Hello hello, je suis de retour !

Ce matin en me réveillant, j'étais particulièrement inspirée pour cette histoire et j'ai eu l'envie absolue d'écrire un nouveau chapitre malgré le fait que ce ne soit pas dans mon programme du jour. Donc voilà, au lieu de bosser, j'écris x) Et ça fait un bien fou de se sortir la tête des révisions mine de rien. Pfiou.

Je voulais vous remercier à tous pour vos reviews, follows et favs, comme d'habitude vous êtes juste géniaux !

Bon, j'arrête de raconter ma vie et je vous laisse pour ce troisième chapitre ! C'est, encore une fois, du pdv de Sam.

Bonne lecture.


CHAPITRE 3

La chance n'était définitivement pas de son côté. Dès que l'amphithéâtre avait commencé à se vider, Sam avait remarqué que son frère était toujours là et rangeait ses affaires le plus lentement possible, répondant distraitement aux questions que Mr. Kerlin pouvait lui poser sur des choses dont le plus jeune ignorait la nature. Le regard – totalement perturbé – de Dean se posait environ toutes les cinq secondes sur Sam, et ce dernier ne pouvait s'empêcher de détourner la tête dès ça arrivait pour ne pas avoir à affronter le regard bien trop vert de son aîné.

Sam voulait bien concevoir que tout cela était incroyablement stupide et inutile étant donné que son attention se reportait instinctivement vers le garçon, et ce seulement quelques instants plus tard.

Sam prit finalement son courage à deux mains, et empoigna son sac tout en se levant lentement de sa chaise. Il perçut très bien la crispation dans le corps de son frère suite à ce geste malgré la distance à laquelle il se trouvait, et ne put s'empêcher à son tour de resserrer son poing autour de la lanière de son sac afin de ne rien laisser transparaître. Il ne le dirait jamais assez, mais voir son frère à Stanford lui procurait vraiment un sentiment étrange. C'était dérangeant, perturbant, pas naturel. Il avait l'impression que son ancienne vie faite seulement de violence et de misère empiétait sur sa nouvelle vie tranquille d'étudiant brillant, mais banal. Ces deux mondes ne pouvaient se croisaient, ces deux mondes ne pouvaient cohabiter ensemble, et c'est pour cela qu'il avait décidé d'ignorer tout bonnement son frère. Il avait fait son choix trois ans auparavant et ne voulait revenir dessus.

Il descendait les marches lentement, obligeant à ses jambes de ne pas se ruer vers la porte pour ne pas paraître trop étrange, et essayait d'adopter un comportement détendu alors que tout criait le contraire. Il forçait son regard à rester fixé sur la porte (ce qui n'était absolument pas naturel, d'ailleurs, mais le jeune homme s'en fichait), il balançait son bras (celui qui n'était pas occupé à martyriser le sac) de façon ''nonchalante'', et ignorait totalement la présence de son aîné. Oui. Le mieux à faire.

Il ne voulait laisser aucune ouverture possible. Sam ne voulait pas que Dean pense qu'il puisse être d'accord pour un quelconque rapprochement entre eux. Sam ne voulait plus rien de cette vie, et ne voulait définitivement pas de Dean non plus.

Alors il passa devant son professeur et son frère sans un regard ou un mot, et sortit de la salle à pas rapides en retenant de justesse un cri victorieux lorsque la porte se referma derrière lui. Il avait été le dernier élève à quitter l'amphithéâtre, et il avançait désormais rapidement dans le couloir pour se diriger vers son prochain cours la tête déjà plus légère. Les autres étudiants qui étaient sortis juste avant lui se dirigeaient à présent vers leurs propres classes qui se trouvaient de l'autre côté de l'université, et Sam avançait désormais seul dans sa direction puisque ses amis étaient partis avant lui sous ses ordres. D'ailleurs, cette situation lui allait très bien. C'était même parfait. Au moins, il n'avait pas à faire la conversation ou à arborer un sourire de façade.

Certes, ne plus avoir son aîné dans son champ de vision était une libération certaine, mais le fait qu'il soit à seulement quelques mètres de lui prenait bien la tête à l'étudiant.

- Sam !

Ledit Sam sursauta violemment, alors perturbé dans le flot de pensées dans lequel il était profondément plongé, mais ne se retourna pas en reconnaissant la voix de Dean derrière lui. Forcément, ça aurait été bien trop facile qu'il le laisse simplement tranquille. Il s'était carrément senti obligé de quitter la salle et de l'interpeller à travers le couloir, se fichant totalement de l'ignorance de Sam qui était, pourtant, un bon moyen pour lui faire comprendre qu'il n'attendait rien de sa part.

Son cœur était reparti au quart de tour, mais il fit mine de l'ignorer complètement, voire de ne même pas l'entendre. Il ne voulait pas parler à Dean et le lui faisait bien ressentir.

- Attends Sam !

Cette fois-ci, Sam prit la peine d'accélérer un peu sa marche pour essayer de distancer son aîné. Derrière lui, il entendit Dean commencer à courir dans sa direction, et Sam serra un peu plus la lanière de son sac tout en augmentant de nouveau son allure.

- Putain Sam ! S'il te plaît, on doit parler !

Non mais il comptait le suivre dans tout le bâtiment ou quoi ? Il fallait qu'il fasse le point maintenant. Qu'il pèse le pour et le contre de se confronter à son frère.

Déjà, parler à Dean raviverait des souvenirs dont il ne voulait pas forcément se rappeler. Qu'ils soient bons ou mauvais, ce serait forcément douloureux pour lui et s'il pouvait s'éviter ça, ce serait mieux. Sam n'était pas forcément dans le délire sado masochiste et il n'aimait pas souffrir, que ce soit physiquement ou mentalement.

Ensuite, il arriverait en retard en cours. Sam était un élève sérieux et discipliné, il n'avait jamais causé le moindre problème et ne voulait pas dévier de cette route. Certes, une fois n'allait clairement tuer personne, mais ce serait une fois de trop pour lui et il ne voulait pas accorder ça à Dean. Il ne voulait pas que, dès que Dean arrive, il change ses habitudes qu'il avait mis tant de temps à avoir.

Ce qui emmenait au troisième point de la liste des "contre". Le problème majeur d'une conversation avec Dean Winchester ? Le pouvoir de persuasion qu'il pouvait avoir sur son petit frère. Par exemple, à l'époque où Sam était en conflit constant avec leur père, c'était Dean qui venait toujours le convaincre de faire ce que John disait ou de le pardonner pour sa maladresse paternelle. Il trouvait toujours des arguments, tournait ses phrases de la bonne façon, rebondissait avec brio sur ce que le plus jeune disait pour le contredire et lui faire comprendre que ce qu'il pensait mauvais ne l'était pas forcément... Et il y était toujours arrivé, ce qui l'agaçait profondément. Son frère était extrêmement doué pour lui retourner le cerveau et il ne voulait pas que ça arrive de nouveau.

Mais d'un autre côté (et on commence la liste des "pour"), Sam avait maintenant 21 ans. Il n'était plus un adolescent et n'était plus aussi manipulable qu'avant. Il avait passé trois ans loin de sa famille et avait appris avec le temps à se faire sa propre opinion et ses propres idées, ainsi qu'à les garder et se battre pour elles. De ce fait, il savait qu'il réussirait à tenir tête à son frère s'ils venaient à se confronter maintenant, il savait qu'il réussirait à rester sur sa position et qu'il ne changerait pas d'avis en milieu de route.

Ensuite, s'il ne parlait pas maintenant à son frère, celui-ci ne comprendrait pas le message et continuerait à essayer d'entrer en contact avec lui. Il connaissait Dean et savait que celui-ci pouvait être plus têtu qu'une mule si on ne lui disait pas clairement les choses, alors il devait le faire. Il devait lui dire qu'il ne voulait plus rien de cette vie-là et peut-être que son frère comprendrait. Avec un peu de chance et d'espoir mal placé.

Oui, il devait lui parler maintenant.

Exaspéré, le fuyant se retourna d'un seul coup en stoppant sa marche, et fusilla le garçon qui arrivait à ses côtés du regard. Vraiment, il n'aurait même pas dû avoir à faire ça. Dean lui faisait vraiment chier.

- Ecoute, j'ai vraiment, mais alors vraiment pas envie de te parler maintenant. En plus j'ai pas le temps là, je vais être en retard en cours.

- Tu t'en fiches de ça, c'est l'université, t'es pas obligé d'y aller. On…

- Tu te fous de ma gueule ou quoi ?

- Hein ? Pourquoi je me foutrais de toi ?

- Tu crois que tu peux arriver comme une fleur et me demander de sécher mes cours juste comme ça ? Qu'est-ce que tu crois ?

Le ton de Sam était clairement agressif et il se faisait un plaisir de déverser sa colère sur son aîné. Déjà que celui-ci n'avait rien à faire dans SON université, il osait penser qu'il avait le droit de forcer Sam à faire quoi que ce soit s'il n'en avait pas envie ? A penser qu'il avait le droit de le forcer à simplement lui parler alors qu'il ne le voulait pas et le lui avait bien fait comprendre ? Non, ça n'allait pas se passer comme ça. Toute sa vie, Sam avait accepté chaque requête des deux membres restants de sa famille sans jamais rien dire pour ne froisser personne, mais ce temps était révolu depuis des années maintenant et il voulait sincèrement que son frère se le rentre dans le crâne. En quittant le « foyer », il avait abandonné toutes ces règles stupides qui dictaient leur famille depuis bien trop longtemps déjà et s'en était imposé une seule à son tour pour tenir la tête hors de l'eau : vivre pour lui. Pour lui et pour lui seul. Pour ses propres envies et objectifs.

Alors il pouvait bien comprendre que ça fasse tout bizarre à Dean – qui avait levé les mains en l'air en signe de paix et qui avait reculé d'un pas sous l'effet de la surprise – mais c'était comme ça maintenant et il fallait qu'il le comprenne.

- Rien du tout, ne t'énerves pas. Je faisais juste remarquer que tu pouvais te permettre de rater un cours non obligatoire pour pouvoir parler un peu avec moi.

- Eh bien je n'ai pas envie de rater mon cours, et ça pour plusieurs raisons vraiment évidentes.

- Lesquelles ?

Sam allait commencer à répondre au garçon, mais se résigna finalement pour le regarder d'un air plus que blasé. Cette conversation ne menait strictement à rien.

- On va vraiment parler de ma relation avec l'école buissonnière ou tu vas me laisser m'en aller maintenant ?

Il avait recommencé à marcher afin d'échapper à la présence du garçon, mais le bras de Dean l'avait retenu avec force. Nouveau soupir de sa part.

- S'il te plaît Sam.

Le ton de son frère était suppliant, incertain, et c'était certainement ça qui avait fait réagir Sam aussi violemment. Il ne voulait pas que son frère se fasse passer pour une victime dans toute cette situation, il ne voulait pas que Dean le fasse culpabiliser de quoi que ce soit. Sam faisait ce qui était le mieux pour lui pour une fois dans sa vie et Dean n'avait absolument aucun droit de lui faire regretter ça. Vraiment. Aucun. Droit.

Le garçon repoussa la main de son aîné qui s'était posée sur son torse pour le retenir, et le poussa violemment sur le côté en le faisant presque toucher le mur suite au coup. Etonnement, Dean se laissa totalement faire en le regardant avec un air de chiot battu.

- Il n'y a pas de « S'il te plaît » qui tienne. Et arrête de me regarder comme ça. T'es pas une victime Dean, et si c'est ce que tu crois c'est que tu es bien con. Fais un bilan de tous tes actes et essaie de trouver la meilleure chose à faire pour réparer tes erreurs. Tu veux que je t'aide ? Aller, je te donne un indice : n'essaie pas de me parler alors que je ne le veux pas. Respecte mon choix de ne plus vouloir te voir.

Il voulut s'en aller à nouveau, mais fut retenu une nouvelle fois par un Dean silencieux et visiblement défait. S'il l'avait pu, Sam aurait envoyé son poing dans le visage si parfait de son frère pour lui faire entendre raison et le faire se concentrer sur autre chose le temps qu'il s'échappe… Mais il ne pouvait pas. « Pas de violence dans l'établissement », c'était très clair. Mais pourquoi Dean s'obstinait à le garder à ses côtés alors que Sam lui en envoyait plein la gueule allégrement ?

- Mais barre-toi de là Dean ! Puis d'ailleurs, pourquoi t'es là ? Pourquoi t'es venu ici ?

Dean inspira un bon coup comme pour se donner du courage, et commença à parler à nouveau :

- Il se passe des trucs et je de…

- Tu peux m'expliquer pourquoi c'est toi qui t'es déplacé ?

- Papa était su…

- Ne me parle pas de lui !

- Mais c'est toi qui m'a demandé !

- Tu vas essayer de me faire croire que t'es le seul chasseur dans ce foutu pays maintenant ? T...

Avant qu'il ne puisse continuer sa phrase, Dean plaqua violemment sa main sur la bouche de Sam pour le faire taire et le fusilla à son tour du regard, le poussant légèrement en inversant leur position. Cette fois-ci, Sam était coincé contre le mur du couloir (merci, encore désert), et Dean lui chuchotait rapidement des remontrances.

- Tais-toi ! Pas ici espèce d'idiot. Tu veux faire foirer ma couverture ?

- Premièrement, ce couloir est totalement désert. Deuxièmement, chasseur peut très bien vouloir dire chasseur tout simplement.

- T'as vraiment perdu tout ce qu'on t'avait enseigné. S'il y avait effectivement une créature ici, tu ne crois pas qu'elle serait ravie de savoir qu'elle est traquée et que c'est moi qui la cherche ?

Bon. Il devait avouer qu'il avait légèrement foiré cette fois-ci... Mais il était bien trop agacé pour simplement accorder le bénéfice du doute à son frère. La mauvaise foi dictait toutes ses actions actuellement.

- Ce n'est pas mon problème.

- Très bien, mais ne m'en cause pas dans ce cas.

Dean relâcha quelque peu la prise qu'il avait jusque-là sur son corps, et Sam se redressa tout en le toisant de toute sa hauteur. C'était tellement satisfaisant de voir qu'il le dépassait d'une bonne tête désormais... Et il ne savait absolument pas pourquoi il pensait à une chose pareille dans un tel moment.

- Ça ne fait même pas cinq minutes qu'on se parle et tu me fais déjà des reproches. Comme quoi, certaines choses ne changent pas.

- Je n'aurais pas à t'en faire si tu te comportais comme un adulte responsable et intelligent. Mec, t'es à Stanford, t'es pas censé faire partie de l'élite de ce monde ?

Sam ne répondit pas et se contenta de le regarder quelques secondes dans les yeux tout en serrant la mâchoire. Dean prit une grande inspiration dans le but de sa calmer, et passa une main sur son visage pour se concentrer sur ce qu'il allait dire.

- Bon, écoute. Je suis pas venu pour le plaisir de te faire chier, crois-moi. Je suis là pour les disparitions dont j'ai fait mention à ta classe et je dois avouer que je vais avoir besoin de ton aide. Je ne vais…

- N'en dis pas plus, je ne veux rien savoir. Je ne suis plus intéressé par tout ça.

- C'est important. Un tas de fille a déjà été enlevé et on doit arrêter ça.

- Non, non. Tu dois arrêter ça, pas moi. J'ai une vie, tu comprends ? J'ai des choses à faire et des cours à suivre. D'ailleurs, si tu veux bien m'excuser, le prof ne va pas m'attendre pour commencer et j'ai pas intérêt à arriver au retard.

- Mais…

- Dean. Je t'ai écouté, maintenant à ton tour.

- Tu appelles ça écouter ? Sincèrement ?

- On a eu une conversation que je ne voulais pas forcément avoir.

- Tu n'as pas arrêté de m'interrompre, tu parles d'une conversation.

- Bon, t'arrêtes maintenant ? Je me casse.

- Sam…

- Et évite d'essayer de me reparler.

- Donc ce que tu voudrais, c'est qu'on s'ignore ?

- Ça nous facilitera la tâche à tous les deux. Fais-toi discret, j'ai pas envie d'être perturbé par ta présence ou une autre connerie du genre.

- Une autre co… Non mais sérieusement Sam, tu crois que j'ai décidé d'être ici ? Tu crois que c'est pour un délire purement masochiste que je me tiens devant toi ?

- Non, je le pense pas, mais quand j'ai dit que je voulais faire une croix sur tout ça, je ne plaisantais pas. Je ne veux plus avoir affaire de près ou de loin à un seul événement surnaturel. Tu peux faire en sorte de respecter ça ?

Et sans attendre la réponse de son aîné, Sam tourna les talons et se dirigea à une allure rapide vers son prochain cours, qui devait déjà avoir commencé.

Merde.


Ses derniers cours s'étaient déroulés lentement et, pour être honnête, Sam n'en avait rien écouté – il n'aurait même pas été capable de dire sur quoi ils traitaient. Jessica avait bien essayé de le questionner sur la raison de son retard et de son air profondément perturbé, mais elle n'avait obtenu que de simples grognements en guise de réponse et le quatrième rejet avait suffi pour qu'elle ne réessaie plus par la suite. Il avait remarqué les regards lourds de Rebecca, avait ignoré les appels de Brady, et s'était plongé dans un mutisme pesant absolument non habituel pour lui jusqu'à la fin de ces deux heures. Heureusement, ça avait été plus facile dès que ce cours-ci avait été terminé, il avait cessé de faire semblant de suivre un minimum étant donné que ses camarades suivaient des cours différents des siens, et il s'était avachi sur la table ses heures restantes en somnolant légèrement pour tenter de récupérer un peu de son sommeil manquant.

Il avait pensé à Dean tout le reste de la journée. A comment il l'avait rejeté. A son regard triste et à ses vaines tentatives de prise de parole. Et, merde, au fil des heures, le garçon avait commencé à s'en vouloir profondément pour avoir été aussi violent avec lui. C'était vrai qu'il aurait pu faire passer le message plus doucement, plus gentiment, mais dans le fond, est-ce que Dean en aurait compris le sens s'il l'avait fait ? Sam ne voulait plus chasser, c'était clair et net, et Dean ne semblait pas vouloir entendre raison. Il ne voulait plus mettre sa vie en danger pour des gens à peine reconnaissants, ne voulait plus mettre sa vie entre parenthèses pour celle des autres. Il y avait bien assez de chasseurs dans ce beau monde pour qu'il puisse se permettre d'être un peu égoïste. Mais est-ce que Dean l'aurait compris s'il ne le lui avait pas dit de façon quelque peu violente ?

Sam ne l'avait pas fait correctement, mais il avait fait le bon choix. Il en était certain.

Le cadet des Winchester déposa les clés de son appartement sur le bahut de l'entrée, et accrocha son manteau à côté de celui de sa petite amie qui était déjà installée dans le salon et qui regardait « My strange addiction ». Même si elle avait sa propre chambre sur le campus, elle passait le plus clair de son temps ici, avec lui, et même s'il appréciait parfois avoir un peu de compagnie, il devait avouer qu'elle prenait un peu trop de place qu'il n'était pas prêt à accorder. Ils n'étaient ensemble que depuis cinq mois et celle-ci avait déjà emménagé officieusement chez lui, chose qu'il trouvait assez précipitée. Alors il l'aimait, vraiment, et ça lui faisait plaisir qu'elle veuille passer du temps avec lui, mais de là à carrément s'imposer… Des affaires à elle trainaient un peu partout, sa brosse à dent était à côté de la sienne, et elle s'était même permis une fois de changer la disposition des meubles parce que d'après elle, Sam avait un léger problème d'organisation de l'espace. Non, franchement, c'était vraiment trop parfois et malgré son amour pour elle, il avait l'impression d'étouffer quand il rentrait chez lui.

Il y avait des fois où il aurait préféré être seul, comme ce soir où il n'avait qu'une seule envie : se morfondre sur lui-même, en solitaire.

Arborant un petit sourire en pénétrant dans le salon, il enleva ses chaussures et s'approcha de sa petite amie pour déposer un léger baiser sur ses lèvres en guise de bonsoir. Son ressenti ne devait pas l'empêcher d'être agréable envers la fille qui avait tout fait pour lui depuis qu'ils se connaissaient, elle ne méritait clairement pas ça.

- Tu as passé une bonne journée ? Demanda-t-il en s'installant à côté d'elle.

- Oui, ça peut aller. Mais je me suis inquiétée pour toi.

- Il ne faut pas.

Il entendit la jolie blonde soupirer à ses côtés, et ses doigts manucurés prirent place dans ses cheveux bruns pour les lui caresser doucement. Ce geste détendit instantanément le Winchester, qui ferma les yeux durant les quelques secondes de silence en posant sa tête contre le canapé.

- Qu'est-ce qu'il ne va pas mon cœur ? Tu sais que tu peux tout me dire.

- Je sais Jess. Je suis juste épuisé. J'en ai marre de bosser pour ces foutus partiels.

- On est tous dans le même cas, ne t'inquiète pas. Mais je sais que ce n'est pas pour ça que tu es comme ça, je ne suis pas bête tu sais ? T'as commencé à agir bizarrement dès que tu as vu ton frère. Parle-moi Sam.

Sam soupira longuement et quitta le visage de Jessica des yeux pour porter son attention sur la télévision. Une fille expliquait son addiction pour les piqûres d'abeilles et montrait la ruche qu'elle avait dans son jardin, ainsi que la façon dont elle attrapait les bestioles pour se piquer elle-même. Sam esquissa une grimace avant de détourner les yeux. Vraiment, il y avait des gens pas nets. Et d'autres encore plus étranges pour regarder ce genre de chose.

- Il faut dire que je ne m'attendais pas tellement à le voir ici. On ne s'est pas quittés en bons termes.

- Que s'est-il passé ?

- Eh bien… On va dire que ma famille n'est pas la plus ouverte qu'il soit. Ils avaient déjà un chemin tout tracé pour moi et je n'avais absolument pas mon mot à dire.

- C'est très années 50 tout ça.

- C'est clair.

- Mais je comprends pas… C'est tout simplement génial d'aller à l'université, ça ouvre absolument toutes les portes. Le métier qu'ils voulaient que tu fasses aurait très bien pu s'obtenir en sortant d'ici si tu avais pris les bonnes matières.

- Pas vraiment non, c'était très spécialisé quand même...

- A ce point ?

- Ouais, à ce point. Ils m'ont tout simplement viré du foyer en s'en rendant compte.

- Wow, mais ils sont complètement dingues ou quoi ?

- Tu comprends, aller à Stanford est un acte de rébellion intense pour eux… Ils ne l'ont pas très bien pris. Surtout mon frère d'ailleurs. Ils voulaient absolument que je suive leurs traces, ce qui était hors de question.

- Tu ne voulais pas être flic intervenant ? Ça se comprend, c'est vraiment pourri ce métier.

- Quoi ? Flic intervenant ?

Jessica fronça des sourcils quelques instants.

- Oui, c'est pas ça qu'il fait ton frère ?

Sam ne mit pas bien longtemps avant de comprendre le cheminement de pensées de sa copine. Pour elle, Dean s'était présenté en tant que flic, alors c'était cette voie là que son père voulait que Sam emprunte également. Le garçon esquissa un petit sourire amusé.

- Non. C'est juste pour… Je sais même pas en vérité.

- D'accord. C'est vrai que ça me paraissait bizarre qu'on force quelqu'un à faire un truc aussi merdique et qu'on lui fasse la gueule parce qu'il refuse.

- Ça n'aurait même pas été étrange de la part de ma famille. Ils sont vraiment… Spéciaux.

- Je suis désolée Sam. Vraiment. Mais tu as fait le bon choix de t'imposer pour venir ici, tu es tellement intelligent que ça aurait été un sacrilège de ne pas le faire. Tu es si dévoué et sérieux que tu seras certainement le meilleur avocat de toute la région, je peux te le garantir. Ils s'en mordront les doigts de ne pas t'avoir soutenu quand ce sera le cas.

Totalement attendri, Sam lui fit un petit sourire avant de poser sa main sur celle plus petite de Jessica. Il la porta jusqu'à sa bouche, et lui en embrassa le dos en fermant les yeux.

- Qu'est-ce que je ferai sans toi ?

- Hum, laisse-moi réfléchir… Rien du tout.

La jeune femme éclata de rire et se redressa pour se mettre à califourchon sur les jambes de Sam avec agilité. Le garçon posa naturellement ses mains sur ses hanches, et se laissa embrasser parce que, définitivement, c'était une bonne solution pour penser à autre chose que son foutu frère revenu d'entre les morts.

- Maintenant tu vas me laisser te changer les idées, ok ? J'aime pas te voir tout triste.


Et voilà, j'espère que ça vous aura plu !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, les reviews sont toujours source d'inspiration aha. D'ailleurs, vous me faites trop rire avec Jessica x)

On se retrouve bientôt pour le prochain chapitre !