Je suis égoïste. Pourquoi ? Laissez moi vous raconter.

Il est venu me voir un matin au printemps. Le vent agitait ses cheveux bruns finement coupés, ses pommettes étaient rougies par la douce brise de cette journée. Si j'avais su ce qu'il venait m'annoncer je serais partie en le voyant venir. Il s'est approché de moi, s'est assis sur le banc et a prit ma main dans les siennes. Son regard était différent de d'habitude, plus pétillant mais aussi plus interdit, plus impatient mais aussi plus apeuré. Qu'avait-il donc ?
Je peux encore entendre le son de sa voix faire vibrer mes tympans.

"Hyung... Hyung il faut que je te le dises... Je t'aime."

Comment ai-je réagis ? Mal. Comme tout homme le ferais si son meilleur ami venait lui annoncer un beau jour qu'il était amoureux de lui. Je l'avoue j'ai été injuste avec cet homme, avec mon ami. Je lui ai dit des choses que je regrette encore aujourd'hui.

Les jours ont passé, je ne l'ai pas revu. Oui il a du souffrir et bien plus que moi. Mais pourquoi je ne pouvais m'empêcher de penser à lui ? Le matin quand je me levais je voyais son sourire chaleureux, le soir en fermant les yeux, son regard profond apparaissait et je m'y noyais avec volupté. Il fallait que je le revois. Encore une fois pour être sur... Sur de quoi ? Je devenais fou. Je n'étais pas gay non, impossible. Il n'avait pas pu me rendre comme ça, ce n'était pas permis, pas autorisé, pas cautionné. Non impossible.
Et pourtant je l'ai cherché, je l'ai trouvé et je l'ai revu.

"Hyung... Le temps passe et je me surprend à te détester un peu plus chaque jour..."

Cette phrase m'a brisé le coeur mais j'étais d'accord avec lui, il avait le droit de me détester, de me haïr. J'avais été un beau salaud et ce mot est faible pour décrire ma personne. Je me dégoûtais.

J'ai respecté son choix de me mépriser et je suis partie... Enfin c'est ce qu'il a cru. Car je ne l'ai jamais vraiment quitté, je l'observais de loin.
Les mois ont passé et je me suis rendu compte qu'il ne me manquait pas, que je ne l'aimais pas comme je l'avais jadis pensé. J'avais perdu mon temps.
J'ai repris une vie presque normale. Oui presque, car je ne pouvais m'empêcher de garder un oeil sur lui, certainement les restes de cette habitude que j'avais prise.

Un soir je les ai vu, lui et son nouveau compagnon. Je ne pourrais expliquer ce qu'il s'est passé à ce moment là dans ma tête. Je ne l'aimais pas comme lui m'avait aimé mais je ne voulais pas non plus qu'il soit avec un autre. C'était de moi qu'il était amoureux pas ce vulgaire type sans charme. J'étais devenu avare de son amour, je ne voulais le partager avec personne d'autre. Son coeur m'appartenait. Oui je sais, je parle de lui comme un vulgaire objet.
Ne vous avais-je pas dit que j'étais égoïste ? Maintenant vous comprenez n'est-ce pas ? Vous comprenez ce qu'il s'est passé ensuite. Comment je me suis retrouvé les mains couvertes de sang en train de violer un pauvre innocent.

Je ne regrette rien, je ne pleurerais pas, je ne m'excuserais pas... Ce sont les enfants qui s'excusent.