Milo observa le verseau partir. Il était sous le choc de savoir que le chevalier des glaces l'aimait toujours malgré ce qu'il avait fait. Il n'arrivait pas à y croire.

Alors qu'il se mettait à réfléchir sur ce qui avait été dit, il fut distrait par des éclats à proximité. C'était les deux autres chevaliers du froid qui se disputaient. Le sujet de leur altercation parvint aux oreilles du scorpion qui soupira.

Il allait repartir dans les méandres de ses pensées lorsqu'il vit Hyôga s'avancer vers lui. Sans se radoucir, celui-ci lui demanda :

- As-tu quelque chose à me dire ?

- En effet et cela me trotte dans la tête depuis quelques temps.

- Ce n'est pas à cause de l'autre ?

- Non. Es-tu sûr de vouloir l'entendre ?

- Oui, au point où j'en suis…

- Très bien. J'aimerais qu'on se sépare

- Pourquoi ?

- Je me suis rendu compte que je ne supportais plu ton caractère qui me tape sur les nerfs.

- Très bien ! Puisque c'est comme ca ¡ Adios !

Il fit demi-tour et partit.

Milo, de son côté, ressenti comme un poids s'allégeait en lui. Maintenant, il fallait maintenant qu'il s'enlève une autre aiguille du pied. Revenu dans son temple, il prit de quoi écrire et marqua :

Camus,

Je ne regrette pas de t'avoir rencontré car tu m'as appris tellement de choses mais cela ne suffira pas.

Malgré nos années d'amitié et d'amour, et suite à notre discussion, je maintiens ce que je t'ai dit.

Je ne me pardonne pas ce que je t'ai fais et donc ne suis plus digne de toi.

Ne t'en veux pas s'il te plaît mais maintenant, cela est impossible que tout redevienne comme avant.

Dorénavant, je nous considère comme de simples collègues.

Sincèrement

Milo

Ayant fini sa lettre, le scorpion la plia et attendit que la nuit soit bien avancée pour aller la déposée dans le temple du verseau. Alors qu'il ressortait du onzième temple, il croisa le propriétaire de celui-ci. Ils se regardèrent dans les yeux puis, au grand étonnement de Milo, Camus baissa les yeux et reprit sa route. Le huitième gardien entendit son collègue se baisser pour prendre l'enveloppe qu'il venait de déposer. Ne souhaitant pas voir sa réaction, Milo redescendit jusqu'à son temple.

Camus se raidit lorsqu'il vit l'arachnide sortir de son temple. Le voir lui faisait toujours aussi mal et il finit par baisser les yeux devant ce regard qui le hantait tant.

En passant près de lui, il se retint difficilement de pleurer et de le prendre dans ses bras afin de lui dire qu'il lui manquait. L'ayant dépassé, il remarqua l'enveloppe et frémit. Il devinait ce qu'elle contenait. Avec une déception douloureuse, il ramassa celle-ci et entendit le scorpion partir. Rentrant dans son salon, le verseau s'installa dans un fauteuil et prit son courage à deux mais pour ouvrir la missive. Il ne voulait pas l'ouvrir, ne voulait pas voir la réponse.

Des larmes s'échappèrent de ses yeux au fur et à mesure qu'il lisait, Milo renié tout et mettait fin à leur amitié.

Posant la maudite lettre sur la table, il laissa un mot a Crystal en lui demandant sans lui imposer de rester au sanctuaire. Il lui dit également, qu'il repartait en Sibérie et qu'il ne reviendrait que sur ordre du pope. Il insista également sur le fait de rester seul et de ne recevoir aucune visite. Laissant son mot à côté de l'autre, il prit ses affaires, et prévenant le représentant d'Athéna, prit le chemin pour retourner à son isba.

Arrivé là-bas, Camus eut à peine le temps de poser ses affaires qu'il sentit un appel de détresse du cosmos de Hyôga. Partant à sa recherche, il eut un pincement au cœur lorsqu'il le trouva. Le chevalier du cygne se trouvait dans un état pire que pendant ses années d'entraînements. Oubliant qu'il lui en voulait, Camus le prit dans ses bras et le ramena dans la petite maisonnette. Il déposa ensuite le jeune homme sur son lit et examina de plus près les différentes blessures. Ayant une parfaite maîtrise de la médecine et grâce à son cosmo, il soigna le corps mutilé. Une fois qu'il eût fini, il partit préparer un plateau-repas qu'il amena au chevet du jeune chevalier et retourna ensuite dans le salon.

Quelques heures plus tard, Hyôga se réveilla mettant quelques minutes pour se rappeler ce qui lui était arrivé. A mesure qu'il se souvenait, il regardait son corps et se demandait ce qu'il faisait dans la chambre de son ancien maître et de surcroît dans son lit. Lorsque son regard de posa sur le plateau-repas, il oublia bien vite ses questions et mangea tout avant de se rendormir.

Un long moment plus tard, il se réveilla de nouveau et tenta, tant bien que mal, de se lever.

Il se dirigea ensuite d'un pas peu assuré en direction du salon. Il venait d'arrivé sur le seuil de celui-ci, lorsqu'il entendit un froissement de papier comme lorsqu'on tourne les pages d'un livre.

Il se figea et cru qu'il rêvait. Se tournant lentement dans la direction d'où provenait le bruit, il vit celui qui l'avait, encore une fois, sauvé et protéger.

Camus releva lentement la tête et regarda le jeune homme. Décidant d'oublier que c'était à cause de lui qu'il n'était plus avec le scorpion, le verseau demanda :

Comment te sens-tu ?

Toi…, c'est toi qui m'as soigné ?

Effectivement, fit le verseau en quittant sa lecture qu'il avait reprise.

Pourquoi ?

C'est évident. Je n'allais pas te laisser dans l'état où tu étais. Athéna et le reste de nos frères d'armes ne me l'aurait pas pardonné.

Hyôga ne répondit rien et alla, sous le regard inquiet de Camus, dans la cuisine pour se désaltérer. Il terminait de réfléchir sur son attitude envers le français et elle lui apparaissait tellement puérile.

Pendant ce temps, Camus hésitait à révéler le secret qu'il gardait depuis bien trop longtemps sur son cœur.

Comment réagirait le jeune chevalier s'il lui disait ? Même s'il avait peur du rejet de Hyôga, il finit par se convaincre que celui-ci devait savoir enfin la vérité.