Bonjour à tous ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Bonne lecture
Chapitre 3 : Tyelkormo
Námo gloussa en voyant Makalaurë qui sautillait dans tous les sens. L'enfant, à présent âgé de trente ans, était surexcité à l'idée d'avoir bientôt un petit frère Nerdanel était à nouveau enceinte, depuis environ douze mois.
- « Du calme, Káno » demanda doucement le Vala. L'elfe lui sourit timidement et se concentra à nouveau sur sa harpe. Il avait un talent exceptionnel pour la musique, qui dépassait celui de bien des Ainur, et Námo était très fier d'être son professeur. La voix du jeune Noldo avait toujours été musicale, mélodieuse, chantante, et elle devenait plus belle à chaque minute qui passait. Il aurait été digne de chanter devant Eru lui-même. Et il n'était pas moins doué avec les instruments, particulièrement avec la harpe.
Ce fut à ce moment que Vairë entra dans la pièce.
- « Mon amour, Tulkas sera bientôt là. » Námo soupira intérieurement mais se leva.
- « Makalaurë, tu peux rejoindre tes parents. Aulë est d'accord pour que tu passes la journée et la nuit là-bas ; ton sac de voyage est prêt. »
L'enfant lui sauta dans les bras :
- « Merci ! » Le Vala sourit et le câlina quelques secondes sous le regard attendri de Vairë.
- « Allez, va ! » Kánafinwë obéit et courut ranger sa harpe dans sa chambre. Il récupéra son sac de voyage, qui l'attendait sur son lit, et rejoignit Këlmar pour qu'il l'emmène. L'enfant trépignait d'impatience. Le Maia lui sourit tendrement et prit sa main ils se retrouvèrent propulsés à Tirion, où l'enfant alla déposer ses affaires dans la maison de ses parents, puis ils rejoignirent la demeure d'Aulë. Le forgeron était présent pour les accueillir.
Këlmar alla avec une jeune Maia au service d'Aulë, Acúnanyë, la sœur de Mairon. Makalaurë les regarda partir avec un grand sourire puis se précipita vers la chambre de ses parents.
Comme tous les autres esclaves elfes, Fëanáro et Nerdanel avaient une chambre dans la maison de leurs maîtres, et une maison dans les villes elfiques qu'ils ne rejoignaient qu'avec l'accord de leur maître. Fëanáro préférait de loin sa maison de Tirion que la petite pièce occupée chez le Vala, mais par ordre de Tulkas, les villes elfiques ne pouvaient être occupées par tous leurs habitants toutes les nuits.
Lorsque le petit elfe pénétra dans un corridor, il vit la porte de ses parents ouverte et Fëanáro qui l'attendait, assis sur le sol, souriant. Makalaurë se jeta dans les bras de son père, qui le câlina avant de le laisser entrer. Nerdanel, assise sur le lit, étreignit son fils à son tour. Maitimo, présent également, – quelle chance ! – sourit à son frère et le serra contre lui. Kánafinwë alla ensuite s'installer sur les genoux de son père tout en regardant avec curiosité le ventre de sa mère :
- « Il va naître bientôt, le bébé ? Vous allez l'appeler comment ? » Les autres se mirent à rire doucement et Nerdanel répondit :
- « Oui, mon chéri, bientôt. Et nous ne savons pas encore comment nous allons l'appeler. Nous y réfléchissons. » L'enfant hocha la tête avant de se nicher contre son père :
- « Vous nous aimerez toujours, Nelyo et moi, hein ? demanda-t-il avec inquiétude.
- « Bien sûr que oui ! promirent ses parents. Est-ce qu'on a arrêté d'aimer Maitimo quand tu es né ? Non ! On vous aimera toujours autant que votre petit frère. » Makalaurë eut un sourire rayonnant et rejoignit sa mère, posant ses petites mains sur le ventre de sa mère. Le bébé choisit ce moment pour donner un coup de pied, faisant bondir son pauvre grand frère et grimacer sa mère.
Il naquit cette nuit-là. La naissance fut étonnamment facile, comparée à celle de Makalaurë, et l'enfant était d'une étonnante vigueur pour son âge Nerdanel le nomma Tyelkormo, « prompt à la colère » car elle sentit que son troisième fils serait rebelle et peu enclin à la patience. Fëanor, sentant la force qui se dégageait de son nouvel enfant, le prénomma Turkafinwë, « Finwë puissant ».
Turkafinwë Tyelkormo Fëanárion était en effet un enfant vigoureux, à la voix forte (bien que moins puissante que celle de son aîné). Il avait les cheveux blonds, qu'il tenait du père de Míriel, Ahostaion, un Vanya, et les yeux argentés. Ses frères l'aimaient profondément, comme le reste de leur famille.
Tulkas voulut acheter le petit, mais Námo fut plus rapide et conseilla à Oromë de prendre l'enfant à son service. Le chasseur accepta, tant son remords d'avoir – bien malgré lui – conduit les Enfants à une vie atroce était grand. Il prit soin de Tyelkormo, dont le don pour la chasse fut découvert très tôt, et prit les mêmes dispositions que Manwë et Námo. Tulkas fut mécontent de n'avoir pu acquérir le troisième fils de Fëanáro, mais ne tenta pas de l'obtenir par la force. À la place il malmena Findekáno, l'un des deux fils de Nolofinwë, qui avait l'âge de Maitimo, et son frère Turukáno, né peu avant Makalaurë, et vendit Findaráto, le fils d'Arafinwë, né le même jour que l'apprenti ménestrel, à Ulmo, avec son père. Par chance, celui-ci était aussi doux de cœur que Námo.
Makalaurë continua à grandir, sa musique devenant chaque jour plus belle et sa magie plus puissante, sans que quiconque ne découvre le pot aux roses, car le Juge veillait.
La nature du jeune elfe ne serait pas découverte avant bien longtemps. Avant que le cours de ce qui était écrit et tissé ne change totalement.
