Titre original : Happily ever after
Auteur : Juliatheyounger
Traductrice : Falyla
Paring : Severus Snape/Harry Potter
Warning : Nouveau(velle) lecteur(trice) qui atterrit sur cette page par hasard, soit conscient que ceci est une histoire yaoï, ce qui implique des relations sentimentales entre deux hommes. Homophones de tout poil, ceci n'est pas pour vous, passez votre chemin !
Rating: M pour langage cru et scènes de sexe sont extrêmement graphiques.
État de la traduction : terminée.
Note de la traductrice : Voilà, ceci est la dernière partie de cette fic. J'espère que vous apprécierez le dénouement que l'auteure a choisi. Pour ma part, j'ai pris grand plaisir à traduire cette histoire.
Bonne lecture.
Heureux à jamais
Partie 4/4
Bien sûr, tout le monde avait vu l'article le jour suivant Harry dut ignorer les ricanements, les œillades spéculatives et les commentaires surpris au hasard et la Beuglante qu'il ouvrit sans réfléchir.
Cependant, tout finit par se calmer et le lundi suivant, d'autres problèmes préoccupaient l'école. Halloween vint puis arriva novembre et soudain, ce fut Noël. En dehors d'une poignée d'élèves – la plupart orphelins de guerre – qui restait, l'école était vide. Les Noëls les plus heureux de Harry avaient été ceux passés ici, à Poudlard. Etat donné la nature quelque peu sombre des célébrations de cette année – le premier Noël depuis que les familles avaient perdu leurs proches – il attendait toujours ces festivités avec impatience. C'était bizarre pourtant de ne pas dormir dans le dortoir des Gryffondor avec ses amis. A la place, la veille de Noël, Harry grimpa dans le lit, aux côtés de Severus. Mais il n'arrivait pas à dormir.
Après que Harry se fut retourné pour la troisième fois, Severus soupira.
– Dors, Potter.
– Désolé.
– Qu'est–ce qui ne va pas ?
– Rien, c'est juste que demain, c'est Noël.
– Mais tu as quel âge ?
– Dix–huit ans.
Severus grogna.
– Tu veux une potion.
– Hum… Peut–être que quelque chose d'autre m'aiderait à dormir…
– Qu'est–ce que ça pourrait bien être, Harry ? Tu devrais me l'épeler.
– S.E.X.E.
– Morveux.
Harry glissa ses mains à l'arrière du bas de pyjama de Severus. Celui-ci poussa un soupir résigné et se rapprocha pour mettre ses mains en coupe autour du visage de Harry et l'embrasser. Harry descendit le pantalon de pyjama et commença à caresser son sexe pour le durcir. Severus grogna et libéra aussi le pénis de Harry. Harry aimait cette sorte de sexe, lorsqu'ils étaient étendus dans le noir, respirant lourdement, se touchant mutuellement, se donnant du plaisir l'un à l'autre, se volant des baisers entre deux souffles haletants. C'était bien, une chose qu'ils pratiquaient quand ils étaient tous les deux fatigués.
Quand ils eurent fini, il s'endormit enfin mais se réveilla aux aurores.
Il y avait deux choses qui inquiétaient Harry. Est–ce Severus allait lui offrir un cadeau ? Ce ne serait pas grave si ce n'était pas le cas, se dit Harry, il n'en attendait pas mais ce serait gentil et lui–même avait quelque chose pour Severus. C'était ça l'autre chose : est–ce que Severus allait aimer le présent que Harry lui avait acheté ?
Severus dormait encore quand Harry sortit du lit. Il faisait froid malgré le feu rougeoyant dans l'âtre. Les donjons étaient toujours froids. Il se rendit dans sa chambre, récupéra le cadeau de sa cachette et retourna dans le lit.
– Bon sang, tes pieds sont glacés ! s'exclama Severus.
Harry rit.
– Désolé. Joyeux Noël.
Severus roula sur lui–même et ouvrit un œil.
– Sale gosse. Joyeux Noël.
Harry lui offrit un large sourire et l'embrassa. Puis il se redressa, soudainement nerveux.
– Hum… j'ai… heu… ça pour toi, dit–il avant de tendre le cadeau enveloppé à Severus.
Severus fronça les sourcils et se cala dans le lit. D'abord, il fixa le présent emballé dans son papier criard puis leva les yeux vers Harry, une étrange expression sur le visage.
– Merci, dit–il d'une voix bourrue.
– J'espère qu'il te plaira mais si tu ne l'aimes pas, je le rapporterai pour l'échanger. Je n'étais pas sûr.
Severus ne répondit pas et ouvrit le colis. Ce n'était pas un cadeau particulièrement inventif, c'était un journal intime entouré d'une bande de cuir mais le nom de Severus et le blason de Serpentard étaient imprimés sur la couverture. Harry espérait vraiment que ça irait.
– Très attentionné, Potter. Merci, fit Severus après un instant.
Il ouvrit le fermoir du journal et tourna la première page. Harry retint son souffle. A l'intérieur, à gauche, sur la seconde de couverture, figurait sa propre écriture brouillonne : Cher Severus, tous mes vœux pour cette nouvelle année. Avec tout mon amour, bien à toi, Harry.
Harry n'était pas vraiment doué pour prononcer certaines paroles mais il savait les écrire. Severus fixa la page pendant un moment puis il referma le journal et attira Harry à lui pour lui donner un baiser farouche.
– Reste là, lui indiqua–t–il avant de sortir du lit.
Harry le regarda quitter la pièce puis se pelotonna sous les couvertures en essayant de ne pas trop espérer un présent.
Severus revint les bras chargés de cadeaux. Après que son cœur eût manqué un battement, Harry pensa qu'il venait tous de Severus.
– Il semblerait que cette année encore, on s'est rappelé de toi, déclara Severus un peu sèchement.
Il laissa tomber les cadeaux sur le lit à côté de Harry. Il y avait un cadeau des Weasley, un de Hermione et Ron et un de Remus. Et, caché entre eux, il y en avait un petit, enveloppé dans un simple papier argenté. Harry le trouva en dernier. Il le prit, se sentant brusquement nerveux, et lut la carte : Harry, de la part de Severus. Harry leva vivement les yeux vers lui.
– Tu m'as offert quelque chose, dit–il et il ne put s'empêcher de sourire.
Severus le gratifia de sa meilleure expression irritée mais Harry sourit encore plus et, très lentement, il défit le papier. Il trouva à l'intérieur un flacon rempli de liquide clair et un carré de feutrine. Une petite étiquette y était attachée. Severus avait indiqué de sa sévère écriture en pattes de mouche : huile d'Atkins.
– C'est pour tes affaires de Quidditch – balai, gants, etc… expliqua Severus avec un geste vaguement dédaigneux de la main.
Harry ne sut que dire. Severus lui avait offert quelque chose pour un loisir qu'il critiquait régulièrement. Alors il dit la seule à laquelle il put penser.
– Merci.
OOO
Harry mordilla sa lèvre inférieure puis leva les yeux vers Severus.
– Alors… J'ai parlé à Eddie aujourd'hui. Il va au bal de la St–Valentin. Apparemment, Dumbledore cherche encore des chaperons.
– Je suis sûr que Bibine est libre.
Harry étudia son verre d'eau.
– Est–ce que tu y as réfléchi depuis la dernière fois ?
– Pas vraiment.
– Oh… Bon, tu sais, je suis sûr que tu serais le bienvenu si tu voulais y aller… Tu sais, en tant que chaperon.
– Je suis bien certain d'être suffisamment occupé à patrouiller dans les couloirs de Poudlard, Mr Potter. Quelqu'un doit garder un œil sur ce qui ce passe en dehors des festivités.
Harry gratta la nappe qui recouvrait la table et joua avec une boucle de fil desserrée.
– Bien.
Il aurait été volontaire pour aider Severus si Dumbledore ne lui avait pas déjà arraché la promesse de chaperonner la soirée. Harry avait déjà essayé deux fois mais sans résultat.
– De toute façon, ce n'est pas comme si on pouvait réellement se rendre au bal ensemble, Harry, fit remarquer Severus.
– Non mais nous pourrions au moins, tu sais, parler ou se tenir près l'un de l'autre.
Et, au moins, de cette façon, il pourrait passer la St–Valentin avec… celui qui comptait… au lieu de se contenter se regarder les autres couples soupirer l'un pour l'autre. En essayant d'aider, il ne voulait vraiment pas non plus se coltiner n'importe qui.
– Je te verrai après, Harry, quand nous pourrons faire meilleur usage de la proximité de l'autre.
Harry tira d'un coup sec sur la boucle de fil qui se cassa.
– Parfait.
Ils en étaient revenus au point de départ.
– Je ne vois pas pourquoi on ne peut pas le faire tous les deux.
Severus ferma bruyamment son livre.
– Parce que, Harry, je n'ai aucun désir de fréquenter un autre des petits événements insipides d'Albus Dumbledore et supporter ses tentatives de jouer les cupidons.
– Mais non. Il sait que nous sommes ensemble.
– Vraiment ? Il nous lancera des clins d'œil et fera des commentaires ridicules. Je n'ai certainement pas l'intention de passer plus de temps que nécessaire à me socialiser avec le reste de la fraternité de Poudlard !
La voix de Severus s'était élevée. Harry se leva.
– Très bien. Tu as parfaitement exposé ton point de vue. Désolé de t'avoir demandé.
Il prit un livre au hasard.
– Je vais à la bibliothèque, j'ai dû travail.
Et il quitta la chambre, fermant la porte derrière lui si fort qu'on aurait pu dire qu'il l'avait claquée.
On était à une semaine du bal de la St–Valentin et, bien que Harry et Severus firent comme si rien ne s'était passé, un très explicite vent polaire planait entre eux. Du côté de Harry, il n'avait finalement pas acheté le cadeau comme il l'avait prévu et il n'avait pas non plus prévu de faire quelque chose de spécial après le bal, si c'était ce que ressentait Severus à propos de tout ça. Chaque fois qu'il voyait des cœurs rouges ou des cupidons, Harry se fâchait un peu plus et jusqu'au moment même où débuta le bal, il avait décidé qu'il haïssait la St–Valentin.
Harry, vêtu de ses robes, se tenait près de la table des rafraîchissements. C'était étrange de regarder les étudiants danser au bal et il se rappela l'année précédente Ron, Hermione et lui s'étaient éclipsés parce que les Mangemorts planifiaient une attaque et qu'ils devaient en avertir l'Ordre.
Il y eut un flash et Harry examina la salle. Il vit que Dumbledore prenait l'opportunité d'avoir une bonne publicité. Un photographe des pages sociales de la Gazette du Sorcier prenait quelques clichés.
Génial, exactement ce qu'il me fallait.
– Professeur Potter ?
Harry se retourna et vit Ginny qui lui souriait. Elle était stupéfiante et Harry pensa que si Ron avait été là, il aurait été prompt à jeter un sort à tous les hommes de Poudlard.
– Tu es magnifique, Ginny, la complimenta–t–il.
– Merci, dit–elle en rougissant. Toi aussi.
Harry se rappela que Ginny faisait partie du comité des décorations.
– Le hall est vraiment super, fit–il et il regretta toutes les pensées déplaisantes qu'il avait eues à propos du rose, des cupidons et des cœurs.
– Merci, ça nous a pris des jours.
– Et qui est l'heureux élu ce soir ?
– Charlie Kemp mais maman a dit que je devais m'assurer de t'inviter à danser.
Ginny jeta un coup d'œil derrière elle et Harry repéra un garçon de Poufsouffle qui les fixait avec une expression maussade. Harry sourit largement.
– Bien, dans ce cas, nous ferions mieux de faire qu'a dit Molly.
Il survola la piste de danse, elle n'était qu'à moitié pleine, le reste des élèves cherchaient encore le courage de s'y lancer. Il tendit sa main vers Ginny.
– On y va ?
La musique était parfaite pour cette sorte de danse qui implique que les couples doivent danser face à face, les mains de la fille sur les épaules du garçon et les mains du garçon sur la taille de la fille, le tout accompagné d'un léger déplacement des pieds.
– Et toi, alors ? Tu vois quelqu'un de particulier ce soir ? demanda Ginny.
Harry ignora la douleur dans ses intestins.
– Peut–être. Je ne suis pas certain que nous serons capables de le faire. On n'est pas vraiment St–Valentin.
– Oh. Bien, répondit Ginny en tentant un grand sourire.
Harry rendit Ginny à son Poufsouffle après la danse et reprit son poste près du bol de punch. Il se demandait ce que faisait Snape. C'était trop tôt pour que les étudiants essaient de disparaître dans les jardins.
Un flash l'aveugla brusquement et il eut un mouvement de recul, surpris.
– Merci, Harry ! fit joyeusement le photographe avant de chercher une autre victime.
Super, alors maintenant toute la communauté des sorciers saura que je me suis fait poser un lapin le jour de la St–Valentin.
Harry s'appuya contre le mur. Il pouvait voir Eddie parler à Flitwick. L'autre sorcier leva les yeux, surprit le regard de Harry et agita la main dans sa direction.
Une pensée démoniaque traversa l'esprit de Harry ce serait bien fait pour Severus s'il rentrait avec Eddie ce soir. Il repoussa rapidement cette pensée mais il aimait l'idée de rendre Severus jaloux et désemparé de ne pas s'être rendu au bal de la St–Valentin.
Il décida que le punch pouvait bien se surveiller tout seul pendant un moment et se dirigea vers Eddie pour lui parler.
– Tout va bien, Harry ?
– Ouais, tu t'amuses ?
Eddie haussa les épaules.
– Il n'y a rien de pire que d'être seul le jour de la St–Valentin.
– Il y a mieux à faire quand on ne l'est pas, rétorqua sombrement Harry.
– Tu n'as pas pu le convaincre de venir alors ?
– Bien sûr que non.
– Garde le sourire et pense à ce qu'il devra faire plus tard pour se faire pardonner.
Harry émit un bruit évasif. Puis il fronça les sourcils.
– Est–ce que Bibine et Flitwick sont en train de danser ?
Eddie haussa un sourcil.
– Je crois bien que oui.
C'est à cet instant que Harry le vit. Un petit papillon de nuit vola à une vitesse folle jusqu'à lui… battant ses ailes plus vite que n'importe quel papillon de nuit avait le droit de le faire. Il percuta sa tête et tomba sur le sol où il se changea promptement en origami. Harry prit le papillon de nuit en papier. La lettre H était écrite sur une aile. Il l'ouvrit avec précaution : L'antichambre au bout du hall – S.
Harry sentit son cœur battre la chamade.
– Qu'est–ce que c'est ? s'enquit Eddie.
– Je reviens bientôt, se contenta de répondre Harry.
Il se dirigea vers l'extrémité du grand hall, il examina les alentours pour s'assurer qu'on ne le regardait pas avant de se glisser par la petite porte dérobée.
– Lumos, fit une voix très familière.
Des bougies s'allumèrent dans la pièce et Harry put clairement voir Snape. Le souffle de Harry se bloqua dans sa gorge. Severus se tenait là, sans bouger, grand, sévère, impassible. Il était on ne peut plus séduisant. Il tenait dans sa main droite la hampe d'une longue et unique rose rouge.
– Je croyais que tu ne pouvais pas supporter le bal de la St– Valentin ?
– Il n'y a qu'une seule personne ici que je souhaite voir, répondit Snape.
Ses yeux sombres étincelèrent d'un éclat qui fit papillonner l'estomac de Harry.
– Tu es sûr que les couloirs de Poudlard peuvent se débrouiller sans toi ? demanda–t–il.
– Je suis certain qu'ils s'en sortiront pendant au moins les dix prochaines minutes.
Il avança vers Harry et lui tendit la rose.
– Joyeuse St–Valentin, fit Severus.
Harry ferma la distance entre eux et prit la joue de Severus en coupe dans sa paume. Il regarda dans les yeux de Severus, la gorge sèche. Severus déglutit, sa voix se fit rauque quand il parla.
– Tu pensais vraiment que je ne voulais pas être avec toi ce soir ?
Harry haussa les épaules silencieusement.
– Je ne sais pas…
Severus émit un son qui démontrait son extrême exaspération et donna à Harry un ardent baiser. Les paupières de Harry papillotèrent avant de se fermer et il attira Severus plus près de lui, plongeant ses doigts dans ses cheveux. Seigneur, comme il l'aimait. Comment avait–il pu même songer à le tromper, à le rendre jaloux ?
Il y eut un crack et une explosion de lumière. Harry recula d'un pas avec un sursaut. La porte était ouverte le photographe de la Gazette du Sorcier était là et derrière lui, la foule grandissante des étudiants.
– Harry ! Harry ! Le professeur Snape et vous êtes ensemble ? Depuis combien de temps vous voyez–vous ?
Harry dévisagea Severus dont le visage était crispé et pâle de fureur. La main dont il se servait pour sa baguette avait atteint ses robes. Harry fit la seule chose à laquelle il pensa. Il avança d'un pas.
– Oui, Severus Snape et moi entretenons une relation. Je suis amoureux de lui. Maintenant, je vous suggère de partir avant qu'on ne vous envoie, lui et moi, à l'autre bout du monde.
D'un bref mouvement de baguette, le photographe et les spectateurs furent repoussés en arrière et la porte claqua devant leurs visages. Harry se tourna vers Severus, souriant d'une oreille à l'autre. Il l'avait dit, il l'avait proclamé au monde, il ne se sentait pas honteux, il était amoureux de Severus.
Severus fixait Harry la même rage froide et à peine contenue tendait ses traits, il tourna les talons et quitta la pièce en passant par une porte latérale.
– Severus ? s'exclama Harry de surprise.
Il le suivit dans le corridor. Severus ne s'arrêta pas, ne ralentit pas. Harry lui attrapa le bras.
– Qu'est–ce qui cloche ?
Severus pivota vers Harry, les yeux flamboyants.
– Qu'est–ce qui cloche, Potter ? Qu'est–ce qui cloche ?
Harry cligna des yeux mais ne lui lâcha pas le bras.
– J'ai dit que je t'aimais, tu as entendu ? J'ai dit que j'étais amoureux de toi…
– Oui ! cracha Severus. Tu as dit que tu étais amoureux de moi devant eux – tu as fait de ce qui aurait dû être un moment intime, un instant bien à moi un spectacle, un événement publicitaire ! Tu…
Il arracha son bras de l'étreinte de Harry et ses paroles se réduirent à un sifflement.
– Tu ne l'avais jamais dit avant et la première fois que tu le dis, ce n'est pas pour moi, c'est pour eux !
La réalité de ce fait frappa Harry comme un seau d'eau glacée.
– Oh, mon dieu, je suis désolé. Je suis tellement désolé, je voulais pas que…
Mais Severus était déjà parti.
– Je t'en prie, Severus, attends. Je suis désolé, je ne voulais pas que ça se passe comme ça…
Severus s'arrêta.
– Alors, dis–le, Potter, comment tu aurais voulu que ça se passe ? Dis–moi, je te prie, quel était le but de cet humiliant petit spectacle – parce que, soit–en assuré, nous n'avons pas fini d'en entendre parler.
– Je n'ai pas honte de toi ! Je me fous que tout le monde soit au courant, ils nous ont vus, ils ont une photo – il n'est plus utile de prétendre que nous ne sommes pas ensemble. Que voulais–tu que je dise, que c'était une seule et unique expérience ? Une erreur ? Que j'ai glissé et que je suis tombé sur ta langue ? Pourquoi est–ce que je ne leur aurais pas dit la vérité, que je suis amoureux de toi ? Je suis navré de ne pas te l'avoir dit avant mais je ne croyais pas que c'était important pour toi et puis je pensais que tu devais le savoir.
Harry avala avec difficulté, la gorge obstruée.
– Je suis désolé, je t'en prie, Severus.
– Je savais que cette soirée serait une énorme erreur, fit Severus à voix basse.
– Non, ce n'est pas le cas. C'était vraiment magnifique et je suis désolé qu'ils nous aient trouvés mais si ça signifie que je peux dire à quel point tu es important pour moi, si ça signifie que je peux cesser de te cacher, de nous cacher au monde alors je suis content.
Severus devait le croire, il devait lui pardonner.
Severus se passa une main sur le visage.
– Potter…, fit–il en secouant la tête. Laisse–moi seul.
Et il s'éloigna.
OOO
Severus Snape se rendit à Pré–au–Lard et prit une cuite magistrale. Ça semblait l'option la plus sensée. Le lendemain, il perdrait son boulot, son chez–lui sans compter qu'il perdrait Harry aussi. Bien qu'il eût probablement déjà perdu Harry. C'était clair qu'ils ne lui permettraient pas de le garder, ils ne le voudraient pas, alors c'était aussi bien de le perdre maintenant. Non… Lui, Severus Snape se serait pas autorisé à avoir Harry Potter – ils seraient pourchassés, suivis et photographiés jusqu'à ce qu'ils craquent et qu'ils se quittent en se haïssant pour l'éternité. Non, être ivre mort était la meilleure façon d'être pour ce soir.
Severus en était à son cinquième whisky Purfeu lorsqu'une large main le frappa sur l'épaule. Il leva un regard trouble vers la montagne humaine qu'était Hagrid.
– Oh, merde.
– B'soir, Sev'rus, dit le demi–géant. J'ai entendu c'qui s'est passé c'soir au bal. Qui aurait cru ça, hein ? Harry et vous.
Severus bredouilla quelque chose d'incohérent mais assurément insultant.
– Dumbledore m'a d'mandé de v'nir vous ram'ner à la maison. Il a b'soin d'vous parler, à Harry et à vous.
Ainsi ça avait déjà commencé.
Est–ce qu'on ne peut pas m'accorder une seule soirée pour me bourrer vraiment la gueule en paix ?
– Fait chier, s'arrangea–t–il pour répondre.
– Désolé, Professeur, mais les ordres sont les ordres.
Severus se retrouva soulevé et jeté en travers de l'épaule de Hagrid de la plus désinvolte des manières. Il fut tenté de lui vomir dessus, juste pour lui donner une leçon.
Severus fut déposé sur une chaise dans le bureau d'Albus. Harry, son doux, stupide, agaçant, exaspérant, adorable Harry était assis à côté de lui. Il ressentit un pincement douloureux quand il remarqua son expression pâle et pincée.
– Je suis navré d'interrompre votre soirée, Severus, mais nous avons vraiment besoin de discuter de la tournure des récents événements. Je craignais que quelque chose comme ça ne se produise quand vous avez débuté votre relation…
Severus ferma les yeux, prenant plaisir à sentir la pièce tourbillonner et laissa les paroles d'Albus glisser sur lui.
– … donc nous avons besoin de déterminer ce qu'il faut faire.
Severus ouvrit un œil.
– Ce qu'il faut faire ? Albus ? C'est parfaitement simple. Je vous offre ma démission et je pars. Voilà ce que nous allons faire.
– Non ! s'exclama Harry. Tu ne pars pas ! C'est ma faute, c'est moi qui les intéresse de toute façon. Si quelqu'un doit partir, c'est moi.
– Foutus Gryffondor, martyrs et héroïques, se moqua Severus.
– Regardez qui parle. D'ailleurs, aucun de nous n'a à partir, cesse de te comporter comme un connard borné.
Harry était si attirant quand il fronçait les sourcils que c'en était irritant.
– Harry a raison, Severus. Le photographe de la Gazette du Sorcier attend dehors. Je pense que nous serons capables d'arranger ça. C'est la St–Valentin, nous donnerons à la Gazette une histoire exclusive – deux héros de guerre, jetés ensemble dans la bataille, changent leur antagonisme en amour. Ils publieront l'histoire d'une façon ou d'une autre. Mais si nous pouvions lui donner une ligne directive – la bonne ligne directive – je crois que nous pouvons minimiser les dégâts. Le public aurait difficilement à cœur de penser du mal de votre relation si nous travaillons de la bonne manière.
– Et si on ne peut pas ?
– Alors nous verrons quelle est la gravité des dommages avant de prendre des décisions hâtives.
– Et ensuite je partirai de toute façon. Mieux vaut faire ça maintenant, dit Severus.
– Non, moi, je partirai, rectifia Harry.
Plutôt têtu, pensa Severus.
Le souvenir de pourquoi ils étaient plongés dans un tel bazar pour commencer s'agita en lui. Il se tourna vers Harry, sourcil relevé. Harry lui rendit son regard furieux, le menton projeté en avant avec obstination. Severus sentit naître un sourire narquois sur ses lèvres et il vit les yeux de Harry flamboyer.
– Je ne pense pas, Mr Potter. Vous croyez vraiment que le Conseil d'Administration vous demandera de partir ?
– S'ils te demandent ta démission, alors je ne resterai pas ici.
– Mes chers garçons, personne ne demande à quiconque de partir. Maintenant, Severus, Harry, je suggère que vous vous retiriez dans vos appartements pendant que je vais discuter de l'article de demain avec notre ami dehors. Vous devriez passer un peu de temps ensemble.
Albus sourit chaleureusement.
– Après tout, c'est la St–Valentin.
Severus retourna aux donjons par Cheminette avec autant de dignité qu'il pouvait. Il savait que Harry le suivait mais il ne voulait pas l'admettre. Il fila dans son cabinet, sortit un flacon de potion de sobriété et but une longue lampée.
– Eh bien, dit–il en repositionnant le bouchon sur le flacon. Quel est l'astucieux plan du célèbre Harry Potter pour nous sortir de ce joyeux merdier ?
– Attendons et on verra ce qui se passera demain, déclara Harry en haussant les épaules.
Il se tourna vers Severus, cette inclinaison têtue du menton toujours apparente.
– Pour être honnête, Snape, je me fous royalement de ce qu'ils disent. J'ai passé trop de temps à m'inquiéter qu'ils découvrent ce que je suis, à écouter les mensonges qu'ils imprimaient, que franchement, j'en ai plus rien à branler de ce qu'ils disent. Et, en fait, je pensais que toi aussi, tu étais au–dessus de ce que les autres pensaient de toi mais peut–être que je me suis trompé.
Severus cligna des yeux et tenta de ne pas développer ça trop rapidement. Puis la potion choisit ce moment–là pour le frapper de plein fouet et toutes les raisons qu'il avait de s'inquiéter parurent soudainement plutôt inutiles. Albus n'allait pas le virer et surtout, depuis quand les gens avaient pensé du bien de lui ? Ce n'était pas comme s'il avait jamais eu une mirifique carrière d'enseignant ou gravit les échelons de la société. Il était et serait toujours l'ancien Mangemort Severus Snape. Six mois auparavant, il avait eu besoin de Poudlard mais maintenant, il était en voie de guérison et il n'y avait plus personne du côté de Voldemort qui avait le culot ou le pouvoir de se battre contre lui. Six mois auparavant, quitter Poudlard lui était apparu comme une sentence de mort mais maintenant…
Mais voilà, il y avait Harry, qui apparemment était amoureux de lui et qui voulait le crier sur tous les toits. Et lui, qu'avait–il fait ? Il s'était inquiété que les gens découvrent son homosexualité – comme si c'était d'une manière ou d'une autre pire que d'appartenir à une organisation sorcière prépondérante.
– Potter ? appela Severus.
– Oui ?
Ah, ce menton et ce sourcil – son Harry, si puissant, ténu et obstiné, si beau.
– Tu m'aimes ?
– Oui.
Alors Severus réduisit l'espace entre eux et chercha les lèvres de Harry. Le baiser fut lent et profond. Quand ils se séparèrent, Severus était hors d'haleine et ses genoux étaient faibles, constata–t–il avec embarras.
– On pourrait partir, fit Harry. J'ai l'argent de mes parents, tu sais, et celui de Sirius.
Severus imagina, juste un instant, une vie exempte d'horaires et d'étudiants mais il préférerait crever de faim plutôt que de vivre grâce à l'opulence des Potter et des Black.
– Ne sois pas ridicule.
– Je ne le suis pas, je suis sérieux.
– J'ai mon propre argent, Potter, si j'en ai besoin. Je suis certain que ce n'est pas aussi vaste que la fortune de ton père ou de ton parrain mais ça devrait suffire le temps que je me trouve une nouvelle occupation.
Ce n'était qu'une fanfaronnade mais Potter n'avait pas besoin de le savoir. Snape avait assez d'argent pour subvenir à ses besoins pendant un mois au mieux après ça, son seul espoir était de pouvoir vivre de son habileté à concocter des potions. Il n'avait peut–être pas besoin de Poudlard pour rester en vie mais un revenu régulier serait le bienvenu.
Harry sembla s'apaiser en entendant ça. Il plaça ses bras autour de Severus.
– Je veux que tu sois heureux et je veux être avec toi, c'est tout.
Severus l'embrassa parce qu'il ne savait vraiment pas que dire.
OOO
Severus savait que d'une façon ou d'une autre, ça arriverait. Harry avait encore cet air têtu et décidé. Ils avaient supporté l'article épouvantablement romantique paru dans la Gazette du Sorcier, les Beuglantes qui y étaient associées et les réactions oscillant entre l'incrédulité ahurie et l'hostilité catégorique, même les lettres obstinément encourageantes de Remus – mais quelque chose avait changé dorénavant.
Harry semblait hésitant. Peut–être était–ce à cause des autres qui le regardaient différemment maintenant, à cause des commentaires chuchotés, des journalistes qui rodaient près des portes de Poudlard uniquement pour les entrevoir ensemble. Peut–être aussi à cause des ricanements qui fusaient à chaque instant pendant leur cours de Défense contre les forces du Mal. Harry avait dit de si nombreuses fois qu'il s'en fichait que Severus aurait été un idiot de le croire. Après un mois, cependant, quand la plupart des étudiants paillards furent fatigués de leurs plaisanteries, Harry restait agité. Il allait voler pendant des heures chaque jour, matin et soir. Il n'avait plus été question de quitter Poudlard depuis l'incident de la Gazette du Sorcier mais il y avait quelque chose dans l'air. Certaines nuits, Severus se réveillait et trouvait le lit vide, Harry faisait les cent pas ou s'asseyait pour fixer le feu. Severus devint tendu en attendant que l'orage se déclare.
– Je pars, lâcha Harry un matin.
Severus fut soulagé mais il sut ce que ça faisait d'avoir le cœur brisé. Il était étendu dans le lit, figé.
– Je vois. Où est–ce que tu vas ?
– Je ne sais pas. Je veux voyager, voir du pays.
La réponse était tellement évasive, était jetée si négligemment, que Severus la reçut comme une gifle.
– Je vois.
Il ne voulait pas le questionner. Il ne le voulait pas. Un silence s'éternisa entre eux puis Harry fit d'une voix hésitante :
– Je reviendrai. Pour des visites.
– Si c'est ce que tu veux.
Severus était étendu, il se bougeait pas, osait à peine respirer jusqu'à qu'il sache de façon certaine que ce n'était pas la fin.
– Bien sûr que je le veux !
Harry se plaça au–dessus de Severus, l'obligeant à le regarder.
– Je ne suis pas en train de rompre avec toi, si c'est ce que tu crois. Bon dieu… C'est juste… que je dois… partir…
– Partir ? Partir où ?
Harry prit une profonde inspiration.
– Loin, je ne sais pas – l'Europe, l'Italie. J'étouffe ici. Tout le monde passe son temps à m'observer. Je veux aller dans un endroit où personne ne me connait. Je sais que j'ai dit que je m'en fichais et c'est vrai mais j'en ai marre de devoir ne pas m'en soucier. Je veux que ma vie m'appartienne. Il y a un monde en dehors de Poudlard et de la guerre.
Severus comprenait. Il s'était senti piégé par sa vie si longtemps qu'il s'y était habitué comme un sourd bourdonnement d'insatisfaction. Seul Harry allait changer ça.
– Alors tu devrais partir.
Il y eut un autre silence puis Harry demanda à voix basse :
– Tu m'attendras ?
– Je t'aime, répondit Severus avant de quitter le lit.
La conversation n'était cependant pas terminée, pas dans l'esprit de Severus ni dans celui de Harry, apparemment. Même s'il comprenait parfaitement les raisons de Harry, une blessure à vif semblait s'être ouverte dans sa poitrine et tout ce que Harry lui avait dit ce matin l'irritait. Il voulait le blesser aussi, voulait le faire hurler, voulait autre chose que ce froid état de fait.
Severus savait que tout ce qu'il avait dit pendant la première leçon de la journée avait été limite mais il s'en fichait.
– Si tu ne veux pas que je parte, dis–le, aboya Harry dès que la classe fut finie.
– Tu changerais d'avis ?
– Bien sûr que oui. Je t'aime, crétin, si tu as besoin que je reste, je resterai.
Severus combattit la tentation de lui dire : « Oui, Harry, j'ai besoin de toi et oui, reste, s'il te plait ». Mais à la place, il rétorqua d'un ton mordant :
– Et qu'est–il arrivé au : « Bon dieu, Severus, je dois m'en aller » ?
Harry afficha la même expression que s'il avait reçu une claque et, instantanément, Severus se sentit coupable.
– Alors va te faire foutre, répliqua Harry.
– Harry… appela Severus.
Il réprima le flot de paroles suppliantes qui menaçaient de jaillir de ses lèvres.
– Bien sûr que je ne veux pas que tu t'en ailles mais manifestement c'est quelque chose que tu as besoin de faire… et ce serait… absurde… pour moi de te suggérer autre chose.
– Je ne partirai pas si ça veut dire que nous deux, c'est fini.
– Ce ne sera pas le cas.
Le soulagement qui se peignit sur le visage de Harry valait la douleur qui se répandait dans l'intestin de Severus.
– Bien, parce que c'est quelque chose que je veux vraiment faire, que je dois faire, précisa Harry.
Severus n'ôta pas ses yeux de Harry.
– De ça, Mr Potter, j'en suis parfaitement conscient, dit–il doucement.
– Tu pourrais venir avec moi… tenta encore Harry.
Le tremblement de quelque chose d'impétueux et de magnifique papillonna dans la poitrine de Severus pendant un instant avant que dix–sept ans de déception ne l'écrasent. Harry n'avait pas besoin d'un amant presque quarantenaire sur le dos. D'agaçants lieux communs à propos des choses qu'on aimait qui devaient rester libres lui traversèrent l'esprit.
– Non, répondit Severus. Je ne peux pas. C'est quelque chose que tu dois faire seul.
Harry lui adressa un sourire en biais qui indiquait à Severus qu'il avait fait le bon choix.
– Je te rendrai visite, promit Harry. Tu me manqueras.
A ce moment–là, deux 7ème année entrèrent dans la salle de classe.
– Vous aussi, Mr Potter, fit Severus à voix basse.
Cela prit exactement vingt–quatre heures à Harry pour annoncer pour de bon son départ. Severus l'accompagna aux portes de Poudlard – et remercia les journalistes de s'être suffisamment lassés de leur relation pour ne pas être présent sur les lieux à une heure si matinale.
– Sois prudent, Potter, lui conseilla–t–il avec raideur.
Harry lui sourit en coin.
– Toi aussi, Severus. Ne t'inquiète pas, tout ira bien. Je t'écrirai et je viendrai te rendre visite.
– Tu réalises que tu me laisses ici avec une montagne de travail ingérable ? lui fit–il remarquer avec un reniflement.
– Je sais, je suis désolé.
Puis Harry afficha un sourire narquois.
– Je crois bien que c'est la première fois que tu admets que je suis utile.
– Je suis sûr que non, nia Severus.
Il y eut un moment de silence avant que Severus ne s'éclaircisse la gorge.
– Tu ferais mieux d'y aller.
Harry acquiesça et embrassa férocement Severus. Ce fut Severus qui se recula en premier avant de retirer tout ce qu'il avait dit et exiger qu'il reste après tout.
– Bon… Eh bien, je ferais mieux de partir. Ne sois pas trop dur avec les gamins, je t'écrirai.
Severus hocha la tête et regarda Harry passer les portes. Il se retourna pour lui faire un signe de la main et transplana.
Severus se dirigea lentement vers l'école. L'idée même de la journée à venir lui semblait insupportable. Il retourna dans sa chambre et mit ses robes d'enseignant puis rejoignit les autres membres du personnel pour le petit–déjeuner. Il mâcha lentement mais n'avait aucune idée de ce qu'il mangeait. L'image de Harry qui disparaissait, allait on ne se savait où, jouait sans fin dans sa tête. Severus se sentait piégé et vieux. Il alla dans sa salle de classe et observa les élèves la remplir et prendre leur place.
Une autre classe, une autre leçon. Les jours s'étaient suivis, vides, monotones, dénués de sens. Severus levait sa baguette. Il ouvrait un livre. Il lisait la première phrase trois fois.
– Le cours… commença Severus avant de s'interrompre.
Pourquoi le faisait–il ? Les raisons qu'il s'était données, année après année, jour après jour, avaient été oubliées quand le morveux aux yeux verts avait pris le pouvoir sur sa vie. Maintenant il avait à nouveau besoin de ces raisons et il n'arrivait plus à se rappeler lesquelles. Severus regarda ses étudiants, qui attendaient, l'observaient dans l'expectative. L'un d'eux ricana. Severus prit une profonde inspiration, laissa tomber son livre et quitta la classe.
Il ne savait pas vraiment ce qu'il allait faire jusqu'à ce qu'il se retrouve devant le bureau d'Albus Dumbledore.
– Je m'en vais, annonça–t–il, s'attendant à devoir argumenter contre ses décourageantes offres de bonbons.
Mais à la place, Albus hocha seulement la tête.
– Je pensais vous voir bientôt.
Et Albus, maudit soit–il, lui adressa un clin d'œil.
– Ça n'a rien à voir avec Harry, réfuta Severus. Il est juste… temps de je parte.
– Je comprends.
Severus aurait dû être surpris – et peut–être contrarié par la calme acceptation d'Albus – mais, en cet instant, il ne ressentait rien d'autre qu'une sensation tendue pleine d'attente dans la poitrine. Alors, il acquiesça et marmonna quelque chose à propos de reconnaissance et de lui présenter sa démission avant de tourner les talons.
– Oh, Severus, vous pourriez être heureux de savoir que vos dix–sept ans de bons et loyaux services vous sont dus.
Severus haussa un sourcil.
– Oh ?
– Dois–je vous les déposer sur votre compte habituel ?
Severus hocha stupidement la tête.
– Oh, Severus ?
Ce dernier pivota et le regarda.
– Vous allez me manquer, mon garçon. Bonne chance.
OOO
Il était presque minuit, Severus Snape profitait du plaisir de lire au lit, dans sa propre maison, tout en sachant qu'il ne serait interrompu par aucun drame Serpentard à apaiser ni par le devoir de sauver la vie de quiconque. Sa petite boutique de potions commençait à prendre son envol après quatre mois de travail acharné et, pour la première fois de sa vie, Severus se sentait détendu.
Il leva les yeux tandis qu'un jeune homme à lunettes et aux cheveux en bataille tombait de la cheminée et roula sur le tapis qui lui faisait face.
– Tu sais, fit Severus en haussant un sourcil. Pas que je me plaigne mais on aurait pu présumer que le fait de voyager à l'étranger pour expérimenter tous les aspects de la culture locale, incluait – si on pousse plus loin la déduction – de dormir sur place.
– Les gîtes pour routards étaient tous pleins.
Harry haussa les épaules et eut la décence de paraître légèrement gêné quand il ajouta :
– Encore.
Son expression ne dura guère et fut rapidement remplacée par un sourire tandis qu'il enlevait ses chaussures de sport.
– Vraiment, fit lourdement remarquer Severus. Je m'étonne que l'Office du Tourisme italien n'ait pas abordé cet épouvantable manque de budget pour fournir un nombre suffisant d'hébergements. Après tout, je crois qu'il n'y a pas eu de lit vacant plus de deux fois depuis plus de quatre mois.
– C'est scandaleux, commenta Harry en ôtant son T–shirt. C'est une chance que j'aie un lit chaud pour dormir ici.
Severus grommela et abaissa les couvertures à côté de lui.
– Tu vas t'user à force de faire des aller et retours par le réseau de Cheminette tous les jours.
Harry défit son jean et le laissa tomber sur le sol.
– Au moins, je n'ai pas à m'inquiéter de porter des bagages.
Severus prit le temps de se recentrer, étant donné que Harry était en train d'enlever ses sous–vêtements aussi.
– C'est… l'avantage… je suppose, murmura–t–il tandis que Harry se glissait dans le lit à ses côtés.
– Il y a d'autres bénéfices aussi, ajouta Harry.
– D'autres bénéfices ? répéta Severus en ôtant son propre pyjama. Vous vous devez d'approfondir ces allégations, Mr Potter.
Ce que fit Harry, avec sa bouche d'abord puis avec ses fesses, quand Severus le retourna pour plonger en lui.
– Bordeldemerdeparmerlin… oh, putain, Harry, haleta Severus en le pilonnant contre le matelas avec une admirable cadence.
Il ne serait jamais, jamais fatigué de le faire, bien qu'il sache que le désir manifeste de Harry de l'avoir en lui servait à l'empêcher de se rendre compte qu'il partait à l'étranger. Il glissait à l'intérieur et hors de son orifice serré, l'extrémité de son sexe presque sorti puis complètement enfoncé. Harry se jetait en arrière contre lui, avide d'avoir plus encore, d'être défoncé plus profondément, ses gémissements et ses halètements galvanisèrent Severus. Son orgasme, lorsqu'il le frappa, le fit presque hurler et il s'écroula sur le lit, à côté de Harry, qui était dans le même état de béatitude post–coïtale.
– Accio baguette, marmonna Harry en levant une main.
Severus le laissa faire la toilette puis, somnolant, s'enveloppa autour de son corps chaud.
– Ta queue, c'est ça, l'autre avantage.
Severus entendit vaguement Harry marmotter avant de plonger dans un confortable sommeil béat.
– Joyeux anniversaire, déclara Severus le matin suivant et il fut gratifié de l'agréable sourire de Harry. Tu ne vas retourner en Italie aujourd'hui, de toute façon.
– Ah, bon ?
– Non, j'ai des projets pour toi, ce matin.
– Des projets d'anniversaire ?
– Je suppose qu'on peut les appeler comme ça. Mais d'abord, une douche.
Plus tard, beaucoup plus tard que le temps normalement nécessaire pour des ablutions, Harry et Severus étaient douchée et habillés.
– Petit–déjeuner, indiqua Severus.
Ils descendirent l'escalier en direction de la salle à manger – que Harry n'avait pas encore vue puisqu'il débarquait toujours à des heures indues – la pièce la plus proche dans laquelle il s'était rendu pour faire un raid dans le frigo était la cuisine. Severus ouvrit la porte et deux douzaines de voix hurlèrent : « Surprise ! ».
Severus prit beaucoup de plaisir à voir le visage de Harry – les Weasley étaient avec leurs différents partenaires, incluant Hermione, bien sûr, tous les survivants de l'Ordre, la moitié de personnel de Poudlard et Neville, qui jetait des coups d'œil nerveux en direction de Severus.
Comme il se doit, pensa sournoisement Severus.
Il se retira dans un coin et laissa Harry s'amuser avec ses amis. Il avait fallu de l'organisation Severus avait été obligé de quitter son plaisant exil et de parler aux gens à qui il n'aurait jamais reparlé. Mais maintenant, à observer Harry rire et s'amuser, Severus devait admettre que ça le valait largement. Ces gens, dans sa maison maintenant, n'avaient jamais été et ne seraient jamais ses amis et il savait très bien qu'ils n'avaient jamais voulu l'être. Severus tressaillit quand il vit les révoltants jumeaux Weasley se tenir trop près de la plus belle porcelaine de Chine de sa mère. Il cessa d'ignorer les regards furtifs dans sa direction et haussa les sourcils.
– Belle fête, Severus, le complimenta Remus, en se gavant de quelque chose de collant et rose. Bravo.
– Ce n'est rien, réfuta pesamment Severus.
– Tu sais, Severus, j'admets que j'étais un peu inquiet quand j'ai entendu que Harry te fréquentait – après tout, il y a une grande différence d'âge et vous n'aviez jamais exprimés quoi que ce soit qui s'apparentait à de l'affection l'un pour l'autre…
– Lupin, tu as quelque chose à dire ?
Remus haussa un sourcil et sembla amusé.
– En fait, oui. Malgré ces problèmes, il semblerait que tu es bon pour Harry et que tu prends sincèrement soin de lui. Je te donne ma bénédiction mais je ne suis pas certain que tu y accordes deux noises.
– Très perspicace de ta part, Lupin, lâcha Severus.
Puis il se rappela qu'il avait promis d'être aimable avec les amis de Harry.
– Sers–toi de punch.
A son grand agacement, à la fin, tout le monde vint lui dire quelques mots mais, par amour pour Harry, Severus réfréna – la plupart du temps– les paroles qu'il pensait vraiment.
– Severus ?
Harry se tenait à côté de lui.
– Oui ? s'enquit–il en haussant un sourcil.
– Merci.
Il déclina le remerciement de la main.
– Tout le plaisir est pour moi, j'en suis sûr.
Harry lui donna un rapide baiser – sur les lèvres, devant tout le monde. Severus sembla surpris et combattit le ridicule sourire qui menaçait d'apparaître.
– Je t'aime, ne l'oublie pas, déclara Harry. Prends un peu de gâteau.
Il lui tendit une assiette avec une tranche de cake au chocolat. Severus afficha sa belle grimace de martyr.
– Si je le dois vraiment.
– Oui, tu le dois. Ça va ? Tu ne t'ennuies pas trop ?
Severus le dévisagea.
– Je survivrai. Maintenant, va et profite de ta fête, tes amis me regardent et je détesterais pour eux qu'ils leur prennent l'envie de venir me parler à nouveau.
Harry lui décocha un sourire à tomber par terre.
– J'arrangerai ça avec toi, ce soir.
Tandis que Severus reposait le cake avec dédain et prétendait ne pas anticiper la promesse du plus tard de Harry, il décida qu'en dépit de la nature ridicule et impossible de leur relation, elle méritait de continuer. Personne ne savait ce qui allait se passer mais ils la mèneraient loin. Il observa Minerva et Albus, Tonks, Kingsley et Remus, la horde dispersée des Weasley, ce minable d'Eddie Conventius et bien sûr ce foutu Harry Potter. Ils riaient, détendus – si différents des rencontres de l'Ordre de jadis.
– Regarde – des Dragées Surprises de Bertie Crochue – Snape sait comment lancer une fête ! entendit–il d'un des frère Weasley.
Puis de sa droite, il entendit la voix de Molly jaillir.
– Vous avez vu comme ils sont mignons ensemble, qui l'eût cru ? Je n'aurais jamais imaginer Severus amoureux et de Harry, en plus !
Et ce soir Harry serait dans son lit. Severus émit un reniflement amusé.
– Et ils vécurent heureux à jamais, dit–il à voix haute.
FIN
Voilà, c'est fini. Ça vous a plu, déplu ? Faites-moi connaître votre avis en me laissant une review. Merci d'avance.
À la semaine prochaine.
Falyla
