Chapitre 4 : Four Steps Back
Spoilers : The Tok'ra, Secrets (saison 2)
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Cela commence à devenir une mauvaise habitude... Passer la nuit chez Jack, je veux dire. Au cours des derniers mois, j'ai passé au moins une nuit ici à chaque période de congés. Savoir qu'il est tout près est en quelque sorte rassurant. Je ne prévois jamais de rester, mais quand il se fait tard et que nous sommes tous les deux fatigués, pour une raison ou une autre il semble naturel de le faire. Jack en a même fait une plaisanterie pour s'assurer que mon T-shirt favori soit propre. Cette nuit, il n'y avait que nous. Nous avons emporté une bouteille de vin sur le toit et regardé les étoiles. C'est stupéfiant de voir à quel point il est au courant de l'observation terrestre. Nous sommes descendus quand nous avons commencé à avoir froid et avons bu du chocolat chaud près du feu. Ca a été une soirée agréable.
Après avoir utilisé la salle de bain, je me glisse dans son T-shirt. Il est trop grand mais qui s'en soucie ? Je trouve que je suis plutôt mignonne. Malgré le fait qu'il soit propre, je peux sentir quelque chose de Jack sur le doux tissu. Je m'enfonce sous la couverture et ferme les yeux. Seule une chose manque. Mettez cela sur le compte de l'alcool, mais je ne peux m'empêcher de me demander ce que ce serait s'il était là aussi... mis à part le fait que ce serait un peu étroit. J'utilise ces pensées agréables pour m'aider à m'endormir.
Dormir... cela fait si longtemps depuis la dernière fois que j'ai été capable de trouver facilement cette libération. Pendant que j'étais à l'infirmerie, Janet m'a abreuvée de drogues pour m'aider, mais une fois chez moi j'ai arrêté de les prendre. Je ne sais pas de quoi j'avais le plus peur : les cauchemars ou devenir dépendante aux médicaments. J'aurais dû savoir que les cauchemars étaient infiniment pires. Je crois que ça a quelque chose à avoir avec Jolinar. Ses souvenirs semblent envahir mes propres souvenirs. Il y a eu des occasions, en mission, où je savais des choses que je n'aurais pas dû savoir. Un exemple flagrant : SG1 a trouvé des appareils Goa'uld et j'étais capable de les utiliser... ce qui m'a vraiment effrayée.
Des choses vraiment affreuses sont arrivées à Jolinar. Vraiment, vraiment affreuses. Je n'arrive jamais à dire exactement ce qui est arrivé ou quand... Mais parfois ça fait si mal que je jurerais que quelqu'un me... le torture...
Ils ne sont pas tous mauvais. Il y a des occasions où les souvenirs de Jolinar sont carrément érotiques. Je vois des gens, des gens que je n'ai jamais rencontrés... Il y a un homme en particulier. Il a des yeux bleus des plus incroyables et son sourire... Sa relation avec Jolinar a dû être très spéciale. Quand je le vois je sais que je n'aurai pas de cauchemars... même si c'est juste pour une nuit.
Cette nuit... cette nuit je ne le vois pas.
Je me réveille dans le noir, ne sachant pas où je suis... Me retrouvant dans un environnement étranger, je saute hors du lit et ouvre violemment la porte. Le couloir est sombre... il n'y a pas de lumière. Je suis à nouveau dans les ténèbres de mon propre esprit, piégée alors que Jolinar parle à travers ma bouche, voit à travers mes yeux. Je sors en trébuchant, cherchant une sortie. Je ne sais comment, je me retrouve dans le salon. La lueur des dernières braises dans la cheminée produit une faible lumière... mais c'est tout ce dont j'ai besoin. Les doigts tremblants, je trouve le bois et attise à nouveau le feu. Je me blottis aussi près que je peux, ayant besoin de la chaleur. Je frissonne alors. Malgré les flammes, j'ai l'impression de ne pouvoir me réchauffer. Au bout d'un moment, je retourne dans la chambre d'amis et traîne la couverture près de la cheminée... et c'est là que Jack me trouve le matin suivant, roulée en boule au milieu du tapis.
« Sam, est-ce que ça va ? » me demande-t-il.
« Oui... J'ai simplement eu froid, » ai-je menti
Il n'a pas semblé convaincu. Je ne lui ai pas parlé des rêves, de peur qu'il pense que je suis folle.
« Vous auriez dû me réveiller, » dit-il.
« Il n'y avait pas lieu de le faire, de plus je me suis endormie tout de suite quand je me suis mise devant la cheminée. »
« Vous avez passé trop de nuits off world, si c'est la seule façon de vous sentir confortable. Voulez-vous un petit déjeuner ? »
« Ce serait bien... besoin d'aide ? »
Je me redresse sur mes pieds du mieux que je peux... et Jack en reste bouche bée. Ooops... J'avais oublié que je ne portais que son T-shirt. Je crois qu'il aime l'allure générale... ou disons plutôt mes jambes. Quoi qu'il en soit, il les fixe certainement assez longtemps. La façon dont il me regarde me fait rougir. Je peux sentir la chaleur monter à mes joues et plus il me regarde, pire c'est.
« Petit déjeuner, » lui ai-je murmuré, n'importe quoi pour le faire se ressaisir.
« Bien... oui... petit déjeuner. J'y vais... »
Il trébuche en se dirigeant vers la cuisine et je ne peux m'empêcher de sourire à moi-même. Il n'y a pas lieu de s'habiller déjà, aussi je me glisse de nouveau sous la courtepointe, la ramenant autour de moi de sorte que seule ma tête soit visible. Le feu est mort depuis longtemps et je songe à le rallumer. La maison de Jack n'est pas particulièrement froide mais il y a quelque chose de vraiment réconfortant dans les flammes.
« Jack... Est-ce que je peux rallumer le feu ? » lui ai-je crié.
« Pas de problème, » crie-t-il en réponse.
Je me sens comme un petit enfant à qui on a donné une boîte d'allumettes comme je m'apprête à brûler plus de bois. Il y a quelque chose de très satisfaisant à allumer un feu. Je jette quelques bouts de papier sur le tas simplement pour le plaisir de les voir brûler. Peut-être que c'est ce qui ne va pas avec moi... Je suis une pyromane... Eh bien, Papa a toujours dit que j'avais des tendances destructrices. Penser à Papa me fait me demander comment il va. Je l'ai appelé hier, je n'ai donc pas intérêt à réessayer aujourd'hui. Il va simplement penser que j'interfère si je téléphone ou essaie de le voir trop souvent. Ce n'est pas facile de regarder un parent mourir... J'ai vécu cela une fois, et ça ne me dit rien de revivre cela à nouveau. Je souhaite seulement avoir pu lui dire ce que je fais réellement. Cela aurait pu le rendre juste un peu fier de moi. Il a dit qu'il serait là pour quelque temps... J'espère juste que ce qu'il a dit s'avère vrai... ou essayait-il juste de rassurer sa petite fille ?
Je suis toujours blottie dans la courtepointe quand Jack revient avec le café. Il rit de moi, faisant une plaisanterie à propos d'essayer de ne pas fixer à nouveau mes jambes si je sors de la couverture. Je lui tire simplement la langue. Considérant le fait qu'il se balade en boxer et T-shirt fripé, il ne devrait pas se plaindre. Jack a un corps très agréable... même s'il a tendance à le cacher sous des vêtements amples la plupart du temps. Il me tend un mug de café juste hors de portée, essayant de m'attirer dehors.
« Jack ! » me suis-je plainte.
« Si vous ne sortez pas, alors je devrais peut-être entrer, » plaisante-t-il.
Sachant qu'il tiendra probablement parole, je déplace suffisamment le haut de mon corps pour récupérer le mug et disparaître à nouveau.
« Ca ne compte pas, » me dit-il.
Tout d'un coup, je le retrouve en train de se glisser sous la couverture à côté de moi... sans renverser son café ou le mien. Que puis-je dire ? Cet homme est doué.
« Je vous l'avais dit, » me dit-il avec un grand sourire.
Mais je ne m'en soucie pas vraiment, en fait, alors que je pose ma tête sur son épaule, je me rends compte que c'est ce qui a manqué à ma vie depuis très, très longtemps. Peut-être que ce sont les souvenirs de l'homme aux yeux bleus qui m'ont donné l'envie d'expérimenter de nouveau ce genre d'intimité.
Je ne sais pas qui se tourne le premier, mais soudain je sens ses lèvres se presser avec douceur sur les miennes. Il a dû poser son café, car il m'enlève le mug des mains, les rendant libres de s'enrouler autour de ses épaules et de l'attirer plus près. Je me sens en sécurité avec Jack. Tellement en sécurité que je le laisse m'étendre sur le dos.
Plus tard, nous sommes étendus, somnolant ensemble. Nos corps savourent la chaleur du feu et la sensation de bien-être après un bon... disons plutôt fantastique, incroyable rapport sexuel.
De temps en temps Jack modifie sa position, trouvant une nouvelle manière de me tenir plus étroitement. Cet homme... m'a totalement surprise. Je ne me suis jamais sentie si aimée... si désirée.
Je crois que nous aurions pu rester là toute la journée... si un coup brusque à la porte n'avait pas interrompu notre béatitude.
« Jack, tu es là ? » se font entendre les cris de Kowalski de l'extérieur.
« Merde, » jure Jack, se redressant comme il peut sur ses pieds puis dans ses habits.
J'enroule la couverture autour de moi et me sauve en courant vers la salle de bain. Ce n'est pas que j'ai honte de ce qu'il s'est passé... C'est juste que je ne veux pas que cela soit su par toute la base, pour le moment... surtout pas par Charlie 'la bouche de la taille du tunnel du Jersey' Kowalski. Heureusement, ma voiture n'est pas dans l'allée et ni moi ni Jack n'avons dit aux autres que nous nous voyions la nuit dernière.
« Désolé, Charlie, la pêche est annulée, » dit Jack en ouvrant la porte d'entrée.
Kowalski a dû voir quelque chose sur le visage de Jack car ce que j'entends alors est, « Tu t'es fait une fille la nuit dernière ! »
« Quoi ?... De quoi parles-tu Kowalski ? »
« Je connais cette expression... Bon sang, Jack à quoi diable penses-tu ? Tu as quelque chose de bien en cours avec le Major Carter. Ne fous pas ça en l'air en couchant avec une femme quelconque que tu as trouvée dans un bar. Sam est la meilleure chose qui te soit jamais arrivée... intelligente, belle, incroyablement sexy... »
« Je suis conscient des attributs de Sam. »
« Alors pourquoi diable vas-tu baiser ailleurs ? »
En fait, c'est amusant, mais je ne peux pas laisser ce pauvre Jack là debout et prendre tout le blâme. Il y a un peignoir accroché au dos de la porte de la salle de bain, aussi je le mets et me dirige vers l'entrée. Les yeux de Charlie sortent presque de leurs orbites.
« Satisfait ? » Jack a un large sourire.
« Major... ravi... ravi de vous voir, » bégaie Charlie.
J'ai un sourire aussi grand que celui de Jack alors que je prends sa main et l'éloigne de la porte. Je n'ai même rien à dire.
« Ferme la porte en partant, » crie Jack par-dessus son épaule alors que je le tire vers la salle de bain. Je pense qu'une longue et agréable douche est juste ce que le docteur a prescrit.
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« Ca doit être ce qu'on ressent quand on est schizophrène. »
« Schizophrène ? »
Je jette un coup d'oeil à l'homme assis à côté de moi, ne réalisant pas que j'ai dit tout haut mes pensées. Il me regarde, visiblement troublé par mon commentaire. Prenant une profonde respiration, je tente d'expliquer.
« C'est une maladie mentale humaine. C'est comme un... dédoublement de personnalité. Deux personnes dans un même cerveau. Je veux dire, il y a moi, Samantha Carter et puis il y a ces restes de Jolinar qui ressentent des choses comme... »
« Comme ? » questionne-t-il.
« Comme des sentiments très profonds pour vous. »
Il me sourit, heureux de ma révélation.
« Jolinar a laissé son empreinte dans votre esprit ? »
« Oui. »
« Je suis désolé si cela vous rend mal à l'aise. »
« Non, c'est juste que... Ce que vous aviez... vous et Jolinar... Vous étiez amants pendant plus longtemps que je n'ai vécu... Bien plus longtemps que je ne vivrai ! »
« Elle a laissé ses sentiments en vous ? Vous pouvez sentir ce qu'elle ressentait pour moi ? »
« Oui... Et c'est sacrément déstabilisant. »
« Pourquoi ? » Sa question est simple, mais je fais une pause avant d'y répondre. Comment puis-je lui expliquer que j'ai déjà des sentiments très profonds pour quelqu'un d'autre ? Un homme qui est à plusieurs centaines d'années lumière d'ici... qui a un sourire mignon et des cheveux qui ne veulent simplement pas être disciplinés. Pourrais-je être plus troublée ? Je ne sais pas si j'aime Jack... pas encore. C'est trop tôt pour cela. Une partie de moi désire dire ces mots, mais l'autre partie me retient.
« Parce que dans mon esprit, ce ne sont pas que des souvenirs. Je les ressens, comme si j'avais eu cette relation avec vous pendant une centaine d'années. Je ne sais pas si je pourrais le décrire avec des mots. Ce que Jolinar ressentait pour vous, je... je ne crois pas que je serais capable de l'appréhender un jour, » ai-je répondu.
Comment le pourrais-je ? La plus longue relation que j'ai eue a duré deux ans... et s'est terminée par des fiançailles rompues. Jack et moi n'avons été... quel est le mot ?... Amants, je suppose... que depuis deux semaines. En considérant le fait que nous avons commencé en tant qu'ennemis, nous faisons les choses doucement. Pourrais-je rester avec lui pour toujours ? C'est bien trop tôt pour le dire.
« Il y a peut-être une autre façon pour vous de le communiquer. Peut-être d'une façon... autre qu'avec des mots. »
Il tend sa main vers moi et enroule ses doigts aux miens. C'est difficile de croire jusqu'où vous pouvez aller avec simplement un rêve. Je suis assise dans le désert, en haut d'une dune surplombant la Porte des étoiles et un homme du nom de Martouf me tient la main.
A la seconde où je l'ai vu, j'ai su qui il était. Je voyais son visage depuis des mois dans ces satanés rêves. Martouf... l'amant de Jolinar. Je le regarde dans les yeux et mon esprit est inondé d'émotions, je sais qu'elles ne sont pas à moi, mais je ne peux m'empêcher d'y répondre. A cet instant, Jolinar l'aurait embrassé... mais je ne peux pas faire cela... Je dois penser à Jack.
« Marjor Carter ? »
Mon regard est arraché à celui de Martouf par le son de la voix de Ferretti. Je libère ma main et me redresse maladroitement sur mes pieds. Soudain, je me sens incroyablement coupable.
« Oui ? » ai-je répondu, retrouvant en partie mon calme.
« Le Conseil veut nous voir. Je crois qu'ils sont arrivés à une décision. »
Ferretti me regarde comme s'il n'aimait pas ce qu'il vient de surprendre. Au fond de moi, je ne l'en blâme pas. De son point de vue, il vient de voir la petite amie de son meilleur ami avec un autre homme. Il ne dit rien devant moi... Ferretti est trop entraîné pour cela. Dieu, j'espère que cela ne viendra pas aux oreilles de Jack.
Nous rencontrons le Conseil... pour tout le bien que ça fait. Ils veulent des hôtes et aucun de nous ne veut l'être. Imaginez ce que ce serait avec moi, Jolinar... et un autre Tok'ra dans mon esprit... Je crois qu'il exploserait. La situation ne s'arrange pas par l'arrivée d'une autre équipe SG. Mais je ne peux empêcher mon estomac de faire un petit bond quand je vois Jack.
Ils sont venus pour me ramener sur Terre... mon père est mourant. Les Tok'ra ne nous laisseront pas partir. Je ne sais pas ce que cela me fait. Je m'isole de tous mes amis et me fourre dans le coin le plus petit que je puisse trouver. Papa est mourant. Même Jack me laisse seule. Il m'observe de l'autre côté de la pièce, prêt à venir à mes côtés et me prendre dans ses bras... si je veux de lui.
Je ne veux pas que Papa meure. Je veux qu'il vive... et je sais que c'est ce qu'il veut aussi.
« Jack, est-ce que quelqu'un vous a dit combien de temps il reste à mon père ? » ai-je demandé, le germe d'une idée s'infiltrant dans mon esprit.
« Non, on m'a seulement dit de vous ramener aussi vite que possible, » répond-il.
« Il ne sait même pas pourquoi je ne suis pas là pour lui. Il croit que je m'épuise sur une foutue antenne parabolique. »
Pendant une seconde, mes émotions menacent de déborder. Jack fait un pas protecteur vers moi, mais je ne peux accepter le soutien qu'il m'offre... pas pendant le service. Je suppose que dans une situation comme celle-ci, il est l'officier le plus gradé.
« Nous allons vous ramener à la maison, Sam, » me rassure-t-il. « La bonne nouvelle est que nous sommes huit maintenant... »
« C'est une bonne nouvelle ? » interrompt Daniel.
« Oui, plus de force de frappe. »
« Est-ce une autre de vos étranges blagues, O'Neill ? » demande Teal'c.
« Euh... non. »
« Ce serait impossible. Il n'y a qu'une seule sortie, via les anneaux. Nous aurions alors à éviter des centaines de Tok'ra. »
« Je ne désire blesser aucun d'entre eux, » ai-je protesté.
Pourquoi Jack choisit-il toujours l'option militaire ? Parfois il n'est rien de plus qu'un produit de son entraînement.
« Ecoutez, je ne suis pas très enchanté de blesser quelqu'un non plus. Mais gardez à l'esprit que ces gens veulent faire de nous des hôtes ! Et je me rappelle que vous disiez que tout cette affaire avec Jolinar-Goa'uld dans votre tête était une des pires choses qui vous soient jamais arrivées ! »
Il essaie d'être compréhensif, mais tout ce qu'il réussit à faire est de me frustrer encore plus. Je lui ai révélé cela au cours d'une conversation très intime, je n'attendais pas à ce qu'il l'expose devant tout le monde.
« C'était avant que je les connaisse mieux. Si je ne l'avais pas combattue... et savais ce que cela signifiait pour Jolinar d'être une Tok'ra, cela aurait peut-être pu être... je ne sais pas... instructif. »
Pour une raison ou une autre, je pense de nouveau à Martouf. Comment puis-je faire cela quand l'homme à qui je prétends tenir se tient juste devant moi ? Quelque chose dans la conversation que j'ai eue avec l'amant de Jolinar m'a touchée profondément. J'aime l'idée d'un amour qui puisse durer pour l'éternité.
« Je dois voir Garshaw ! » ai-je annoncé, envoyant le plus proche garde Tok'ra aller la chercher.
« Quoi ? » questionne Daniel.
« Quelle est la chose qu'ils ont le plus besoin ? »
« Eh bien, des hôtes... ce que nous ne pouvons leur donner. »
Garshaw apparaît après un minimum d'attente. Elle doit avoir été proche en espérant que l'un de nous change d'avis. Martouf vient avec elle et je ne peux m'empêcher de réagir à sa présence... Je me sens rougir à un souvenir que sa présence précipite. J'espère vraiment que Jack ne remarque pas combien cet homme me déstabilise.
« Qu'y a-t-il ? » demande Garshaw.
« Vous disiez qu'un symbiote guérit la plupart des maladies humaines ? »
« Oui. »
« Est-ce que ça inclut le cancer ? »
Du coin des yeux je vois Jack se tourner vers nous. Il sait ce que j'ai à l'esprit. Martouf et Garshaw échangent un regard perplexe.
« Qu'est-ce que le cancer ? » demande Martouf.
« C'est une maladie humaine où les cellules se multiplient sans contrôle. Vous avez des tumeurs, » ai-je expliqué, pensant qu'ils le connaissaient peut-être sous un autre nom.
« Oh, oui, c'est une affection fréquente parmi votre espèce. Nous le guérissons facilement. Ca ne pose aucun problème, » dit Garshaw.
Je respire profondément et me tourne vers Jack.
« Je pense que nous devrions au moins offrir cette chance à mon père. »
Il acquiesce. Après tout, nous n'avons rien à perdre et ça pourrait peut-être nous sortir de là... Ca pourrait peut-être sauver mon père. Jack n'essaie même pas de me contredire... et j'apprécie cela.
« Nous avons peut-être un hôte pour vous, » dit Jack.
« Vous avez un hôte pour Selmak ? » répond Garshaw.
« Oui, mon père. Il a le cancer et si Selmak peut le sauver, je crois qu'il serait volontaire pour essayer, » ai-je expliqué.
« Mais vous devez nous laisser repartir, » ajoute Jack.
« Je vous laisserai partir, vous deux, mais les autres resteront pour assurer votre retour, » décide Garshaw.
C'est mieux que rien. Maintenant tout ce que nous avons à faire est de persuader le Général Hammond.
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La première fois que les yeux de Papa ont brillé, cela a été l'expérience la plus étrange de ma vie. J'ai dû refouler les sentiments de peur et de révulsion. Je sais que nous avons fait le bon choix, pourtant cela prendra un certain temps pour nous y habituer. Martouf et Garshaw ne peuvent pas rester longtemps. Le reste des Tok'ra est en danger et ils doivent partir aussitôt que possible. Papa ira avec eux... Je ne suis pas tout à fait sûre de ce que je ressens à ce sujet. C'est déjà pas terrible que nous ayons passé la plus grande partie de nos vies dans différentes parties du globe... sans parler de différentes planètes.
Ils veulent introduire les coordonnées dans l'ordinateur eux-mêmes... pour raison de sécurité... je peux le comprendre, mais je peux aussi voir que Jack n'est pas du tout impressionné par leur manque de confiance. Cela m'ennuie quelque part. Cela doit avoir un rapport avec Jolinar. Le Général Hammond m'envoie, avec Martouf, composer l'adresse de la Porte. Le Tok'ra place une main au creux de mes reins, m'indiquant que je dois le précéder. J'arrive presque à sentir l'hostilité émanant de Jack. Sûrement qu'il ne va pas perdre la tête pour un simple geste ?
Martouf est impressionné par l'installation que nous avons développée... et par le fait que c'est moi qui ait travaillé si dur sur le système. J'avoue que je suis flattée par l'attention. Peu de gens ici semblent apprécier combien d'efforts cela nécessitait pour faire fonctionner la Porte des étoiles. Tout le monde pense que Daniel Jackson est venu ici un jour et l'a fait fonctionner. Tout ce qu'il a fait fut d'identifier le septième symbole... ce que nous aurions sans doute fait avec le temps.
« Samantha », Martouf m'arrête alors que nous retournons à la salle d'embarquement.
« Oui ? » ai-je demandé.
Il me regarde dans les yeux, « J'espère que nous nous reverrons. »
« Je l'espère aussi. »
Je ne peux m'empêcher de lui sourire. Apprendre davantage de Jolinar est attirant et il y a beaucoup de choses que je veux découvrir sur ce peuple. Martouf prend ma main, et à nouveau je ressens le frisson de familiarité. Je crois que les Tok'ra doivent être habitués aux changements de corps de leurs amants.
« Vous êtes très belle, » me dit-il.
C'est la seconde fois qu'il me dit cela. Que veut cet homme de moi ? Avant que j'aie le temps de parler, de respirer, ses lèvres font contact avec les miennes. Une autre partie de moi prend contrôle et je me retrouve en train de répondre au baiser. Il me touche d'une façon que personne d'autre ne peut... pas même Jack... Jack... Oh mon Dieu ! J'ai complètement oublié Jack. Je m'arrache de Martouf, mais c'est trop tard. Il y a quelqu'un qui nous observe... Quelqu'un qui est venu de la salle d'embarquement, simplement pour voir ce qui nous retenait si longtemps.
« Jack... Jack, ce n'est pas ce que tu crois, » dis-je.
« Si, ça l'est, » répond-il.
« Samantha ? » questionne Martouf.
Il ne comprend pas. Comment le pourrait-il ? Je n'ai jamais mentionné Jack.
« Si vous êtes prêt à partir..., » Jack fait clairement entendre qu'il veut que Martouf parte d'ici.
D'accord, peut-être que tout ira bien... Il ne s'est pas mis en colère après moi. Jack sait peut-être que c'était une erreur. Ce n'était pas moi qui embrassais Martouf... pas vraiment, pas le moins du monde...
Nous voyons les Tok'ra partir en toute sécurité... Je dis au revoir à Papa et Jack ne dit toujours rien. Il me rend nerveuse. Je m'attendais à une quelconque réaction. Ou peut-être qu'il attend juste que nous soyons seuls. J'espère vraiment que je n'ai pas tout foutu en l'air.
Il quitte la salle d'embarquement sans même me regarder.
« Jack... Jack... ! » Je crie après lui.
« Arrête ! » réplique-t-il brusquement.
« Laisse-moi au moins m'expliquer. »
« Ferretti m'a dit que toi et Marty sembliez assez affectueux. Je ne l'ai pas cru jusqu'à ce que je vous voie tous les deux en train de faire un ballet de langues ici. »
Foutu Ferretti... je vais le tuer... je le jure.
« Il était l'amant de Jolinar, » ai-je expliqué.
« Donc tu as pensé avoir un aperçu ? Davantage de recherche, Major ? »
« Ce n'était pas ça. »
« Alors qu'est-ce que c'était ? Tu as aimé, non ? »
« Non. »
« Tu as décidé de faire une petite comparaison, c'est ça ? Etait-il mieux que moi ? Ou veux-tu un autre essai... pour t'en assurer ? »
« Voudrais-tu juste écouter ? »
« Il n'y a rien que tu puisses me dire... »
« Jack ! »
Il s'éloigne. Je crie après lui, mais il ne tourne même pas la tête.
Qu'ai-je donc fait ?
Qu'ai-je donc fait ?
The End.
