4: les semaines se suivent...
Depuis que maman fut avec moi, j'avais fait des progrès exceptionnels; j'avais appris à marcher toute seule (et depuis, je ne tenais plus en place, d'après tata Rosalie) et j'avais même appris à parler, ce qui n'a pas été très difficile puisque je pouvais déjà former des mots par mon don; il ne restait plus qu'à les prononcer. Ma maman et mon papa passaient leurs journées à me complimenter sur les mots que j'utilisais, car, dès que j'eus commencé à parler, je parlais déjà comme une adulte. Et tata Rosalie et tata Alice disaient à qui voulait l'entendre que j'étais de plus en plus jolie! Mais, parmi tout, ce qui m'a fait le plus plaisir fut la fois où je chassai pour la première fois.
Nous étions sortis, Jakey, maman et moi pour nous promener dans la forêt derrière la grande maison, comme j'appelle la maison de grand papa Carlisle et grand maman Esme. Nous marchions donc tranquillement (mais à une vitesse herculéenne pour un humain), quand je sentis soudain l'odeur douce et feutrée du sang. Je m'étais déjà habituée au sang animal; plus personne ne m'avais laissé goûter au sang humain depuis que grand-papa Carlisle à découvert que je pouvais me nourrir adéquatement de sang animal. Je ne m'en plaignais papa, pourtant; comme je n'étais qu'à moitié vampire, le goût ne différait pas pour moi, c'était juste l'odeur qui était plus âcre. J'avais même commencé à tolérer la nourriture humaine, mais j'avais encore un peu de difficulté avec la texture pâteuse des aliments...
Dès que je sentis le sang, je sus qu'il s'agissait de sang d'ours; quand tonton Emmet revenait de la chasse, il sentait un peu comme ça, et je avais bien que c'était ce qu'il buvait surtout.
Je regardai ma maman, un peu paniquée. Elle avais l'air d'hésiter...
Comme toujours, quand je me sentais en danger, je grimpai sur le dos de Jakey, le magnifique loup roux-brun qui, je le savais, me protègerais même avant de se protéger lui même. Tout de suite, je me sentis mieux; je ne savais pas de quelle taille étaient les ours, mais je n'avais jamais vu une créature plus grande et plus forte que Jakey. Il ne m'arriverait rien.
Une fois de plus, je regardais ma maman. Elle réfléchissais.
- Renesmee... as-tu peur ma chérie? Me demanda-t-elle, incrédule.
Je réfléchis. Avais-je peur? Je savais que je n'étais pas aussi forte que maman ou que n'importe quel vampire, et je savais que je ne serais jamais aussi rapide que Jakey, ou n'importe quel loup garou, mais je savais aussi que j'étais plus forte et plus rapide que n'importe quel humain et cela me donna du courage. Non, je n'avais pas peur, j'étais juste surprise; je n'avais jamais vu d'autres animaux; ils fuyaient souvent devant mes parents... Mais jamais je n'avais eu soif quand on se promenait... Je ne buvais qu'à la maison. Que dans des tasses ou de biberons. Jamais à l'animal même...
- Je n'ai pas peur maman... J'ai... Soif. Dis-je d'un air coupable.
Ma maman me répondit avec un grand sourire. Toute fière, comme si sa fille cuisinait son premier repas toute seule.
- Alors, allons chasser! Jake, tu restes avec elle? Je vais chercher Edward; je ne veux pas qu'il manque ça.
Jakey hocha la tête et maman disparut aussitôt. Je lui demandai avec mon don de quelle taille était un ours, si il serait fort... Il me déposa et se cacha derrière un arbre pour muter. Quand il fut de retour, il portait son habituel short en jeans. Il était torse nu, je ne l'avais jamais vu porter un haut.
Il s'assit près de moi dans l'herbe verte et j'appuyai ma tête dans le creux de son épaule comme je le faisais souvent. J'étais si confiante dans ses bras, comme si il me rendais plus forte... Il me protégeait et prenais soin de moi tout le temps, comme en ce moment. Il réfléchit un peu et finit par répondre à ma question.
- Je ne suis pas un vampire, alors je ne peux pas vraiment juger de ça... Mais je peu te dire qu'ils sont beaucoup, beaucoup moins forts que toi; tu pourrais en battre une armée entière! Dit-il tout sourire. Pour ce qui est de leur taille, ils ne sont pas plus grand que la branche la-bas. Rajouta-t-il en pointant une branche basse de l'autre côté de la clairière.
Il trouvais toujours les mots justes pour me donner confiance. Je l'adorais. C'était mon meilleur ami, mon grand frère.
Avant même que j'ai pu m'en rendre compte, maman et papa étaient revenus. Ils avaient l'air encore plus de bonne humeur que d'habitude, ce qui était presque impossible.
- Alors, dit Jakey, on chasse quoi?
Il avait l'air dégoûté.
- Tu n'aimes pas chasser Jakey? Dis-je plus comme une affirmation que comme une question.
- Il préfère de loin les festins que lui prépare grand-maman Esme... Répondit papa avec une moue amusée.
- Attendez-moi, je vais muter et je reviens. Conclut Jakey.
- On va chasser l'ours que j'ai senti tout à l'heure, maman?
- D'où sais-tu que c'était un ours? Demanda-t-elle, étonnée.
- Parfois, tonton Emmet à un peu la même odeur sur ses vêtements quand il rentre de la chasse. Je sais qu'il aime beaucoup les ours, alors j'ai cru que c'en était un... Je me suis trompée?
- Non, ma chérie, tu as eu raison! Dit papa tout fier de moi. Par contre, on va commencer par quelque chose de plus facile... Pourquoi pas des... Lapins?
Maintenant, c'était lui qui avait l'air dégoûté collé au visage.
- Tu n'aimes pas les lapins, alors moi non plus! Déclarais-je, sure de moi.
- Pourquoi pas des biches? J'en ai repéré quelques unes en venant ici, demanda papa.
- Bonne idée! Dit maman, qui devais aussi les préférer aux lapins. Renesmee, tu montes sur Jake ou tu préfère que je te porte?
J'hésitai un moment, puis, je décidai de tenter ma chance.
- Maman, je sais que tu n'aimes pas trop ça, mais j'aimerais vraiment courir toute seule... Je resterai proche de vous, à moins de quelques mètres, et on ira moins vite, c'est tout. S'il te plaît?
Maman ne voulais jamais que je cours toute seule, peut être avait elle peur que je me perde ou que je sois blessée... C'était compréhensible compte tenu du fait que j'avais techniquement seulement quelques mois... Mais mon corps avait déjà quelques années et j'avais la mentalité d'un enfant d'au moins dix ans... Les enfants de dix ans courent tous seuls...
Maman hésita. Elle fixait papa. Sûrement espérait-elle que papa répondes à sa place, ce qu'il fit quelques secondes plus tard.
- Très bien, si tu y tiens tant que ça, tu peux courir pour cette fois. Nous te faisons confiance, Renesmee. Par contre, j'aimerais que tu t'accroches à Jacob. Comme ça, tu ne risques pas de te perdre.
- Ok!
J'étais aux anges, heureuse de pouvoir enfin user de mes petites pattes, mais en même temps j'étais terrifiée. Terrifiée de devoir affronter un animal sauvage, terrifiée de ne pas être à la hauteur et de m'humilier devant papa, maman, mais surtout devant Jakey.
Je m'accrochai très fort à sa fourrure, courant le plus vite possible, pourtant je n'allais pas à la vitesse que papa et maman avait habituellement. J'étais un peu frustrée de courir si lentement, mais je me dis que ce ne sera plus le cas quand je serai grande comme maman ou papa.
Bientôt, je sentis l'odeur alléchante du sang. Elle étais pourtant beaucoup plus âcre et moins prononcée que ce a quoi j'avais droit habituellement...
- C'est l'odeur du sang des herbivores, répondit mon papa, ayant suivi le cours de mes pensées. Oui, ça sent moins bon, mais c'est presque aussi bon que ce que tu as d'habitude, ne t'en fait pas.
Et, sur ces mots, nous nous aretames tous. Je sentais l'odeur, mais j'entendais aussi le cœur des biches qui buvaient à quelques mètres de nous, à même le ruisseau. J'avais de plus en plus soif, ma gorge se resserrait de plus en plus et la brûlure n'était presque plus supportable. Il est impossible de décrire la douleur exacte que la soif entraîne. C'est comme être brûlé vif, pendant qu'on vous asperge d'acide et qu'on vous arrache un à un les ongles. Et encore, c'est peu dire... Et je savais que, comme je ne suis qu'à moitié vampire, je ne ressentais même pas la moitié de ce que ressentaient mes parents.
- Regarde comment Bella va faire, puis tu essaiera ensuite. Dit papa.
Jakey gémit au moment ou maman sauta sur l'animal. Je savais qu'il détestait tout simplement les vampires et leur régime... Et, soudain, je pensai à quelque chose; Jakey, peut être qu'il allait aussi me détester pour avoir tué ses biches... Je ne savais pas. Je demandai à papa mentalement.
- Ma chérie, Jacob t'aime vraiment beaucoup! Me répondit-il.
Jakey, ayant entendu son nom, se retourna, intéressé.
- Elle a peur que tu ne l'aimes plus car elle s'apprête de tuer une de tes amies les bêtes... Répondit papa aux pensées de Jakey.
En me regardant, il traduisait pour Jakey.
- Ma petite Nessie, jamais je ne pourrais arrêter de t'aimer. Peu importe ce que tu fais comme choix, ce que tu prends comme décisions, ou ce que tu dis, JAMAIS je n'arrêterai de t'aimer.
- Merci. Tu peux venir avec moi, s'il-te-plaît..?
Je savais qu'il ne pouvait rien me refuser des que j'usais de ces mots. Le loup immense hocha sa tête et un sourire apparut au coin de ses lèvres. Il savait comment me rassurer.
Maman revenue, je ne lançai, Jakey sur mes traces. Nous en attrapâmes une chacun. Quand je mordis dans ma proie, je fus extrêmement surprise; elle était tendre comme du beurre et le sang était chaud et réconfortant. Je la terminai rapidement, mais, contrairement à maman, je fus rassasiée après ma première proie. Jakey n'avais pas vu le sang, le loup avait mangé la chair de l'animal. Ensuite, il plongea dans la rivière, et je le suivis. Nous nous amusâmes tellement que nous passâmes toute la journée la bas.
C'était la première fois que je nageais. Je m'amusais comme une folle. La journée se termina trop vite. Quand je fus fatiguée, nous rentrâmes et j'insistai pour que Jakey vienne me bercer avant de m'endormir.
- Alors? On me demande! Dit Jakey, tout heureux en entrant dans ma chambre.
- Oui, j'aime bien m'endormir avec toi.
Il sourit avec ce sourire en coin qui était si contagieux.
- Très bien! Tu veux que je te raconte quelle histoire cette fois? Me demanda-t-il comme à chaque fois qu'il venait me bercer.
- Tu peux me parler de maman? Dis-je un peu incertaine de ma question.
Il hésita, puis finit pas accepter.
- Ta maman, comme toute ta famille, d'ailleurs, à déjà été humaine. Elle était... On pourrait dire maladroite; elle attrait le danger... Un jour, elle est venue à Forks et elle a rencontré Edward. Elle en est tout de suite tombée amoureuse. Et Edward l'aimait aussi. Moi aussi j'aimais ta maman, mais je sais maintenant que je l'aime en tant qu'amie. Et tu restera toujours ma préférée! Alors, Edward et Bella se sont mariés, et ils s'aimaient vraiment beaucoup, alors ils ont décidé d'avoir un bébé, toi! Maintenant qu'ils t'ont toi, plus rien ne pourrait les séparer, parce qu'ils se battent pour la même chose. Maintenant, ma chérie, tu devrais t'endormir. Quand tu te réveillera, je serai la, à t'attendre. Ne t'en fait pas, je ne te laisserai jamais seule.
Ces mots m'apaisèrent à un tel point que je m'endormit sur le champ. Ce fut la plus belle journée que j'aie vécue.
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