Chapitre 4

Bonjour à tous !

On est mercredi, je vous offre donc un nouveau chapitre. L'enquête avance un peu. En tout cas, j'espère qu'il va vous plaire. N'hésitez pas à me le dire, même à laisser quelques mots ! Ca fait toujours plaisir

Je remercie toujours autant ma super beta que je harcèle jour et nuit (mais elle a l'air d'aimer ça ^^).

Je vous souhaite une bonne lecture ! N'oubliez pas la review )

Lestrade appela le lendemain pour dire que le corps était à la morgue et disponible. John en profita pour aller travailler au dispensaire ouvert par son ami Matthew Clarkson comme Sherlock n'avait pas besoin de lui pour inspecter le cadavre.

Ils se séparèrent devant la porte avec un baiser. Le détective regarda son fiancé partir d'un pas pressé, les mains enfoncées dans son manteau d'hiver, son écharpe remontée jusqu'aux oreilles. Lorsqu'il tourna au coin de la rue, Sherlock appela un taxi, se retrouvant seul pour la première fois depuis sa rencontre avec Meg. Il se cala dans le siège, regardant par la fenêtre la ville défiler, cette ville qui lui apportait tant en comblant son ennui. Cette ville où il avait rencontré John dont il était profondément amoureux. Et aujourd'hui, elle lui amenait une affaire qui promettait d'être passionnante et une fille. Sur ce dernier point, il ne savait toujours pas quoi faire et ça l'emmerdait au plus haut point.

Il détestait ne pas savoir. Même son instinct semblait l'avoir abandonné. Il ferma les yeux, se plongeant dans son palais mental, se reconcentrant sur l'enquête. Ne surtout pas s'éparpiller. Il analysa, indice par indice, tout ce qu'il savait de ce cas. Le suspect – suspecte si on en croyait l'ongle trouvé sur le cadavre – connaissait l'anatomie humaine : les entailles étaient précises, nettes. En revanche, il rejoignait l'avis de Margareth : la mise en scène était brouillonne, confuse, idiote et cachait quelque chose de plus grand. Mais quoi ? Sherlock était sûr d'une chose, le meurtrier travaillait au musée : il connaissait les horaires de mise à jour de l'alarme et du système de sécurité, ce qui lui avait permis de placer le corps à l'intérieur du sarcophage. Cela devait avoir un rapport avec Margareth... Tout dans cette enquête le ramenait forcément à Meg...

Le taxi s'arrêta sur cette pensée. Il paya et descendit, rejoignant la morgue de St Barth où l'attendait Molly. Son examen du corps fut rapide et ne lui appris rien de nouveau. Il constata effectivement que le cerveau avait été arraché par les narines avec un crochet fin de couturière. Par contre, les analyses de sang lui permirent de voir un taux de potassium trop élevé, ce qui avait certainement arrêté le cœur. L'examen de l'ongle lui causa une grande déception : il pensait que l'ongle s'était brisé pendant que la meurtrière mettait le corps dans le sarcophage mais il s'avéra que celui-ci avait été coupé, franchement, grâce à un coupe-ongle légèrement émoussé du côté droit. Fausse piste. Faux indice.

Son téléphone sonna. Lestrade.

- Est-ce que notre victime côtoyait régulièrement des femmes ? attaqua le détective sans plus de cérémonie.

- Euh... Non... Enfin, quelques aventures. Mais je ne vous appelle pas pour ça. On a un nouveau cadavre.

- Même mode opératoire ?

- Oui. Et même témoin, plaisanta l'inspecteur.

Sherlock émit un gémissement étranglé.

- Sherlock ? Vous allez bien ?

- Je vous rejoins où ?

- A l'UCL*. Bâtiment A. Deuxième étage.

- J'arrive.

Il raccrocha et se leva, enfilant son long manteau, sans un au revoir pour Molly. De nouveau dans un taxi, il texta John pour qu'il le rejoigne, le prévenant de l'urgence de la situation. Pendant tout le trajet, il s'interrogea sur la sensation étrange qui lui tordait les entrailles. Il analysa, préférant retrouver toute sa logique et sa raison, essayant de laisser ses sentiments de côté pour se concentrer sur la résolution de l'enquête. Mais la sensation était là.

John était déjà arrivé lorsqu'il sortit de la voiture. Il sautillait afin de se réchauffer, soufflant sur ses gants, les joues et le nez rougis par le froid. Sherlock s'avança vers lui et l'embrassa par surprise. Le médecin mit ses bras autour de son cou, profitant du baiser de son compagnon. C'est le détective qui se retira le premier, appréciant de voir son amant les yeux encore fermés et un léger sourire aux lèvres.

- Tu m'as manqué. Il décrocha les mains de John toujours autour de son cou, les embrassant. Il en prit une entre les siennes. Viens. Lestrade nous attend.

John était encore sur un petit nuage, profitant de la chaleur de Sherlock prêt de lui, lorsqu'il vit Margareth appuyait contre un mur, derrière les rubans de police, les bras croisé en signe de protection. Elle avait encore sa veste et son bonnet de grosse laine sur la tête. Son sac de cuir était posé à ses pieds, abandonné. Une jeune femme blonde cherchait à la réconforter, la tête penchée sur son oreille. Mais ce qui surprit le plus le médecin était son regard bleu et clair totalement froid, sans aucune émotion. Ce regard rappelait étrangement à John celui de Sherlock lorsqu'il était en train d'analyser une scène de crime, scannant chaque détail invisible pour d'autres que lui. C'est là que la ressemblance entre son fiancé et la jeune femme le frappa. Il se tourna vers le détective pour le lui dire mais celui-ci avait déjà rejoint Lestrade, lui demandant de lui relater ce qu'il savait de ce meurtre-ci. John se rapprocha, décrochant son regard de Margareth.

- … même parcours d'étude et domaine de recherches que Miss McLode. Elle est arrivée cette après-midi et a trouvé le corps devant son bureau à elle avec les mêmes organes manquants que William Fox. Elle m'a appelé quelques minutes après. Si vous voulez...

- Plus tard, coupa Sherlock. La scène de crime d'abord.

Sans un regard pour la jeune fille, il entra dans le bureau où avait eu lieu le meurtre. L'inspecteur se tourna vers le médecin qui paraissait surpris du ton froid employé par son amant. Il soupira.

- Excuse-le, Greg. Il est un peu à cran en ce moment.

- Je vois ça...

Ils regardèrent Sherlock se déplacer dans la pièce, renifler les tapis, examiner les bougies présentes autour du corps, rouler sous les meubles tout en hurlant après Anderson qui avait osé recouvrir le mort, lui faisant perdre de précieux indices.

- Cette affaire est bien plus sordide et difficile que je ne le pensais, avoua Lestrade. Si même Sherlock Holmes y perd son latin...

- En tout cas, une chose est sûre. On veut faire passer un message à notre témoin. Deux meurtres, en moins de deux jours et tous découverts par elle. C'est assez bizarre pour ne pas être une coïncidence ! Et je suppose qu'elle a un alibi ?

- Ouais. Le meurtre a eu lieu vers 23h, heure à laquelle trente-sept personnes l'ont vu jouer du piano dans une boîte de jazz sur Broad Street.

Du piano ! Et je suppose qu'elle en joue avec autant de talent que Sherlock avec son violon. John secoua la tête de droite à gauche, chassant la migraine, et rejoignit son compagnon, toujours au sol, fouillant le cadavre. Il s'accroupit à côté de lui.

- Même cause de décès ? demanda-t-il.

- Hum. Une injection de potassium dans l'aorte. Son cœur s'est arrêté net.

- Et les bougies ?

- Evolution du rituel. On se rapproche plus de la sorcellerie que de l'Antiquité.

- Bien. Tu as trouvé autre chose ?

Sherlock grogna. Rien. Il n'avait absolument rien trouvé. Aucun indice qui le ferait avancer dans cette enquête. Le tueur était beaucoup plus méthodique et intelligent qu'il ne l'avait pensé. Il ne devait pas le sous-estimer. Un détail lui échappait cependant : pourquoi Margareth ? Quel était le but ? Il se tourna vers cette jeune femme brune qui occupait ses pensées. Un bout de lui finalement. Alors, pourquoi ne pas... Sherlock serra les dents. L'enquête. Putain ! Pense à l'enquête !

John suivit son regard.

- Tu veux qu'on aille lui parler ?

- Il le faut... Mais, John ?

- Oui ?

- Ne dis rien, pria Sherlock.

L'ancien soldat hocha la tête en signe d'accord. Le détective se mit en marche, rejoignant « sa » fille et la blonde qui l'accompagnait, déduisant rapidement qui elle était.

- Bonjour Margareth, dit doucement Sherlock.

La jeune femme sursauta, papillonna des yeux et regarda autour d'elle.

- M. Holmes ? Docteur Watson ? Euh... Je vous présente Amy. C'est ma...

- Meilleure amie si j'en crois vos bracelets absolument similaires. Etudes de vétérinaire pas très concluantes. Peut-être trop occupée à vous intéresser aux affaires des autres et à vos deux... non trois petits copains.

John se frotta les yeux, désespéré.

- Charmant, M. Holmes, grinça Amanda. Et je peux savoir comment vous savez tout ça ?

Elle s'était avancée légèrement, faisant passer son amie derrière elle. Alors que Sherlock allait répondre, Meg mit la main sur le bras d'Amanda pour l'écarter.

- Non, tu ne veux pas savoir. Crois-moi. Elle avait un sourire malicieux et se tourna vers les deux hommes. Excusez-la, elle est pire qu'un chien de garde avec moi. Amy, tu peux nous laisser ? Va prévenir Karl que tu ne pourras pas le voir tout à l'heure et Stanley pour qu'il déplie le canapé. Je crèche chez toi ce soir.

Elles échangèrent un regard complice. Amanda claqua sa langue.

- Bien. Je suis pas loin si t'as besoin...

- Je sais. Elle attendit que son amie parte, non sans un regard méprisant vers Sherlock qui lui rendit bien, pour revenir à ce qui les intéressait, rentrant dans le vif du sujet. Je suis arrivée vers 13h30, comme chaque mercredi. Je passe toujours le matin à la bibliothèque de l'université. Je partage ce bureau avec Nigel depuis octobre mais on se connaissait d'avant. On travaillait sur l'économie antique tous les deux. Il avait réussi à obtenir la bourse d'excellence pour pouvoir faire sa thèse, me coiffant au poteau...

Elle se passa une main sur la nuque, récupérant des mèches qu'elle entortilla autour de ses doigts, embarrassée.

- Tout ça parce que j'ai osé dire au directeur du département que cacher sa liaison avec la chef de la section anthropologique ne servait à rien car tout le monde était au courant. Voyant le sourire que retenait les deux hommes en face d'elle, elle fit une moue boudeuse. Je vous l'ai dit, j'ai tendance à être un peu trop franche quand je suis sous pression... Et c'était pendant ma soutenance de master, devant un amphi quasi plein, avec le doyen de la fac... Elle se mordit la lèvre. J'aurais dû me taire, en fait. Bref, Nigel a eu la bourse et moi un coin de bureau avec lui. Quand je suis arrivée, donc, il était étendu à terre devant mon bureau à moi, entouré par des chandelles en cire blanche. J'ai vu qu'on lui avait enlevé aussi le cerveau par les narines et j'ai appelé l'inspecteur.

Elle haussa les épaules et récupéra son sac. Son regard se planta dans celui de Sherlock.

- Vous connaissez quelqu'un qui vous en voudrait ? Ou à votre entourage ? interrogea le détective.

- Non... Sincèrement, j'en sais rien. Je ne connais personne capable de faire ce genre de choses... Et je connais très bien mes amis.

- Bien. Je pense que Lestrade n'a plus besoin de vous. Il fouilla dans sa poche et tira sa carte. Juste au cas où.

Meg regarda le bout de carton que le détective lui tendait. Sobre et élégant. Le nom du docteur y figurait aussi. Pour montrer qu'il ne servait pas à faire joli. Elle le remercia et mit la carte dans son sac. Puis, elle les salua, rejoignant Amanda qui l'attendait en tapant du pied nerveusement.

- Tu crois qu'elle est en danger ? demanda John.

- Elle, non. Mais les autres, oui.

* UCL : University College of London, première faculté britannique laïque de sciences humaines.