Bonjour ! Me voilà pour le troisième chapitre de cette histoire, en espérant qu'il vous plaira tout autant que la dernière fois ! Merci énormément à vous qui lisez ma fanfiction, ça me fait super plaisir et n'hésitez pas à me donner votre avis ^_^ Merci aussi à ceux et celles qui m'ont envoyé de gentilles reviews, ça me touche beaucoup ! Sur ce bonne lecture.
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont à Marvel ~
Pairing : Il y aura de nombreux couples qui viendront au fur et à mesure.
Rating : M au cas où ~
Chapitre 3
?, ?, 2025...
H' aurait dû s'en douter, le chef n'avait pas accepté leur échec. La sanction avait été indiscutable. Ils l'avaient bien mérité, mais H' n'en pouvait plus. Les priver de nourriture pendant une semaine entière était juste atroce, voire sadique. Son ventre gargouillait horriblement et la bave ne cessait pas de couler de sa bouche. Elle voulait manger.
Manger. Manger. Manger. Elle n'avait plus que ce mot à la bouche.
Elle allait devenir folle, ou du moins plus qu'elle ne l'était déjà. H' jeta un coup d'œil à sa droite et retint un grognement de frustration. Sous ses longs cheveux noirs elle pouvait facilement distinguer la silhouette forte de l'archer. Il se tenait droit, les bras croisés sur son torse, ses yeux indéchiffrables derrière ses verres noirs. Elle l'enviait tant de paraître aussi insensible à la faim alors qu'elle, elle agonisait à ses pieds. Seul son tee-shirt imbibé de bave prouvait que lui non plus n'avait pas eu le droit à de la chair depuis qu'ils étaient rentrés.
La porte s'ouvrit dans un grincement sinistre et H' se releva précipitamment pour ne pas paraître plus minable qu'elle ne l'était déjà. Tous la dénigraient déjà à cause de son jeune âge - elle avait tout de même dix-huit ans !- alors elle ne voulait pas leur donner une raison de montrer leur supériorité sur elle. H' épousseta avec une certaine grâce ses vêtements devenus lambeaux et plongea son regard vide dans celui invisible de la personne qui se tenait face à elle. Elle baissa la tête en signe de soumission devant son chef, espérant par là attirer ses faveurs pour avoir un peu de nourriture. L'archer, lui, ne bougea pas.
-La "Créature" m'a ordonné de lever votre punition, déclara d'une voix féminine leur chef ou, comme s'aimait à l'appeler H', la "Doctoresse".
Tous avaient une appellation différente concernant le bras droit de la "Créature". Pour certains, c'était le "Médecin de la mort" ou la "Doctoresse" mais la "Créature", elle, lui avait donné un nom bien spécifique. Scarlet. Personne n'avait le droit d'appeler la "Doctoresse" de la sorte, si ce n'est leur maître à tous et personne ne s'y risquait d'ailleurs. Trop dangereux. H' sautilla de soulagement quand la "Doctoresse" lui lança un bout de bras et le dévora goulûment. Rien n'égalait le goût de la chair humaine, c'était divin. Peut-être qu'autrefois elle aurait vomi d'horreur devant ce qu'elle était devenue, une Bête cannibale sans foi ni loi mais honnêtement, plus rien ne la touchait à présent.
De son côté, Clint était plus réticent, plus contrôlé que la jeune femme. Il observait d'un œil critique la viande, comme à chaque fois qu'il en tenait dans ses mains. Dix ans qu'il était infecté et pourtant, il n'arrivait toujours pas à se faire à sa condition. Peut-être parce qu'il était moins impacté que les autres par le virus, parce qu'il avait gardé une part de sa conscience. Le regard fixe de sa chef lui fit comprendre qu'il devait manger et Clint ne se fit plus prier. Il croqua avidement la chair bien qu'une partie de lui se rebuter à dévorer ceux qui avaient autrefois été les siens. Il lutta de toutes ses forces pour finir son repas. La "Doctoresse" s'en alla après s'être assurée qu'ils avaient bien tout fini, laissant Clint et la jeune femme seuls dans la pièce. H' inspira profondément pour prendre son courage à deux mains.
-La prochaine fois que nous partirons en chasse, prends soin de ne plus avoir d'hésitation. Je sais que ton côté humain lutte encore contre ton côté de Bête, mais n'oublie pas ce que nous sommes à présent. Aucun humain ne t'accepterait, nous sommes les seuls sur qui tu peux compter, Clint. N'oublie pas qui t'a sauvé alors que ta soi-disant meilleure amie t'avait abandonné.
L'image fugace d'une Natasha moqueuse mais si belle traversa son esprit, rapidement remplacé par un homme à la beauté inhumaine. Non maintenant seul lui comptait. H' avait raison. Natasha l'avait abandonné et il devait sa vie à la "Créature". Il n'hésiterait plus, il achèverait sa mission.
Il ramènerait l'enfant araignée coûte que coûte.
New York, Chelsea Park, 2025...
Natasha croqua avidement dans la viande d'écureuil, sans faire attention à ses manières. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu la chance de sentir le goût de viande dans sa bouche. Les marchands ambulants vendaient exclusivement des fruits et des légumes ou encore plus rares, des céréales, mais jamais d'animaux. Ceux-ci étaient devenus de plus en plus rares au fil des années, voire presque inexistant. Natasha n'avait pas d'explications exactes à ce phénomène mais elle se doutait que le virus y jouait un rôle majeur. Se léchant les lèvres pour ne pas laisser un seul morceau du met lui échapper, elle remercia intérieurement la Bête pour avoir déniché cet écureuil. Elle devait avouer qu'elle avait encore beaucoup de mal avec lui mais qu'il leur était plus qu'utile. C'était un excellent chasseur et il pouvait sentir l'un des siens à des kilomètres à la ronde. Cela leur avait évité de nombreux problèmes et Natasha ne regrettait pas d'avoir accepté la proposition de Steve de les accompagner. Elle jeta un regard en coin au blond et ne fut pas étonnée de le voir fixer Bucky avec un regard bienveillant. La discussion qu'ils avaient une semaine auparavant lui revint en mémoire.
-Et donc, c'était ton… Amant ? C'est ça ?
Natasha avait chuchoté la question en dardant son regard scrutateur sur la silhouette endormie de Bucky. La Bête était recroquevillée sur elle-même, grognant des bribes de phrases incompréhensibles. Elle avait beau tenter de se dire qu'il restait en lui une part de conscience humaine, elle n'y parvenait pas. Pour elle, ces Bêtes n'étaient plus humaines à partir du moment où l'infection les avait rongé, même en gardant ne serait qu'une once de conscience. Même s'il s'agissait de Clint ? Natasha grinça des dents à cette pensée. Tant qu'il n'y aurait pas de remède, elle devait faire une croix sur son meilleur ami. Steve bougea à côté d'elle et Natasha se souvint aussitôt de sa question.
-Bucky et moi nous nous connaissons depuis l'enfance. À l'époque où nous nous sommes rencontrés, j'étais un garçon chétif et sans véritable ami. Il a été le premier à me tendre la main et à m'apprendre ce qu'était l'amitié. Puis avec le temps, nos sentiments ont évolué. Même si au début nous avions du mal à les accepter, il a fallu qu'on cesse de se voiler la face. Je l'aimais et il m'aimait, c'était aussi simple que ça. Mais deux ans après notre mise en couple, le virus a été lâché et je te laisse imaginer la suite.
-Et ça ne t'effraie pas, qu'il soit une Bête je veux dire ?
-Je dois t'avouer qu'au départ si, j'en étais terrifié. Je ne savais pas quoi faire, le virus n'était pas si connu à l'époque. Mais je me suis rapidement rendu compte que l'idée de me… Manger ne lui traversait pas l'esprit. En général il ne mange que les Bêtes qui m'attaquent et c'est comme ça que j'ai compris qu'il était plus conscient que les autres.
-Et… Tu l'aimes toujours ?
-Bien évidemment, Steve fronça les sourcils comme si la question lui semblait totalement incongrue. Même si le virus l'a infecté, il reste Bucky, mon amant.
-Mais il n'est plus humain, s'entêta Natasha, il n'est plus qu'une créature dictée par ses instincts primitifs ! Il n'est plus celui que tu as connu, tu ne lui dois rien ! Si ça se trouve, il ne te reconnaît même pas réellement et qu'il attend juste le bon moment pour te dévorer.
Qui essayes-tu de convaincre, Natasha ? Lui souffla une petite voix dans sa tête. Natasha savait qu'elle était injuste dans ses propos. Peut-être que Steve avait raison, qu'au fond la Bête restait un humain, mais ça lui était trop douloureux de penser ainsi. Elle se sentait si minable comparée à Steve qui n'avait pas abandonné son petit ami malgré son infection, là où elle avait fuit à la minute où elle avait vu Clint se "transformer". Natasha n'avait pas remarqué que des larmes s'étaient formées sur ses joues jusqu'à ce que Steve les essuie gentiment.
-Tu as peut-être raison, peut-être que Bucky n'est plus humain, mais à mes yeux, il l'est.
Natasha n'avait pas réussi à dormir cette nuit-là, ressassant sans cesse leur conversation dans sa tête. Durant les sept jours qui avaient suivi, elle s'était posée de nombreuses questions. Est-ce que les Bêtes ayant une conscience pouvait être considérées comme humaines ? Est-ce que les Bêtes tout court l'étaient-elles encore ? Elle n'avait pas trouvé de réponse. D'un côté, Bucky démontait peu à peu ses croyances à leur propos mais les autres Bêtes qu'elle rencontrait les renforcer. Natasha en avait même vu une dévorer le cadavre d'une enfant d'à peine trois ans, ce qui l'avait répugné à tel point qu'elle avait mis au placard ses principes de discrétion et s'était précipité vers la créature pour l'égorger. Steve n'avait rien dit, lui aussi prêt à intervenir. Ils avaient caché le corps de la fillette dans un endroit où les Bêtes ne la trouverait pas et avait silencieusement prié pour sa paix.
La rousse sortit de ses pensées quand Bucky lui tendit la main pour la relever. Il avait sûrement dû sentir la présence d'une Bête. Elle détourna le regard et se releva par elle-même. Le visage de Bucky était indéchiffrable et Natasha se demandait parfois s'il pouvait ressentir des émotions. Apparemment oui étant donné qu'il poussa une sorte de grognement heureux quand Steve ébouriffa ses cheveux. Encore une chose qui prouvait à Natasha que les Bêtes n'étaient plus humaines : l'absence de paroles. Des grognements, des gémissements oui, mais pas de mots distincts ou de phrases compréhensibles. Elle soupira avant de sursauter violemment. Un éclat de tonnerre venait de résonner dans le ciel alors qu'un instant plutôt rien n'aurait pu prévoir de l'orage. Steve s'arma de son bouclier - une sorte de cercle en métal aux couleurs de l'Amérique qui avait fortement étonné Natasha la première fois - et Bucky renifla l'air avec un certain empressement. Un éclair frappa le sol à à peine quelques mètres d'eux. Ce n'était pas un éclair normal, Natasha le sentait. Elle attrapa l'une de ses dagues et plissa les yeux. Une silhouette venait d'apparaître au loin.
New York, hôpital désaffecté, 2025...
-Je ne suis plus certain de vouloir partir pour être tout à fait honnête…
Tony retint un grognement en voyant le docteur faire les cent pas face à eux. Banner l'agaçait, son comportement l'agaçait et pourtant, il n'arrivait pas à le détester. Après être resté deux semaines à vivre dans le même endroit que lui, Tony s'était rendu compte de leurs nombreux points communs, en particulier sur la science. Une fois lancés, ils étaient intarissables sur le sujet, si bien que Peter les avait nommé avec un certain amusement les "science bros". Banner avait été impressionné par JARVIS et par l'arme créée de toutes pièces par Tony. En soi, l'arme n'avait rien d'extraordinaire à l'extérieur mais les lasers qu'elle tirait étaient juste époustouflants aux yeux du docteur. De son côté, l'homme avait prouvé ses compétences en améliorant la toile synthétique de Peter et dire que ce dernier était en admiration devant le travail n'était qu'un euphémisme. Vraiment, Tony appréciait Banner. Sauf en ce moment même.
-Ecoute Doc', souffla Tony en se levant de la chaise sur laquelle il s'était installée, il faut que nous y allions. Nous arrivons à court de rations et en plus, nous avons un objectif à accomplir.
-Mais vos blessures…
-Grâce à mon ADN d'araignée, ma régénération est plus rapide, affirma Peter en se balançant d'une jambe à l'autre comme pour prouver ses dires.
-Quant à moi, mon bras va bien mieux grâce à vos soins.
Tony savait qu'ils avaient gagné en voyant le visage déconfit de Banner. Depuis trois jours, tout était prétexte à rester pour le docteur. Mais Tony n'en pouvait plus. Il devait achever sa vengeance et ce n'était pas en restant ici, les bras croisés à ne rien faire qu'il y parviendrait. Et puis le docteur avait lui-même une mission à présent. Le futur de l'humanité dépendait de ce qu'ils allaient trouver à San Francisco.
Le regard de Banner s'égara dans le hall de l'hôpital qu'il voyait sûrement pour la dernière fois. Était-ce une bonne idée de partir ? Et s'il risquait sa vie pour finalement découvrir que ses recherches n'aboutiraient jamais à rien, qu'elles n'étaient qu'un espoir infondé ? Qu'est-ce que l'extérieur pourrait lui apporter de plus qu'une mort certaine ? L'image d'une magnifique rousse s'imposa dans son esprit. Ses cheveux courts bouclés, ses yeux verts pétillants, le froncement adorable de son nez quand elle riait… Natasha lui manquait affreusement et chaque jour, la vue de son anneau de fiançailles le lui rappelait. Finalement, l'extérieur n'avait peut-être pas que la mort à lui offrir, mais aussi une chance de revoir la femme de sa vie. Il prit son sac où se réunissaient tous les dossiers concernant le remède et le mis sur son épaule.
Tony sourit, ils étaient fin prêt. Une main se glissa timidement dans la sienne et Tony croisa le regard apeuré de Peter. Lui qui avait paru si confiant devant le docteur Banner paraissait tellement hésitant à présent. Suivant ce que son instinct paternel lui soufflait - ou peut-être était-ce la voix douce de Pepper dans sa tête - il colla son front contre celui de l'adolescent.
-Tout ira bien mon grand, je te le promet. Je ferais tout pour te protéger. Tu me fais confiance ?
-Oui M'sieur Stark.
-Faudra peut-être penser un jour à m'appeler Tony, tu ne crois pas ?
L'adolescent rougit mais ne dit rien. Tony fronça les sourcils d'incompréhension mais laissa couler. Après avoir attendu une confirmation de la part de JARVIS quant au fait qu'aucune Bête ne rodait dans les parages, Tony incita Bruce à ouvrir la porte blindée. Ce que Tony n'avait pas remarqué, c'était la voix incertaine de JARVIS quand il avait donné sa réponse. Mais maintenant qu'il voyait l'extérieur, il comprenait que quelque chose ne tournait pas rond. Des cadavres et des cadavres de Bêtes s'empilaient autour d'eux. De la fumée s'échappait de leur corps et une odeur horrible de grillade influait dans l'air. Tony vit du coin de l'œil l'adolescent régurgiter son maigre repas alors que le docteur était blanc comme un linge.
-Bon sang mais que s'est-il passé..?
Un éclair tonitruant éclata à plusieurs kilomètres d'eux, les surprenant. Tony n'avait pas un bon pressentiment, les éclairs n'étaient pas normaux.
-Ne restons pas là, ordonna-t-il à ses deux compagnons en allant dans le sens opposé aux éclairs, c'est trop dangereux.
Peter et Bruce ne se firent pas priés. Plus ils étaient loin de ce carnage, mieux ce serait. Ils en étaient certains.
