Salut tout le monde! Désolée pour ce léger retard, je suis en pleine période d'examens et j'ai pas un moment à moi, c'est vraiment énervant... quoi qu'il en soit, voici le chapitre 4, j'en profite d'avoir une micro pause pour vous le poster :)

Bonne lecture! - Summer


CHAPITRE 4 :

Leyna Stevens :

Je me mis à bâiller. Ça faisait bien deux heures que nous poireautions dans le Quinjet, et pour l'instant les « pros » n'avaient rien à signaler.

J'étais persuadée qu'ils allaient finir par se faire repérer, et qu'à partir de cet instant ça allait saigner. Mais l'ennemi prenait tout son temps, si bien que je commençais à me demander avec une vague d'inquiétude si HYDRA ne nous avait pas senti venir à des kilomètres et s'ils n'avaient pas déserté la base. Cela voudrait dire que le sceptre ne se trouvait plus là. Et je ne voulais même pas l'envisager. Je voulais qu'on mette la main dessus, à tout prix.

Je vis de nouveau le jeu de cartes voler autour de moi comme des confettis. Je soupirai, avant de me tourner vers Emy et Hulk, constatant que ce dernier regardait les cartes voler en grognant.

« Mais non, soupira Emy. Je t'ai déjà dit que ça servait pas à ça.
-Stupide, grommela Hulk.
-C'est pas stupide, c'est des cartes, s'obstina Emy sans perdre patience.
-Non mais on était obligées de le faire sortir maintenant ? demandai-je en haussant un sourcil, alors que Hulk me regardait d'un air ronchon.
-Il faut qu'il soit prêt en cas d'attaque surprise, me répliqua Emy.
-Hulk attaque, répéta Hulk en se tournant vivement vers ma sœur.
-Oui mais pas maintenant, attends », lui dit-elle d'une voix douce.

Je me demandais comment elle faisait pour être aussi patiente. Elle donnait l'impression de parler à un enfant. Et maintenant que j'y réfléchissais… elle était bien la seule personne avec qui Hulk ait réussi à instaurer une certaine forme de dialogue.

Apparemment, il avait prononcé ses premiers mots juste après la bataille de New York, mais n'avait jamais été un grand bavard. Au SHIELD, ils avaient tous été surpris de constater que Hulk semblait avoir moins de mal à se confier à Emy qu'à n'importe-qui d'autre. Mais ce n'était pas si compliqué à comprendre : un climat de confiance s'était installé entre ces deux-là, et même si Hulk semblait toujours ronchon, j'avais déjà constaté plusieurs fois qu'il avait l'air heureux de voir Emy.

« Allo, les filles, lança soudain la voix de Tony dans nos oreillettes. Faudrait que vous nous envoyiez le Géant Vert, et restez sur vos gardes, on a de la compagnie.
-
Petits pois ! fit remarquer Hulk d'un ton très docte.
-Oui mais non, là le Géant Vert c'est toi, Hulk attaque ! », lança Emy en lui donnant une grande tape dans le dos avant d'ouvrir la plateforme du Quinjet pour laisser sortir la boule d'énergie qu'était devenue Hulk.

Je me redressai comme si j'étais montée sur ressort, et m'approchai du cockpit, prête à battre en retraite au moindre mouvement suspect à l'extérieur.

Mais la clairière dans laquelle nous nous étions posés semblait déserte. Néanmoins, je me tournai vers ma sœur.

« On ferait peut-être bien de sortir pour faire le guet, lui dis-je.
-Je suis parfaitement d'accord avec toi », me répondit Emy, qui me précéda par la plateforme par laquelle était passé Hulk.

Dehors, comme je l'avais présumé, tout était calme, et une fois que les pas lourds de Hulk se furent évanouis, nous n'eûmes plus aucun signe qu'une bataille se déroulait à proximité. J'avais l'impression que nous étions perdues dans un coin paisible de la campagne et que nous pourrions presque prévoir un pique-nique…

Je sursautai, et me mis en position de défense. Mais ce n'était rien. Rien qu'un courant d'air. J'avais été surprise parce-que malgré la neige qui recouvrait le paysage d'une couche d'un blanc coton, je n'avais pas senti une once de vent depuis que j'avais pointé le bout de mon nez hors du Quinjet.

Mais… je continuais d'avoir comme une étrange impression. Je baissai presque machinalement les yeux vers mes bras… mes poils s'étaient hérissés comme s'ils étaient parcourus d'électricité statique. Et mes bras étaient recouverts de chair de poule.

« Emy ? demandai-je, incertaine.
-RAS », me répondit ma sœur, et je me détendis légèrement.

Après tout j'étais à fleur de peau. Normal, c'était ma première mission sur le terrain. Et en Sokovie, qui plus était. Si j'avais pu penser, lorsque j'avais effectué ma mission humanitaire ici, que ce pays abritait une base d'HYDRA…

« WOW ! ».

J'entendis ma sœur retomber lourdement sur ses fesses, et c'est à cet instant que je le perçus. Rien qu'un éclair, une anomalie de la lumière… quelque-chose qui aurait pu sembler naturel. Mais pas pour moi.

« C'était quoi ce truc ? demandai-je à Emy en l'aidant à se relever.
-Quoi ? T'as vu un truc ? me demanda-t-elle, fébrile. J'ai juste senti que quelqu'un me faisait un croche patte !
-Et si on allait voir ? ».

Ma sœur se tourna lentement vers moi, paupières plissées, et ses lèvres s'étirèrent progressivement en un immense sourire de Cheshire Cat. Elle m'adressa un bref hochement de tête, avant de fermer les yeux… et l'instant d'après, avec un bruit de bourrasque, elle devenait un nuage de particules.

Alors que j'entamais ma transformation à mon tour, et que je sentais mes ongles s'allonger en griffes, je l'entendis pester, et lui lançai un regard surpris.

« J'ai perdu mon pari, grommela-t-elle, boudeuse. Wilson me doit un verre.
-T'as parié avec Sam ? m'étonnai-je.
-Ouais, il a parié que je serais la première de nous deux à utiliser mes pouvoirs.
-C'était totalement aléatoire comme pari, fis-je remarquer en haussant les sourcils, parce-que Sam n'était pas du genre à parier sur de simples éventualités.
-Pas selon lui, répliqua ma sœur en secouant la tête.
-Et pourquoi ? », demandai-je.

Elle me lança un regard malicieux, de son visage qui apparaissait et disparaissait, semblant en parfaite symbiose avec cet étrange brouillard qu'elle était devenue.

« Parce-ce que j'adore ça », me répondit-elle.

L'instant d'après, elle filait telle une fusée vers le couvert des arbres, et je dus bientôt basculer sur quatre pattes pour être certaine de tenir la distance. Peu à peu, je me sentis devenir la panthère, glisser vers l'animalité sans pour autant lui céder totalement. C'était ce que j'aimais dans ma transformation : l'idée de pouvoir faire ce qu'aucun être humain ne pourrait faire, tout en gardant le contrôle.

Ma sœur s'était arrêtée entre deux grands pins, et flottait à quelques centimètres du sol. En arrivant à son niveau, je basculai de nouveau sur deux jambes, et l'instant d'après, Winter était redevenue Leyna Stevens. Mais une Leyna Stevens suréquipée et prête à en découdre.

Je sortis d'une poche de ma tenue de combat la paire de lunettes que Tony m'avait offerte la veille, et l'enfilai d'un geste assuré.

« Jarvis, scanne les alentours. Je veux que tu nous donnes le moindre signalement d'une présence autre que celle d'Emy et moi ».

Je me mis à regarder lentement autour de moi, les verres de mes lunettes se teintant légèrement de rouge, puis de vert lorsque Jarvis eut terminé son analyse.

« Rien à signaler, Leyna.
-
C'est pas possible, grommela Emy. Ce truc était là y'a deux secondes, il a pas pu s'envoler… ».

L'instant d'après, je sentis quelqu'un refermer la main sur le dos de ma combinaison, et avant que je n'aie le temps de réagir, je me sentis tirée en arrière.

« Leyna ?! ».

Je m'effondrai sur le sol, comme si cette personne invisible venait de me lâcher.

L'instant d'après, Emy était à mes côtés, et tentait de m'aider à me redresser, mais je n'avais tout simplement plus la force de tenir sur mes jambes.

« Leyna ?! ».

Cette voix… oh bon sang non, c'était impossible, j'avais eu tellement peur de me retrouver dans cette situation que j'imaginais des choses, mais… ça ne pouvait pas… pourtant… pourtant j'aurais reconnu cette voix entre mille…

« Jarvis, scanne les alentours, répétai-je d'une voix sourde.
-Il n'y a rien, Leyna. Emy et toi êtes seules…
-Scanne les alentours ! me mis-je à hurler. Je sais très bien que nous ne sommes pas seules, je veux comprendre comment c'est… ».

Je m'arrêtai en plein milieu de ma phrase, le souffle coupé.

Emy me disait quelque-chose mais je ne l'entendais pas. Sa voix mêlée à celle de Jarvis ne formait qu'un brouhaha inaudible qui se perdait dans les méandres de ma conscience, alors que tous mes sens étaient concentrés sur cette autre personne, qui se tenait entre deux arbres à tout juste vingt mètres de nous.

Ce garçon aux cheveux blond platine, à la barbe de trois jours… ces yeux d'un bleu intense qui me dévisageaient.

Je sentis soudain une rage incommensurable s'emparer de moi, et l'instant d'après je devenais la panthère.

Je voyais à travers ses yeux mais c'est elle qui agissait. Elle se lança en rugissant vers ce garçon, ce garçon qu'elle avait envie de réduire en lambeaux… pour lui avoir fait tant de mal…

Ce garçon qui disparut sous ses yeux.

La panthère rugit si fort que de la neige tomba des arbres qui se trouvaient autour d'elle. Elle fut bientôt rejointe par l'autre mutante, la mutante verte… Summer…

Emy…

Bientôt, je redevins moi-même. J'étais recroquevillée sur le sol enneigé, en position de l'œuf, tremblant de tous mes membres, mais pas de froid.

Emy, qui avait repris son apparence humaine, étant penchée sur moi et posa une main sur mon front, avant de l'en retirer presque immédiatement.

« T'es bouillante, bredouilla-t-elle. Leyna, je vais te ramener au Quinjet…
-Non… protestai-je d'une voix hoquetante, alors que des larmes commençaient de ruisseler sur mes joues.
-Leyna, tu n'es pas en état de… protesta-t-elle.
-NON ! hurlai-je soudain en me redressant en position assise. Tu ne COMPRENDS PAS ! Tu ne peux pas COMPRENDRE ! ».

Emy, choquée, recula de quelques pas. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas perdu le contrôle de la panthère. Et le pire dans tout ça… c'était que j'avais l'impression de l'avoir fait exprès. J'avais voulu que la panthère prenne le dessus… pour lui faire du mal.

Emy ne comprenait pas. Que ce soit moi ou la panthère, nous ne nous en étions jamais prises à elle. Nous avions toujours su qu'elle était notre alliée, et qu'elle ne nous ferait jamais de mal.

« Emy, bredouillai-je en tentant de conserver mon calme. La Sokovie… rien n'était un hasard, rien…
-Je comprend pas, bredouilla ma sœur.
-La première fois que je suis venue, précisai-je. Je pensais que tout n'avait été que le fruit du hasard mais je me suis trompée. Et tu avais raison, sans le savoir, sans le vouloir, mais tu avais raison. Il est ici.
-Qui ça ? me demanda ma sœur, réellement effrayée désormais.
-Pietro. Il savait qui j'étais la première fois, lui répondis-je. Il travaillait pour le compte d'HYDRA, ils ont des espions partout, ils ont dû savoir que j'arrivais dans le pays, qui sait, peut-être même qu'ils ont fait en sorte que je sois envoyée en Sokovie plutôt qu'ailleurs pour que leur petit cobaye puisse faire mumuse avec moi, j'en sais rien, ce dont je suis sûre c'est que tout ça n'est qu'une putain de machination !
-Pas de gros mots ! ».

Je fis un bond et retombai littéralement sur mes jambes, tous mes sens en alerte. J'avais complètement oublié que nous étions toujours reliées aux autres par nos oreillettes, et ils venaient visiblement de reprendre contact avec nous.

« Les filles, intervint la voix de Natasha. On a entendu du grabuge par là-bas, comme un rugissement… vous allez bien ? Leyna ?
-C'est rien, répondis-je en essayant de garder le ton le plus neutre possible. Rien à signaler autour du Quinjet. On se tient au courant.
-Et c'est quoi la… machination ? me demanda Steve qui semblait ne pas pouvoir se résigner à reprendre mon expression.
-La « putain de machination », s'il-vous-plaît ! Faut vous décoincer un peu, mon vieux, intervint alors la voix de Tony. Leyna ? Tu parlais de quoi ?
-
Je me disais qu'ils avaient pas pu vous tomber dessus aussi brusquement, c'est forcément une machination.
-Ah, c'est tout ? On le savait déjà depuis trente minutes, mais c'est bien ton temps de réflexion s'affine de jour en jour, me fit remarquer Tony. Bon, les filles, surveillez les alentours, et tenez-nous au courant s'il y a du changement. Et faites attention : il semblerait qu'un optimisé se trouve sur les lieux ».

Une fois que je fus certaine que le contact avait bel et bien été coupé, j'arrachai l'oreillette de mon oreille et la jetai par terre, avant de l'écraser sans ménagement sous ma semelle.

« Leyna ! protesta Emy, choquée.
-Ça me regarde, lui répondis-je. Fais-en sorte qu'ils croient que je suis toujours avec toi. J'ai un optimisé à retrouver ».

Emy secoua fébrilement la tête, mais je ne lui laissai pas le temps de protester. L'instant d'après, des griffes remplaçaient mes ongles et je sentais mon visage se recouvrir de fourrure. Je tournai le dos à ma sœur, et m'éloignai d'un pas résolu vers le cœur de la forêt.

Plus j'avançais, plus les sons de combat me semblaient proches, et je commençais à regarder anxieusement autour de moi, inquiète à l'idée de me faire repérer par les Avengers. J'avais des comptes à régler, et ils n'avaient pas à s'en mêler et s'ils essayaient je risquais fort de devenir méchante. Parce que je prenais certainement cette affaire beaucoup trop à cœur, mais c'était après tout la devise qui s'était retournée contre Loki : « L'esprit n'est pas le seul point faible de l'être humain ». Et malheureusement, que ce soit pour un dieu comme lui, ou pour une optimisée comme moi… le cœur, c'était le pire.

« Sors de là, grondai-je sans être persuadée qu'il était réellement là. Sors de là tout de suite, parce que si je dois te trouver par mes propres moyens tu risques de moyennement apprécier ».

Premièrement, je ne remarquai rien d'anormal. Puis j'entendis un bruit de bourrasque dans mon dos, et lorsque je me retournai il se tenait devant moi.

Il fronça les sourcils face à mon apparence de semi panthère, mais je me fichais de ce qu'il pouvait bien penser de mon apparence. Il avait invoqué la panthère. Il avait provoqué ma colère. Et il allait récolter ce qu'il avait semé.

« Comment est-ce que tu as pu, crachai-je à son adresse, mes yeux luisant d'un éclat malveillant.
-Leyna, bredouilla-t-il, mal-à-l'aise. Je sais que les apparences ne jouent pas en ma faveur mais ce n'est pas ce que…
-Arrête, sifflai-je, furieuse. Tous les baratineurs dans ton genre n'ont que cette phrase-là à la bouche, ce que je veux comprendre c'est pourquoi t'as continué de faire semblant aussi longtemps ! Tu voulais que je m'attache à toi, c'est ça ?! Tu voulais me briser le cœur, m'affaiblir ? Ou tu voulais simplement que je te donne des infos sur les Avengers ?
-Réfléchis trente secondes ! protesta-t-il, l'air outré. Est-ce que je t'ai une seule fois demandé le moindre renseignement sur les Avengers ? Jamais ! Et c'est parce-que j'ignorais totalement qui tu étais jusqu'à ce que… ».

Il s'arrêta au milieu de sa phrase, et me lança un regard peiné. Sans doute parce qu'il devinait que désormais sa parole avait peu d'importance à mes yeux, et qu'il ne faisait que s'enfoncer un peu plus dans son ridicule. Pourtant, il tint à aller jusqu'au bout.

« Leyna Stevens, poursuivit-il. C'est ce que tu m'as dit quand on s'est rencontrés. Leyna Stevens. Pour moi tu as toujours été Leyna Stevens, c'est le nom que j'ai entré dans mon répertoire, c'est le nom que tu m'as donné. Stevens. Pas Stark ».

C'était vrai. Et je devais admettre que j'étais presque étonnée qu'il y ait une part de vérité dans ce qu'il disait.

« Puis un jour, au journal télévisé, ils parlaient de ce type, ce Tony Stark. Ils disaient qu'il avait engagé des gens du gouvernement pour débarrasser les déchets de la bataille de New York, entre autres, et à un moment ils ont montré une vidéo de lui et de ces deux filles qu'il a adoptées. J'ai cru que mes yeux me jouaient des tours, alors j'ai été sur internet, j'ai fait des recherches… et c'est là que j'ai compris que t'étais la fille de Stark ».

Je me rendis à peine compte que j'avais repris mon apparence humaine. Je tremblais de tous mes membres, et je luttais pour ne pas me mettre à pleurer. Non. Pas devant lui.

« Et c'est à partir de ce jour-là que je n'ai plus donné de nouvelles, me dit-il finalement. Je l'ai fait pour te protéger, parce que si HYDRA avait appris que ma petite-amie était…
-Arrête, sifflai-je. N'ose même pas employer ce terme pour parler de moi. Espèce de sale traître ».

J'eus une drôle de sensation, comme un vertige, mais avant que cela ne soit confirmé j'entendis un cri et la sensation stoppa aussitôt.

« Attention, lança la voix de ma sœur d'un ton glacial. Ils sont deux. Ils t'ont tendu une embuscade ».

Je me tournai lentement vers la personne qui se trouvait désormais aux côtés de Pietro. Même si elle dévisageait ma sœur avec un mélange d'émerveillement et de crainte (je ne savais absolument pas pourquoi), même si je ne croisai pas son regard, je la reconnus immédiatement pour l'avoir aperçue deux ans plus tôt.

Wanda.

Sans une once de considération pour moi, elle se tourna vers son frère, et lui murmura quelque-chose que je compris à peine.

« Ce sont elles ».

Pietro se tourna brusquement vers sa sœur, sourcils froncés, avant de nous dévisager de nouveau Emy et moi, pendant quelques secondes, puis de nous dire finalement :

« Partez vite.
-Qu'est-ce que t'as fait à Tony ? demanda soudain Emy, l'air furieux, en faisant un pas vers Wanda.
-Bon sang, mais foutez le camp ! », nous cria Pietro.

L'instant d'après, Wanda et lui avaient disparu, comme s'ils n'avaient jamais été là.

Je fixai pendant bien dix secondes l'endroit où ils s'étaient tenus un instant plus tôt, et ce ne fut que lorsque Thor referma sa main sur mon épaule que je revins à la réalité, et je me laissai guider jusqu'au Quinjet comme un pantin sans vie.

?

Nous étions toutes deux assises en face de lui, et mes yeux allaient de photo en photo. Je lançai un bref regard à mon binôme, qui arborait l'air le plus sérieux que je lui avais jamais vu.

Finalement, elle leva les yeux vers Fury, et lui demanda en haussant les sourcils.

« Des expériences sur des êtres humains ? demanda-t-elle.
-C'est exact, répondit Fury.
-Je croyais que ces expériences avaient cessé après la seconde guerre mondiale », fis-je remarquer.

Fury se tourna lentement vers moi. Oui, j'avais révisé ma petite leçon d'Histoire, et alors ? J'avais lu pas mal de choses sur Captain America et sur Crâne Rouge, qui étaient issus de ces expériences sur les êtres humains. Captain America avait beau avoir été un grand héros dans le temps, je ne cautionnais pas ce genre de choses, et je voyais le retour de cette « tendance » d'un très mauvais œil.

« Les cobayes sont des volontaires, ou contraints ? demandai-je.
-Apparemment les discours de propagande d'HYDRA sont toujours aussi au point, répondit Fury. Ils arrivent à convaincre bon nombre de leurs sous-fifres, mais aussi des civils qu'ils enrôlent à leur cause.
-C'est immonde, intervint mon amie en faisant la moue. Et ils ont dans l'idée de créer une armée de mutants ?
-Pour renverser l'ordre mondial ? C'est l'idée, apparemment, nous répondit Fury. Mais nous ne pouvons pas parler de mutants à proprement parler.
-Plutôt des optimisés, grommelai-je presque pour moi-même.
-C'est exactement le terme qui conviendrait, répliqua Fury. Des optimisés qui une fois le processus de transformation terminé auront des capacités que les êtres humains ne posséderont jamais.
-Et il n'est absolument pas souhaitable que ça arrive », comprit ma collègue.

Bon, je supposais que Fury ne nous avait pas fait venir dans son bureau pour qu'on se raconte des potins.

« Vous avez fait vos preuves en tant qu'équipières sur le terrain, je suis surpris de constater à quelle vitesse vous vous êtes adaptées l'une à l'autre.
-Oui, on se débrouille, répondis-je modestement en lançant un regard entendu à ma collègue.
-Je pense que vous seriez prêtes pour une mission de grande envergure, nous répondit tout naturellement Fury.
-Ouais, j'ai quand même dû buter un gars lors de ma dernière mission pour que ma coéquipière ne se fasse pas descendre, fit très doctement remarquer mon binôme.
-Je parlais d'une vraie mission, pas d'une simple faction, répliqua Fury avec un sourire en coin.
-On veut bien, mais si ces cobayes sont volontaires on fait comment ? demandai-je en fronçant les sourcils.
-Oh, je suis certain que vous trouverez… une solution intermédiaire », ajouta Fury, avant de se lever et de sortir de la pièce, nous laissant seules avec nos pensées.

Un silence assez pesant s'installa entre nous alors que nous nous plongions toutes deux dans une profonde réflexion.

« Tu crois que Barton lui a parlé du coup du scotch ? me demanda finalement ma coéquipière en se tournant à demi vers moi.
-Je crois que le directeur n'aurait pas besoin de Barton pour être au courant pour le coup du scotch, relativisai-je. Et je crois qu'il est au courant.
-Ah », répondit simplement mon amie avant de regarder de nouveau le mur en face d'elle.

Nous nous tûmes pendant près de cinq secondes, puis ma coéquipière reprit soudain la parole :

« Tu crois que Coulson lui a parlé du coup du scotch ?
-Ouais, c'est ce que je pense, répondis-je en hochant lentement la tête. Faudra qu'on réfléchisse la prochaine fois avant de lui faire notre rapport de mission ».

Alors que mon amie hochait la tête d'un air entendu, je me tournai vers elle en arborant un air sérieux.

« Alors, t'en penses quoi de cette mission ?
-On n'est pas en position de refuser, pas vrai ? répliqua-t-elle.
-T'envisagerais sincèrement de refuser ? lui demandai-je en haussant les sourcils.
-Non, tu rigoles ? Notre première vraie mission entre filles ! Ça va être top, répondit ma collègue avec un geste désinvolte de la main. Infiltrer une base d'HYDRA… forcer des cobayes volontaires à quitter les lieux… je sens que ça va être la joie.
-C'est le bonheur d'être agents du SHIELD », lui fis-je remarquer pour clore le débat.

Je devais admettre que parfois… je me disais qu'une journée, rien qu'une petite journée peinarde, ça devait être chouette, quand même.