Chapitre 4 : Nous étions deux

C'est alors que Lily arriva en courant, un album à la main.

« - Papa, maman, regardez ce que j'ai trouvé ! »

Son père se retourna à temps pour réceptionner sa fille dans ses bras. Elle se dégagea rapidement et tendit l'album à Harry en disant

« - On a trouvé ça au grenier. Il y a des photos de tes parents et du papa de Teddy. »

Harry ouvrit le livre avec précaution, les mains tremblantes. La voix enfantine de Lily brisa le silence :

« - C'est qui, celle-là ?

- Lily, on ne t'a jamais appris à parler correctement ? reprocha Ginny.

- Papa, c'est qui ?

Mais Harry ne l'entendit pas, perdu dans la contemplation des photos. Une à une, il les regardait, découvrant petit à petit la vie de ses parents avant sa naissance. Il faillit lâcher le livre lorsqu'il vit l'une des photos. L'air heureux, James et Lily (1) étaient assis dans leur salon, ayant chacun un bébé posé sur les genoux.

: Les parents d'Harry, pas ses enfants

Une phrase à l'encre violette légendait cette image :

« James et Lily Potter avec leurs jumeaux : Lucy sur les genoux de son père, Harry sur ceux de sa mère. »

Les deux enfants se ressemblaient en tout point, mis à part la couleur des cheveux ( auburn pour la fille, noirs pour le garçon ), et la féminité du visage de l'un.

Le regard de l'Auror se posa sur le visage de Lucie Webster puis sur ses cheveux. Auburns.

« -Ce sont des photos de mes parents et de leurs amis lors de leurs études à Poudlard, et un peu après », déclara t-il d'un air nonchalant, puis à l'adresse de Lucie :

« -Vous avez étudié à Beauxbâtons, non ?

- Oui, d'ailleurs je me sentais vraiment chez moi là-bas.

- Pourquoi donc ? Vous n'étiez pas heureuse de retrouver vos parents ?

- Oh ! Mais je n'ai pas de parents ! Je vivais à l'orphelinat. »

Harry dut s'appuyer sur l' épaule de Ginny pour ne pas tomber, et il se justifia d'une voix blanche :

« -Je suis désolé, je ne me sens pas très bien, allons nous asseoir dans le salon. Tenez, madame, regardez cette photo, ajouta t-il d'une voix tremblante.

Ils s'installèrent autour de la table du salon tandis que Ginny allait préparer le thé. Mme Webster, assise à côté de son fils, contempla les photos jusqu'à arriver à celle qui avait tant marqué Harry. Elle poussa un petit cri de surprise, leva la tête interrogea du regard son hôte qui hocha la tête, très pâle. Elle ferma les yeux et serra très fort la main de Thomas. Ginny arriva avec la théière puis s'immobilisa, trouvant le silence plus qu'anormal.

« - Qu'est-ce qu'il se passe, ici ? » demanda t-elle en voyant les larmes naissant aux coins des yeux de la femme.

Son époux lui montra du doigt l'album posé devant leur invitée. Ginny s'en empara puis le laissa tomber presque aussitôt, sur la table. Le bruit provoqué par la chute du livre fit sortir les autres de leur torpeur. James jeta un coup d'oeil à la photo, et comprit instantanément la raison de la pâleur des visages des adultes. L'arrivée de Ron et Hermione accompagnés de leur fille permit à Harry de reprendre ses esprits :

« - Bonjour tout le monde ! cria Ron, on est là !!!

- Comme s'ils avaient pas remarqué, Ronald », fit remarquer Hermione d'un air sarcastique.

Ron, qui cherchait son fils des yeux, vit Thomas qu'il prit naturellement pour Albus, lequel s'était absenté. Il ébouriffa les cheveux de Tom quand apparut Albus. Il regarda les deux garçons, l'air perdu.

« - Euuuuh, je crois que j'ai un peu bu avant de partir... », marmonna t-il.

Albus fit un clin d'oeil à Thomas qui sourit à son oncle et sa tante ( Harry et Ginny ) d'un air entendu et s'exclama :

« -Bonjour tonton ! Voici mon ami Thomas Webster. Il est français. » Tom avait réussi à dissimuler son pourtant fort accent français, et Ron et Hermione n'y avaient vu que du feu. Hermione remarqua soudain la présence d'une inconnue assise à la table. Elle interrogea son ami du regard et nota sa pâleur inhabituelle.

« - Voilà Lucy Potter Webster, la mère de Thomas.

- Potter ?! s'exclamèrent les époux Weasley en choeur.

- Mmh, oui, Potter, c'est ma soeur. Ma soeur jumelle.

- Quoi ?! Je suis vraiment très heureuse ! Enchantée. Je suis Hermione Granger Weasley. Voici Ron, ma fille Rose et mon fils Hugo. » dit-elle en désignant tour à tour les membres de sa famille. Harry, pourquoi ne nous a tu pas parlé d'elle plus tôt ?

- Parce qu'à ton avis, je le savais déjà avant ? répondit-il avec humeur.

Lorsqu'Harry était de mauvaise humeur, il pouvait se montrer très désagréable. Mais Harry ne se souciait plus de ce qui se passait autour de lui. Bien qu'ils soient morts, il était furieux contre ses parents. Pourquoi avaient-ils abandonné sa soeur ? Il songea tous les moments qu'ils auraient pu passer ensemble, ce qui ne fit qu'accentuer sa rage.

Les Weasley s'installèrent à la table et Ginny amena les plats qu'elle avait pris soin de préparer la veille au soir. La conversation allait bon train, mais Harry était plongé dans ses pensées. Les autres parlaient des cours et des profs, ce qui n'était pas vraiment pour plaire à James. Ron demanda à celui qu'il pensait être Albus :

« - Et Neville, comment il va ? Il est toujours aussi empoté ? »

Thomas, car c'était lui, pouffa, avant de lui répondre :

« -En fait, j'suis Thomas...Albus, il est en face de vous... »

Ron leva les yeux au ciel. Il avait comme une impression de déjà-vu, mais ne parvenait pas à trouver ce à quoi cela lui faisait penser. Ce fut finalement Ginny qui trouva.

« - Ils me font penser à Fred et George, quand ils avient cette salle manie de faire croire à maman que l'un était l'autre ! » s'exclama Ginny d'un air amusé. Elle s'adressa ensuite à Lucy, qu'elle avait décidé de tutoyer.

« - Raconte-nous un peu ton enfance, Lucy.

- J'ai été élevée dans un orphelinat de Paris. J'y étais bien traitée mais je ne m'y sentais pas très bien. Aussi, j'ai été très heureuse et soulagée d'apprendre que j'étais une sorcière et que j'allais vivre à Beauxbâtons. Sans vouloir me vanter, j'ai tout de suite excellé en potions, mais j'étais médiocre en botanique. J'ai rencontré mon mari à Londres, et il m'a suivie en France où nous nous sommes mariés. Nous y avons vécu quelques temps jusqu'à ce qu'Edmund soit muté à Londres. Il travaille à Gringotts.

- Il connaît peut-être un William Weasley ? C'est mon frère, lança Ron.

- Je ne sais pas, je lui demanderais. »

Ginny proposa de passer au salon pour boire le café et les enfants montèrent dans les chambres, Teddy et Victoire étant considérés comme des buveurs de café.

Tout en parlant de la prochaine scolarité de Thomas, et en ruminant des idées noires pour Harry, ils burent leur café. Puis Lucy rappela son fils :

« - Il est l'heure de partir, Tom ! »

Le garçon descendit, accompagné de ses cousins.

Au moment de passer la porte, Ginny, qui s'était auparavant concertée avec Harry, leur demanda :

« - Vous faites quelque chose pour Noël ?

- Non, avec le déménagement, nous n'avons pas eu le temps de prévoir.

- Venez chez nous ! Tu pourras nous présenter ton mari. Les enfants hurlèrent leur joie, car ils avaient accepté très rapidement le petit Thomas. Lucy fit quelques pas, prit la mian de son fils et ils disparurent.