Disclaimer : Aucun des personnages de Gundam Wing ne m'appartient.

Commentaire : A l'origine il s'agissait d'un cadeau pour Kymika, mais vu le temps écoulé depuis le dernier chapitre... je ne peux plus le prétendre, toutes mes excuses. Attention, c'est un UA. Je sais maintenant que c'est le dernier chapitre.

Bonne lecture à tous.


Je n'aurais jamais rêvé cela

Chapitre 4) La réalité

La Terre

AC 198

Wufei sortit du sommeil avec peine.

Il rouvrit les yeux à contre cœur, finalement le rêve de la nuit n'était pas si déplaisant que cela, même s'il comportait des éléments qu'il avait du mal à appréhender.

Cette histoire de clef par exemple.

Cela n'avait pas vraiment de sens.

Une clef qui ouvrait vers d'autres mondes ?

Non, vraiment, il ne pouvait pas y croire.

Heureusement, ce n'était qu'un rêve, une chimère dont il n'avait pas à tenir compte plus que nécessaire.

Ce serait juste un agréable souvenir qu'il aurait pour se réconforter dans les moments de solitude.

Soulagé de s'être mis d'accord avec lui même il ouvrit enfin les yeux et s'étira pour achever de s'éveiller.

Son mouvement lui plaça sous les yeux l'une des manches de ce qui aurait du être sa tenue de nuit mais qui, curieusement, ressemblait furieusement à une tunique en soie blanche brodée d'argent.

Interrompant son mouvement Wufei fixa d'un air interloqué cet habit qui lui avait été donné au cours du rêve de la nuit précédente.

En toute logique il n'aurait pas du encore la porter, puisque ce n'était qu'un rêve.

Pensant tout d'abord être victime d'une hallucination Wufei ferma les yeux et compta posément jusqu'à dix.

Sans doute n'était il pas encore totalement réveillé et ses yeux lui jouaient des tours, tout serait rentré dans l'ordre lorsqu'il les rouvrirait.

Il n'y avait aucune raison de paniquer.

Pourtant, lorsqu'il se décida enfin à rouvrir les yeux, au terme de son compte, il portait toujours le même vêtement chinois richement orné.

Il en resta pantois un instant, partagé entre la surprise et l'inquiétude.

Si le problème ne venait pas de ses yeux, alors il devait avoir une autre origine, mais laquelle ?

Son esprit des plus logiques lui souffla rapidement une réponse satisfaisante.

Il devait être en train de rêver, il ne pouvait en être autrement.

Dans la réalité les sculptures, même si elles représentaient des dragons, ne servaient jamais de clefs ouvrant sur d'autres mondes ou d'autres réalités.

C'était tout bonnement impossible et il ne pouvait pas se laisser aller à croire de telles sornettes.

Ce n'était acceptable que dans le cadre de rêves.

Admettre que cela puisse être vrai, puisse être réel, n'était pas acceptable.

Ce serait ouvrir la porte à d'absurdes fantaisies et Wufei n'en avait aucune envie.

Il avait le sentiment que s'il se mettait à y croire il risquait de se laisser entraîner dans des aventures dont il aurait du mal à sortir indemne.

Désormais convaincu d'être toujours en plein rêve et ne sachant pas comment sortir de ce rêve, il hésita.

Si dans un premier temps sa logique lui soufflait de rester chez lui et d'attendre qu'enfin sonne l'heure du réveil véritable, son sens du devoir le poussait quand à lui à se préparer pour aller travailler.

S'il était en retard au travail il risquait de perdre sa place et il avait bien trop besoin de cet emploi pour vouloir prendre un tel risque.

Il retira l'habit chinois, rêve ou pas rêve il ne pouvait pas se rendre sur son lieu de travail dans une tenue si précieuse.

Mieux valait qu'il conserve un habit plus modeste qui attirerait moins l'attention sur lui.

Il ressentit cependant une pointe de regret en se dépouillant de la tenue, elle lui plaisait vraiment et cela aurait été agréable de la porter, même pour aller travailler.

Hélas pour lui, même dans un rêve son côté raisonnable semblait décidé à le priver de joies de ce genre, il devait bien se rendre à l'évidence.

Il n'était vraiment pas quelqu'un d'aventureux, il n'avait pas non plus d'audace, c'était ainsi.

Une fois au travail il s'efforça de ne penser qu'à ce qu'il avait à faire.

Cela valait mieux.

Le rêve tournait en tout cas au rêve ennuyant.

Quel intérêt de rêver si dans ce rêve il effectuait les mêmes choses que dans la réalité ?

Il n'en trouvait pas tellement et cela le tracassait.

Peut être n'était il pas en train de rêver au fond...

Peut être que ce qu'il croyait être un rêve était en réalité réel.

Plus les heures coulaient plus Wufei se prenait à penser qu'il n'était pas dans un rêve mais dans la réalité et cela lui causait une sorte d'excitation confuse qu'il ne s'expliquait pas vraiment.

Plus il se rapprochait de l'heure où il pourrait rentrer chez lui et plus il avait envie de rentrer, de savoir si ce qu'il croyait était vrai ou faux.

Bien entendu, il ne pourrait pas en être certain à cent pour cent, surtout s'il était dans un rêve.

Mais à bien y réfléchir, cela n'avait pas vraiment d'importance.

L'important était finalement de dépasser ses limites, d'accepter qu'il ait désormais le pouvoir d'aller plus loin qu'il n'aurait jamais songé pouvoir le faire.

Peut être même de retrouver Meiran et de la reconquérir.

De lui prouver qu'il pouvait être tout autre que ce qu'elle s'était imaginée.

En même temps, autant d'audace lui faisait un peu peur.

Avait il vraiment le droit de dépasser ses propres limites ?

Ne serait-ce pas prendre des risques inutiles ?

Jusqu'à où pouvait il s'autoriser d'aller dans ce rêve ?

Ne risquait il pas de s'y perdre sans espoir de retour ?

Tout en rentrant chez lui, à pas lents, perdu dans ses pensées, Wufei ne cessait de peser le pour et le contre.

Poursuivre la voie ouverte par son double et découvrir jusqu'à où il pouvait aller ?

Rester dans un cadre familier, tranquille, rassurant, sans danger aucun ?

Il n'avait rien d'un lâche, mais il n'était pas non plus un aventurier.

C'était bien pour cela que Meiran avait choisi de le quitter d'ailleurs.

Parce qu'elle le trouvait trop raisonnable, trop... faible...

Wufei serra les dents.

Non, il n'était pas faible, il était prudent, il n'y avait rien de déshonorant à être prudent n'est-ce pas ?

Une fois passé la porte de sa chambre il fixa un long moment la tenue de soie blanche soigneusement accrochée à un cintre.

Puis il tourna la tête pour contempler la petite sculpture posée sur son bureau.

Les deux semblaient le narguer, comme s'ils le mettaient au défi de se dépasser lui même.

Son double plus âgé ne semblait pas avoir peur de faire cela.

Pouvait il se montrer plus lâche qu'une version rêvée de sa personne ?

Non !

Jamais de la vie !

Puisque son autre lui même en était capable, alors il le pouvait aussi.

Il le devait aussi !

Prenant une profonde inspiration Wufei décida qu'il allait franchir le pas et se risquer à son tour à croire en ce que son double lui avait expliqué.

Qu'il allait explorer par lui même les possibilités qu'ouvrait la clef qu'il avait reçu.

Oui, il avait passé assez de temps à se complaire dans les regrets et la prudence.

A se montrer raisonnable au point d'en devenir presque médiocre.

Il ne voulait pas passer le reste de sa vie entre l'étude et le travail, sans aucune joie, aucun plaisir.

Surtout, surtout, il ne voulait pas la passer seul.

Il se lava rapidement, se sécha avec des gestes nerveux et passa la tenue de soie blanche.

Une fois habillé il resta un moment devant la table où reposait la petite sculpture, puis, d'un geste vif, il s'en empara.

- Si tu es vraiment ce qu'on dit, alors ouvre moi la porte d'un monde que je ne connais pas. Murmura t'il.

Non loin de lui la porte de la salle de bains laissa filtrer une vive lumière.

Wufei rangea soigneusement le petit dragon d'or dans sa poche et se dirigea vers elle.

Il sentait son cœur battre très fort dans sa poitrine, mais ce n'était pas de la peur.

Non, il ne ressentait aucune peur, seulement une très forte exaltation.

Même si ce n'était qu'un rêve, il était sur le point de changer sa réalité.

Il posa la main sur la poignée, ferma les yeux une seconde, les rouvrit.

Il se tourna pour contempler le décor familier de sa chambre puis actionna la poignée de la porte.

La porte une fois ouverte la lumière l'entoura et il franchit enfin le seuil, s'aventurant pour la première fois de sa vie dans l'inconnu le plus total.

Il ne savait pas où il allait arriver.

Il ne savait pas quand il allait revenir.

Il ne savait même pas s'il pourrait revenir à vrai dire.

Mais il s'en moquait.

C'était sans importance.

Pour lui tout commençait enfin.

FIN

Oui, je laisse les lecteurs imaginer à leur guise ce que Wufei a bien pu trouver de l'autre côté de cette porte, quels mondes il a pu visiter, quels gens il a pu rencontrer, quels amis il a bien pu se faire et surtout, surtout, s'il aura l'occasion de retrouver Meiran.

Parce que tout ceci est une autre histoire.