Bien, et si nous passions aux choses sérieuses ? (rire sadique) Et veuillez m'excuser pour ce looooooooong entracte. Héhé… Désolée. Exceptionnellement, vous avez l'autorisation de m'insulter si le cœur vous en dit… (mais molo quand même… hein ? Oo' )

Réponses aux reviews :

Ana : Et bien, je vais te faire une confidence : Raziel/Hermione est également mon couple préféré ! Mais les autres ne sont pas loin derrière (je précise afin d'éviter ces chers tomates…) Et depuis le temps, je suppose que tes dents sont en pleine forme… Mouarf, j'abuse quand même. Sorry. Merci et bises, Ana.

POH : Lol pour le 5 fois. Et nan, je ne sais pas pourquoi ça ne marche pas avec toi… C'est étrange. Sinon, en ce qui concerne les portes et ta question… Ben en fait, nan, j'invente tout au fur et à mesure. (d'où la lenteur de mon écriture par moment… bon ok, souvent ) Mais bon, le schéma de l'histoire globale est dans ma petite tête depuis le début. En tout cas, merci pour la review. Bises à toi.

Zofia : Ben, en ce qui concerne l'attente… Là je crois que j'ai battu tous mes records. Désolée, pour ta première review, c'est pas très sympa… mais je me rattraperai ! Et merci à toi aussi, c'est un plaisir que d'écrire pour vous. Bises Zofia !

Medusaa : Yep… pour le bientôt c'est loupé… (héhé, posez ces armes, chers lecteurs vénérés…) Je sais que là, je mérite des baffes. Mais rassurez-vous, ce genre de chose n'arrivera plus. Sinon, j'espère que la suite te plaira. Bises miss.

Haryherron : Lol, nan, ce n'est pas Raziel qui fait neiger. Même pas sûre qu'elle puisse le faire quand elle aura ses pleins pouvoirs… En ce qui concerne les démons, la situation va se compliquer grandement par la suite. Plus sombre en gros. Vilà, bises.

Amand1 : Et bien, merci pour le compliment, ça fait toujours plaisir (angel sanctuary powa ). Sinon, les coming out risquent d'être amusants à écrire en effet, et donc à lire, j'espère… m'enfin, ils interviendront un peu plus tard parce que pour l'instant… enfin, vous verrez bien. Merci pour ta review. Bises.

Je tiens à vous remercier pour votre fidélité (aux plus ancien(ne)s) et votre arrivée (aux plus récent(e)s). Merci beaucoup à vous tous.

Et voici un chapitre de transition (donc assez calme) entre le monde de Oui-Oui et les enfers…


3. Le rêve écarlate

La nuit, paisible, étendait son manteau sur le château sorcier. Ils avaient fêté Noël dignement, dans la joie et la bonne humeur et Harry ne pouvait se défaire de son sourire. Il avait eu droit à l'éternel pull tricoté par Mme Weasley avec un vif d'or magnifique sur la poitrine, un lourd bouquin sur les Origines du Quidditch de la part d'Hermione, une nouvelle panoplie pour prendre soin de son balai de Ron, et bien d'autres encore. Ils avaient tous, en l'espace de cet instant, eu l'impression de retrouver le bonheur des années où le lord noir était affaibli. Oui, vraiment, un Noël que le survivant gardera sans doutes longtemps en mémoire.

Avant de s'endormir, il passa ses doigts sur la gourmette que lui avait offert Draco, un sourire tendre sur les lèvres. Son serpentard lui avait fait le plus beau des cadeaux : une fine gourmette en or gravée d'une tête de lion. Harry la regarda encore une fois. Il se tourna vers son serpentard endormi et lui déposa un léger baiser sur la tempe avant de le rejoindre dans les bras de Morphée.


: Harry ! Harry !

Le survivant se débattait dans leur couverture, en sueur, criant d'une voix suppliante son angoisse et sa tristesse. Il faillit assommer Draco qui tentait désespérément de le réveiller. Le serpentard évita le coup et il resta un instant stupéfait en découvrant une larme qui roulait lentement sur la joue de son survivant. Fronçant les sourcils, il attrapa fermement les poignets de Harry et il l'appela encore d'une voix un peu plus forte. Le célèbre gryffondor sortit de son rêve et il posa des yeux perdus sur le blond, visiblement très désorienté. Draco pouvait le sentir trembler et il l'attira à lui pour tenter de le réconforter.

: Que t'arrive-t-il ? Lui murmura Draco au creux de l'oreille d'une voix apaisante.

: … Rien. C'était juste… Un cauchemar, répondit Harry d'une voix chevrotante.

: Ce n'était pas rien pour te mettre dans un état pareil, Harry, répliqua le blond. Raconte-moi…

: N… Non, je ne peux pas, fit Harry en tremblant de plus belle, essayant de s'éloigner du serpentard.

: D'accord, d'accord, mais reste tranquille, concéda Draco en le retenant dans ses bras.

Le survivant se laissa faire et posa la tête sur l'épaule de son compagnon, le regard perdu dans le vague. « Impossible… » Des images de son rêve revenaient sans cesse le hanter. Il ferma violemment les paupières, apeuré par ces quelques images. Le rêve qu'il venait de faire… Ce rêve… Il ne pouvait pas, il ne devait pas se réaliser. Tout ce qu'il avait vu était impossible.

Draco vérifia l'heure et il décida de se lever en constatant qu'il était déjà 7h00 du matin. De toute façon, il doutait de la capacité d'Harry à se rendormir après son cauchemar. Draco s'écarta donc doucement et il se leva en entraînant le gryffondor avec lui. Il le fit se lever et il le conduisit vers la salle de bain. Harry sortit quelque peu de sa léthargie en constatant que le serpentard avait refermé la porte sur eux deux. Ils se déshabillèrent donc et Draco poussa le gryffondor sous la douche avant de le rejoindre. Il ouvrit le conduit d'eau chaude et ils se lavèrent ensemble. Draco espérait réconforter le survivant ce qui marcha en partie : Harry en oublia les images dérangeantes de son rêve.

Une fois propres, Draco les enveloppa dans des serviettes puis ils allèrent s'habiller. Le serpentard avait choisi un pantalon noir et une chemise également noire tandis que Harry avait opté pour un jean délavé et un pull léger vert sombre. Ils attrapèrent leurs capes et sortirent de leur chambre sans un mot. Draco, ne sachant comment le réconforter d'avantage, se contenta de rester à ses côtés en lui frôlant souvent la main. Harry lui en était reconnaissant, il ne pouvait pas lui expliquer ce rêve mais sa présence le rassurait énormément. Lorsqu'ils entrèrent dans la grande salle, ils virent la plupart de leurs amis assis à leurs tables respectives, occupés à bavarder gaiement. Harry leva les yeux sur la table des professeurs et il croisa les yeux rieurs du directeur qui lui adressa un petit signe. Le survivant se sentit rassuré tandis que McGonagal et Fleur lui adressaient à leur tour un petit signe de la main. Draco attrapa la main de Harry pour la serrer quelques secondes avant de s'éloigner vers sa table avec un sourire apaisant.

Harry le laissa rejoindre Raziel à la table des serpentards et il se dirigea vers la table des lions. Juste comme il arrivait à leur niveau, Ron lui lança un sourire heureux ponctué d'un petit rire au souvenir de la fête. Harry le lui rendit en mettant de côté son rêve. « Ce n'est qu'un stupide rêve. Un simple cauchemar… » Se raisonna le gryffondor en s'asseyant à côté d'Hermione, en face de Ginny. Il prit un pichet et se servit avant de prendre une grande tartine de pain beurré.

: On devrait faire ce genre de Noël plus souvent, fit Ginny avec un grand sourire, semblant poursuivre la conversation.

: Oui, je n'avais jamais vu un tel sourire sur le visage de McGonagal, s'étonna Ron en souriant légèrement.

: Tout le monde avait un sourire spécial, je pense, intervint Hermione en jetant un regard à la table des professeurs puis à celle des serpentards.

En ce dimanche matin de fin de vacances, les quelques élèves restés à Poudlard pour les fêtes étaient d'humeur maussade. Seul le groupe du survivant semblait de bonne humeur ainsi que les professeurs. Harry contempla quelques secondes les tables de Poufsouffle et Serdaigle, avant de poser ses émeraudes sur la table des serpentards. Il observa alors les deux seuls serpentards du groupe qui semblaient en grande discussion. Ils tournèrent un instant les yeux vers lui et, voyant qu'il les observait, Draco lui fit un clin d'œil avant de reporter son attention sur Raziel. Harry laissa échapper un sourire et il fixa lui aussi son attention sur la française. De nombreuses images de son rêve lui revinrent et il sentit les larmes perler malgré lui. Il allait se lever lorsque la douleur de sa cicatrice se réveilla soudain. Il grogna, surpris, avant de se prendre le front d'une main.

: Harry ? L'appela Raphaël à côté de Ginny.

Les autres remarquèrent son état et ils se levèrent en même temps que lui. Il se précipita vers la sortie de la salle, suivi de ses amis et ils se retrouvèrent dans le hall du château. Hermione lui posa une main inquiète sur l'épaule avant de parler.

: Harry, c'est ta cicatrice ? Lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

Raziel et Draco arrivèrent à leur tour et scrutèrent eux aussi le célèbre gryffondor avec une légère inquiétude. Raziel et son frère ne comprenaient pas vraiment ce qu'il se passait mais leur ami semblait souffrir. Dumbledore, McGonagal, Fleur et Rogue apparurent eux aussi dans le grand hall et le directeur interrogea le survivant.

: Harry, qu'y a-t-il ? Questionna le vieux sorcier d'un ton soucieux.

: Il est… ravi, laissa échapper Harry d'une voix douloureuse et légèrement paniquée. Il est vraiment… ravi…

Tous ceux qui l'entouraient restèrent un instant silencieux suite à ses paroles tandis que Raziel et Raphaël se regardaient sans comprendre un traître mot de tout ceci. Dumbledore soupira et il prit Harry à l'écart. Il le conduisit près de la grande porte du château et parla à voix basse pour n'être entendu que de lui.

: Harry, tu ne dois pas te laisser influencer par lui, conseilla de sa voix posée le directeur. Ne crois rien de ce que tu entendras ou de ce que tu verras car rien n'est encore joué…

Harry se tut, contemplant le vieux sorcier avec une nuance de surprise dans les yeux. « Il ne peut pas savoir pour mon rêve… Non. Je me demande bien comment il fait pour sortir les bons mots au bon moment… » Le survivant préféra hocher la tête en guise de réponse et Dumbledore lui adressa l'un de ses fins sourires mâtiné d'espièglerie. Le gryffondor s'éloigna pour rejoindre ses amis tandis que le directeur reconduisait les professeurs dans la grande salle. Draco vint lui prendre la main avec une lueur inquiète au fond des yeux.

: Ca va ? Lui demanda le serpentard blond en l'entraînant dans le parc.

: Oui, ça va mieux, le rassura le survivant en se laissant entraîner.

Derrière eux, les autres les suivaient sans bruit. Le cercle d'amis se retrouva bien vite au pied du grand chêne dépouillé et ils prirent place presque machinalement. Ils évitaient tous le regard du survivant, craignant d'y voir l'ombre de Voldemort, sauf Raphaël et Raziel. Les deux français observaient le jeune gryffondor avec des yeux curieux. La serpentard s'adossa au vieil arbre derrière elle et elle ferma les yeux, réfléchissant à ce qu'il venait de se passer dans le hall du château. « Il… Qui est ce il ? Et en quoi cette joie est inquiétante ? » Les autres avaient commencé une discussion sur le dernier cours de Fleur dans lequel ils avaient abordé les sortilèges de niveau 7 liés à la défense dont un en particulier : l'Illuminati. La serpentard française n'écoutait pas, se laissant bercer par la conversation en réfléchissant. « Nous sommes à la moitié de l'année. Voldemort est surpuissant, les examens se rapprochent, et je ne maîtrise toujours pas mes pouvoirs… Merveilleux ! » Un sourire ironique étira ses lèvres dans ses réflexions. « Mais au moins, nous sommes tous en vie… Veiller sur Raphaël… Hermione… et tous les autres… Quel programme ! »

Le vent se leva soudain, faisant craquer les branches de leur arbre. Ses amis avaient brusquement cessé de parler autour d'elle et elle ouvrit les yeux en fronçant les sourcils. Elle eut un sursaut surpris en découvrant les trois démons du Trio au centre de leur cercle. Les démons avaient des mines graves et Sang fixait Raziel avec une intensité rare. D'autres craquements leur parvinrent vers la forêt interdite et les démons se tendirent, tous les sens en alerte. Carmin et Magenta bondirent en dehors du cercle et ils partirent chacun de leur côté pour inspecter les alentours du château. Quelques élèves présents dans le parc poussèrent des cris paniqués en voyant Sang toujours dans le domaine et ils coururent vers le château. Ils avaient tous des airs étonnés lorsque la démone rouge sang prit la parole d'une voix nerveuse.

: Un grand cataclysme se prépare, leur annonça-t-elle en ne quittant pas Raziel des yeux.

Ils restèrent muets, autant pour ses paroles que pour son attitude. La serpentard française haussa légèrement un sourcil avant de répondre d'une voix inhabituellement mal assurée.

: Cataclysme ? Répéta Raziel sans comprendre.

: Je n'ai pas beaucoup de temps, nous devons repartir, poursuivit la démone en hochant la tête d'un mouvement affirmatif pour répondre à la française. Le sortilège perdu que le lord noir a retrouvé n'est pas à prendre à la légère. Son activation est en soit une aberration : un tel sort n'aurait jamais du être créé.

Un cri lugubre résonna dans la forêt interdite, attirant l'attention de tous. Sang lança un regard inquiet sous les ombres des arbres avant de revenir à la conversation d'une voix pressante.

: Le sortilège maudit porte bien son nom, enchaîna Sang en fixant à nouveau Raziel. Le futur qu'il offre ne peut être que maudit pour tous les êtres qu'il touche, terrestres ou non. Raziel, lorsque le lord noir a activé le sort, il a ouvert une voie entre l'Enfer et la Terre qui met en péril cette dernière.

: Une voie ? Répéta Raphaël en fronçant les sourcils.

: Pour l'instant, elle n'est pas très grande et les habitants de l'Enfer ne peuvent venir sur Terre que si on les a appelé, continua Sang en ignorant le jeune français. Mais cette voie peut être complètement ouverte grâce aux Portes de l'Enfer…

: Les Portes de l'Enfer ? Intervint Hermione. Qu'est-ce que c'est ?

: Les Portes sont des sceaux très anciens qui contiennent les Enfers, lui répondit Sang en se tournant vers elle. Si ces sceaux sont brisés, l'Enfer s'abattra sur Terre.

: Quoi ? Souffla Draco en ouvrant des yeux ahuris.

: C'est impossible ! S'exclama Harry en refusant d'admettre une idée pareille.

: C'est tout à fait réalisable, certifia Sang en se tournant vers lui. La magie peut se révéler surpuissante lorsque ceux qui l'utilisent font preuve de folie…

: Mais c'est… Commença Ginny.

: Sang !!! Cria une voix masculine en provenance de la forêt.

: Je n'ais plus le temps, la coupa la démone d'une voix frustrée. Ecoutez, vous devez vous renseigner car la première porte vient d'être ouverte par le lord : la Porte des Flammes Gelées. Elles ne doivent pas être ouvertes, ce serait une catastrophe sans précédent pour la Terre et l'Enfer. Même le Paradis serait perturbé…

: Sang !!! Appela une voix féminine sous les arbres.

: L'équilibre doit être maintenu ou tout s'effondrera, continua la démone en se dirigeant vers la forêt sombre à la lisière du parc.

Ils se levèrent tandis qu'elle s'éloignait vers ses deux amis qui l'attendaient à la lisière avec des postures attentives et méfiantes. Raziel fit quelques pas dans son sillage en fronçant les sourcils et Hermione vint la rejoindre comme son frère et Harry.

: Les Portes doivent rester scellées ! Leur cria Sang par-dessus son épaule. Soyez plus prudents qu'avant ! Acheva la démone juste avant de disparaître sous les ombres épaisses de la forêt interdite en compagnie des deux autres.

Ils restèrent un long moment sans réaction, abasourdis par tout ceci. « D'abord les Anges et les démons, et maintenant ça… » Se dit Harry en secouant la tête, dépassé par ces avertissements. Raziel se tourna vers eux sans les regarder, le regard baissé sur l'herbe verte du parc et les sourcils froncés. « L'Enfer sur Terre ?... Mais est-ce que toute cette mascarade aura une fin ? » Se demanda-t-elle avec exaspération tandis que son cerveau luttait encore pour nier les révélations de la démone. En relevant les yeux, elle constata qu'ils la contemplaient tous avec des yeux surpris et elle haussa un sourcil.

: Tu as parlé à voix haute, lui expliqua Raphaël en lui attrapant la main.

Fleur, Ginny, Ron et Draco se rapprochèrent à leur tour et ils attendirent une quelconque réaction de leurs amis debout devant eux. Le professeur McGonagal apparut aux marches du château et elle descendit ces dernières pour rejoindre le groupe en se pressant. Raziel adressa un sourire apaisant à son frère plus par habitude que par nécessité : elle doutait de pouvoir remonter le moral de qui que ce soit étant donné le sentiment d'impuissance qui l'avait envahi. Ils remarquèrent le professeur de métamorphose avançant à grands pas vers eux et Harry fut étonné de voir Cho et Ernie McMillan derrière la directrice de sa maison. En arrivant à leur hauteur, McGonagal fixa chacun d'entre eux tour à tour pour s'assurer de leur bonne santé avant de croiser les bras, l'air revêche.

: Qu'est-ce que c'est que cette histoire, encore ? Demanda la directrice des lions en fixant Harry, le ton de sa voix oscillant entre l'exaspération et l'appréhension.

: Que… Commença le survivant sans comprendre comment elle avait su si rapidement.

: Nous vous avons vu, intervint Cho en s'adressant à Harry avec une pointe d'inquiétude dans la voix.

: On a vu la… créature… qui était avec vous de l'une des fenêtres du deuxième étage, expliqua Ernie en hésitant sans savoir exactement ce qu'était Sang. On a tout de suite prévenu un professeur.

: Oh, fit Harry en comprenant.

Ce « oh » étonna le professeur de métamorphose et les deux élèves de septième année qui le regardaient avec une interrogation marquée. Le ton de Harry était très lointain, absent, sans que lui-même ne s'en rende compte. Il resta un instant perdu dans ses pensées, ne se préoccupant pas de ceux qui l'entouraient. « Est-ce que mon rêve pourrait se réaliser ? Non… C'est impossible… Ca ne doit pas exister. Cela ne peut pas être… » Il avait fait un effort considérable pour effacer les images persistantes de son rêve depuis son réveil mais il n'y arrivait plus. Tout lui revenait en tête, les images défilaient à une vitesse vertigineuse avec une netteté impressionnante. Il se sentit pâlir et un instant, il crut qu'il allait fondre en larmes dans la seconde même. Se forçant à nouveau, il ravala les larmes de désespoir qui lui venaient et resta simplement muet en voyant les regards inquiets posés sur lui.

C'est finalement Raziel qui débloqua la situation en voyant le silence de son ami aux yeux verts.

: Nous allons tous très bien, professeur McGonagal, fit remarquer la jeune française en souriant doucement. Il ne s'est rien passé de particulier : la « créature » est apparue avant de repartir quelques secondes plus tard…

: Mais, Ra… Protesta Raphaël.

: Il n'y a rien à signaler, le coupa Raziel avec un regard appuyé pour le faire taire.

McGonagal n'était pas dupe, elle voyait bien que quelque chose préoccupé le groupe mais elle ne voulait pas mêler Chang et McMillan à tout ceci, c'est pourquoi elle se contenta de froncer les sourcils. La directrice des lions repartit ensuite vers le château en entraînant les deux élèves à sa suite.

: Pourquoi n'avoir rien dit ? Demanda Ron en jetant un regard inquiet à Harry.

: Inutile d'alarmer d'autres élèves, lui répondit Raziel. Autant les laisser dans l'ignorance pour l'instant…

Draco hocha la tête en signe d'accord avant d'entraîner Harry vers le château. Le reste du groupe suivit tandis que la française restait plongée dans ses réflexions.

: … Que ceux qui peuvent encore espérer continuent à vivre normalement, murmura pour elle-même la serpentard en fixant le sol.

: Tu ne devrais pas parler ainsi, chuchota la voix d'Hermione à son oreille.

Raziel sursauta en se tournant vers elle, pensant qu'elle était devant avec les autres. La gryffondor lui adressa un sourire hésitant. Elle aurait voulut la serrer dans ses bras pour faire renaître l'espoir en elle mais elles étaient au milieu du parc. Elle ne pouvait pas se le permettre. En attrapant sa main, Hermione souhaitait lui transmettre la confiance qu'elle avait en elle, la pressant lentement entre ses doigts. La jeune française esquissa un sourire reconnaissant avant de lui rendre sa pression en chuchotant à son tour :

: Merci Hermione…

Elles retournèrent alors au château, marchant à quelques pas des autres. Ces derniers avaient bien observé la scène entre leurs deux amies mais ils ne les dérangèrent pas, préférant attendre le calme relatif de la soirée pour les interroger. D'un commun accord, ils décidèrent de se rendre à la bibliothèque afin de rechercher des informations sur les sceaux qu'avait mentionné Sang. En entrant dans la bibliothèque, ils eurent la désagréable surprise d'y trouver une Mme Pince passablement exaspérée.

: … de la réserve, j'en parlerai à votre directeur de maison. Veuillez quitter cette salle sur le champ !

La vieille femme à la mine sévère chassa un groupe de Serdaigle, leur faisant passer la porte de la bibliothèque sans le moindre tact. Ils s'installèrent à l'une des nombreuses tables en se faisant discrets : inutile d'attiser la colère d'une créature aussi féroce que la bibliothécaire… Ginny et son frère allèrent chercher les livres qui pourraient les intéresser tandis que le reste du groupe prenait place à la longue table de bois massif. Hermione s'assit derechef à côté de Raziel, Raphaël allant s'asseoir en face de sa sœur. La française adressa un sourire à son frère, mi rassurant, mi reconnaissant.

Lorsque les deux rouquins du groupe revinrent avec les bras chargés de gros volumes poussiéreux, un soupir général se fit entendre en provenance de la table du survivant. Seule Hermione semblait nager en plein bonheur. C'est ainsi qu'en ce dernier dimanche de vacances, tout le groupe resta à potasser plusieurs livres volumineux. Après 3 heures passées le nez dans le papier jauni, Ron lâcha un soupir à fendre l'âme, visiblement au bord d'un sanglant génocide de papier.

: Je ne vois vraiment pas pourquoi on insiste autant, fit le roux en refermant le livre devant lui. On vient de passer des heures à éplucher ces satanés bouquins et rien. Pas un mot, pas une piste…

: Tu n'as pas tord, je commence à croire que c'est inutile, acquiesça Harry, tout aussi exaspéré que son meilleur ami.

: Moi j'abandonne, renchérit Ginny, las, en repoussant le livre qu'elle feuilletait.

: Peut-être que ceux-ci nous en dirons plus, essaya de les encourager Hermione en désignant une pile d'environ un mètre de haut trônant au coin de leur table.

Ils tournèrent la tête avec un bel ensemble avant qu'un silence lourd de désespoir ne prenne place entre eux. C'est finalement Raphaël qui décoinça la situation en laissant sa tête tomber sur la table avec un bruit mat, son qui exprima à merveille la lassitude ambiante.

: Bon, bon, on abandonne alors, se rendit Hermione d'une voix résignée.

Des sourires reconnaissants lui répondirent avant que le groupe ne s'active pour ranger les livres dans leurs emplacements respectifs. Une fois cet office accomplit, ils quittèrent la bibliothèque. En arrivant dans le hall du château, Fleur les rejoignit en provenance de la grande salle avec un léger sourire aux lèvres. Sourire essentiellement adresser à la jeune Weasley, bien sûr.

: Où étiez-vous ? Demanda le jeune professeur en leur faisant face.

: A la bibliothèque, répondit succinctement Ginny en allant prendre le bras de la demi vélane pour l'entraîner dans le parc.

: J'aurais dit en séance de torture moi, murmura Ron à l'intention des garçons du groupe.

Ces derniers esquissèrent des sourires sous le regard interrogateur d'Hermione et Raziel. Faisant semblant de ne pas l'avoir remarqué, Ron suivit sa sœur dans le parc, vite imité par les autres garçons. Hermione étant bien trop intimidante lorsqu'elle fronce les sourcils comme à cet instant. Observatrice extérieure de la scène, Raziel afficha un sourire amusé avant de l'effacer lorsque la brune se tourna vers elle.

: Qu'est-ce qu'il a dit ?

: Aucune idée, répondit Raziel en lui attrapant la main. Viens, ça ne devait pas être très important…

La française entraîna l'anglaise vers les marches en lui pressant doucement la main pour la convaincre. Soudain, elle s'arrêta sur la dernière marche, sa main se crispant autour de celle d'Hermione. Celle-ci la bouscula un peu avant de s'arrêter derrière elle, interrogatrice.

: Raziel ?

La gryffondor la contourna pour lui faire face et resta un instant stupéfaite devant le regard ahuri de sa serpentard. Elle se reprit finalement en secouant légèrement Raziel de sa main libre, inquiète tout à coup.

: Raziel, dis-moi quelque chose…

: Mon… mon dos…

Déglutissant difficilement, la française relâcha la main captive d'Hermione en vacillant légèrement. La préfète en chef n'eut pas le temps de retenir sa main. Elle remarqua les yeux voilés de la française avant que celle-ci ne s'effondre sur les marches, évanouie.

: Raziel !

Les autres accouraient derrière la préfète des lions, ayant vu la française s'écrouler au sol. Fleur força le passage pour vérifier l'état de santé de son amie, visiblement aussi inquiète qu'Hermione. Tout comme Raphaël qui tentait avec un certain succès de maîtriser son angoisse soudaine pour son aînée. Draco partit en courant à l'intérieur du château pour aller chercher Mme Pomfresh. Harry s'approcha du jeune français pour lui poser une main rassurante sur l'épaule. Raphaël lui adressa un regard reconnaissant avant de reposer ses saphirs sur sa sœur, inquiet.

Hermione tapota la joue de Raziel d'une main hésitante dans l'espoir de la réveiller mais sans succès. Ginny, qui l'observait, posa son regard sur la main droite de la française évanouie et resta un instant muette d'étonnement face à une marque étrange. Sur le dos de sa main, au centre exact de ce dernier, la rouquine détailla le symbole inconnu à la légère brillance bleutée. Elle indiqua finalement sa découverte aux autres d'un doigt tendu et ils observèrent à leur tour le symbole étranger, la curiosité atténuant leur inquiétude. Hermione fronça les sourcils à la vue de cette marque. « Depuis quand a-t-elle ça sur la main ? Elle ne l'avait pas ce matin… » La préfète en chef resta perplexe jusqu'à l'arrivée de Mme Pomfresh. Cette dernière écarta tout le monde avec autorité avant de se pencher sur la jeune inconsciente. Elle tâta son pouls et fit apparaître un brancard à l'aide de sa baguette.

: Allez chercher Dumbledore, pressa-t-elle en installant Raziel sur le brancard. Dites-lui de venir à l'infirmerie tout de suite.

Raphaël suivit l'infirmière de Poudlard tandis que Draco repartait au pas de course pour prévenir le directeur, en compagnie de Harry. Hermione quand à elle resta auprès de la française, laissant Ron, Fleur et Ginny au milieu des marches du hall du château, déboussolés. La demi vélane détacha son regard du groupe s'enfonçant dans le hall sombre pour les poser sur Ginny puis sur son frère aîné. Une lueur à la fois las et inquiète flottait dans ses yeux couleur de ruisseau.

: Allait-elle mal avant que je vous rejoigne ? Demanda-t-elle.

: Non, répondit Ginny avec une mine perplexe. Du moins, elle n'a rien dit…

: Elle ne dit jamais rien, la coupa Fleur d'une voix amère.

Le frère et la sœur se turent, étonnés, puis la française se reprit.

: Désolée, s'excusa leur professeur avec un pauvre sourire. J'aimerai simplement qu'elle comprenne que se taire n'est pas une solution, précisa-t-elle finalement.

Un autre silence s'installa avant que Ron ne le rompe.

: Tu sais Fleur, nous avons eu la visite des démons du Trio ce matin, l'informa le rouquin d'un ton grave.

: Quoi ?

: C'est vrai, enchaîna Ginny. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont rassurants, ironisa-t-elle.

: Que veux-tu dire ?

: Ils nous ont parlé de l'enfer, expliqua Ron en souriant à moitié à cause de sa soeur. Une histoire de portes si je me souviens bien…

: Oui, des portes, confirma Ginny en croisant les bras pour réfléchir. Et plus particulièrement de leur ouverture par Tu-Sais-Qui…

: Quoi… ?

La question de Fleur n'avait été qu'un murmure cette fois-ci et ils l'observèrent plus attentivement. La demi vélane avait pâli subitement et son regard se perdait dans la contemplation d'un vieux souvenir. Une fois, son ancien professeur de défense contre les forces du mal leur avait parlé de l'enfer et des différentes idées qui circulaient à son sujet. Cela remontait à sa cinquième ou sixième année à BeauxBâtons. « Une théorie… »

: Fleur ?

La jeune femme blonde sursauta en revenant au présent, visiblement confuse. Elle jaugea rapidement l'heure qu'il était avant de saisir la main de Ginny et de l'entraîner dans les couloirs du château. Ron les suivit automatiquement le mouvement en interrogeant la demi vélane devant lui.

: A la bibliothèque, lui répondit son professeur français.

Le rouquin émit un grognement de protestation mais il continua à les suivre malgré son agacement.


Dumbledore adressa un regard circonspect à son visiteur, quelque peu surpris, avant de faire un geste pour l'inviter à s'asseoir en face de lui. Le médicomage le remercia d'un hochement de tête puis s'installa dans le fauteuil avec un malaise évident. Le directeur de Poudlard mit un peu d'ordre sur son bureau pour se donner une certaine contenance. Il prit alors la parole, son vis-à-vis étant semble-t-il trop mal à l'aise pour le faire à sa place.

: Et bien ? Commença le vieux sorcier avec un sourire apaisant. Que me vaut cette surprise, Mr… ?

: Stanford, William Stanford, monsieur, se présenta le médicomage.

: Stanford ?

Le nom, qui ne lui était pas inconnu, fit hausser un sourcil au seul qu'il n'ait jamais craint. Tout directeur respectable qu'il était, Dumbledore ne s'attendait pas à recevoir un jour le chef du service traumatomagie dans son bureau. Légèrement décontenancé, le vieux sorcier croisa les mains sur son bureau en détaillant son visiteur par-dessus ses lunettes en demi lune. Après un silence pesant entre les deux hommes, le directeur reprit la parole.

: En quoi puis-je vous être utile ? Questionna posément le vieil homme.

: Eh bien, c'est une affaire assez spéciale qui m'amène ici, monsieur, répondit respectueusement le médicomage en sortant une enveloppe de grande taille de sa mallette.

Il ouvrit l'enveloppe et en sortit des radiographies moldues. Dumbledore ne laissa rien paraître de son étonnement et il le laissa poursuivre.

: J'ai ici des radiographies du dos de l'une de vos élèves, commença-t-il en observant distraitement les grandes feuilles transparentes. Lors de son hospitalisation, l'un de nos internes a senti d'étranges grosseurs dans le dos de cette élève, sans en connaître l'origine exacte. Après plusieurs examens complémentaires, et constatant leur inefficacité à cerner le problème, il a alors demandé l'autorisation de ses supérieurs, dont moi-même, pour utiliser l'un des rares appareils moldus présent à Ste Mangouste.

Le médicomage fit une pause pour reprendre son souffle tout en tendant les radiographies au directeur perplexe. Il lui laissa le temps de les observer en devinant sa curiosité, puis il reprit son explication, justifiant par là même sa présence dans le bureau du célèbre directeur de Poudlard.

: Les radiographies prisent grâce à cette machine moldue, qui sont sous vos yeux, nous ont permis d'identifier la cause de l'anomalie, fit-il en joignant ses mains dans une attitude toute professionnelle. Il semblerait que cette élève ait entamé la formation de ce qui ressemble à une ossature d'aile d'oiseau. En bien plus robuste cependant, ajouta-t-il en réfléchissant. Je ne sais comment cela est possible, cher monsieur, et je conçois que cela soit difficile à croire mais les preuves sont là, acheva le médicomage avec une expression à mi chemin entre sérieux professionnel et jubilation scientifique.

Dumbeldore détacha son regard de l'éminent médicomage pour scruter les radiographies en question. Il distinguait l'ossature standard du squelette humain sans difficulté mais ses yeux furent attirés par d'étranges formations osseuses au niveau des omoplates. Aucun doute n'était permis à ce sujet : une structure osseuse inédite se développe chez cette élève. Dumbledore observa de nouveau son visiteur en réfléchissant. « Il ne peut s'agir que de Raziel. » Se dit-il en jetant un autre coup d'œil aux radios. « Voilà qui va considérablement compliquer les choses… »

Le médicomage se racla la gorge pour attirer l'attention du directeur. Une fois les yeux de ce dernier fixés sur lui, il reprit la parole.

: Cher monsieur, j'aimerai avoir votre autorisation pour faire des examens plus approfondis sur cette jeune fille, dit-il en reprenant l'enveloppe pour y lire quelque chose. Miss Riel, c'est ça ?

: En effet, confirma prudemment le vieux directeur. Qu'attendez-vous de moi, exactement ?

: Eh bien…

Le médicomage marqua une hésitation sous le regard intense de Dumbledore. Il se tordit les mains, gêné, avant de reprendre d'une voix douce mais ferme.

: J'aurai besoin de votre autorisation pour emmener cette jeune fille à Ste Mangouste avec moi, lâcha-t-il d'une traite.

Dumbledore resta impassible, scrutant toujours le médicomage sous son regard inquisiteur. Cependant, on pouvait deviner à la jointure de ses doigts blanchis, qu'il fulminait intérieurement. Il sut alors avec la plus grande certitude que Voldemort ne serait pas leur seul problème à partir de cet instant. Il considéra le médicomage avant de reprendre l'entretient.

: D'autres médicomages ont-ils eu accès à ces… radiographies ? Questionna-t-il en buttant sur le terme moldu.

: En effet, concéda Stanford. Les radiographies ont fait l'objet d'un certain engouement de la part de mes confrères.

: Je vois, fit lentement Dumbledore, pensif, avant de prendre sa décision. Mr Stanford, merci pour votre visite. Je vais réfléchir à tout ceci et vous tiendrai au courant dans les plus brefs délais…

: Bien, répondit le médicomage, une légère déception teintant sa voix jusque là enthousiaste.

Il se leva et tendit la main pour récupérer les radiographies mais Dumbledore arrêta son geste d'une main autoritaire. Il prit les radios pour les ranger dans le tiroir de son bureau puis il se leva afin de raccompagner le médicomage à la porte de son bureau.

: Je souhaiterai les conserver plus longtemps pour les étudier, expliqua d'un ton conciliant le directeur.

: Euh… Bien, très bien, comme vous voudrez, accepta Stanford d'une voix désorientée.

: Tout mes remerciements, acheva Dumbledore en refermant la porte.

Le directeur lâcha un soupir las et retourna ensuite à son bureau pour reprendre les radiographies. Il les observa un long moment, détaillant les anomalies, en pensant aux conséquences fâcheuses que cette découverte pourrait entraîner à l'avenir. Absorbé par ses réflexions, Dumbledore n'entendit pas tout de suite les coups frappés en provenance de la porte. Pas plus qu'il ne remarqua l'agitation inhabituelle de Fumseck sur son perchoir.

Pourtant, quand l'explosion retentit, il se mit aussitôt debout, la baguette en main et prête à l'emploi. Draco et Harry entrèrent sans son autorisation dans le vacarme bref de la détonation en le rejoignant. Le survivant avait une expression désespérée accrochée au visage. Dumbledore ne les laissa pas même ouvrir la bouche. Il se dirigea vers la porte et sortit en trombe de la pièce, marchant à grand pas à travers les couloirs du château sorcier. Harry et Draco lui emboîtèrent le pas en catastrophe, dépassés par les évènements. Le vieux sorcier atteignit le hall du château en un temps record. Il s'arrêta en haut des marches pour balayer la foule des élèves paniqués qui s'étalait devant lui. De nombreux cris résonnaient à travers l'immense salle aux colonnes imposantes. Les préfets, perdus parmi la masse des élèves, tentaient vainement de donner des ordres à ceux de leur maison.

: DU CALME !

La voix du directeur tonna et un silence quasi religieux la remplaça aussitôt. Dumbledore descendit les marches en demandant aux préfets de rassembler les élèves dans la grande salle. La masse des élèves se mit en mouvement et le vieux sorcier traversa le hall en direction des quelques explosions que l'on entendait au loin. Le survivant lui emboîta une fois encore le pas en compagnie de Draco, tout deux sortant leurs baguettes avec appréhension.

Un grand vacarme s'élevait non loin d'eux et à en juger par la direction, Dumbledore devina qu'il était question de l'infirmerie. Les explosions redoublèrent, suivies de cris, dans un tout très confus. Accélérant le pas avec inquiétude, il enfila enfin le couloir donnant accès à l'infirmerie et stoppa net devant le spectacle qui s'offrait à lui. Le mur donnant sur le parc était éventré : de nombreuses pierres manquaient et celles qui étaient encore présentent semblaient avoir été calcinées jusque dans leur cœur. Le mur de l'infirmerie était dans le même état, à cela près que les pierres, au lieu d'être calcinées, étaient pour la plupart brisées. Reprenant ses esprits, le directeur alla droit vers le trou béant et pénétra dans l'infirmerie, la baguette tendue. Draco fit de même et Harry également. Là, au milieu des éclats de pierre jonchant le sol, ils découvrirent Mme Pomfresh et Raphaël étendus au sol, totalement inconscients. Des bruits de pas précipités se firent entendre dans le couloir mais Dumbledore n'en eut cure, se penchant déjà sur les deux inconscients. Harry balaya la pièce du regard avant de pâlir, manquant s'effondrer. Draco le rattrapait in extremis lorsque McGonagal et Rogue entrèrent dans la pièce.

: Mais que… ?

: Dumbledore, que s'est-il passé ici ? Demanda Rogue d'un ton mi-surpris mi-résigné, coupant McGonagal.

: Je n'en sais rien, répondit d'une voix agacée le directeur en lançant un sortilège de soin sur Raphaël.

McGonagal s'occupa de Mme Pomfresh et Rogue nettoya un peu les débris à l'aide de la magie. Harry, toujours aussi pâle, attira toute leur attention en appelant Dumbledore d'une petite voix. Ils le fixèrent avec un bel ensemble en le considérant curieusement, se demandant quelle était la cause de sa soudaine pâleur.

: Professeur… Elles ne sont plus là, lâcha d'une vois alarmée le survivant.

: De qui… ?

: Non ! Réalisa soudain Draco, perdant à son tour un peu de couleurs en coupant Rogue.

: Vous parlez de…

: Hermione ! S'énerva Harry en haussant le ton. Et Raziel ! Elles étaient ici...

Ils restèrent silencieux, assommés par cette nouvelle. D'autres voix retentirent dans le couloir et Ginny apparut avec son frère et Miss Delacour, suivis peu après par Mr Flitwick et le professeur Chourave.

: Qu'est-ce que… ? Commença Flitwick de sa voix aigue avant de tourner son regard vers le directeur dans l'attente d'une explication.

Ce dernier resta immobile au milieu de la pièce, atterré. « Impossible. Poudlard est protégée par les plus puissants sortilèges que nous connaissions… Comment… ? » Dumbledore posa son regard sur Raphaël, attristé. « Ils ont attaqué de front, sans aucune résistance de notre part. Et ils… Ils ont du les emmener dans son repaire. Par Merlin… Nous sommes perdus. » Le vieux directeur fut tenté de baisser les bras ne serait-ce qu'une fois ; et ce serait aujourd'hui. Mais en levant les yeux, il vit les nombreux regards qui cherchaient un espoir en sa personne. Il ne pouvait pas les décevoir. « La guerre n'est pas encore ouverte, mais elle vient d'être déclarée de façon on ne peut plus claire… »

: Professeur Flitwick, Mme Chourave, occupez-vous de nos deux blessés, fit Dumbledore en repartant de l'infirmerie. Rogue, prévenez l'Ordre. Minerva, suivez-moi. Harry et vous autres, suivez-nous…

Dumbledore fit une pause tout en se dirigeant à grand pas vers le hall du château. Ils le suivirent avec des expressions intriguées, se regardant mutuellement pour essayer de comprendre. Harry vint à la hauteur du directeur et il le questionna d'une voix curieuse, comme voilée par le doute.

: Qu'allons-nous faire, professeur ?

: La guerre, Harry, lui répondit le directeur en s'arrêtant dans le hall.

Les portes de ce dernier étaient grandes ouvertes, laissant apparaître entre elles un paysage transfiguré par le crépuscule. Ils le contemplèrent tous tandis que Dumbledore semblait défier du regard le soleil rouge sang.

: La guerre…


Pfiou… Enfin fini

Et donc, pas mal de mouvement dans le prochain chapitre qui, je tiens à prévenir, sera bien plus sombre… Quelques larmes aussi. (mon côté sadique va ressortir…)

Bises,

Lumenor.