Yuri se réveilla en hurlant. Ce faisant, il réveilla Yurio qui par instinct, bondit sur ses pieds, alerte, sa batte bien en main…. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'il n'y avait aucune présence indésirable dans son appartement, qu'il faisait déjà jour et que le japonais avait cessé de hurler.

Jurant, il se hâta dans la chambre pour trouver son concurrent à moitié réveillé, sourcils froncés, tâtant ses côtes presque indolores.

- Yurio j'ai fait un drôle de rêve, fit la voix rendue rauque par le sommeil du japonais.

- Ah ouais, grogna le blond, s'appuyant contre le cadrant de la porte, sourcils froncés, sa batte toujours dans sa main droite.

- J'ai rêvé que je me faisais tabasser par des inconnus, ce qui m'a fait rater mon entraînement vu que la douleur me faisait rater mes sauts et…

Il se tut, sourcils froncés de frustration, fixant un point dans le vide devant lui.

- Bienvenue dans la réalité vieux frère, commenta avec compassion le blond en allant mettre de l'eau à bouillir pour faire du thé.

Assis au bord du lit, cillant avec surprise, Yuri sembla se souvenir. Cela dura un instant. IL blêmit, déglutit et lança d'une voix timide :

- J'ai causé tant de soucis… OH là là...Je… Désolé… Vraim…

- Tais toi abruti ! Cracha le russe blond. Arrêtes de t'excuser alors que tu n'as rien à te reprocher, pauvre idiot !

Ledit idiot lui adressa un pauvre sourire et le rejoignit dans le living room où le champion du monde avait ramené du thé et des viennoiseries.

Alors que les infos ,en anglais ,abordaient le sujet de la hausse de violence qui éclatait dans les rues des grandes villes russes, on frappa à la porte. Le japonais, inexplicablement, s'était tendu, craignant qu'on lui veuille encore du mal. Il se haïssait pour le manque de courage dont il faisait preuve. Il désirait désespérément se trouver le courage qu'il avait sur la glace, face à des centaines de regards guettant ses moindres erreurs …

Yurio se leva, emportant sa batte de base-ball. Il lança, sans ouvrir :

- Qui est-ce ?

- Ce n'est que moi, Yurio, ouvres.

Il haussa un sourcil en reconnaissant la voix de Victor. Ce dernier n'avait pas dit qu'il devait régler quelques affaires avec son groupe ? Comment pouvait-il avoir fait ça en une nuit ?

- Qu'est ce qui me fait dire que c'est pas un con de journaliste qui a enregistré ta foutue voix, grinça le blond.

- Je dois le voir, ouvres je ne suis pas très patient ce matin, fit la voix, la menace à peine voilée. Le jeune russe renifla de mépris, ouvrant ses deux verrous avant de tourner la poignée, laissant le quintuple champion du monde entrer dans son appartement.

L'argenté posa son regard sur son arme de fortune, un sourire étirant le coin de ses lèvres. Heureusement que son Yuri avait passé la nuit ici. Il ne savait pas si à l'appartement, il aurait été en sécurité, seul… Pas alors qu'il était à Kem.

- Il dort, s'enquit le plus âgé des russes en ôtant ses gants.

- Non, on déjeunait, grogna le blond en regagnant le living room. A peine fut-il au seuil de la porte qu'il se figea, son regard se chargeant de colère et de compassion.

Victor comprit rapidement le changement d'humeur de son cadet : Yuri.

Ce dernier, ne sachant qui était là, si c'était quelqu'un de violent ou des journalistes insistants s'était simplement glissé dans un coin de la pièce, ses genoux ramenés contre son torse.

- Yuri, souffla son amant en s'approchant précautionneusement, écartant les bras pour prouver sa bonne foi. Le patineur japonais posa sur lui un regard brillant, réagissant au quart de tour en se logeant dans une étreinte rassurante et protectrice.

- Je suis tellement désolé, souffla le russe en caressant les cheveux de son protégé, le gardant contre lui.

Son protégé ne répondit rien, se laissant bercer par sa présence rassurante.

C'est dans un silence lourd que le trio arriva deux heures plus tard au Palais des Glaces de St Petersburg. Alors que les deux Yuri allaient chausser leurs patins et ranger leurs vestes au vestiaire, Yakov rejoignit Victor qui semblait bien trop serein.

- Alors, il s'est passé quoi hier, demanda le doyen.

- Hmm…. Ma longue absence n'a rien changé à ma position. On me voue le même respect et la même loyauté. Il nous a fallut peu de temps pour les retrouver et les réduire à l'oubli, répondit le quintuple champion du monde.

- Et le gamin ? Il se remet ?

- Il est fragile mais pas faible. Il se remet à son rythme. Le mental est plus dur à soigner que le reste.

- Tu vas le laisser patiner ?

- Cela l'aide à décompresser. Je lui ai interdit les sauts. Il finirait par se blesser.

Les deux coachs allèrent au bord de la patinoire s'y accouder alors que les deux Yuri se lançaient sur la glace sous le regard des autres patineurs.

Yurio se contentait de brefs tours, gardant un œil discret sur le japonais alors que ce dernier semblait vouloir tester son endurance et ses réflexes… Il remarqua le regard désapprobateur de leurs aînés, certain que seul l'absence de patins et la volonté de ne pas lâcher son protégé des yeux empêchait Victor de les rejoindre sur la glace…

Yakov lança un regard noir à l'entrée lorsque les grandes portes furent ouvertes avec fracas. Il jura en russe, aboyant :

- Yurio, sortez par derrière ! Tout de suite !

- Ok le vieux, obtempéra le blond lorsqu'il reconnut les nouveaux arrivés. Les patineurs qui s'entraînaient se hâtèrent de semer le chaos sur la glace, accélérant l rythme et se lançant dans toutes les directions afin que la sortie des deux prodiges ne soit pas remarquée.

- Yurio, que se passe-t-il, s'enquit Yuri, sourcils froncés, perdu alors que le russe le tirait vers la sortie de derrière, virant ses patins sur le chemin et l'intimant de l'imiter.

- La moto de l'autre idiot devrait être là, grinçait le blond en enfilant ses chaussures à cloche pied, le japonais faisant pareil. Ils avaient fait un saut au vestiaire pour prendre leurs affaires, rapidement.

- Qui est entré, demanda le japonais.

- La mafia russe, répondit simplement mais gravement le blond.

- Que veulent-ils à des patineurs, s'étonna le brun.

- Mieux vaut que tu ne le saches pas. Ils sont très connus pour leur intolérance et leur manque d'empathie. Surtout à St Petersburg.

- C'est à cause de moi ?

- De toi ?

- Du scandale que mon histoire crée…

- Pas du tout. Victor t'en parlera ce soir. Allez viens, la moto doit être par là.

Il guida son concurrent le plus prometteur à travers la ruelle sur laquelle donnait la petite porte de derrière qu'ils avaient empruntée, étonnamment petite pour l'immense Palais des Glaces.

Yurio lança un exclamation de joie lorsqu'il repéra la fameuse moto, l'enfourchant sans cérémonie, lançant un casque à son protégé. Ce dernier l'enfila, suspicieux avant de grimper derrière le russe.

- On va où ?

- Chez moi. Du moins, on va essayer…

La moto démarra.

PAM PAM PAAAAMMMMM ! Voici l'entrée en scène des dirigeants officieux du monde ! Les plus craints mais les moins connus ! La mafia russe, aussi inquiétante que la NKVB ( KGB pour ceux n'ayant pas suivi... ) entre en scène ! Je vous laisse aimer, haïr, mépriser, nier... mais ... Faites le moi savoir haha, cela me permettra de peut être réorienter mon récit. Cet état de fait ne motive-t-il pas une glissement de doigts sur vos claviers ? Le monde moderne a-t-il fait de nous des consommateurs passifs ? Il semblerait... Navrante déchéance... Sofia