Auteur : Qui voulez-vous que ce soit ? Ça ne change pas, c'est Hinatou ! J

Disclaimer : Les personnages de fullmetal alchemist ne m'appartiennent pas et je na fais pas de profit avec. Leur inventeur est Hiromu Arakawa la Graaande ! U.U

Notes : Pas de notes pour cette fois, je vous souhaite juste une chouette lecture !

Chapitre 4 : Le début de la grande aventure !

Vraiment, cet énergumène était collant, gluant même. Excédé, le jeune alchimiste se retourna brusquement vers l'ex-homoncules en soupirant.

« Tu veux bien arrêter de me suivre comme un p'tit chien ?! »

Le petit bonhomme parut sincèrement étonné.

« Mais… les sections sont sensées rester ensemble tout le temps !

-C'est pas exactement ça… »

Complètement impuissant, le blondinet se prit la tête dans les mains. Depuis que Mustang les avait virés de son bureau en les menaçant des les renvoyer au moindre pépin, son éternel adversaire était aussi mielleux que... du miel, justement. Un mélange bien gluant qui vous bloque la gorge et vous chauffe l'œsophage jusqu'à ce que vous avaliez la pilule péniblement. Après ça, il restait toujours un poids sur l'estomac. Dans le cas d'Edward, c'était l'énervement qui lui martelait les tripes. Il avait une envie folle de lui mettre son poing dans la figure, mais ça ne lui aurait apporté que des ennuis.

« Tu sais, y a un truc qui s'appelle la vie privée ! Après le boulot, les sections se séparent et rentre chez eux voir leur petite femme ou…

-Mais t'as pas de femme ! À moins que t'aies épousé la petite vieille pour son héritage ? Si tu veux je t'aide à t'en débarrasser… »

Frissonnant d'horreur à la simple insinuation qu'il aurait pu être marié à cette femme qu'il considérait comme une grand-mère, il refusa l'aide d'Envy avec indignation.

« Je suis célibataire !

-Oooh, je vois… c'est bizarre avec un physique comme le tien. Dis-moi, tu serais pas gay par hasard ? »

Choqué, le jeune homme faillit s'étouffer sous la surprise. Toussant à en cracher ses poumons, il dut s'appuyer contre le mur pour reprendre sa respiration. L'androgyne s'approcha et lui tapota le dos avec un soupçon de sensualité. À ce contact, un frisson parcourut le corps du fullmetal qui se dégagea en bondissant sur le côté.

« Bas les pattes !

-Oh, ça va, je voulais juste t'aider… »

Le sourire satisfait du bonhomme trahissait ses pensées. Son co-équipier en fut dégouté : il était rentré dans son jeu ! Ces derniers jours, les sous-entendus et les blagues salaces avaient fusé dans tous les sens mais là, ça dépassait les bornes. Bon, d'accord, il n'avait pas été très sympa avec l'ex-homonculus non plus… mais c'était quand même un peu trop cher payé pour la petite farce qu'il lui avait fait un mois plus tôt.

« T'es vraiment trop con, Envy.

-Eh ! J'essaie d'être sympa avec toi et tu m'insultes ? Bah, tant mieux, j'vais enfin pouvoir m'amuser…

-Qu'est-ce que t'insinues ? T'as pas un neurone dans ton palmier et tu crois pouvoir m'avoir ?! »

En guise de réponse, l'androgyne le plaqua contre le mur et lui susurra à l'oreille.

« J'ai pourtant réussi à te faire rougir… »

À peine avait-il dit ça que la tête de l'alchimiste prit une teinte écrevisse. Incapable de réfréner le sang qui montait vers ses tempes, il serra les dents de dépit. Vraiment, cet énergumène était collant, gluant même.

« Chéri, ça va ? »

Le ton sincèrement inquiet de sa femme fit émerger Alphonse de sa torpeur. Il s'était endormi sur le canapé sans s'en rendre compte et avait dormi plus de quinze heures d'affilée d'après ce que lui indiquait l'horloge du salon. Il ne lui répondit pas tout de suite, l'air sombre, ce qui acheva d'alerter l'amour de sa vie.

« Tu veux que je reste avec toi aujourd'hui ? »

Nina avait toujours été comme ça, perspicace. Mais aujourd'hui, son aide arrivait trop tard et son mari se rendait compte des limites de sa compréhension psychique. Car Nina n'était pas télépathe, et lire dans le cœur des gens était tout sauf possible pour l'ensemble des espèces vivant dans l'univers.

« Je te remercie, ça ira. Je… j'ai besoin de réfléchir, tu veux bien me laisser seul ? »

La mine contrite, elle lui obéit à contrecœur, se sentant mise à l'écart de quelque chose d'important. Elle n'était pas loin de la vérité comme toujours, et pourtant jamais elle n'aurait pu prédire la suite des évènements. Contrariée, elle enfila son manteau de cachemire et fila dans le froid de novembre rejoindre la petite coccinelle garée près du garage où stagnait déjà un vieux tacot qui tenait à peine debout. Quand on vit en couple, il faut savoir faire des concessions. C'est-ce que sa mère lui avait toujours dit mais aujourd'hui elle en avait assez. Pourquoi devrait-elle subir toutes les exigences de son mari ? Bien que gentil et bienveillant, Al n'en restait pas moins un homme avec des caprices qui tenaient de son espèce. D'un violent coup d'accélérateur, elle sortit le tacot pour aller le ranger sous un grand cerisier battu par le vent puis repartit chercher sa coccinelle rouge et orange et la gara dans le hangar, satisfaite. Toutefois encore légèrement contrariée, elle fit tomber une pelle laissée là à cause de la négligence de son mari -du moins pensait-elle cela à ce moment-là, encore brûlante de frustration- puis elle rentra de nouveau dans la maison par la porte de derrière et alla s'allonger sur le lit avec un bon livre à l'eau de rose.

Oui, Nina était une femme compréhensive, mais il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin.

De son côté, Alphonse avait vu partir la chanteuse sans vraiment y prêter attention et s'était absorbé dans la contemplation de ses pieds. Lorsque ceux-ci rencontrèrent la fraicheur du parquet, il frissonna. L'hiver était une période qui ne lui convenait pas. Il songea avec amusement à son frère qui supportait la saison froide encore moins que lui et ne manquait pas de le faire savoir à cent kilomètres à la ronde. Il eut soudain un pincement au cœur en se remémorant les bons moments qu'ils avaient passés ensemble. Ça lui arrivait souvent ces temps-ci mais la douleur était difficilement supportable, surtout qu'il ne comprenait pas -ou ne voulait pas comprendre- d'où elle venait.

Épuisé par tous ces questionnements intérieurs, il décida de sortir prendre l'air.

Le vent vif le gifla au visage avec vigueur, rougissant ses joues. En se frottant les mains, il s'avança vers le garage. En apercevant la coccinelle flambant neuve de sa femme à la place de son vieux tacot, il n'eut aucune réaction. Il alla simplement déloger la voiture délabrée de sous son cerisier et enclencha le moteur. Réfléchissant soudain à ce qu'il s'apprêtait à faire, le jeune homme eut un instant de flottement.

Il n'en fallut pas plus à la voiture pour foncer dans le précipice quelques mètres plus loin en vains soubresauts. Penchée par la fenêtre car attirée par le bruit, Nina vit avec horreur son amant disparaître dans les profondeurs du ravin avec un bruit de ferraille rouillée.

Elle poussa un grand cri de frayeur et se précipita en manquant de rater une marche dans les escaliers, toute colère ou ressenti disparu. Il ne restait plus que la terreur sur son visage.

Et s'il mourait ?

L'eau ruissela sur son visage, s'éparpillant en milliers de gouttelettes aux reflets argentés. Il se contempla longuement devant la glace couverte d'une mince pellicule de poussière et de saletés. Elle était brisée en son centre et de fines craquelures s'insinuaient sur la surface. Il inspira profondément, essayant de refouler la foule de sentiments qui montaient vers son cerveau déjà bien secoué. La figure satisfaite de l'androgyne lui revint en mémoire et une nouvelle poussée de plaques rouges vint zébrer ses joues au teint de lait. Oui, Edward ressemblait à un petit garçon qu'on aurait été pris en train de faire une bêtise. En songeant à son neveu, il se dit qu'ils n'étaient pas si différents que ça malgré les dix-sept ans qui les séparaient. Tout aussi têtu et curieux que l'enfant, il ne connaissait toujours pas grand-chose de la vie malgré les épreuves terribles qu'il avait traversé. Qu'ils avaient traversé. Il savait très bien que sans son frère il n'aurait pas pu continuer et finir par retrouver son bras et sa jambe. Il savait également que sans son frère il aurait sombré dans la dépression. La preuve en était maintenant : il n'était quasiment plus que l'ombre de lui-même, pâle figure de pantin aux yeux cernés et aux idées mornes. Où était passée sa vivacité d'esprit ? Même lui n'en savait rien. En se voyant devant ce miroir tel qu'il était dans la réalité, l'alchimiste eut soudain le courage d'affronter la dure réalité : sans son frère, il était aussi perdu que Mustang sans son lieutenant. Une lueur s'alluma au fond de ses yeux. Puisqu'il ne pouvait pas ramener son frère de sa petite vie pépère, il apprendrait à vivre par lui-même ! Et, fois de nabot, il réapprendrait à vibrer comme il le faisait autrefois sur les routes semées d'embûches de la pierre philosophale. Il défit ses chaussures à triples talons cachés et les abandonna sous l'évier des toilettes publiques, fier d'enfin assumer sa petite taille. Peut-être regretterait-il ses vingt centimètres gagnés si durement, mais ça n'avait plus aucune importance. L'air digne, il ressortit en chaussettes des WC publiques.

« Mais qu'est-ce que t'as fait de tes chaussures fullmetal nabot ? Tu les a perdues dans la cuvette ?!

-Qui tu traite de minuscule nabot qu'arrive pas à attraper un livre à la bibliothèque ?!

-Mais… j'ai jamais dit tout ça ! »

Surpris, l'ex-homonculus recula, une goutte de sueur glissant le long d'une de ses tempes. Pourquoi le nabot s'excitait-il comme ça ? Il ne put retenir un sourire, content malgré tout de le retrouver au mieux de sa forme. Il prit un air hautain et lui décocha une pichenette pour cacher son amusement.

« Mais dis-moi, ça t'arrive souvent de rapetisser de vingt centimètres comme ça ?

-Tout le temps ! »

L'ironie dans la voix du blond ne frappa l'énergumène aux cheveux verts qui lui tira la langue. Hors de lui, l'alchimiste se mit à poursuivre l'ex-homonculus -qui courait encore très vite- en hurlant.

« Si je te rattrape… tu vas passer un sale quart d'heure ! Graine de palmier !

-C'est pas une insulte ça, la pousse de soja !

-De quoi ?! »

Leur petit jeu les conduisit jusqu'au bureau de Mustang où ils s'arrêtèrent, essoufflés. Edward se retint d'éclater de rire : cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas autant amusé. Étrangement, la présence du jeune homme à la chevelure verte se révélait aussi sympathique que gênante. Après quelques minutes pour reprendre leur respiration, ils entrèrent dans la pièce sans frapper… et le jeune homme blond se reçut un magistral dictionnaire sur le crâne. De l'autre côté de la pièce, la main encore en suspend, le président les fusillait du regard.

« Vraiment vous deux, vous faites la paire ! Envy !

-Oui ? miaula -vraiment- l'interpellé.

-Je t'ai pas engagé pour que tu fasses ce que tu veux ! »

La mine dépitée de l'ex-homonculus arracha un pouffement au blondinet. Grossière erreur. Le regard assassin de l'ancien colonel le dissuada de poursuivre.

« Il me semble que tu n'es pas mieux loti, fullmetal. C'est quoi ce comportement ?! Bande de sauvages ! Je suis quand même le président ! Pour la peine, je vous envoie à Briggs. Allez hop, mission de reconnaissance, on va voir si vous aimez la neige ! Comme on est au mois de novembre, y aura de la neige jusqu'au bout de ta mèche ! »

Le fautif ne se risqua pas à répondre, bien qu'il en mourait vraiment d'envie. Seulement, le militaire semblait vraiment très énervé. Discrètement, il fit signe à Envy de se tenir à carreaux. Le bonhomme eut l'air de comprendre car il se contenta de murmurer un « oui » d'approbation en même temps que son collègue. Ils ressortirent sur la pointe des pieds. Ce ne fut qu'une fois qu'ils se furent suffisamment éloigné du bureau qu'Envy recommença à lancer ses piques.

« Pas mal le coup de la mèche ! Ce Mustang a vraiment le sens de l'humour.

-Oh ça va hein ! Moi au moins il m'a pas menacé de me virer !

-Mais c'est qui qui s'est reçu le dico en pleine face ? »

Le petit blond prit un air outré.

« T'es lourd ! Bon, on se retrouve demain à la porte nord de Central. Emporte un truc un peu plus chaud si tu veux rester en vie ! »

Il considéra les vêtements terriblement légers de son acolyte en fronçant le nez. Rien que le regarder lui donnait l'impression de sentir le vent sur sa peau nue.

« Mouais, on verra. J'fais ce que je veux, le nabot. »

Il lui décocha son regard le plus noir.