Le samedi matin, je me levai à quatre heures, me préparai, m'habillai et écrivis une lettre à père et mère; je m'y repris à cinq fois avant d'être satisfaite.
Chère mère, cher père,
cette première semaine dans la glorieuse maison Serpentard s'est passée à merveille. Nous menons actuellement la Coupe des Quatre Maisons de cent points et mon compte personnel est de cinquante. Notre promotion compte douze élèves non-issus de famille de sang-pur; certains semblent même passionnés par les histoires et contes moldus.
Je me demande profondément s'ils n'ont pas sombré dans l'oisiveté factice de cette dernière décennie. Auraient-ils donc oublié que les moldus, bien que inférieurs, ont une facilité à animer la fureur dans le cœur de créatures à l'intelligence réduite?
Outre cela, je tiens à vous annoncer que seuls six héritiers de familles de sang-pur sont présents, or seulement deux sont de sexe masculin.
L'héritier Rosier est actuellement dans sa dernière année et est donc inapprochable, ma seule alternative pour le moment, serait de concentrer mes efforts sur l'héritier de la famille Flint.
Il est grossier et rustre, mais je pense avoir les moyens nécessaires pour l'amadouer.
Je ne m'avancerai pas plus que nécessaire avant d'avoir reçu votre approbation.
Dans l'attente de votre verdict,
je vous prie de croire, mère, père, en l'assurance de ma parfaite considération.
Anderson Dolores
Une fois propre et parfaitement pliée, je glissai le parchemin dans une enveloppe puis montai vers la volière; je la donnai au hibou puis retournai dans la salle commune puisque la bibliothèque était encore fermée.
Je m'entourai donc de mes livres et fis de nouvelles notes comprenant les informations des livres mais surtout celles données lors des cours; surtout pour celui du professeur Rogue.
Le nombre de choses qu'il nous faisait modifier dans les recettes était ahurissant.
Bien que le travail se soit avéré fastidieux, je parvins à tout terminer en un jour, ce qui me laissa un dimanche complet pour vérifier mes devoirs et les réécrire si besoin.
-"Fait chier!" rugit une voix; je sursautai et dirigeai immédiatement mes yeux vers la source de ce bruit.
-"Calme, Dawson." lança celui à qui Flint avait écrasé le nez une semaine auparavant. "C'est à McGo qu'il faut demander des comptes."
-"Ouiiii, bien sûr, et la vieille est revenue sur sa décision parce que c'était vendredi et qu'elle aime changer d'avis les vendredis?" s'emporta-t-il en faisant de grands mouvements de bras.
-"Eh, qui sait? Peut-être qu'elle s'est dit que l'équipe de Gryffondor aurait plus de chances de gagner avec Flint en capitaine." proposa-t-il en haussant les épaules.
-"Dit pas de connerie." lança-t-il en tournant en rond.
Soudain, son regard s'arrêta sur moi; je fis mine de rien et retournai à mes devoirs.
-"Toi..." dit-il en se rapprochant de moi à grands pas. "C'est toi la gamine de l'autre fois..." vociféra-t-il en arrivant devant moi; je ne prêtai pas attention à lui. "OH!" hurla-t-il en plantant ses deux mains sur la table.
Mon encrier se renversa, tachant tous mes parchemins et, par réflexe, mes doigts s'étaient refermés sur ma plume, qui se brisa sous la contrainte.
-"Puis-je connaître la raison d'une telle action?" demandai-je en essayant de garder mon calme.
-"C'est toi qui est allée voire la vieille McGo." siffla-t-il en se penchant au dessus de la table, les yeux plissés.
-"Aller voir le professeur McGonagall?" répétai-je en sortant ma baguette. "Pour quelle raison aurais-je fais cela?" demandai-je avant de faire disparaître le surplus d'encre sur mes copies.
-"Je sais que c'est toi qui lui a donné le papier de la part de la vieille." répondit le dénommé Dawson en se penchant vers moi. "Et de là à penser que tu aurais pu faire changer la prof d'avis, il n'y a qu'un pas..."
-"Fort bien." soupirai-je en faisant tourner ma baguette du bout de mes doigts. "Je vous poserai juste une dernière question." annonçai-je en faisant remonter un petit sourire sur mes lèvres. "Pensez-vous réellement que je prendrai parti pour une brute?" ris-je en levant mes sourcils; mon cœur battait à tout rompre... ce garçon était une brute.
-"Je sais pas..." commença-t-il en se passant la main sur le menton. "peut-être un chien-chien assez stupide pour t'être redevable...?" chuchota-t-il avec un sourire jusqu'aux oreilles; je me mis à rire.
-"Oh, je ne pensais pas donner l'impression d'une telle intelligence." dis-je en riant jusqu'à ce que le souffle commence à me manquer. "J'en suis flattée." ajoutai-je lorsque je fis mourir mes rires.
-"Et tu crois que tu vas t'en sortir aussi facilem-"
-"Allez, Bulstrode file-moi le mot de passe." ordonna la voix nasillarde de Flint derrière moi; elle lui chuchota quelque chose puis partit vers les dortoirs. "Qu'est-ce qui se passe ici?" questionna-t-elle lorsque ses yeux se posèrent sur nous.
-"Oh rien, on discut-"
-"Il m'a accusée d'avoir menti au professeur McGonagall et a ruiné mes devoirs." répondis-je en toute honnêteté; la préfète nous regarda tous les deux avec des yeux ronds.
-"C'est une menteuse, faut pas l'écouter." intervint Dawson nonchalamment. "Elle vendrait père et mère pour un peu de pouvoir." ajouta-t-il en me lançant un regard noir.
-"Au moins ce n'est pas le complexe d'œdipe qui influence mes actions." répliquai-je d'une voix innocente. "Franchement, se battre pour une si petite insulte..." ajoutai-je avec un léger rire.
-"Quoi? Comment ça se battre?!" s'exclama-t-elle avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit. "Qu'est-ce que t'as encore foutu." s'énerva-t-elle alors que la salle commençait à se remplir.
-"Mais il m'a attaqué!" s'indigna-t-il en faisant de grands gestes de bras; je profitai de la foule pour récupérer mes affaires et aller directement dans les dortoirs.
Je dus recommencer mes devoirs, mais le plus ennuyeux pour moi, fut de faire très attention à rester loin de Dawson. Le plus difficile était de rester vigilante après le cours d'astronomie qui se passait le mercredi à minuit.
Le cours avec les Gryffondors venait de se terminer. Nous avions pu étudier la position particulière de la lune cette saison et, pour une fois, les jumeaux Weasley se tinrent à carreau.
Les devoirs étaient assez simples, faire une dissertation sur l'éloignement de la lune et les conséquences qui en découlaient sur l'exercice de la divination. Bien que mon esprit soit déjà en train de ranger les différentes informations que je pourrais mettre dans mon devoir, je restai en alerte, regardant à droite et a gauche si personne ne venait.
Toutefois, mon esprit était tellement occupé par ces deux choses, que j'en perdis mon chemin. Sans m'en rendre compte, j'avais dépassé depuis longtemps les escaliers qui permettaient de rejoindre rapidement le Hall puis les cachots.
Profondément ennuyée, je rebroussai chemin. Mon pas se fit de plus en plus rapide et, alors que je m'apprêtais à descendre les escalier, quelque chose m'agrippa et me tira en arrière.
Je perdis pied, lâchai tout ce que j'avais dans les mains pour essayer de me rattraper quelque part, mais tout ce qui m'arrêta fut le sol.
Ma tête avait heurté le sol et ma vision était à présent floue, tellement floue que je ne vis pas clairement qui se tenait dans la lumière.
-"Bye-bye~" chantonna une petite voix avant que l'espace lumineux ne se réduise. Immédiatement, je me précipitai vers elle mais m'écrasai lourdement sur le bois d'une porte. Je me mis alors à frapper de mes poings, mais ils n'y avait rien de l'autre côté, rien que des rires.
-"Veuillez cesser de frapper ma toile!" s'indigna soudainement une voix qui venait de l'autre côté; j'arrêtai, les mains tremblantes.
-"Le portrait à raison Miss Parfaite: une telle agitation est tout-à-fait..." commença la voix en prenant un ton prétentieux.
-"Inconvenable." ajouta une autre qui ressemblait beaucoup. Les deux s'esclaffèrent de rires.
-"Vous deux, je sais qui vous êtes." lançai-je en espérant qu'ils m'entendent. "Si vous me laissez sortir, je ne dirais mot sur vos agissements." proposai-je en essayant de me calmer.
-"Je ne dirai mot sur vos agissements." imita grossièrement l'un des deux avec une voix suraiguë; l'autre explosa de rire.
-"Hey, les gars." appela une nouvelle voix. "C'est bon, j'ai les explosifs." ajouta-t-il clairement essoufflé. "Qu'est-ce que vous faites?" demanda-t-il au bout d'un moment.
-"Ouvrez-moi, s'il-vous-plaît.." insistai-je en tapant du plat de la main sur le portrait.
-"Eh. je vous ai dit de vous calmer." rappela le portrait.
-"Nom d'une Gargouille! Les mecs, faut la faire sortir de là!" s'exclama le garçon qui venait d'arriver. "Euh, alors le mot de passe de celui-là c'est... Po-"
-"Merci." dis-je immédiatement.
-"Jordan, vieux..." interpella l'un des jumeaux. "C'est une Serpentard." annonça-t-il; un silence pesant tomba.
-"Le mot de passe?" demanda le personnage du tableau, mais pour seule réponse, il n'y eu que des rires de plus en plus lointains et des bruits de pas.
'Fort bien...' murmurai-je en me mordant l'intérieur de la joue. 'On va trouver ce mot de passe, ça commence par po' me dis-je en prenant une profonde inspiration.
-"Bien. Polygonum."proposai-je.
-"Non, désolé."
-"Polynectar."
-"Non."
-"Potion."
-"Non."
-"Porlock."
-"Non."
-"Povrebine."
-"Non plus."
-"Postiche."
-"Non."
-"Portus. Portoloin. Porpington. Podmore. Postérité. Portugais à museau long."
-"Non. Non. Non. Non. Non et renoncez." répondit-il en chantonnant presque. "Et arrêtez de taper contre mon tableau." s'énerva-t-il une fois de plus; je comptai jusqu'à dix, essayai de me calmer, mais je commençais à manquer d'idée de mot de passe.
-"Bon, alors Poltergeist. Pollen. Pommier. Porc-" débitai-je, le regard dans le vide, la tête posée contre le support de toile et les doigts qui martelaient nerveusement le bois.
-"BON, ÇA SUFFIT, BONNE NUIT!" rugit le portrait; je fus sans voix.
-"Monsieur?" appelai-je d'une petite voix; il ne répondit plus. Je ne m'énervai pas. Il y avait forcément un moyen. Tout était extrêmement sombre et ma tête me faisait terriblement mal. J'entrepris donc de me soigner mais, tout à coup, je me rendis compte que ma baguette n'était plus là; je me raidis. De suite, je me couchai face au sol et tentai de regarder en dessous du portrait; je vis des affaires renversée et, plus loin, ma baguette.
Je fixai ma baguette, murmurant la formule d'attraction, mais lorsqu'elle se rapprocha, je ne pus l'atteindre; le passage entre le portrait et le sol était trop étroit. Je tentai tout de même d'au moins parvenir à la toucher... mais ce fut impossible.
Je m'assis sur mes mollets, les yeux vides, joignis mes mains, les plaquai sur mon visage et comptai jusqu'à dix avant de regarder autour de moi. Tout était vraiment très sombre.
Lumos
prononçai-je en me concentrant sur la pointe de mon doigt, mais rien ne se passa. Je repris une grande inspiration, tins ma main pour l'empêcher de trembler et prononçai une fois de plus la formule.
Lumos
une petite lumière vacillante apparut timidement au bout de mon doigt; je sursautai presque lorsque je me rendis compte qu'il était rouge. J'aurais voulu me soigner, mais sans ma baguette et avec si peu de lumière, je me dis que ce serait mieux d'attendre.
Doucement, je me relevai et regardai un peu partout autour de moi. La pièce était vide et petite, environ dix mètres carrés et plutôt encombrée. J'en fis le tour, repérai une petite meurtrière vitrée à trois mètres du sol et cherchai un moyen de grimper. J'essayai tout d'abord de caler mes pieds sur les pierres, mais c'était beaucoup trop glissant. J'essayai alors de sauter le plus haut possible, les bras tendus dans l'espoir de m'accrocher, mais les pierres étaient glissantes; sans doute la condensation.
Mais je ne perdis pas espoir, je lançai un autre Lumos et essayai de rassembler le plus de caisses, de planches et tabouret possibles puis les empilai. La base devait être solide et plus large, je mis donc les planches en premier puis les caisses et enfin, l'unique tabouret que j'avais trouvé.
Je testai un peu le bois puis commençai à grimper sur les différentes caisses. Hésitante, je me levai et essayai de stabiliser le tabouret bancale avant de monter dessus; je dus me tenir au mur en même temps.
La pile tremblait énormément; je me raidis, recroquevillée, les yeux ronds et pivotant à chaque craquement suspect.
'C'est bon, tout va bien...' murmurai-je en fermant les yeux. Je pris une grande inspiration, décrochai ma main gauche du petit dossier et l'étirai vers le bord de la meurtrière; mon bras n'était pas assez long. Je l'étirai un peu plus, mais ce n'était toujours pas assez... Je tentai d'aller un peu plus loin...
Tout à coup, la structure trembla; je me recroquevillai une fois de plus sur moi-même, les ongles presque plantés dans le bois. Je me sentais trembler, je sentais mes cheveux quitter mon filet et venir devant mes yeux.
Je pris une autre inspiration, comptai jusqu'à dix puis réessayai. J'étendis mon bras gauche en prenant soin de ne pas trop faire pencher le tout en me redressant... mais ce n'était toujours pas assez.
J'inspirai profondément, fermai les yeux, les rouvris et lâchai totalement le tabouret.
Lentement, je me redressai, fis remonter mes mains le long du mur; il n'y avait plus que quelques centimètres... Je baissai la tête pour vérifier si j'avais encore une planche ou quelque chose... mais il n'y avait rien en vue. Je relevai la tête et me hissai sur la pointe des pieds; ce n'était toujours pas assez. Je m'avançai encore plus près du mur, forçai encore plus sur mon bras, mes doigts se posèrent sur le rebord
CRAAC
Soudain, le bois sous mes pieds disparut. Ma main gauche se raccrocha à ce qu'elle put et l'autre sauta immédiatement pour s'accrocher le plus haut possible. Mes doigts se cramponnèrent pendant que mes pieds battait dans le vide; je m'interdis de regarder en arrière.
Je tentai de caler mes pieds dans les creux, mais ils glissaient. Je m'évertuai donc à me hisser à la seule force de mes bras, sans pour autant pouvoir empêcher mes pieds de me déstabiliser...
-"No-AHH!" hurlai-je lorsque mes doigts se refermèrent dans le vide; je m'écrasai sur le bois et au sol.
Le sol était froid et dur, le bois rentrait sous mes vêtements et me piquait la peau...
-"Eh! Y'a quelqu'un là d'dans?" demanda soudainement une voix de l'autre côté; mes yeux s'écarquillèrent.
-"Oui... OUI." murmurai-je juste avant de le crier; fébrilement, je me précipitai vers la le tableau. "Vous pouvez me faire sortir? S'il-vous-plaît." suppliai-je en me plaquant contre le support de toile.
-"Quelle maison?" demanda-t-il d'une voix un peu endormie.
-"Comment?"
-"T'es de quelle maison?" grogna-t-il.
-"Serdaigle." répondis-je de suite; je me préparai à filer à la moindre ouverture.
-"Dommage." répondit la voix alors que le bruit de ses pas s'éloignait.
-"NON! Attendez! J-je suis désolée. J-je suis à Gryffondor-" rectifiai-je, mais les pas ne s'arrêtèrent pas. "ATTENDEZ!" criai-je en frappant le tableau; il n'y eu plus un bruit.
Puis soudain, un soupire.
-"Donne ta cravate." grogna la personne de l'autre côté.
-"Mais j-" balbutiai-je en me crispant; il ne me laisserait pas sortir...
-"Envoie et discute pas." lança-t-il; j'hésitai. "Alors? Ça vient?!" s'énerva-t-il en tapant contre le portrait; je sursautai un peu et fis de mon mieux pour défaire ma cravate. Mes mains tremblaient et, lorsque le tissu fut détaché, je le gardai près de moi.
-"Eh! Vous là, on ne vous a pas appris-"
-"La ferme." cracha-t-il alors que je me baissai pour faire passer le morceau de tissus sous le bois du tableau. D'un coup, ma cravate disparut de l'autre côté... et j'attendis, les dents serrés et les mains moites.
-"Potiron." maugréa-t-il.
Clac
La lumière se faufila immédiatement dans l'entrebâillement et m'éblouit quelques instants.
-"Unh, super." grogna une voix qui, me sembla à présent nasillarde; je voulus sourire, mais rien ne se passa... j'étais comme, gelée sur place. "Allez sors de là." soupira-t-il en me tirant hors de la pièce par le bras; il me lâcha juste après et je faillis trébucher sur mes affaires. Tout était sur le sol...
Fébrilement, je rassemblai tout ce que je pus, mais il me manquait quelque chose.
-"EH! VOUS LÀ-BAS!" aboya tout à coup une voix essoufflée
Failamalle
prononça précipitamment Flint avant de m'attraper sous son bras et partir en courant dans l'autre sens.
-"REVENEZ ICI! VAURIENS!" hurla le concierge avant que Flint ne bifurque vers un petit escalier; je faillis hurler lorsqu'il sauta toutes les marches d'un coup. Il se réceptionna rapidement et posa une main au sol avant de continuer sa course de plus belle.
Avec toutes ces bifurcations et tous ces escaliers, je ne parvenais plus à savoir où nous étions! Inquiète, je jetai un coup d'œil à son visage et fus presque rassurée de voir que son regard était à la fois concentré et sérieux.
Tout à coup, il s'arrêta.
-"Bon, va falloir ruser..." l'entendis-je maugréer en regardant un peu partout; je me retournai pour voir s'il y avait quelque chose, mais c'était un cul-de-sac. "Monte sur mes épaules." ordonna-t-il soudainement; je me retournai et vis qu'il était agenouillé. "Dépêche!" chuchota-t-il en me lançant un regard noir; des pas résonnèrent au loin.
Je fis ce qu'il me dit et m'assis sur ses épaules. J'étais crispée et mes yeux passaient fébrilement d'une ombre à l'autre, mais je ne pus m'empêcher de me rendre compte d'à quel point il était agréable d'être plus haut.
-"T'arrives à choper le haut de la porte?" demanda-t-il rapidement; j'essayai, mais rien à faire.
-"Non." répondis-je, la voix tremblante.
-"Mets-toi debout!" ordonna-t-il hâtivement; j'hésitai un peu, mais fis de mon mieux pour garder l'équilibre avant de m'accrocher au bord. "Bon alors, tu montes?!"
-"J'arrive pas à me hisser." lui dis-je précipitamment; il soupira et souleva mes pieds jusqu'à ce que je sois sur le rebord. Juste après, il sauta et grimpa sans effort là où j'étais.
-"Qu'est-ce-" chuchotai-je avant qu'il ne me fasse signe de me taire; la respiration haletante du concierge était de plus en plus sonore. Je regardai en contre bas, lorsque je sentis qu'on me touchai l'épaule; je me retournai et vis que Flint avait soulevé sa robe de sorcier et me faisait signe de passer en dessous. Je fis 'non' de la tête; il insista, les sourcils froncés.
Je voulus jeter un coup d'œil en dessous mais alors que j'allai pour me pencher, sa main s'écrasa contre mon visage et il me plaqua contre le mur; sa tête était si proche que je pouvais parfaitement entendre les sifflements aigus de son nez.
Mrrew
-"Trouve-les ma belle..." l'entendis-je vociférer; Flint arrêta de respirer par le nez et garda sa bouche entre'ouverte. Quant à moi, je tentais tant bien que mal de respirer, mais sa main devait bien recouvrir les deux tiers de mon visage.
C'était interminable. Je n'entendais presque rien sinon les allée-venues de Rusard et, parfois, des reniflements; nous n'étions même pas correctement cachés et ça faisait bien quarante minutes qu'il tournaient en rond, lui et son animal... Cette chose allait forcément nous sentir...
Mreeow
-"Là-bas?" demanda le concierge; mes mains se resserrèrent l'une sur l'autre. "Allez, viens Miss Teigne, on va les coincer." dit-il avant qu'un grincement ne résonne dans le couloir.
Je voulus alors enlever la main de Flint pour voir ce qui se passait, mais il me tint en place. Plusieurs minutes se passèrent dans un silence étouffant avant qu'il ne se laisse tomber silencieusement du bord.
J'attendis donc un peu, espérant qu'il propose de m'aider à descendre... mais il ne fis que passer sous la voûte et vers le couloir; mufle. Je regardai en contre bas, mais ne me sentais pas de faire pareil. Je scannai la paroi et allai vers le mur. Là, je descendis en m'aidant des moulures sur le mur.
Une fois pied à terre, j'accélérai un peu ma cadence pour pouvoir rattraper Flint; si un problème arrivait, autant l'avoir à porté de main...
Le retour vers les cachots se passa plus ou moins sans accrocs, malgré les détours que nous dûmes faire à certains moment pour échapper à l'esprit frappeur ou juste aux autres fantômes.
-"Bon, ouvre bien tes esgourdes, pygmée." dit-il en s'arrêtant juste devant l'entrée de la salle commune. "Je m'en bats de savoir pourquoi tu m'as filé un coup de main, je m'en balance aussi de ce que tu penses des Serpentards ou même des gens en général," annonça-t-il en croisant ses bras sur son torse. "Mais si y'a un truc que je veux que tu comprennes bien," commença-t-il avant de se tourner vers moi. "c'est qu'on est tous comme une famille."
-"Oui, le professeur McGonag-"
-"La ferme." grogna-t-il en dévoilant ses grandes dents jaunes; je ne savais pas si c'était l'éclairage qui faisant ça, mais elle me parurent tordus. "Quand je dis qu'on est une famille, ça veut pas dire qu'on est potes ou proches." rectifia-t-il en haussant les épaules. "Ce que je veux dire par là, c'est qu'on est tous coincés ensemble dans une école qui nous déteste."
-"Mais pourtant-"
-"Pourtant tu t'es fait enfermée dans un cul-de-sac." coupa-t-il; je baissai les yeux. "Alors fourre-toi bien ça dans le crâne; que tu sois d'accord avec l'un d'entre nous ou pas, t'as pas intérêt à nous mettre dans la merde." vociféra-t-il entre ses dents. "Non, parce que si on se serre pas les coudes entre nous, on est baisé." soupira-t-il en fourrant ses mains dans ses poches.
Unité
Le mur s'ouvrit et il se dirigea directement vers les dortoirs; j'y allai à mon tour, passai la porte et m'assis sur mon lit.
Les mots de Flint me paraissaient étranges. Certes le professeur McGonagall avait dit que notre maison était comme une deuxième famille, mais... que pouvais-je lui apporter sinon des points de maison?
Couchée, les yeux fixés sur le plafond, je me fis une liste de tout ce qui pourrait être utile, de tout ce qui pourrait compenser les faiblesses que les autres avaient et que je n'avais pas.
