Salut tout le monde!

Voici le chapitre 4! Je sais que je n'update pas souvent, je m'excuse :S Je suis vraiment occupée. Mais ne vous inquiétez pas, je vais finir cette fic.


Rappel :

Le Sommet : Organisme suprême des êtres surnaturels. Chaque espèce a son département et envoie des missions à son peuple.

L'Ordre : Groupe composé d'un représentant de chaque espèce formé pour régler les problèmes généraux.

Abdoulaye Seba : Vampire et meilleur ami de Carlisle. Il habite les Terres Immortelles et a été envoyé par le Sommet pour aider la famille Cullen et les Quileutes à effectuer leur Mission Obligatoire.


Aux ordres du Sommet

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Chapitre 4

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PoV Edward Cullen

- Jeune Cullen!

Je me retournai vers notre nouvel invité et le meilleur ami de mon père, Abdoulaye Seba. Il dépassa les divans de notre salon et s'approcha de moi en souriant poliment pour me rejoindre près des escaliers.

Le vampire avait une personnalité moqueuse et taquine, mais elle restait agréable. Il semblait du genre à ne jamais se prendre la tête avec les choses de la vie et à faire disparaître les tensions de ses compères rien qu'avec sa présence. Les autres membres de ma famille avaient l'air de l'apprécier et même Rosalie était respectueuse avec lui.

Sous ses airs moqueurs, on pouvait voir que l'homme était d'une grande intelligence et d'une visible sagesse. Cependant, je ne savais toujours pas si je pouvais lui faire entièrement confiance. Cet être était un mystère total et je ne pouvais m'empêcher de rester méfiant envers lui.

Ses yeux avaient beau refléter une lucidité étonnante, il posait parfois des questions qui nous laissaient perplexes ou nous faisaient douter de concepts pourtant évidents. Il lui arrivait aussi de nous fixer intensément pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que la chose en devienne embarrassante. Il hochait ensuite la tête, comme s'il avait réussir à lire en nous et avait découvert quelque chose de concluant. Je lui avais demandé s'il lisait les pensées ou réussissait à ressentir les émotions des autres comme Jasper et moi, mais le médecin africain m'avait affirmé qu'il ne possédait pas de tels pouvoirs.

J'avais d'ailleurs tenté de moi-même fouiller sa tête et je m'étais heurté à un noir total qui m'avait bizarrement fait sentir nauséeux. Le noir était si dense qu'il m'avait fait tanguer. C'était bien la première fois que cela m'arrivait et je n'avais pas voulu réitérer l'expérience.

-Abdoulaye? répondis-je à l'appel.

-Carlisle et moi avons fini de discuter. Tu peux le rejoindre.

Je le remerciai d'un signe de tête et rejoignis le bureau de mon père.

J'ouvris les doubles portes et trouvai mon créateur en plein dans ses réflexions, ne réagissant pas à mon arrivée.

Son bureau était vaste et ensoleillé grâce aux gigantesques fenêtres qui surplombaient l'arrière de sa table de travail. Il avait fait construire une bibliothèque qui s'étendait jusqu'au plafond sur le mur de gauche, et avait installé des fauteuils et divans sur le côté droit pour permettre à quiconque de lire confortablement assis.

Je refermai les portes doucement derrière moi et lorsque je m'approchai de mon créateur, les pensées que je pus lire dans sa tête me surprirent:

« ...Et dire que je voulais un peu de repos pour les enfants. Je me demande quelle sera la réaction de la meute Uley à cette guerre... »

-Une guerre? je ne pus m'empêcher de m'exclamer.

Carlisle sursauta légèrement en levant les yeux vers moi.

-Quelle guerre Carlisle? je demandai en m'avançant vers lui.

Mon père me fixa sans rien dire, probablement dérangé par le fait que j'eusse découvert la nouvelle en fouillant en lui.

Il poussa finalement un soupir et se passa une main dans les cheveux avant de répondre:

-Nous avons reçu une Mission Obligatoire.

Je levai un sourcil, ne m'attendant pas à cette réponse.

Je n'avais jamais fait de mission obligatoire de ma vie. Si ma mémoire ne me faisait pas défaut, Carlisle avait été contraint d'en effectuer une il y avait un peu plus de quinze ans. Nous habitions à l'époque près de Carrington, au Dakota du Nord. Une journaliste avait découvert le repère des sorcières des lieux et avait eu l'intention de dévoiler leur existence à la télé après avoir récupéré de nombreuses preuves.

Nous étions les êtres surnaturels les plus proches de la ville de la journaliste, en ce temps-là. Carlisle avait donc été contacté d'urgence pour se rendre sur les lieux dans l'immédiat et éliminer l'humaine par n'importe quel moyen. Il devait ensuite s'assurer que le corps reste sous surveillance, le temps que l'équipe de nettoyage arrive faire leur travail. J'avais proposé à Carlisle de l'aider à la tâche, mais il avait catégoriquement refusé.

Il ne m'avait jamais expliqué comment s'était déroulée la mission, mais le lendemain, on annonçait la mort de la journaliste et de son équipe dans accident de la route.

-À quoi consiste cette mission? je demandai à mon père.

Mon père prit une enveloppe noire qui avait été scellée d'un sceau rouge sang et sortit un papier de celle-ci. Il parcourut la lettre et dit :

-Une armée de goules s'apprête à envahir le nord ouest de Washington d'ici quelques semaines. Le Sommet leur a envoyé un avertissement officiel, mais elles n'ont rien voulu savoir et ont tué le Coureur.

Les Coureurs étaient des humains en connaissance des espèces magiques. Ils menaient généralement une double vie en travaillant parallèlement avec le monde surnaturel. Bien entendu, il leur était formellement interdit de dévoiler notre existence au monde humain au risque de, comme la journaliste, se faire éliminer en moins de deux. Le nom remontait à l'époque où les moyens de communication n'étaient pas développés et qu'ils se retrouvaient obligés de courir d'une région à une autre pour délivrer les informations.

Les Coureurs étaient des êtres neutres et il avait toujours été de règle de ne jamais leur faire du mal. La plupart du temps, ils ne servaient que de messagers, d'intermédiaires sans partis pris ou de médiateurs entre deux espèces. Les tuer était comme tuer des médecins de guerre qui guérissaient les soldats des deux camps. Ça ne servait à rien et c'était déplacé.

Tant qu'ils ne découvraient pas notre existence, le Sommet se fichait bien du sort des humains normaux, mais la non-violence envers les Coureurs était l'une des règles les plus strictes de notre monde. Les hauts placés avaient dû être furieux de cette nouvelle.

-Je vois... je dis en apprenant la raison de la mission.

-Trois groupes d'êtres surnaturels de la région nord-ouest de Washington sont chargés d'éliminer ces goules, m'informa Carlisle en rangeant la lettre. Elles devraient attaquer d'ici 2 mois et demi selon une voyante du Sommet.

-Et ces trois groupes impliquent...

-Nous, les loups de la Réserve, ainsi qu'une autre meute de loups habitant la ville Brinnon.

Eh bien, encore un travail avec les chiens.

-L'un d'eux a été mordu par une goule justement, je préviens en y repensant. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle je venais te voir.

Black avait apparemment perdu son père 5 jours avant et, même s'il était mon rival en amour, je ne pouvais m'empêcher de le plaindre un peu. Je savais que la famille était la chose la plus importante pour la tribu et peu importait à quel point il me haïssait, je ne pense pas que le Quileute se serait réjoui de mon sort si la situation avait été inversée.

Bella avait songé se rendre à l'enterrement, mais un certain souvenir qui m'était toujours inconnu l'en avait dissuadé. Se voyant dans l'impossibilité de soutenir son ami dans une situation pareille, ma petite amie avait été accablée. Elle voulait aider le loup par n'importe quel moyen et m'avait supplié de demander à Carlisle de guérir leur frère Paul.

Carlisle se redressa sur son siège à la nouvelle et demanda d'un air inquiet:

-Comment va-t-il?

-Pas très bien, selon Bella. Le venin de la goule a pénétré son organisme et le loup ne se réveille pas.

-Oh! Pourquoi n'ont-ils rien dit? se peina mon père.

Je fixai mon créateur, encore une fois surpris et admiratif par la compassion qu'il éprouvait envers tous les êtres malades de cet univers. Carlisle était médecin avant toute autre chose.

-Penses-tu qu'ils accepteraient que je leur rende visite? continua-t-il.

Je poussai un soupir en secouant la tête.

Ce n'était pas à Carlisle de demander la permission de guérir leur frère, mais bien le contraire.

-Je demanderai à Bella de faire passer le message, Carlisle. S'ils acceptent, ils te contacteront eux-mêmes.

Mon père hocha la tête à ma proposition et replongea dans ses pensées. Son cerveau se mit à fonctionner à cent mille à l'heure et j'eus le tournis à la vue de nombreuses formules chimiques et de noms de médicaments qu'il pourrait administrer au loup.

Je poussai un autre soupir et sortis de la pièce en laissant l'autre vampire à ses réflexions.

-Oh Edward! j'entendis en refermant derrière moi les portes du bureau de mon père.

Une Alice tout excitée gambada vers moi avec Jasper à sa suite. Elle portait une simple robe à bretelles violette et tenait deux statuettes en forme d'animaux en main. Son mari sourit tranquillement en s'approchant et observa sa femme me mettre les 2 objets qu'elle transportait sous le nez.

-Laquelle préfères-tu? demanda-t-elle

Je fixai les petites sculptures de verre; l'une avait la forme d'un cygne au cou courbé et l'autre...eh bien, l'autre était pareil.

-Heu...je dis en hésitant. Elles sont toutes les deux très bien...

-Oui, mais laquelle préfères-tu? me pressa ma sœur.

-Je ne sais pas...celle de droite? je m'essayai.

-Comment ça, tu ne sais pas? s'énerva la voyante.

-Tu sais, il n'y a pas grande différence...

Alice claqua la langue, irritée.

-Il y en a une ! Celle-ci a des reflets bleu-mauve avec l'aile droite surélevée, et celle-là a des reflets bleus avec les deux ailes sur le côté !

- Je vois...

Consciente que je n'y voyais rien du tout, ma sœur loucha vers moi comme si j'étais le pire ahuri de la planète avant de durement tourner les talons en bougonnant « ah les hommes… ».

Jasper rit doucement en observant tendrement sa femme partir sur les nerfs vers Esmée pour se plaindre.

-Ces sculptures sont pour quoi, au juste? je demandai à mon frère.

-Deux de ces statuettes seront installées au-dessus du portemanteau lors de votre mariage, me répondit-il.

-Oh Seigneur...

Jasper sourit, amusé, en continuant à fixer sa Compagne plus loin dans le salon. Je me demandais parfois comment il faisait pour gérer cette boule d'énergie.

Un sourire étira mes lèvres en songeant que j'aurais également bientôt une femme à gérer et à rendre heureuse. Les préparations du mariage me rendaient dingue, mais j'avais tout de même hâte à ce jour.

-Bella va bientôt rentrer dans la famille, je murmurai plus pour moi-même.

Mon frère hocha faiblement la tête en posant délicatement une main dans son cou. Il fixa ensuite ses yeux au sol, et pensa distraitement:

« C'est vrai, en espérant que ce soit la bonne fille pour Ed ».

La pensée me fit tiquer.

Je me tournai vers lui et le regardai, complètement surpris.

Je n'arrivais pas à croire que mon frère puisse penser une telle chose.

-Comment peux-tu en douter? lui demandai-je.

Jasper sembla se rendre compte que l'une de ses pensées honnêtes venait de se faire entendre. Il jongla légèrement sur ses pieds, mal à l'aise:

-Bella t'aime du plus profond de son cœur, je le sens, je le sais. Et je sais que tu l'aimes sincèrement aussi, mais...

« Mais il y a quelque chose... Il y a quelque chose qui manque » avoua-t-il dans sa tête, probablement embarrassé de le dire à haute voix.

Jasper n'avait jamais rien eu contre Bella. Il la trouvait charmante avec sa maladresse et sa bonne humeur. Cependant, il avait toujours conservé une certaine distance que je n'expliquais pas avec elle. J'aurais cru que c'était en raison de sa tolérance limitée à l'odeur du sang humain, car il avait déjà eu un fâcheux accident la concernant. Mais maintenant, il était possible que ce soit pour une tout autre raison.

Ne voulait-il pas se rapprocher de Bella parce qu' il ne se voyait pas la considérer comme un membre de la famille ? Je savais que Rosalie ne l'accepterait jamais, mais je me serais attendu à un tout autre comportement de la part de Jasper.

-Jasper, je repris légèrement irrité. Bella et moi nous aimons, c'est l'important. Ne doute pas de cet amour. Elle sera ma parfaite Compagne.

A cette réponse, mon frère soupira encore une fois en secouant la tête:

-Comme je l'ai dit, je peux très bien ressentir que vous vous aimez sincèrement, Edward, me rassura-t-il. Ne deviens pas paranoïaque, tout le monde à des doutes, vous aurez simplement à me prouver en pleine figure que mes doutes étaient inutiles.

Des doutes sur quoi? ne puis-je m'empêcher de penser.

Bien entendu, Rosalie était certaine que Bella faisait semblant de m'aimer pour bien paraître devant les autres et éventuellement devenir immortelle, mais ce n'était pas le cas. J'espérais juste que Jasper ne remettait pas en question la sincérité de Bella. Il venait de dire lui-même qu'il pouvait ressentir son amour, que voulait-il de plus?

-Jaz, Bella m'aime et-

-Edward, me coupa Jasper. Mes doutes ne viennent pas de Bella...mais bien de toi.

oooOOOooo

Comment mon frère pouvait-il douter de l'amour que je portais pour Bella? J'avais failli m'enlever la vie en Italie tellement la pensée de la perdre m'avait atrocement bouleversé.

J'atteignis la partie neutre de la forêt. J'avais trouvé un coin tranquille pour me recueillir et ça faisait bien des mois que je n'y étais pas retourné pour réfléchir. Avec ma rencontre avec Bella, Victoria et les Volturie, je n'avais pas eu le temps de venir faire un tour.

Mais là, j'en avais besoin.

Peu importait ce que disait Jasper, j'aimais profondément Bella et je le savais. Cependant, j'avais besoin de me faire à l'idée que tous les membres de ma famille ne seraient peut-être pas prêts à l'accepter automatiquement. Qui serait le prochain à remettre en question cette relation? Emmett que Rosalie aura réussi à convaincre? Carlisle qui était contre l'idée qu'elle perde son humanité? Qui d'autre?

J'accélérai le pas, désireux de m'étendre sur le sol et donner libre cours à mes pensées. Mais quand j'aperçus les énormes roches qui entouraient mon endroit habituel, je détectai une fragrance qui ne m'était pas familière près de celui-ci.

Une odeur de loup.

Silencieusement, je sautai sur l'un des rochers et observait la scène au milieu de ma place favorite.

Un garçon au teint basané et aux courts cheveux noirs de jais était couché sur le dos et regardait le ciel d'un œil vide. Il portait un sombre bermuda gris et n'avait pas pris la peine de se mettre un haut. Je le reconnus tout de suite; Jacob Black.

Comme cette partie de la forêt était neutre, les loups avaient également le droit de la côtoyer. Le fait que Black ne m'ait pas sentit et qu'il ne se soit pas enfui ou manifesté m'étonna néanmoins.

Je descendis du rocher et m'avançai de quelque pas vers lui pour voir s'il réagirait. J'aurais pu le tuer facilement, les loups étaient normalement plus vigilants.

Puis, alors que je m'approchai de l'adolescent, une vague de pensées déprimantes venant de l'Indien me frappa.

Je vis des images de l'enterrement de son père, du jour où le médecin lui avait annoncé qu'il ne se réveillerait pas du lit d'hôpital et des pleurs de jeunes femmes que je devinai être les soeurs du loup.

Et surtout, je vis le corps du père de Black.

Toujours étendu sur un sol, parfaitement immobile.

Le Quileute se remémorait cette scène encore et encore; comment il l'avait trouvé par terre, comment il avait tenté de le ranimer et comment ses tentatives n'avaient affreusement pas fonctionné.

Toujours ces mêmes scènes

-Black...je dis avant de pouvoir m'en empêcher.

Le jeune Indien sursauta et fut sur ses pieds en un clin d'œil. L'air fragile et brisé qu'arborait son visage une minute plus tôt disparut pour faire place à mine menaçante.

Il n'avait pas l'air en forme, mais l'Indien avait changé depuis que je l'avais vu. Son corps reflétait le travail de durs entraînements et les traits de son visage s'étaient raffinés. Mais ce que je remarquai le plus fut l'aura autour de lui. Son corps semblait dégager une puissance brute qui n'était pas là la dernière fois que l'on s'était croisé.

Quand il me reconnut, Black se courba, prêt à se transformer en loup si nécessaire, et plissa vicieusement les yeux.

-Cullen! cracha-t-il avec tout le dédain qu'il possédait. Qu'est-ce que tu fous ici?

J'ignorai son accueil peu cordial et avançai d'un pas vers lui. Il plissa davantage les yeux et un grognement animal sortit de sa gorge pendant qu'il se courbait encore plus, à deux doigts de se transformer et m'attaquer.

-Je suis désolé pour ton père, je répondis à son salut.

L'Indien se figea et ses yeux s'écarquillent. Lorsque je voulus lire ses pensées, je tombai sur le même noir inconfortable que j'avais rencontré avec Abdoulaye. Ils les avaient bloquées.

-Tu...tu as vu? demanda le loup d'une voix blanche.

J'hésitai et hochai la tête :

-Oui j'ai vu...

Black se redressa lentement et je le vis blêmir.

Puis, comme ça, il éclata de rire.

Un rire cruel et sans joie qui me donna des frissons tellement il était froid.

-Tu es désolé? Tu es désolé de quoi hein? siffla le loup. Ne me mens pas Cullen, ça ne sert à rien.

-Je ne mens pas-

-Alors dit moi qu'est-ce tu fous là!? Si ce n'est pas pour te moquer de moi?! Tu vas me dire que tu me salues tous les jours peut-être?! Nous savons tous les deux que nous nous fuyons comme la peste, alors ne me mens pas Cullen.

Je devais avouer que j'étais moi-même étonné de ne pas avoir rebroussé chemin lorsque j'avais vu le jeune étendu sur le sol. En temps normal, j'aurais effectivement évité n'importe quelle confrontation, ne sera-ce que pour Bella, mais mes pas m'avaient inconsciemment attiré vers le loup.

-Black, je suis sincère.

-Ta fausse pitié, tu peux te la mettre là où je pense Cullen. T'as trouvé la parfaite occasion pour me rabaisser, et t'en profites. Mon père est mort, haha! Vas-y moque toi! Je vais t'écouter!

-Je ne suis pas là pour me moquer!

-Alors pourquoi t'es là!?

-Je montre un peu de compassion envers le meilleur ami de ma copine.

Bon alors...

Mauvaise mauvaise idée d'amener Bella sur le tapis.

Le loup repartit dans un grand rire qui me glaça encore une fois le sang.

-Oui bien sûr! Monsieur veut montrer encore une fois comment son putain d'être complet est parfait à sa petite amie! On montre de la "compassion" au perdant! Regarde-moi Bella, j'agis tellement bien!

-Ne raconte pas de bêtise...

-T'as rien à prouver, Cullen, Bella ne me regarde même pas. En fait, dis-lui ce que tu veux, dis-lui que tu as réconforté mon piteux état, que tu m'as flatté le dos, que j'ai pleuré sur ton épaule, dis-lui n'importe quoi pour qu'elle félicite ta putain de compassion...

Un flash de l'un de ses frères étendu sur un lit de malade s'échappa de ses pensées qu'il avait tenté de bloquer.

Le loup ferma les yeux, accablé.

-J'ai déjà... Assez de problèmes comme ça pour avoir l'énergie de me disputer avec toi. Juste...laisse-moi tranquille et dégage.

Sans aucune raison cohérente, mes jambes refusèrent d'obéir à son souhait. Son air mélangé de tristesse et de colère me disaient de ne pas bouger de ma place.

Voyant que n'esquissai pas le moindre geste, Black commença à sérieusement s'énerver. Il se passa rageusement une main dans les cheveux et dit d'une voix contrôlée :

-Cullen, si tu ne déguerpis pas tout de suite, je jure que je te tue.

-Black...

-VAS-T-EN, BORDEL! me hurla-t-il en même temps qu'une force oppressante venant de son corps me fit reculer d'un pas.

Je ne sais pas pourquoi je fis ça, je ne sais pas ce qui me prit. Mais à cet instant, je savais que je devais faire quelque chose.

Avant qu'il ne m'attaque pour de bon, je m'avançai vers lui et étendis ma main pour aller la poser tout doucement sur son avant-bras.

Cette simple action allait peut-être m'étonner plus tard, mais pour l'instant, elle me sembla juste.

La colère de Black s'envola comme par enchantement. Il fixa un instant ma main avec incrédibilité, avant de plonger ses yeux chocolat dans les miens.

Puis, il éclata en sanglots.

Il tenta de retenir ses pleurs de sa main libre, mais les larmes ne pouvaient s'empêcher de couler. Doucement, il s'accroupit sur le sol et laissa aller ses larmes qu'il avait probablement retenues depuis quelques jours. Je m'accroupis en même temps que lui et attendis.

Je fus content qu'il ne dégage pas violemment ma main de son bras comme je craignais. Il pleurait simplement et je continuais à attendre.

Peu importait notre condition ennemie, peu importait notre rivalité pour Bella. Là, je consolais un adolescent qui venait de devenir orphelin.

Il se calma enfin, après quelques minutes. Puis, la tête baissée, il murmura d'une voix brisée ;

-Puis...Paul qui ne se réveille pas...

À cette dernière remarque, mon cœur se serra. Je regrettais d'avoir songé que les loups étaient simplement prétentieux pour ne pas avoir demandé de l'aide à mon père. Ils devaient avoir leurs raisons, parce que leur frère était visiblement plus important qu'une quelconque prétention. Jacob venait de perdre son père et il avait peur que Paul finisse de la même façon.

Ma main parcourut le long de son avant-bras et alla rejoindre la sienne sans que je réfléchisse.

-Mon père va guérir Paul, Black, je le rassurai doucement. Le tien repose en paix, et de là où il est, il n'a pas encore fait une place pour l'un de tes frères.

Et à cet instant, je sus que le loup oublia que j'étais un vampire, que je lui avais volé sa petite amie ou que j'étais simplement Edward Cullen, son ennemi attitré.

Car il me fixa dans les yeux avec reconnaissance et resserra son emprise sur ma main.

oooOOOooo


À plus! :)