(4) SHARINGANS


— peur viscérale, peur glaciale


« Regarde-moi dans les yeux, la demande de Kamo était douce. Loin d'être impérieuse ou brusque. »

L'homme avait l'art des mots. L'art du langague. Il savait comment parler. Comment obtenir ce qu'il voulait en une simple demande douce. Kamo-san n'utilisait pas la force ou la violence. Simplement la paix. Elle n'ouvrit pas immédiatement les yeux, songeant rapidement au havre calme offert : être ici, en face d'un homme aux intentions pacifistes au cœur du complexe Uchiha, dans un jardin où les bruits extérieurs ne parvenaient pas, était une chance. Une véritable chance.

La maison de l'ancien guerrier Uciha pouvait être comparée à une lumière dans la tempête pour les marins, ou la bulle d'air au fond de l'océan qui permet d'éviter la noyade. Le calme dans la tempête. Les sens d'Osirys étaient particulièrement réceptifs aux émotions – une qualité transmise dans le clan Sak. La peur flottait dans l'air du complexe comme une odeur de sang sur le champs de bataille. Mais, sans surprise, elle ne touchait pas Kamo-san sa maison, le jardin et sa maison respirait la paix.

Osirys ouvrit les yeux, tranquille. Elle était assise en face de l'homme au centre du jardin, dans l'herbe. La grise n'avait pas peur de planter ses yeux dans ceux de Kamo-san, pas comme avec Tajima. Elle dévoila ses iris dorés, pour les plonger dans ceux de l'homme à la barbe noire. Surprise.

Les deux paupières abîmées s'étaient levées : dévoilant ainsi le deuxième œil, celui qu'il n'avait pas encore ouvert. Identique au premier, voilé d'une couche blanchâtre presque transparente. Comme si, sous sa paupière, existait une autre seconde paupière mais bien plus fine et blanche. Osirys avait déjà vu ça, chez les vieilles femmes du clan Sak. Elles avaient des yeux semblables. Oui. Ses yeux ouverts ne mentait pas sûr son état : l'Uchiha était aveugle. Elle pinça ses lèvres, discrètement pour ne pas questionner Kamo-san. Être aveugle dans un clan où le kekkai gekai est lié à la vision ? Curiosité. Elle ne voulait pas à toucher une probable corde sensible chez l'homme. Non, la paix qu'il lui offrait était bien trop précieuse pour la perdre.

Les prunelles dorés se posèrent dans les iris blancs, l'effet fut immédiat. Chute libre. La sensation de chute libre, le réflexe cérébral qui prévient l'arrêt cardiaque. La grise inspira doucement, hypnotisée par le ressenti et surprise. Elle remarqua que tout autour d'elle était immobile. Que Kamo-san l'était, et elle aussi. Et pourtant, elle avait eu l'impression de tomber ? La sensation était authentique, véritable mais pourtant, fausse. Une personne extérieure aurait prit peur à la sensation. Mais, non. Le chakra qui émanait de l'homme était paisible, tellement paisible qu'il parvenait à faire passer la sensation de chute comme normal.

« Je tombe, fit Osirys en plissant légèrement les yeux. »

Kamo-san ne répondit pas, à la place, il joint ses mains, ses doigts s'entrelaçant, devant son ventre dans une position de méditation. Il capta l'attention de la petite fille une nouvelle fois, par ses gestes simples. L'art du langage corporel aussi. Osirys l'observa, curieuse. La sensation demeurait présente, au fond de son esprit comme si elle était à la fois réelle. La petite fille ouvrit la bouche, incertaine et posa la question qui lui brûlait les lèvres.

« Êtes-vous aveugle, Kamo-san ?

Presque aveugle, à sa réponse, les lèvres de l'enfant se pincèrent sous la curiosité. Il continua. L'usage des sharingans m'a rendu aveugle. Les guerriers qui abusent des sharingans en paient le prix.

Vous pouvez me voir ?

Pas totalement, il leva sa main vers la tête de l'enfant pour pointer du doigt les cheveux d'Osirys. Je distingue mal les couleurs et les formes. Mais je sais que tu possèdes des cheveux cendres et des yeux d'or. »

Osirys approuva d'un mouvement de tête sa description légère. C'était exactement ça. Des cheveux cendres et des yeux couleur or. C'était elle. Kamo-san pouvait la voir – bien que ce soit très peu. Un maigre sourire timide fendit son visage, réchauffée par l'idée d'être sous le regard de quelqu'un d'attentionné. Une chaleur, bien que minuscule, grimpa dans son estomac. Kamo-san la voyait, oui. Sous un regard doux, bien que vertigineux. Vertigineux ? Il sembla lire dans l'esprit de l'enfant et répondit à sa question.

« La sensation de chute libre, qui apparaît lorsque tu me regardes dans les yeux, correspond aux flux chakras stockés dans mes yeux, il marqua une pause, sa poitrine se souleva tranquillement et s'abaissa. Je suis presque aveugle, ce qui veut dire que je ne distingue pas bien ce qui m'entoure. Pour me déplacer, voir les gens ou anticiper les prochains mouvements, j'utilise mon chakra. Mon chakra remplace mes yeux.

« Est-ce que tu vois … tout alors ? Questionna la grise, d'une petite voix, comprenant ses mots. Il avait le mérite d'expliquer les choses de façon à ce qu'elle puisse comprendre. »

Il acquiesça. Alors, il voyait tout en vérité. Grâce à son chakra. Des plus petits flux de chakras dans les végétaux, aux plus grands flux dans les humains. La perception qu'il avait développé au court du temps était admirable, Osirys se sentit toute petite devant lui. Observée sous toutes les coutures … Les moindres détails ne lui échappaient pas. Tout ce qui dégageait du chakra était à sa portée. Les yeux dorés roulèrent sur le décor, s'écrasant sous le regard livide de Kamo-san.

Le jardin de Kamo-san était magnifiquement calme à l'image du propriétaire. L'herbe verte, sur laquelle ils étaient assis, était douce et moelleuse – comment l'herbe pouvait-t-elle procurer une telle sensation ? Osirys s'en étonna intérieurement, sa concentration déviant de l'ancien guerrier. L'endroit était silencieux, rythmé par la respiration des deux individus. Respiration calme. Tout fonctionnait au ralenti. Rien n'était en trop. Apaisant.

L'enfant Sak se sentait bien, là. Juste là, et elle le remarqua.

« Osirys, fit l'Uchiha en fermant ses yeux. Il économisait sa vision. Et son chakra aussi. Elle lui redonna son attention, facilement et aisément. Je suis chargée de m'occuper de toi et de ton entraînement pour devenir une kunoichi. Mais, avant de commencer, tu dois apprendre à te contrôler lorsque tu vois les sharingans. Il est impossible d'avancer sans faire face aux yeux rouges. »

Le ton était catégorique. Mais pourtant, gentil. Il n'admettait pas de réponse, pas de discussion possible. La prestance de l'homme lui donnait raison, même sans qu'il eut à ouvrir la bouche. Osirys admira l'ancien guerrier silencieusement. Comment était-il parvenu à gagner une telle prestance et un tel respect ? Kamo-san avait raison. Elle devait rester calme face aux sharingans, sinon, son avenir dans le complexe Uchiha n'irait pas très loin.

« Lorsque Tajima t'as demandé de tirer une flèche, débuta-t-il en évoquant l'épreuve à l'enfant, quelques jours auparavant. Tes flux de chakras se sont agités à la vue des sharingans. Ton contrôle est encore trop rudimentaire du chakra. Il doit être renforcé. Et ce, absolument sous les sharingans pour être certain que la maîtrise sera totale et pas simplement aléatoire. »

La sagesse de ses propos était brûlante, les mots brûlaient Osirys. Il avait parfaitement raison, elle ne pouvait pas grandir sans une maîtrise totale des flux de chakra sans combattre la peur des sharingans. Impossible de progresser si elle n'y parvenait pas. Elle devait pouvoir regarder les yeux rouges sans crainte. Mais tellement de haine. L'inquiétude traversa son esprit : pouvait-elle y parvenir toute seule ? Elle n'avait qu'une partie de son chakra en main, l'autre étant inaccessible et bien trop violent. Avait-elle la force pour progresser et apprendre seule ? L'angoisse grimpa. Toute seule ?

Mais, encore une fois, Kamo-san lui répondit. Apaisant ses craintes et son inquiétude comme s'il avait lu dans son esprit.

« Je vais t'aider à progresser. Je t'aiderais jusqu'à ce que je juge que cela ne soit plus nécessaire.

Je vous remercie Kamo-san ! Les mots furent immédiats, naturels et sincères. »

La grise s'abaissa, posant sa tête sur l'herbe grasse pour s'incliner avec une gratitude totale vers l'homme. L'angoisse s'envola, une chaleur bien plus forte s'installant dans son estomac. Une chaleur certaine qui réchauffait son corps, qui lui donnait envie de se lever et de réussir. Qui lui donnait envie de se battre contre tout.

Kamo-san lui proposait de l'aide, de l'aide pour devenir une kunoichi.

Les cheveux gris tombèrent sur l'herbe, formant un halo de cendres. Et elle demeura ainsi. Immobile, exprimant sa joie et sa reconnaissance. Le cœur de l'enfant avait perdu son poids, devant léger comme elle ne l'avait jamais ressenti. L'homme n'eut aucune expression, son visage ne changea pas sous les remerciements soudaines exprimés avec sincérité. Une sincérité qu'il n'avait pas eu l'occasion de voir depuis très longtemps. Mais, pourtant, sous le voile blanc qui rendait le guerrier presque aveugle, les prunelles charbonneuses s'adoucirent.

« Je serais impitoyable sur les entraînements : lorsque tu penseras avoir réussi quelque chose, tu le recommenceras. Plus fort, plus vite et plus souplement jusqu'à obtenir la perfection. »

Les paroles prononcées avec dureté ne purent faire descendre l'enfant Sak de son nuage de bonheur. Un minuscule sourire étira le coin de ses lèvres avec lenteur. Elle allait être aider. L'idée de savoir que la petite fille avait un appui au sein du clan Uchiha, un endroit paisible où elle pouvait grandir la rendait heureuse.

« Avant de débuter, respira-t-il tandis que les traits de son visage se fermèrent. Pourquoi veux-tu te battre ? »

La grise ne bougea pas, descendant de son nuage de joie avec violence. Il lui fallut un moment qu'elle puisse se redresser pour faire face à Kamo-san : son visage fermé et ses sourcils légèrement froncés mirent l'enfant mal à l'aise. Son estomac se tordit, son esprit se figea. Dégringolade de la joie à la peur. Violence.

Pourtant la question était simple, tellement simple qu'elle en devenait effrayante. Les poils sur les avants-bras de l'enfant se hérissèrent, ses pensées s'affolant dans un esprit figé. Comme des abeilles violentes, coincées dans une ruche bouchée. Pourquoi voulait-elle se battre ?

« J'ai besoin d'une réponse. »

Les réponses possibles tournaient dans son esprit. La peur grimpait sournoisement, sans raison. Et si elle répondait mal ? Si elle disait quelque chose de mauvais, et qu'il déciderait de ne plus l'aider ? Ou même pire. S'il décidait de fermer les portes de son havre de paix ? Les poings d'Osirys se serrèrent sur le tissu de l'habit noir. Son avenir dépendait de la réponse.

Se battre pour la gloire. Pour l'amour. Pour le sang. Pour son propre clan. Pour le clan Uchiha. Pour elle-même. Pour le monde. Pour vivre. Pour ressentir. Pour détruire … Se battre pour tout, comme se battre pour rien. Osirys avait toutes les raisons de vouloir devenir une kunoichi. Ouvrant la bouche pour répondre, ses lèvres tremblantes se fermèrent. Se battre pour quoi ?

« Elle n'est pas faîte pour le combat. »

Mais, sa réponse fut plus naturelle.

« Je veux devenir une guerrière pour pouvoir faire face au monde entier sans avoir peur. Je veux devenir une guerrière pour montrer que je suis bien plus que ça, d'un mouvement du poignet, elle se désigna. Bien plus qu'une fille.Je refuse d'être remise à ma place parce que je suis une fille. Je veux être une guerrière, et pas autre chose.»

Les yeux dorés de l'enfant se levèrent vers le guerrier Uchiha, brillants d'une nouvelle lueur doré. Pouvait-il voir cette lueur ? Ou peut-être la percevoir par l'intermédiaire de son chakra ? Osirys ne se posa pas la question. Les choses étaient dites. Elle refusait de s'abaisser à une position inférieure parce qu'elle était une fille. L'image de ses parents flasha dans son esprit. Encore.

Sa mère, cuisinant des boulettes de riz écoutant avec assiduité et soumission son père, lui, nettoyant ses armes en racontant les longs combats sur le champs de bataille avec un air hautain. Elle voulait devenir quelqu'un au combat. Et non à la maison. Osirys Sak sera les poings, plus fortement. Les ongles s'ancrèrent dans la peau, laissant des marques en formes de croissants de lune sur ses paumes.

Kamo-san ne répondit pas.

Son interlocuteur, l'ancien guerrier Uchiha, bougea sa main vers son torse. Il releva le pan de son habit pour saisir, dans la poche de l'habit, un shuriken finement poli. Aucun doute à avoir sur le tranchant de l'arme. Le rythme cardiaque d'Osirys accéléra rapidement. Qu'avait-elle dit ? Sans un mot, il bougea son bras vers la grise pour lui tendre le shuriken.

« Prouve-le moi. Prouve-moi que tu n'es pas qu'une simple petite fille. »

La grise tendit les bras pour prendre l'arme dans ses mains, comme si elle recevait un objet précieux et fragile. D'une valeur symbolique extrême. Kamo-san voulait une preuve de ses mots ? Osirys comprit. Elle savait ce qu'elle avait à faire. Dans son clan, lorsqu'une femme devient une kunoichi : elle se coupe les cheveux devant le chef du clan, ou devant son maître. Osirys avait déjà vu les cérémonies, tenues secrètes des enfants pour ne pas influencer les petites filles.

La grise inspira, son cœur se gonflant lourdement. Couper ses cheveux ? Bien. Elle prit le shuriken poli d'une main – l'arme était légère, pour prendre ses cheveux de l'autre. Elle remonta les cheveux sur le chaut de son crâne en chignon épais. Aucune hésitation. Elle ne devait pas hésiter. Les prunelles aveugles de Kamo-san suivaient ses mouvements, attentivement.

Et trancha habillement d'un mouvement du poignet.

« Je veux me battre parce que je suis une fille. »

Les mèches grises tombèrent sur le sol, sur ses épaules et la plus grande partie restants dans sa main. Avec lenteur, les yeux dorés plantés sur Kamo-san, elle posa la masse de cheveux et le shuriken entre eux. C'était la tradition des femmes dans son clan. Les guerrières offraient leurs cheveux aux Kamis, demandant leurs protections.


« Ko-sama, elle demande à vous voir à nouveau. »

Le chef du clan Sak grogna, lâchant le parchemin qu'il tenait en main ainsi que le pinceaux. Signer des parchemins, garantissant le commerce avec des petits familles marchandes de la région demandait toute son attention. Il n'était pas heureux des mots de son serviteur. Bien que le pauvre garçon ne soit pas responsable de l'obstination de la femme. Cette femme demandait chaque jour, chaque heure, chaque minute à voir le chef pour parler avec lui. Refusant de lâcher le morceau, désirant obtenir une entrevue avec Ko absolument.

« Où est-elle ?

Derrière la porte, Ko-sama, répondit le garçon en s'inclinant un peu plus devant l'agacement du chef. Elle a insisté pour rentrer, je n'ai pas réussit à la fai–

Ne t'inquiète pas pas. La folie d'une mère abandonnée pousse à faire bien des choses, il soupira et se frotta les yeux. Il savait déjà ce qu'elle allait lui dire, ce à quoi il allait avoir le droit. Laisse-la venir, et prévient l'une de ses sœurs pour la ramener chez elle.

Bien-sûr. »

Le garçon se retira, doucement et sans un bruit. Ko songea à la discrétion du garçon, impressionnante. Il se déplaçait sur la pointe des pieds, avec une grâce féminine étrangère. Aucun son, si ce n'est que sa respiration. Le départ silencieux du garçon apaisa l'esprit du chef Sak, mais ce ne fut qu'une courte poignée de secondes, avant qu'elle n'entre. En furie.

La femme avait perdu de sa superbe depuis le départ de son enfant. Les yeux brillants, de couleur dorés, n'avait plus d'éclat. L'éclat charmant que beaucoup d'autres hommes avaient aimé. Les yeux de la femme, actuellement, rendait une couleur faible. Jaune maladive. Ko savait ce qu'elle venait réclamer : son enfant.

« Ko, supplia-t-elle. La force, pour hurler contre l'homme, avait elle aussi disparue. Il faut que tu demande au chef Uchiha de me rendre ma petite fille. C'est important. Je ne vais pas survivre.

Il faut que tu oublies Osirys.

C'est ma petite fille, c'est impossible. Tu ne peux pas demander quelque chose d'aussi terrible à une mère. C'est impossible, répéta-t-elle. Sa voix se brisa sur les dernières syllabes de sa phrase. Quel genre de chef de clan es-tu pour me demander cela ?

Femme, stoppa-t-il gravement. Ta fille est peut-être morte à l'heure qu'il est. Elle ne reviendra jamais dans le clan, nous l'avons offerte au clan Uchiha. Enterre tes souvenirs avec elle.

Personne n'a offert ma petite fille, c'est toi qui l'a voulu ! Dis-moi pourquoi as-tu choisi Osirys ? Et pas un autre enfant du clan. Pourquoi elle ? La colère monta sous la tristesse. Elle n'est qu'une enfant, tu n'avais aucun droit de la sacrifier pour l'avenir du clan ! Tu n'en avais pas le droit !

J'ai fais ce que les anciens et nouveaux chefs Sak feront ils prendront les décisions dans l'intérêt du clan, et non dans l'intérêt personnel de chacun !

Les larmes perlèrent sur le visage de la femme. Les traits tirés par l'émotion lui donnait un âge avancée, de quelques années. La tristesse métamorphose les gens. Les larmes salées coulèrent. Encore et encore. Les souvenirs de sa petite fille aux cheveux gris revenants dans son esprit, la détruisant pièce par pièce. Sa petite fille, Osirys, où était-elle ? Loin, trop loin d'elle. La tristesse refusait de s'apaiser avec le temps, devenant de plus en plus forte. Désespoir. Le chef Sak resta immobile face à la mère, ne pouvant pas le réconforter il était le chef. Et, être le chef imposait une rigidité extrême.

Fais le deuil d'Osirys, termina Ko en avalant sa salive. Il savait que la phrase n'allait pas passer, qu'elle n'accepterait pas ses mots. »

Les sanglots augmentèrent, brusquement. Et des menaces percèrent sous les sanglots.

« J'irais chercher mon enfant.

Tu risquerais l'alliance pour Osirys ?

J'y risquerais le monde entier, Ko. »

La femme abîmée par la tristesse tourna les talons, plantant le chef devant soàn bureau avant qu'il puisse répondre. Oui. La mère d'Osirys allait mettre le monde à feu et à sang pour son enfant. Elle allait traverser des océans et des océans de malheurs à la nage, sans jamais faiblir. Pour revoir ses yeux dorés. L'amour d'une mère pour son enfant, pouvez-vous comprendre ?


L'obscurité. Kamo-san ne voyait pas l'obscurité autour d'elle. Mais il la devinait aisément. Obscurité. La nuit avait prit possession des lieux depuis instants heures déjà, telle l'impérieuse maîtresse qu'elle était. Délogeant les derniers rayons lumineux. Le meilleur moment de la journée pour débuter l'entraînement. La nuit. Ses sharingans se détachaient de l'obscurité, brillants dans le noir silencieux. Il regarda autour de lui. L'homme n'avait pas usé des sharingans depuis des années et des années maintenant, depuis qu'il avait tourné le dos au combat. Il referma les yeux, inspirant doucement et malaxant son chakra en même temps. Il y avait trop longtemps que ses prunelles rouges ne s'étaient pas ouvertes sur le monde. Trop longtemps.

Osirys s'installa en face de lui, un tasse de thé à la main. Il lui avait demandé une tasse de thé. L'enfant aux cheveux gris et désormais, courts, lui tendit la tasse. Kamo-san la remercia d'un mouvement de la tête léger – qu'elle ne vit probablement pas dans l'obscurité. La démarche de la grise était aérienne et légère : elle se déplaçait sans un bruit. Une qualité appréciée en tant que shinobi. Le guerrier la regarda prendre s'installer. Osirys se posa calmement face à Kamo, croisant les jambes en tailleur.

Ses mains se posèrent devant sûr ses genoux, essayant d'être calme. Elle savait ce qui allait se passer. C'était l'ordre logique des choses. Son regard doré se fixa sur la tasse de thé fumante entre les mains cicatrisées par les armes et les années d'immobilité de Kamo-san. Se concentrant dessus un instant, elle remonta en direction du visage de Kamo-san. Doucement.

« Tu dois respirer. C'est la clef de la maîtrise du chakra, annonça l'Uchiha en ouvrant ses yeux. »

Et l'horreur commença.

Avec lenteur, la grise vit les yeux de l'Uchiha devenir rouge. Rouge comme le sang. Rouge comme la haine. Le blanc pâle des yeux laissa place au rouge, et, trois virgules prirent place dans les globes oculaires. Tournoyantes. Violentes. Puis, elles s'arrêtèrent finalement pour devenir immobile sur le fond carmin. Sharingans. Osirys voyait les sharingans. Elle avait vu les yeux presque aveugles devenir rouges, naturellement. Horreur.

L'effet sur l'enfant fut immédiat. Aussi immédiat qu'il l'avait été avec Tajima. La peur lui tomba dessus, avec une violence extrême. Elle eut mouvement de recul, sous les yeux rouges et détourna son regard sur le sol. Insupportable. Les yeux fixés sur l'herbe à ses pieds, elle tenta de rester calme mais c'était impossible. Impossible. Impossible ! Comment voulez-vous rester calma à des yeux où la haine coule à flots ?!

« Calme-toi.

Je ne peux pas ! »

Réponse violente, état intérieur violent.

Sa respiration accéléra. L'air manquant et son corps refusant d'obéir à sa commande. Le même schéma qu'avec les sharingans de Tajima. La peur induit la haine, qui pousse à la terreur, qui conduit à la folie. C'était là le cercle vicieux enseigné aux enfants du clan Sak – un clan pacifiste ? Non. L'enfant Sak se sentait à quelques centimètres de ce gouffre vicieux, alimenté par la peur. Elle savait qu'elle était proche de celui-ci, qu'un mouvement ou une pensée brusque pouvait l'y faire sombrer. C'était comme avancer sur un fil, au dessus du vide noir.

Les flux de chakra bloquaient son corps, ils agissaient d'eux-mêmes. Refusant l'autorité d'Osirys. Les flux de chakra s'agitaient pour faire face à la peur viscérale. Comme une réponse immunitaire à un élément étranger. Kamo-san observa les mouvements dans le corps comme Tajima l'avait fait, il les admira. Il y avait Osirys mais, il y avait aussi son chakra. Comme s'il était une personne à lui tout seul. Elle n'essaya pas de bouger, sachant déjà qu'elle était bloquée. Un frisson remonta son échine, remontant ses vertèbres un à uns. Un à uns. La coinçant sous la haine des yeux rouges.

« Concentre-toi sur mon chakra.

Je ne ressens rien ! Coupa Osirys, affolée par sa position faiblesse. La grise savait que l'homme n'allait pas lui faire de mal, mais, le ressentiment était simplement horrible. Une telle position de faiblesse.

Concentre-toi. »

Le calme qu'il manifestait offrait un portrait assez fort. Kamo-san savait qu'elle n'avait pas essayé de se concentrer sur son chakra. Elle ne pouvait pas, sa concentration était mobilisée contre sa peur irrationnelle des sharingans. Elle refusait de laisser la peur l'envahir totalement. Se concentrer sur le chakra de Kamo-san et laisser la peur l'envahir ? Et la haine ensuite ? Et la terreur, puis la folie ? Non. Elle ne devait pas céder. Par la manière forte.

« Ressens, Osirys. Ressens simplement tout ce qui t'entoures. Mon chakra dégage-t-il de l'agressivité ? »

Elle leva les yeux, faiblement. Au prix d'un effort absolument monstrueux, elle détourna sa concentration et ses sens pour les planter sur l'homme. Avec force. Le sentiment était égal à la sensation de détourner un fleuve puissant. Les sens se plantèrent sur Kamo-san, mais la peur se glissa froidement dans son esprit. Prenant les lieux avec tranquillité.

Une larme perla au coin de l'œil de la grise, seule et misérable. Larme de douleur. Oui, la douleur dans son esprit était puissante. Une douleur douce, froide et certaine. Il n'y avait pas de mot possible pour décrire ce qui se passait : impossible. Non ! Prenez la douleur la plus forte que vous ayez ressenti un jour et représentez-là.

Les sens faiblement posé sur Kamo-san furent accrochés par autre chose. Comme si le chakra de l'homme venait à sa rencontre. La différence entre les deux flux de chakra était puissante : l'un violent mais l'autre calme. Le chakra de l'Uchiha était plus fort. Calme. Serein. Douceur. Bienveillance. Osirys ne savait plus quels adjectifs correspondaient à ce qu'il offrait. La calme la frappa. Aucune agressivité. Elle répondit, sentant la larme glisser sur sa joue.

« Non.

Concentre-toi, plus fort. Repousse la peur. »

Osirys releva les yeux, et inspira pour combattre un frisson glacial. Les yeux rouges l'accueillir une fois de plus, mais, aucune haine ne s'en dégagea. Aucune haine de la part des yeux rouges. La grise inspira, brusquement, laissant l'air frais faire son retour dans ses poumons comprimés. Comprimés par la peur. Tout son être était comprimé par l'émotion. Les yeux ne dégageaient plus de haine, mais, dans son esprit, la peur était souveraine.

C'était désormais un combat intérieur.

Les flux de chakra montèrent, attirant plus finement l'attention de l'Uchiha sur son réseau de chakra. Déstructuré et désordonné, les courants de chakra s'opposaient et se bloquaient. Du déjà-vu. Les efforts de l'enfant pour chasser la peur de son système n'eurent pas l'effet voulu : le volume doubla. Le volume de chakra augmenta. Il doubla de volume sous les sharingans de Kamo-san. L'esprit avait augmenté le volume de chakra. Oui. Mais le corps de la grise ne suivit pas l'augmentation soudaine. Trop soudaine.

Elle papillonna des yeux, surprise. Le corps ressentait l'augmentation de son chakra brusque et ne l'avait pas supporté. La corps de l'enfant s'affala alors. Mou et les yeux clos. Cependant Kamo-san resta silencieux. Avait-il bien vu ? Le chakra d'Osirys avait-il bien augmenté d'un seul coup pour chasser la peur des sharingans ? Comme pour expulser un élément étranger du corps de l'enfant. Il n'avait jamais vu cela. Ses sourcils se froncèrent. Doucement, le chakra de l'enfant se calma. Mais le volume, lui, ne bougea plus. Augmentation des réserves de chakra ?


Horreur, horreur et encore horreur. Les choses vont changer dés le chapitre suivant, je vous le promet. Osirys va découvrir le complexe Uchiha et les enfants Uchiha de son âge. Et, merci pour vos petits mots !