Alvin Coulter fait les cents pas dans son bureau, obsédé par la vision de Jade Sims et Albus Potter entrain de collaborer. Le vieux maître des potions a déjà transgressé bien des règles en offrant un enseignement plus poussé à son élève qui est probablement devenue sa seule favorite en plus de quinze années d'enseignements. Quand il a rencontrer la jeune fille pour la première fois, il a été touché par sa souffrance, cette tristesse qui la ronge d'avoir perdu la seule personne à l'avoir jamais aimé: sa mère. Il l'avait prise sous son aile, lui offrant un but, un exutoire pour passer au travers des obstacles qui s'amoncelaient sans cesse devant elle, l'empêchant de retrouver une certaine stabilité. Il lui avait appris tout ce qu'il sait et rapidement elle a développé une passion pour cette seule matière où on avait consenti à la laisser progresser…
Le samedi suivant, après avoir longuement réfléchit, il a enfin pris sa décision et va appliquer d`s aujourd'hui l'idée qui a germé et mûrit dans son esprit depuis la semaine précédente. Albus qui ne se doute de rien, pénètre dans le local de potion et constate que l'habituelle pile de chaudron à laver a disparut et Jade aussi d'ailleurs! Le professeur Coulter arrive avec cette dernière sur les talons et elle arbore un air étrange, presque inquiétant. Le sourire du professeur est quant à lui, presque trop joyeux, ce qui donne à Albus, un long frisson glacer le long de sa colonne vertébrale.
-Alors monsieur Potter, épuisé par le récurage, commence le professeur d'un drôle de ton.
-Ça va, répondit simplement Albus en baissant la tête.
-Votre punition va maintenant passer au niveau supérieur mon cher monsieur Potter. Je vous présente Jade, du moins vous la connaissez déjà je crois. Elle va vous aider pour votre prochaine mission…
-Vraiment!
Al a levé les yeux, cherchant le regard de Jade, mais elle garde la tête baissée, fixant le plancher avec un air renfrogné.
-Voyez-vous monsieur Potter, ça fait déjà plus d'un mois que vous nettoyez des chaudrons sans vous plaindre et ce même si je sais très bien que vous payer en ce moment pour un crime que vous n'avez pas commis. Je trouve cela dommage de gaspiller un temps si précieux de votre année de BUSE alors qu'il pourrait être plus constructivement investit. Je crois que le meilleure moyen de passer votre période de retenue dans un local dédié aux potions, c'est de faire des potions, déclare fièrement le professeur.
-Je ne comprends pas professeur.
-Je veux que vous travailliez, que vous vous amélioriez et que vous obteniez un optimal à votre BUSE!
-Je suis nul en potion professeur, vous le savez, vous m'enseignez depuis cinq ans, lui rappelle Albus.
-Pas si vous suivez des cours particuliers avec la meilleure tutrice...
Le professeur Coulter lui pointe Jade qui rougit du compliment, mais garde cependant les yeux baissés. L'enseignant a toujours été une peu hostile envers Al et ce depuis sa première année à Poudlard. Il faut dire que son frère James lui avait fait un coup assez humiliant l'année précédente et que le professeur en avait garder assez rancune pour détester et jeter son mépris systématiquement sur tous les enfants Potter. Devant l'accueil hostile inexplicable de son enseignant, Al qui souffrait déjà à cette époque d'un manque flagrant de confiance en lui, c'était mit à collectionner les gaffes dans les cours de potions. Il était assez peu habitué de rencontrer une personne aussi froide, voir même méchante à son égard, surtout quand on sait qui est son père. C'est probablement la raison pour laquelle Al a depuis longtemps renoncé à écouter en classe, lui qui pourtant est généralement couvert de compliments pour son assiduité par ses autres professeurs.
Le professeur Coulter prend rapidement congé, les laissant seul pour gérer les détails de sa décision étonnante et inattendue.
-Alors tu vas m'enseigner les potions, demande Albus à Jade avec un léger malaise.
-C'est l'idée générale, répondit Jade qui fuit toujours son regard.
-Pourquoi?
-Ce n'est pas mon idée, mais il semble qu'il ne me laisse pas le choix! Il a découvert que je visite la section interdite de la bibliothèque, alors pour moi c'est une forme de punition aussi, lui explique-t-elle.
-Si tu n'en as pas envie de le faire, je comprendrai, mais honnêtement, pour moi c'est toujours mieux que de nettoyer la vaisselle! Si en plus si tu es capable de me faire obtenir, bon peut-être pas un optimal, mais au moins la note de passage, il n'y a pas que le professeur Coulter qui en sera satisfait. Je te préviens par contre, je n'ai pas menti tout à l'heure, je suis vraiment nul, ce ne sera pas une partie de plaisir d'essayer de m'apprendre quoi que ce soit dans cette ennuyeuse matière…
-Je vais faire de mon mieux et pour commencer, cesse de dire que tu n'aimes pas ça! Personne n'aime échouer et il est difficile d'apprécier une matière où on a de la difficulté, mais au moins ne le dis plus à voix haute, comme ça je n'aurai pas l'impression de te torturer.
-Alors, par quoi on commence?
-Il y a 15 potions possibles qui peuvent être pigé lors de l'examen du BUSE, il faudra que tu les maîtrises toutes le plus parfaitement possible. Optimal est une note difficile à obtenir, mais je crois qu'avec de la pratique, ce n'est pas totalement inaccessible.
-Attend de me voir travailler avant d'énoncer des paroles si optimistes. De toute façon, la note de passage me sera bien suffisante et c'est déjà espérer beaucoup de moi, répond Al encore incrédule face à la situation.
-Règle numéro un, vise toujours le sommet et la perfection, c'est le meilleur moyen de t'y rendre.
-Le meilleur moyen d'être déçu tu veux dire.
-Peut-être oui, si tu échoues, mais si tu réussi, imagine la fierté que tu va ressentir en recevant ton relevé de notes.
Jade et Al se mettent donc au travail. Elle sélectionne une potion, somme toute assez simple à réaliser et le laisse faire sans intervenir afin de mieux comprendre les forces et les faiblesses de son nouvel apprenti.
En cours de préparation, elle analyse chacun de ses gestes, chacune de ses techniques et ce sans rien dire. En très peu de temps, elle a déjà rempli une page pleine de notes de ce qu'elle a constaté qui ne fonctionne pas dans sa façon de faire. Son défaut le plus flagrant, c'est le manque d'organisation, probablement causé par le fait qu'il ne lit tout simplement pas complètement la recette jusqu'au bout avant de commencer à la faire. Ce détail très important fait en sorte qu'il n'est jamais prêt au moment opportun. Par exemple, il fait bouillir son eau avant même d'avoir terminer de râper sa racine et lorsqu'il doit ajouter l'essence d'Iris pourpre après le premier signe d'ébullition, la fiole du produit se trouve toujours dans une armoire au fond de la classe et le temps qu'il revienne avec pour l'ajouter, sa potion a déjà viré au vert.
Au bout du premier deux heures à le regarder massacrer une mixture qu'elle réalise pour sa part les yeux fermés, elle lui propose de la regarder elle, effectuer la même potion. Le temps d'exécution de cette dernière fut réduit du trois quart par rapport au sien et le résultat fut plutôt exceptionnel, c'est même au-delà d'un optimal selon Al. Il remarque alors que la jeune femme a raturé et dessiné dans son livre de recette de potion, comme si les instructions de base de la recette comportaient des lacunes auxquels elle a pallié, améliorant son résultat final.
-Tu dois lire ta recette avant d'entamer quoi que ce soit, lui explique-t-elle. Moi je m'écris des repères dans mon livre pour m'aider à comprendre les étapes qui ne peuvent être dissocié. Je fais aussi beaucoup de préparation avant même de faire chauffer mon chaudron ce qui me permet d'être toujours prête au bon moment pour l'ajout d'ingrédients. On croit sauver du temps en commençant immédiatement, mais comme tu peux le constater, c'est tout le contraire.
-Finalement tu change pratiquement l'ordre de toutes les étapes, constate Al.
-Comme je te l'ai déjà dit, certaines de ces recettes sont écrites depuis trop longtemps et ont besoin d'être peaufiné et préciser. Quand par exemple on dit mettre quelques gouttes de bismut, mois j'ai remarqué que ma potion à une plus belle texture si j'en met 4 plutôt que 3 ou 5. Le mot quelques ne devrait pas faire partie d'un livre destiné à l'apprentissage des élèves qui ne connaissent visiblement pas assez l'effet de chacun des ingrédients pour en comprendre vraiment l'importance.
-Qui voit vraiment la différence, à par toi évidemment.
-Les évaluateurs du BUSE, le professeur Coulter et n'importe quel client à qui tu vendrais ta potion et qui espère d'une fois à l'autre avoir la même qualité et le même résultat.
Albus décide de ne pas argumenter d'avantage avec la jeune femme. Elle a raison, les recettes ont besoin d'être parfois précisées, mais ces livres existent depuis si longtemps qu'ils sont presque devenus sacrés et intouchables! Jamais les vieux sorciers accepteront qu'une jeune ambitieuse de la maison Serpentard essaie de modifier ces ouvrages à grande échelle.
Les 4 heures de retenue passèrent si vite que le professeur Coulter dû presque les chasser du local pour qu'ils arrêtent de travailler. Albus demande à Jade en sortant de la classe :
-Toute cette histoire ne te retardera pas dans ton projet de recherche?
-Mon projet de recherche, c'est le projet d'une vie, j'ai tout mon temps tu sais et bien des occasions pour travailler.
-Tu es vraiment une passionnée en tous cas, ça se voit. Au début je me disais que tu n'es qu'une ambitieuse, prête à tout pour plaire à ton professeur, mais je me rends compte que ça ne te caractérise pas complètement.
-La fameuse étiquette Serpentard… Je ne crois pas que quatre maisons soient suffisantes pour réellement catégoriser les gens et en plus avec les années, on change, on évolue. Il faudrait presque repasser sous le choixpeau magique à chaque année scolaire pour savoir si la maison où nous sommes nous convient toujours.
-C'est la première fois cette année que je sens que j'ai ma place chez les Gryffondor, confie Al en toute franchise.
-Parce que tu as eu le courage de prendre la place de ton frère et de subir la punition?
-Entre autre, mais je ne sais pas trop? Avant je me sentais presque comme un Serdaigle, plus studieux que fonceur, mais pas forcément remplit de sagesse, ça je dois l'admettre! Peut-être l'ais-je pensé uniquement parce que mon professeur préférer est le professeur Sanders qui est aussi le directeur de Serdaigle.
Jade se raidit en entendant le nom du professeur de défense contre les forces du mal, ce qui n'échappe pas au sens de l'observation aiguisé de Al qui lui demande :
-On dirait que tu ne le portes pas dans ton cœur?
-Disons que le fait que je me crois aussi nulle en magie vient en partie de ma piètre performance dans son cours et de ses commentaires sarcastiques à mon égard! D'autant plus que cette année, c'est l'année des duels devant publique pour nous les élèves de quatrième année et qu'il n'y aura plus qu'en classe que je vais me faire humilier, mais devant toute l'école!
-Tu as encore plusieurs mois pour t'entraîner!
-Mais ça ne sera pas suffisant. Tu te dis nul en potion, c'est parce que tu ne m'as pas vue essayer de lancer un sort de désarmement! Je suis, pour le professeur Sanders, la pire élève à qui il n'a jamais enseigné et il ne rêve que d'une seule chose, que je lâche son cours après les examens de BUSE de l'an prochain!
-C'est bizarre de t'entendre parler de lui de cette façon, c'est comme si ce que tu penses du professeur Sanders c'est ce que moi je pense du professeur Coulter. À chacun sa perception j'imagine!
Albus rejoint sa cousine Rose à la table des Gryffondor pour prendre son repas du midi. Il réalise qu'il a vraiment faim et c'est probablement dû au fait qu'il s'est autant cassé la tête depuis la matinée. Elle arrivant près d'elle il constate que cette dernière semblait plutôt agitée, voir même anxieuse, ce qui n'est pas dans ses habitudes.
-Tu n'as pas l'air de bien aller Rose, que t'arrive t'il, lui demande Al avec inquiétude.
-C'est Scorpius Malefoy, il m'a demander un truc étrange, mais peu importe… Je n'ai pas vraiment envie de parler de lui pour le moment. Toi tu as l'air plutôt de bonne humeur pour un professionnel du lavage de chaudron.
-J'imagine que je commence à m'habituer à mes samedi matin de retenue et je me suis même rendu compte que je commence à développer mes biceps à force de récurer, répond Albus en étant tout aussi évasif que sa cousine sur les raisons de son humeur.
Le lendemain, c'est le jour de la sortie à Pré-au-Lard. Les élèves très excités, discutent vivement autour de leur table en avalant leur petit déjeuner. Albus lui, déprime un peu de ne pas pouvoir y aller lui aussi. Il jette un regard vers son frère qui semble plein de projets pour cette journée, plus particulièrement en compagnie de sa petite amie à qui il fait des signes assez explicites.
Rose lui propose de lui ramener des friandises de la confiserie, mais Al avait espéré que ce soit son frère qui le lui propose étant donné que c'est en grande partie de sa faute si la sortie au village lui est interdite. Ce dernier l'a d'ailleurs évité encore plus depuis quelque temps et ses amis semblent le dévisager étrangement, comme s'ils l'avaient maintenant catalogué comme un moins que rien facilement manipulable et non comme le courageux héro qui purge fièrement la punition à leur place.
Peut-être se fait-il simplement des scénarios dans sa tête, mais c'est un peu comme ça qu'il se sent par rapport à l'indifférence de son grand frère. Les élèves prennent place dans les diligences et Al les regardent partir par une fenêtre à l'étage, un peu comme son père avait dû le faire à l'époque de sa troisième année, quand personne n'avait accepté de signer son autorisation de sortie. De sa fenêtre, il aperçut soudainement au loin, une jeune femme aux longs cheveux noirs dans le parc du château qui semble se diriger vers le hangar à bateau. Intrigué et n'ayant rien d'autre de constructif à faire, il décide de la suivre.
Elle prend une barque pour atteindre une des petites îles situées non loin, au beau milieu du lac. L'air frais du début novembre lui fouette le visage, mais il décide tout de même de la suivre, en prenant place dans une autre barque. Une fois arrivé sur l'île, il essaye d'être le plus furtif possible afin de pouvoir l'épier un peu avant de la surprendre. Il la trouve alors dans une bien étrange posture. Elle a enlevé ses souliers, roulé ses jeans jusqu'à ses genoux et elle a les deux pieds dans l'eau glacée du lac, un peu comme le professeur Londubat le fait parfois lorsqu'il ramasse des plantes aquatiques, mais ce n'est pas ce qu'elle s'apprête à faire.
Baguette en main, elle essaye de jeter un sort qui ne fonctionne visiblement pas. Ses cheveux sont inhabituellement détachés et ils volent dans tous les sens à cause de la brise. Albus qui manque de furtivité, fait alors involontairement craquer une branche sous ses pieds et la jeune femme aux aguets se retourne d'un coup sec dans sa direction.
Ses yeux, il n'oubliera jamais ses yeux à ce moment là! C'est comme si une flamme brille à l'intérieure, comme si les paillettes de dorer qui parsèment ses yeux bleus, ont pris le dessus l'espace d'un instant, modifiant sont regard. Dès qu'elle l'a reconnu, la flamme s'éteint et la colère monte en elle.
-Pourquoi est-ce que tu me suis tout le temps, tu n'es pas à Pré-au-Lard avec tes amis?
-Toi non plus à ce que je sache!
-Je n'ai pas le droit d'y aller, je n'ai pas d'autorisation signée, mais toi?
-Ça fait parti de ma punition, tout comme les retenues du samedi. Je suis interdit de visite au village jusqu'à nouvel ordre, mais la vraie question n'est pas là. Qu'est-ce que tu fait ici sur cette île? Il fait un peu froid non pour avoir les deux pieds dans l'eau?
-Je pratique mes sorts, en quoi ça te concerne?
-Depuis cinq minutes que je t'observe et je n'ai vues aucun sort se manifester, dit Albus un peu méfiant.
-Je te l'ai déjà dit, je suis nulle en magie!
-Je ne crois pas que le fait de te mettre pied nu dans l'eau glacé va y changer quoi que ce soit, sauf peut-être si tu veux tomber malade!
-Crois-moi, c'est beaucoup mieux ainsi, dit-elle évasive.
-Laisse-moi t'aider, lui propose Albus.
-Tu n'as aucune idée de ce dans quoi tu t'embarques, le prévient Jade d'un étrange ton dramatique.
-Je suis prêt à tenter le coup! Tu m'aides bien en potion et je suis le plus dangereux sorcier de Poudlard dans cette matière, s'amuse Albus.
- Ton incapacité en potion n'est rien à côté du danger que je représente avec une baguette!
-Tu veux parier, je suis prêt à prendre ce risque! Aller sort de ce lac glacé, on va essayer un truc.
Jade hésite un moment, mais devant la sincérité des yeux verts de Al, elle n'a pas la force de protester d'avantage. De toute façon, elle sait qu'il ne réussira pas à lui faire réussir quoi que ce soit, alors où est le danger?
-Quel sort essaie-tu de lancer dis-moi?
-Aguamenti.
-J'imagine que c'est pour cela que tu as les pieds dans l'eau. Tu n'as pas besoin de sentir l'élément visé pour le faire apparaître tu sais.
-Ça ne peut pas nuire, j'imagine.
-Tu sais la magie, c'est une question de concentration et de force mental. Tu dois la sentir couler en toi et c'est là que tu deviens apte à réussir un sort. Si tu ne le veux pas assez fort, alors tu échoues, ce n'est pas plus compliqué que ça! Le mouvement de baguette est tout aussi important car il permet de propulser et d'amplifier la magie, mais le plus gros du travail se produit à l'intérieur du sorcier lui-même.
Albus lui fait une démonstration du sort, puis il lui demande de s'approcher. Il lui dit ensuite de lui tenir la main et de mettre son bras le long du sien lors de l'exécution du sort pour qu'elle capte mieux le mouvement et qu'elle sente l'effluve de la magie se propager en lui. Albus n'a pas réalisé sur le coup en lui demandant cela la proximité physique que ce simple geste, qui semble si anodin dans sa famille, provoque entre eux. Il en est même légèrement troublé, mais jamais autant que le trouble qu'il croit maintenant percevoir en elle qui semble un peu bloqué embrouiller sens.
La jeune femme l'a cependant senti, cette magie qui se répand partout au travers de son corps, cette magie qui a longé le bras de Al avant d'être expulser au bout de sa baguette avec une puissance assez impressionnante. Devant la force de son émotion, elle s'écarte de lui assez vivement.
Albus la regarde, mais elle fuit son regard. Il comprend alors qu'elle n'a probablement pas l'habitude des contacts physiques, aussi innocent soit-il, parce qu'au fond que sait-il vraiment à propos de sa famille, de son éducation, du genre d'amour reçu par ses parents.
-Je suis désolé Jade, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Je viens d'une famille qui est plutôt physiquement démonstrative alors, je n'ai pas pensé une seule seconde que peut-être tu n'est pas vraiment habitué qu'on te touche.
-Ce n'est rien, le rassure-t-elle. J'ai juste été surprise de sentir le sort émaner de toi, c'est plus ça qui m'a effrayé qu'autre chose.
-Je t'ai observé tout à l'heure, tes mouvements de baguette son si brusques, je ne comprend pas pourquoi le professeur Trey en sortilège ou le professeur Sanders en défense contre les forces du mal ne t'ont jamais corrigé auparavant. Habituellement ils s'occupent de rectifier cela en première année.
-Peut-être ont-ils jugés que ça ne valait pas la peine de gaspiller leur temps avec moi!
-Mon père, quand il était en cinquième année, à donner des cours à ses amis en défense contre les forces du mal à cause d'un professeur incompétent qui les empêchaient d'apprendre à se défendre. Notre professeur de botanique, monsieur Londubat, faisait parti de ses élèves. Il était considéré comme le sorcier le plus nul de son âge, presque un craquemol et mon père l'a aider et il est devenu un très bon sorcier aujourd'hui et il a combattu l'un des plus puissant mage noir de l'histoire de notre monde alors que tous le sous estimait, y compris sa propre grand-mère. Si lui a pu le faire, toi aussi tu le peux!
-C'est ta façon de suivre les traces de ton père, en aidant une sorcière nulle à apprendre la magie?
-Tu aides bien un mauvais élève en potion à réussir, ce qui pour le moment, lui semble tout aussi impossible à accomplir que ce que tu penses de toi avec une baguette.
-Si j'accepte ton aide, promet moi de garder secrète toute cette histoire de leçon de magie, même face à tes amis les plus proche, même face à tes parents et tout particulièrement face aux professeurs, promet le moi, dit elle d'un ton grave.
-Tu veux quoi au juste, un serment inviolable, ironise Albus.
-Non, mais juste ta parole et je sais vu comment tu reste fidèle à ton frère, malgré la façon dont il te traite, que ta parole vaut vraiment quelque chose!
-De quoi tu parles à propos de mon frère?
-Je t'ai observé et j'ai vu comment tu essayes d'attirer son attention, comment il t'évite et comment ses amis te traite aussi. Je ne suis pas aveugle tu sais, lui dit Jade avec un ton rempli de certitudes.
-Toi, tu m'observes, questionne le jeune homme intrigué.
-Tu m'as bien suivi jusqu'ici aujourd'hui, répond la rougissante jeune fille.
-D'accord on fait un pacte… Je te donne des leçons de magie et tu as ma parole que je n'en parlerai à personne! Toi tu continues à m'enseigner les potions jusqu'à ce que j'obtienne un optimal à mon BUSE et ce même si le professeur Coulter change d'idée et recommence à me faire laver la vaisselle!
-En fait, je voudrais que tu m'apprennes surtout les sorts qui me permettront de pouvoir faire bonne figure au concours de duel devant toute l'école. Pas le remporter évidemment, juste avoir l'air moins craquemol. J'en aie assez que les autres Serpentards me regardent de haut et j'aimerais impressionner mon père dans la foulée.
-Au fait, parlant de père, pourquoi il ne signe pas ton autorisation pour Pré-au-Lard?
-Il dit que c'est trop dangereux, se contente de répondre Jade.
-Pré-au-Lard, dangereux, il ne doit pas sortir beaucoup!
Albus rentre peu de temps après avec sa barque et Jade avec la sienne. Il voulait partir rapidement en quête d'un local idéal pour lui faire pratiquer discrètement ses sorts. Il doit aussi créer une sorte de plan de cours et sélectionner les meilleurs sorts à lui apprendre pour les duels. Ce projet le stimule vraiment car il a enfin l'impression d'être utile à quelqu'un et d'être digne de sa famille en suivant un peu les traces de son père, même si pour le moment il doit en faire un secret.
Actuellement, elle n'est même pas en mesure de jeter un simple sort d'aguamenti! Il doit donc commencer par ce genre de base avant même de penser aux duels et aux sorts plus complexes nécessaires. Il demeure tout de même étonné que personne n'a jugé bon de corriger ses bases avant lui. Peut-être s'est-il passé quelque chose dont il ignore tout et qui lui a donné une mauvaise réputation auprès des enseignants, un peu comme lui avec le professeur Coulter, mais de là à ce que tous les enseignants de matière nécessitant une baguette se soit ligués contre elle…
Pour garder secrète leur entente, elle devra aussi apprendre à jouer la comédie face à ses professeurs et à leur cacher ses progrès en magie, du moins jusqu'à ce qu'elle décide de leur montrer ce dont elle est réellement capable. Si elle décide d'attendre jusqu'au duel, elle en aura pour des mois de mensonges, mais pour une Serpentard, ça ne devrait pas poser problème.
Albus repense alors à ses yeux, ces flammes qu'il y avait vu briller, de vraies flammes, pas un reflet du soleil. Il décide cependant de ne pas interroger Jade la dessus pour le moment, préférant ne pas risquer de briser leur entente si fragile, mais il gardera cette image en tête et se promet de bien l'observer quand il passera du temps avec elle afin d'en trouver l'explication la plus logique.
Les semaines de novembre passèrent assez rapidement et décembre arrive avec la première neige. Il ne reste que deux semaines avant les vacances de noël et Albus et Jade ont beaucoup progressé dans leurs leçons respectives. Albus passe maintenant tout ses samedi matin à apprendre les potion en retenue avec elle et tous ses dimanche matin à l'aider à maîtriser sa magie et ses sorts de base. Il a trouvé une salle de classe abandonnée au sixième étage, dans une section du château qui avait été incendié il y a six ans et qui n'a pas encore été restaurée.
L'avantage des dimanche matin, c'est qu'aucun élève ne semble se lever assez tôt pour les surprendre à rôder ensemble dans les couloirs, même pas les professeurs qui profitent eux aussi de ce moment de liberté pour faire la grasse matinée. Jade a confié à Albus que le professeur Trey a remarqué un léger changement dans ses mouvements de baguette dans le cours de sortilège et l'a même encouragée à continuer dans cette voie.
Albus est étonné que la jeune femme soit si surprise de l'encouragement de son professeur. Plus il la côtoie, plus il sent qu'elle lui cache un lourd secret. Elle est encore aussi terrifiée par sa magie, pas par le fait de ne pas réussir, mais bien par le fait de trop bien réussir. Il l'a senti encore plus un matin, alors qu'il lui a appris à maîtriser un sort de feu. Il a constaté ce jour là la véritable puissance de sa magie, une puissance refoulée, mais indéniablement présente. Elle est même plus puissante que lui et il réalise qu'elle est loin d'être craquemol, malgré les rumeurs qui courent à son sujet.
Quand il lui apprend enfin le premier sort de désarmement pour les duels, le fameux Expelliamus, il lui a tenu le bras et la main, comme ce jour là au lac, afin de bien la guider et de bien ressentir la volonté dans son action. Quand la magie a coulé en elle pour sortir au bout de sa baguette, il a ressenti une telle vague de puissance que son cœur en a sauté un battement.
-Wow, tu as un tel potentiel magique, je ne comprend pas pourquoi les enseignants ne te prête pas plus d'attention.
-Peut-être ont-il peur de moi, de ce que je pourrais devenir, lui confie-t-elle sincèrement.
-Parle moi de toi, de ta famille, de tes parents, j'ai envie de te connaître mieux, de te comprendre!
-Seulement si tu me confie réellement quelque chose que j'ignore sur la tienne, réclame Jade.
-Vous les Serpentards c'est toujours donnant, donnant n'est-ce pas?
-Et cela t'étonne?
-Pas le moins du monde, plaisante Albus.
-Alors, qu'as-tu à me raconter, insiste Jade.
-J'aime mon frère James… mais je crois qu'il ne m'aime pas. Il me tolère, mais il me déteste. Je croyais que le fait de me faire punir à sa place le rendrait plus proche de moi, mais au contraire, il s'est encore plus éloigné. Plus je veux être près de lui, plus il me fuit. Pourtant enfant, nous étions inséparable, je ne sais pas pourquoi il a changé à ce point?
-Ignore le toi aussi et laisse le venir à toi. Peut-être est-il lui aussi jaloux de toi?
-Jaloux de quoi. Il est beau, fort, talentueux, charismatique, apprécié et il sort avec la plus jolie fille de toute l'école, sans offense... Il est respecté, surtout depuis qu'il a été nommé capitaine de l'équipe de quidditch et son avenir dans ce sport est presque certain.
-Mais tu sembles beaucoup plus proche de ton père que lui à ce que j'ai compris. Ça n'est peut-être pas forcément à cause de l'école qu'il a ses sentiments envers toi. En plus James Potter attire aussi la haine de beaucoup d'élèves des autres maisons et pas uniquement que des Serpentards, alors que toi…
-Alors que moi je suis invisible! Après seulement une semaine d'hostilité de la part des élèves de ta maison, ils ont rapidement lâché prise, comme si finalement je n'étais pas important malgré ce qu'ils croient que j'ai fait.
-Ce n'est pas vrai, tu n'es pas invisible. La preuve, tout le monde te connaît, tu es le fils de Harry Potter, celui qui lui ressemble le plus physiquement et celui qui lui ressemble le plus au niveau du cœur à ce qu'on raconte. Tu es tolérant et peu importe avec qui tu parles, tu ne semble jamais les juger de haut et crois moi, si les Serpentards te laisse tranquille malgré ce que tu prétends leur avoir fait, c'est bien à cause de ce trait de caractère. Tu ne t'es jamais dit que ton frère pouvait être jaloux de ce lien unique que tu partages avec ton père et de cette ressemblance avec lui.
-Honnêtement, je n'avais jamais vu les choses sous cet angle, à croire que tu me connais mieux que je ne me connais moi-même... À toi maintenant, parle moi de ta famille.
-Ma mère est morte quand j'avais 8 ans, dans un incendie. Nous vivions dans une réserve amérindienne dans le nord du Canada et un feu de forêt a ravagé notre village. J'ai essayé de la sauver, mais sans succès. Mon père lui, n'était même pas au courrant de mon existence, ma mère ne lui avait jamais dit qu'elle avait eu un enfant de lui. Il faut dire qu'ils étaient tous les deux très jeunes, elle n'avait que 16 ans quand il l'a mise enceinte. Comme elle n'était qu'une simple moldu alors que lui était un sorcier promis à une brillante carrière dans son monde, elle l'a quitté et lui a cacher mon existence. Elle a fuit le plus loin possible, sachant qu'elle n'aurais pas pu l'aider dans son ambition, bien au contraire. Elle s'est accordée avec lui qu'une seule nuit de passion avant de l'abandonner, mais elle n'avait cependant pas prévu mon arrivée.
Jade fait une pause. L'expression sur son visage est douloureuse et il n'est pas certain qu'elle reprenne son récit, mais au bout d'un moment de silence elle poursuit.
-Quand mon père m'a vu pour la première fois, il l'a tout de suite reconnu en moi. Son nez, ses lèvres, ses yeux, mais mes cheveux, ce sont définitivement ceux de mon père. À mon arrivé à Poudlard, le professeur Coulter m'a prise sous son aile et c'est pour cela que j'éprouve de l'affection pour lui. Il est comme un père pour moi bien plus que mon propre père... Je crois que je suis comme l'ombre d'un souvenir qu'il a enterré au fond de lui durant longtemps et qu'il doit confronter à chaque fois qu'il me voit maintenant.
-Tu crois qu'il ne t'aime pas?
-Difficile à dire… Il a fait des choses pour me protéger qui prouvent qu'il tient un peu à moi ou du moins au souvenir de ma mère. Il m'a offert cette vie dans son monde alors qu'il aurait pu simplement me laisser croupir dans un orphelinat.
-Mais il ne te porte pas l'attention que tu mérites. De toute façon, cette vie qu'il t'a offerte, tu y aurais eu droit même sans lui! Tu es une sorcière après tout! C'est clair que le ministère serait intervenu comme avec les enfants nés-moldus et que ta place à Poudlard était déjà réservée depuis ta naissance!
-Je n'en suis pas si sure…
-Moi je te le confirme, tu es une sorcière puissante, les professeurs auraient dû le reconnaître au lien de briser ta confiance en comme ils semblent bizarrement le faire.
-Ils ont peut-être peur de cette puissance... Tu as entendu la légende concernant l'arrivé d'un nouveau seigneur des ténèbres. Un sorcier puissant, incontrôlable qui causera encore plus de dommage que Voldemort lui-même.
-Ils ne pensent quand même pas qu'il pourrait s'agir de toi, lui dit Albus incrédule.
-Pourquoi pas. Imagine s'ils avaient su à l'avance ce que Tom Jeudusor allait devenir et qu'ils avaient pu l'empêcher d'acquérir les connaissances de bases en magie! Crois-tu qu'il lui aurait enseigné de la même façon comme à n'importe quel autre élève?
-N'empêche que… je ne pense pas que tu veuilles faire du mal aux gens, aussi puissante puisses-tu être.
-Peut-être pas volontairement. L'enquête sur l'incendie qui a ravagé mon village a prouvé que le feu qui à détruit notre demeure a été plus fort dans ma chambre que n'importe où ailleurs sur le territoire et qu'il y a de fortes chances qu'inconsciemment, j'ai déclanché moi-même cette incendie qui a tué ma propre mère et détruit des centaines d'hectares de forêts.
-Tu as dit le mot juste, inconsciemment! Je ne pense pas, juste à voir comment la mort de ta mère te fait souffrir, que tu as volontairement souhaiter faire du mal à qui que ce soit.
-Et si cette magie inconsciente prenait le dessus sur moi et me transformait en monstre?
-Raison de plus pour essayer de la contrôler et arrêter de la craindre. C'est déjà un bon début tu ne crois pas?
Jade réfléchit un instant et reprend la parole un peu gênée :
-Je voudrais te prêter un livre, un livre de la section interdite et je voudrais que tu lises le chapitre 15. Il y a quelque chose que tu ignores à propos de moi et je ne me sens pas capable de t'en parler directement en face, mais j'ai besoin que tu le saches avant de continuer notre petit arrangement... Ensuite tu décideras si oui où non tu veux encore m'apprendre à contrôler ma magie…
