Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à JK Rolwing
NdA : Les évènements ont lieu après l'Ordre du Phénix, mais un peu modifiés. En gros seuls les évènements au ministère n'ont pas lieu : pas de profécie ni de mort de Sirius.
Les passages entre «» sont pour les premiers la Beuglante ensuite les pensées de certains personnages.
Chapitre 4 : Discrétion assurée... ou pas...
Il se posa juste devant la cabane d'Hagrid qui était aux anges
― Un vrai, un vrai de vrai qui se pose juste devant chez moi c'est un miracle...
― C'est une catastrophe, se dit Eliana pour elle même.
C'était Saïn, le frère d'Iola, un dragon au très mauvais caractère, même comparé à sa soeur, cependant, il n'était pas seul. Eliana se précipita pour prendre dans ses bras le corps meurtri et inconscient du dragonnier qu'elle reconnut en un regard.
― Mégarade ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? murmura la jeune fille rousse.
Dumbledore fit rentrer dans le château les élèves trop curieux
―Vous ne devriez pas être en cours ?
Les élèves s'exécutèrent à contre coeur. Le Magicien n'osait pas s'approcher du dragon. Eliana passa la main dans le dos de la nouvelle venue. Brisées... On les lui avait brisées... Quel monstre pouvait faire une chose aussi douloureuse ?
Elle la prit sur son dos et l'emmena vers le château. Sa dragonne lui cria quelques mots avant de se diriger vers son grand frère.
― Vous la connaissez, demanda Dumbledore alors qu'Eliana se rapprochait.
― Il s'agit de la Princesse Mégarade... Ses ailes sont brisées, il me faut un endroit calme pour la soigner.
― Ses ailes ? Quelles ailes ?
Sans plus de question il les emmena à l'infirmerie.
OoOoOoO
Une fois Mégarade installée sur le ventre, Eliana murmura quelques mots en touchant son dos, entre deux fentes du T-shirt. Les ailes apparurent, ensanglantées et brisées. La jeune fille rousse demanda plusieurs médicaments à Mme Pomfresh, visiblement dépassée par ce qu'elle voyait.
― Je suis désolée, dit l'infirmière, je n'ai encore jamais soigné de... de...
― D'elfe, Mme Pomfresh, aida Dumbledore, de Grande Elfe...
Eliana s'arrêta, les Grands Elfes étaient peu connus, et pourtant parents des Elfes de maison. Si les Elfes de maison avaient les oreilles pointues, les Grands Elfes ressemblaient aux humains, seuls les Nobles avaient de grandes ailes aux plumes blanches, si bien qu'on les appelait Anges. Finalement en y réfléchissant bien, il n'était pas étonnant qu'un magicien érudit comme Dumbledore connaisse les Grands Elfes.
Une fois sa surprise passée Eliana reporta son attention sur la jeune blessée. Elle posa ses mains sur les ailes, tout en murmurant des mots elfiques. Mégarade se cambra au contact des mains, le visage crispé de douleur puis se détendit. Eliana demanda à ce qu'on lui verse une potion sur les ailes. Mme Pomfresh obéit sans poser de question. Dumbledore restait là sans bouger, comme un simple observateur.
Eliana semblait se fatiguer à vue d'oeil mais la guérison de Mégarade était surprenante. Les ailes qui semblaient brisées reprenaient leur forme et leur couleur d'origine. La rouquine s'arrêta, les plumes arrachées repousseraient d'elles-même, de plus elle était exténuée. Elle se leva et sentit ses jambes se dérober sous elle. Dumbledore la rattrapa et l'assit sur un lit.
― Vous devriez vous reposer, je préviendrais de votre absence. Ce n'est pas la peine Mme Pomfresh. Elle réagira mal à nos potions, n'est-ce pas, dit Dumbledore en regardant la jeune fille.
Elle confirma avant de s'allonger et de s'endormir.
OoOoOoO
Une main caressa un visage endormi, enlevant les boucles rousses qui lui barraient le visage. Eliana se retrouva nez à nez avec deux yeux bruns encadrés par des cheveux châtains en bataille.
― Wenc' ?
― Tu vas bien ? demanda-t-il un brin d'inquiétude dans la voix. Dumbledore nous a dit que tu était épuisée.
Elle se releva et sembla chercher les autres. Elle ne vit pas Wenceslas se raidir. Aurait-il osé ce geste en présence d'autres personnes ?
― Harry et les autres sont partis manger, je suis venu voir si tu venais.
Elle acquiesça, et se leva. Sentant qu'elle faiblissait, le jeune homme se rapprocha et la prit dans ses bras. Il sentit son coeur battre plus fort.
― Merci, je suis encore un peu fatiguée.
OoOoOoO
Ils entrèrent dans la Grande Salle, Eliana prenait appui sur le bras de son ami. Malgré sa fatigue, son visage rayonnait, ce qui rassurait le jeune homme. En pleine discussion ils ne remarquèrent pas les murmures à leur sujet.
― Ils s'entendent bien...
― Ils vont bien ensemble...
― Tu crois qu'eux deux ?...
Avec un léger sourire, il la quitta et se dirigea vers la table des Serpentards. Dumbledore entra une jeune fille brune à son bras. Celle-ci l'abandonna soudain et courut vers son amie.
― Eliana ! Mitsuketa (1)!
La rouquine se retourna et fit une grimace, elle n'avait pas la force de porter quelqu'un qui lui sauterait dans les bras. Quelqu'un comme une brune qui se mettait soudainement à parler japonais, sans doute trop influencée par les animes (2). La brune l'enlaça.
― Tu m'as manqué !
Eliana sourit en caressant les cheveux de Mégarade. Elle salua Dumbledore qui prit de ses nouvelles avant de se diriger vers la table des professeurs. L'entrée sentimentale ne passa pas inaperçue, pour différentes raisons. Certains élèves semblaient mal à l'aise, ils devaient les voir, et devaient se demander si...
― Meg', murmura Eliana, on les a remarquées.
La jeune fille concernée fit un geste de la tête et s'assit sans autre cérémonie. Les élèves étaient rassurés.
― Je n'aimerais pas les mettre mal à l'aise ni leur poser des problèmes.
Eliana sourit, mine de rien, Mégarade avait mûri. Elle fit comprendre à Hermione qu'elle leur expliquerait plus tard. Harry la questionna du regard, il ne savait pas pourquoi mais cette jeune fille lui semblait... Comment dire... différente... Et en même temps il sentait qu'elle était bienveillante.
Il se mit à détailler la rouquine, comme il avait pris l'habitude de le faire quand elle ne pouvait pas le voir, ou qu'elle ne faisait pas attention sans savoir qu'il n'était pas le seul. Eliana était assez grande, les cheveux en cascade rousse qui rehaussait la pâleur de sa peau. Et des yeux, des yeux si bleus qu'on aurait pu s'y noyer. Il fut sorti de son étude par une Hermione quelque peu fâchée de l'avoir appelé une bonne dizaine de fois sans réponse. Il replongea le nez dans son assiette.
Eliana et Mégarade passèrent une bonne partie du repas à discuter de choses et d'autres, comme de très vielles amies.
― Pourquoi es-tu venue, au fait ?
― Parce que je voulais te voir. Et que comme d'habitude on me l'a interdit. Mais tu me connais, j'adore désobéir !
― Tu... On va avoir des problèmes ! Tu en as déjà eu d'ailleurs.
Mégarade lui raconta ce qui s'était passé. Elle était partie discrètement et une fois dans une ville de sorcier elle s'était fait attaquer. Ils étaient masqués avec des capuchons et une marque représentant une tête de mort avec un serpent sortant de sa bouche. Mais les deux jeunes filles ne connaissaient pas cette marque.
Les hiboux du courrier arrivèrent, Iola déposa une lettre rouge vif, prête à exploser : une magnifique Beuglante en provenance directe du palais. Mégarade savait que plus elle attendrait pire ce serait. Elle ouvrit. Une voix elfique retentit dans toute la pièce.
« Mégarade Ichigara ! Espèce d'irresponsable ! Sale peste !... »
― Ah ? C'est Vicky ! , remarqua la destinataire.
Nullement impressionnées par la lettre qui continuait à énumérer tout un tas de noms d'oiseaux, les deux jeunes filles continuaient à manger. Eliana remarqua que plusieurs têtes, dont celle de Wenceslas, s'étaient levés et écoutaient. La Beuglante continuait.
« ... Tu te rend compte de ce que tu as fait ? Tu as désobéis à la Reine ! Tu es partie et tu as mis ta vie et celle de ton peuple en danger ! ... »
Mégarade était légèrement énervée. Comme d'habitude on rapprochait toujours ses actes aux conséquences sur le peuple. Elle ne pouvait jamais agir par elle même. Un hibou arriva à la table des professeurs.
« ...J'en ai parlé aux Trois et j'ai eu leur autorisation... »
Une lettre du palais adressé au directeur de Poudlard, portant les trois sceaux. Il savait ce que cela voulait dire.
« Je serai à Poudlard dans deux jours. »
La lettre se déchira d'elle même. Une fourchette tomba. Ça ne pouvait pas être vrai... C'était sûrement un cauchemar... Elle allait se réveiller... Dumbledore se leva avec un visage sombre.
― Je demande toute votre attention. D'ici deux jours nous recevrons la visite de la Princesse Victorianne, héritière du trône des Grands Elfes, qui viendra chercher la Princesse Mégarade ici présente, dit-il l'air désolé de la révélation. Je vous prierais donc de leur témoigner tout le respect dû à leur rang. Vous aurez donc quelques cours informatifs sur les Elfes et leur protocole, dès ce soir après le dîner.
Non ce n'était pas un cauchemar. Sa soeur allait débarquer, et cela n'allait pas passer inaperçu. Elle se prit la tête dans les mains, tout comme Wenceslas et les élèves ayant compris la Beuglante et le réel sens de la lettre. Un cauchemar ambulant approchait, une Reine des bourdes, future Reine des Elfes, une Princesse aussi belle que hautaine : Victorianne Kaneo, l'Héritère.
OoOoOoO
Au petit déjeuner, Eliana avait décidé de parler au trio Gryffondor, en s'excusant d'avance des sautes d'humeur qu'elle pourrait avoir. Tant que Victorianne et sa garde ne seraient pas arrivés elle devait se charger de la protection de Mégarade.
― Mais le château possède énormément de sortilèges de protection, nota Ron. On ne peut pas transplaner, ni...
― Mais un dragon peut arriver sans que Dumbledore ne s'en rende compte, et les sorts de protections ne fonctionnent peut-être pas contre la magie elfique pure. Le soucis est surtout que...
― ... que les elfes sont en pleine crise politique. Un homme a convaincu les révolutionnaires que la fin de la monarchie et le début d'une République serait ce qu'il y aurait de mieux pour eux, continua Mégarade d'un air sombre tout en s'asseyant. Nous sommes en pleine guerre civile.
― Mais de ce que j'en ai lu,dit Hermione, cela ne correspond pas à vos coutumes ni...
Les trois Gryffondors se figèrent. Mégarade avait sursauté, ressentant une légère douleur. Eliana avait brusquement changé de visage s'était retournée et maintenait une lame sous la gorge d'un pauvre elfe de maison.
― Dobby ! Je suis désolée ! s'excusa Eliana en rangeant sa dague.
― Ce n'est pas grave, Mademoiselle, c'est votre rôle. Princesse Mégarade je suis désolé de vous avoir fait mal. Nous aurions aimé vous rencontrer.
Elle accepta de les voir à la fin des cours qu'elle avait demandé à suivre, et en gage de promesse lui donna une plume d'un blanc nacré. L'elfe de maison, honoré, disparut dans un claquement de doigts.
― S'il te plaît, range-les. On se fera moins remarquer, dit Eliana en elfique.
― Tu la connais, elle n'en fait qu'à sa tête.
― Onii-sama ! ! (3) cria la jeune Princesse en sautant dans les bras du nouveau venu.
― Még, ça suffit avec le japonais !
― Mais, mais... contesta la petite brune à la réflexion du Serpentard.
― Eliana ? Il a pas peur de lui parler comme ça ? demanda Ron
― Hmm ? Ha euh non. Elle vient de le dire : c'est son frère.
Wenceslas, une fois la Princesse sur ses deux jambes, salua la tablée, s'excusant de ne pas s'être réellement présenté, puis regarda Mégarade d'un air sérieux. Elle comprit et finit par accepter. Harry put voir une brève lumière blanche pendant une fraction de seconde. Eliana le nota et sourit, il était donc sensible à la magie elfique. Harry se replongea dans ses pensées. Cette nouvelle magie, enfin nouvelle pour lui, il espérait de tout coeur que Voldemort n'en ait pas entendu parler, même si...
― Bon, dit Mégarade en regardant Ginny, on a cours de potion, je crois.
Elle eut un sourire en voyant les mimiques des élèves présents. Eliana se dirigea vers la bibliothèque, elle devait préparer le rattrapage de ses BUSE. Dumbledore avait été intransigeant à ce sujet, elle pouvait suivre les cours de sixième année à condition qu'elle rattrape les épreuves au cours de l'année, ainsi pendant les vacances de la Toussaint elle avait ses épreuves de Potion, Histoire de la Magie et Métamorphose. Hermione l'accompagnait, pour l'aider en Histoire, Harry et Ron suivaient pour étudier.
Les deux garçons avaient le sourire au lèvres. Ils avaient passé plusieurs mois ensemble à travailler, et ils se rendaient compte que même si Eliana semblait avoir du retard dans certaines matières, elle semblait avoir plus que de l'avance dans d'autres.
Elle et Hermione avaient une discution plus que houleuse sur une potion qui fit se déplacer la bibliothécaire. Les deux garçons devinrent silencieusement hilares. Une fois le calme revenu, ils se remirent à travailler, pour peu de temps. Eliana eut un visage terrifié
Une douleur...
La peur...une grande peur...
Elle courait, ne suivant que son instinct. Elle pris plusieurs couloirs, des escaliers et ouvrit une porte sans même frapper.
― Mégarade !
― Ça va ! Ça va ! Calme-toi ! Ce n'est qu'une coupure !
Eliana, rassurée, se retourna enfin vers le Professeur de Potion passablement énervé. Mais il avait compris, il avait vu la peur sur le visage de Mégarade, elle savait ce qui allait arriver.
― Empathie magique, je suppose ? Cela coûtera tout de même vingt points à Gryffondor, et vous viendrez me voir à vingt heures ce soir pour une heure de retenue.
OoOoOoO
Eliana inspira profondément pour se calmer, même si elle n'en avait pas l'air, elle redoutait le professeur de Potion, sans réellement savoir pourquoi.
― Vous pouvez entrer Mlle Evanson, j'en ai fini avec M. Ichigara.
La jeune fille entra, croisant au passage Wenceslas qui lui fit un sourire. Enfin une réaction qui la rassurait. Mégarade n'avait fait que se moquer d'elle, tout comme Harry et Ron. Hermione n'avait rien dit, cela faisait plusieurs jours qu'elle observait, tentant de savoir, de comprendre. Elle n'était cependant pas la seule personne à Poudlard à s'interroger sur la rouquine.
― Asseyez-vous et donnez moi votre baguette. Vous allez m'aider à préparer une potion.
Dès qu'il l'eut en main, il hocha la tête. Cette jeune fille ne passait vraiment pas inaperçue, même sa baguette était surprenante.
― Écaille de dragon, du vôtre je suppose...
Il l'observa, elle ne détourna pas le regard, pas par défi, juste par habitude des regards durs. Il lui remit un parchemin donnant la recette. Elle parcourut les instructions et commença à préparer les différents ingrédients.
― Je vois que les jeunes Elfes ont l'habitude d'aider à la préparation, dit le Professeur de Potion en voyant le soin qu'elle prenait à tout préparer.
― Mais je ne suis pas une Elfe, dit-elle d'une voix posée. D'ailleurs j'ai plutôt l'habitude de préparer la potion Tue-Loup. C'est pour ?...
Le Professeur se renfrogna, ce n'était pas un secret mais cette fille... Habituellement à son âge on ne savait pas préparer la potion.
― Pour... un collègue...répondit-il finalement.
Eliana s'arrêta et planta son regard dans celui du Professeur, son froncement de sourcil montrait clairement qu'elle n'était pas dupe.
― Il n'y a pas de Lycanthrope chez les professeurs de Poudlard, affirma la jeune fille. Je suppose que c'est pour un membre de l'Ordre du Phoenix... Ça doit être pour Remus Lupin.
« Bon je sais j'y suis allée un peu fort, se dit elle, mais qu'il arrête de me prendre pour une imbécile... »
― Vous êtes douée...
La rouquine sortit de ses pensées. Elle remarqua le regard curieux et anxieux de Rogue, posé sur sa main droite.
― ...avec un couteau, termina-t-il
Sans même s'en rendre compte, elle s'était mise à faire tournoyer le couteau comme il lui arrivait parfois.
― Vu que vous êtes si sûre de vous, vous ferez la potion. S'il y a une erreur je m'occuperai de vous envoyer au près de Mr Lupin lors de sa transformation.
Confiante, la jeune fille commença la potion. Elle ne vit pas le directeur des Serpentards, rongé par la curiosité, se diriger vers son bureau et saisir sa baguette.
― Legilimens, murmura-t-il.
La jeune Gryffondor continua à découper consciencieusement la racine, sans remarquer l'intrusion dans son esprit. Rogue se trouvait dans le couloir de ses souvenirs. Il ouvrit la première porte et se retrouva dans la Grande Salle à discuter avec le Trio Gryffondor, devenu Quatuor. Il ressortit, ce n'était pas cela qu'il cherchait. Il alla un peu plus loin et se retrouva dans son propre cours. Eliana aidait Harry à récupérer sa potion.
« Si je la revois faire ça, ce sera deux heures de retenue, pensa-t-il, et cette fois ce ne sera pas qu'une simple potion à préparer ! »
Elle prit une plume et prit quelques notes pour le devoir qu'il venait de leur donner.
« Bien, elle connaît pas mal d'ouvrages. Tiens, elle est gauchère ? ! »
Il changea encore de porte. Ils se retrouvèrent dans le train, Iola se posait sur les genoux d'un Harry étonné.
« Mais est-ce qu'il y a un seul souvenir où on ne voit pas Potter ? ! »
Il referma la porte avec rage et s'attaqua à la suivante. Il eut à peine le temps d'entrouvrir la porte que celle-ci se referma sur lui, manquant de peu de lui briser la main.
Pendant que ses souvenirs tentaient à son insu de mutiler son professeur, Eliana plongée dans sa préparation ne remarqua pas sa main droite se crisper puis se relâcher.
Rogue tenta une autre porte qui refusa de s'ouvrir, tout comme les suivantes. Il la remarqua enfin, cette porte au fond, qui était entrouverte. Il se dirigea vers elle, tremblant, se demandant ce qu'il allait... La porte s'ouvrit, lui montrant juste une image, puis se referma. Ce visage, ces cheveux roux, ces yeux...
« Ce n'est pas ?... »
Il se précipita et ouvrit la porte. Tout était noir, il n'entendit qu'un cri de femme, puis un appel.
― Maman !
Il sentit comme un danger, il se sentit repoussé et fit plusieurs pas en arrière. Une gueule aux dents saillantes se referma où se trouvait son bras quelques secondes auparavant.
« Mais qu'est-ce que ça fout là ça ? ! »
Eliana avait stoppé, elle avait senti comme... Elle regarda son poignet droit, puis le professeur. Il était assit à son bureau les yeux dans le vague, sa baguette vers elle.
― Et merde... Eini foï.
Le sort toucha le Professeur qui rassembla ses esprits. Il la regarda l'air encore plus terrifié. Elle sentit la colère monter en elle, sa main droite se crispa de nouveau.
« Ne pas laisser la colère me contrôler, je suis seule maîtresse de mes actes »
― Vous êtes quoi ? Pourquoi vous avez un dragon pour protéger votre esprit, demanda le Professeur.
― Ce ne sont pas vos affaires !
― Vous avez failli me tuer !
― Vous n'aviez pas à entrer dans mon esprit sans autorisation ! lâcha-t-elle en colère
Le Professeur eut un mouvement de recul, il lui demanda de sortir immédiatement. Elle prit la porte tout en sachant que le professeur n'en resterait pas là.
« Et en plus ils m'attendent à la sortie. » pensa-telle.
OoOoOoO
A l'occasion du fameux cours sur les Elfes, la grande salle s'était transformée en grand amphithéâtre qui pouvait accueillir tous les élèves. Eliana et le Professeur Rogue étaient les deux seuls absents, Mégarade ayant affirmée que la jeune fille n'avait pas besoin de ce cours.
Le Professeur Binns prit la parole et commença un long monologue sur la longévité des Elfes et quelques caractéristiques physiques. Beaucoup d'élèves écoutaient d'une oreille distraite ; même Harry pourtant très intéressé par les Elfes lâcha prise. Ce n'était pas ce qu'il voulait savoir, il voulait connaître leur magie, il se moquait du fait qu'à l'adolescence les ailes des Elfes passaient du blanc au nacré pour ensuite devenir perle lors de la perte de leur virginité.
« Sujet passionnant la sexualité des Elfes ! Savoir comment ils utilisent la magie pourrait être un avantage contre Voldemort. Ça, ce serait intéressant ! Et allez... Maintenant on va parler politique... Chouette !... » pensa Harry faussement enjoué.
― Le Royaume elfique, continua le Professeur face à des élèves pour la plupart endormis, est dirigé par le Roi ; qui s'occ...
― Ha non je suis désolée, coupa Mégarade. Je sais que le Ministère de la Magie évite de parler de nous mais je ne peux laisser dire de tels mensonges...
― Peut-être, Princesse, pourriez-vous nous instruire ? demanda Dumbledore. Cela nous évitera d'être trop déplacés.
― Princesse Mégarade, je vous prie. Le nom " Princesse " seul est réservé à la fille de la Reine.
Par cette phrase elle comprit que tout ce qu'elle connaissait devait leur être appris, du moins le nécessaire pour éviter la colère de Victorianne, de la Reine si finalement elle se décidait à venir et d'une princesse à ne pas mettre en colère. Les élèves s'étaient réveillés, lui demandant d'accepter.
― Bien. Le Royaume elfique est une monarchie dirigé par celles qu'on appelle les Trois : La Reine, la reine Ahilen ; l'Érudite, la reine Elenior et la Protectrice, la reine Silvia. La reine Silvia est une dragonnière, elle s'occupe des armées et de la protection du royaume. La reine Elenior, comme son titre l'indique, a fait de très longues études, entre 100 et 200 ans, elle est la seule à avoir lu entièrement le Livre, un ouvrage contenant les sorts majeurs et complexes de la magie des Elfes. Elle s'occupe de l'éducation, nous avons souvent 50 à 100 ans d'études, ainsi que de la politique extérieure. La Reine est celle qui détient le pouvoir exécutif, elle s'occupe aussi de la nomination des trois futures reines : L'Héritière, Victorianne Kaneo est la gardienne du trône, elle... Elle s'occupe de la gestion du palais et de la communication avec l'ensemble des Elfes. Moi-même je suis la gardienne du Livre. Oui, dit-elle en voyant un doigt se lever.
― Et la future Protectrice ?
― La gardienne des Dragons, corrigea-t-elle tout en jetant un coup d'oeil au directeur de Poudlard. Sa nomination aura lieu cette année, lors de plusieurs épreuves.
― Si vous êtes une Princesse, Wenceslas qui est votre frère si j'ai bien compris, est donc le Prince, non ?
― Ho, hé ! Ça va pas la tête, non ? ! s'insurgea le sus-nommé.
― Wenc' ! Ça suffit ! Laisse-moi leur expliquer avant de t'énerver comme ça. Bon, reprit-elle, ce que je vais vous dire est quelque chose d'important point de vue protocole. J'ai été nommée et adoptée par la Reine, mon titre n'est pas un titre de sang, c'est pourquoi Wenceslas ne peut pas bénéficier du titre de Prince. De plus depuis cinq générations, ce titre a pris une signification différente. Si je ne me trompe pas, l'homosexualité n'est pas monnaie courante chez les sorciers, contrairement à chez nous. Pas que ce soit une généralité, ajouta-t-elle face aux nombres regards horrifiés, mais au moins ce n'est pas un tabou. Depuis ces cinq générations, soit environ 2500 ans, le titre de Prince est destiné au compagnon du Roi.
Il y eut plusieurs rires gênés, et une excuse de la part de celui qui avait lancé le sujet. Wenceslas s'excusa aussi , il ne pouvait pas savoir. Plusieurs mains masculines timides se levèrent en quête de réponses. La Princesse se doutait des questions et y répondit, avant que son frère ne montre au grand jour son instinct de protection envers sa soeur.
― Je vais avoir vingt-cinq ans et je suis déjà fiancée, dit-elle avec un sourire qui soulignait son visage qui ne faisait pas plus de quinze ans.
― Est-ce qu'on pourrait voir le Livre ?
Le sourire de la jeune fille retomba et le visage redevint extrêmement sérieux. Mégarade regarda le jeune homme blond platine qui avait posé la question.
« Il ressemble à quelqu'un que je connais... On va s'amuser demain je sens. » se dit Mégarade
― Le Livre n'est pas en ma possession, de plus il est interdit à toute personne ne faisant pas partie de la Noblesse de le consulter.
― Comment on s'adresse à la Princesse Victorianne ?
― On lui parle pas et on se porte le mieux du monde !
― Wenceslas ! Tu arrêtes cela tout de suite ou je te fais arrêter pour insulte à un membre de la famille royale, dit l'Elfe dans sa langue natale avec un sourire ne laissant rien transparaitre de ses paroles.
« Ce ne serait pas la première fois » pensa le Serpentard pour lui même.
― Il est vrai qu'il est préférable d'éviter de lui adresser la parole en premier. Si elle vous parle, mieux vaut la vouvoyer et l'appeler Héritière ou Princesse Victorianne. De toute façon, si vous vous trompez elle saura vous le dire...
Mégarade sentit comme... Cela faisait des années qu'elle n'avait pas eu cette sensation. Wenceslas s'était relevé, il avait la même sensation, ce qui n'était pas souvent un très bon signe. Dumbledore prit la parole.
― Après ce sublime exposé, passons maintenant à la phase pratique. Mme McGonagall et moi même allons vous apprendre la base du protocole : la révérence, aussi appelée la courbette, le rond de jambe...
― Je crois qu'ils ont compris Professeur, coupa sèchement la Directrice de Gryffondor.
La jeune oratrice et son frère s'éclipsèrent laissant les autres élèves apprendre à plier la jambe droite tout en courbant légèrement l'échine. La fratrie avait mieux à faire que de tout corriger, leur amie était en colère, ce qui pouvait se révéler dangereux.
― Est-ce qu'elle risque de...
― Peu de chance, répondit Mégarade, mais dans le doute je préfère la voir plutôt que la subir dans cet état.
Ils descendirent dans les cachots, attendant qu'elle sorte de sa retenue de potion.
OoOoOoO
Eliana sortit des cachots, la colère bouillait en elle, et visiblement n'allait pas s'arrêter.
― Alors ? Encore une heure de retenue qui se transforme en à peine une demi-heure !
― Még ! Lâche-moi !
― Hé ! Tu lui dois le respect je te rappelles, dit Wenceslas. Alors tu lui parles autrement... Eliana !
Il lui saisit le bras pour la forcer à le regarder. Sans savoir comment, l'instant d'après il se retrouva à embrasser violemment le mur froid en pierre, avec une vive douleur dans l'épaule. Il ne vit que deux yeux bleus.
Ces yeux, ils étaient encore... Ses iris s'étaient à nouveau transformés, en fente... comme ceux d'un dragon. Mégarade saisit la main droite qui faisait souffrir son frère. Eliana sentit la force de son amie. La Princesse lui rappela qui serait la perdante du combat si jamais elle venait à se mettre en colère.
― Tu ferais mieux de te calmer, lui dit calmement Mégarade, je sais que la colère te fait faire des choses que tu regrettes par la suite.
Les yeux bleus de la rouquine s'embrumèrent. Elle lâcha prise. Ses jambes se dérobèrent. Deux bras la saisirent, une épaule accueillante au creux de laquelle elle se mit à pleurer.
― Je... Je... Je n'avais pas à... Wenc' je... je suis... désolée, dit Eliana entre deux sanglots.
― Tu as fait d'énormes progrès depuis que je suis parti, dit-il en lui caressant doucement les cheveux. Avant on aurait déjà dû utiliser la magie avant que tu ne...
Eliana s'évanouit, le jeune homme la rattrapa, elle avait puisé dans ses forces pour reprendre le dessus. Mégarade regarda le poignet de son amie.
― Non, ce n'est que de la fatigue. Cela faisait longtemps... Et l'arrivée de Vicky ne va pas arranger les choses...
OoOoOoO
Les conversations allaient bon train dans la salle commune sang et or quand la porte s'ouvrit sur une cape brodée vert et argent. Un murmure général retentit.
― Mais qu'est-ce que ?...
Le Serpentard, suivit d'une princesse elfique tenait une jeune Gryffondor rousse dans ses bras.
― Désolé, mais je n'allais pas laisser Mégarade porter Eliana des cachots jusqu'ici. Je ne suis pas là pour vous provoquer.
Il l'allongea doucement sur un des canapés et l'enveloppa d'une couverture qu'il avait fait apparaître. Il y eut des murmures de jalousie de certaines filles. Le jeune homme regarda Harry qui avait l'air déboussolé.
― Ce n'est que de la fatigue, ne t'inquiète pas. Tu me préviens s'il y a le moindre problème, dit Wenceslas à sa soeur.
Le jeune homme attendit la réponse positive de sa soeur, puis sortit en s'excusant. Il lança un dernier regard à sa jeune amie, il avait horreur de la voir dans cet état, si fragile, elle qui était beaucoup plus forte qu'on le pensait.
― Déjà que l'autre folle dingue d'Ombrage débarque demain, lança Seamus une fois Wenceslas sorti, fallait qu'un Serpy s'introduise chez nous.
― Quoi ? s'étonna Mégarade. Dolores Ombrage ? La préposée au contrôle des créatures magiques ?
Hermione confirma. Cet éveil n'était donc qu'un prémisse. Elle regrettait déjà d'être venue surtout pour causer autant de problèmes. Elle aurait bien aimé avoir des dons de vision, pour savoir quelles seraient les conséquences.
(1) trad :Je t'ai trouvé !
(2) NdA :un peu comme moi peut-être (lol)
(3) trad : Grand Frère ! (très respectueux) (je suis devenue japan-dépendante désolée :p)
Merci d'avoir lu
Lis'
Petit quizz : Qui peut me dire d'où vient le nom de famille Ichigara ?
Un gros paquet de friandises virtuelles à celui ou celle qui trouve...
