Titre : Prisonniers

Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appelez aussi Plectrude si ça vous dit ^^)

Disclaimer : Teen Wolf ne m'appartient pas, mais j'aimerais adopter Stiles

Couple : Un peu de Stek, du Scott/Allison, du Lydia/Jackson (en arrière plan)

Note : pas de spoil. Il s'agit d'une UA.


Du point de vue de Derek voilà comment les choses s'étaient déroulées. Enfermé depuis six ans, transformé quasiment non stop depuis deux, il était en train de devenir complètement fou. Sa partie loup-garou commençait à prendre toute la place, lui volant sa conscience, ses sentiments, tout ce qui faisait qu'il était Derek et pas juste un monstre. Il luttait bien évidemment, mais à quoi bon ? Il finirait sûrement sa vie dans cette maudite cage, et il commençait à être fatigué de tout ça. De Kate qui s'amusait à le torturer et lui minait toujours un peu plus le moral, des gens qui riaient de lui ou même parfois lui lançait des cacahouètes, comme s'il n'était qu'un vulgaire singe. Mais il était moins qu'un singe, il était même moins qu'un meuble. Il n'était plus rien, il n'obtenait aucun respect, aucune pitié, juste des moqueries, de la méchanceté. Il n'en pouvait plus, bientôt il se laisserait aller à la folie complète et totale, et tant pis pour ce qui arriverait.

Couché sur le sol froid, il cherchait le sommeil, dormir lui faisait du bien mais comme tout le reste il ne pouvait pas beaucoup dormir. Seulement, pour une fois Kate le laissait tranquille, et le silence régnait sous le chapiteau. Il avait les yeux fermés, quand il les sentit. D'ailleurs il perçu leur présence bien avant d'entendre leur voix. Quels étaient les petits crétins qui venaient voir le loup garou et l'empêcher de dormir ? Il grogna tout ce qu'il pouvait. Il voulait simplement qu'on lui foute la paix. Si maintenant les spectateurs débarquaient au milieu de la nuit, c'était sûr, il allait lâcher prise.

Quand les deux adolescents débiles furent en face de sa cage, il recommença à grogner pour les effrayer. Cela fonctionna pour l'un d'eux qui voulait vraiment se barrer, mais l'autre commença à s'approcher. Il avait la trouille ça se sentait, pourtant il ne quittait pas Derek des yeux et continuait à avancer.

Arrête de me regarder, aurait voulu crier le loup garou. Il n'en pouvait plus d'être une bête de foire, il ne voulait plus qu'on le regarde, qu'on l'observe, qu'on s'assure qu'il est vrai. Quand l'autre fut plus proche, il essaya de le griffer, de l'attaquer, peine perdue. Une deuxième fois. L'adolescent finit par abandonner et partir. Le laissant enfin seul.

Stiles, il s'appelait Stiles. Et son ami trouillard, Scott. Tous les deux étaient des humains curieux qui étaient venu le voir, en toute illégalité. C'était la première fois que quelqu'un avait ce courage. Le loup garou se roula en boule sur le sol. Sans doute ne les reverrait-il jamais.

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Il les revit, et plus vite qu'il ne l'aurait cru. Durant la représentation du lendemain. Derek reconnu immédiatement leur odeur. Scott sentait des choses simples, la sueur, la menthe un peu, rien de très original. Pour Stiles c'était un peu différent, il sentait aussi l'humain et la transpiration, mais également la fraise (avec quoi se lavait-il ?), la chlorophylle (avait-il mangé un chewing-gum plus tôt ou son dentifrice ?), la terre (odeur présente en partie chez son ami), un mélange bizarre qui ne collait pas très bien mais qui bizarrement n'était pas non plus mauvais. Derek se mit alors à le regarder.

Pourquoi es-tu revenu ? Aurait-il voulu lui demander.

Kate fit une entorse à son programme, d'habitude elle ne le faisait jamais, mais peut-être que cela l'amusait de voir le loup garou fixer son attention sur quelqu'un, peut-être pensait-elle qu'elle pourrait l'humilier un peu plus. Stiles s'avança, se présenta, et discuta. Cependant son ton envers la femme était plutôt froid, comme s'il lui reprochait quelque chose. Ses yeux ne quittaient pas ceux du loup garou qui se demandait où l'adolescent voulait en venir. C'est alors qu'il posa la question qui allait tout changer. « Comment s'appelle-t-il ? ».

Il venait de rendre au loup garou ce qu'on lui avait supprimé, son identité. Il venait de lui redonner son humanité, et même son côté animal. Il devenait plus qu'un rien, plus qu'un meuble, il devenait ce qu'il était. Quelqu'un avec un nom.

Bien entendu Kate, même si elle le connaissait, ne donna aucune réponse à Stiles. « Pourquoi est ce qu'il ne pourrait pas avoir de nom ? Même les chiens ont des noms. »

Le loup garou eut envie de remercier l'adolescent d'avoir cassé cette misérable bonne femme, de l'avoir humilié un peu à son tour. Il ne fit rien, il laissa l'autre retourner s'asseoir dans les gradins, mais quelque part il espérait réellement le revoir. Il espérait que l'humain revienne.

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Il revint. Stiles revint. Le soir même. Il se mit devant la cage et lui parla, et cette fois-ci Derek l'écouta. Il le laissa s'approcher, mais le testa quand même. Pour voir s'il n'allait pas fuir. Il se montra violent et essaya de le griffer encore. Il montra ses crocs, mais finalement le laissa approcher. Après tout il aurait sentit si l'humain lui mentait en lui disant qu'il ne lui voulait pas de mal. Ce dernier n'était pas non plus là pour rire de lui. A la place il posa sa main sur la cage, geste étrange, comme s'il cherchait par un moyen bizarre à se rapprocher de Derek, à enlever les barreaux qui les séparait. Le loup garou fut pris malgré lui dans le mouvement et posa sa patte près de la main. Quelque part il avait l'impression que ça le libérait, un peu. Il aurait voulu que ça dure plus longtemps, mais la nièce de Kate arriva et gâcha tout. Il alla se coincer au fond de la cage, l'entretien était fini. Derek pensait que Stiles allait se faire jeter dehors, mais il trouva une bonne stratégie et se mit la fille dans la poche avec une facilité déconcertante. Il était plutôt malin en fait ce petit humain.

Peut-être qu'il pourrait l'aider ?

Il acquiesça au moment où Stiles lui demanda s'il pouvait revenir. Après tout pourquoi pas, s'il se montrait utile ? Au pire, cela lui ferait de la compagnie. De la vraie compagnie. Quelqu'un qui ne le considérait pas juste comme un objet.

Il avait eut raison d'accepter sa présence. L'humain encore une fois avait finis par revenir, quelques jours plus tard. A nouveau au spectacle, avec son père apparemment, qu'il essayait de convaincre que les loups garou existaient, peine perdu semblait-il. Puis il avait demandé une chose merveilleuse, une chose que Derek n'osait plus espérer : « Tu veux que je te libère ? ».

Oui, libère-moi. Avait-il envie de hurler de toutes ses forces. Sors-moi de là. Rends-moi ma vie. Tout ce qu'il pu faire c'est grogner et tirer sur ses chaines, mais vu le sourire de Stiles à ce moment là, il avait très certainement compris.

Puis il était repassé ensuite, le soir.

Ils avaient même réussi à avoir une vraie discussion. C'était extraordinaire, plus personne ne s'était soucié de lui parler depuis des années, tout le monde se fichait de ce qu'il pouvait bien avoir à dire. Et allons bon, tout le monde était persuadé que de toute façon il était trop stupide pour s'exprimer. Stiles cherchait réellement à le libérer et se donnait les moyens pour l'aider. Et puis c'était étrange de lui parler de cette façon, en posant ses griffes sur sa main, en le laissant le toucher, il sentait leur contact plus fort que le reste, parce qu'il n'en avait plus eu depuis six ans. Quelque chose était entrain de se passer, Derek le savait, et d'une certaine manière il était rassuré.

Il n'avait plus envie de laisser le loup garou gagner la partie, ses sentiments, sa conscience, cela lui appartenait à lui, il ne deviendrait pas fou, il resterait lui-même. Il fallait que Stiles le sorte de là, c'était la seule solution.

L'humain tint sa promesse de le libérer, faisant preuve de courage et surtout d'ingéniosité, son plan était tout simple pourtant. Lui permettre de redevenir humain et manipuler Allison pour récupérer les clés.

Quand il se retransforma enfin, Derek se sentit soulagé. Il aimait sa partie loup garou, mais n'être plus que ça était vraiment difficile. Maintenant il se contrôlait plus, il pouvait parler également. Il avait envie de remercier Stiles, il n'en fit rien. Il n'était pas doué pour dire les choses ou pour les marques d'affection, ce genre de trucs. Pourtant il se sentait réellement redevable, mais ne savait s'exprimer qu'en ronchonnant, froidement, bêtement, méchamment. Même quand il essayait de se rattraper, ça ne sonnait pas juste. Pourtant Stiles ne lui en tenait pas rigueur. Il le libéra comme promis et le loup garou sentit un poids se défaire, aussi bien parce qu'il avait perdu ses chaines que parce qu'il avait enfin l'impression de respirer vraiment, de pouvoir aller n'importe où.

Mais d'abord il fallait qu'il se venge, qu'il fasse payer à Kate et à sa famille tout ce qu'il avait subit. Soudainement il avait envie de tout détruire et il allait le faire parce qu'après tout il était un loup garou et personne n'oserait l'arrêter, personne.

Stiles pourtant l'arrêta. Il s'approcha de lui, même s'il avait peur, et lui fit son discours. En vérité il était persuadé que rien de ce qu'il ne dirait ne saurait l'amadoué, mais l'humain était doué et il l'amadoua, Derek se laissa convaincre, il le laissa faire. Il y avait réellement quelque chose de spécial chez Stiles. Quelque chose de différent.
C'était sans doute pour cette raison qu'il avait réussi l'exploit de le libérer.

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Retrouver sa maison lui fit tout bizarre. Il pensait ne jamais y remettre les pieds. Bien sûr ce n'était plus réellement la même qu'il avait connu, pas après l'accident (si on pouvait réellement parler d'accident), mais elle était encore là. Il aurait voulu sentir l'odeur de sa famille, mais elle ne sentait plus que le brûlé, le moisi, la forêt. Stiles était prêt de lui, mais il l'ignora. L'adolescent n'aurait pas pu comprendre ce qu'il cherchait dans cette maison, ni même ce qu'il ressentait à la retrouver. Derek avait l'impression que les six ans qu'il venait de vivre en enfer s'effaçait soudainement. Il revoyait ses parents monter cet escalier par exemple, sa sœur glisser sur la rampe, son oncle dormait là, les repas de famille avait lieu ici. Plus aucune odeur, plus aucun bruit, plus rien. C'était mort. Mais c'était encore là, dans la tête du loup garou. Et à cet instant il aurait donné n'importe quoi pour revoir son père lui râler dessus, sa mère lui tapoter les cheveux, n'importe qui d'autre qui sache qui il était, de quelle famille il faisait partie. Sa meute à lui.

Il avait besoin de se retrouver seul, c'est pourquoi il renvoya Stiles. De manière pas sympa du tout. Alors que l'adolescent était son sauveur, que c'était grâce à lui s'il était là. Derek savait qu'il aurait dût être plus cool, mais il n'y arrivait tout simplement pas.

Une fois l'humain loin, il refit le tour de sa maison, vide. Cela n'avait aucun sens, plus aucun sens. Sa meute était morte, sa famille décimée, plus personne ne reviendrait. A quoi bon chercher une odeur qui n'existait plus ?

Derek soupira et sortit. L'odeur de Stiles était encore là, un peu partout, et soudain le loup garou se dit que quelque chose en lui était mort en même temps que son passé et que maintenant il devait vivre avec son futur. Le seul lien qu'il avait maintenant c'était ce garçon un peu bavard, un peu bizarre, mais avec une loyauté grande comme ça, un courage grand pareil, et une énorme ingéniosité. Et puis s'il voulait réellement se venger, l'humain pourrait se révéler à nouveau utile.

Il avait donc suivit son odeur jusqu'à tomber devant sa maison. C'est là qu'il l'avait entendu parler – râler – tout seul. Son discours concernait Derek, il se sentait apparemment blessé d'être jeté ainsi. Stiles avait l'air de s'être bêtement attaché au loup garou, mais ce dernier n'était pas sûr d'être tout à fait considéré comme un humain, plutôt comme un mignon toutou. Celui qu'on a longtemps réclamé pour noël et qu'on adore quand on l'a. Après tout il ne tenait qu'à lui de montrer qu'il n'était pas que ça, et s'introduisit chez Stiles. S'allongea près de lui. S'endormit près de lui. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas dormi dans un vrai lit, la sensation était chaude, douce, étrange. Presque trop. Il n'avait plus l'habitude, au milieu de la nuit il fut même à deux doigts d'aller se rouler en boule sur le sol. Seulement il n'avait pas envie de ressembler encore plus à un animal. Il fit alors un compromis, il se roula en boule dans le lit de Stiles, et finalement dormi mieux.

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Derek dormait même tellement bien que quand Stiles se réveilla il eut l'impression d'avoir un loup enroulé sur lui. Sa tête reposait sur son torse, ses mains sur son ventre, ses pieds et ses jambes contre lui. La position était tellement mignonne et presque animal que Stiles eut trop envie de le gratter derrière les oreilles. Sachant que si l'autre se mettait à ronronner, il allait l'adopter immédiatement. La tentation était trop présente, et l'adolescent glissa ses doigts dans les cheveux de Derek qui poussa un soupire satisfait tellement tellement adorable que l'humain ne put retenir un petit rire qui réveilla le loup garou. Il leva la tête et fixa Stiles avec des petits yeux, puis renifla, s'étira, passa une main dans ses cheveux et seulement à ce moment là sembla reprendre conscience d'où il était et de ce qu'il se passait. L'humain n'y tenait plus et avait mis sa tête sous son oreiller pour étouffer son fou rire. Derek agissait réellement comme un loup.

- Arrête de te moquer.

- Je ne me moque pas, essaya d'expliquer Stiles de sous son oreiller, je te trouve tellement mignon c'est dingue.

Et il continua à rire. Derek grogna ce qui n'eut que pour but d'augmenter la crise de rire du garçon.

- Je ne suis pas mignon.

- Oh que si tu l'es.

Nouveau grommellement, nouvel crise de fou rire. Derek décida que le mieux était d'ignorer ce crétin d'humain. Il se leva puis entendit un bruit dans les escaliers, seulement avant qu'il ne puisse prévenir Stiles, la porte s'ouvrait :

- Stiles je… Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?

L'adolescent cessa immédiatement de rire, se releva d'un coup, posant l'oreiller sur son ventre.

- Papa ? Euh… Laisse-moi t'expliquer.

- En effet j'ai besoin d'explications là, et des bonnes.

Stiles regarda un instant Derek, toujours torse nu, dans un pantalon pas forcément très propre, puis revint vers son père qui attendait une explication :

- Papa, je te présente Derek, je veux l'adopter… L'épouser… Enfin j'en sais rien. Euh … Disons que peut-être c'est possible qu'il soit mon petit-ami ou quelque chose du genre là… Il me semble.

- Ton petit ami ?

- Oui.

- Et la vérité ?

- C'était une idée de Scott, il m'a dit de te faire croire que j'étais gay et que je sortais avec Derek, comment ça se fait que tu ne me crois pas ?

- Parce que tu n'avais pas l'air très convaincant c'est tout.

- En fait… C'est une sorte de SDF, j'ai décidé de le recueillir, admire moi, je suis vraiment une bonne personne.

- S'il est vraiment SDF je vais l'emmener avec moi au commissariat afin d'envisager des solutions de placements…

- En fait il a une maison, donc techniquement il n'est pas vraiment SDF. Mais disons que notre maison est quand même un peu plus chauffé et un peu moins moisis.

Le Shérif se passa une main sur le visage et soupira :

- Est-ce que tu n'as pas trouvé mieux ?

- Pas encore.

Le père se tourna vers le loup garou :

- Et si vous m'expliquiez ?

Derek haussa les épaules :

- Je suis un prisonnier en cavale, votre fils me protège. En gros.

- Un prisonnier en cavale ?

- Vous préférez entendre quelle version ? Je peux aussi dire que je suis gay et que je sors avec votre adorable fils.

- Et si tous les deux pouviez juste me dire la vérité ?

Les deux s'échangèrent un regard et Stiles soupira :

- C'est le loup garou. Tu vois tu avais raison, c'est un humain banal finalement, bon maquillage. Je l'ai trouvé, on a discuté, je lui ai proposé de passer, on a discuté tellement tard que voilà on s'est endormi, et c'est tout. Il ne s'est rien passé. Il n'est pas SDF, et pas non plus un prisonnier en cavale. Il n'est même pas mon petit ami. C'est juste un loup garou avec qui je m'entends bien.

Le père les regarda un instant et demanda :

- Et pourquoi ne pas avoir dit la vérité tout de suite ?

- Parce que tu ne crois pas aux loups garou ?

Le Shérif roula des yeux et laissa tomber, son fils pensait parfois trop vite pour lui, il ne fallait pas toujours chercher à comprendre. Il se contenta de le prendre dans ses bras, de lui expliquer qu'il partait, qu'il avait du boulot, de lui dire de ne pas être en retard à l'école et de ne pas faire de bêtise. Puis il lança un bref salut à Derek.

Une fois son père partit, Stiles regarda le loup garou de bas en haut :

- Bien on va aller t'acheter des fringues.

- T'as pas entendu ton père ? Tu dois aller au lycée.

- Je vais au lycée et ensuite on va t'acheter des habits, ça te va ?

- Okay.

- En attendant tu restes ici. J'ai des bouquins, un ordinateur avec internet, en bas y a la télévision. Je pense que tu as de quoi t'occuper. Ne fais pas de bêtises, je reviens vite.

Derek acquiesça. Stiles alla donc tranquillement prendre sa douche, s'habilla, petit déjeuna vite fait, prépara ses affaires de cours, puis dit au revoir au loup garou. Il monta dans sa Jeep et se dirigea vers le lycée. Une fois sûr partit, le Lycan s'enfuit de chez Stiles par la fenêtre et alla courir dans le bois. Exercice matinale. Des siècles qu'il n'avait plus fait ça.

Il se transforma en loup garou et cavala comme un fou. L'odeur de la forêt le possédait, le vent lui fouettait le visage, la terre sous ses doigts et sous ses pieds lui donnaient des sensations fantastiques, il était libre, il sentait tout. Il avait l'impression d'avoir retrouvé ce qui faisait de lui ce qu'il était, les odeurs, les sons, les sensations, mais pas seulement. Il y avait aussi le fait de pouvoir courir, sous n'importe quelle forme, de pouvoir s'arrêter quand il le voulait. S'il fermait les yeux il avait l'impression que la vie entrait en lui par chaque pore de la peau, il se sentait presque heureux. Il faisait partie de la forêt, et la forêt était à lui. Chaque bruit, chaque odeur lui appartenait et paraissait lui dire « bienvenue chez toi ». Plus de cage, plus de chaine, plus personne pour rire. Il n'était plus un objet, il était à nouveau un loup garou, un vrai. Si les gens le voyaient maintenant ils comprendraient mieux ce qu'était un lycanthrope, car même ceux qui avaient passés six ans à ses côtés ne l'avait vu tel qu'il était. Ils avaient vu une bête enchainée et triste, aujourd'hui il rencontrerait un loup garou libre qui courait après le vent, contre le vent, avec le vent. Bonheur, effusion de joie, Derek était euphorique. Et il continua à filer comme ça durant plus de deux heures.

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Kate regardait la cage vide et les chaines sans prisonnier en se demandant si elle était en train de faire un cauchemar. C'était sûrement ça. Derek n'avait pas pu s'échapper, pas son loup garou à elle, sa bête de foire préférée, son attraction. Elle interrogeait Allison du regard comme si sa nièce allait lui donner une réponse, mais celle-ci jouait la carte de l'idiote. Après le départ de Scott elle avait réussi à remettre les clés où elle les avait trouvé, et faire comme si de rien, sa tante ne la soupçonnait même pas d'être responsable de la fuite du loup garou.

- Il s'est échappé, mais ce n'est pas complètement dangereux ça ? Minauda Allison.

Kate soupira, elle savait que ça ne l'était sans doute pas, mais qu'elle, elle pourrait payer pour ce qu'elle avait fait subir au loup garou. Seulement le plus grave était qu'elle avait perdu son jouet préféré et ça la dérangeait grandement.

- Oui très très dangereux, Beacon Hills risque de vivre des jours difficiles.

Tu parles, Derek ne toucherait à personne, il avait toujours été le genre de type trop sympa, avec une morale grande comme ça. Ennuyant à mourir. Si au moins il pouvait se transformer en serial killer, ça mettrait de l'ambiance, mais à l'heure qu'il était il se terrait sûrement dans un coin et attendait que le cirque s'en aille pour reprendre une vie normale. Seulement Kate Argent était bien décidé à ne pas partir tant qu'elle ne l'aurait pas retrouvé et enfermé ! Peu importe les moyens utilisés.

Tout d'abord elle devait trouver comment il avait fait pour partir. Les chaînes n'étaient pas arrachées et la cage était intact, quelqu'un lui avait ouvert la porte et l'avait délivré, il n'était donc pas tout seul. Quelqu'un avait aidé Derek, il suffisait de trouver qui et comment, et elle se vengerait sur ce complice idiot, car si jamais elle trouvait qui avait délivré son loup garou ce dernier allait passé une très très mauvaise journée.

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Stiles ne se doutait pas de la menace qui pesait sur lui, il notait tranquillement les cours en pensant à Derek. Ou plutôt, il parlait de Derek à Scott, en faisant semblant de noter les cours.

- T'aurais vu ça ce matin, un vrai animal. J'étais mort de rire.

- Et ton père vous as vu ?

- Ah oui ! On a dût lui faire croire que Derek était un faux loup garou, alors que c'est un vrai loup garou, mais bon, il y a cru alors je pense que ça va.

- Il est sans doute plus facile de croire à un faux loup garou qu'à un vrai.

- T'as raison en fait. Mon père même après l'avoir vu l'autre fois refuse de croire que Derek puisse être un vrai loup garou, ça me dépasse.

Le professeur finit par séparer les deux bavards, n'en pouvant plus de faire des remarques à Stiles. A l'avenir il faudrait qu'il songe à éviter dès le début que Scott et son ami se mettent l'un à côté de l'autre.

Stilinski fut triste sur le coup de changer de place, mais se retrouvant à côté de Lydia il pensa que finalement ce n'était pas si dérangeant.

- Hey Lydia.

- Hey… Machin !

Même si elle n'avait toujours pas retenu son nom, au moins elle le saluait, c'était une grande progression.

- Tu sais j'héberge un loup garou chez moi.

- Hm hm fascinant. Répondit la jeune fille sans réellement écouter ce que Stiles lui disait.

Bon tant pis, il n'était pas obligé de lui parler après tout, il pouvait passer le cours à simplement la regarder. C'était bien aussi. Et puis il était patient, il l'aimait depuis tellement longtemps qu'il pouvait bien attendre encore un peu. A un moment elle finirait par se rendre compte de son existence, et d'à quel point il était un type génial. Il lui montrerait à quel point il était chouette, intelligent, à quel point il la connaissait bien, comment il la trouvait belle, et elle craquerait pour lui. Il s'y voyait déjà, elle sa femme, une maison, deux gamins, une balançoire, un bonheur grand comme la terre. Un rêve débile et niais, mais qui lui allait très bien. La sonnerie retentit, Lydia alla rejoindre Jackson et l'embrassa. Le rêve prit fin.

La journée passa plutôt doucement, Stiles avait hâte de rentrer et de voir Derek. Il se sentait un peu comme un gamin qui a hâte de retrouver son animal de compagnie. Ils iraient faire quelques boutiques histoire de l'habiller, et l'adolescent le convaincrait que la vengeance c'est nul et qu'il y avait encore un peu de place dans son lit pour dormir. Ca ne le dérangeait pas de se réveiller avec un loup garou roulé en boule sur son torse.

Peut-être que Derek pourrait se trouver un appartement plutôt que d'aller vivre dans cette atroce maison brulée – parce que son père ne serait sans doute pas d'accord pour le garder – et ils pourraient devenir amis, se voir, tout ça. Passer des jours ensemble. Il était sûr que Scott ne lui en voudrait pas de partager un peu son temps. Il l'avait libéré et il ne voulait pas laisser tomber Derek, il avait l'impression que le loup garou était un peu sous sa responsabilité, même s'il était plus âgé. Tiens d'ailleurs quel âge avait-il ? Stiles ne lui avait pas demandé. Quand s'était-il fait capturé ? Pourquoi ? Comment se faisait-il que sa maison ait brûlé ? Ou était sa famille ? Vivait-il avec des loups garou ? Comment avait-il été transformé ? Tout à coup mille et une questions tournèrent dans la tête de l'adolescent. Il avait été si préoccupé par le fait de libérer Derek qu'il ne s'était pas interrogé sur tout cela plus tôt.

Il faudrait quand même qu'il lui demande.

Le soir il déposa Scott chez le vétérinaire où il travaillait, puis rentra chez lui. Derek l'attendait, assis sur la chaise roulante, toujours habillé de la même façon.

- Hey loup garou, tu devrais songer à prendre une douche, tu sens le fauve ! Lança Stiles très fier de lui-même.

L'autre roula des yeux, mais laissa Stiles lui indiquer la salle de bain. C'est vrai qu'il ne s'était plus trop lavé. Parfois Kate le nettoyait vite fait au tuyau d'eau – glaciale – histoire qu'il soit un minimum propre, mais c'était tout. Il comptait juste prendre une douche, puis changea d'avis tout à coup en voyant qu'il y avait une baignoire. Il fit couler de l'eau chaude, enleva son seul vêtement et mis toute sorte de produit pour que ça sente bon. L'odeur intégrait ses narines puissance mille, et il se sentit tout apaisé. Il s'installa dans la baignoire et se sentit tellement bien soudainement qu'il se demandait s'il allait en sortir un jour. Putain alors c'était ça le bonheur ? Une baignoire remplie d'eau chaude et de produit qui moussent et sentent bon ? Il enfonça sa tête au fond de l'eau, les yeux fermés, il entendait son cœur battre, il se sentait comme dans une bulle protectrice. Comme s'il n'allait plus jamais souffrir, comme si pu rien ne pourrait l'atteindre. Il était entrain de réellement revivre. De renaître. Derek sortit la tête de l'eau et reprit sa respiration. Il se savonna (au gel douche fraise), se nettoya les cheveux (au shampoing pêche), et resta là. Les pensés dans le vague. Au bout d'un moment il se tira hors de la baignoire avec difficulté, attrapa une serviette et s'essuya, puis retourna dans la chambre de Stiles, la serviette autour de la taille, son pantalon dans une main.

- A tout hasard t'aurais pas des habits à ma taille ?

Stiles loucha, et se demandait où il allait pouvoir trouver ça.

- Ecoute, je peux sans doute te filer un grand tee-shirt et même des sous vêtements, mais tu devrais remettre ton pantalon, je crois …

Le loup garou ne trouva pas l'idée mauvaise, il laissa l'adolescent lui fournir le reste. Il se retrouva donc avec un tee-shirt, normalement large pour l'humain, qui lui collait à la peau, son jean un peu (beaucoup) crade et usé, des tongs (trop grande pour Stiles). C'était un peu dépareillé, mais ça irait bien le temps d'aller acheter mieux.

- Je suppose que tu n'as pas de carte bancaire ? Hm bien. Je vais te payer tes fringues, tu me rembourseras quand tu pourras.

Ils allèrent faire deux-trois magasins, le temps de trouver des tee-shirts, chemises, pantalons, chaussettes, sous vêtements à la bonne taille. Une paire de chaussure. Derek fit un léger caprice pour avoir une veste sympa, noir. Stiles accepta, on ne refusait pas une chose aussi simple à un loup garou qui avait été prisonnier durant des années, surtout pas quand il vous le demande gentiment en montrant ses crocs et ses griffes.

Ils rentrèrent chez le Shérif, l'un avec des fringues, l'autre avec sûrement un trou dans son compte bancaire, mais tout se passait bien au final.

- Tu dors chez moi ce soir ?

Interrogea Stiles l'air de rien, espérant que ce soit un oui. Derek ne savait pas trop, il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée de rester trop longtemps avec l'humain, de s'habituer à sa présence et surtout de le mettre en danger (car Kate viendrait le chercher, à tous les coups), mais en même temps il était bien ici. Il était au chaud, il y avait toutes ces bonnes odeurs, ces bruits agréables, toute cette tendresse entre le père et le fils. Une baignoire, un vrai lit où il pouvait se rouler en boule, quelqu'un qui lui parlait gentiment malgré son sale caractère. Il craqua.

- Oui.

Et vu le sourire qu'il reçu en échange de sa réponse, il ne regretta pas d'avoir accepté. Le soir, Stiles demanda à son père si Derek pouvait rester manger et dormir, le Shérif accepta mais interrogea tout de même :

- Mais tu ne participes plus au spectacle ?

- J'ai décidé d'arrêter. Ca ne m'intéresse plus. Je cherche autre chose à faire. Un autre endroit où aller.

Le fils profita de cette perche tendue pour lancer :

- Tu pourrais rester ici en attendant de trouver un endroit où vivre et un travail !

Le Shérif se sentait mal de refuser, et puis Stiles avait l'air si content d'héberger ce faux loup garou :

- C'est d'accord, tu peux rester quelques temps, en attendant que tu trouves une situation. Mais je te préviens je n'aime pas les fainéants et pas non plus les profiteurs. Si je vois que tu ne fais rien, je ne te laisserai pas rester.

- D'accord.

Stiles s'écria qu'il était trop content de pouvoir garder son loup garou, et Derek grogna un peu. Quand est-ce que l'humain le verrait autrement qu'un gentil animal qu'il venait d'adopter ? Cela commençait à devenir frustrant et vexant.

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Le repas fut merveilleux pour Derek. Depuis combien de temps n'avait-il pas mangé aussi bien ? D'habitude il devait se contenter des restes, voir parfois des os, traité comme un chien, pire qu'un chien. Et voilà qu'il avait le droit à une des meilleures pizzas jamais mangé, un verre de coca – bon sang que cette boisson pétillante était bonne – un yaourt en dessert. C'était hyper simple sans doute pour le Shérif et son fils, mais pour le loup garou c'était parfait et bon comme jamais.

Il y pensait encore pendant que l'humain était tranquillement assit devant son ordinateur à rédiger une dissertation.

Stiles fini enfin ses devoirs et tourna la tête vers Derek qui était allongé sur son lit, paraissant rêver :

- Il faut décider de où l'on dort. Lança l'adolescent.

- Comme hier c'est très bien non ?

- Tu ne trouves pas cela étrange ?

- Non. Pourquoi ça l'est ?

- Un peu. Dormir à deux dans un lit une place, c'est pas spécialement l'idéal.

- Tu veux que je dorme par terre ? Ca ne me dérange pas. Le lit est presque trop confortable pour moi. J'ai dormis à même le sol pendant six ans.

- Je n'ai pas envie que tu dormes par terre, j'aurais l'impression d'être le pire hôte qui soit.

- Je ne vois pas vraiment d'autres solutions.

L'humain pesa le pour et le contre :

- Okay, tu n'as qu'à juste dormir dans mon lit, avec moi. Ca ne me dérange pas. Je préfère cela à te voir sur mon sol.

Derek haussa les épaules et referma son bouquin.

- Très bien.

Puis il se colla contre le mur pour laisser la place à Stiles qui vint s'allonger à ses côtés après s'être préparé pour la nuit. Derek ne bougeait pas, lui non plus, ils ne se touchaient pas, ne se parlaient pas, rien. Mais la situation était quand même bizarre.

- J'ai du mal à dormir dans cette position. Expliqua le loup garou.

- C'est-à-dire ?

- Raide comme un piquet, tout droit comme un i, ce n'est pas comme cela que je dors.

- Et tu dors comment ?

Comme la nuit dernière, Derek se roula en boule, et se retrouva dans la position dans laquelle Stiles l'avait trouvé au matin. Enroulé contre lui.

- C'est mieux comme ça. Affirma le Lycan avec soulagement.

Et c'est vrai que même pour l'humain c'était mieux. Il avait moins l'impression que c'était bizarre, c'était simplement comme si un animal se lovait contre lui. Cela lui paraissait plus naturel.

- C'est pas si mal de dormir comme ça, en conclue Stiles.

Et au vue du soupir content du loup garou, il pensait la même chose.

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Gérard n'était pas très content d'apprendre que la principale attraction, et la plus intéressante en plus, avait réussi à s'enfuir. Il faisait pourtant confiance à Kate pour garder le loup garou, maintenant il allait devoir aider sa fille à le capturer une deuxième fois. L'ambition de cette gamine lui plaisait, elle n'était pas douce comme son frère, elle avait des vraies projets elle. Son fils était parfois trop droit, il ne comprenait rien au business, au spectacle, il voulait toujours tout faire avec honnêteté, il ne saisissait pas ce qui était le plus important. Kate, elle le savait, elle avait le goût de la scène, du merveilleux, et elle ne s'embarrassait pas de sentiments puérils et inutiles. Pour cela, il avait toujours préférée sa fille.

Maintenant il fallait trouver un moyen, un bon moyen, de faire revenir Derek à eux. Pour cela il avait un plan, un très bon plan, il savait que Kate accepterait immédiatement. Il ne faudrait bien sûr en parler à personne, surtout pas à Chris ou à sa femme, encore moins à Allison. Bientôt le loup garou retomberait à nouveau dans leur filet, et celui (ou ceux) qui l'avait délivré en paierait également le prix.

A suivre.

L'autatrice : voilà ce chapitre était là pour qu'on comprenne un peu mieux le point de vue de Derek et également sa façon d'être dans cette fic. Vous pourrez toujours me taxer d'OOC parce qu'il l'est mais j'ai essayé de rendre ça logique, alors j'espère que ça ne vous dégoutera pas totalement de la fic. Apparition de Gérard, parce que je voulais mettre les deux méchants sadiques dans mon histoire, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez d'eux (même si on ne les voit pas beaucoup dans ce chapitre, ils apparaissent un peu plus après). Encore une fois Derek se retrouve à vivre chez Stiles, je fais tout le temps ça dans mes fics, donc ça n'a rien de nouveau ou d'original, mais j'espère que ça ne vous déplaît pas. Merci beaucoup pour vos reviews (et également aux guests à qui je ne peux malheureusement pas répondre). J'espère que ce chapitre vous a plu également.