Salutation l'ami(e) ^^

Nouveau chapitre qui s'est fait attendre. Je vous épargne les excuses de "j'ai eu trop de travail" "j'ai perdu le dit travail"" et j'ai été très occupé" pour un " le chapitre est bien plus long que les autres" xD C'est plus la classe, non? ^^

Merci pour toutes vos reviews et vos ajoutes. Sérieux 50 reviews pour 3 chapitres quoi! C'est magnifique, c'est orgamisque, c'est ... merci vraiment. Et continuez surtout xD sa me pousse vraiment à écrire. Je suis désolé de ne pas pouvoir répondre personnelles aux anonymes. Hésitez pas a vous enregistrer pour qu'on puisse parler. J'essaye de répondre à toutes les reviews. Et je mords pas. Presque pas... ;)

Alors ce chapitre a été un peu laborieux à écrire. Et a fais plusieurs allez retours avec ma charmante béta. Qui m'a permis de remarquer pleins de petits détails qui n'allaient pas. Et moi j'adoreuuh les détails. Alors je remercie bien fort Callistontheweb pour son merveilleux travail et ses conseils toujours avisés.

Alors déjà ce chapitre. Attention c'est normal de ne pas comprendre au début. Ouais, je sais ça veut rien dire. Mais je me suis pas trompé de chapitre. Pas de panique et continuer à lire, ok? ;)

Deuxièmement, je l'ai pas écrit comme je le voulais. Mes doigts ont fait leur vie sans moi, et j'ai rien compris a ce qu'il sait passer. Donc à la base j'avais peur qu'il est de la guimauve et tout, et surtout pas de sexe pour une fois, mais finalement je pense que cela devrait aller. Enfin j'espère.

Et dernière chose. Dans un échange de MP suite à une reviews (je suis sur qu'elle se reconnaîtra ;) )on m'a parler d'une table basse. Au début j'étais pas convaincue et finalement... A vous de me dire si finalement j'ai eu raison, d'accord?^^

Je déduis ce chapitre à Fauconnette qui me supporte souvent et qui m'encourage vraiment tout les jours pour chaque chose que je fais.

bonne lecture ^^ et gros bisounours.

Chapitre 4 : Discussion

Il devait y arriver. Peu importe sa tête lourde, ses jambes flageolantes, sa respiration irrégulière, Il pouvait le faire. Il pouvait y arriver. Non, il le devait. C'était un besoin vital. C'était vital pour lui, pour sa survie.

Alors il s'obligea à ouvrir plus grand les yeux, et à allonger un peu plus le pas. Il ne devait penser qu'à le retrouver, peu importe la douleur. Il ne voyait plus très clair depuis longtemps, mais ce n'était pas grave. Il frôla un mur et pria pour que ce soit le bon. Il n'était plus si loin, il pouvait presque toucher sa liberté du doigt. Encore un petit effort.

Il se jeta soudainement à terre, apercevant un éclat de rouge. Il savait qu'il ne devait pas se faire repérer. Il posa une main sur sa bouche pour étouffer le bruit de sa respiration, sentant son cœur battre furieusement dans sa poitrine. Lorsqu'il n'entendit plus rien, il se força à se relever, son corps semblant plus lourd encore. Il n'eut même pas la force de sourire en constatant qu'on ne l'avait pas repéré et se dirigea vers un nouveau couloir. Cette fois il n'hésita pas et commença à courir en puisant dans ses dernières forces. Il le savait, la porte de sortie était là, juste au bout du couloir. Il rentra dans la pièce sans prendre le temps de s'arrêter, dérapant au sol, mais l'œil rivé sur sa cible. Un objet traître l'en séparait. Mais emporté dans son élan, il n'y fit pas attention et sauta purement et simplement au-dessus pour atterrir à côté de sa cible, sans aucune douceur.

Il n'entendit même pas le gémissement suscité par son arrivée brutale et se replia sur lui-même, collant tout son corps contre la chaleur si exquise qui le fit se détendre instantanément. Il chercha un instant à cacher son visage, prenant de grandes inspirations pour savourer l'odeur fraîche qui entrait dans ses narines. Oui, là il pouvait mourir tranquille. Il pouvait arrêter. C'était là qu'il voulait être et seulement ici. Il agrippa une partie chaude et ferme pour la caler contre son torse et ne bougea plus. Il ferma les yeux et se sentit partir. Il ne savait même pas s'il tombait juste dans l'inconscience ou s'il s'endormait, mais ce n'était pas grave. Il était à sa place, c'était le plus important.

oOo.

Steve profitait d'un moment de calme au salon, savourant un recueil de poèmes qu'il avait trouvé dans une bibliothèque que Jarvis lui avait indiquée. Il avait pris place dans un coin du canapé, tranquillement, savourant les mots sous ses yeux. Il était bien, alangui, appuyé contre l'accoudoir. Il pouvait oublier ses soucis. Ses soucis qui avaient pour nom Anthony Stark.

D'accord, tout n'était pas de la faute de Tony. C'était lui qui avait fui dans la cuisine, mais il avait essayé de lui parler, de revenir vers lui, pour s'expliquer, pour parler. Car lui en avait besoin. Il avait besoin de comprendre ce qu'il était en train de se passer entre eux. Mais Tony n'en avait encore fait qu'à sa tête et s'était de nouveau enfermé dans son laboratoire. Steve ne savait même pas ce qu'il faisait durant ses journées – et ses nuits - enfermé dans son laboratoire. Il avait de nouveau refusé toute communication. Pourtant Steve avait essayé de faire la paix en apportant une pizza, la préférée de Tony. Mais Jarvis lui avait dit que l'ingénieur refusait tout cadeau futile.

Le soldat avait été vexé mais n'avait pu que garder pour lui sa colère et se résigner à attendre. Attendre le bon vouloir de l'ingénieur, pour qu'il se décide à lui parler. Alors il attendait sagement. Ce n'est pas comme s'il avait le choix de toute manière. Il essayait de s'occuper l'esprit pour essayer de calmer ses pensées. Il avait envie de voir Tony, de s'assurer qu'il allait bien, et de le prendre dans ses bras, sentir son cœur battre, voir son sourire si agaçant mais si plaisant, avant de pouvoir lui parler.

Il était donc là, dans le salon, un livre à la main, pour essayer de tromper son ennui. Son ennui de Tony. Il allait se plonger dans un nouveau poème ô combien mélancolique qui reflétait parfaitement son trouble intérieur, quand il entendit quelqu'un courir dans le couloir. Il releva la tête et vit l'objet de ses pensées arriver en courant. Tony fit un magnifique dérapage pour éviter de tomber, avant de foncer sur lui. Il sauta au-dessus de la table basse avant d'atterrir lourdement à côté de lui, l'écrasant à moitié avant de se pelotonner contre lui. Tony se cala contre son flanc, la tête cachée sous l'épaule du soldat, tout en tenant fermement son bras, avant de carrément s'endormir.

Steve en resta bouche bée pendant plusieurs secondes. Voilà des jours qu'il se faisait du souci, qu'il l'attendait, et Tony lui sautait dessus pour se servir de lui comme d'un doudou. Le soldat s'exhorta au calme, à ne pas secouer l'homme contre lui, avant de lui coller deux baffes pour le réveiller et le faire parler. Il s'autorisa un soupir, avant d'essayer de se redresser un peu pour trouver une position confortable, mais Tony ne semblait pas le voir de cette manière, même endormi, et se tourna dos à lui en grognant pour glisser son épaule sous le bras qu'il tenait toujours. Il se colla tout contre le soldat, tenant avec force le biceps contre lui.

Steve leva les yeux au ciel. Même dans son sommeil, Tony était exigeant. Il soupira encore et réussit à monter sa main jusqu'au visage de Tony pour le caresser. Il avait l'air épuisé, mais en bonne santé, c'était déjà ça. Le bras qui entourait Tony le cala un peu plus contre le soldat qui tenta de reprendre tranquillement sa lecture. Du moins essaya-t-il. Mais la présence de Tony le déconcentrait. Il tint à peine quelques minutes à relire la même page, avant d'abandonner. Il nota mentalement le numéro de page, avant de poser le recueil sur l'accoudoir, avant de tourner la tête vers Tony.

Il le trouvait fascinant. Enfin Tony était toujours fascinant, mais là, plongé dans le sommeil, il perdait toute son assurance, toute sa canaillerie, pour afficher un visage calme et posé. Si différent du sourire amusé qu'il abordait tout le temps. L'ingénieur semblait si tranquille, si apaisé, sans les tourments qui semblaient le ronger. Le soldat ne l'avait jamais vu comme cela. Il se sentit presque privilégié de pouvoir voir ça. De savoir que Tony lui faisait confiance au point de se laisser aller tout contre lui et s'endormir.

Le soldat eut un doux sourire en le contemplant, effleurant de ses doigts les joues de l'ingénieur. Il se sentait étrangement faible face à Tony, mais aussi étonnamment fort. Oui, un véritable paradoxe. Il se sentait à la merci de Tony Stark. Il semblait pouvoir lui faire faire ce qu'il voulait. Comme en témoignait ce qu'il avait fait dans cette cuisine, ou dans la douche. Peu importe l'endroit, son corps semblait inévitablement attiré comme un aimant vers celui de l'ingénieur. Oui, faible car il n'arrivait pas à lutter et il n'en avait même pas envie.

Alors il se retourna complètement vers Tony, le prenant dans ses bras, serrant le grand corps contre le sien. Steve frotta un instant sa joue contre celle de l'endormi, avec un plaisir non feint. Oui, il se sentait fort aussi. Car il voulait le protéger. Il voulait rester près de lui. Simplement comme ça. Profiter de sa chaleur, de son odeur. Depuis qu'il s'était réveillé de son hibernation quatre mois auparavant, il avait beau faire des efforts, essayer de s'habituer, il ne comprenait pas pourquoi les gens voulaient toujours aller plus vite, plus loin. Jamais satisfaits de ce qu'ils pouvaient avoir. C'était ça qui le choquait le plus dans cette génération. Ils n'étaient jamais sereins, ne profitaient jamais de rien ou alors le faisaient jusqu'à l'excès.

Mais là, avec Tony, collé à lui, simplement, dans ce canapé, bercé dans le soleil couchant, il était bien. Oui, il était définitivement bien. Apaisé. Alors il ferma les yeux, pour profiter. Ce n'était pas grave s'ils ne parlaient pas maintenant. Il pouvait attendre, Tony était en sécurité contre lui, c'était ce qu'il voulait, alors il allait le laisser prendre du repos. Ses bras se resserrèrent sur Tony, sa jambe l'enserra même, avec un soupir de bien-être. Oui, là il était bien, pensa-t-il en se laissant bercer par la chaleur de l'ingénieur, avant de finalement s'endormir à son tour.

oOo.

Tony s'éveilla en plein milieu de la nuit. Il avait enfin retrouvé ses esprits, la fatigue s'était dissipée, son cerveau était enfin apaisé. La fatigue qu'il avait repoussé au maximum s'était évanouie. Ou tout du moins, il était maintenant conscient de tous ses actes. Il avait visiblement beaucoup trop tiré sur la corde, et son corps avait failli le lâcher. Non, il était Tony Stark, il adorait son corps en temps normal, mais lorsqu'il était plongé dans son travail, son corps était vraiment une contrainte. Il avait des besoins vitaux qui lui faisaient perdre du temps. Un temps précieux. Alors oui, il avait tiré sur la corde, encore et encore. Mangeant en même temps qu'il travaillait, dormant lorsqu'il s'écroulait sur la table. Juste une heure ou deux. Mais il voulait absolument finir ce qu'il faisait.

Il se souvenait vaguement que Steve était venu le voir. Enfin avait essayé. Il avait dû lutter de toutes ses forces pour ne pas le regarder sur la vidéo de surveillance. Il savait parfaitement que, s'il le regardait, il allait flancher. Steve Rogers, alias Captain America était une distraction beaucoup trop tentante pour qu'il pense même juste à poser les yeux sur lui pendant son travail. Alors, il avait encore plus accéléré le rythme. Il voulait finir pour ne laisser que les derniers réglages à Jarvis ainsi que le soin de commander la matière première. Et alors qu'il était à deux doigts de tomber, de s'effondrer même, inconscient, il avait tenu. Car il voulait le voir. En vrai. Il voulait sentir sa chaleur, entendre son cœur, sentir son odeur.

Il avait oublié la douleur de son corps épuisé, et il s'était précipité en dehors de son laboratoire. Il se souvenait vaguement avoir demandé à Jarvis ou se trouvait le capitaine et le salon avait été son seul objectif. Pas question d'être retardé par qui que ce soit, ou quoi que ce soit. Il se souvenait d'ailleurs vaguement d'avoir croisé Natasha, mais il avait réussi à l'éviter. Et il était arrivé là. Au chaud. Dans ses bras forts qui le serraient même beaucoup trop. Il sentait un cœur palpiter doucement dans son dos, un souffle sur son épaule. L'odeur d'un savon masculin. Même cette cuisse sur sa jambe était parfaite. La position n'était même pas confortable, trop serrée, trop chaude, mais la couverture qui les recouvrait donnait à ceci un côté intime, et pour rien au monde il aurait voulu être ailleurs qu'ici.

Il tenta d'appuyer sa tête en arrière mais l'étreinte était si serrée qu'il n'y arriva pas. Le bras sur son épaule gauche l'empêchait presque de bouger, alors que l'autre bras, enroulé autour de son torse maintenait le bas de son corps. Il ne put que lever un bras, pour poser sa main sur la cuisse sur sa jambe avec un sourire.

« Jarvis, la couverture… », murmura-t-il faiblement.

« C'est le docteur Banner qui a jugé bon de vous recouvrir, monsieur », déclara aussitôt l'IA.

Oui, cette couverture n'aurait jamais dû être dans le salon, mais ce n'était pas bien grave. Bruce, hein ? Leur fameux docteur semblait étrangement présent des derniers temps… Cela fit sourire Tony, mais il cessa d'y réfléchir lorsqu'un gémissement interrompit ses pensées. Jarvis avait visiblement dérangé le soldat dans son sommeil. Le visage de Steve vint soudainement se nicher dans le cou de l'ingénieur pour finalement resserrer encore plus ses bras, avant de se rendormir complètement.

« Steve, tu vas me tuer », gémit Tony en grimaçant légèrement face à la force employée.

Le soldat grogna en se redressant, le relâchant un peu, ce qui permit à Tony de se retourner pour contempler un Steve Rogers complètement décoiffé, une marque sur la joue, les yeux à peine ouverts, les lèvres entrouvertes. Un véritable appel à la luxure…

Le soldat sembla finalement comprendre qu'il avait l'ingénieur devant lui, car il l'attira à nouveau dans ses bras, le serrant fermement contre lui. Tant pis s'ils ne parlaient pas pour l'instant. Tony était là, visiblement indemne, et contre lui. Le reste pouvait attendre.

« Tu sais je ne suis pas un teddy bear », ricana Tony en passant une main réconfortante dans son dos.

Steve se redressa d'un bond, tout à coup bien réveillé, même si ses yeux étaient encore gonflés, et lui jeta un regard noir.

« Je peux savoir ce que tu fais dans ce laboratoire ? », demanda-t-il sèchement.

Ok, vu son ton, Tony devrait sûrement faire attention à ce qu'il allait dire. Mais voilà, il était Tony Stark et faisait souvent le contraire de ce qu'il devrait faire.

« Je ne vois pas en quoi cela te regarde », sourit-il en lui caressant la joue, refusant de bouger ses cuisses du soldat.

Mais Steve repoussa sa main pour se pencher d'avantage vers lui, le fixant d'un œil mauvais, alors qu'une main venait passer dans les cheveux de Tony pour lui faire lever le visage.

« Évidemment que cela me regarde. Je veux comprendre pourquoi tu ne manges plus. Pourquoi tu t'enfermes intentionnellement. Et pourquoi tu ne veux plus nous voir. »

Tony sourit de plus belle en se rendant compte que Steve n'en avait rien à faire de ce qu'il pouvait bien faire. Il était simplement vexé.

« Je sens de la rancune dans tes mots Steve. Serais-tu blessé que j'aie refusé ton rendez-vous autour d'une pizza ? », demanda-t-il en glissant discrètement sur les épaules du soldat qui se recula un instant comme piqué.

« Non, ce n'était pas un rendez-vous… », tenta-t-il avant de secouer la tête, comprenant que Tony essayait de l'amener sur un autre sujet. « Je me suis inquiété pour toi. »

C'était net, franc et simple. Comme le capitaine, pourtant cela choqua l'ingénieur qui lui jeta un regard en coin, incertain de ce qui allait suivre. Mais finalement, il s'avança à son tour, souriant de plus belle. Il n'allait tout de même pas laisser un petit soldat le surprendre.

« C'est toi qui est parti, Blondinet, tu te rappelles ? », souffla-t-il en remontant sa main vers sa nuque pour venir la caresser, sachant parfaitement ce que cela provoquerait.

Mais Steve l'étonna encore plus en venant prendre ses mains dans les siennes, maintenant une distance entre eux. Il les fixa pendant une seconde, mal à l'aise, et avant que Tony ait eu la possibilité de sortir quelque chose de stupide encore une fois, il le coupa dans son élan.

« Je suis désolé », déclara le capitaine en essayant de paraître sûr de lui.

Il est con ou quoi ? La vieillesse l'a rendu stupide peut-être ?

Tony s'en serait tapé le front. Steve n'avait vraiment pas compris comment cela fonctionnait, alors ? Il aurait dû normalement continuer à s'énerver sur Tony pendant plusieurs minutes, Tony aurait sorti quelques paroles pour l'asticoter un peu, et finalement aurait essayé d'être gentil et se serait fait pardonner avec sa langue. Alors pourquoi Steve s'excusait-il au juste, c'était lui qui était en tort. Depuis le début. C'était lui qui l'avait poussé à coucher avec lui, c'était lui qui l'avait charmé, c'était lui qui le poursuivait, c'était encore lui qui avait merdé dans la douche, et toujours lui pour la cuisine quand Natasha était rentrée.

« T'as vraiment rien compris, hein ? », se moqua-t-il doucement.

Ses pouces effleurèrent doucement les doigts qui le tenaient dans un geste de réconfort, alors que les sourcils de Steve se fronçaient.

« Je vais t'expliquer, tu vas m'engueuler. Je vais nier, et finalement essayer de t'amadouer. Tu finiras par craquer car je suis trop doué pour ça, et les choses iront mieux. C'est comme cela que ça se passe. »

Tony n'arrivait pas à réprimer un sourire moqueur, mais il avait au moins essayé d'être gentil. Ce n'était pas de la faute du capitaine s'il ne connaissait pas les règles des gens d'aujourd'hui. Mais quelque chose dans le regard flamboyant de Steve l'avertit que cela n'allait, une fois plus, pas se passer comme il désirait. La seconde plus tard, Steve avait agrippé son menton, l'air franchement énervé. Même sa bouche présentait un étrange rictus, constata Tony, retenant une grimace face à la prise ferme.

« Je m'excuse », déclara le capitaine d'une voix ferme et agacée. « Je m'excuse d'être parti comme un voleur de la cuisine sous le coup de la colère. Jamais je n'aurais dû faire ça. Le sérum a visiblement plus d'effet sur moi que je ne le pensais lorsque je suis confus ou énervé.Je n'aurais pas dû te laisser gérer seul la situation avec Natasha. Qui sait ce qu'il aurait pu se passer. Et je suis désolé si cela t'a blessé et que cela a pu te faire penser que je n'assumais pas ce qui se passait entre nous. C'est pour ça que tu m'as refusé l'accès, non ? »

Tony le contempla un instant, papillonnant des yeux, trop surpris pour réagir, avant d'exploser littéralement de rire. Il rigola tellement fort, qu'il dut s'accrocher un instant à l'épaule du soldat qui le regardait avec un air terriblement… neutre. Tony mit quelques secondes à s'en remettre.

« Non mais vraiment… », ricana-t-il encore en revenant enfin au soldat, pour voir qu'il était toujours aussi sérieux.

Affreusement sérieux. Terriblement et horriblement sérieux. Cela le figea puis le fit déglutir difficilement.

« Merde. Tu le penses vraiment… »

Steve hocha simplement la tête, toujours aussi impassible, pourtant Tony pouvait voir qu'il avait été blessé par sa réaction grotesque. Ses yeux semblaient même voilés de tristesse.

Putain de bordel de merde.

Steve pensait réellement que c'était sa faute et qu'il avait mal agi. Merde. Tony aurait dû y penser. Pourquoi il oubliait toujours qui il avait devant lui. Steve était différent. Pas la même époque, pas la même manière de penser. Et surtout définitivement bon. C'est l'ingénieur qui se sentit stupide cette fois. Stupide et atrocement mauvais. Steve agissait toujours pour faire le bien. Si bien qu'il ne semblait pas voir ou était le mal réel.

« Non, non Steve », s'affola Tony en se redressant, caressant sa joue, pour effacer cet air triste sur son visage. « Ne t'excuse pas. Tu ne dois pas. »

Non, s'il s'excusait, Tony allait se sentir encore plus mal, et le pincement dans sa poitrine allait être encore plus douloureux. Mais Steve chassa une nouvelle fois sa main.

« Évidemment que je dois m'excuser », gémit le capitaine plus énervé que blessé maintenant. « Jamais je n'aurai dû te laisser affronter une telle situation. Il aurait pu se passer n'importe quoi... »

« Mais quelle situation ? De quoi tu veux… »

Oh.

Oh. Putain...

La lumière se fit dans son esprit. Natasha. Oui, Steve semblait étonnamment à l'aise en ce qui concernait l'amour entre deux hommes, à cause de son ami. Mais le soldat venait d'une autre époque. Une époque ou tout cela était considéré comme quelque chose de tabou. Quelque chose d'interdit. Pire pendant la grande guerre, les homosexuels étaient les premiers en ligne, marqués comme du bétail, là où le régime nazi prônait la virilité, la masculinité empreinte de machisme. Si Tony avait été abandonné comme ça à l'époque de Steve qui sait ce qu'on aurait pu lui faire. Torturé, envoyé dans un camp de concentration. Battu. Tué. Oui, pour Steve cela ne pouvait qu'être grave, même s'il savait que les choses avaient évolué durant son hibernation. Avec ses quatre petits mois dans cette époque,il ne savait pas à quel point tout avait changé. Dans son monde, il avait surement dû toujours protéger Bucky, le couvrir. Alors le laisser seul face à Natasha comme ça, juste sous le coup de la colère… Steve avait vraiment dû s'en vouloir à mort une fois calmé alors que lui n'y avait même pas pensé. Beaucoup trop habitué à ce que tout le monde accepte et subisse ses frasques. Il n'était pas du genre à penser aux conséquences et encore moins à penser comment les autres pourraient réagir à ses agissements. Il était Tony Stark. Il s'en sortait toujours, non ?

Et Tony se demanda soudainement ce que penseraient les autres de sa relation avec Steve. Il savait que Bruce n'était pas gêné par ça. Avec le temps qu'ils passaient ensemble au labo, ils avaient passé en revue quasiment tous les sujets de conversation. Mais les autres. Natasha par exemple. Ancienne Russe. Il n'avait rien contre les Russes, mais c'était un pays plutôt fermé sur le sujet. De plus, pour Steve, les russes faisaient partie du camp adverse à son époque. Alors même s'il n'en tenait pas rigueur à Natasha, cela avait certainement dû l'inquiéter. Et même Barton. Comment est-ce qu'il le prendrait ? Natasha n'avait pas semblé choquée, mais avait aussi pensé que ce n'était qu'une passade de Tony. Comme toujours. Est-ce que les choses pourraient changer si cela venait à se savoir ? Est-ce que leurs comportements changeraient ? L'équilibre précaire qu'ils avaient trouvé depuis ces deux mois passés à la tour, depuis les Chitauris, serait-il remis en cause car deux héros s'adonnaient à corps perdu aux plaisirs de la chair ?

Tony lui ne s'occupait jamais de ce que pensaient les autres. Faisant toujours ce qu'il voulait, personne n'attendait vraiment de lui qu'il fasse les choses bien. Il vivait au gré de ses envies, sans s'occuper du reste. De telles suppositions ne lui seraient jamais venu à l'esprit, lui semblant dépassé pas pour le capitaine. La confrontation passé - présent n'avait jamais été aussi marquante.

Merde, c'était Captain America, le symbole de l'Amérique. Autre temps, autres préoccupations, autre mœurs, peu importe pourvu que Steve s'adapte bien. Mais si on venait à savoir qu'il était un boulimique de sexe, incapable de s'arrêter et cela, peut importe le sexe de la personne, cela créerait une vague sans précédent. Même Tony fit l'amer constat que s'il n'avait pas connu Steve et qu'il avait appris la nouvelle, cela lui aurait aussi fait un choc. Steve était le bien personnifié. Les valeurs de l'Amérique en campagne. Cela ne coïncidait pas avec une sexualité libérée, débridée et assumée…

« C'est pour ça que tu ne sortais plus ? », reformula finalement Steve d'une voix presque brisée, interrompant le fil de ses pensées.

« Non ! », s'écria Tony, semblant se réveiller. « Bien sûr que non ! »

Il prit aussitôt le visage de Steve en coupe, grimpant un peu plus sur lui, pour le dévisager.

« Tu vas m'écouter maintenant », déclara-t-il d'un ton qui ne prêtait pas à discussion. « Je ne t'en veux absolument pas. C'est moi qui me suis mal comporté alors que Natasha était là. Je n'aurais pas dû essayer de te mettre mal à l'aise. Encore moins t'énerver. Et sache qu'il ne s'est rien passé avec Natasha. Et je ne laisserai pas une personne que j'ai accueillie sous mon toit dicter ses règles de conduites débiles. Alors ne t'inquiète pas pour ça. Ici, dans cette tour, on est à l'abri de tout, c'est compris ? »

Tony ne pouvait pas promettre que tout serait rose, mais ici, juste ici, entre ses murs, dans cette tour, cela serait comme ils le voudraient. Steve hocha piteusement la tête, incertain.

« Et les choses ont changé depuis ton époque, même si tout n'est pas accepté, on n'est pas obligé de le dire non plus. »

« Tu te rends compte de ce que tu dis ? », murmura le soldat, étrangement ébranlé.

Tony pencha la tête sur le côté, les mains toujours sur le visage de Steve, ne comprenant pas.

« Je t'assure qu'on ne torture plus … », commença l'ingénieur avant d'être coupé par le capitaine qui hocha doucement la tête de gauche à droite.

Il posa doucement ses mains sur celles de l'ingénieur pour rencontrer son regard étonnamment heureux. Tony était vraiment largué. Qui aurait pu penser que le capitaine était si dur à suivre ? Surtout pour lui. Merde, il était un génie putain. Il devrait normalement pouvoir le faire sans problème.

« Tu es en train de dire que tu veux continuer ce qu'on fait. »

L'ingénieur voulut brusquement retirer ses mains, comme si la peau chaude des joues l'avait brûlé. Mais Steve l'en empêcha en lui retenant les poignets. Tony venait-il vraiment de dire qu'il voulait continuer avec lui ? C'était bien ce qu'il avait dit ? Bordel, il devrait peut-être faire gaffe à ce qu'il disait… Pourtant, lorsqu'il croisa les yeux bleus océan, il se sentit grimacer. Merde. Qui pouvait vraiment résister à de tels yeux ? Putain, pourtant lui était un type qui ne s'engageait jamais. Encore plus depuis que Pepper était partie.

« Je ne sais pas si on peut parler de relation », continua Steve tendu, ne le lâchant pas une seconde. « Mais… J'aime passer du temps avec toi. J'aime ce que l'on partage. J'aime le fait que, bien que tu connaisses tous les effets que le sérum a sur moi, tu n'as pas peur. J'aime ce qui se passe, cela me semble étrangement… familier et plaisant. Bien sûr, tu ne dois… »

Avant que Steve ait pu continuer, Tony plaqua une main sur sa bouche en poussant un soupir de soulagement. Non franchement, on disait vraiment des choses comme ça ? Non, en général avec Tony, on ne parlait pas, on utilisait sa langue différemment, de manière bien plus plaisante, sinon il avait la fâcheuse habitude de tout gâcher. Vraiment tout gâcher. Merde. Mais, Steve avait vraiment envie de parler de ça avec lui...

Non, parce qu'il le savait. Malgré tous ses efforts, il fallait se rendre à l'évidence. Steve était sa nouvelle obsession. Il n'était clairement pas prêt à arrêter. Peu importe qu'il ait tout foiré jusque-là. La preuve, dès qu'il avait eu terminé son projet, il s'était précipité à ses côtés, qu'il soit en état ou non, juste pour profiter de lui. Oui, ce n'était pas comme s'il avait lui-même le choix...

« Je pense pouvoir parler pour moi, Steve », déclara-t-il avec une moue ennuyée. « Et j'apprécie les moments que l'on passe ensemble même si j'en ai gâché quelques-uns et je… »

Steve retira brusquement la main sur sa bouche.

« C'est moi qui… »

« Mais tu vas la fermer Steve et me laisser parler ! », s'écria Tony en se redressant sur ses genoux, le surplombant.

Il semblait vraiment en colère. Il détestait parler de sentiments, ou d'attachement ou de quoi que ce soit, alors si, en plus, on passait son temps à l'interrompre ! Vu la tête du soldat, il ne s'attendait visiblement pas à un tel éclat. Bien. Non mais ! Quand Tony Stark parlait, on l'écoutait putain. C'était déjà suffisamment compliqué comme ça pour lui.

« Bien, tu vas m'écouter maintenant, soldat », grogna-t-il en posant ses mains de chaque côté de son cou, pour rapprocher leurs visages. « Tu vas m'écouter parce que je ne le redirai pas. Tu parles comme si tu avais le choix, mais ce n'est pas le cas. Je ne vais pas te lâcher Steve. Tu vas rester ici, avec moi. Et si jamais il te prenait l'envie de partir car tu t'es lassé de moi, je te pourchasserai Steve. Et je connais le monde bien mieux que toi. Tu n'as aucune chance de m'échapper. C'est trop tard. Je ne te laisserai plus partir. J'ai laissé trop de personnes partir. Alors je vais profiter de ton corps jusqu'à l'épuisement, et recommencer encore et encore. Pour très longtemps. Alors ne fais pas comme si tu avais le choix Steve. Tu vas rester ici, et tu devras me supporter. Tu n'as aucun autre choix. »

Tony finit légèrement essoufflé par sa longue tirade, pourtant il continuait de fixer le capitaine qui n'avait pas bougé. Peut-être y avait-il été trop fort ? Mais Steve devait comprendre que c'était fichu. Il était accro. Il ne le lâcherait pas. Mais c'était de sa faute de toute manière. Il l'avait fait se sentir différent. Il n'y avait pas de Tony Stark, pas d'Iron Man, pas de Capitain America entre eux. Juste deux corps, deux personnes qui passaient du bon temps ensemble. Et c'était ce qui importait. Tout ce qui importait.

Steve papillonna un moment des yeux, comme choqué par tous ces mots, avant qu'il ne vienne doucement poser ses mains sur les hanches de l'ingénieur, pour finalement l'enlacer avec douceur, et poser sa tête sur l'arc, ou il pouvait sentir les battements de cœur enflammés.

« D'accord », souffla-t-il simplement avec un doux sourire.

Steve avait vraiment pensé que Tony se lasserait très vite. Il avait pensé n'être qu'un simple passe-temps. Mais le voir si virulent, si déterminé à le vouloir auprès de lui, c'était tellement plaisant. Il n'avait plus aucun repère ici. Toutes les personnes qu'il aimait étaient mortes, il n'avait plus personne à chérir. Ce monde si différent lui faisait souvent peur même s'il ne se l'avouait pas vraiment pour éviter d'angoisser. Oui, il n'avait plus rien sur quoi s'appuyer et il se sentait désespérément seul. Pourtant, avec Tony, c'était différent. Parce que l'ingénieur ne se reposait jamais, en perpétuel mouvement, il faisait ce qu'il voulait et quand il le voulait. Si au début cela avait pu l'agacer, il y trouvait maintenant un réconfort. Car il avait compris que Tony, au-delà de faire ce qu'il voulait, vivait pour quelque chose. Vivait pour changer les choses. Et le fait qu'il ne semblait même pas en avoir conscience était fascinant à regarder. Oui, ce que Steve appréciait chez Tony, c'était sa détermination et sa passion qu'il mettait dans chaque chose qu'il faisait.

Alors oui, il n'avait pas pensé que Tony accepterait de rester avec lui et encore moins le voudrait. Pourtant il avait quelque chose à préciser. Il passa ses bras sous le tee-shirt de l'homme sous lui pour sentir sa peau, écoutant toujours les battements irréguliers.

« D'accord ? », crossa Tony avec une grimace. « C'est tout ce que tu as à dire ? »

Steve ricana une seconde avant de déposer un baiser sur l'arc à travers le tissu, avant de relever les yeux vers Tony.

« C'est toi qui a dit qu'il fallait que je me taise. »

« Oui, bah parle. Maintenant. Tout de suite. »

Le sourire du soldat s'élargit, alors que sa main venait caresser la colonne vertébrale de Tony dans un effleurement léger qui le fit frissonner.

« Je ne prête pas mes affaires », déclara-t-il simplement.

« Et ça veut dire quoi ? Que je ne dois pas prendre ton gel douche ? », grommela Tony en passant une main dans les cheveux blonds.

« Non, ça veut dire que je pourrais bien réellement t'épuiser pour que tu n'ailles pas voir ailleurs », souffla-t-il aussi légèrement qu'il le pouvait.

Les doigts agiles dans les cheveux du soldat se refermèrent soudainement en poing, tirant brutalement la tête en arrière. Steve grogna sous la douleur et lui lança un regard mauvais.

« Tu crois que je suis mauvais au point de ne pas connaître la fidélité ? », attaqua Tony, furieux.

Steve l'affronta du regard un long moment, avant de soupirer.

« Je voulais m'assurer qu'on était sur la même longueur d'ondes… », avoua-t-il en détournant les yeux, mais Tony lui agrippa le visage de sa main libre, pour le forcer à le regarder.

« Tu n'as pas confiance en moi. »

« Je ne… oui », bafouilla Steve, dépité, mais la lueur au fond des yeux de Tony se voila un instant avant qu'un sourire ne passe sur ses lèvres.

« Tu changeras d'avis », déclara-t-il avant de prendre d'autorité sa bouche.

Ce baiser n'avait rien de tendre, rien de doux, et ressemblait plus à un acte destiné à boucler un contrat que Steve n'était pas vraiment certain de comprendre. Mais ce n'était pas grave. Tony l'avait étrangement rassuré et c'était tout ce qui importait. L'étrange ambiance qui s'était installée finit par s'alléger à coups de langues et de lèvres ravagées. Tony finit même par amorcer un frottement contre le bassin du capitaine, avant que Steve ne se recule soudainement, les sourcils froncés.

« Tu ne m'as pas dit ce que tu faisais dans ton laboratoire », réalisa-t-il.

L'ingénieur ricana légèrement avant de passer ses bras autour de son cou, pour se coller à lui.

« Si tu penses à ça c'est que j'ai perdu la main. Ou plutôt le coup de langue », déclara-t-il avant de reprendre sa bouche.

Le soldat en profita un instant, avant de se reculer encore, avec un grognement mécontent.

« Pourquoi tu ne me dis pas ce que c'est ? »

« Mais tu ne vois pas que ce n'est pas le moment, bordel ! », s'agaça Tony en se détachant.

Steve le contempla pendant quelques secondes, avant d'avoir un sourire amusé.

« Tu n'es pas capable de faire deux choses à la fois ? Je croyais que tu étais un génie… »

L'ingénieur se tourna aussitôt vers lui, vexé, avant de lui prendre le menton.

« Insulterais-tu mon intelligence, soldat ? »

« Dis-moi ce que tu fais, alors ? »? murmura Steve avec un petit sourire, en faisant remonter ses mains jusqu'aux épaules pour venir le cajoler.

Son corps réagissait presque automatiquement maintenant à celui de Tony. Il était déjà excité, et Tony restait là, près lui, réalisant sûrement son état puisqu'il était sur lui, mais il ne bougeait pas. Et ce simple fait le rendait heureux. C'était presque fantastique.

« Ah, parce que maintenant monsieur à décidé qu'il voulait le faire ? », grogna-t-il en détournant le regard, se sentant soudainement faible face aux yeux océan.

« Dis-moi ce que tu fais dans ce laboratoire, Tony », ordonna doucement le Capitaine de sa voix de leader mais son sourire était bien trop amusé pour que cela soit convaincant.

« Même pas en rêve. »

« Tony… »

Steve se redressa soudainement, pour plaquer l'ingénieur contre le canapé, mais Tony essaya aussitôt de s'enfuir, dévoilant son dos, son tee-shirt remonté jusqu'aux omoplates. Le soldat ne se posa même pas la question et posa sa bouche dans le creux de ses reins pour un baiser mouillé. L'ingénieur glapit mais réussit à tomber au sol pour se dégager.

La seconde d'après, Steve tomba sur lui, avec un sourire, caressant toute la peau qu'il pouvait atteindre.

« Dis-moi ce que tu fais », susurra-t-il à son oreille avant de la mordiller.

Tony se retrouva bloqué et plaqué contre son torse, incapable de faire autre chose que gémir.

« Tu peux faire ce que tu veux, je ne dirai rien », déclara-t-il mais sa respiration était saccadée, signe que les mains qui passaient sur son torse lui faisait beaucoup trop d'effet.

Le soldat sourit, avant de se pencher pour dévorer son cou de baisers.

« Tony, Tony », réprimanda-t-il en laissant une main descendre brusquement pour venir serrer l'érection encore compressée par le jean.

L'ingénieur gémit furieusement mais n'essaya plus de se dégager, fermant simplement les yeux. Il haletait, au rythme de la main qui le caressait.

« Dis-moi », susurra la voix suave du capitaine à son oreille.

Un frisson parcourut le corps de l'ingénieur. Cette voix que Steve avait lorsqu'il était excité était magique. Et foutrement aguichante.

« Non… »

Un petit rire se fit entendre à son oreille.

« J'espérais que tu dirais ça.»

Et la seconde d'après, la bouche du capitaine mordit la clavicule et y aspira la peau avec envie.

« Putain Steve », gémit Tony en caressant à l'aveuglette derrière lui.

Une fois qu'une jolie marque rouge fut imprimée sur l'épaule de Tony, Steve y passa la langue avec satisfaction. C'était stupide, il le savait. Mais il avait voulu le marquer comme sien. S'assurer que si d'autres personnes le touchaient, elles verraient qu'il était déjà pris. Oui, le soldat ne faisait pas confiance à l'ingénieur, mais il ferait tout pour l'empêcher d'aller voir ailleurs. Tony avait dit qu'il n'avait pas le choix, mais l'ingénieur ne s'était pas rendu compte que lui aussi le voulait et qu'il n'avait pas le choix non plus. Steve donnait de sa personne dans tout ce qu'il faisait et Tony ne mesurait sûrement pas tout ce que cela impliquait…

« Toujours pas décidé ? », roucoula presque le soldat, en frottant son bassin contre les fesses de Tony.

L'ingénieur déglutit, mais réussit à faire son petit sourire agaçant.

« Dans tes rêves, je ne craquerai pas… »

La seconde suivante, il fut plaqué assez durement contre la table basse juste en face d'eux. Le froid du verre transparent lui fit du bien, lui permit de se concentrer un peu, mais déjà le soldat le couvrait de son corps. Une main se glissa aussitôt dans son pantalon pour le masturber sans plus de cérémonie. Tony couina, surpris, avant d'essayer de retrouver son souffle, ses poumons semblant refuser de fonctionner. Un petit nuage de buée se forma d'ailleurs sur le verre près de sa bouche, sa chaleur corporelle montant en flèche. Merde, Steve était définitivement trop doué pour ça.

Il sentit qu'il repoussait au maximum son tee-shirt pour avoir accès à son dos une nouvelle fois, et il sentit la langue chaude et humide faire des merveilles sur son dos. Mais il réussit à reprendre suffisamment le contrôle. Il était hors de question que Steve décide de tout.

« Tu peux faire ce que tu veux, je ne dirai rien. »

Le soldat ricana contre la peau de son dos, avant de remonter à sa nuque.

« Tu dis ça uniquement pour que je continue », susurra-t-il en laissant sa langue s'égarer sur la marque rouge, ses doigts s'activant un peu plus pour entendre l'ingénieur gémir. « Ou alors tu en veux plus, peut-être ? »

Peu importe ce qu'on pouvait dire, le soldat apprenait vite. Vite et bien. Cette pensée fit sourire Tony, avant qu'il sente son pantalon glisser sur ses cuisses.

Ah non, je ne le crois pas !

Tony se redressa presque aussitôt, lâchant la table, pour venir agripper la main qui lui mettait les fesses à l'air. Malgré le soldat sur lui, il réussit à tourner suffisamment la tête pour lui jeter un regard noir.

« Qu'est-ce que j'ai dit ? », grogna-t-il. « La prochaine fois c'est moi qui le fait. »

Steve le regarda, surpris, s'arrêtant dans tous ses gestes, avant de fixer la main qui tenait la sienne. Tony l'avait arrêté. Vraiment arrêté. Et cela remplit le cœur du soldat d'un étrange sentiment d'allégresse. Si l'ingénieur n'avait vraiment pas désiré ce qui s'était passé entre eux, il aurait pu l'arrêter, comme il le faisait maintenant. Savoir que Tony pouvait l'arrêter, car, vu la la force avec lequel il le tenait, il était indéniable qu'il ne se gênerait pas pour le repousser durement, c'était quelque chose de merveilleux pour lui. Merveilleux et fascinant. Tony le surprendrait toujours.

Mais la prise sur sa main se resserra face à sa réponse qui ne venait pas. Le soldat fit aussitôt un magnifique sourire en revenant au visage de l'ingénieur, qui fronça les sourcils, ne comprenant pas.

« Je le sais parfaitement Tony. Je te jure que je ne le ferai pas. »

Puis voyant que l'ingénieur n'avait toujours pas lâché, il se pencha en avant pour embrasser les côtes devant lui, alors que sa main reprenait sa caresse sur son érection.

« J'obéis aux ordres, tu devrais le savoir. J'essaie donc autre chose. Fais-moi confiance… »

L'ingénieur le fixa quelques secondes, mais il ne résista pas plus longtemps. C'est le Captain America qui était avec lui. Évidemment qu'il pouvait lui faire confiance, non ? Le soldat obéissait aux ordres. Toujours. Il n'avait donc pas à s'en faire, et revint sagement contre la table en posant ses mains à plat sur le verre. Steve sourit, déposant un simple baiser sur la nuque découverte, comme pour le remercier, avant de finir de repousser le pantalon de Tony sur ses genoux. Il caressa de sa main libre les fesses dévoilées, hésitant un instant. Il regarda les hanches de Tony rouler doucement, incapable de rester en place à cause des caresses qu'il savourait.

Tony était vraiment une créature magnifique en qui, bizarrement, il avait confiance, dans une certaine mesure. Steve sourit doucement, sa main venant enserrer une fesse. Il avait envie de le posséder, sentir cette chaleur contre lui, en lui. Il voulait sentir l'odeur de Tony sur lui. Mais il avait promis qu'il ne le pénètrerait pas. Il ne le ferait pas, mais lutter contre son envie était vraiment difficile. Voir même douloureux. Il devait faire quelque chose, maintenant. Mais il hésitait. Il était rare que le capitaine doute de lui, mais il ne pouvait s'en empêcher. Pourtant un gémissement plus fort le décida. Tony ne s'était jamais plaint de ce qu'il lui avait fait jusque-là de toute façon… Et sans autre préambule, il écarta la fesse qu'il tenait pour venir glisser sa langue entre les deux. Tony se tapa immédiatement la tête contre le verre, mordant sa lèvre pour étouffer son grognement face à cet attouchement inédit. Putain, le prochain qui lui dirait que le capitaine était coincé, il lui rirait à la gueule.

La sensation était étrange, mais pas désagréable. Il sentit Steve tâtonner légèrement, sûrement incertain, avant de laper délicatement autour de son entrée. Oh putain, c'était diablement gênant, même pour lui, mais aussi foutrement excitant. Il ne protesta même pas lorsque la main sur lui ralentit doucement, au profit de la langue qui cherchait, caressait, explorait. Il ne put retenir plus longtemps sa voix, et gémit sans parvenir à se retenir.

« Putain Steve, c'est bon. »

Le soldat sourit légèrement, avant de pousser sa langue à l'intérieur de lui. Tony avait dit aucune pénétration, mais il était sûr qu'il ne lui en voudrait pas pour ça. Et effectivement l'ingénieur se cambra violement, plaquant son torse contre la table, se tortillant.

« T'arrête pas…», réussit-il à articuler entre deux halètements.

Steve continua pendant un moment, avant de se retirer. Il aurait aimé continuer, encore et encore, écouter Tony supplier parce que c'était bon, mais son propre corps demandait à jouir. Et s'il avait pu repousser son envie jusque là, il avait mal dans chaque partie de son corps. Il maudit le sérum encore une fois, souhaitant faire passer Tony en premier, mais il n'y arrivait plus. Et il se maudit encore plus lorsqu'il entendit Tony demander à ce qu'il revienne. Il soupira doucement, pour essayer de garder le contrôle, avant d'embrasser le dos offert à lui, laissant sa main reprendre ses va-et-vient soutenus. Tony était magnifique. Une fine pellicule de sueur le recouvrait, son corps se soulevait doucement au rythme de sa respiration saccadée. Le goût de la peau sur la langue du soldat n'en était que plus fort. Son autre main libéra enfin sa propre érection avec un soulagement, avant qu'il ne fasse glisser son jean sur ses genoux pour se coller à l'ingénieur qui semblait perdu dans un monde de sensations.

Pourtant, à la seconde où il sentit le sexe contre lui, il rua brusquement en arrière, pour tenter de repousser le soldat. Mais Steve le bloqua aussitôt, appuyant son corps sur le sien, avant de déposer des baisers légers sur son épaule, ses mains lui tenant les flancs.

« Je ne vais pas le faire Tony », chuchota-t-il avec douceur. « J'improvise. Mais là, je ne peux plus me retenir… »

L'ingénieur ne comprit pas, mais arrêta de se débattre sans pour autant se détendre. Steve glissa son sexe entre les jambes de Tony, avant de se rapprocher. Il se retrouva ainsi emprisonné juste sous les fesses de l'ingénieur, le bout de son sexe touchant ses bourses. Le soldat grogna doucement, prenant à deux mains les hanches de Tony pour effectuer un premier va-et-vient, mimant parfaitement l'acte. Les deux rugirent, le corps de Steve trouvant enfin la satisfaction dont il avait besoin, alors que Tony fut surpris de sentir ses bourses se surélever dans une étrange caresse tout ce qu'il y a de plus grisante.

Bordel, il en avait encore beaucoup des idées comme ça, le capitaine ?

Qui aurait pu penser qu'il pouvait se montrer innovant comme ça, en essayant de se plier à ses ordres ? Une main reprit une nouvelle fois place sur son érection, et se mit en action au rythme des hanches du capitaine.

Putain de merde. C'était trop bon. Son service trois pièces était ainsi divinement maltraité. Chaque coup de boutoir frappait ses bourses, les faisant remonter, alors que la main l'enserrait dans un étau chaud, bougeant à contrecourant pour approfondir les sensations. Il posa son front sur une main devant lui, profitant des sensations qui dévastait son corps, avant d'ouvrir les yeux, pour gémir fortement. La table en verre transparent portait certes les traces laissées par leurs sueurs, mais il pouvait encore parfaitement voir à travers et il avait maintenant une vue imprenable sur la main de Steve qui s'activait sur lui, et voyait le sexe du soldat apparaître par intermittence entre ses cuisses. Merde, c'était une vision des plus érotiques et il faillit se libérer aussitôt. Il réussit à se retenir, voulant encore faire durer ça. C'était trop bon pour être arrêté, tant pis si son corps hurlait sous la fatigue, ne demandant qu'à se libérer. Son esprit lui, en voulait encore.

La tête de Steve fut soudainement dans son cou, ainsi que sa langue, mordant sa peau, le souffle anarchique.

« Je n'en peux plus », gémit-il à l'oreille de l'ingénieur. « Mon corps… Je… »

Tony réussit à trouver la force de relever une main, pour la poser à l'aveuglette sur la tête du soldat, le tira à lui par les cheveux, et l'embrassa comme il put en se contorsionnant.

« Vas-y », susurra-t-il ensuite chaudement.

La seconde d'après, le capitaine se répandit entre ses cuisses dans de puissants jets chauds, recouvrant Tony qui s'étouffa avec un léger cri, se regardant jouir à son tour à travers la table. Steve arrêta de bouger, essayant de récupérer son souffle comme il pouvait. Il essaya de ne pas écraser Tony, s'appuyant sur la table grâce à son coude, avant de se libérer des cuisses de l'ingénieur. Il sentait déjà l'envie revenir dans son corps saturé de plaisir et grinça des dents. Il caressa pourtant les cheveux de Tony qui n'avait pas bougé, mais fronça les sourcils. C'était étrange que l'ingénieur ne dise rien. Il se redressa aussitôt, inquiet, tournant la tête vers lui, avant de se glacer. Tony ne bougeait plus, les yeux fermés, semblant avoir perdu conscience. Steve paniqua immédiatement, se sentant coupable comme jamais, se détestant plus que tout, avant qu'un légèrement ronflement n'interrompe ses pensées alors qu'il essayait d'attirer Tony à lui.

Le soldat le fixa pendant plusieurs secondes, le laissant à moitié sur la table, alors qu'il tombait au sol. Tony s'était simplement endormi. Steve ne put s'empêcher de rire légèrement, pour évacuer le stress qui l'avait saisi pendant quelques secondes. Tony était vraiment impossible. Pourtant le soldat ne put s'empêcher de culpabiliser. Il savait que l'ingénieur était fatigué, mais il n'avait pas su résister. Il repoussa au loin ses remords, et ignora autant qu'il le pouvait sa nouvelle érection, pour nettoyer les cuisses de Tony à l'aide d'un mouchoir qu'il trouva à côté du canapé et remonta le pantalon sur ses hanches pour le rhabiller. Il rabattit ensuite le tee-shirt sur son dos, avant de refermer aussi bien qu'il le pouvait son propre jean, malgré son état. Il se mit enfin sur ses pieds. Ses genoux craquèrent, soulageant ses articulations douloureuses, il était resté longtemps dans une position si peu confortable. Il prit ensuite aussi délicatement que possible l'ingénieur dans ses bras, pour le faire s'allonger sur le canapé et le recouvrir de la couverture qui avait atterri par terre. Il sourit faiblement en voyant Tony marmonner quelque chose, et caressa un instant les cheveux indisciplinés. Il aurait aimé s'allonger contre lui, rester là, partager un moment de calme avec lui, mais son corps n'était absolument pas d'accord. Il fallait qu'il fasse quelque chose, de l'exercice, ou aller prendre une douche froide, mais il ne pouvait pas se permettre de rester près de lui sans courir le moindre risque…

Steve se recula donc à regret, nettoyant rapidement la table à l'aide d'un autre mouchoir pour effacer toute trace de ce qu'il avait fait, avant de partir vers le gymnase. Pourtant, malgré le fait qu'il détestait le sérum en lui à cet instant, il se sentait étrangement heureux. Il avait pu s'expliquer avec Tony, c'était le plus important pour le moment.

Alors cette conversation que beaucoup attendait? Et cette table basse alors? ^^ reviews? :3