » répliqua alors James : « Elle m'a orientée vers un organisme de formation qui propose des cours en accélérés. Elle dit que si j'arrive à obtenir les deux matières que je n'ai eu aux ASPIC avant le mois de Juin, le poste sera à moi. » Dit-il fièrement.

Et alors ça frappa Harry de plein fouet. Malefoy avait raison : aucun ministre de la magie de gère l'entretien d'embauche lui-même d'un nouvel Auror et aucun DRH n'accepterait de donner un poste à un candidat non compétent ou ne laisserait un poste vacant pendant 4 mois pour qu'il puisse l'avoir. Il regarda sévèrement son fils et lui dit :

« Tu es conscient que ce n'est pas parce que tu as bien travaillé que tu vas avoir ce poste, n'est-ce pas ? Et que tu es privilégié ? » Lui demanda-t-il.

« Comment ça ? » se vexa James.

« Hermione pourrait engager n'importe quel brillant diplômé de n'importe quelle école ayant eu des notes excellentes à leurs ASPIC tout de suite. Mais non, elle garde ce poste pour toi. Car tu es son neveu et que tu es mon fils. Alors j'espère vraiment que tu ne vas pas tout gâcher car tu as énormément de chance, mon petit. »

Cela n'eut pas l'air de lui plaire, car il se ferma complètement et il partit devant. Harry le suivit alors :

« Tu rentres ou tu vas voir cet organisme de formation ? » demanda-t-il.

« Je rentre. Je ne suis pas venu ici pour que tu me traite comme ça. » Répliqua son fils.

« Non effectivement, tu es venu ici pour un poste. Que tu n'as pas encore. Alors va voir l'organisme. Tu as toute la matinée devant toi. » le sermonna le survivant.

« Ouai, ouai. » rétorqua l'autre. « On peut savoir pourquoi tu vas boire un café avec le père de Scorpius ? » demanda-t-il, changeant de sujet.

« On… » Harry se stoppa, il n'allait tout de même pas lui dire que Drago et lui étaient devenu amis, si ? « Il est le nouveau directeur des départements des mystères. En tant qu'Auror en chef, je dois voir avec lui si on garde le même fonctionnement entre nos deux départements. » Mentit-il. « Et faire ça en dehors du ministère, dans un terrain, neutre est toujours mieux. »

Cependant James sembla tout avalé car il n'insista pas. Il se laissa raccompagner jusqu'à l'entrée et quitta le ministère.

Harry regagna alors son bureau et une fois qu'il fut assis à celui-ci, ne remarquant même pas que Ron était déjà là, il se sentit misérable : pourquoi avait-il menti à son fils ? Qu'y avait-il de si inavouable dans le fait d'aller boire un café avec un ami ? Tout simplement ? Pourquoi avait-il été obligé de trouver une excuse à ça ? Il ne comprenait pas vraiment sa réaction. Il considérait bien Malefoy comme un ami à présent, il en était certain. Ou du moins, comme une connaissance pour qui il avait beaucoup de sympathie maintenant. Il ne l'expliquait pas vraiment, c'était juste comme ça.

Cela le travailla toute la journée. Quand 16h50 fut indiqué par sa montre, il prit ses affaires et quitta son bureau pour aller attendre Drago devant le Starbuck. Il n'eut pas à attendre longtemps car le blond arriva au bout de quelques petites minutes.

« J'ai supposé que tu parlais de ce café. » dit-il en le rejoignant. « Mais je ne suis pas très friand de cet endroit. »

« On peut aller ailleurs si tu veux, mais c'est le plus proche d'ici. » proposa Harry : « Il y a un petit café sur le chemin de traverse qui a ouvert récemment, juste en face de la boutique de mon beau-frère. »

Alors qu'il venait tout juste de terminer sa phrase, il la regretta immédiatement. Il ne voulait pas que George le voit boire un café avec Malefoy. Il n'en avait aucune envie. Alors qu'il se demandait comment rattraper cette boulette, Drago répliqua :

« Désolé, mais je connais ce café et pour le coup je préfère celui-là » il désigna le Starbuck. Sans attendre la réponse de l'autre, il entreprit d'entrer. Harry le rejoint alors vite dans la queue : « Que veux-tu boire Potter ? » demanda-t-il.

« Ils ont un café au potiron, je vais tester. » répliqua le brun, intrigué. « Et toi, Malefoy ? »

« Je vais demander un thé. Probablement de l'Earl Grey. »

Harry lui demanda alors, avec un petit sourire :

« Tu ne préfères pas essayer de nouvelles choses ? Ils ont une très grosse gamme de café. Leurs thés chauds sont un peu plus faibles. »

« Je n'aime pas le café. » rétorqua le blond en haussant les épaules, comme si ça coulait de source.

« Oh je vois. C'est rare les gens qui n'aiment pas ça. » Fit remarquer le survivant en avançant dans la file : c'était presque leur tour.

« Père m'a toujours dit que le café était la boisson chaude moldue par excellence. Ça doit jouer sur le fait que je n'aime pas. » admit le blond : « Mais le goût ne m'a jamais vraiment satisfait. »

Le brun le regarda médusé : Drago n'aimait pas le café car c'était une boisson de moldue. Soit. Il se retint de faire tout commentaire désobligeant sur la famille Malefoy ou sur les mœurs de sang-purs et commanda son café au potiron. Le blond commanda également son thé.

Ils furent vite servis et ils s'installèrent à une table un peu isolée. Le brun observa alors Drago faire des gestes minutieux pendant qu'il se faisait son thé : il prit la théière d'eau chaude d'une main et son sachet plein de grains de l'autre. Ses mouvements étaient lents et fluides, comme si préparer sa boisson était la chose la plus importante à faire, comme un rituel. Harry se sentit captivé par cette dextérité toute particulière à une tâche si banale, si anodine que de verser de l'eau et de faire infuser son thé. Il ne s'aperçut pas tout de suite que le blond l'observait :

« Qu'est-ce qu'il y a Potter ? Tu n'as jamais vu personne faire infuser du thé ? » se moqua-t-il.

« Non, je… Je me demandais ce qu'il y avait d'inscrit sur ta bague. » Répliqua le survivant en désignant l'index de Drago.

Ce dernier regarda alors sa chevalière et la retira de son doigt : elle avait une pierre rouge sombre et la bague était en argent. Il désigna l'inscription sur l'extérieur à Harry et répliqua :

« Nihil prius est sanguis.» devant l'air incertain de l'autre, il traduit : « Rien avant le sang. »

« C'est dingue ça, quand même ! » s'enquit alors le brun : « Vous ramenez toujours tout à la pureté de votre sang ? Ça doit être absolument infernal à la fin! »

Malefoy ne répliqua pas, se contentant de remettre la chevalière à son doigt. Il prit sa tasse et commença à boire son thé, ignorant complétement l'autre. Harry le remarqua et se sentit bête. Drago et lui étaient amis maintenant, il ne devait pas le juger. Cette bague devait appartenir à sa famille depuis plusieurs générations, il n'était certainement pas l'auteur de cette devise.

« Je suis désolé. Ce n'était pas très malin de ma part de me permettre de faire ce genre de commentaires. » Finit-il par dire en cherchant le regard de l'autre.

Il le trouva rapidement, les yeux gris s'encrant dans les siens. Puis le blond lui sourit. Un sourire peut-être même franc. Quelque chose d'authentique et d'indubitablement rare, surtout à son égard :

« Rien avant le sang. » ne répéta Drago : « ça n'a rien à voir avec les sangs purs, en réalité. » expliqua-t-il : « ça signifie que rien ne doit passer avant les liens du sang. » il reposa sa tasse de thé : « Autrefois ma famille était présente à la cour de la Reine Victoria, mes ancêtres n'ont pas toujours été si catégorique quant aux moldues, à vrai dire, mon père me tuerai s'il m'entendait raconter ça mais… Notre famille comporte son lot de né-moldues. Ils sont juste anciens et biens cachés. Cette bague de l'époque du règne d'Elisabeth I… Elle nous a été offerte par sa majesté en personne et la phrase prend sa source de mon ancêtre Armand qui…»

Harry se tue le temps de son explication, comme attiré dans cette histoire d'ancienne génération. Il réalisa cependant vite qu'il n'écoutait pas complètement mais restait cependant parfaitement attentif à Malefoy. C'était un paradoxe qu'il ne pouvait expliquer. Il se força à intégrer le récit du blond mais n'y parvint pas : son esprit papillonnant à des pensées étranges et inattendues. Il remarqua par exemple pour la toute première fois la longueur qu'avait fini par atteindre les cheveux blonds de Drago et d'à quel point ils avaient l'air doux. Il remarqua également ce grain de beauté qu'il avait sur le côté droit de son cou, en forme d'amande. Puis il réalisa à quel point son nez était droit et de comment il remontait en pointe sur le bout et de Ô combien sa mâchoire était devenue carré avec le temps. Il capta alors contraste que donnait son costume noir sur sa peau si pâle et remarqua les petites rides qui entouraient le regard de Malefoy. Et quel regard… Ce gris incroyable, tirant peut-être sur le bleu ou peut-être pas, il n'en était pas sûr. Ces yeux glacials qui le regardaient avec attention en lui racontant son histoire. Harry se sentit coupable de ne pas être capable de se concentrer et encore plus coupable de le détailler ainsi. Mais c'était quoi son problème, au juste ? Pourquoi avait-il décidé, aujourd'hui, de réaliser à quel point il trouvait Drago Malefoy beau.

C'était bien le moment de faire un complexe tiens, maintenant qu'ils étaient amis ! Car il s'agissait bien de cela, n'est-ce pas ? D'une jalousie mal placée…

« Et c'est donc pour ça que nous avons pris cette maxime » termina le blond. « Et toi ? Tes ancêtres avaient-ils une devise ? » Questionna-t-il.

« Je n'en ai aucune idée, malheureusement. Même si ça avait été le cas, elle est morte avec mes parents. » Répliqua le brun, se sortant de sa – il le réalisa – contemplation.

Drago ne répondit rien dans un premier temps, buvant une gorgée de son thé. Il observa le brun faire de même. Il semblait hésiter à poser une question, Harry ne le remarqua pas, essayant de se raisonner et d'oublier les pensées qu'il avait eu plus tôt : elles étaient totalement inappropriés et injustifiées.

Le blond décida visiblement tout de même d'assouvir sa curiosité :

« Tu m'as dit que ton oncle et ta tante te maltraitaient la dernière fois mais… Ils ne t'ont jamais parlé de tes parents ? Tu n'as pas eu d'héritage de leur part ? La famille Potter était pourtant connue pour être très aisée, ils avaient tout de même bien dû laisser des indications au cas où… Non ? »

Harry retira alors ses lunettes et commença à les nettoyer, semblant réfléchir. En réalité, il se remémorait ces moments de tristesses et parfois même d'horreur. Il avait été si malheureux avec les Dursley…

« Comme je te l'ai dit, je n'ai découverts que j'étais un sorcier qu'à mon onzième anniversaire. Peu de temps après j'entrais à Poudlard. » dit-il : « Mon oncle et ma tante m'ont répété pendant des années que mon père et ma mère avaient eu un accident de voiture et qu'ils étaient des chômeurs, qu'ils ne faisaient pas grand-chose de leur vie. Que j'avais de la chance qu'ils aient accepté de m'élever sans contrepartie. Je n'avais même pas ma propre chambre. Jusqu'à ce que j'aille à Poudlard et que les Dursley se sentent menacés par Poudlard, Hagrid ou Dumbledore, je dormais dans le placard sous l'escalier du premier étage. » Drago sembla choqué. On aurait dit que ses yeux allaient sortir de leurs orbites : « Je récupérais les vieux vêtements de mon cousin, ils étaient 3 fois trop grands pour moi. Je faisais les tâches ménagères… J'ai cru pendant longtemps que je méritais tout ça en fait. Je pensais que mes parents ne m'avaient rien laissé et personne n'était là pour me dire le contraire. Je n'avais que les Dursley au monde à cette époque. » Il remit ses lunettes : « Bien sûr, mon parrain Sirius Black m'aurait élevé s'il n'avait pas été envoyé par erreur à Azkaban… Ma vie aurait alors été bien différente. »

« Mais tu… Tu n'avais donc pas d'amis moldues qui auraient pu t'aider à te sortir de cet endroit ? » Demanda Drago, éberlué.

« Je n'avais aucun amis en réalité. Mon cousin Dudley était un sale gosse : il se donnait du mal pour que personne ne veuille me parler à l'école primaire ou dans notre quartier. Il me frappait aussi parfois, il me martyrisait. »

« Et tu es resté en contact avec lui ?! » s'écria presque le blond.

« Il n'était pas vraiment responsable de ses actes. Mon oncle et ma tante l'ont élevé en lui faisant savoir qu'il était un petit garçon absolument parfait, le rendant odieux. Il lui avait toujours montré qu'il devait me détester. Bien sûr eux savaient qu'ils ne m'aimaient pas car mes parents étaient des sorciers, mais Dudley lui ne savait rien. Il… Je suppose qu'il faisait juste comme son père et sa mère. Quand il a atteint sa majorité, il s'est montré attentionné et presque compatissant avec moi. Il est le seul à m'avoir dit au revoir quand le ministère les a fait déménager pour leur sécurité avant notre septième année. » Harry rit un peu : « Après tout, tu as dû avoir une éducation un peu similaire non ? Le fils unique de la famille Malefoy… »

Drago nia alors, heurté :

« Non. Non certainement pas. » Répliqua-t-il sur la défensive : « Certes j'ai eu une jeunesse dorée et mes parents étaient très riches et aristocrates et certes, leur obsession pour la pureté du sang a fait partie de cette éducation. Cependant je n'ai jamais grandi en pensant que j'étais parfait. Mon père m'a appris à me montrer ambitieux et de me donner les moyens d'avoir ce que je voulais et ma mère était très à cheval sur les bonnes manières et sur l'étiquette. J'avais beaucoup de pression chez moi quant à mes résultats scolaires. Cela faisait enrager mon père que j'ai de moins bons résultats que Granger. Mon éducation et ma vie à l'école était un reflet de ma famille et je devais me tenir en conséquence. » Il soupira : « Oui, j'étais un parfait petit abruti et j'étais du genre pète-sec voir même odieux dans mes premières années d'école et c'était bien un peu dû à mon éducation, mais elle n'avait rien à voir avec celle que ton oncle et ta tante ont donné à ton cousin. »

Harry haussa ses épaules, un petit sourire narquois sur son visage :

« Ce qui te gène c'est que ton éducation ait pu ressembler à celle d'un moldue, avoues-le. » dit-il sans perdre son sourire : « Dudley aussi a appris les bonnes manières et à se tenir, tu sais, comme un parfait petit anglais friqué. »

Malefoy le dévisagea alors franchement et ses sourcils se froncèrent :

« Je me moque qu'il soit moldue. Je n'ai juste rien de comparable avec lui. »

Harry se dit en le regardant, qu'effectivement il n'y avait absolument rien de comparable entre eux. Et pourtant, il était persuadé que ces deux ex-petits cons se seraient entendu à merveille pour le martyriser ensembles.

Drago regarda alors sa montre et sortir une petite gourde de la doublure de sa veste. Il en but trois bonnes gorgées et la rangea. Harry le regarda avec de grands yeux surpris :

« Ton thé ne te suffisait pas ? Qu'est-ce que tu t'es enfilé ? »

« Une potion de guérison. » répliqua l'autre : « Un traitement de fond pour une maladie chronique. »

« Quelle maladie ? » s'enquit le brun.

« Un déficit des défenses immunitaire, en gros. »

« Oh… Tu ne m'en avais pas parlé avant aujourd'hui. » Répliqua Harry, surpris.

« Car tu n'as jamais demandé. Tu ne m'as juste jamais vu prendre mon traitement. » Répondit l'autre.

« Ça ne te gêne pas pour travailler ? Tu fais quand même de grosses journées. » S'inquiétant le survivant.

« Parfois. » répondit Drago abrupte. « On peut changer de sujet ? Il n'y a vraiment rien d'autres à en dire. »

« Euh… Comme tu veux… » Accepta le brun.

Il y eut un long silence après cela. Harry cherchant comment relancer la conversation ou du moins comment atténuer la tension qui s'était installée. Il n'eut pas beaucoup de temps pour cela car le blond se leva alors de sa chaise et lui dit :

« Je dois y aller. Bonne soirée Potter. »

Et avant qu'il ne puisse répondre, Harry le vit sortir avec hâte du Starbuck. Il se retrouva seul devant son café au potiron et la tasse de thé encore à moitié pleine de Drago. Il se demanda alors s'il avait été si indélicat que cela avec lui… Etait-ce seulement par rapport à sa maladie ? Ou peut-être que ses allusions vis-à-vis de son éducation avait vexé l'autre et que la maladie n'avait qu'accentuer sa colère. Car oui, Drago semblait en colère.

Harry resta un peu plus à sa table puis quitta le café, retournant sagement au ministère pour finir de remplir quelques rapports avant de rentrer chez lui.

Fin du chapitre 3…