Blabla inutile : après une longue semaine et beaucoup de stress, je m'autorise un retour ici, en espérant que ce ne soit pas trop désagréable à lire !
Le titre du chapitre vient du recueil Les Poésies de Georges Schehadé.
Bonne lecture.
Certaines odeurs ne trompent pas ; Remus soupire, le poids de sa récente mission s'abandonnant dans les creux tendus de ses épaules, et il repose la tasse au fond de laquelle un mince filet de thé stagne, le cœur serré par la perspective qui se profile.
Des pas lui indiquent que Sirius a finalement senti sa présence et bientôt, deux bras s'enroulent autour de sa taille dans une étreinte aigüe, presque douloureuse ; la fissure se fait sentir, lourde et béante, incrustée du sang d'un autre temps qui n'a jamais pu être complètement lavé.
– J'avais peur que tu ne reviennes pas.
Le vide qui baigne les mots de Sirius ne laisse presque plus aucune doute à Remus qui se retourne et capture silencieusement les étoiles éteintes enveloppant la noirceur caractéristique des yeux qui lui font face ; étoiles blêmes qui cachent ces multiples plaies qui suintent derrière un masque d'argent.
Leurs lèvres se trouvent et s'appliquent à ne jamais se perdre trop longtemps après ces vastes semaines sans contact. Le goût de l'alcool est omniprésent, comme Remus le craignait, cet alcool qui retient entre ses lignes éparses la brume épaisse des souvenirs qui fusillent Sirius sans vergogne.
Du bout des doigts, Remus veille à ramener l'aurore entre les veines de son compagnon, pour que l'amertume s'apaise enfin et que s'effacent ces longues semaines d'attente, d'angoisse et de doutes.
