Résumé:
« Deux moitiés identiques font un. Si l'une devait à en reconnaître une autre, l'autre finira bien par le reconnaître également.
Tout être a une âme sœur, même les humains, bien qu'ils soient bornés la plupart du temps à ça.
Nous autres, vampires, grâce à nos sens ou au besoin de partager la vie de quelqu'un le long de notre longue vie, y arrivons plus aisément.
Ce qu'on appelle chez nous coup de foudre : N'est que l'appel à l'autre ou la réception de son appel à lui.
Moi aussi, j'ai une âme sœur… »
Sia Bell a été mordu l'été de ses quinze ans. Condamnée en sursis, elle craint et attend le moment où elle deviendrait Level E, afin de mourir de la main d'un Hunter.
Cette destinée l'horrifie. Mais plus que ça, elle ne se supporte plus, se déteste, déteste ce qu'elle représente.
Ses pulsions devenant de plus en plus fréquentes, elle quitte sa famille, pour aller dans un pensionnat pas comme les autres.
Et lui dans tout ça ? …
Je vous laisse découvrir ! ^.^
Crédits:
Mon histoire est essentiellement basée sur l'univers de Matsuri Hino dans Vampire Knight.
Même si les personnages sortent tous de mon imagination, ils ont quelques similitudes avec les siens.
Chapitre 4
Nouvelle Vie
Le train filait, et le paysage défilait par la vitre sur laquelle j'avais posé ma tête. La compagne anglaise n'était plus qu'une succession de couleurs tantôt jaune, rouge, ocre ou violet selon les fleurs qui s'y éparpillaient.
Je poussai un soupir malgré moi.
Aujourd'hui je m'étais levé très tôt. Après des adieux éprouvants et déchirants des deux côtés j'avais pris l'avion pour 9 heures de vol sans escale. Arrivée à Londres, j'avais pris le train de là, pour me rendre à un petit village, plus au nord, du nom de Yuval. Ma nouvelle école se trouvait plus ou moins dans les alentours.
Je regardai ma montre j'en avais encore pour une heure. Je me calai dans mon siège et fermai les yeux un moment.
Il y a encore deux jours, j'entendais, pour la première fois, parler de la A&D's Academy et me voilà, maintenant, en train de rouler vers elle. Cette école qui deviendra ma future maison par la même occasion…
J'ai réussi à convaincre facilement mes parents de me laisser y aller. La Night Class est non connue dans le monde des humains en tant que classe pour vampire mais réputée pour être classe d'élite pour élèves tirés sur le volet de par le monde.
Ils ont été impressionné qu'on m'est remarqué, d'autant plus que je n'avais rien de l'élève modèle. Ils y ont vu une chance pour moi dans mes études et en m'y mettant aussi, je peignis cette opportunité de jolies couleurs et finit par avoir leur bénédiction.
S'ils savaient vraiment où ils m'envoyaient… J'en ris…
Je pense qu'ils voulaient que je change d'air après l' « accident », que je passe à autre chose, prenne un nouveau départ. Ils auraient vu dans cette aventure, sûrement, le meilleur moyen de me voir réaliser leurs vœux secrets.
Timmy a beaucoup pleuré, bien sûr, mais il s'en remettra je suppose…
Quant au Dr. Coben et à Jim …
Le premier, après ma dernière auscultation, m'adressa un franc sourire et me souhaita bonne chance dans ma nouvelle école avant de m'ébouriffer les cheveux et l'autre se contenta de veiller à ce que tout soit en ordre pour mon départ.
D'une certaine façon, rien que sa présence me réconfortait et atténuait d'un peu l'appréhension que je ressentais quant à me jeter dans le plus complet inconnu.
— Prends soin de toi surtout. Me dit-il à l'aéroport en me prenant dans ses bras.
Je me dégageai, émue :
— Au revoir Jim. Merci, merci pour tout.
Puis, se tenant au côté de ma famille, il me regarda m'éloigner, le visage aussi immuable qu'une pierre. Seuls ses yeux le trahissaient car je réussis à y lire, en me retournant, un éclat nouveau.
Soudain, une voix de femme nasillarde dans un haut parleur, nous indiqua qu'on était arrivé au Terminus.
Je me levai et étirai mes membres ankylosés. Je pris ma valise et deux sacs dans le porte-bagages puis, suivant le peu de personnes qui étaient restés jusqu'au terminus, je descendis dans le froid de cette journée automnale.
Je me félicitai d'avoir eu la présence d'esprit de mettre un manteau. A compter de ce jour : Bye bye le temps clément et rayonnant de Spiritang, bonjour brouillard et pluie anglaise !
Je resserrai mon manteau autour de moi et ajustai le bandeau en satin émeraude dans mes cheveux. Malheureusement, même retenus, des mèches continuaient à voler en tous sens à cause d'un petit vent qui s'était levé.
Très vite, je renonçai à les ordonner.
— Miss Bell ?
— Oui ?
Une femme se tenait devant moi. Vêtue d'une robe simple mais élégante d'un beau violet, elle me regardait par-dessus ses lunettes avec insistance.
Ses cheveux châtains étaient retenus en un chignon souple. Je lui donnais la trentaine tout au plus, peut être plus car, je remarquai à sa façon de pincer sa bouche, quand elle ne parlait pas, apparaître de petites rides autour.
— Je suis Madame Lefèvre, se présenta t-elle. L'intendante de l'académie. Veuillez me suivre, Miss.
Il y avait un léger accent français dans son anglais.
Je la laissai me conduire jusqu'à une voiture noire où elle s'installa devant. Un homme en sortit, le chauffeur, et porta mes affaires au coffre avant de m'ouvrir la portière arrière et de la refermer derrière moi.
Le paysage était différent ici, avec moins de champs mais plus de collines et de forêts.
Après avoir dépassé plusieurs collines boisés, au loin je pus voir s'élever majestueusement un imposant château.
Très vite on arriva et le menton au ciel je complétai ébahie la demeure qui me dominait de toute sa hauteur.
Un château, rien que ça…
— Le directeur a demandé à vous voir, Miss Bell. Venez. Je vais vous conduire à son bureau.
— D'accord, merci.
Nous franchîmes l'immense porte d'entrée en bois de chêne lustrée et nous retrouvâmes dans le hall d'entrée.
J'étais impressionnée par autant de luxe et d'élégance.
Sous mes pas de beaux tapis dégradés de pourpre, au-dessus de ma tête un plafond richement décoré, en son centre un grand lustre en cristal délicat. La lumière du jour s'y répercuter et créer des tâches lumineuses dans l'air variant de couleurs. Devant moi un grand escalier permettait d'accéder aux étages.
Mais on sentait le château partagé en deux très distinctement.
A ma gauche puis à ma droite s'ouvraient deux couloirs dont je ne distinguai pas le débouché.
Mme Lefèvre n'emprunta aucune des deux voies, mais continuant tout droit, elle bifurqua à droite après l'escalier. Je la suivais de près. On passa dans une galerie où été accroché aux murs de très beaux tableaux que je ne pris même pas la peine de regarder.
Je me sentais vraiment mal à l'aise dans ce nouvel environnement et j'espérais profondément que cette sensation allait disparaître rapidement.
La galerie finissait devant une porte. Elle toqua.
— Entrez.
Mme Lefèvre s'effaça pour me laisser passer puis entra derrière moi.
— Mr. Le directeur, voici Miss Bell.
— Oh ! Très bien. Vous pouvez nous laisser maintenant. Merci Amanda.
Elle s'excusa et sortit en refermant la porte.
— Mais prenez donc un siège.
Ce que je fis.
Le directeur, Mr. Durch était debout devant une fenêtre et m'adressai un sourire aimable. C'était un homme grand aux épaules carrés, au visage sympathique. Il dégageait une certaine énergie positive et je me sentis à mon aise tout de suite.
— J'espère que votre voyage s'est bien passé.
— Euh…Oui
— Mais je suppose que vous êtes fatiguée maintenant.
— Un peu, c'est vrai.
Il s'assit à son bureau.
— Ne vous inquiétez pas, je vais faire court. Une autre personne se chargera de vous expliquer le fonctionnement de l'école et tout. Un ancien se charge de chaque nouveau venu ici. Des personnes se proposent pour cela ou bien nous en chargeons quelqu'un de confiance. Mais ne vous tracassez pas avec cela, quelqu'un a déjà demandé à être votre mentor cette année.
Il passa une main dans ses cheveux blonds et m'adressa un sourire affable.
Quelqu'un avait demandé à s'occuper de moi ?... Qui ?
J'étais en même temps surprise et méfiante. Enfin… Je n'étais pas vraiment en position de discuter.
— Mais en attendant sa venue, je vais voir faire un petit « exposé ». L'académie forme en elle-même deux écoles. La Classe de jour avec ses élèves humains, et la Classe de nuit pour les vampires (Je tressaillis. Je n'aimais pas vraiment me voir dire que j'étais un vampire à part entière). Il est interdit aux élèves de la Night Class de se mêler à ceux du jour, sous peine de renvoi. Les salles de cours sont un terrain neutre que les deux par contre utilisent à horaires différents. Quoi d'autre…
J'avais vu du sérieux dans son regard au début de son petit discours mais je remarquai qu'il semblait totalement désinvolte par la suite. Il fronça un peu les sourcils en regardant ses doigts qui tambourinaient sur la table de son bureau en quête de sujets à aborder.
Je haussai les sourcils d'étonnement. Quel étrange directeur…
— Enfin bon. James n'omettra rien lui. Ah, oui ! Vous avez des questions ?
— Et bien, oui pas mal…
— Ne t'inquiète pas, me coupa t-il en passant au tutoiement. James t'expliquera tout ce que tu voudras savoir.
Je remarquai qu'il voulait se débarrasser au plus tôt de donner de longues explications et semblait vouloir tout déléguer à cette personne.
…James ?... Mon mentor ? …
Des questions, au fond, je n'avais que ça et pas seulement sur l'école, mais aussi sur ce nouveau monde dont je ne savais à peu près rien.
On toqua à la porte et entrait sans attendre de réponse.
— Ah ! Bonjour James.
Le visage du directeur s'anima à la vue du nouvel arrivant et lui indiqua de la main un siège à prendre.
Je me risquai un petit regard par-dessus mon épaule et retint mon souffle.
Je me sentis rougir et baisser la tête afin que mes cheveux viennent cacher cette soudaine rougeur.
Il était … Il était terriblement beau ! Enfin, beau était peut être de l'euphémisme en comparaison… En tout cas, il n'y avait pas de doute là-dessus, c'était un vampire.
— Bonjour.
Je ne compris pas sur le coup qu'il s'adressait à moi, jusqu'à ce que je remarque le silence qui attendait ma réponse.
Je rejetai quelques mèches de cheveux derrière mon épaule et évitai son regard.
— Bonjour.
Ma voix tremblait un peu, je toussai pour me redonner contenance.
Lui continua sur le même ton aimable. Sa voix était basse et chaude comme s'il parlait sur le ton de la confidence.
— Je m'appelle James Vandomn.
— Enchantée. Moi c'est Sia Bell.
Je relevai la tête un peu plus.
— Moi de même. Bienvenue à la A&D's Academy.
— Merci.
— Ah ! C'est vrai ! Je me disais bien avoir oublié quelque chose. En tout cas, bienvenue, bienvenue ! J'espère que tu te plairas parmi nous, ou du moins essaie quand même.
Mr. Durch rit d'un bon rire et je commençai à avoir une tout autre vision de lui…
— Lui avez-vous parlé des mentors au moins ?
— Oui, oui. Bien sûr.
Je regardai tour à tour les deux, sans m'attarder sur le vampire. J'étais perplexe.
James, ne semblait pas s'embarrasser de politesses superflues en s'adressant au directeur.
— Bien, maintenant, procédons au serment.
Il tendit la main pour prendre une feuille à côté de lui. Il la mit devant moi.
Je me penchai un peu pour lire de quoi il s'agissait mais avant de saisir son contenu, j'entendis le directeur s'éclaircir la gorge.
— Sia Bell, Promets-tu de respecter un régime sans sang humain, de faire tout ton possible pour participer de ton mieux afin de réaliser le projet qui nous tient à cœur, d'une cohabitation sans problèmes entre vampires et humains ? Et dans le cas d'un non respect à ce serment, serais-tu prête à accepter la sanction jugée convenable ?
Euh…
Puis il ajouta à voix basse à mon intention :
— Dis, oui je le jure.
— Oui, je le jure.
— Bien, reprit le directeur en posant devant moi un stylo. Signe maintenant en bas de la feuille. Elle reprend ce que je viens de te dire, en mots compliqués dû à la solennité de l'affaire.
Je parcourus quand même certaines closes de l'article, je jugeai au final que je pouvais signer en toute tranquillité. Ce que je fis.
Le directeur signa après moi, sous ma signature puis passa le stylo à James.
Je vis sa main tracer une signature que je reconnus, à mon propre étonnement, comme étant celle qui accompagnait celle du directeur Durch, en bas de la lettre.
Il reposa le stylo et le directeur rangea la feuille dans un des tiroirs de son bureau. Ensuite, James se tourna vers moi.
— Tu dois être fatiguée.
Il se leva.
— Je vais te montrer ta chambre.
Je me levai à mon tour.
— Au revoir Mr. et merci pour tout.
— Reposez vous bien Miss Bell.
Sans attendre qu'on soit sortis, il alluma un cigare et commença à le fumer, nous regardant par-dessus la fumée avec un regard pénétrant.
Il était définitivement, pour moi, peu commun.
James m'attendait dehors, je l'y retrouvai et nous traversâmes la galerie en silence. Nous nous retrouvâmes vite dans le hall puis, il prit le long couloir de droite si l'on se référait à la porte d'entrée.
— La partie Ouest est réservée aux dortoirs, Salle à manger et autres pièces d'agrément aux humains. Par contre la partie Est est, elle, réservée à nous autres. Les dortoirs sont au fond. Tu,…Excuse moi, je peux t'appeler par ton prénom ?
Il s'arrêta et me lança un regard interrogateur, attendant ma réponse.
Je m'arrêtai aussi et le regardai pour la première fois.
Il devait faire dans les un mètre quatre vingt-sept et portait ce qui devait être l'uniforme de l'école : un ensemble pantalon/veste noir avec une chemise blanche et cravate noire rayée en diagonale d'argent. Sur la veste était brodé en argent le sigle de l'académie « A&D » avec les trois caractères entremêlés joliment.
Il avait les cheveux noirs, quelques mèches lui tombaient sur le front contrastant avec sa peau immaculée blanche.
Il se tenait droit, noble et élégant. Je me rappelais que tous les élèves de la Night Class étaient de noble naissance.
Lorsque mon regard accrocha le sien, je déglutis.
Ils avaient les yeux d'un bleu profond, pailletés d'argent. Son regard était calme, devait transparaitre la plupart du temps l'indifférence à mon avis. Mais là, il me regardait lui aussi.
Je me rappelais à temps de respirer et détournai tant bien que mal la tête.
— Oui…euh…bien sûr…
— Merci. Tu peux m'appeler James aussi si tu veux.
— Ok
Nous nous étions remis à marcher. J'avais les joues toutes chaudes. Il reprit où il s'était arrêté :
— Tu as déjà dût lire le règlement, je ne vais pas revenir dessus, ce serait répétitif.
Il sourit.
— Ne t'inquiète pas, tu t'habitueras très vite au rythme de la Night Class, ainsi que celui de façon général de l'Académie. Ce qui te posera par contre problème c'est ton retard quant aux cours. Nous avons commencé le 1er Septembre. Tu as presque deux semaines de retard. Je t'aiderai à rattraper les cours que tu as ratés.
— Merci.
— Ce n'est rien. Fit-il.
Vraiment, je lui étais reconnaissante de s'occuper ainsi de moi.
J'étais seule ici, perdue de toute évidence de cette Académie, dans le monde de la nuit. J'étais vraiment contente qu'il y est au moins quelqu'un qui ne me rejettera pas mais sera là. Il aurait pu tout au plus, me faire découvrir l'école m'en parler un peu, c'est tout. Je ne le connaissais pas bien sûr, mais je me dis que même si l'on ne devenait pas amis, il sera quand même là.
Mon Mentor.
De plus c'était lui qui avait choisi de l'être. Ca m'intriguait beaucoup mais ne me dérangeait pas.
L'idée de Mentors me paraissait bien pensée. Quelqu'un surveillait de près un nouveau, jusqu'à ce qu'on fut sûr qu'il s'adapte bien et ne causera pas d'accidents malencontreux. Vaut mieux prévenir que guérir enfin de compte.
De plus le nouveau aussi y gagnait, à ne pas être seul, perdu…
Résultat des courses : tout le monde y gagnait.
Soudain, James s'arrêta devant une porte. Perdue dans mes pensées, je n'avais pas remarqué qu'on était arrivés. Il tourna la poignée.
— Et voilà ta chambre.
Il entra et je le suivis à l'intérieur.
C'était une très belle chambre aux murs lavande. Je remarquai deux lits. J'allais donc partager ma chambre. Il y avait aussi deux bureaux. Deux armoires et une porte qui menait sans doute à la salle de bain.
— Tu partages ta chambre avec Roxane Heigl. Elle a été appelée par sa famille et ne reviendra que d'ici quelques jours. Pour le moment tu as la chambre pour toi toute seule. Mets-toi à l'aise. Je te laisse. Essaie de dormir un peu. Le diner est servit à 4h (du matin).
— Merci encore.
Il se tourna vers moi et me sourit.
— A toute à l'heure, Sia.
Je frissonnai en entendant mon prénom dans sa bouche. Il sortit et je me retrouvai toute seule dans la chambre violette.
Mes bagages avaient été déposés au pied d'un lit. Je supposai que ça devait être le mien. D'ailleurs, sur la petite commode de l'autre, il y avait un cadre photo avec une photo à l'intérieur et d'autres effets personnels. Sur la photo, on pouvait voir un gros matou gris dans les bras frêles et gracieux d'une jeune fille aux cheveux auburn, quelques tâches de rousseurs sur les pommettes, le teint laiteux. Elle portait une simple robe bleu-ciel, du même bleu que ses yeux. La photo était prise de nuit. Evidemment…
Ca devait être elle Roxane.
J'enlevai mon manteau blanc qui maintenant me tenait trop chaud et me postai devant le miroir à pied de la chambre. Je me regardai longtemps, enlevai mon bandeau puis du bout des doigts me mis à arranger mes cheveux d'un geste presque mécanique.
J'étais fatiguée. Trop d'émotions en une seule journée. Je m'assis sur mon lit et enlevai mes bottes, ensuite je m'allongeais complètement sur le lit. Je contemplai le plafond de longues minutes, à tenter assimiler tout ce qui m'était arrivée cette journée.
L'Angleterre, l'académie, Mme Lefèvre, le directeur, et James…
J'avais encore pas mal de questions qui me trottaient dans la tête, mais j'étais trop fatiguée pour y penser. Dans ma tête, la journée défilait simplement.
Je me levai un peu trop brusquement, et pris mon sac. Je réglai l'alarme de réveil de mon portable pour minuit (une nouveauté pour moi). Il était 5h de l'après-midi. Je considérai mes vêtements d'un regard et finis par convenir qu'ils ne me gêneraient pas trop pour dormir. J'avais en plus trop la flemme d'ouvrir ma valise.
Je finis par sombrer dans un sommeil sans rêves pour me réveiller dans la plus totale des obscurités.
Je voyais très bien dans la pénombre, mais j'allumais la lumière quand même. Le noir c'était trop triste.
Je me dirigeai vers la salle de bain que je découvrais pour la première fois.
Assez grande, avec un grand miroir au mur, une douche, une baignoire. Des motifs sympas ornaient les murs. Des tapis moelleux couvraient le sol.
J'étais vraiment aux anges ! Je me lavai le visage en me promettant de prendre un bain digne de ce nom après.
Je n'avais plus besoin de mes lunettes. Je les rangeai alors dans leur boîte que je glissai dans mon sac.
Je me dirigeai après vers ma valise que je hissai sur le lit, l'ouvrit et en sortit mes vêtements.
En voulant les ranger dans mon armoire, je trouvai trois uniformes filles dans des sacs en plastiques.
Je posai mes vêtements sur une étagère et décrochai un uniforme. Je le sortis de son sac en plastique et le regardai.
Il était semblable à celui que portait James, sauf qu'on avait une jupe.
Je décidai de le mettre pour voir comment il m'allait.
Devant la glace je regardais le résultat : je ressemblai plus à une élève comme ça, de plus j'aimais beaucoup, discret et joli. La jupe m'arrivait un peu au dessus du genou.
Je continuai à ranger mes affaires jusqu'à ce qu'une horloge sonne au loin 4h.
Je n'avais pas vu le temps passait et me dépêchai de mettre des bas noires et mes bottes.
Un dernier coup d'œil dans la glace et je sortis.
Petit détail qui a quand même son importance : où se trouvait la salle à manger ?
James n'avait pas pensé à m'indiquer le chemin et n'ayant fait aucune attention, tout à l'heure, par où nous sommes passés, j'étais comme qui dirait perdue.
Dans cet immense château…
Super ! Il n'aurait manqué que ça, j'allais vraiment être en retard à ce rythme.
Dos à la porte fermée de ma chambre je regardai à droite à gauche.
Tout était calme par ici. Les élèves devaient déjà être descendus…
Je fermai les yeux et étendais mon ouïe plus loin.
Divers sons me parvenait mais je ne cherchais qu'une source de bavardages importante.
Lorsque je l'eus trouvais je suivis le bruit.
Bien avant de déboucher quelque part, je me retrouvais dans les rangs d'élèves se rendant aussi à la Salle à manger.
Dans mon uniforme, je me mêlais sans difficultés à la masse. Autour de moi il y avait de très belles personnes, parlant, riant ensemble. D'autres encore, marchaient seul, dans leurs pensées.
Personne ne me prêta attention, ni même un regard.
La salle à manger était immense, avec une porte à double battants. Les tables étaient placées sans ordre particulier, avec une nappe pourpre, des couverts scintillants et des chaises ouvragés.
Les élèves avaient déjà commencé à s'installer avec leurs plateaux.
Je remarquai qu'au fond de la pièce, sur une grande table, longue et rectangulaire, était dressé un véritable festin. Des élèves, plateau à la main, s'y servaient avant de rejoindre leurs amis déjà attablés.
Une lumière basse éclairait la pièce et les rideaux écarlates n'étaient pas tirés sur les grandes fenêtres, laissant entrer ainsi la lumière blafarde de la lune.
J'étais restée plantée là, à regarder ce petit monde de vampires aristocrates, dans leur faste et luxe intimes. Balayant la pièce des yeux, je vis James assis sur une belle chaise à haut dossier doré, se démarquant des autres. Il avait un verre à la main au contenu écarlate. Il le tenait, désinvolte, à quelques centimètres de ses lèvres et me regardait de sous ses cils.
Il était magnifique à siéger ainsi, mais ses camarades n'étaient pas de reste.
A sa table, il y avait aussi un garçon blond, assis près de lui, un autre aux boucles rousses et une fille aux longs cheveux châtains. Des chaises autour de leur table étaient vides et laissaient supposés qu'il manquait du monde à l'appel. En tout quatre chaises attendaient encore leur propriétaire.
Je vis que James regardait toujours dans ma direction, ses lèvres bougèrent un peu, à peine et le garçon blond se leva, pour se retrouver et se diriger vers moi.
Je reculai d'un pas, sans m'en rendre compte, lui s'avançait souriant et charmant.
— Bonsoir. Me dit-il, lorsqu'il arriva à ma hauteur.
— Bonsoir.
— Je m'appelle Daniel Mckenzie. Vice- président des élèves de la Night Class. Mais appelle-moi Dan, ou Danny ou juste Daniel…enfin comme tu veux. Tu verras que je peux avoir beaucoup de surnoms.
Il me lança un petit sourire et reprit sa tirade.
— Le buffet c'est par ici, viens.
Je le suivis en empreintant un chemin où il n'était pas la peine de contourner les tables et donnait directement sur le dit buffet.
Il me tendit un plateau et en prit pour lui-même sur le coup, parlant toujours de choses et d'autres. Des cours, des professeurs, de son plat préféré, d'une anecdote qui lui était arrivé…
Tout en me servant de salade et de poulet, je me rendis compte que j'avais vraiment faim, j'ajoutai donc des frites et un morceau de pizza. Je pris une pomme aussi.
— James t'a prise sous son aile à ce que j'en sais. Il ne fait pas ça d'habitude mais il fait ce qu'il veut au fond, n'est ce pas ?
Je jetai un regard à la table de ce dernier, où il n'était plus qu'avec la fille aux longs cheveux installée à quelques chaises de lui.
— James, c'est le président des élèves, je ne suis que son second.
Il rit. Ah ! Je comprenais maintenant le coup de la chaise. Mais ce n'était pas un peu trop ? Enfin pour moi, oui.
Je ne devais savoir qu'après que dans le monde de la nuit, tout ne fonctionnait qu'à la hiérarchie et aux apparences…
— Alors blondinet ? On drague déjà la nouvelle ?
Je sursautai, le garçon aux cheveux roux se tenait derrière moi. Sur le coup, je compris la remarque de Daniel sur ses « surnoms ». Le rouge me monta aux joues lorsqu'en me retournant, je surpris le regard délavé du dernier venu parcourir mon corps sans se gêner.
— Très drôle Kleves. Répliqua Daniel.
Il lança un petit rire moqueur et retourna à sa tâche première qui consistait à ce que j'en vis : remplir le plus que possible un plateau.
— Euh… Commença Dan. Tu comptes manger tout ça ?
— Hein ? Bien sûr que non. La plus grande partie est pour le président, moi je prends le reste.
— Et bien, je crois que tu t'es fait coiffer au poteau si tu tenais à lui apporter son diner. Regarde. Shuri le lui a déjà apporté.
— QUOI ?! Encore ! C'est trop injuste ! Elle fait comment pour toujours me devancer ?
Il soupira et tout penaud reposa la majorité de la nourriture. Puis se dirigea à pas lourds vers leur table commune.
J'étais stupéfaite.
— Il y a une course pour qui servirait James le premier ? m'étonnai-je.
— Pas du tout, tu n'y es pas.
Il rit.
— Mais Georges ( Kleves) essaie toujours de lui rendre service, sans que ce dernier ne lui ait rien demandé.
— Il ne pourrait pas se servir tout seul ? La table n'est pas si loin que ça… Marmonnai-je
Son sourire se glaça, pour disparaître.
— Je sais que tu es nouvelle ici, mais juste un conseil : Que personne d'autre ne t'entende dire des choses, disons, pas très convenable à dire, critiques ou autre, sur James.
Il se passa la main dans ses cheveux, pas très à l'aise.
Je m'étais empourprée à ses mots.
— Je… Je suis désolé. J'ai pensé haut sans m'en rendre compte et mes mots ont dépassé ma pensée d'une certaine façon.
J'avais honte de l'avoir critiqué alors que je ne le connaissais pas, qu'il m'avait rien fait et alors qu'il avait été si gentil avec moi.
— Oublie, s'il te plait ce que j'ai dit.
— Ca va, ce n'est rien. Je disais ça pour toi.
Je pense que ma remarque a vraiment plombé l'ambiance entre nous. Il me lançait à présent un regard indéchiffrable.
— Tu devrais aller dîner maintenant. Lui dis-je.
Il me regarda faire un pas.
— Tu ne veux pas te joindre à nous ?
Je le regardai, puis regardai la table où maintenant presque tout le monde était attablé.
En voyant James manger, je repensai à ce que j'avais dit et rougit un peu avant de détourner la tête.
— Merci, mais je préfère m'asseoir toute seule pour cette fois.
Il hocha la tête et me tournant le dos se dirigea vers sa table.
Je m'installai à une petite table près de la fenêtre, par où je pouvais voir la lune. Elle était presque pleine et rayonnait dans le ciel nocturne au milieu des étoiles.
Je soupirai.
Je me mis à manger sans grand entrain, l'appétit coupé.
Dan m'avait remise à ma place tout à l'heure, je m'en rendais compte.
Président, Vice-président….
Et moi qui étais-je? Personne. J'aurais bien fait de me la boucler.
Voilà qu'une autre société m'était imposée, sans qu'elle soit détachée tant que ça de celle qui régissait la communauté de la nuit.
Mais le fait est que je n'étais personne dans les deux cas. Ex-humaine, future Level E ou nouvelle élève paumée…Personne.
Je vis à la table près de moi, un couple se portant un toast avec de jolis verres à pied, des bloody cachets dissous à l'intérieur teintant l'eau en rouge soutenu.
C'était sur toutes les tables, la boisson la plus répandue.
J'avais soif aussi et je regrettai de ne pas en avoir pris. J'en prendrai après, ça pouvait attendre.
Je ne trouvai rien d'autre à faire que d'examiner mes camarades. D'une table à une autre, mon regard papillonna. Aux regards croisés je rougissais malgré moi, la personne finissait par détourner le regard, indifférente, comme si elle avait fixé le vide pendant un quart de seconde.
Sentaient-ils déjà que je n'avais pas de rang propre ? Autant que moi, sous leur emprise, je sentais qu'ils m'étaient supérieurs ?
Je reposai ma fourchette et repoussai mon assiette. Je n'avais plus faim mais j'avais vraiment soif.
Je me dirigeai vers la table où dans un coin plusieurs carafes au contenu rouge étaient posées. De jolis verres à pied s'alignaient à côté. Il y avait aussi des carafes d'eau, de limonades et de jus divers. Sur le côté, un plat profond contenait des bloody cachets.
Je me servis et pris des bloody cachets aussi au cas où, puis revient vers ma table.
Je croisai le regard de James en y allant et baissai la tête rapidement manquant de reverser mon verre. Je me demandais si Daniel lui avait rapporté mes propos. J'espérai vivement que non.
Assise à ma place, je repris mon observation des élèves, choisissant cette fois comme cible la table de James.
J'essayai d'être discrète autant que possible, en buvant à petites gorgées le liquide rouge.
Deux chaises étaient restées vides quand même. Les deux derniers à s'être installés à table était un garçon qui me tournait le dos. Je ne voyais de lui que ses cheveux cendrés coupés très courts. L'autre était une fille à la crinière blonde savamment bouclés. Elle avait un visage en cœur et des joues rondes et semblait en grande conversation avec l'autre fille assise à côté d'elle.
James tendait une oreille distraite au monologue de Georges, coupé parfois par Daniel ou le mec aux cheveux courts.
Ils devaient être tous amis et semblaient bien s'entendre…
D'ailleurs partout où je regardais, je remarquai qu'à chaque table, il y avait un groupe, une bande d'amis. Parlant entre eux, ne se préoccupant de choses extérieures.
Il y avait aussi des exceptions. Certaines personnes, comme moi, étaient assises seules, à l'écart, préférant sans doute leur solitude. Il y avait aussi des couples isolés, parlant peu, se dévorant du regard, comme le couple à la table voisine de la mienne.
Bien sûr, pour eux, c'était un choix qui leur convenait parfaitement. Pour moi c'était autre chose…
Mais n'avais-je pas rejeté l'invitation de Daniel à me joindre à eux ? …
Au fond, il n'y avait que moi à blâmer. Pas la peine donc, de me lamenter sur ma solitude…
J'avalai trois Bloody cachets après avoir fini mon verre (Je n'en avais pris aucun depuis le matin). Soudain, doucement, James se leva de table, alors comme un seul homme, les membres de son groupe, se levèrent aussi. Ils avaient tous fini et devaient n'avoir attendu que lui pour partir aussi.
J'avais remarqué, qu'il avait très peu mangé, buvant par contre beaucoup de la boisson écarlate.
Le bruit des conversations baissa tout à coup aussi, sans pour autant faire silence, jusqu'à ce que le groupe sorte de la Salle. Alors les conversations reprirent, comme si de rien n'était.
Avant de sortir, James, m'avait regardé un bref instant par-dessus son épaule, avant de se détourner impavide, ouvrant la marche.
La salle à manger commençait à se vider petit à petit et je décidai de rejoindre ma chambre aussi.
Je remarquai que personne ne débarrassait sa table, ça ne m'aurait pas étonné tant que ça qu'il y est des domestiques qui passent derrière. Je laissai donc mon plateau.
Ayant mémorisé le chemin cette fois, je ne tardais pas à retrouver la sérénité de la chambre violette.
J'allais à la fenêtre et restai là à contempler le parc en contre bas, la forme sombre de la forêt s'étendait plus loin.
Mon portable sonna à cet instant. C'était mes parents, qui se relayaient le combiné pour me parler tout à tour. Avec le décalage horaire, il était 8h du matin là bas.
— Alors, tu as fait bon voyage ? Comment tu trouves ton école ? Tu es bien installée ? Comment sont les gens là-bas ? Tu as mangé ?...
Et d'autres questions qui n'en finissaient pas.
J'étais contente d'entendre leur voix, ça me réchauffait le cœur et me faisait du bien. Je me pris à répondre à chacune de leurs interminables questions, mentant la plupart du temps mais bon. Tant que ça leur faisait plaisir de m'entendre…
Sur le coup, je me sentis nostalgique pour tout ce que j'avais laissé là bas, mon humanité d'autre part.
Les souvenirs qui me revenaient, si chaleureux en eux-mêmes se cognaient à une réalité tout ce qu'il y avait de peu chaleureux.
Après avoir raccroché, je finis de ranger mes affaires et allai me couler un bon bain, dans lequel je me glissai en poussant un soupir de contentement. Il y avait tout pour rendre ce bain agréable : à côté était posé en ordre, des crèmes diverses, shampoings, sels de bains parfumés, etc…
La mousse m'arrivait aux épaules et en jouant avec, sans y penser, je continuai à réfléchir à ma nouvelle vie.
Demain, je commencerai les cours. Il me fallait aussi chercher mes manuels et mon emploi du temps.
En repensant aux élèves, je soupirai. Je finis par convenir que pour vivre parmi eux, mieux valait être aussi discrète que possible.
Promis. Plus de remarques, critiques sur ces êtres parfaits, si suffisants et arrogants. Bon, bon…Qu'est ce que je venais de dire, là ?... Oups…
Mais entre toutes ces personnes, James était pour moi un vrai mystère.
Ayant remarqué comment il était traité, je me demandais pourquoi il n'avait pas jugé bon de me dire que c'était le président. Enfin, bon.
Peut être ne voulait-il pas faire étalage de son rang comme ça…
J'aimais bien l'idée. Je préférais me le représenter comme étant modeste, que quelqu'un d'aussi prétentieux et suffisant que les autres, dût à son rang. La grande masse des élèves, je ne l'aimais pas pour ce qu'elle était ou sûrement pour comment elle me traiterait, alors lui, je voulais le dissocier le plus que possible d'eux.
Pourquoi ? Avec Daniel, ils avaient été les seuls à me parler vraiment. Et Daniel, je pense que c'est parce qu'il le lui avait demandé, enfin je ne sais pas…
En tout cas, il était maintenant mon mentor et j'allais faire avec.
Ce qu'il me fallait graver dans mon esprit, c'est que je n'avais pas mon mot à dire, pour qu'il n'ait aucune valeur non plus. Il me fallait simplement tourner dans le moule, comme les autres, me faire discrète, aussi longtemps que j'allais rester ici.
Je pris une inspiration et plongeai ma tête sous l'eau. En ouvrant les yeux, je distinguai le manteau de mousse qui me surplombait.
Je reviens à la surface et sortis de la baignoire.
Après m'être sécher et avoir mis une chemise légère pour dormir (ce qui devait être fait à cette heure pour moi) je me glissai dans mon lit et commençai à lire un livre que j'avais trouvé dans la petite bibliothèque de la chambre.
C'était un roman à l'eau de rose, quelque chose de facile à lire, qui ne requérait pas beaucoup de concentration de ma part.
Le soleil était haut dans le ciel à présent et j'avais presque terminé mon roman.
Je le reposai et allai fermer les rideaux avant de m'endormir vers midi.
Il ferma les yeux. Et il la revit.
Montant les marches menant à la porte d'entrée, alors qu'il était adossé à un arbre non loin de là. Emmitouflée dans son manteau de neige, ses cheveux sombres dansant dans son dos.
Il lui avait parlé, avait entendu sa voix, avait plongé son regard dans le sien…
Il soupira.
Fin du chapitre 4.
