Avant que vous décidiez de lire ce chapitre, je tenais à rappeler que si cette histoire est classée M, ce n'est pas pour rien ^^' (J'entends d'ici les cris de fangirls en manque de scènes de sexe 8D )

Alors si certaines personnes sont choquées, on pourra pas dire que j'avais pas prévenu... Na!

Bonne lecture aux autres ;)


Chapitre 4

Dans la tourmente

« J'accepte. »


Ichigo se déshabilla et sentit sa gorge s'assécher.

C'était une mauvaise idée. Il ne pouvait pas. Il allait dire à Grimmjow que finalement, il préférait prendre le risque et s'entraîner seulement avec son équipe… Il allait lui dire qu'il avait changé d'avis. Oui, voilà. Ça serait mieux comme ça.

Cela faisait maintenant deux jours qu'il avait accepté la proposition démente de l'Espadon. Ils avaient convenu de se voir aujourd'hui pour « évaluer la situation », selon le bleuté. Mais Ichigo appréhendait. Beaucoup. Il n'avait pas cessé de repenser à ce qu'il avait vu durant l'entraînement de ses adversaires. Malgré tout ses raisonnements, ils étaient vraiment puissants et son équipe n'avait aucune chance. Ichigo avait pactisé avec le Diable et à présent il était assis là, à moitié nu dans un des box du vestiaire, à attendre sa sentence comme un taureau dans une mise à mort. Du moins c'était ce qu'il ressentait.

Il n'aurait pas dû accepter. Ou plutôt si, mais c'était le fait d'être livré à Grimmjow qui le tracassait. Enervé contre lui-même, le jeune nageur donna un coup dans la porte du box en jurant. Mais alors qu'il enfonçait rageusement ses mains dans ses poches de jean, une voix rauque retentit dans la pièce.

« C'est toi, ma petite fraise ? »

Le surnom stupide que lui avait attribué Grimmjow depuis leur accord lui fit lever les yeux au ciel. Rassemblant ses affaires, Ichigo ouvrit la porte du box pour se retrouver nez à nez avec l'Espadon qui arborait un sourire radieux.

« - Alors ? Prêt pour ta première leçon, jeune padawan ?

- Écoute, je sais pas si…

- Ok, on y va ! »

Grimmjow saisit Ichigo par le bras et l'amena vers le bassin. Il savait bien ce que le jeune homme allait dire, mais il voulait se donner le temps de jouer un peu. De son côté, l'Ondin fulminait silencieusement. Il détestait déjà cette soirée.

Quand il atteignit les gradins, Grimmjow relâcha le bras d'Ichigo et inspecta rapidement l'allure du rouquin.

« - Tu sais, quand je disais à 20 heures pile, ça voulait dire qu'à 20 heures tu devais être en maillot, dans l'eau, et prêt à en prendre la vue, annonça-t-il.

Ichigo réprima une remarque cinglante et répondit avec cynisme :

- D'accord, 'sensei'

Grimmjow étira son sourire en voyant son 'apprenti' entrer dans son jeu :

- J'aime cette attitude. Bon allez, grouille-toi et va dans l'eau. J'ai la piscine que pour une heure, après on aura des ennuis si on reste trop longtemps.

- T'as pas réservé le bassin ? demanda Ichigo en déboutonnant son pantalon et le retirant complètement. Le regard alléché de Grimmjow se posa immédiatement sur le maillot ajusté du jeune homme.

- J'ai un double des clés grâce au gardien. C'est un fan de mon équipe, alors on je me suis arrangé pour qu'il parte en avance et nous laisse tranquille. On a l'endroit entier rien que pour nous, c'est pas génial ? »

Ichigo ne répondit pas et entra dans l'eau pour échapper à l'attention trop insistante des yeux du bleuté sur son anatomie. Après quelques longueurs en différentes nages, il revint près du bord et demanda à Grimmjow son avis.

« - Vu ton niveau, répondit-il, je dirais qu'il y a du boulot.

Il fit semblant de réfléchir et annonça :

- On doit se voir… trois fois par semaine.

- Tu rigoles ?

- Tu veux gagner, ou pas ?

- Je veux que mon équipe s'en sorte ! cria Ichigo sous l'effet de la colère et de l'impatience.

- Alors c'est trois soirs ou rien. »

Le rouquin se mordit l'intérieur de la joue. Grimmjow profitait clairement de lui, mais il n'avait pas le choix. Il lui fallait de meilleures performances, et vite, sinon c'était perdu pour les Ondins.

« Bon, va pour trois soirs. » grommela-t-il.

Grimmjow écarquilla les yeux. Il avait des couilles, ce gamin, pensait-il. Il enleva sa veste et s'approcha de l'eau de sa démarche assurée. Ichigo se méfia aussitôt de l'air réjoui du nageur et recula, se plaçant à une bonne distance du bord du bassin. Mais contre toute attente, aucune réflexion déplacée ne sortit de la bouche du bleuté alors qu'il s'installait près de l'échelle d'accès.

« On va commencer par la brasse. Refais-moi tes longueurs en allongeant plus les bras, et tourne davantage la pointe de tes pieds. Il faut qu'ils soient plus à l'extérieur.

Ichigo écouta d'une oreille plus qu'attentive les conseils de Grimmjow, puis se mit en mouvement avant de réaliser que ses recommandations faisaient des merveilles. Il allait effectivement plus vite et sentait moins la résistance de l'eau sur ses bras. C'était une surprise… Grimmjow, quant à lui, ne perdait pas le Nord pour autant: entre deux instructions, le nageur adverse se rinçait l'œil en toute impunité. Mais cela importait peu à Ichigo. Les résultats étaient là ! Le bleuté passa plusieurs fois sa langue sur ses lèvres tandis qu'Ichigo avait le dos tourné. Il avait vraiment bien fait de proposer ce marché au rouquin. Ses yeux ne se lassaient pas d'examiner la légère cambrure du nageur quand ce dernier ondulait sous l'eau. De même pour ses jambes, moins musclées que les siennes mais tellement longues… Regarder Ichigo évoluer dans l'eau -sous ses ordres, qui plus est- était un vrai délice.

L'heure passa plus rapidement qu'aucun des deux ne l'aurait pensé. À la fin de sa dernière longueur, Grimmjow rappela Ichigo près des gradins et lui tendit ses affaires sans rien dire. Le jeune homme était stupéfait, mais se garda bien de le montrer. Il ne s'attendait pas à un tel professionnalisme de la part de l'Espadon. Après un passage rapide par les douches, Ichigo se dirigea vers le vestiaire, toujours sous le choc de ses progrès déjà fulgurants.

Soudain, il revint à la réalité : Il allait devoir payer sa première leçon, et voilà plusieurs minutes que Grimmjow avait disparu.


24 heures plus tôt…

C'était une de ces après-midis normales dont Yumichika avait l'habitude. Ce jour-là, il avait entreprit de repeindre sa salle de bain quand on l'avait appelé sur son fixe. La conversation fut courte. Une trentaine de minutes plus tard, la sonnette de l'entrée retentit et le jeune homme se précipita à la porte pour ouvrir.

« - Salut, Ichi, entre !

- Salut. Désolé de débarquer comme ça. Je vous ai amené du ramen fait par Yuzu pour me faire pardonner.

- Oh c'était pas la peine, je t'aurais laissé rentrer quand même, tu sais ! Mais merci, on le mangera ce soir, dit Yumichika en portant le tupperware dans sa cuisine alors qu'Ichigo refermait la porte derrière lui.

- Je peux pas refuser un plat de ta sœur, continua le jeune homme depuis l'autre pièce. C'est la meilleure cuisinière que je connaisse. Tu la remercieras pour nous ! »

Ichigo s'assit sur le canapé du salon et salua Ikkaku. Son ami chauve était occupé à terminer un jeu à la Wii et lui répondit par un simple signe de tête. Une fois de retour, Yumichika vint s'asseoir près du rouquin.

« - Alors ? T'avait l'air inquiet au téléphone. Ça va pas ?

- J'avais besoin de voir du monde, répondit-il doucement.

- Un petit cafard passager ? insinua le jeune homme aux yeux parme.

- Mouais, on peut dire ça comme ça.

Ichigo sourit faiblement et passa sa main dans ses cheveux. La question qui lui brûlait les lèvres finit enfin par sortir :

- En fait… Je te l'ai jamais demandé parce que ça se fait pas, mais… Comment euh…

- Oui ?

- Comment t'as su que… t'aimais les hommes ? murmura Ichigo se tournant vers son ami.

Yumichika écarquilla les yeux de surprise tandis qu'Ikkaku, qui s'affairait toujours à pulvériser les différents niveaux de son jeu, se mit à rire.

- J'peux savoir pourquoi tu chuchotes ? lança-t-il sur un ton moqueur.

Ichigo se rendit compte qu'en effet c'était ridicule : ses deux amis étaient en couple depuis aussi longtemps qu'il pouvait se le rappeler et ils ne se cachaient rien, alors autant appeler un chat un chat. Yumichika vit bien que le jeune homme piquait un fard et sourit. Sa question ne le dérangeait pas, et Ichigo n'était pas le premier à la lui poser. Il s'installa plus confortablement dans le sofa et raconta son histoire sans tabous.

Yumichika avait toujours su qu'il était homosexuel. Quand sa mère le surprit à déshabiller sa figurine Action Man à 8 ans 'pour voir', elle ne se posa pas de questions. C'était ainsi, et voilà. Il ne s'était jamais vraiment senti bizarre ou marginal. Au lycée, il avait fréquenté le rédacteur du journal étudiant, Kira Izuru. Mais ça n'avait pas duré. Yumichika avait ensuite enchaîné les coups d'un soir pour finalement se rendre compte que quitte à être une 'grande folle', autant l'être seule que mal accompagnée. Et il en avait soupé, des insultes et des regards désapprobateurs quand il s'affichait en public avec d'autres hommes. Mais il s'en fichait.

Ichigo posa les yeux sur Ikkaku qui explosait son score, la mannette à la main. Yumichika l'imita et plissa les yeux, comme si il pouvait lire dans les pensées du rouquin :

- À l'époque, continua-t-il, j'habitais encore dans le quartier sud de la ville. Un jour, Hirako, mon connard de voisin, a laissé son fer à repasser allumé en sortant, et le feu a pris dans l'immeuble. Tout le monde a du évacuer, les pompiers sont venus, et c'est qu'Ikkaku et moi on s'est rencontrés.

À présent un peu plus décontracté, Ichigo leva un sourcil.

- Sans rire ?

- Ouep, j'ai secouru une demoiselle en détresse ! Se moqua le chauve sans détourner le regard de l'écran.

Yumichika lui lança un regard amusé.

- Calme-toi, sale geek, on n'est pas dans Super Mario!

- Bah quoi, c'est vrai ! s'écria Ikkaku en mettant enfin son jeu sur pause.

Il se releva et se retourna vers Ichigo qui fixa ses yeux toujours marqués par le maquillage permanent.

-Ça sonne comme un mauvais scénario de porno à deux balles, mais c'est comme ça que ça s'est passé, mec ! Les autres et moi on devait évacuer les habitants et j'ai fait la connaissance du beau gosse à côté de toi. Je suis arrivé avec ma grooooosse lance…, souffla-t-il d'un ton graveleux.

- Ikkaku, je t'en prie! Tu vas lui faire peur !

- Nan, ça va, je comprends, répondit Ichigo en souriant.

Ces deux-là étaient vraiment touchants. Yumichika poursuivit :

- Au début, c'était juste de l'amitié, même si je le trouvais canon. Je savais rien de son orientation quand on a commencé à se voir.

- Pfff, tu parles : je t'ai bombardé de signaux et tu m'es tombé dans les bras, oui !

- Ah… soupira Yumichika après avoir jeté un bref regard à la console de jeux. Si jamais on m'avait dit que je fréquenterais un chauve, je l'aurais pas cru, c'est sûr.

Ichigo eut un petit rire, mais sa curiosité ne s'arrêta pas là.

- Et toi, Ikkaku, tu savais que t'étais…

- … gay ?

Ichigo sentit sa gorge se nouer dans l'embarras. Pourtant, il n'y avait pas de quoi être gêné, vraiment. Mais les mots ne voulaient toujours pas sortir. Le jeune homme se contenta de hocher la tête.

- En fait, non. J'avais une copine à l'époque, mais notre histoire commençait à battre de l'aile.

- Mais alors… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Ichigo l'air captivé.

- Je me suis transformé pendant la nuit, mouhahaha ! Nan, sérieusement… j'en sais rien. Le moment était parfait, j'étais en manque affectif et Yumi était, enfin est un beau mec, quand même. C'est le genre de truc que n'importe qui remarque, la beauté, nan ? Enfin bref, on était là, tous les deux, on s'est plu, et on s'est revus, c'est tout… Je pourrais pas te l'expliquer, ça semblait naturel... Même si j'avoue qu'au départ ça m'a fait un sacré choc de me rendre compte que Yumi m'excitait plus que ma copine de l'époque.

- Ah… Souffla Ichigo. Mais alors… T'es peut-être simplement bi. Les filles te branchent plus du tout?

Ikkaku passa une main sur son crâne désespérément glabre et rit.

- Bah disons qu'une fois que t'as goûté à un excellent gâteau, t'as plus envie de revenir aux gâteaux ordinaires, tu vois c'que je veux dire ?

Cette réponse sembla plaire à Yumichika qui fit une réflexion sur le fait d'être appétissant, mais Ichigo l'entendit à peine, tellement il était perdu dans ses propres pensées.

C'est vrai qu'il trouvait Grimmjow plutôt beau. Très beau, même. Les hommes au corps athlétiques étaient monnaie courante en natation, mais Ichigo perdait ses moyens face à l'allure de son adversaire. Il était sûr de lui, évidemment, mais il y avait autre chose. Quelque chose qui attirait le rouquin comme un papillon qui cherche irrémédiablement la lumière. Ichigo devait encore s'expliquer la vague de chaleur qui l'envahissait en présence du bleuté et le fait qu'il n'arrivait pas à penser correctement quand l'Espadon se trouvait près de lui. Est-ce qu'il avait vraiment craqué pour ce type ? Il se rappela soudain ces filles au lycée qui écrivaient des noms de garçons dans la marge de leurs cahiers, accompagnés de petits cœurs ailés. À l'époque, il avait trouvé ça terriblement niais. Ces bandes de nunuches qui pouffaient dès que tel ou tel mec passait la porte de la classe, ça lui faisait lever les yeux au ciel. Oh, bien sûr, il avait parfois aperçu son propre nom sur quelques cahiers, et il en avait profité. Les lycéennes de Karakura semblaient apprécier son physique, même si une majorité était un peu rebutée par sa couleur de cheveux. Les petits flirts de cette époque lui avait permis de découvrir comme il est bon de réchauffer sa main dans celle de quelqu'un d'autre, de se faire embrasser, de serrer un corps contre le sien. Durant cette période, les quelques expériences qu'il avait eu n'avait jamais abouti à quoi que ce soit de sérieux, mais il ne s'était jamais plaint.

En y réfléchissant, il n'avait jamais vraiment eu de « coup de foudre » pour aucune de ces filles. Qui aurait pu deviner que ce serait un jour un homme qui lui ferait tourner la tête ?

Voyant son ami confus et silencieux, Yumichika réalisa le motif de sa visite et dit d'une voix douce :

« Tu sais, si jamais t'as… des doutes, tu peux nous en parler. »

Ils échangèrent un regard entendu et Ichigo remercia mentalement son équipier de ne pas lui avoir posé plus de questions. Yumichika avait bien compris à l'écoute des inquiétudes du jeune homme que quelque chose s'était produit en lui et l'avait bouleversé. Ichigo allait bien, mais il se découvrait une nouvelle facette qui lui faisait peur.

Ikkaku alla se chercher une bière et fit un signe de tête à son amant en passant derrière leur invité. Lui non plus n'avait pas vu ce coup-là venir. Ichigo homosexuel, c'était la meilleure. Mais s'il était surpris, bizarrement il ne s'inquiétait pas pour lui. Le rouquin avait la tête sur les épaules et il ne pouvait qu'espérer que la personne qui l'avait 'révélé' soit quelqu'un de bien.

De son côté, Yumichika réfléchit, puis se leva et trotta jusqu'à la bibliothèque dans le coin de la pièce. Il chercha un instant avant de prendre quelque chose sur la dernière étagère et revint vers Ichigo en souriant. Le rouquin sortit de sa torpeur quand le garçon aux cheveux de jais lui tendit un livre fin aux pages fripées à force de lecture. Ichigo fronça les sourcils en lisant le titre à haute voix :

« - La Mort à Venise ?

- Tu l'as déjà lu ?

- Non.

- Lis-le. Tu comprendras peut-être.

- Comprendre quoi ? Comment on peut devenir gay d'un coup ?

- Juste… lis-le. »

Ichigo prit le livre sans trop y croire et remercia son équipier. Puis Ikkaku le défia dans une ultime partie de jeux vidéo qu'il accepta avec plaisir, ne serait-ce que pour se sortir ses problèmes de la tête pour une minute ou deux.

En rentrant chez lui ce soir-là, Ichigo se plongea dans la lecture du roman qu'on lui avait prêté en espérant y trouver quelques réponses même s'il doutait qu'une histoire écrite par un vieux réac allemand au début du siècle dernier puisse l'aider en quoi que ce soit. Il lut toute la première partie avec ennui, ne se reconnaissant en rien dans le personnage principal. Puis vint l'image de ce garçon, divinement beau mais inaccessible par sa pureté. Ichigo lut encore, et 'vit' le narrateur tomber amoureux du jeune Tadzio, se perdre dans son envie, et mourir en contemplant l'objet de son désir sans jamais l'avoir fréquenté.

Le rouquin posa le livre et ferma les yeux. Il comprenait pourquoi son ami lui avait passé cette histoire : Le narrateur se découvrait lui-même dans la quête d'un amour inattendu. C'était ça, la réponse qu'il voulait entendre ? Alors on pouvait devenir gay comme ça, d'un jour à l'autre ? Selon Ikkaku et Yumichika, oui, il suffisait de tomber sur une personne qui ferait basculer votre univers. Ça paraissait simple comme bonjour. Mais Ichigo se demandait toujours si ce qui le poussait vers Grimmjow était purement physique ou si quelque chose de beaucoup plus fort l'attirait chez le bleuté. Quoi que ce soit, il le découvrirait bien assez tôt car le jour de leur rendez-vous approchait. À cette pensée, Ichigo soupira et s'enveloppa dans sa couette.

Mais cette nuit-là, son sommeil fut de courte durée. Alors que le silence régnait dans la maison des Kurosaki, l'atmosphère de la chambre d'Ichigo devint de plus en plus étouffante. Le jeune homme toujours endormi repoussa ses draps dans un geste lent pour rechercher une quelconque fraîcheur. Sans succès. Sa respiration était puissante et saccadée tandis qu'il faisait un rêve assez… imagé.

En effet, Ichigo voyait danser une silhouette gracieuse derrière ses paupières. La forme élancée d'un corps nu lui faisait du charme. Elle prenait des poses osées, l'appelait d'une voix lointaine et suave. Le jeune nageur ne sentit pas les gouttes de sueur perler sur son front et son thorax alors qu'il tentait de répondre à la silhouette bleue.

Bleue ?

Ichigo se réveilla étendu sur le dos et gémit en ouvrit les yeux. La lumière du lampadaire extérieur éclairait partiellement la pièce, du moins, suffisamment pour qu'il s'aperçoive que son rêve l'avait manifestement bien émoustillé. Il prit appui sur ses coudes pour observer la forme anormalement bombée de son boxer. Génial, pensa-t-il avec ironie avant de se laisser retomber en arrière. Ichigo ferma de nouveau les yeux. Qu'est-ce qu'il avait chaud… Il allait entrouvrir la fenêtre quand le souvenir encore récent de la silhouette bleue refit surface. Ichigo n'avait pas clairement rêvé de Grimmjow… Mais alors qu'il il pensait, il se rendit compte que son érection ne faiblissait pas. Au contraire, plus ses pensées allaient vers l'Espadon, plus il devenait dur.

À la fois excité et étonné, Ichigo oublia la fenêtre. Même en se concentrant, il n'arrivait plus à se rappeler de la dernière fois qu'il avait eu une relation intime avec une fille. Depuis qu'il avait quitté le lycée, il n'avait fait pratiquement aucune rencontre. Son corps réclamait une compensation, c'était normal. Mais sur Grimmjow ? Est-ce que ça confirmait ses doutes ? Il n'en avait aucune idée à cet instant précis, mais il savait qu'il allait devoir se satisfaire ici et maintenant. Il pensa à la silhouette bleue et lui imagina un corps féminin en soupirant. De longs cheveux, une taille fine et des seins appétissants, voilà… D'un geste rapide, il se débarrassa de son boxer et étendit ses jambes sur le matelas en essayant de se concentrer sur les atouts de la fille bleue. Mais au fur et à mesure que les secondes passaient, Ichigo sentait que ça n'allait pas. Frustré, il fronça obstinément les sourcils et s'efforça de se rappeler comment c'était de palper et masser un sein. Mais rien. Malgré lui, il vit dans son esprit la silhouette devenir plus large et imposante pour finir complètement masculine.

Ichigo passa ses mains sur son visage avec énervement. Il allait terminer sa petite affaire et se rendormir, et plus vite que ça. C'était pas sorcier, quand même !

Fatigué, le jeune homme effleura ses bras et son bassin avec habitude et se détendit. Il entra dans un état de quasi somnolence qui l'amena malheureusement à abandonner toute lutte. Son fantasme réapparut. Ichigo voyait à nouveau Grimmjow sortir de l'eau, ses pectoraux bien dessinés, son ventre plat et ses bras robustes… Les gestes d'abord lents et irréguliers du rouquin devinrent plus poussés après quelques instants. Il glissa sa main gauche le long de sa cuisse et porta l'autre au niveau de son torse. Ses doigts trouvèrent facilement son téton et jouèrent avec le temps que son autre main se place sur son entrejambe. Les yeux toujours clos, Ichigo passa sa langue sur ses lèvres sèches et déglutit. Il visualisait le sourire carnassier du bleuté en passant sa main sur son sexe toujours durcissant. Ses doigts s'enroulèrent autour du membre brûlant et il commença une série de va-et-vient en haletant. En quelques minutes, la chambre du jeune homme s'enveloppa d'un silence entrecoupé de gémissements étouffés. Ichigo ne pensait plus. La tête de côté, enfoncée dans l'oreiller, il frémissait au moindre contact des doigts contre la peau délicate de son membre dressé. Plus vite. Plus fort. Sa main droite excitait toujours son téton avec férocité pendant qu'il revivait le baiser que lui avait volé Grimmjow quelques jours auparavant. Enfin, la respiration d'Ichigo se fit plus forte quand il sentit son orgasme approcher. Le rythme alors effréné de la main qui s'agitait sur sa verge ne lui laissant aucun répit, c'est avec ses hanches qu'il donna le coup final. Il se cambra lorsque son pouce caressa une dernière fois la peau rosée et tendre avant de recevoir enfin la précieuse semence par petites giclées. Ichigo laissa échapper un râle de soulagement. Essoufflé et exténué, il attrapa un mouchoir et se nettoya avec précaution. Puis il rabattit la couette sur son anatomie et sombra dans un sommeil sans rêves.


Ichigo entra dans un box pour se rhabiller et ferma la porte à la hâte. Il se sentait piégé, et il avait tout fait pour. Après une heure d'entraînement, il allait devoir céder aux caprices de Grimmjow, quand ce dernier sortirait enfin de sa cachette.

Alors qu'il se séchait, Ichigo entendit des bruits de pas se rapprocher et sentit son cœur battre de plus en plus fort. Il jeta un regard au verrou du box. Il était bien fermé. Grimmjow s'arrêta juste derrière la porte et lança d'une voix joueuse :

« Ouvre la porte, petite fraise. »

Le sang d'Ichigo se glaça. Ses doigts se crispèrent sur sa serviette. N'obtenant aucune réponse, Grimmjow reprit :

« - Tu m'entends ? Ouvre-moi !

- N-Non ! »

Après un court silence, le bleuté annonça :

« C'est moi qui ai ton boxer. »

Interloqué par cette dernière phrase, Ichigo fronça les sourcils et fouilla dans ses affaires pour se rendre compte que l'Espadon disait la vérité. Le rouquin poussa un juron à peine audible. Grimmjow avait dû le prendre dans son sac pendant qu'il nageait. Le jeune homme ragea. Il n'avait pas prévu trente-six sous-vêtements de rechange.

« - Glisse-le sous la porte, demanda-t-il, la voix tremblante.

- Ouvre le box.

- Pas question !

- Je te rappelle que j'ai les clés du bâtiment. Si je le veux, je t'enferme ici pour le week end.

- Quoi ! Tu ferais pas ça, espèce de salaud !

- Ouvre. Cette. Putain. De. Porte. »

C'était sans issue. Ichigo prit une grande respiration et serra le poing, prêt à assommer son adversaire au moindre geste trop vif. Il tourna délicatement le verrou et recula.

Grimmjow sourit victorieusement quand il entendit le loquet tourner dans la serrure du box. Il poussa la porte de la main et découvrit un Ichigo au visage tendu, les lèvres entrouvertes et la respiration profonde. Il était à sa merci.

L'Espadon pénétra dans l'espace réduit de la cabine. Ichigo dégageait une odeur de chlore qui masquait presque totalement le parfum de sa peau. Sa chevelure flamboyante gouttait devant ses yeux et ses joues avaient pris une teinte presque écarlate. Mais surtout, on pouvait aisément deviner le contour de son entrejambe à travers le tissu mouillé de son maillot. Voilà qui mettait Grimmjow en appétit. Il fit un pas, puis deux, se rapprochant dangereusement de l'Ondin effrayé et inhalant les senteurs présentes entre leurs deux corps. Puis il posa le boxer qu'il avait volé sur le reste des vêtements près de lui avant de sceller son regard sur celui d'Ichigo, des prunelles cacao rencontrant ses iris glacés.

« Tu es farouche, petite fraise…» souffla-t-il en leva sa main pour caresser la joue du jeune homme.

Pour toute réponse, Ichigo balaya sa main d'un geste brusque. Mais ce n'était pas du goût de Grimmjow qui esquiva et saisit la paume du rouquin avec une vitesse impressionnante. En moins de dix secondes de lutte inégale, Ichigo se retrouva plaqué contre la paroi du box, les poignets cloués au niveau de sa tête par les mains fortes et chaudes de Grimmjow.

« L-Lâche-moi ! » gémit Ichigo alors qu'il voyait son adversaire rapprocher son visage du sien.

Grimmjow allongea légèrement le cou et sourit. Une fois le visage d'Ichigo à sa portée, il effleura son menton du bout des lèvres, remonta le long de sa mâchoire en la couvrant de baisers furtifs pour finalement arriver à son oreille. Il avait déjà remarqué à quel point le garçon était sensible à cet endroit et décida de s'amuser. Ichigo expira fébrilement quand il sentit une langue brûlante jouer avec son lobe gauche. Ses yeux se fermèrent et il cessa d'essayer de retirer ses poignets de l'emprise de Grimmjow. La langue du bleuté explorait toujours quand Ichigo sentit le corps de l'Espadon se coller au sien. Il perçut le mouvement de son torse s'accentuer à mesure qu'il s'excitait. Leurs respirations devinrent plus alternatives dès que Grimmjow relâcha son étreinte. Ichigo, surpris, ouvrit à nouveau les yeux. Il se rappela de la nuit précédente et de l'excitation qu'il avait ressentie en pensant à l'homme qui lui passait maintenant une main dans les cheveux et une autre autour de la taille. Il hésita. Il voulait repousser son assaillant. Non, il voulait qu'il continue. Il voulait…

« Hmm… J'ai envie de toi… » entendit-il soudain à son oreille.

Cette fois, il en était certain, son cœur allait s'arrêter tellement il battait fort. Les mots soupirés par Grimmjow avaient déclenché chez lui une nouvelle bouffée de chaleur. Ne sachant trop quoi faire, il passa une main sur le cou du bleuté et sentit sous ses doigts les veines de Grimmjow palpiter avec ardeur. Ce dernier prit ce geste comme une invitation et délaissa enfin l'oreille d'Ichigo. Il éloigna à peine son visage du sien, juste assez pour que leurs regards se rencontrent. Et quelle ne fut pas sa surprise de voir ces yeux chocolat devenus presque noirs, assombris par le désir. Ichigo avait la gorge sèche et haletait au même rythme que Grimmjow. Il gémit quand l'Espadon captura enfin ses lèvres et n'opposa aucune résistance quand il sentit sa langue demander accès à sa bouche. Tout son corps était en feu. Il ferma les yeux et répondit au baiser de Grimmjow.

Peut-être que Yumichika avait raison après tout. Ou peut-être qu'il avait juste besoin d'un tel contact après une si longue période d'abstinence. Dans tous les cas, Grimmjow lui plaisait. Ichigo en avait la certitude. Sa main quitta le cou du bleuté et empoigna les cheveux à l'arrière du crâne, l'obligeant à redresser la tête pour mieux l'observer. Ces mèches azur qui lui retombaient sur le front avaient quelque chose de sauvage. Il aimait son regard suffisant et son sourire féroce.

Grimmjow resserra son étreinte et pressa la taille d'Ichigo contre la sienne. Il ricana quand il vit le garçon rougir en sentant l'érection qui s'était développée chez lui. Mais très vite, il se rendit compte que le rouquin savourait ce moment autant que lui : La bosse sous son maillot n'avait rien d'ambiguë. Grimmjow grogna en appréciation avant d'embrasser Ichigo une nouvelle fois. Puis il lâcha le jeune nageur pour poser ses mains sur le mur derrière lui, prenant ainsi assez d'appui pour se baisser et couvrir le cou d'Ichigo de baisers langoureux. Il dévora sa nuque, lécha sa clavicule et prit le temps de faire onduler sa langue sur le téton durci du rouquin. Icigo laissa échapper un soupir passionné en sentant le souffle chaud de Grimmjow sur son torse. Il se mordit les lèvres, ses doigts massant désormais la chevelure bleue avec ferveur. Aucune des filles avec qui il était sorti ne lui avait fait de telles caresses. C'était comme si Grimmjow savait ce qui lui ferait plaisir depuis le départ.

« Ahh ! » gémit-il lorsque le bleuté s'accroupit, posant ses mains sur les hanches qui lui étaient présentées et donnant des coups de langue autour du nombril d'Ichigo.

L'oreille, ce n'était rien comparé à ça. Le thorax de l'Ondin se soulevait avec en cadence au fur et à mesure qu'il s'excitait. Ichigo sentait son sexe durcir de plus en plus. Il baissa la tête et observa Grimmjow jouer avec l'élastique de son maillot. Il aurait pu jouir rien qu'au regard que lui lança l'Espadon. Il était déchaîné, impétueux et avide de contact. Un véritable animal. N'y tenant plus, Grimmjow glissa un doigt sous le tissu et fit tomber le maillot au sol, libérant le membre dressé d'Ichigo. Le rouquin déglutit avec impatience en se sentant ainsi exposé à l'air libre. Il ne voulait que ça, mais empêcha sa main d'appuyer sur le crâne du bleuté pour qu'il s'y mette enfin. Il n'avait pas espéré tout ceci de Grimmjow. À vrai dire, il s'était imaginé… bien pire. Le nageur l'avait surpris.

« Tu es magnifique, ma fraise » Entendit-il entre deux souffles.

« La ferme… » Murmura Ichigo.

L'Ondin bascula la tête en arrière quand les lèvres fines de Grimmjow se posèrent enfin sur sa virilité. Le bleuté embrassa le côté et la base du membre avant de le prendre goulument en bouche. Peu à peu, il sentit la prise d'Ichigo se resserrer sur ses cheveux. Il était de plus en plus à l'étroit dans son pantalon, et les sons que faisait le rouquin n'aidaient en rien. Il accentua le rythme, provoquant une série de frissons chez Ichigo.

Très vite, les bruits mouillés et les plaintes qui résonnaient dans le petit espace du box amenèrent Ichigo à son point de non-retour. Il sentit ses jambes flageoler et tous ses muscles se raidir lorsqu'il atteint ce qui fut le meilleur orgasme de ses dix derniers mois. Grimmjow ralentit son mouvement de tête jusqu'à l'arrêt, se releva et embrassa Ichigo pour lui faire partager le liquide laiteux et chaud recueilli quelques instants plus tôt. Le jeune homme fut pris par surprise mais ne recula pas. Il goûta à sa propre saveur avec indifférence en regardant Grimmjow défaire sa ceinture. Le bleuté lâcha dans un sourire diabolique :

« Maintenant, à toi de jouer… »


Ahem... Tralalala... Oh! Un oiseau! *part se cacher à la première occasion*

Oui. Bon. Voilà...

Vous vouliez du sexe, j'espère que cet échantillu vous a plu! Encore une fois, c'est ma première fanfic, ne me tuez pas si vous trouvez que c'est trop... Je sais pas. Trop détaillé? :/

Dites-moi ce que vous en avez pensé, que je puisse améliorer les prochains chapitres ^-^

Biz' (et merci pour vos reviews, elles me vont toutes droit au coeur!)

:D