Prusse/Canada : Première rencontre ou WWII pour Maelynna.

Comme vu par mp, le one-shot se situe en WWI pour que ça colle aux autres thèmes.

Note de début : La Dame Blanche était un réseau d'espionnage Belge lors de WWI en référence au fantôme qui annoncerait la fin de la maison allemande Hohenzollen.

Les Dames Blanches sont des fantômes à la fois craints et bénis. Elles peuvent annoncer la mort à celui à qui elle apparaît ou souhaiter la bienvenue à un nouveau-né dans les maisons aristocratiques allemande, française et russe. Ce sont des spectres féminins en robe blanche qui hurlent la plupart du temps.

Le Prince Louis Ferdinand de Prusse en avait vu une la veille et le jour de sa mort.

Avertissement : Mention de torture et d'emprisonnement, mais rien de bien méchant.

Gilbert était quelqu'un d'ordonné dans son travail.

Ses papiers étaient rangés minutieusement. Ses documents confidentiels étaient mis sous scellés après élaboration ou consultation.

Alors, d'où venait la fuite de son QG ?

Il était certain que le problème venait de chez lui et il en était en arrivé à la conclusion que l'un de ses hommes de confiance avait accès aux informations volées et diffusées aux Alliés.

Durant la première guerre mondiale, il avait fait emprisonner son plus proche personnel et renouvelé son cabinet avec la crème de la crème prussienne.

Seulement, il y avait toujours une ombre insaisissable dans cet endroit. Une présence dérangeante qui s'octroyait le droit de fouiner dans ses affaires.

Certains disaient qu'un fantôme hantait les lieux.

On l'appelait la dame blanche du QG.

Un malheur arrivait toujours quand elle traînait dans les couloirs. Certaines disparitions mystérieuses d'employés laissaient à penser que ceux qui l'avaient entrevue en avaient payé le prix fort. De plus, les informations dérobées mettaient à chaque fois en danger la vie des soldats prussiens.

Gilbert changea d'adresse de QG et il emporta ses hommes avec lui, du jour au lendemain, histoire de prendre de court son fameux spectre.

Il fut quand même suivi par cette sale peste d'apparition mystique qui effrayait tout son personnel.

Gilbert enragea quand on lui retira tous ses dossiers et toutes ses responsabilités tant qu'il n'aurait pas mis la main sur cet espion. Il se mit donc à créer des faux documents et des fausses pistes pour son fantôme. Allez savoir comment il savait que c'était des faux ! Il le savait !

La nation prussienne se demandait si Arthur ne lui avait pas lancé un mauvais sort. Ou alors, il y avait un micro dans son propre bureau ! Sa tendance à parler à Gilbird était sa perte.

Gilbert fit alors plus attention à son environnement direct. Cette dame blanche devait bien avoir une réalité physique. D'après des hommes avisés de l'ancien temps, les Dames Blanches n'étaient que des lavandières du soir et leurs cris des croassements de grenouille.

Il n'empêche que l'un de ses Princes étaient morts dans une bataille après en avoir vu une.

Etait-il maudit ? Allait-il mourir ? N'étant plus d'aucune utilité en tant que tacticien, allait-on l'envoyer au combat et allait-il y perdre la vie ? Non, il était trop awesome pour crever dans la boue… En héros, au milieu de ses hommes, oui, pourquoi pas… Ce serait une fin awesome. Là, oui…

« Ah… »

Il se figea et il retint sa respiration, parce qu'il avait failli rentrer en collision avec une personne inconnue dans les couloirs. Cette personne était habillée en civil et elle portait un veston blanc comme neige. C'était ce petit détail qui le fit s'arrêter sur cette altercation.

« Hé, toi, tu es nouveau ? Je ne t'ai jamais vu.

- Je vous apporte le café tous les matins, monsieur.

- Ah, oui… euh, Matt, c'est ça ?

- A peu près.

- Tu travailles depuis combien de temps pour moi ? Je suis awesome, je n'oublie le prénom de personne.

- Depuis assez longtemps pour que vous vous souveniez de mon diminutif, répondit avec résignation Matt. Ce n'est déjà pas trop mal et ça me va très bien. »

Matt avait des cheveux blonds mi longs et ondulés qui cachaient son visage. Il ressemblait assez à Francis pour que ce fût notable. Son aura d'identité territoriale ne trompait pas Gilbert.

Non, son meilleur ami n'enverrait pas l'une de ses régions chéries entre ses vilaines pattes. Ce devait être un petit village de montagne sans importance. Pauvre petit ! Ses généraux ne seraient pas tendre pour lui arracher des informations.

« Ton véritable prénom ? Je tâcherais de m'en souvenir. »

Matt fit la moue.

« C'est anglicisé. Matthew Williams… »

Oh, si c'était un mioche à Arthur, il aurait beaucoup moins de remords. Seulement, ses yeux de violine avaient quelque chose de beaucoup trop familiers.

« … De toute façon, vous allez m'oublier, comme la fois où vous m'avez invité au restaurant ou comme la fois où vous vouliez m'emmener au cinéma.

- Euh… »

Avait-il dragué Matt… Matthew ? Comment ne pouvait-il pas s'en souvenir ? Alors qu'il était tout à fait son type ? Comment ne pas se souvenir de cette bouille d'ange ? Ce n'était pas awesome de poser un lapin à un espion soi-disant spectral !

« … Enfin, ça n'a pas d'importance. Je vous pose le café dans votre bureau ?

- Oui, j'ai quelque chose à faire. Gardes-le bien au chaud », répondit à regret Gilbert.

Il allait laisser un peu d'avance à Matthew pour l'attraper sur le fait. Gilbird lui tourna autour en piaillant comme un dément.

« Je sais que c'est pas awesome ! »

Gilbert allait accomplir son devoir de nation, à savoir protéger ses hommes de ce Matthew Wil… Williams. Il allait se mettre un post-it pour ne pas oublier son nom au complet et il ajouterait son identité territoriale juste à côté.

Il retourna à son bureau et il vit le flash d'un argentique. Gilbert bloqua la seule sortie possible pour sa Dame Blanche de tout son corps. Ce spectre avait un corps bien réel et il ne pourrait pas traverser le sien.

Matthew se retourna vers lui. Il y avait un grand vide dans ses yeux. Comme s'il attendait ce moment depuis longtemps… Comme si rien ne le retenait vraiment… C'était terrible dans le regard d'un confrère. Gilbert en fut plus touché qu'il ne l'aurait voulu.

« Je sais que c'est toi… Enfin, tu sais déjà ce qu'il va arriver…

- Oui… Vous allez négocier ma libération. »

Ce Matthew serait-il plus important qu'il ne le pensait ?

« Quel endroit ?

- Je suis une nation. Une importante colonie d'Angleterre : Canada. »

Gilbert se sentit flatté qu'on envoie une nation à ses trousses.

« Intéressant. C'est où ?

- Au nord des States. Je suis le frère d'America.

- Tu n'aimes pas souffrir, constata Gilbert qui n'appréciait pas vraiment cette façon de se rendre.

- A quoi bon ?

- Ou alors, ils t'oublient eux aussi tellement facilement que tu as peur de ne jamais t'évader de mes prisons.

- Francis t'en voudra à jamais, sale pervers ! », siffla Matthew sur la défensive.

Gilbert avait touché juste. Il eut un sourire victorieux. Matthew lui avait tellement pourri la vie ces dernières années qu'il appréciait à sa juste valeur de l'avoir coincé pour un bon bout de temps. Il vit de la peur dans les yeux de Matthew et ce sentiment jubilatoire le quitta aussi subitement qu'il était apparu.

Faire souffrir une autre nation était toujours une source de nombreuses rancunes et de conflits futurs.

Gilbert n'avait pas envie de se mettre à dos ce qui restait de la planète.

« Je te propose un deal. Je te laisse partir et tu ne reviens jamais m'espionner. Quand je dis m'espionner, je parle de tout mon camp.

- Je n'aime pas me battre. »

Gilbert imagina Matthew avec son veston impeccable sur un champ de bataille. Non, ça ne lui ressemblait pas. Certaines nations étaient pacifiques et se faisaient facilement envahir. Il était mal parti celui-là.

« Il va falloir que tu trouves un autre domaine d'activité. Je serais ravi de t'avoir comme interlocuteur diplomatique. On pourra prendre le café ensemble.

- Est-ce que c'est une tentative de drague ?

- J'en ai bien peur, Matthew Williams. »

L'étonnement se lit sur le visage de son confrère nation.

« Je crois que tu as définitivement marqué mon esprit en hantant mon QG, » se moqua de lui Gilbert.

Les joues de Matthew rosirent de gêne. Il avait l'air totalement perdu devant autant d'intérêt pour sa personne, ce que Gilbert trouva absolument adorable.

Sans regret, Prusse s'effaça de la porte pour laisser partir Canada.

Pour conclure leur accord, Matthew lui serra la main avant de s'échapper. Leurs peaux s'étaient attardées bien plus longtemps que prévu, pleines de promesses à venir.

Sa Dame Blanche devait errer librement et devenir sa bénédiction.