Auteur: Bel Uriel Disraeli.
Disclaimer:
Béli :Tite Kubo a écrit Renji et il lui appartient, Béli a écrit Renji donc Renji...
Avocat: N'appartient pas à Béli!
Béli: Mais non! Vous ne connaissez rien au syllogisme et à sa logique!
Avocat: Par contre vous, vous connaissez sa limite...
Raited: T
Couple: Hitsugaya
Résumé: Ce qui nous lie? Je n'en aie pas la moindre idée... Si, peut-être une chose. La neige... Le froid de cet hiver qu'il voudrait éternel. Que faire, si elle fond ?
IL FUT ECRIT
Acte I Partie III: Eternel Hiver.
Chapitre IV : Scission.
La petite brune avait ouvert les yeux, juste un peu avant l'aube grisonnant. Hinamori n'avait aucun souvenir de ce qui c'était passé. Et à vrai dire elle était même surprise d'être allongée parce qu'elle avait du mal à supporter cette position et elle fuyait son futon comme le sommeil fuyait sa conscience. L'inquiétude ne vint pas mordre son esprit, après tout, il ne restait plus grand chose qui vaille la peine de se torturer.
Une discussion lui parvint, des voix qui demeuraient sans visage pour elle durant un long moment. Cela lui arrivait de plus en plus souvent, de ne pas reconnaître son interlocuteur. Notamment les dernières recrues de sa division qui s'inclinait sur son passage pour la saluer. Du coup elle se cantonnait à rester dans son bureau, laissant au troisième siège la charge de l'entraînement. Tient, comment s'appelait-il déjà ?
Elle roula sur le flanc, portant les mains à sa tête pour y chasser la douleur lancinante qui voulait s'y loger de nouveau. Ce n'était qu'une petite migraine, rien qu'un cachet d'aspirine ne pourrait détourner et étrangler.
Des voix… A qui étaient-elles déjà ?
Elle avait un peu froid, juste au niveau des jambes, alors elle les replia en les serrant contre elle. Se tassant sur elle-même inconsciemment pour se donner du courage… Et ne pas pleurer. Hinamori ne savait même pas pourquoi ces satané larmes coulaient aussi abondamment, facilement et souvent. Et cette fichue hébétude qui ne la quittait qu'un peu ! Une chose lui disait de ne pas pensée, de ne pas y réfléchir trop fort.
- C'est quoi ton problème à la fin ! S'indigna une voix féminine.
Il y avait de la colère, un peu de rage, mais aussi de l'inquiétude.
- Tu es chez toi ! Où tu vas à une heure pareille ! Reste !
- Lâche-moi ! Cingla son interlocuteur masculin.
Une voix acide, un ton sec, de l'agacement presque palpable.
Hinamori se tassa, elle ne voulait pas entendre une dispute, ses nerfs ne le supporteraient pas. Le silence était retombé, des bruits de pas se firent entendre.
- Ne me laisse pas ici toute seule ! Reprit la première voix.
Il y avait quelque chose de suppliant. Puis Hinamori se souvint brutalement. C'était Matsumoto !
- Ne nous laisse pas ! On a besoin de toi ! Je ne sais pas quand elle va se réveiller, qu'est ce que je fais ? Ne soit pas aussi lâche, bon sang !
Mais qu'est ce qui se passait ? De quoi parlait-elle ? Hinamori se redressa un peu.
- Ne me traite pas de lâche ! Ragea l'homme.
La brune se leva, voulant savoir. Elle n'était pas chez elle, ni chez Matsumoto non plus. Puis elle les vit. Les deux se tournèrent vers elle en même temps. Elle se disputait avec… Blond, il était blond… Et la peur revint en force, rampant dans son ventre, et Hinamori resta tétaniser en le dévisageant. Il l'inquiétait, l'anxiété monta en flèche. Et cette douleur, cette migraine qui lui donnait envie de pleurer la tourmenta.
Kira… C'était Kira. Comment avait-elle put ne pas le reconnaître ?
- Comment te sens-tu Hinamori ? La question du blond tomba.
Il s'avança comme si la dispute entre lui et la rousse n'avait pas lieu. Hinamori avait brutalement chaud, la température lui monta aux joues en une vague de couleur pivoine. Kamisama, elle était chez Kira, et dans son futon ! Que faisait-elle dans son lit ? Dans celui d'un homme ! Il arrêta son geste en la voyant rougir aussi violemment.
- Matsumoto était un peu ivre, et tu étais fatigué, vous vous êtes arrêté chez moi à cause de la pluie. Quelque chose ne va pas ? Tu te sens mal ?
Il mentait, la rousse ne savait pas pourquoi mais il venait de lui mentir vertement. Puis se rendit compte que la petite brune se détendit brutalement. Elle avait été abasourdie en voyant le blond. Et Matsumoto se souvint à quel point Hinamori était prude. Et qu'elle aurait sans doute piqué une crise de nerfs pour moins que de se réveiller dans un lit qui n'était pas le sien.
- Désolé… Ricana la rousse pour donner le change.
- J'me souvenais plus de la route pour le retour… Kira a été assez gentil pour nous prêtez son toit cette nuit. On a un peu trop bu… Expliqua sa meilleure amie.
Hinamori les regarda, plus rassurer. La lame de fond de terreur se dissipa, alors qu'elle mettait un nom sur ceux qui l'entouraient. Ces amis, les seuls…
- Kira… La voix d'Hinamori le fit sursauter.
Un sourire étira lentement ses lèvres alors qu'il la regardait. Matsumoto ne comprenait pas, il était capable de lui lancer un regard chargé d'autant d'attention, mais se refusait à l'approcher.
- Qui a-t-il ?
- J'ai un peu mal à la tête… Tu n'aurais rien contre les migraines, s'il te plaît ?
Souffla la brune en baissant les yeux, gêner de demander.
- Bien sûr, je reviens ! Il se dirigea vers une autre porte, sans doute la salle d'eau.
La brune tourna son attention vers son amie, en fronçant les sourcils.
- Matsumoto, laisse Kira tranquille ! Ne soit pas méchante…
Et ben, on l'y reprendrait ! La rousse sentit sa mâchoire se décrocher. Voilà que c'était elle la vilaine de l'histoire. Il devait forcément y avoir quelque chose entre ces deux là !
- C'est lui qui me cherche ! La réponse était puérile, et si vraie pour elle.
- Matsumoto… Grogna la brune.
Ah non ! Elle en avait assez vu ! La rousse grinça des dents, énervée de nouveau.
- Il te mange des yeux, et lorsque je lui dis qu'il devrait se lancer au lieu de prendre la fuite, on me traite de mauvaise !
Hinamori se redressa en dévisageant la rousse, comme si son amie venait de sortir un œuf de son soutient gorge (tout neuf !), en caquetant comme un poulet.
- Matsumoto ! S'écria la brune.
- Il t'aime ! Répondit la rousse avec force.
De nouveau des couleurs chatoyantes vinrent parer les joues de la petite brune.
- Mais arrête de dire des bêtises ! S'étouffa-t-elle en serrant le drap entre ses mains.
La porte de la salle de bain claqua sur Kira, il jetait un regard froid à la rousse qui leva les sourcils.
- Ne dis pas des choses pareilles, tu ne comprends vraiment rien. Tais-toi. Ragea la brune.
Il serra l'aspirine entre ses mains.
- Tu lui fais juste du mal… Ce n'est pas ce que tu crois. Rajouta Hinamori.
Il la regarda, surprit de ses paroles et toucher. Hinamori pouvait se montrer si forte.
- Nous sommes proches, c'est vrai… Un sourire automatique monta ses les lèvres, elle baissa la tête.
- Mais ce n'est pas pour cette raison…
Pas pour cette raison ? Le blond sentit la tristesse peser. C'est vrai qu'il n'y avait plus de ça entre eux… Qu'il n'y avait jamais eut de ça tout court. Il était juste un confident, qui avait parfaitement comprit que cette admiration sans borde qu'elle vouait à cet homme lui prenait même son amour.
- C'est difficile pour Kira… La personne qu'il aime… Ne le lui rendra jamais. Alors laisse ses sentiments en dehors de ça !
Matsumoto ouvrit les yeux. Le blond s'avança vers elle.
- Kira… Souffla d'une voix tendu Hinamori, alors qu'elle serrait les draps jusqu'à se blanchirent les jointures des mains.
- Aime le même homme que toi… Moi, je l'admire de continuer à souffrir sans rien dire. Rajouta faiblement la petite brune.
Il se figea, se décomposant violemment. Il inspira en serrant les dents, la gêne, la honte et la souffrance coulèrent dans ses veines. Ce qu'il pouvait être bête… Aimer n'était que source de souffrance, depuis toujours. L'aimer elle qui ne l'aimerait jamais, l'aimer lui qui ne l'aimait pas plus. Et les détester tous, parce que les sentiments n'étaient qu'un gouffre dans lequel il déversait avec désespoir toute ses forces. Tout jeter dans ce mirage que l'on nomme amour.
La rousse tressaillit, la colère monta d'un coup. Comment Hinamori pouvait lui dire une chose pareille ? Elle allait la gifler de toute ses forces pour la peine, pour faire entrer la logique dans sa petite tête !
- IDIOTE ! Le cri perça les oreilles du blond.
- Hinamori tu n'es qu'une idiote ! Il t'aime ! Ne parle pas de Gin ! Jamais ! Cet homme t'aime ! Autant que Tôshiro ! Matsumoto inspira en attrapant ses cheveux dans un pic de rage.
- Alors arrête de foutre en l'air l'amour des autres ! Arrête d'être une sale égoïste ! Arrête de jouer les amnésiques avec tes sales sourires d'hypocrite !
Elle la mettait hors d'elle, la brune ne savait pas, ne pouvait pas comprendre, n'avait pas à jouer les martyre ! Pas quand deux hommes l'aimaient ! Gin c'était moqué d'elle comme de Kira. Gin ne comptait pas. Elle fit claquer la porte derrière elle en sortant. Matsumoto n'en pouvait plus d'être face à elle. Et elle resta dehors, à se mordre la lèvre pour taire son sanglot. A taire cette jalousie intrusive qui lui brûlait le ventre. Aucun homme ne l'avait jamais regardé de cette façon, comme Kira la contemplait. Aucun hormis Gin qui n'avait fait que jouer avec son cœur.
- Idiote ! Cracha de nouveau la rousse.
Elle le lui avait rappelé, elle qui ne voulait même pas en parler. Matsumoto se sentait hagard, souffrante et leva ses yeux vers le ciel gris. Gin ? Gin, Gin, Gin…
Ses jambes se dérobèrent sous elle, elle haleta toute sa peine, craquant. Pourquoi il ne revenait pas cette fois-ci ? Elle ne pouvait s'empêcher de prier pour son retour avec toutes ses forces.
- Reviens… Expira sa voix brisée.
…
Hinamori franchit la distance en un shunpô maladroit. Ces derniers temps elle avait du mal à utiliser son reiatsu, même pour les sorts basique de kidô.
Elle ne voulait pas réfléchir à la dispute de ce matin, pour la simple et bonne raison qu'elle s'en voulait. Elle avait honte de ne pas avoir put lire la souffrance de Matsumoto, d'avoir été sourde à celle de Kira. Ils avaient tous été trahit et pourtant elle n'avait pas sentit la détresse des autres. Le terrain d'entrainement était vide à cette heure ci. Il était tard, elle avait passé la journée à remplir les dossiers, mais la migraine ne l'avait pas vraiment quitté. Elle se sentait douloureusement égoïste, car elle souhaitait ne plus revoir la souffrance sur ces traits. Hinamori ne voulait pas assister à ça, même rester auprès de Kira lui était insupportable.
Elle saisit son katana… Ce qu'il pouvait être lourd… Tobiume…
Elle n'entendait plus le son de ces clochettes. Puis le posa pour se concentrer, il fallait qu'elle se entre en méditation. Mais la nervosité ne la quittait pas. Une ombre opaque planant sur ses épaules. Puis la présence se précisa.
Hinamori se tourna d'un bloc pour lui faire face.
Tôshiro s'était glissé en un shunpô jusqu'ici, il c'était délesté de son haori et de son katana pour cette visite. Kurosaki l'avait fait réfléchir, et le confortait dans cette idée qu'il devait venir en aide à Hinamori… Lui tendre la main comme elle l'avait fait, alors que la solitude pesait si sourdement sur ses épaules. Et contre toute attente, une nouvelle fois, elle lui fit face. Ce regard froid et vide, cristallisant l'indifférence qu'elle ressentait.
- Tôshiro. Il y avait du mépris dans sa voix.
L'agitation passa sur les traits de la petite brune. Elle ne savait pas ce qu'il lui voulait, ni pourquoi il était là, et encore moins à comprendre ses actes. Tobiume restait à porter de main… Hinamori ne savait pas quand ce sentiment c'était glissé dans sa poitrine, quand est ce que son esprit l'avait rejeté en bloc et son corps repousser aussi violemment. Plus que de l'agacement latent, cela devenait de la haine dans ses veines.
- Hinamori.
Un simple appel, il se sentait désarmer, et cela ne venait pas du fait qu'il n'ait pas son katana sur lui. Non cela venait du fait qu'il ne la reconnaissait pas, plus du tout. Comme si une étrangère avait prit possession de celle qu'il avait toujours connut.
« - Nhé ! Tôshiro ! Dis-moi, si tu devais être un élément, lequel serais-tu ?
Il avait tourné son regard vers elle avec surprise. Généralement, on l'évitait, les autres enfants fuyaient même. Mais elle c'était assise juste à coté, et entassait la neige.
- C'est quoi cette question farfelue, Hinamori ?
Il ne comprenait jamais vraiment ce qu'elle attendait. La première fois qu'il avait croisé son regard, elle lui avait souris si naturellement qu'il c'était demandé à qui elle s'adressait. Avant de crier son nom à son adresse d'un bloc.
- Tu n'es pas ! i tu devais être un élément je dirais l'eau, et ta saison serait l'hiver.
Ils venaient de se rencontrer, tout juste une semaine qu'ils se parlaient vraiment, et ce matin la neige était tombée. Ce qui était très rare au Seireitei, et encore généralement elle ne tombait pas partout avec autant d'abondance.
- Merci… Avait-il marmonné. Sans savoir s'il devait être vexé où pas. »
- Ne viens pas t'apitoyer sur mon sort, je n'aie pas besoin de ta pitié ni de quoi que ce soit qui y ressemble.
Elle lui tourna le dos. Il grimaça un peu.
- Je voulais juste m'assurer que tu allais bien.
Encore cette inquiétude, cette crainte dans sa voix… Et cette colère qu'il masquait mal.
La seule personne qui s'inquiétait pour elle, n'était plus là, alors à quoi bon jouer les hypocrites avec elle. Même Matsumoto ne pensait pas vraiment à elle. Personne ne pouvait comprendre. Alors qu'il s'en aille ! Qu'il la laisse !
« Tu me fais penser à la neige quand elle tombe, c'est si beau ! Tout ce blanc, partout. J'ai bien vue, toi aussi tu l'aimes beaucoup, t'as l'air si heureux !
Elle souffla sur ses mains gelées pour les réchauffer, avant de poursuivre son travail.
- J'ai pensé que toi et moi on était pareils… J'ai pensé : pourvu que ça dure ! Pourvu qu'il face un éternel hiver ! Comme ça… Comme ça on pourrait rester comme ça pour toujours !
La brune sourit et souffla un nuage de buée avant de rire.
- Tu verrais ta tête ! J'vais t'appeler 'shiro-kun !
- Hey ! S'insurgea le blanc.
Il ne savait pas pourquoi, ni comment il c'était mit à neiger si brutalement. On lui avait dit que ce phénomène ne se reproduirait sans doute pas avant un ou deux siècles. Mais il c'était vraiment sentit euphorique. Et malgré le fait que les autres enfants se soient encore écarté, il avait eut aussi envie de faire un bonhomme avec la neige. »
Et sa souffrance à elle, se transformait en colère, et sa colère en violence. Hinamori ne savait pas pourquoi elle ne supportait plus de le voir, elle ignorait ce qui la poussait à ne plus souffrir même le son de sa voix.
- Qu'est ce que tu me veux à la fin ! Cria presque la brune.
Hinamori se tourna brutalement.
- Qu'est ce que tu cherches ? Ca ne te suffit pas ? Laisse-moi tranquille !
Son reiatsu flambait dangereusement autour d'elle.
« Et son plaisir avait grandit lorsqu'elle l'avait rejoint. L'entendre maintenant aussi… Un éternel hiver, pour ne plus être seul
- … Moi aussi. Avait-il finit par marmonner.
Lui rendant pour la première fois un sourire, de loin incertain et vraiment maladroit. Avec un espoir si frêle qu'il en semblait douloureux et fragile. »
Il sursauta, ne comprenant pas bien. Le souvenir venait de s'évanouir pour faire face à son amie d'enfance.
- Que tu le veuilles ou pas, Hinamori je suis ton ami et j'ai le droit de m'inquiéter ! Tu vas mal !
Elle le dévisagea froidement, puis le dégout se peignit sur son visage à elle. La brune sentait la chape de noirceur revenir. Le brouillard s'épaissir avec cette montée de rage si brutale. Il ne comprenait rien, il ne voulait même pas essayer de comprendre !
- Arrête tes boniments… Il y avait quelque chose de froid dans son ton.
- Hitsugaya-taïcho. Je vous prierais de cesser de m'importuner de la sorte. Cracha-t-elle de toute sa hauteur.
- La seule chose que tu veuilles faire c'est détruire l'homme que j'admire le plus au monde ! Non, tu as détruit le but de mon existence ! Alors pardonnes moi de ne pas pouvoir te remercier. De ne plus pouvoir supporter de t'avoir sous les yeux !
Il n'en croyait pas ses oreilles. Si un autre shinigami entendait cette discussion, elle risquait de se faire radier !
- Aizen…
Elle le coupa :
- NE PRONONCE PAS LE NOM D'AIZEN-TAÏCHO !
Hinamori n'était plus que fureur bouillonnante. L'averse éclata comme d'habitude à cette période, sans préavis et violence. Il serra le poing… Encore cette homme, toujours cet homme.
- Je me fiche de ton Aizen ! Il a essayé de te tuer ! Il a trahit le Gotei ! Manipuler et assassiner une quarantaine de personne ! Et toi, toi ! Tout ce que tu trouves à faire c'est de te laisser mourir à petit feu pour un criminel !
Immature, impulsif et irréfléchi, Tôshiro n'arrivait plus à garder son calme lorsqu'il la voyait dans cet état. Hagard, méconnaissable et presque hystérique. Et dans un geste de déraison total, elle attrapa son katana et le dégaina. Portant l'arme contre le capitaine de la Dixième. Trop choqué pour y croire, il ne réagit pas de suite.
- Hina…
La lame déchira le haut de son uniforme en lui ouvrant un peu le ventre. Il recula instinctivement, puis se blessa la main en l'attrapant. Elle lui tomba dessus de tout son poids, le bruit du katana résonna par terre alors qu'elle le lâchait.
Que pouvait-il faire ? Rien ! Que pouvait-il comprendre ? Rien ! Que pouvait-il entendre aux raisons du capitaine Aizen ? RIEN ! La rage la rendait juste un peu plus folle.
- La ferme ! Tu vas encore me cracher ta pitié ? Me sauver du capitaine Aizen peut-être ? C'est ta faute ! Si tu n'étais pas là ! Si tu n'avais pas été là ! Si tu n'avais jamais existé… Elle reprit son souffle en serrant l'uniforme, haletante. Son regard fou se plongea dans celui du blanc, vide de toute cohérence et bon sens.
La douleur revint dans son ventre. Elle tira sur les vêtements, le soulevant près de son visage.
- Alors arrête de dire que tu t'inquiètes pour moi ! Arrête de faire comme si je comptais à tes yeux ! Tu es juste un sale égoïste ! Arrête de faire comme si nous étions amis !
Elle le repoussa brutalement, et l'arrière de sa tête heurta lourdement le sol, il gémit de souffrance. Le premier coup s'abattit sur son épaule, le suivant en pleine poitrine lui coupant le souffle. Il porta les mains à son visage, trop choquer pour faire autre chose. Les poings serrés frappaient avec fureur, un martèlement brutal, incessant. La douleur de la blessure à son abdomen filtra plus sourdement, Toshiro tenta de la repousser. Mais elle revint à la charge malgré le coup de pied au ventre qu'il lui lança après l'avoir éjecté.
Il s'essuya la lèvre en sang, levant un regard sur elle, juste avant qu'elle ne lui tombe de nouveau dessus. Le coup de poing heurta sa mâchoire, il ferma les yeux sous la souffrance. Et les rouvrit pour la voir se jeter de nouveau. Toshiro l'attrapa à bras le corps, ils roulèrent un moment dans la boue et l'eau de pluie qui se déversait sur eux.
- Je te déteste ! Je te déteste ! Il est partit et toi tu es toujours là !
Serrant ses poings elle le frappa au sommet de la tête l'assommant à demi.
- Hinamori !... Arrête !
Il la repoussa de nouveau, moins loin et plus maladroitement. Vautré par terre, elle se redressa et le frappa de nouveau, la gifle fut violente il s'étala par terre. Elle s'installa à califourchon sur ses jambes.
- Pourquoi ? Pourquoi es tu intervenu ? Pourquoi tu ne l'as pas laisser faire ?
Et maintenant toute sa colère rejaillissait avec force, sans qu'elle ne se contrôle. Cela faisait un moment qu'elle ne savait plus ce qu'elle faisait, ni pourquoi d'ailleurs. Elle lui en voulait plus que tout de ne pas l'avoir laissé mourir. Si Aizen-Taïcho avait essayé de la tuer c'est qu'il savait ! Il savait que sans lui elle n'avait plus de raison, plus aucune de vivre ici. De vivre tout court. Et Toshiro l'avait ramené.
Elle lui tint le col, le serrant presque à l'étouffer.
- Tu ne sais pas ce que c'est ! Tu ne sais pas ! De devoir l'attendre ! Indéfiniment ! Pour toujours !
Une main se posa sur sa joue, un contact qui la surprit dans le maelström de souffrance. Elle ouvrit les yeux se rendant compte qu'elle ne le voyait plus.
- Hinamori…
Cette voix… A qui pouvait-elle être ? Cette main… Sa tête lui faisait si mal. Et elle s'inclina juste un peu pour chasser cette fièvre qui lui brûlait la peau.
- Hinamori…
Son chignon était défait et pendait lamentablement sur son dos, le murmure se précisa sur les lèvres qu'elle pouvait enfin discerner dans l'obscurité.
- Pardon…
Du sang perlait sur cette lèvre fendue. Juste en dessous ses mains serraient le vêtement.
- Pardonne-moi, si je t'aie fait autant de mal…
Elle ne savait pas pourquoi la douleur s'était déplacée dans sa poitrine et lui serrait le cœur. Hinamori n'avait même pas conscience d'avoir crié et pleurer de rage. Elle se sentait simplement horriblement perdue. Et c'était sa faute…
- Je ne te laisserais plus jamais seul…
Les mains du petit capitaine entourèrent ses épaules, alors qu'elle semblait frappée d'une immobilité complète. L'étreinte pesa sur elle, son corps le refusa, sa respiration se bloqua. Ce n'était pas lui, il n'avait pas le droit de la tenir ainsi, jamais !
D'un mouvement de tout son corps, elle se jeta en arrière, le repoussant de nouveau. Puis elle le vit entièrement, ce garçon aux cheveux blanc.
- Ne m'approche plus jamais ! Cracha-t-elle en sentant le froid la gagner.
Toshiro, c'était lui, et elle ne voulait plus jamais qu'il la tienne. Parce qu'il ne pouvait pas comprendre. Elle respira plus calmement et plus librement et se mit à trembler. Le voile s'était éloigné… Et elle se sentait épuisée et dégoutée.
La pluie s'arrêta tout aussi brutalement, le vent souffla en balayant la place. Elle n'avait plus rien à lui dire. Hinamori n'avait besoin que d'une seule chaleur, et celle-là elle ne pouvait plus la retrouver. Péniblement, la brune se releva détournant ostensiblement le regard du blanc. Elle serra le katana jusqu'à avoir mal à la main, et s'éloigna en titubant un peu.
«- J'ai pensé que toi et moi on était pareils… J'ai pensé : pourvu que ça dure ! Pourvu qu'il face un éternel hiver ! Comme ça… Comme ça on pourrait rester comme ça pour toujours !
La brune sourit et souffla un nuage de buée avant de rire. »
…
Ichigo tourna la tête vers la porte en entendant le bruit de celle-ci. Il n'avait pas la moindre idée de l'heure qu'il devait être. Mais toute son attention se porta sur la silhouette qui entra à ce moment précis. Le capitaine de la Dixième n'avait pas pour habitude de lui faire un compte rendu de ses journées, et d'ailleurs il rentrait assez tard. Devant sans doute rester remplir des dossiers en plus, mais ce qui avait inquiété son cadet c'était qu'en rentrant il avait trouvé le haori et le katana du shinigami. Mais aucunes traces du capitaine. Ce n'était pas tous les jours que Tôshiro se promenait sans son haori et son katana ! Mais Ichigo c'était dit qu'il avait dû sortir faire les courses… Sauf que cela ne prenait pas autant de temps, les magasins devaient être fermés à une heure pareille. Puis révisant son diagnostic alors qu'il se cassait la tête sur un exercice dont il ne comprenait même pas l'énoncé, il avait même pensé qu'il avait eut un rendez-vous. L'option boîte de nuit évincée, après avoir passé trois quart d'heure à imaginer le blanc se faire refuser à l'entrée. Le repas avait refroidit, et il n'avait plus de raison valable pour ne pas se coller à ses « devoirs ». Quelque chose sur l'Histoire du Gotei, une Bataille des Cents Fleurs dont il ne comprenait même pas l'origine ! Que ce soit le nom, ou la bataille dit en passant.
Tôshiro fit claquer la porte, sa main tremblait et il respira en se mordant la lèvre mais grimaça aussitôt. La douleur était revenue… Il ne savait plus comment tout c'était passé. Il était juste trempé jusqu'à l'os. Le capitaine plissa douloureusement les yeux en voyant la lumière de la petite lampe allumé sur sa table. Sa vue était trouble, il avait vraiment mal, mais cela n'était pas dû au fait qu'elle l'avait quasiment rouée de coup.
Ah… Tient, c'est vrai Kurosaki dormait chez lui. Et son regard sec tomba sur le shinigami remplaçant dont la réplique venait de mourir.
" La neige… La neige avait finit par fondre, et il avait regardé les arbres reprendre leur couleur normal avec cette crainte. Il se souvint qu'il était retourné là bas un certain nombre de fois, la veille, l'avant veille, et celle d'avant pour la revoir. Puis au moment où il allait baisser les bras… Hinamori était arrivée en courant, essoufflée. Pour lui dire qu'elle l'avait cherché dans le village, et aux alentours. Que les gamins ne voulaient pas lui dire où il habitait, mais surtout qu'elle était heureuse de le revoir. "
Tôshiro était resté assit, fixant la place vide. Incapable de parler ou de faire un geste, encore moins d'effacer de sa mémoire la haine qu'elle venait de lui jeter. Puis la pluie était revenue. Et il c'était dit confusément qu'il devait rentrer, qu'il ne pouvait pas rester comme ça. Il en avait oublié Ichigo. Et le roux lui faisait face, il n'était pas couché.
Il devait prendre une douche, se changer et aller se coucher. Demain matin une journée rude l'attendait… Et il devait demander à Unohana si les examens d'Hinamori c'était bien passé.
Son geste s'arrêta à cette pensée… Hinamori.
C'est vrai… Qu'elle lui avait hurlé de ne plus jamais l'approcher. Elle souffrait, tellement… Sa douleur était si profonde… Ses jambes se dérobèrent sous lui. Tôshiro ne songea même pas à jurer en s'écroulant tout simplement. Et c'est sans comprendre qu'il vit le roux se lever et le rejoindre en deux enjambées.
- Tôshiro !
Qui avait-il ? Il ne comprenait pas son inquiétude. Il devait avoir vraiment une sale mine… La main se posa sur sa joue.
- Tu es blessé !
Il fallait être aveugle pour ne pas voir sa lèvre, et l'autre se mit à l'examiner. A deux doigts de le relever pour le porter jusqu'à un futon.
- Tôshiro !
Zut… Il ne comprenait pas… Il ne comprenait pas pourquoi elle le détestait autant ? La main se posa sur son épaule et son regard revint sur le visage d'Ichigo. Et le roux put lire toute la souffrance alors qu'il tremblait inconsciemment.
- Tôshiro… Murmura plus bas l'autre.
- Ça va… Lâcha-t-il d'une voix rauque.
Même si son corps disait le contraire, Ichigo sentit la main du blanc serrer sa manche avec force pour nier son discours.
- Ça va aller. Répéta Tôshiro sans cohérence.
Son autre main serrait son ventre douloureux, il inspira doucement.
- Tout ira bien. Mentit-il de nouveau.
Il fit un effort et cligna encore des yeux, juste une fois. Avant que son regard ne soit embué vraiment.
- Tu diras à Matsumoto de prendre sa journée demain…
Il voulait être seul… Garder les yeux ouverts empêchait les larmes de monter trop vite. Mais une nouvelle fois Kurosaki le dérangea en lui serrant doucement les épaules. Ce gamin allait encore lui faire un câlin à un moment pareil. Ichigo posa le front contre le sien et ferma les yeux.
- Il n'y a que les idiots qui ne pleurent pas quand ils ont mal. Fit avec sérieux le remplaçant.
Il aurait voulut mordre dans la plaisanterie, mais n'y arrivait pas.
- Comment on fait ? Lâcha-t-il d'une petite voix brisé.
Ichigo le serra contre lui.
- C'est la nouvelle leçon… C'est hyper dur, il faut une confiance absolue.
La main se crispa sur son bras.
- Raté. Siffla le blanc entre ses dents, incapable de lutter contre ses tremblements.
- Je savais que tu dirais ça… Ajouta le roux sans se laisser démonter.
- En fait… C'est facile, faut juste fermer les yeux.
Et avec douceur, il passa la main sur son visage et abaissa ses paupières.
- Tu vois... T'as réussi l'examen. Marmonna le remplaçant. Je savais que tu étais un génie.
Ichigo se pencha un peu plus sur lui afin de lui murmurer tout bas :
- Tu peux le faire… Je regarde pas.
Kurosaki était définitivement un idiot. Le faire pleurer lui… Et c'est ce qu'il craignait, les yeux fermés tout remontait si vite. Même les sanglots et la douleur. Tout, même les souvenirs… Et ça se brouillait dans sa tête.
Hyorinmaru regarda la lune disparaître sous les nuages sombres, le vent balaya l'étendu de glace, et le désarroi marqua ses traits. Dire que l'éclaircit se faisait à peine plus persistante ! Que pouvait-il faire ?
Le froid envahit le petit salon, le givre recouvrit les meubles. Ichigo serra un peu plus fort sa prise en lui passant lentement une main sur le dos.
- Tu devrais demander à ce qu'on mette le chauffage chez toi.
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Un chapitre sombre, douloureux et Ichigo dépassé. Lorsque la folie semble gagné la moindre petite parcelle de raison, et que la souffrance se répand comme une traînée de poudre.
Son problème à elle ? C'est qu'elle ne voulait pas rester.
Son souci à lui ? C'est qu'il ne pouvait pas la laisser partir en morceau.
Et le résultat entre eux ? C'est qu'ils sombraient ensemble.
Kurosaki arrivera-t-il à sauver le petit capitaine ? Jusqu'où ira Hinamori dans sa chute ? Comment Tôshiro le supportera-t-il ? Et si pour une fois notre shinigami remplaçant était tout simplement trop faible pour lutter. Et dans cet histoire, ils ne seront pas les seuls à souffrir. Kira, Matsumoto... Alors que l'ombre de Gin pèse plus que son absence.
Ce qui les lient tous ? Une corde de souffrance.
Merci de me lire et de me laisser vos impressions !
See you next time ? Review please !
