Voici le chapitre 4, un peu longuet mais assez important : nous connaissons désormais tous les principaux personnage de l'histoire...Et nous en redécouvrons certains.

Note d'Anwa aujourd'hui...un peu censurée à cause de Spoiler (namého !)...Pour connaître ce qu'elle dit, lisez la note de fin de chapitre. Après avoir lu le chapitre !

Coucou, c'est Anwa !

J'espère que vous appréciez toutes et tous cette histoire et qu'il ne reste pas trop de faute. J'avoue que ce chapitre, j'ai eu du mal à m'y mettre pour le lire, en tout cas beaucoup moins que pour les autres. De toute façon dans ce chapitre, un personnage insupportable fait son apparition, j'ai nommé : ************ ! Oui, vous savez, la ************* qui **************** dans AD et qui ************ Lynna ? Ben c'est **************. Bon voila, il ne me reste plus qu'a vous souhaiter une bonne lecture ! (au cas où vous vous poseriez la question, non, pas de remarque débile ce coup-ci, j'ai décidé d'être sérieuse…mouai on y croit tous xD)

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Chapitre 4 : Je vais me rendre à Azkaban.

Sirius essaie de me voir, j'en suis ravie, mais elle reste avec lui et me fait toujours signe que ma présence les gêne. Je la comprends, si j'étais la petite amie de Sirius et qu'il fréquentait souvent une autre fille avec qui il avait eu une drôle de relation, je ne serais pas contente non plus…mais je ne peux m'empêcher de la détester. Et ça me fait souffrir. Je connais désormais son prénom : Pauline. Je l'aurais peut être adorée dans d'autres circonstances, mais là, je souffre et mon cœur a décidé qu'elle était coupable.

* * * * * * * Łƴɲɳɑ * * * * * * *

Je referme un autre dossier, encore, en soupirant. Je commence à désespérer : le dossier Black se trouverait-il réellement dans l'armoire interdite ? Je lui jette un regard attristé, comme si elle pouvait s'émouvoir mais rien ne se produit. Je pousse un second soupir avant d'ouvrir un nouveau classeur qui parle de gens manipulés durant cette période sombre.

Voilà bientôt trois semaines que j'ai commencé mes recherches. En réalité, je n'ai pu me rendre dans cette salle que deux fois, et très peu de temps. Bones semble être revenu et Sue a tous les soucis du monde à le retenir loin d'ici. Elle a beau lui trouver mille et un défauts insupportables, elle commence elle aussi à manquer d'imagination pour le retenir dans son bureau plus d'une demi-heure tout en pouvant m'accompagner à la porte scellée. Peut-être que si elle usait de ses charmes, ça marcherait... Mais je pense qu'elle préférerait embrasser un détraqueur plutôt que de séduire cet homme. Non pas qu'il soit moche -il est de taille moyenne, les cheveux courts, un visage un peu rond tout ce qu'il y a de plus banal chez les anglais- mais, il y a des gens, comme ça, qui nous donnent des envies de meurtres et ce qui est d'autant plus horripilant, c'est qu'on ne peut les attaquer sur certains sujets... Pour Bones, c'est son prénom : « William », un superbe prénom, élégant mais jeune, riche mais humble, dont on ne peut se moquer. Sue adore les Williams mais parce que « cet imbécile » le porte, elle ne peut plus les apprécier comme avant. Certains penseront que c'est de la mauvaise foi ou une forme de névrose mais il en est ainsi. Je lui ai aussi proposé qu'elle lui demande ce qui ne va pas, s'il a des soucis... Mais depuis le temps, Bones doit la haïr et n'acceptera jamais de lui parler. En ce moment, je crois qu'elle est en train de lui faire la morale parce qu'il a osé l'appeler par son vrai prénom. Sue n'est que le diminutif de Susan, son second prénom -qui vient de sa grand mère je crois-... Personne ne l'appelle autrement. La colère d'une Winston est quelque chose que l'on doit éviter à tous prix si l'on tient à la vie.

Du côté de Remus, il se pose des questions et me soupçonne même d'avoir un petit ami mais je lui ai assuré que non. Il est un peu jaloux car très possessif et il n'aimerait pas que je sorte avec un autre alors que je couche avec lui. C'est peut-être cette attention presque paternelle qui me permet de ne pas souffrir de notre relation : je sais que je ne pourrais jamais avoir uniquement du sexe avec un homme, sauf lui, cela me détruirait de l'intérieur. Cependant, Remus prend soin de moi, une bienveillance qui remplace l'amour et me protège. D'ailleurs il cherche aussi à me faire travailler ma présentation qui devrait se faire dans environ deux mois... C'est fou comme le temps passe vite. Il m'aide beaucoup et me soutient moralement, même s'il ne connaît pas la raison de cette baisse de vitalité. Il est vraiment adorable, malheureusement, cette nuit, j'ai dû me loger dans une chambre d'hôte sur le chemin de traverse car la lune était pleine. Au fond, peut-être que s'il n'avait pas été un loup garou... Je serais peut être encore avec lui ? Comment savoir : son caractère calme et raisonné est peut être le fruit de cette souffrance, et donc, s'il n'avait jamais été malade, il ne m'aurait pas séduit. Et, au fond, je pense qu'il a besoin d'une personne plus mature, qui arriverait mieux que moi à comprendre ses problèmes, car j'en suis incapable. Je ne pourrais pas passer ma vie à jouer ce rôle. Il mérite une vraie femme, pas une gamine : il a mûri, pas moi, il a eu le temps et les moyens de grandir, moi je suis restée dans le passé. J'ai un pincement au cœur à l'idée de voir Remus avec une autre mais je sais que ce n'est pas de l'amour. C'est juste la même réaction que lorsque Lily m'a dit qu'elle sortait avec James. Rien d'autre.

Je me perds un instant -pourtant si précieux vu les efforts de Sue pour obtenir ce temps libre- dans mes souvenirs, un vague sourire au lèvre, fixant une boîte en bois. Cette salle ne m'accable plus autant qu'avant, elle est toujours aussi sombre mais elle me donne le droit de penser au passé puisque là est la raison de son existence. Je me remémore les matchs de Quidditch, ma tentative ratée de qualification dans l'équipe des Gryffondor, Severus Snape et Lily... Qu'est-il devenu d'ailleurs ? D'un côté, c'est grâce à lui si j'ai pu devenir amie avec Sirius. Il m'avait attaqué par surprise et voulait faire chanter Black, en croyant que j'étais sa petite amie, ce qui a raté et a renforcé notre lien. Et oui, Sirius apprécie énormément les gens qui lui donnent une occasion de jeter des sorts à « Snivelly ».

Sirius. L'amour de mes années adolescentes. J'avais décidé de lui déclarer mon amour en cinquième année mais de demander à être amie avec lui et non pas d'être sa petite copine... Afin de ne pas souffrir. Finalement, j'en ai bavé, surtout à cause des autres filles qui n'acceptaient pas que je l'accapare d'une manière aussi lâche. Elles m'ont frappée, humiliée et ont détruit un bon nombre de mes devoirs. Je crois que le pire fut lorsqu'elles m'ont coupé les cheveux... Je n'ai pas voulu voir Sirius avant un bout de temps, heureusement, l'infirmière me les a fait repousser aussi beaux qu'à l'origine. Il y a eu bien d'autres attaques dues à cette amitié, avec Lily entre autre mais, finalement, ces souvenirs sont devenus beaux et inestimables. J'ai eu plein de nouveaux amis, ressenti plein d'émotions et j'ai fini par évoluer et savoir ce qui était vraiment précieux à mes yeux.

Puis j'ai fini par les abandonner une fois Poudlard terminé.

Alors que j'allais me morfondre dans d'obscures pensées, rabâchant mes erreurs d'antan, une lumière argentée apparaît à côté de moi : un patronus. Un milan qui énonce, d'une voix identique à celle de Sue, la phrase permettant de refermer les armoires avant de se tourner vers moi.

-Va-t-en ! Bones arrive !

Je me relève tandis que le rapace s'évapore et me précipite vers la sortie, je jette un rapide coup d'oeil dans le couloir quand j'aperçois le chargé des archives qui arrive... J'hésite à lui lancer un sort mais je me ferais repérer immédiatement, et il est presque certain que la salle dans laquelle je suis détient un charme empêchant les sorts offensifs. Soudain, apparaît juste entre lui et moi une femme apparemment effondrée, sortie du bureau d'un procureur ou un greffier -je n'en suis pas sûre. Bones fait un pas en arrière, sûrement déstabilisé, gêné d'être en face d'une telle tristesse sans pouvoir rien faire, puis il pivote et retourne par là où il était venu, murmurant quelque chose pour lui même... Probablement une excuse afin d'éviter les sanglots de la malheureuse.

Je soupire de soulagement et referme la porte derrière moi. J'allais me diriger directement vers l'ascenseur afin qu'on ne me voit pas ici plus longtemps mais je commence à culpabiliser pour cette pauvre femme : elle m'a aidé et elle semble vraiment triste. Je commence à ressentir le même malaise que Bones puis décide de m'approcher d'elle. Une fois à sa hauteur, je me rends compte que nous devons faire à peu près la même taille, elle doit juste avoir quelques centimètres de plus. Son style vestimentaire semble doux et pourtant au goût du jour, exactement le genre de vêtement qui me donnent une excellente impression. Finalement, je pose une main compatissante sur son épaule et demande :

-Qu'est-ce qui vous met dans un tel état ?

La femme relève la tête, un peu étonnée de voir une personne s'intéressant à elle, mais lorsque nos regards se rencontrent, nous réalisons chacune un bond en arrière, remplaçant l'empathie et la tristesse pour de la surprise et de l'incrédulité. Nous nous fixons, comme si on revoyait un mort, chacune la bouche ouverte. Son visage doux, son regard tendre mais ferme, surtout pour moi, cette posture... Je t'ai connue, je t'ai haïe...

Ma rivale.

-Pauline ?

-Lynna ?

Je sais qu'elle non plus n'en croit pas ses yeux. Une foule de sentiments et de souvenirs remontent dans ma tête : c'est cette fille qui sortait avec Sirius alors que je cherchais à le conquérir, c'est celle-là même qui l'a éloigné de moi pour protéger son couple, c'est elle que j'appréciais de loin pour la détester de près. Elle avait un an de plus que nous. Elle était à Poufsouffle. Une fille bien qui a volé mon Sirius.

Quand je repense à tout cela, je ressens une immense sympathie pour elle, oubliant toute ma haine passée : nous avons été dans la même situation, l'une par rapport à l'autre, tout cela à cause de lui. Je lui offre un sourire difficile et timide auquel elle répond par un regard sur le côté en haussant les épaules avant d'engager la conversation.

-Ça fait longtemps n'est-ce pas ?

-Oui, je réponds en hochant la tête, ne sachant comment engager la conversation.

Contrairement à Sue qui vit dans la plaidoirie, moi j'ai vécu dans les grognements, hurlements, aboiements, meuglements et autres bruits bestiaux. Je ne sais toujours pas comment discuter simplement avec des humains. Ma timidité a survécu, tout comme ma maladresse.

-Que deviens-tu ? Fait-elle avec une douceur maternelle qui me touche en plein cœur, comme si, par un sourire, elle venait de me pardonner toutes mes erreurs passées.

-Je... Je suis agent d'élevage et de soin aux créatures magiques en Roumanie mais là je suis en mutation pour quelques mois... Et toi ?

-J'ai ouvert un restaurant à Plymouth, tu connais la région ?

-Oui, mes parents vivent là-bas, je réponds avec ma vitalité habituelle.

Elle me sourit tandis que je baisse la tête, de honte : elle a l'air si femme, si mature avec son visage doux mais fin, ses manières délicates, tandis que je ressemble toujours à une enfant avec mon visage rond et mes mouvements exagérés. Je comprends pourquoi Sirius est sorti avec elle.

-Mais qu'est-ce que tu fais là ?

-J'ai... Mon frère... Qui est à Azkaban pour 18 mois, murmure-t-elle, l'air sombre.

Elle me jette un regard, comme pour vérifier ma réaction, mais je n'affiche qu'un air de surprise. Je ne savais pas qu'elle avait un frère. Je sais que je ne devrais pas penser ainsi, aussi naïvement, mais c'est la seule chose qui m'est venu en tête. Et puis je n'aime pas cogiter sur le malheur des autres.

-Ah, je comprends... Je sais que cela est très douloureux, je lui dis, maladroitement mais avec toute la sincérité dont je suis capable.

Moi aussi, j'ai un proche en prison, celui que je considérais comme mon ami. Étrangement, elle acquiesce comme si elle avait entendu mes pensées. Je n'ose pas lui demander la raison de cette incarcération, cependant, elle reprend la parole.

-Ce n'est pas réellement son emprisonnement qui me chagrine, mais le fait que... J'ai besoin de certains papiers pour le restaurant qu'il détient, puisqu'il est le copropriétaire... Et il est le seul à savoir où ils sont... J'ai donc dû réclamer une visite mais je n'ai pas du tout envie de le voir, et encore moins d'aller dans cet horrible endroit, toute seule...

Elle frissonne tandis que je reste muette et immobile : elle était en train de se confier à moi. Ma rivale, celle que j'ai haï pendant si longtemps, se laisse aller devant moi. Pourquoi les gens se confient-ils aussi simplement à moi ? C'est touchant mais j'ai peur pour eux, peur que j'utilise ces informations contre eux. J'ai déjà utilisé cette arme contre Sirius alors... Mais elle ne semble pas aller plus loin. Nous nous saluons rapidement puis je reprends mon chemin, plutôt contente qu'elle ne m'ait pas demandé ce que je faisais là.

Au moment où j'ouvre la cage d'escalier, mon cerveau entre en éveil et relie tous les éléments. Je retourne en arrière et attrape à nouveau Pauline par l'épaule. Dois-je commencer par ma requête ou par une mise en confiance ? Prenons la deuxième option.

-T-Tu veux qu'on en parle ? Autour d'un verre...-je remarque la suspicion dans son regard-... Euh, en fait, ces temps ci... Je cherche à renouer avec le passé, mes souvenirs de jeunesse... Et tu en fais partie. Alors...

Je mens bien, quoique... Disons alors que je manipule bien la vérité quand je le veux, si on oublie mes bégaiements.

-Pourquoi ? demande-t-elle, soupçonneuse.

Je vois très bien qu'elle sait que je désire lui réclamer un service, que j'aimerais en savoir plus sur ce qu'elle a connu de Sirius mais ce n'est pas tout...

-J'ai... j'ai comme besoin de te parler... De remémorer le passé. J'ai besoin de savoir ce que tu es devenue, comment tu t'en es sortie... Par rapport à -je me tais, n'arrivant pas à finir ma phrase, pourtant Pauline comprend ce que je voulais dire.

-Je n'ai pas grand chose à te raconter, lorsqu'il m'a plaqué, j'ai comme qui dirait « coupé les ponts » avec votre groupe. Quand je le croisais, je le saluais mais rien de plus.

-Je sais mais comment as-tu réagi par rapport à son...

Soudain Bones revient une nouvelle fois à la charge, de très mauvaise humeur, nos regards se croisent et il ne semble pas du tout content de me voir ici : il m'a déjà vue une fois et là, je suis en train de confirmer ses soupçons. Pauline réagit plus vite que moi -comme d'habitude... Comme quand elle a décidé de contrôler les relations de Sirius- et se jette contre mon épaule, en sanglotant bruyamment. Les efforts me semblent un peu exagérés, même ridicules, mais j'essaie de jouer le jeu malgré tout, en réalisant quelques caresses circulaires dans son dos, comme pour la consoler. Au moment où Bones arrive à notre hauteur, il nous jette un regard méfiant et me demande :

- Que faites-vous ici ?

-Je la console, je réponds le plus simplement du monde, moi même un peu désemparée.

-Vous n'étiez pas avec elle tout à l'heure.

-Vous ne pourriez pas nous laisser tranquilles ? grogne Pauline furieuse des questions impertinentes de l'employé du Ministère.

-Je ne vous pose pas de questions à vous, Madame...

-Mademoiselle ! grince-t-elle.

L'erreur à ne pas faire : se tromper sur l'âge... En mal.

-Peu importe. Alors ? insiste-t-il en me jetant un regard perçant.

-Ben... J'ai...-Trouve une idée Lynna ! Vite ! Assemble les éléments !-...Je suis venue parce que je...-Que faisaient les Maraudeurs dans les impasses ?..Ah !- Je suis venue porter plainte.

-Plainte ?

-Oui.

Ils inversaient la situation. C'est quitte ou double, et pour le moment je n'ai aucune idée de ce que je dois dire, mes mains deviennent moites et une boule se forme dans ma gorge. Cher James, Sirius, Remus et Peter, protégez la pauvre cruche que je suis.

-Et contre qui ?

-Et bien... En fait je suis venue ici de la part de mes parents !

-Vos parents ?

-Tout à fait !

-Et pourquoi ne sont-ils pas venus d'eux-mêmes ?

-Et bien... Justement, c'est parce qu'ils ne peuvent plus se déplacer que je viens porter plainte. A cause de Pauline, je finis en la désignant avec un air grave d'une main.

Les deux personnes en face de moi me regardent, éberluées : Bones ne semble pas croire un mot de mon récit tout en s'énervant tandis que Pauline affiche une expression d'incrédulité tout en trouvant la situation comique.

-Oui, parce que... -je jette un rapide coup d'oeil à mon ancienne rivale-. Parce que Pauline les a empoisonnés ! Ils sont tous les deux très malades et j'ai préféré qu'ils ne sortent pas et ne voient personne pour la journée, ils vomissent partout, racontent des idioties plus grosses qu'eux et ça semble contagieux.

-Et comment Mademoiselle aurait pu les empoisonner.

-Son restaurant. Mes parents y vont souvent et... Je pense qu'elle a dû glisser de la poudre de champignons des mines dans leur... Ragoût.

Mais qu'est-ce que je raconte... La poudre de champignons n'a pas ce genre d'effet... non en fait la poudre de champignons des mines est hallucinogène, sauf pour les Quintaped : ça les rend plus calmes... Mais là n'est pas le sujet.

Maintenant les deux sorciers ont échangé leurs expressions : le surveillant des archives me regarde étonné, en jetant de temps en temps un rapide coup d'oeil dégoûté vers Pauline qui, elle, est furieuse de me voir critiquer sa cuisine.

-Vous voulez donc déposer plainte ? me propose soudainement l'homme avec politesse, signe qu'il me croit et que je suis peut-être allée trop loin.

-Euh... Oui mais... En fait, je ne vais pas le faire parce que...

-Parce que, au moment où je réalisais le dit ragoût, j'ai appris la sanction pénale de mon frère et les larmes embuant mon regard, j'ai confondu le sel et l'ingrédient pré-cité, lance Pauline avec rapidité et dextérité.

-Tout à fait, c'est pourquoi je suis venue lui dire que finalement je ne portais pas plainte et je voulais la soutenir dans son malheur... Et mes parents aiment beaucoup son ragoût... De plus ils disent toujours n'importe quoi, alors ça ne me change pas trop de d'habitude, je termine en réalisant un petit geste de la main comme pour me débarrasser d'une mouche.

-Donc ? demande Bones. Même s'il n'y a pas de plainte, c'est un acte qui aurait pu avoir de graves incidences et...

-Bones, que faites-vous ici à bavarder avec ces jeunes femmes ? demande une voix glaciale dans le dos de ce dernier.

L'interpellé a un sursaut ainsi qu'un frisson en se tournant vers un homme grand, droit, impeccable et à la moustache taillée avec une précision que je n'atteindrai jamais dans mes rapports. Je ne l'ai jamais vu, mais d'instinct, je me redresse en face de lui, par politesse car je sais qui il est. Bones regarde ses pieds en murmurant des excuses avant de filer dans son bureau. L'homme se retourne vers nous et nous juge du regard. Pauline et moi restons sans bouger, impuissantes face au pouvoir de cet homme.

-Que faites-vous ici, mesdemoiselles ? nous demande Bartemius Croupton, le directeur du département de la justice magique.

-Nous..., commence Pauline avant d'être interrompue.

-Vous êtes la soeur du porteur de valise Mangemort, non ? dit-il sur un ton calme mais qui nous sembla terrible.

-Oui, chuchote-t-elle, dans un tremblement.

-Que faites-vous ici exactement ?

Cette fois je sens de la méfiance, mais surtout de la provocation dans cette phrase, ce qui me regonfle à bloc. Je me lance alors.

-Nous sommes venues voir si elle pouvait demander à quelqu'un de réaliser un intermédiaire entre elle et son frère en prison pour acquérir certains papiers administratifs. Est-ce un crime que d'aller voir un proche en prison ? je lance, sur un ton de défi, me rappelant l'histoire que Sue m'a raconté.

Il est allé voir son fils en prison, je peux peut-être faire jouer la jurisprudence si la corde sensible n'existe plus.

-Non, répond-il lentement en me dévisageant, le visage crispé. Et vous êtes ?

-Une amie d'enfance, je reviens tout juste de Roumanie pour la soutenir.

-Ah oui... -ses traits se relâchent, comme soulagé que j'ignore son histoire...Ce qu'il croit- Sachez qu'il est impossible d'utiliser un intermédiaire pour votre problème mais vous pouvez être accompagnée. Cela répond à vos questions ?

Nous approuvons d'un signe de la tête.

-Parfait. Si vous voulez bien quitter les lieux désormais, termine-t-il sur un ton laissant deviner qu'aucune réponse ne sera acceptée.

Pauline et moi acquiesçons puis filons à toute vitesse, chacune tenant l'autre par le bras, et nous ne nous arrêtons qu'une fois dans le Hall. Nous nous réfugions un peu à part afin de pouvoir discuter, sans véritablement nous rendre compte de notre comportement. Une fois notre souffle repris, je m'aperçois que j'ai eu peur de dire mon nom à Croupton, comme s'il allait tout deviner, jusqu'au plus profond de ma mémoire. Je jette un coup d'oeil derrière mon épaule, afin de m'assurer qu'il n'est plus là et que nous sommes en sécurité, puis je regarde Pauline : elle a les poings serrés et semble troublée. Puis ses yeux se relèvent vers moi, comme pour attendre un jugement. Je réfléchis à ce que je pourrais dire, et surtout je cherche pourquoi elle me regarde ainsi : elle a dit quelque chose de mal ? Soudain une phrase du directeur du département de la justice magique me revient en tête.

-Tu veux que je t'accompagne à Azkaban voir ton frère ? je demande, en croyant que c'était cela qu'elle désirait entendre.

Subitement, un éclair jaillit dans mon esprit, illuminant l'ensemble d'un plan que j'aurais écrit sans m'en rendre compte, reliant les éléments entre eux, comme si je venais de poser la dernière pièce d'un puzzle et que, maintenant, je voyais la vérité. Par la simple énonciation de cette phrase, une porte s'est ouverte, un chemin s'est créé... Un chemin me permettant de le rejoindre.

Il faut que j'aille à Azkaban voir Sirius Black.

Cette idée me fait peur, elle me terrifie mais c'est une opportunité à ne pas manquer, ce sera sûrement la seule... Il faut arrêter d'être lâche, de se cramponner à son confort. Je dois avancer, pour ne pas décevoir Sue, pour ne plus mentir à Remus. Je ne risque rien à part une déception, non ?

Mais je serais déçue de quoi ?

-Certes, tu m'as aidée il y a cinq minutes mais... On ne se connaît pas, on s'est même haïes à une époque, on ne s'est jamais parlé avant aujourd'hui.

-Si, la fois où tu m'as dit de m'éloigner de..., je marmonne avec un léger sourire d'excuse.

-Bon, d'accord, je t'ai parlé à ce moment là -ronchonne-t-elle, gênée- mais on ne peut pas vraiment dire que c'était amical. Alors pourquoi m'accompagner ?

-Ce n'était pas ce que tu voulais que je dise ?

-Non... Non, je m'attendais plus à un jugement sur mon frère, finit-elle, avec morosité. Ça ne te fait rien ?

Ah ! Son frère ! Si j'ai bien tout compris, il aurait transporté des fonds aidant les Mangemorts. Je m'en fiche un peu... Et c'est bien là mon problème : je me fiche de ce qui est grave, je ne m'attache qu'aux sentiments heureux.

-Tu ne sembles pas être au courant mais je suis partie en Roumanie en 79, je n'ai vécu que très peu de temps en dehors de Poudlard en Angleterre. Donc la guerre m'a beaucoup moins touchée que vous... Et maintenant, j'essaie de savoir ce qui s'est passé, comprendre les blessures des autres parce que... Je...

-Tu te sens coupable ?

-Non, pas envers ceux qui ont souffert en tout cas, puisque moi aussi j'ai perdu des proches, mais plutôt envers... Ceux qui ont changé de camp, qui sont passés de l'autre côté. Et je m'en veux de ne pas les haïr comme vous, la dernière image que j'ai d'eux sont de bons souvenirs et des moments qui me rendent heureuse... Il représente une forme de bonheur alors qu'il devrait me rendre furieuse, me faire pleurer...

-Tu parles de Black, n'est-ce pas.

Oups. Je rougis en fixant mes pieds, cherchant à marmonner une excuse crédible, à démentir mais je n'y arrive pas. Pourquoi je n'arrive pas à contrôler ma langue ?

-Tu veux aller le voir en prison ?

-NON ! Ce n'est pas ça...-elle m'offre un regard compréhensif-... Enfin si. Mais... Je veux savoir.

-Tu crois qu'un tueur dément te dira la vérité ? Déjà qu'il était à moitié fou quand on l'a enfermé si ce qu'on m'a dit est vrai, alors maintenant...

-J'ai déjà eu à faire avec des détraqueurs, et je peux t'assurer que tu n'as pas la force de mentir quand ils sont là... Ta vérité se modifie, tu culpabilises et la rancoeur t'envahit, mais les actes restent les mêmes. Non ?

-Pourquoi es-tu partie en Roumanie ? m'interroge-t-elle.

-Pour un meilleur salaire et découvrir une nouvelle culture mais quel est le lien avec...

-Qu'est-ce qui me dit que tu ne devais pas lui servir de port d'attache une fois sa mission terminée ? Que tu n'es pas de leur côté ?

SCLAK !

Ma main me picote tandis que la joue de Pauline devient écarlate. J'ai envie de m'excuser mais c'est comme si Sue venait de prendre possession de mon corps, m'interdisant de culpabiliser et m'ordonnant de lui hurler dessus. Je combats un moment cette Sue intérieure avant de lancer à la femme face à moi :

-Lily était ma meilleure amie, elle est morte tu entends ? Toi, ton frère est vivant, alors tu ne sais pas, tu ne sais rien... Mais moi, je ne la verrai plus jamais, je ne pourrai plus lui parler, plus t'insulter avec elle, plus rêver avec elle... ELLE EST MORTE !

Étrangement, je ne pleurs pas, je suis plutôt enragée au fait que Pauline soit restée de marbre et terrifiée par mes propres paroles. Je vais l'écraser au prochain mot qu'elle va dire, je sens qu'elle va me faire la morale, qu'elle va tenter d'argumenter, mais je vais la blesser au possible, détruire sa vie, la briser !

-Pardon. Je n'aurai pas dû dire ça... J'imagine que c'est à cause de mon frère... Et d'un reste de rancœur envers toi. Je te prie de m'excuser, je n'aurais pas dû te parler ainsi.

Je suis un peu déstabilisée mais le calme est revenu en moi. Pauline est tellement plus... Adulte que moi. Je suis jalouse.

-Ah, euh.. Oui... Ça va... C'est moi qui n'aurais pas dû te frapper. Ces temps-ci je relis ce qui s'est produit durant la guerre et... Ça ne m'aide pas vraiment niveau moral -je tente de rire-, de plus... J'ai adopté Sooty, le chat de Lily, alors je n'ai pas réellement tout perdu, je finis, en tentant de me convaincre moi même.

Un silence s'installe, chacune repensant au passé, à l'adolescence, aux êtres chers.

-Ainsi donc tu m'insultais dans mon dos ? reprend-elle avec un sourire.

-Seulement à l'époque où tu sortais avec Sirius -elle glousse- et en règle générale j'évitais de parler de toi, ça me rendait trop triste.

-C'est vrai que j'ai été un peu méchante avec toi.

-Carrément cruelle ! Mais d'un côté, tu étais la vraie copine, tandis que moi, je n'étais que celle qui s'accaparait Sirius sans être franche avec lui.

-Tu étais vraiment amoureuse de lui, murmure-t-elle, sa voix remplie de compassion avec une très légère pointe d'admiration.

Je hoche la tête... Je l'aimais comme une folle, j'ai tout donné pour lui, puis mon amour a évolué en une grande amitié.

-Je ne le suis plus, ne t'en fais pas... Je ne veux pas « rejoindre mon amant en prison et lui donner un gâteau de Savoie avec une lime cachée à l'intérieur » -nous rigolons-. Je suis sortie avec Remus Lupin après, d'ailleurs en ce moment je vis chez lui.

-Ah ! Remus, je m'en souviens, le garçon calme et aux cheveux châtains, n'est-ce pas ? Il va bien ?

-Oui, quoique ces dernier temps il était fatigué...-c'était la pleine lune mais ça, je ne lui dis pas, au cas où elle ne serait pas au courant.

Nous discutons quelques minutes de nos anciennes connaissances, chacune ayant contact avec des camarades de classe de l'autre, puis, alors que le silence revenait à la charge, Pauline me lance :

-J'accepte que tu viennes avec moi... À deux conditions.

-Lesquelles ? je demande, surprise et effrayée à la fois -le but est si proche mais il me fait peur, j'ai presque envie que ces conditions soient impossibles à réaliser.

-Je veux que tu réfléchisses à ce que tu veux demander à Black, sérieusement. Je ne veux pas que tu te rendes dans un endroit pareil pour rien.

-Cela fait cinq ans et demi que je réfléchis à ça, alors... Et la deuxième ?

-Réfléchis quand même, ce sera pour de vrai cette fois. Et la deuxième... je veux que tes parents viennent une fois par mois dans mon restaurant vu la contre pub que tu as faite tout à l'heure, sourit-elle méchamment, déclenchant un flot d'excuses de ma part

Au moment de sortir de notre petit coin reculé du Hall du Ministère de la Magie, Pauline me lance :

-Rendez-vous ici dans une semaine, à 14h. Je t'enverrais ce qu'il faut alors surveille ton courrier !

J'acquiesce en lui faisant un signe de la main tandis qu'elle se fait avaler dans la foule pressée des employés du Ministère.

Lily, que penses-tu ? Pauline, mon ancienne rivale, et moi sommes presque devenue amies... J'avais raisons quand je pensais que c'était une fille bien... Enfin, c'est ce que je pensais avant qu'elle ne sorte avec Sirius. Et en plus, elle m'aide.

Lily, est-ce que tu m'en veux ?

-Je... J'ai rencontré Pauline l'autre jour. Elle n'a pas beaucoup changé... Un peu maigri, c'est tout. Elle est vraiment adulte et j'ai pu un peu discuté avec elle : c'est une femme très « vertueuse », elle ferait une excellente mère. Je l'envie un peu. Peut-être devrais-je la présenter à Remus. Quoi que lui aussi la haïssait à l'époque, comme nous trois... Injustement, la pauvre... Sauf toi, peut-être, James. Tu n'aimais pas qu'elle vous éloigne de Sirius.

Le bouquet est un peu abîmé à cause du voyage en Magicobus, mes vêtements sont froissés et mes cheveux gonflés par le vent, quelques mèches flottant devant mon visage. Je soupire. Je sais que je n'aurais pas dû revenir vous voir avant plusieurs mois, avant l'anniversaire de votre mort... Mais il fallait que je vous dise.

-Elle... elle va voir son frère à Azkaban, dans trois jours. Elle m'a envoyé les papiers pour que je l'accompagne. C'est moi qui lui aie demandé, je... J'ai besoin de le voir. Je ne suis plus amoureuse de lui, je vous l'assure, mais... Je ne sais pas, je ne sais rien. J'ai pitié de lui alors que.. Si je suis ici, c'est par sa faute !

Ma voix tremble et s'étrangle dans ma gorge. Les larmes commencent à monter à mes yeux et le vent les fait couler. J'essuie rapidement mes joues d'un geste de la manche. Je renifle bruyamment avant de déposer avec respect la gerbe de fleurs -des pervenches- sur la tombe. J'aimerais les serrer dans mes bras, sentir leur chaleur contre moi, pouvoir pleurer contre Lily tandis que James tenterait une blague idiote afin de relativiser, pour ensuite recevoir un regard noir de sa femme tandis que je rigolerais entre deux sanglots.

-J'ai toujours du mal à me dire que vous êtes mariés, surtout toi, Lily... Je me souviens de l'époque où je voulais que vous soyez amis... Mais pas que vous sortiez ensemble ! D'ailleurs, Sue m'a avoué l'autre jour qu'elle avait envisagé de sortir avec Peter. Tous les Maraudeurs seraient passés par nous trois, les filles de Gryffondor alors, je rigole doucement avant de soupirer. Si je suis venue ici, c'était pour vous dire que... Je vais me rendre à Azkaban. Pour parler à Sirius. Pour lui demander pourquoi il a fait ça. Je veux être sûre que ce n'est pas de ma faute. C'est égoïste, je sais, mais je n'arrive pas à vivre dans cette situation.

Je me relève, souffle une dernière fois, resserre mon manteau contre moi avant de partir, jetant un dernier coup d'oeil en arrière en déclarant :

-Désolée. Mais je dois savoir.

Une rapide bourrasque défait un peu plus mes cheveux, retirant les longues mèches de mon visage, ébranlant le bouquet déposé sur la tombe.

Je me sens mal.

*.*.*.*.*


Dites, j'aimerai savoir quelque chose : combien d'ancienne lectrice de AD ont hurlé de joie lorsque Lynna a giflé Pauline ?

(mais moi j'aime Pauline ! Imaginez que j'aurais écrit une histoire avec l'héroïne qui aime un garçon mais qu'une autre cherche à le garder près d'elle sans lui dire ses sentiments...Vous auriez toute été contre Lynna ! Tout dépend des points de vue, n'est-ce pas !)

Chapitre Suivant : enfin, nous Le retrouvons...*Taka pars pleurer*

Note : Langage de la pervenche :

blanche : souvenirs agréables. Je veux vous séduire.

bleue : amitié naissante. Mélancolie, je ne rêve qu'à vous, vous êtes mon premier amour.

mauve : je vous suis fidèle.

violette : tristesse nostalgique