Encore mille excuses pour le retard de publication, mais les vacances de Noël n'en sont pas vraiment, en ce moment, et je suis si débordée que c'est à peine si je trouve le temps d'aller sur internet.

Bref, le chapitre 4, qui ne ressemble pas totalement à ce qu'on pourrait trouver dans la série, mais ça présente bien le personnage d'Alyson, alors...

Have fun, et n'oubliez pas la traditionnelle review...


CHAPITRE IV : MISE A PIED

Cela faisait plusieurs heures déjà que Gibbs avait retiré son badge et son arme à Tony, et qu'il l'avait exclu de l'enquête en cours ; néanmoins, ce dernier ne le lui avait toujours pas pardonné, et la situation allait de mal en pis. Assis dans son fauteuil, l'ex-agent DiNozzo avait sorti un vieil album photo, qu'il feuilletait, les larmes aux coins des yeux ; du coup, lorsqu'on sonna à la porte de son appartement, il fut si surpris qu'il ne put s'empêcher de sursauter. Qui pouvait bien venir le déranger à une heure pareille ? Il referma nonchalamment son album, qu'il posa sur la petite table basse. Il alla ouvrir et...

" Coucou, "oncle" Tony !

- Alyson ? "

Qu'est-ce qu'elle fait ici ? Elle devrait encore être au NCIS, ou alors chez un psychologue, dans une famille d'accueil, à l'Université... Et pourquoi vient-elle me voir, moi, alors que la première fois qu'on s'est croisés j'ai failli mourir et que la seconde fois j'ai été mis à pied à cause d'elle. Elle vient sans doute me narguer... Non, elle doit sûrement venir me parler... Ou elle est là au nom de Lily... Ou...

" C'est l'heure de dormir, et tu ne devrais pas être ici ! File chez toi !

- Et puis quoi encore ? Aux dernières nouvelles, t'es pas mon père !… Aux dernières nouvelles seulement... Alyson devint soudain plus timide, plus hésitante. Je... Je n'ai plus de chez-moi et… Je ne savais pas où aller dormir cette nuit... Alors…

- Alors tu as pensé venir ici, alors qu'on ne se connaît même pas !

- Oui. Mon pote Harvey est sympa, mais un peu envahissant en ce moment, Mimi, ma meilleure amie, est partie en voyage avec ses parents, ma colocataire m'a mise à la porte la semaine dernière et... Et maman est morte.

- Qu'est-ce que tu me veux ?

- Juste un logement pour la nuit. C'est au tour d'Harvey de s'occuper de ce qu'il me reste de famille... Et puis, maman te faisait confiance... Il n'y a que ça d'important à mes yeux. Je t'en prie, accepte, même juste pour une nuit, supplia la jeune femme.

- Bon... C'est d'accord, tu peux rester, mais juste pour cette nuit, lâcha Tony avec réticence, tout en sachant que c'était interdit. Après tout, puisque je ne fais plus partie intégrante de cette enquête, je n'ai pas à obéir aux règles.

- Merci, répondit la jeune femme. Du fond du cœur, merci."

Alyson prit alors tranquillement ses aises. Il y avait tant de questions que Tony souhaitait lui poser, des questions sur sa vie, sa famille... Sa mère, ce qu'elle était devenue entre la dernière fois où ils s'étaient vus et le jour ou il la retrouva morte... Mais il décida de ne pas se laisser emporter, car après tout, cette petite lui cachait bien des choses qu'il souhaitait connaître :

" Comment sais-tu mon nom ?

- T'as pas une question plus difficile que celle-là ?

- Pardon ?

- Bah, tout le monde connaît ton nom, et j'aurais pu le voir, l'entendre n'importe où... Mais puisqu'il faut que je te réponde... La nostalgie l'envahit alors. Sa voix se fit plus douce. Tu sais... Non, je suis bête, tu ne peux pas savoir, mais maman parlait beaucoup de toi lorsque j'étais petite. Elle disait que mon papa ne reviendrait pas, mais que si je devais en avoir un, il serait comme toi, et elle était tellement bouleversante quand elle parlait de toi... On aurait senti comme les remontées d'un amour de jeunesse mal enterré, c'était beau... Elle me racontait vos quatre cent coups, me montrait des photos de vous deux...

- Tu avais bien un père, pourtant.

- Un BEAU-père, rectifia la jeune femme.

- Et... Pourquoi ne considérais-tu pas John Golvin comme ton père ?

- De ce point de vue là, je préférais encore les questions de ton patron, mais bon... Comme je viens de te le dire, je n'ai jamais eu de père. Maman voulait pour moi, pour ses enfants, d'un père comme toi, et comme John n'était pas, à mes yeux, aussi bien que toi - toujours d'après ses récits - je n'ai jamais pu le considérer comme un père. Et puis... J'avais six ans lorsqu'ils se sont rencontrés. A six ans, si on a toujours grandi sans homme dans la maison, on ne peut que se souvenir toute sa vie qu'on ignore la vraie identité de son père.

- C'était un hasard, cet accident, n'est-ce pas ? "

C'était plus un interrogatoire que Tony faisait subir à Alyson, et même si elle l'avait compris depuis le début, elle décida de jouer franc-jeu avec lui. Après tout, maman et lui étaient de vieux amis. Et puis, c'est sans doute... Quant à Tony, il avait posé cette dernière question tout en pensant connaître la réponse, mais souhaitait se rassurer, voir où voulait en venir la fille de sa meilleure amie... La fille de Lily... Voir si elle était comme elle ou non... Alors, lorsque la réponse arriva, il ne put se contrôler :

" Tu ne me croiras peut-être pas, "tonton", mais l'accident était bel et bien prémédité.

- Ça ne va pas, la tête ? Ziva et moi, on a failli y rester, dans cet accident !

- Moi aussi, figure-toi ! Sur le papier, tu ne devais pas être en train d'accélérer, tu aurais dû être à vitesse constante !

- Pourquoi un accident ?

- Pourquoi pas ? Après tout, c'était le meilleur moyen de t'aborder, d'en apprendre un peu plus sur l'enquête, sans pour autant que ton équipe et toi ne sachiez qui j'étais. Je n'avais pas prévu que Max me balancerait ! Je lui faisais confiance !

- Il a eu affaire à Gibbs, c'est pour ça qu'il a craché le morceau.

- Et alors, j'ai bien eu affaire à ton boss sans craquer, après que - Ziva, c'est ça ? - ne m'ait interrogée...

- ... Que tu penses ! Mais en réalité, il en sait énormément sur toi ! Mais passons. Cela faisait décidément très mal à Tony d'évoquer ses anciens collègues. Comment savais-tu que nous prendrions cette route à cet instant précis ?

- Grâce au portable de maman. Je savais qu'en utilisant ses affaires alors qu'elle était censée être morte, il y aurait un petit génie pour le voir. Pour une fois que je ne me suis pas cachée pour agir, ça me faisait bizarre...

- Mais tu ne pouvais pas prévoir que...

- Que vous passeriez par là ? Au contraire, si ! Je savais que c'était ton équipe qui était chargée de l'affaire. J'étais persuadée que si c'était ou ton chef, un fin limier qui connaît le pays comme sa poche, ou toi, dont j'avais en partie compris le raisonnement, grâce aux histoires de maman, qui conduisait, le véhicule emprunterai forcément ce chemin-ci. Il me suffisait juste de poster l'un de mes amis à la sortie, en qualité d'espion, qu'il me dise dans quel véhicule vous étiez montés, et l'affaire était dans le sac."

Vraiment ingénieuse, cette petite. C'est le portrait craché de sa mère : têtue, bornée, indisciplinée, mais tellement intelligente et forte, physiquement comme mentalement... J'ai l'impression d'être revenu vingt ans en arrière. Lily, si tu entends mes pensées, sache que tu as fait une fille en tout point ton égale... Mais je ne dois pas me laisser distraire, elle risquerait de me piéger. Je ne sais toujours pas pourquoi elle est venue à ma rencontre, après tout...

" Comment savais-tu qui était chargé de l'enquête ?

- Euh... hésita l'adolescente. Officiellement, je dirai que c'est Max qui me l'a dit, mais...

- Officiellement ?

- Disons qu'en vérité... Laisse tomber. C'est Max qui m'a renseigné.

- Et pourquoi m'avoir appelé "Monsieur" lorsque tu es venue voir si Ziva et moi allions bien ?

- Simple question de logique. Si je vous avais appelés par vos prénoms respectifs - surtout toi, je ne connaissais pas celui de ton équipière - ça aurait tout de suite paru suspect. Alors qu'en t'appelant "Monsieur"... Je faisais croire, avec plus ou moins de succès, que je ne te connaissais pas. "

Tout le temps que nos deux compères apprenaient à mieux se connaître, l'enquête avait continué dans les locaux du NCIS. Peu convaincu par les réponses de Lamberg, Gibbs décida de le convoquer de nouveau au QG, afin d'obtenir plus de détails sur son "voyage" en Australie...

" Où étiez-vous le jour du drame, Max ?

- Mais… Agent Gibbs… Je vous ai déjà dit tout cela… J'étais parti voir de la famille…

- En Australie ? C'est peu, 48 heures, pour faire l'aller-retour.

- Je…

- Ne mentez pas ! Si vous ne nous dites pas où vous étiez lorsque…

- Ok, Ok, c'est d'accord ! C'est vrai, je n'étais pas parti voir de la famille. A vrai dire… J'étais parti rendre visite à Alyson.

- Où ?

- Difficile à dire. Elle refusait toute rencontre sur le campus, à chaque fois nous changions de lieu…

- Vous aviez une liaison ?

- Q-U-O-I ? Non ! Non, nous n'avions pas de liaison… Mais je faisais office de messager depuis qu'elle a été forcée de quitter sa maison, il y a plus de trois ans… Et je… Je voulais l'informer que ses parents recevaient celui qu'elle avait toujours rêvé de rencontrer.

- Qui ? Une star, un journaliste, un… Répondez, QUI devait rendre visite aux Golvin ce week-end ?

- Vous ignorez qui devait aller les voir, alors que vous le connaissez si bien, c'est…

- QUI ? Tonna alors Gibbs.

- Celui qui doit être rentré chez lui se soigner… L'agent spécial Anthony DiNozzo."

DiNozzo… Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Tout aurait été si simple si tu avais accepté de te confier, au lieu de jouer les fortes têtes, comme à ton habitude… Regarde ce que tu me fais faire… Tu entres désormais dans la liste des suspects potentiels, je vais être contraint de te convoquer pour un interrogatoire… Demain, pas ce soir. Non, ce soir, tu dois encore te reposer, reprendre des forces, retrouver tes esprits… Ah, DiNozzo…