Bon alors, on espère que vous avez tous passé un bon Noël et que vous avez été gâtés ! Mais molo avec les chocolats, on veut pas d'indigestion ;)
Sinon, okay on avoue on est en retard mais là vous avez pas filé sur la lecture et les reviews donc on a fait la trêve de Noël :)
Sinon, Bonne lecture et profiter de vos vacances pour ceux qui en ont :)
Chapitre 4 :
-Ton vieux t'a envoyée une gueulante ? s'enquit Jack en venant s'accouder à la chaise à côté de moi. Qu'est-ce qu'a encore fait bébé Bones ?
-M'appelle pas comme ça, Malefoy ! ronchonné-je. Et non, c'est pas mon père… c'est Théo.
Jack se met à pouffer avant de tirer la chaise pour s'y assoir et je pousse un profond soupir, continuant à fixer l'enveloppe rouge qui repose sur le bois peint en vert de la table de l'immense cuisine des MacFarlan. Le soleil est déjà haut dans le ciel et baigne la pièce d'un flot de lumière qui est censé me donner le force et le courage d'ouvrir cette bon Dieu de lettre et de me faire insulter de tous les noms de façon épistolaire par mon ex-petit copain. J'imagine que c'est mérité mais c'est tellement Théophilien de m'envoyer une gueulante pour me faire payer d'avoir rompu avec lui… d'accord, je l'ai plaqué par lettre mais ce n'est pas comme si j'avais eu le choix, on est en pleines vacances scolaires d'été et il est en voyage en Espagne, et je ne peux pas encore transplaner et… bon, j'avais pas envie d'attendre la rentrée pour le quitter. C'était bien le temps que ça a duré, vraiment. Aucun de mes amis ne le supportait mais il était gentil avec moi puis, il est devenu lourd et collant, et très persistant. On finissait chaque conversation par se disputer parce que je refusais de coucher avec lui, au bout de deux mois de relation.
-Quel furoncle…, grogné-je avec humeur.
-T'as pris plus de temps pour larguer ce p'tit con que je le pensais mais t'inquiète, Kell, ça vaut bien une gueulante !
Je fais face au sourire Colgate de Jack et hoche du menton. Oh oui, ça vaut bien toutes les gueulantes du Monde ! Je préfère encore sortir avec Shino plutôt que d'être la petite amie de Théo une seconde de plus ! Et dire que je me suis crue amoureuse de lui, au début... un second soupir m'échappe. En toute sincérité, je sais que ça m'arrangeait de le croire. Ce n'est pas la première fois, certainement pas la dernière que je m'offre ce genre de retraite sentimentale, histoire de me rêver quelqu'un d'autre que Kelly-désespérément-et-vainement-amoureuse-de-Dean-Bones. Parfois, ça fait tellement de bien d'avoir envie d'être avec quelqu'un qui éprouve les mêmes sentiments, même si c'est le dernier des loosers, pervers et égoïste. C'est comme être une montgolfière être gonflé d'euphorie et d'estime de soi, et voler bien au-dessus de vieux bâtiments qui sont rongés par l'indifférence et la négligence. C'est frôler les nuages, regarder les oiseaux battre des ailes à portée de main.
Mais il suffit d'une semaine de vacances en Ecosse pour que la montgolfière perde son altitude.
Une main me redresse le menton et j'abandonne le fil de mes pensées, rencontrant les yeux gris de mon meilleur ami.
-Hé, qu'est-ce qui va pas ? me demande-t-il. Tu l'aimais pas quand même ?
-Non, Jake, le rassuré-je. C'est juste que j'ai pas envie de l'ouvrir…
-Matez-moi cette grosse poule mouillée ! rit-il. Et toi qui fais tout le temps la caïd qui flippe jamais ! Ces bouffondor, tous les mêmes…
-HE ! Je suis une Gryffon qui déchire, mon pote ! J'aime pas me faire gueuler dessus par un bout de papier d'un rouge dégueulasse, c'est tout ! me défendé-je, vexée. J'vais te l'ouvrir, cette satanée lettre, et Théo va me le payer, à la rentrée !
-Arrête donc de me faire la causette, princesse, et montre-moi ton Gryffon-powa !
Je redresse le menton avec dignité et défi, le repoussant avec un rictus féroce. Puis, je refais face à l'enveloppe. Je m'étire le dos, fais craquer mon cou puis empoigne la lettre. J'inspire, Jake se penchant vers moi en se moquant du cinéma que, soi-disant, je mets en scène pour une telle broutille. Quand faut y'aller… j'ouvre l'enveloppe.
-ESPECE D'IMMONDE TRAITRESSE, COMMENT AS-TU OSE ? JE TE FAISAIS…
Je m'accoude mollement à la table, la lettre bondissant dans les airs, un visage furibard se dessinant à sa surface et je la regarde me cracher sa verve. Je croise le regard goguenard de Jack.
-TU VAS PAS T'EN SORTIR COMME CA ! ON VA PARLER A POUDLARD ET LAISSE-MOI TE DIRE QUE…
… que ça va chier, crétin.
xOxOxO
-C'était génial ! assure Tonton Louis avec excitation. J'adore passer mes vacances avec vous tous ! Ca sociabilise Katy et ça nous forge tellement de souvenirs inoubliables ! On est comme une graaaande famille unie avec pleins de petits bébés partouuuut… partout…
Il a un tremblement le long de sa fine lèvre inférieure et ses grands yeux bleus s'embuent.
-Sauf moi ! Moi, j'ai pas de bébéééé !
Et il plonge son visage dans ses mains en se tournant vers ma marraine pour s'appuyer contre son épaule. Celle-ci lève les yeux au ciel azur de l'Ecosse à qui l'on s'apprête à faire nos au-revoir avant de revenir l'été prochain, avec de grandes chances. Même si, pour une fois, j'aimerais bien quitter le Royaume Uni, traverser la Manche et aller voir un peu ailleurs. Mis à part la Sicile, où je suis allée quelque fois pour de courtes vacances dans la propriété qu'ont ma marraine et Tonton Angelo, je n'ai jamais connu rien d'autre.
Amélia caresse le dos de Tonton Louis tandis qu'il continue de s'épancher contre l'épaule de ma marraine qui lui dit que, de toute manière, les enfants, ça sert à rien et que, avant même qu'on le voit venir, ça se transforme en petite pimbêche décevante. Blanchet, à côté, ne note même pas la pique et continue à parler avec Ailen d'un garçon moldu qu'elles auraient rencontré à la fête celtique, et qui lui a manifestement laissé son numéro de téléphone.
-Vous revenez tous quand vous voulez ! nous assure Amélia. Vous allez tous infiniment nous manquer !
-Pas tant que ça, modère Calum avec un sourire moqueur.
-Tant que ta bouteille de Whisky, de toute façon, je me demande bien ce qui peut te manquer ! rétorque Tonton Kyle.
J'éclate de rire avec Flo et Dean, toujours prêts à supporter Kyle dans ses petites joutes verbales avec Calum, tandis que toute la troupe MacFarlan fusillent le premier qui ose rire de leur adoration pour leur alcool chéri. Mais nos rires continuent à se répercuter dans la cour du château dont le sol en gravillon est jonché de nos valises, marquant bien notre grand départ. Les jumeaux sont partis, hier déjà, avec la demande solennel de Calum de porter un message pour leur père ; les Malefoy ne seront jamais aussi nobles que les MacFarlan. Aucun doute que Papa Malefoy va répliquer.
-Allez, foutes-moi le camp ! On aimerait être tranquille, maintenant ! annonce Calum. Et…
Mais il est coupé par Tonton Louis qui lui fonce dessus pour l'enlacer et lui dire au-revoir. Je souris, échangeant un regard amusé avec Papa qui me tient contre lui d'un bras. Il me dit tout le temps que je tiens mon côté câlin de Louis, qui est en quelque sorte mon parrain puisque mon véritable, un certain Beckett, a disparu deux ans après ma naissance. Il ajoute tout le temps qu'il aimerait bien aussi que je prenne de Louis son homosexualité, tant que j'y suis, car il me préfèrerait de loin attirée par les filles plutôt que par des méchants garçons bourrés de mauvaises intentions.
Qu'il soit tranquille, songé-je sombrement en portant mon regard sur Dean qui plaisante avec son père, je ne suis pas attirée par les mauvais garçons. C'est encore bien pire que ça.
xOxOxO
-Héé, cette salade est méga-trop bonne, P'pa ! exulté-je en pointant ma fourchette sur mon assiette. Et t'as mis de la Mozzarella ! La dernière fois que je t'ai parlé de ce fromage, tu croyais que c'était une région d'Espagne !
-Je reste convaincu qu'yen a une qui s'appelle comme ça, commente mon père sur un ton vaguement offensé. Et merci pour la salade, mais euh… c'est pas exactement moi qu'il faudrait féliciter…
-Papa !
Je repose ma fourchette à côté de mon assiette agrémentée de la délicieuse salade mozzarella-saumon-tomates-fraiches, indignée, et lance un regard sévère à mon père qui fait mine de rien, décapsulant sa bière. Il regarde le match de hockey sur glace qui agite les foules moldues dans l'écran plat, accroché au mur du salon, derrière moi, que Papa a mis sur mute parce qu'il sait que je ne supporte pas les commentaires sportifs. Papa a beau être un sorcier de Sang-pur, il a toujours préféré le monde des Moldus et il utilise très peu sa baguette, en comparaison aux autres adultes sorciers que je connais. D'ailleurs, il travaille dans une petite boîte de com, dans la City londonienne. Je sais, par contre, qu'il a usé de la magie pour se bâtir un curriculum vitae blindé dans le monde moldu et ainsi pouvoir décrocher son poste qui n'est pas trop mal élevé, et lui permet de payer sans trop de difficulté le loyer de notre appartement dans la capitale. Ma marraine l'aidait financièrement, il y a encore quelques années, mais, à présent, mon père gère ses finances comme un grand ! Je sais que ça n'a pas été facile pour lui de m'avoir et de me garder, et que ma naissance a été une révolution d'incroyable envergures dans sa vie, mais il s'en est tiré comme un chef.
Mais il y a encore et toujours des domaines dans lesquels il est un cas désespéré ; la cuisine ; les femmes.
-Me dis pas que c'est Denise qui l'a cuisiné !
-Ca change quoi, ma chérie ? fait-il, en suivant toujours le match. Cette salade est bonne !
-C'est surtout Nini qui est trop bonne avec toi ! Elle est folle de toi et tu profites de sa gentillesse !
-Mon ange… Merlin nous a donné un physique de rêve, c'est pour qu'on profite de la gentillesse des gens !
Je fronce des sourcils, attrape ma baguette et lance un Accio à la télécommande pour éteindre la télé.
-KELLY BABETH BONES ! éclate-t-il. T'as pas le droit d'utiliser la magie en dehors de Poudlard !
-Tu t'en fous, d'habitude !
-Pas quand c'est pour éteindre la putain de télé !
-Et moi, je suis pas contente quand tu manipules Nini qui est la seule personne de l'immeuble qui est vraiment gentille avec moi ! Tu aurais pu au moins l'inviter à dîner avec nous ! C'est très méchant de ta part, Papa ! Elle t'aime vraiment et tu le sais !
Il soupire, se passant une derrière la nuque en faisant la grimace et mon regard glisse le long de son bras tatoué.
-Je sais pas cuisiner, tu le sais…, marmonne-t-il.
-Et elle te refuse rien.
-Je lui achèterai des fleurs pour la remercier, ça te va ? propose-t-il.
-Et lui donner de faux-espoirs ? Non. Juste… sois gentil avec elle.
-Ca mène nulle part d'être gentil, Kelly.
J'hausse les épaules et rallume la télé.
xOxOxO
-On va être touuuutes bronzées pour la rentrée ! On va être les plus canons de l'école, mouahahaha !
-Ca fait presque peur, ouais, ironise Flo avec un rire.
Je tourne la tête vers elle, levant mes lunettes de soleil pour qu'elle voie bien le regard désapprobateur que je lui adresse. Elle est là, allongée sur son transat volant à cinq centimètres au-dessus de la surface de l'eau de la grande piscine de sa famille, et prétend ne rien voir. Flo a toujours été assez critique envers elle-même, et ce à tort. Elle est persuadée qu'elle n'a rien de fabuleux chez elle et qui lui manque un je-ne-sais-quoi pour être séduisante, alors que c'est faux. Elle est jolie, elle a des yeux verts que je tuerais pour avoir et des cheveux frisés qui sont incroyables. En plus, elle est bien plus grande que moi et a une poitrine du tonnerre ! En gros, elle a tous les attributs pour se trouver le Prince de ses rêves mais il se trouve qu'elle a une poisse phénoménale en matière de mecs, et ne tombe que sur des blaireaux. C'est surement pour ça qu'elle a si peu de confiance en elle alors qu'elle est une fille géniale.
-Tu es supraaaa sexy, Flo ! Ton prénom est une des plus belles villes d'Italie –mon pays préféré, je te le rappelle, là où je voudrais vivre plus tard ! Coïncidence ? Non penso, mia bella ! T'as vu les cours de Tonton Angel ont leur petit effet !
-Je vois ça, oui ! rit-elle.
-En plus, ton grand frère est le sex symbol de Poudlard… c'est dans tes gênes…
Je me recouche sur mon transat-magique, laissant tomber mon bras gauche pour qu'il s'enfonce dans l'eau chaude de la piscine, et je me mets à contempler le nuage solitaire qui fait son petit bout de chemin dans le ciel de fin d'aout. Et voilà, les vacances touchent à leur fin. Dans moins d'une semaine, on reprend les cours. Ce sera moins stressant que l'année dernière avec les BUSES –que j'ai plutôt bien réussi, sans me vanter !-mais il y aura quand même la pression des matchs de Quidditch, les entrainements, les rumeurs et les mecs… Dean qui fait soupirer les filles le long de tous les couloirs de l'école et qui vient me décoiffer les cheveux en me parlant comme une môme de cinq piges. Et puis, Théo qui voudra qu'on parle de notre rupture. Et Papa sera loin, tout seul dans son appartement. Même si je sais qu'il y a ma marraine et Louis, Denise, et même Scorpius Malefoy, je n'aime pas devoir quitter mon père pour aller à Poudlard. Il n'aime pas la solitude, c'est pour ça que je lui ai acheté une perruche. Qu'il a appelé Médor, d'ailleurs, parce qu'il aurait voulu un chien mais qu'il ne veut pas devoir le promener… allez comprendre.
-Va dire ça à Alain qui se meurt d'amour pour Scar ! remarque-t-elle.
-Il finira avec elle, tu vas voir, lui promis-je. Et ils seront tellement mignons, tous les deux !
-Ce serait super !
-On serait leurs demoiselles d'honneur à leur mariage avec Blanchet ! Je me demande qui attraperait le bouquet !
-Avec le pot que j'ai, certainement pas moi !
-Et Blanchet écrasera toutes les autres filles de la cérémonie pour l'attraper, alors, de toute façon, on est niquées !
-Tante Kat devrait être contente, elle a mis au monde une plaie !
On éclate bruyamment de rire. C'est vrai que Blanchet est sacrément chiante et peste quand elle s'y met, elle fonce droit sur ce qu'elle veut et n'est pas prête de laisser quelque chose qu'elle considère sien à quelqu'un d'autre, mais on l'aime tous quand même. Comme Scarlett, c'est comme une petite sœur pour moi.
Avec Flo, c'est différent. Elle est aussi comme ma sœur mais un peu plus comme une grande sœur. Elle est toujours là pour moi. Toute ma vie est liée à la sienne, chaque souvenir, chaque histoire. Et quand j'imagine mon avenir, elle est avec mon père et ma marraine, les personnes qui y sont immanquablement dessinées. Peu importe que je m'imagine chanteuse ou aventurière, cosmonaute ou enchanteresse, professeur ou médicomage, je la vois toujours à mes côtés. Elle est la seule avec qui je parle de vraiment tout et qui connait tout sur moi, même les plus sombres de mes cauchemars, mes secrets les plus humiliants. Je n'ai pas peur de pleurer et de souffrir dans ses bras. Et si je devais placer ma vie entre les mains de quelqu'un, alors ce serait sans aucun doute les siennes. C'est comme ça, comme une évidence. C'est pour ça que je finis toujours par lui dire ce qui me tracasse, que ce soit important ou pas :
-J'ai pas envie de rentrer, Flo…
-On dit que Poudlard sont les meilleures années d'un sorcier…
-Tu crois que c'est vrai ?
-Mes parents disent que les années qui ont suivies étaient encore mieux puisqu'on est nés, alors, j'sais pas mais c'est cool de se dire que notre époque à Poudlard sera une partie incroyable de nos vies…
-C'est joliment dit. Mais j'ai toujours pas envie de rentrer.
-J'suis d'accord.
Et on soupire à l'unisson, planant au-dessus de la piscine, sous notre soleil chéri.
xOxOxO
-C'est des tartelettes aux myrtilles !
-Merci, Nini !
Avec un large sourire, j'attrape le Tupperware que Denise me tend. On se tient sur le pallier de notre étage –le quatrième- avec Papa, sur le point de nous rendre dans ce petit placard de concierge, situé au premier, pour pouvoir transplaner jusqu'à la gare où le Poudlard Express m'attend, fin prêt à me laisser embarquer vers ma sixième année. On ne peut pas transplaner dans notre appartement en raison du sortilège anti-transplanage que Papa y a lancé pour des soucis de sécurité. Sait-on jamais que n'importe qui transplane chez nous comme ils veulent, ce serait moyennement rassurant.
Et Denise est sortie de son appartement pour venir me faire ses au-revoirs. Je lui ai dit que je repartais pour mon « école privée en Ecosse », aujourd'hui, et il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elle m'ait fait de délicieuses tartelettes aux myrtilles pour cette occasion. Denise est la plus adorable des voisines de pallier. On la connait depuis qu'elle a quitté le cocon familial de ses parents, il y a maintenant six ans, pour s'épanouir dans cette aventure d'indépendance qu'est son petit appartement dans notre immeuble. Elle a trente-et-un ans et travaille dans un laboratoire de recherche médicale. Elle ne me parle pas souvent de son job parce que je n'y comprends rien mais je sais que ça la passionne presque autant que sa mini-culture de tomates qu'elle entretient sur son balcon. C'est une excellente amie, pour moi, et je l'aime vraiment beaucoup… d'ailleurs, si mon père devait prendre le risque de laisser entrer une nouvelle femme dans sa vie, je ne voudrais que Denise. Elle est certes de dix ans plus jeune que lui et n'est pas très belle avec ses épaisses lunettes, et son visage trop maigre mais son sourire est de loin plus lumineux et sincères que tous ceux des femmes qui pourraient plaire à Papa.
Même si je sais bien qu'il n'est pas encore arrivé le jour où Papa fera à nouveau confiance à une femme.
-Ton école autorise toujours pas le téléphone ? s'enquiert-elle.
-Et non, désolée ! Il faudra encore qu'on cause par lettres ! Mais je trouve que ça a un certain charme, héhé ! me réjouis-je.
-C'est vrai ! Et tes lettres arrivent toujours super vite, j'en suis à chaque fois impressionnée !
Je lui souris avec malice tandis qu'elle se passe ses deux mains dans ses courts cheveux châtains emmêlés. Je la prends alors dans mes bras en me mettant sur la pointe des pieds, parce qu'elle est si grande qu'elle fait un ou deux centimètres de plus que Papa –mais il n'est pas bien grand lui-même…
-Tu vas me manquer, Nini…
-Toi aussi, souffle-t-elle. Je m'occuperai bien de ton père…
-Ne le gâte pas trop, il prend des mauvaises habitudes !
-Qu'est-ce que c'est que ces messes-basses ? intervient l'intéressé. Allez, princesse, on décolle ou on va encore être à la bourre, et j'vais me faire engueuler par tes profs… encore !
-C'est pas de ma faute si t'es le sale gosse de la famille !
