Chapitre 4 !
J'espère que vous aimerez :)
«Hey Ally !»
Je me retourne.
Matt arrive et me fait un high five. Derrière lui, il y a une grande blonde et un petit brun qui me regardent avec intérêt.
«Bonjour, moi, c'est Caroline», se présente la blonde.
Elle est très jolie. Le brun me serre la main.
«Tyler.»
«Enchantée» je dis, mais sans sourire.
Le brun dégage quelque chose de sournois.
«Ce sont mes amis, ceux dont je t'ai parlé hier»
Cette fois-ci mes lèvres s'étirent.
«Je vois très bien.»
On se pose sur une banquette et on commande chacun un café à Jeremy. Il me serre avec un petit sourire en coin, comme si on se connaissait depuis longtemps. Il est trop mignon.
Avec Caroline et Tyler, on commence à faire connaissance.
On se raconte des histoires anodines, on parle un peu de Damon.
Je leur raconte l'épisode de tout à l'heure, quand il m'a traitée comme une merde.
En y repensant, quelque chose en moi s'hérisse. Savoir que je n'ai pas pu lui foutre mon poing en pleine face me rend furieuse.
«Ne fais pas attention. Il n'est pas trop habitué à ce qu'on lui tienne tête, mais quand on le connaît, c'est un bon gars», me rassure Matt.
Je vois la jolie blonde faire la moue, visiblement désapprobatrice.
Ils me racontent l'histoire de Klaus et leur incompréhension face à la survie de Tyler. Leur histoire est dingue, mais Tyler parle peu. Il a l'air encore sous le choc.
On rit.
Je les aime bien. Surtout Caroline, la grande blonde. Elle est très énergique et drôle, et semble m'apprécier autant que l'apprécie. Elle me fait un peu penser à Mary.
Quand Tyler et Matt annoncent qu'ils doivent prendre congé, Caroline me prend à part.
«Écoute, je sais qu'on ne se connaît pas beaucoup, mais je suppose que tu as entendu parler d'Elena ?»
Je hoche la tête avec un sourire.
«Ce soir avec mon autre meilleure amie Bonnie on organise une espèce de soirée fille pour la soutenir. Je voulais savoir si tu voulais venir, puisque tu es au courant de tout ce qui se passe ... En plus, une nouvelle tête lui ferait un peu de bien.»
«Oui. Avec plaisir», je lance, et elle me sourit.
Elle me donne son numéro, l'adresse et l'heure à laquelle je dois me rendre ce soir.
Et on se fait un hug rapide avant de se séparer.
«À tout à l'heure !»
Je chope mon sac à main - il ne faudrait pas que je l'oublie, il m'a couté une blinde - et me dirige vers la sortie.
«Ally !» j'entends, de derrière.
Je me retourne. C'est Jer.
Il a des cheveux un peu longs, tout en bataille autours de sa tête. Il est beau.
«Je sais que tu es nouvelle et que tu veux certainement te faire des amies ...»
«Duh», je l'interromps, en levant les yeux au ciel.
«Mais une fois que tu es concernée, tu ne peux plus t'en décoller.»
Il me regarde tristement, comme s'il venait de perdre 50 dollars ou sa meilleure amie.
Je lui envoie un sourire que je veux rassurant. Et je claque la porte. Sa préoccupation me touche. Mais je sais parfaitement où je vais.
En rentrant à la maison, j'entends mon téléphone qui sonne.
If you want -
«Allo ?» je lance, espérant que ce soit enfin Tasha.
«Hey you !» lance la voix enjouée de Mary.
«Coucou Mary ! Je suis super contente de t'entendre. Alors, comment ça se passe à New York ?»
«Très bien», dit-elle, en parlant à toute vitesse, comme d'ordinaire. «Francine m'a encore demandé la date de ton retour. Tu as tout un tas de lettres de PsychoPrat qui t'attendent.»
PsychoPrat. Chiotte. Je m'étais inscrite en France pour étoffer mon cursus, dans le but d'ajouter à mes quatre années de Bachelor (j'ai un an d'avance) quatre autres années pour mon diplôme de psy de et de finir mes études par deux dans une université de l'Ivy league.
Mais ce n'est plus du tout ce que j'ai envie de faire. La France, j'y suis allée il y a six mois, et je n'ai pas envie d'y vivre. Les gens sont trop pressés, trop beaux, trop intouchables. Je veux rester aux États-Unis.$
«Al' ?»
«Oui, oui, je suis là. J'ai juste ...plus très envie d'aller à PsychoPrat.»
Elle n'attend pas plus d'une seconde pour m'enguirlander :
«Mais c'est ce dont tu parles depuis des siècles !»
«Je ne sais pas ... »
«Mais attend ! Ça fait des mois que tu économises pour cette université !»
Je n'ai jamais parlé à Mary de l'étendue de mon héritage. Ça, ajouté à mes trois ans de services Chez Francine, je vous raconte pas.
«Je ne sais pas, je t'ai dis. T'as des nouvelles de Tash ? Je l'ai appelé au moins quarante fois aujourd'hui !»
«Oui, elle est là, elle prend un bain. Elle a passé une mauvaise journée, elle s'est fait volé son sac à main», chuchote Mary.
«Ah, c'est pour ça !» je m'exclame.
«Yup. Raconte ta journée, pépette.»
Je lui parle de Caroline, Matt, Damon, Tyler, et la mise en garde de Jeremy.
«Meuf», je finis, «Damon est CA-NON.»
«Brun aux yeux bleus ? Comme tu les aimes, quoi. Bonne chasse, ma belle.»
Je ris. Ça me paraît un peu absurde, tout à coup.
«Je vais te laisser, j'ai préparé un bon diner à Tasha et on se mate un film ce soir, elle n'a pas le moral.»
«Fais lui des gros poutous de ma part, hein !»
«T'inquiètes, ma petite. Je t'aime.»
Je souris.
«Moi aussi. Bisoux.»
Je raccroche.
Elles me manquent terriblement.
Je constate tout à coup que j'ai eu un double appel d'un numéro inconnu. Je rappelle.
«Allo ?» fait une voix masculine.
«Heu, vous avez essayé de me joindre ?» je dis.
«Ah, Ally, c'est Jeremy.»
Je me demande rapidement comment il a eu mon numéro, avant de répondre :
«Oui ?»
«Écoute, il faut que je te parle rapidement. C'est important.»
Je soupire. Je n'ai vraiment pas envie de me trainer hors de la maison.
«Viens chez moi, j'ai trop la flemme de sortir. 345, Market Street. Dès que tu peux, parce que je dois retrouver tes potes à 19h.»
«J'arrive dans 10min, je ne suis pas loin.»
«À toute.»
Je raccroche et profite de mes dix minutes pour continuer de vider mes cartons.
Un quart d'heure plus tard, on sonne. J'ouvre, et tombe sur ...
Damon.
Je fais bien attention à ne pas sortir de chez moi et m'appuie contre l'embrasure de la porte avec nonchalance.
«Je peux savoir ce que tu fous là ?»
«Je voulais te parler.»
Je lève les yeux au ciel.
«Je t'écoute.»
«Je peux rentrer ?»
«Non», j'articule.
Il soupire.
«Je ne sais pas ce que tu es venue faire à Mystic Falls, mais ce n'est pas exactement le bon moment.»
«De quoi tu parles ?»
Il soupire encore.
«Ma petite amie vient de se transformer en vampire.»
Je ricane méchamment.
«Oh, s'il te plaît. Ta petite amie ?»
Il hoche la tête, l'air grave. S'il savait que je sais !
«Elena», dit-il.
Il n'a pas l'air d'avoir remarqué le ton hautement sarcastique de ma question. Je ne lui dirais pas que je connais tout de sa vie. Du moins pas maintenant.
«Je suis désolée», je dis, la mine faussement confuse.
Je suis plutôt douée pour mentir, et Damon a l'air trop bouleversé pour détecter mes mensonges.
La tension semble se relâcher entre nous et il me regarde, l'air las. J'ai l'impression qu'il n'a pas dormi depuis deux semaines.
«Ce n'est pas mon rôle, mais je dois te demander de ne pas foutre la merde à Mystic Falls, s'il te plaît.» Il me lance un sourire sans joie. «En d'autres temps, je t'aurai briefé dans les normes, avec une bonne dose de menaces et même peut-être un petit bisou, mais ...» Il me regarde et me fais un demi sourire, bien que ses yeux soient sans expression. «Je suis fatigué.»
Je lui fais un petit sourire compatissant, qu'il me renvoie, comme un merci muet.
«Si tu ne te sens vraiment pas bien, avant de tuer quelqu'un ou de détruire une maison, viens me voir», je dis, avec un autre sourire. «J'ai du bon whiskey et de la tisane».
Il hoche la tête, et pour la première fois depuis que je l'ai vu, je sens sa garde se relâcher et ses traits se teinter de chagrin.
«A plus.»
Il disparait, à une vitesse inhumaine. Visiblement, il s'est rapidement habitué au fait que je sois au courant de sa condition.
Cinq minutes plus tard, Jeremy sonne à la porte. Il ne porte pas son uniforme du Grill, mais un t-shirt gris un tout petit peu petit pour lui. Je devine facilement la courbe de ses pectoraux sous le coton.
...Miam.
«Alors, de quoi voulais-tu me parler ?» je demande, alors que je nous ai fait des milk-shakes au raisin blanc (c'est trop bon, avec de la chantilly et de la poudre d'amande dessus) et que nous les buvons sur la terrasse, de l'autre coté de la maison.
J'adore cette terrasse. Je crois qu'avec mon lit, et le canapé, c'est mon endroit préféré de la maison.
Elle est en bois clair avec des grands arbres qui l'entourent, sauf sur le devant, où les parents de Tash ont construit une piscine. Mais je déteste me baigner, alors elle est couverte.
Jer boit une gorgée en me regardant. Ses yeux bruns semble me déshabiller à chaque regards.
C'est moi où ça pue la tension sexuelle ici ?
«Ça va mal», dit-il simplement.
Je hoche la tête, l'invitant à continuer.
Il est vraiment beau, ce gamin. Ses yeux marron tirent sur le kaki et son regard est très perçant. Genre, vraiment très perçant. Et déstabilisant. Brrr.
Il a des grandes mains où on voit ses veines et sa voix traine un peu quand il parle.
Il sexy et adorable à la fois. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais ... Je ne sais pas. Il suffit d'un rien pour qu'il bascule automatiquement vers l'un, ou vers l'autre.
«Tu sais qu'il y a eu la maison du pasteur qui a sauté ?»
«Oui.»
«Un chasseur de vampire terrorise Mystic Falls, et une partie de moi n'arrête pas de me demander pourquoi je reste là à ne rien faire. »
Je ne réponds pas. Pourquoi me parle-t-il de ça ?
« Ben, agis », je dis d'un air bovin.
«Il a un tatouage sur toute la longueur des bras. Et apparemment, je suis le seul à le voir. Il dit que c'est parce que je suis destinée à devenir un des cinq.»
«Cinq quoi ?»
«Cinq chasseurs de vampires. Une légende chelou où cinq chasseurs sont condamnés à tuer des vampires toutes leur vie jusqu'à ce qu'ils passent le flambeau»
Mes sourcils sont tellement hauts qu'ils se perdent dans mes cheveux.
«Bizarre. Je te dirais si je vois le tatouage aussi», j'ajoute.
Il me remercie des yeux.
«Et, qu'est ce qu'on peut faire ?», je demande, embêtée.
Qu'est ce qu'il veut que je lui dise ? Je n'en sais pas plus que lui. Moins, même.
«On ? On, rien du tout. Ne commence pas à trainer avec Caroline, Damon et le reste. Ça ne va t'attirer que des emmerdes. Croie-moi»
«Pourquoi tu me parles de tout ça ?»
Ma question ne le prend pas du tout au dépourvu, comme je l'aurais espéré : il hausse les épaules doucement et sourit encore avec une moue mignonne.
«T'as l'air sympa. Ces histoires de vampires, ça doit pas te contaminer. Après, t'es dedans jusqu'au cou.»
Heu. Quelqu'un m'explique ?
«Comment tu sais que je suis au courant ?»
Il émet un soupir amusé, pas dupe :
«C'est une petite ville. Les gens parlent».
Jeremy me touche la main gauche très doucement, et je ressens des petits picotements dans mes phalanges. Puis il tapote le dessus de ma main en disant :
«Fais-moi confiance. Ça devient parfois des questions de vie ou de mort.»
Je lui dis, faussement embêtée (car je n'ai aucunement l'intention de repartir) :
«Mes billets d'avion sont dans un mois. Non échangeables, non remboursables. Et ça m'a couté la peau des fesses.»
Mon cul. Avec les dix millions de miles que j'ai accumulés avec mon tour du monde, ça ne m'a absolument rien couté.
Il me fait un sourire contrit.
«Tache de ne pas trop t'impliquer dans ces histoires, Ally.»
Son dévouement semble sincère.
«Ally, ça vient de quel prénom ?» me demande-t-il soudain avec intérêt.
Il me fait un petit sourire, et je hausse les sourcils deux fois avec un sourire mesquin.
Personne ne connaît mon vrai prénom. Même pas Tasha ni Mary.
Il rit.
«Même pas un petit indice ?», dit il, avec un petit sourire.
«C'est un prénom russe», j'admets en attrapant une pomme dans la corbeille de fruit.
J'ai réussi à trouver un petit maraicher à Richmond, il y a deux jours. J'ai du lui acheter le tiers de sa boutique. Et j'ai dévalisé un hypermarché un peu plus près. Autant vous dire que j'ai des provisions pour plus de deux mois.
«Je ne connais que deux prénoms russes : Katia et Elena», soupire-t-il.
«Elena», j'articule, avec une moue un peu courroucée, et ravie de changer de sujet. «Matt m'a parlé d'une Elena qui aime deux mecs en même temps. Dont l'un est Damon Salvatore. Sans vouloir t'offenser, si c'est ta pote, je trouve qu'elle a juste l'air d'avoir un pois chiche dans le cerveau.» Je poursuis : «Attend. Damon Salvatore. En dehors du fait qu'il est absolument et irrévocablement magnifique, il a tout fait pour elle.»
Sérieux. Damon Salvatore ! La légende, le beau gosse, le passionné... Le gros connard, oui, aussi, c'est vrai.
«Je le lui dis souvent», acquiesce-t-il avant de rire. «C'est ma sœur».
Le seul mot que j'arrive à sortir à ce moment c'est :
«Oups.»
Il rigole encore. Il est beau quand il rit. Ses yeux se plissent et on voit ses dents.
«C'est ce que je voulais te dire. Tu trouve peut-être que les vampires c'est cool, mais ma sœur, en un an, est morte deux fois à cause de vampires, est devenue elle-même un vampire, est tombée amoureuse de deux vampires», énumère-t-il en comptant sur ses doigts. «Elle a juste le cœur en miette, le corps fragile et j'ai peur qu'elle ne s'en sorte jamais. Aujourd'hui, elle est complètement victime de tout ça.»
J'ai envie de siffler comme je le faisais constamment pour n'importe quelle raison avec Tash à une période, mais je me retiens de justesse.
Je me contente simplement de hocher la tête.
Ce gosse à une sérieuse maturité pour son âge. Je n'en reviens pas. Dix-sept ans ! On ne parle pas comme ça à dix-sept ans. Les seules choses qui nous inquiètent, à son âge, c'est de savoir si on est beau avec du gel et si notre copine pompom girl est pas en train de nous tromper avec notre meilleur pote.
«Je ne te connais pas, mais je suppose que tu as besoin d'un point de vue intérieur à la situation, pour faire le point, justement, avant de t'engouffrer là-dedans.»
Ce sont mes paroles, ou je rêve ?
Je le regarde avec des yeux ronds.
«D'accord», je chuchote.
Il sourit (il est trop beau quand il sourit - oui, je sais, je l'ai déjà dit), et me fais une bise sur les cheveux.
Heu. Allo.
Gah.
Bise. Cheveux. Lui. Moi. Heu.
Un, deux.
Un, deux.
Connexion neuronale activée.
Bip, bip.
«Prends soin de toi, Ally», dit il en partant.
Je ne réponds rien, même si mon cerveau c'est rallumé brusquement. J'entends la porte d'entrée qui claque.
Attendez cinq secondes ... Ce petit est beaucoup trop mature. Ce n'est pas possible.
Il m'a fait une bise ! Sur les cheveux !
J'ai l'impression d'avoir quinze ans.
xx
xxxx
En cherchant une réponse, mes yeux se posent sur la grande horloge de papa, qui est arrivée hier par Fed-Ex.
Dix huit heures cinquante cinq.
Et merde ...
J'avais rendez-vous à dix neuf heures chez cette cruche d'Elena.
J'attrape mon cell, appelle Caroline.
«Allo ?» décroche-t-elle d'une voix enjouée. «Ally ?»
«Yup, c'est moi. Je vais avoir un peu de retard.»
Elle répond simplement :
«Oh, ne t'inquiète pas. On te garde des pop corns.»
«Merci, Caroline.»
«Tout va bien ?»
«Oui, oui. J'ai juste oublié de regarder l'heure. Je me dépêche.»
«D'accord. Ne tarde pas trop !»
On raccroche.
Je file sous la douche, enfile un débardeur blanc tout con et un short stertch également blanc que je retrousse un peu, saute dans de vielles tennis marron et attrape mon eye liner. Je donne un rapide coup de sèche cheveux à ma chevelure encore humide. Ordinairement relevée en un énorme chignon haut, ou tressée sur le coté, je choisis l'originalité (ou non) de les laisser libre dans mon dos.
J'ai les cheveux très longs. Ils sont blonds, mais pas platine, ni vénitiens. Ils sont d'un blond chaud, brillant, doré, parfois tirant sur le châtain. Je les aime bien.
Mon cerveau a la bonne idée de me rappeler que je dois apporter quelque chose, par simple courtoisie, et je chope sans trop y réfléchir une bouteille de Tequila dans le frigo. Si elles ne boivent pas, je ne la sortirai pas.
Je claque la porte avec mon sac à la main, et me dirige vers Willa. Willa, c'est le nom de ma voiture. Je l'ai baptisé ainsi hier. Je me regarde accidentellement dans la vitre avant de la voiture, et retourne à toute bringue à l'intérieur.
C'est une horreur.
Mes cheveux sont tout plats, je décide d'attacher le haut en demi-queue de cheval avec une pince. Je déteste mes cheveux quand ils sont raplapla.
Je chope au hasard deux trois accessoires pour habiller ma tenue : j'ai l'air d'une gourde habillée si simplement. Avec ma montre en plaqué or (je ne suis pas encore assez riche et surtout pas encore assez conne pour m'acheter une montre en or massif), une ceinture en croco et une veste en jean, ça va.
Je re-claque la porte d'entrée, et j'entends le vitrail qui vibre sous le choc. Oups.
J'active le GPS de Willa, me rend en centre ville, tourne à droite, à gauche, encore à gauche et me gare devant une petite bicoque toute choupinette avec un joli porche en bois gris.
Cette maison-là fait certainement moins européenne que celle de Tash. Je sonne.
«Weeeeelcome !» s'écrie la voix systématiquement enjouée de Caroline en m'ouvrant.
Elle porte une robe rose, des santiags et un foulard marron.
Caroline m'attrape par la main et me conduit à l'intérieur. Une brune à la peau mate et au visage bizarrement proportionné me sourit, de derrière l'ilot central de la cuisine.
«Hey», me lance-t-elle d'une voix très douce. «Moi c'est Bonnie.»
Je réponds dans un sourire chaleureux :
«Ally.»
J'entends des bruits de parquet qui grince, et découvre, descendant les escaliers, un visage comme je n'en ai jamais vu d'aussi triste. A une exception près.
Je distingue au premier coup d'oeil des yeux humides, des bras qui ont l'air de pendre nonchalamment de leurs épaules et des sourcils légèrement froncés.
«Et voici Elena», présente Caroline, avec une voix devenue soudain sérieuse, et inquiète en même temps.
