Gniark, v'là la suite! 8D
Eeeet non Youni, pas de lemon pour ce chapitre... mais le prochain peut-être? ^w^ -sadique-
Allez bonne lecture :x
Chapitre IV: Peu importait
Il n'était même pas triste. Enfin pas encore. Juste en colère. Une rage tournée vers ce fuckin' dread, qui l'avait bel et bien traité comme une simple curiosité, une expérience. Mais aussi tournée envers lui-même, qui avait été assez stupide pour penser que quelque chose aurait pu être possible entre eux, quelque chose qui ne pouvait se combler que par un soir.
Hiruma était presque sûr d'avoir pulvérisé son record des 40 yards. Tant pis s'il fuyait encore, ce serait la dernière fois. Tout ce qui lui importait maintenant, c'était de mettre le plus de distance entre eux.
*****
Fallait qu'il le retrouve. Vite. S'expliquer, comprendre, réparer. Peu importe s'il devait retourner la ville entière, il remettrait la main dessus. Maintenant qu'il avait saisi un truc important, c'était devenu indispensable de le rattraper et de lui parler.
Ce truc qui l'avait poussé à l'interpeler après le match, à l'embrasser de force, à vouloir aller plus loin.
Ce truc qui lui avait tiraillé les entrailles pendant deux longues années, depuis que le blond était parti sans une explication.
Ce n'était pas juste une envie fugitive comme ce qu'il connaissait d'ordinaire. Mais plutôt quelque chose qui empêcherait Hiruma de conclure sa longue attente par une erreur monumentale.
Au fait, depuis quand il courait ? Et c'était pas le lycée Deimon, ça ?
*****
Le démon fit sursauter tout le petit monde présent dans le local en ouvrant la porte à la volée.
Voyant sa lèvre ouverte, Mamori, maternelle, s'empressa d'éponger le peu de sang qui coulait encore de la chair blessée. Les autres accoururent aussi vite autour de leur capitaine, en nage et hors d'haleine, débordant totalement de son image invulnérable et digne de d'habitude.
Pourquoi ici ? Un sentiment de sécurité ? Oui, sans doute. Ou alors les paroles d'Agon l'avaient tellement atteint qu'il avait soudain eu besoin d'attention et de réconfort.
Ouais… pas déconner non plus.
« Hiruma-san !
- You-nii ! »
Les cris des deux petits de l'équipe le ramenèrent à la réalité, et il repoussa durement la manager, honteux qu'on le bichonne comme un enfant en bas âge.
Une bonne partie des joueurs s'éclipsa sous ces iris brûlants de hargne et seuls Mamori et Musashi eurent le cran de rester à ses côtés.
« Vu ta réaction, tu n'as rien arrangé.
- Ferme-la fuckin' vieux, pour la dernière fois !
- Hiruma-kun, tenta de le secourir la rouquine. Si tu nous expliquais juste, on pourrais…
- Y a rien à expliquer, il a encore fui, c'est tout.
- Musashi ! »
Il n'y avait réellement que dans les moments où il était complètement acculé et dans une rage noire que le blond se rappelait des prénoms de chacun.
Le démon avait serré les dents, s'empourprant sous la colère.
C'était trop pour le kicker.
« Arrête de nier bon sang ! T'as pas réussi une seule fois à faire face à tes problèmes depuis le collège ! T'as juste esquivé comme un sale lâche que tu es devenu ! Si t'es pas foutu d'avoir une discussion sérieuse avec lui, j'irai à ta place ! C'est ça que tu veux ?! Saboter ce que tu attends depuis plus de deux ans avec les paroles d'un autre ?
- L-lui ? »
La voix hésitante de Mamori les coupèrent dans leur altercation. Le grand brun se passa une main sur le visage avec un long soupir. Ah oui merde, elle n'était pas au courant. Et elle qui tournait autour du quaterback avec espoir et timidité depuis des mois n'avait rien vu venir.
La manager eut un petit sourire nerveux.
« Hiruma-kun… de… de qui vous parlez en fait ?
- De personne, dégage d'ici, souffla-t-il avec morgue. Que ses penchants soient divulgués dans tous le lycée par cette greluche ne le tentait pas vraiment.
- De son amour de collège » appuya Musashi, le regard haineux.
Le démon crut qu'il allait l'égorger, là, sur place. Non content de révéler à la rousse qu'il aimait les hommes, il fallait en plus qu'il le fasse passer pour un niais capables de sentiments pareils ?!
Connard.
« Redis encore une fois ce genre de trucs et je te jure que je te cloue à la porte pour servir d'isolant pour l'hiver, c'est clair ?!
- Ravale tes menaces de môme, Hiruma ! Si tu veux vraiment faire quelque chose à la hauteur de l'image que tu te donnes, fais face à cette putain de situation, pour UNE fois dans ta vie ! »
Il ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois de suite, ne sachant que répondre, et trouva enfin une pique acérée à lui balancer en pleine figure quand la porte s'ouvrit à nouveau, sur un visage qu'il ne connaissait que trop bien.
« Saloperie de tanche de merde ! Tu sais combien de temps il m'a fallut pour te retrouver ?! »
Mamori était sur le point de dire quelque chose sur sa grossièreté –vu qu'avec Hiruma ça n'avait aucun impact il fallait bien qu'elle réprimande quelqu'un d'autre- mais le kicker l'attrapa par le bras pour sortir du local, bousculant le démon de l'épaule en passant à ses côtés.
Une manière de lui faire comprendre que ce serait sûrement sa dernière chance de se rattraper. Et une façon bien à lui de l'encourager aussi, malgré tout.
Ne pas fuir, ne pas fuir, ne pas fuir… Retenir cette envie pressante de prendre ses jambes à son cou ou de reculer pour se coller contre un coin de la pièce et disparaître. Pourquoi diable fallait-il que ces yeux dorés happent sa raison à chaque fois qu'ils les croisait ? Il aurait juste voulu une relation normale avec un type normal –tout est relatif avec le blond bien sûr. Pas une histoire torturée et douloureuse avec un mec irascible et volage.
Agon l'avait jaugé un instant du regard et longuement soupiré. Il secoua la tête avec de détourner le regard pour murmurer un « désolé » qui sembla lui arracher les lèvres.
Le démon tiqua, un peu confus. Woah, deux secondes… il venait bien de dire ce qu'Agon Kongo, le joueur star de Shinryujii, le Dragon du football américain ne dirait jamais, au grand jamais ?! Et encore moins à lui !
Après un long silence qui lui sembla de plomb, le dreadeux prit enfin la parole.
« J'avais pas compris ce que tu voulais.
- J'ai remarqué, oui, répliqua Hiruma, acide.
- Et je ne crois pas pouvoir répondre à tes attentes » lâcha-t-il, implacable.
Le blond ferma les yeux un moment et soupira à son tour, la gorge serrée.
Bien entendu, que pouvait-il attendre de plus de sa part ?
« Sors d'ici. »
Sa propre voix lui parut douce, résignée. Une voix de quelqu'un qui abandonne pour de bon. Musashi allait lui cogner dessus plus fort que si il avait été un ballon… mais tant pis. Ce n'était pas une fuite, il avait juste besoin d'oublier maintenant. Le plus vite possible.
Mais le visiteur ne bougea pas d'un pouce.
« T'es devenu sourd fuckin' dread ? Dégage ! »
Vite, vite… avant qu'il ne perde pour de bon son sang-froid. Agon fit un pas dans sa direction, puis deux, et lui-même recula d'autant.
« Tire-toi d'ici ! T'entends pas ou quoi ? Dégage ! Dégage !! »
Deux mains puissantes encadrèrent son visage pour lui relever, et les lèvres du Dragon se pressèrent sur les siennes, pour la deuxième fois de la journée. Il le repoussa avec les dernières forces qu'il possédait encore et son dos butta contre le mur, et y fut plaqué par la poigne d'Agon.
« Vraiment, je ne sais pas si je pourrais réussir à t'accorder ce que tu veux, reprit-il, mais je veux bien essayer. »
La lutte d'Hiruma cessa instantanément, et le blond ouvrit des yeux ronds, incrédule. Impossible… Impossible ! C'était forcément une ruse du brun pour l'avoir pour une nuit.
Pourtant ce regard… et ce nouveau baiser, qu'il aurait presque pu qualifier de « doux ». Il ne fallait pas qu'il…
Cède.
Peu importait. S'il n'essayait pas de toutes manières, il ne saurait jamais… Il ferma les yeux, abandonnant toute tentative de résistance, et laissa s'effondrer sa dernière défense en glissant ses mains derrière la nuque d'Agon, approfondissant ce baiser, comme une heure auparavant.
Peu importait.
Peu importait…
