Yoop mes ptits macarons, comment qu'ça va ? Donc, au programme... pleins de choses ! Premières soirées, arrivée du vrai Livaï et rapprochement un peu trop rapides. Je vous laisse profiter !

Chapitre 3

Elle avait pris les clés du gymnase et s'était changée. Elle se dirigeait vers la cantine pour emprunter les escaliers qui descendaient. Elle ne s'arrêta pas aux douches et descendit plus bas. Elle arriva devant une double porte en fer. Elle essaya de la pousser. Elle était fermée. Luna la déverrouilla grâce aux clés et entra. Elle les referma derrière elle sans les verrouiller et posa les clés sur la petite table à droite. Elle tourna tous les interrupteurs sur le mur au-dessus de la table et des lumières s'allumèrent un peu partout. Tout l'étage était occupé par un gymnase avec tatami. Même les murs en étaient couverts. Surement pour absorber les chocs et le bruit. Sur le mur du fond pendaient des sacs de frappes. Sur celui de droite des râteliers d'armes et celui à côté d'elle était recouvert de miroirs. Sur sa droite se trouvait une petite salle fermée avec une fenêtre qui donnait sur la partie sportive. Curieuse, elle y entra. La porte n'avait pas de serrure. C'était une salle de repos. Il y avait deux cabines pour se changer, une douche, une petite cuisine avec un frigo remplit de bouteille d'eau, une table avec quatre chaises, un ventilateur et des casiers. C'était parfait. Luna posa sa veste sur un cintre dans le premier casier. Elle ressortit et fit le tour de la salle pour trouver les escaliers. Ils étaient dans un coin pour éviter d'y chuter. Elle les emprunta et sourit en arrivant en bas. Une énorme piscine occupait la moitié de l'espace et une pièce insonorisée servait de stand de tir. Il y avait tout, des cibles, des tables, des munitions, des casques, des gants, des stands séparés les uns des autres… Elle sautilla sur place en poussant des petits cris de joie.

« C'est génial ! Tout est pour moi en plus ! Oh mon dieu ! Je vais mourir de joie ! » Elle remonta en courant dans sa chambre. Elle s'empara de ses affaires de sports, de son katana, de son maillot de bain et de plusieurs serviettes et descendit. « Vous vous resterez là ! Voilà parfait ! Je sens que je vais squatter ici ! » Elle passa toute l'après-midi à faire du sport dans le gymnase et à s'entrainer avec sa nouvelle arme. Le mur miroir était très utile à ce moment. Elle ne s'arrêta que quand l'horloge sonna 20 heures. Bientôt la cantine cesserait de servir le repas. Elle rangea ses affaires, prit une douche express, ferma son casier, éteint les lumières et verrouilla les portes avant de remonter.

« Salut Miss ! On ne t'a pas vu de la journée ! Alors, qu'est-ce que tu as fait ? Raconte-nous tout ! » Luna sourit en se servant de la purée.

« Vous êtes vraiment des commères les filles ! » dit-elle pour se moquer. Plusieurs d'entre elles se turent en faisant la moue. « Je plaisante, il ne faut pas faire attention, je taquine beaucoup ceux que j'apprécie. Prenez-le comme une marque d'affection » expliqua-t-elle. Les sourires revinrent. « Sinon, je suis allée au centre commercial et j'ai fait pleins d'achats. C'est la première de ma vie que je débourse autant en si peu de temps ! Vous ne me croirez pas, j'ai fait presque 600 euros de dépense » dit-elle en commençant à manger son entrée. Elle avait soustrait l'arme qui coûtait 250 euros à elle seule.

« 600 ? Ne t'inquiète pas, nous avons déjà fait plus en une après-midi » Luna la regarda avec un air interrogatif vu qu'elle mangeait. Johanna comprit la question.

« Nous sommes parties faire une après-midi shooping toutes ensembles un jour. Nous avons dévalisé les boutiques de luxe. Nous avons eu une note de 1 200 par tête. Donc, si tu calcules, ça fait environ 20 000 euros en tout en une journée » dit-elle fière. Luna s'étrangla.

« Marianna ne vous a rien dit ?! » Johanna secoua la tête en coupant son pain en deux.

« Cette somme ne représente rien pour elle. Avec un bon mois, nous rapportons bien plus que ça. »

« Les prix pour vous avoir doivent être exorbitants… » réfléchit Luna. Johanna s'approcha d'elle.

« Pour nous tu veux dire. Je te rappelle que tu es aux même tarifs que nous à présent » chuchota-t-elle.

« Je me demande bien qui serait prêt à payer… »

« Environ 300 euros pour la soirée. Ils sont riches. Il faut ajouter les heures supplémentaires et s'ils demandent de la compagnie avant de payer pour ça. C'est tout une stratégie. »

« Bien, je me demande qui est prêt à payer 300 euros cash pour coucher avec moi… » dit-elle tout bas. Sa gorge était serrée.

« Je suis sûre qu'ils se précipiteront ! » la rassura Johanna. « Bon, moi je suis fatiguée. Je vais me coucher, à plus ! » Elle se leva et rangea son plateau. « Et n'oublie pas, demain soir, c'est ta première soirée ! »

Le lendemain soir arriva plus vite que Luna ne le cru. Elle allait monter dans sa chambre car elle voyait toutes les filles commencer à se préparer.

« Luna ! » l'appela-t-on. Elle se retourna et vit Johanna.

« Salut, j'allais monter me préparer, vu qu'apparemment vous vous y prenez tôt. » Johanna sourit en s'arrêtant devant elle.

« Justement, je voulais te donner des petits conseils. Comme c'est ta première fois. »

« C'est sympa, c'est vrai que je n'ai aucune idée de comment me préparer. »

« C'est simple, vu que c'est la première fois évite de mettre une robe, tu seras plus à l'aise. Trouve quelque chose de classe en pantalon ou en short. Marianna s'en fiche tant que l'on est bien habillée. » Luna hocha la tête. « Pour tes cheveux, tu vois et pour le maquillage aussi. La seule chose que je sais c'est que tu n'en mets pas souvent. Alors ne te force pas trop. Juste un peu ! Sinon, prépare ton sac avec des trucs utiles, nous allons passer la nuit sans pouvoir revenir alors prévoit tout ce que tu veux. »

« Merci pour l'info, je n'aurais pas fait attention. »

« T'inquiète ! Le seul truc auquel tu dois penser vraiment, ce sont les sous-vêtements et l'hygiène ok ? » Luna sourit.

« Ne t'en fais pas, j'aurais deviné, et puis la saleté ce n'est pas trop mon truc. » Luna fit un geste de la main et monta. Son étage était bien plus calme. Elle entra dans sa chambre et regarda l'heure. Il était 17 heures, elles partaient à 19 heures. Elle avait le temps. Elle alla se laver et croisa plein de filles. Toutes en fait. Elle remonta rapidement après. Elles avaient la mauvaise habitude de se balader pratiquement nue entre les douches et leurs chambres. Ce n'est pas une habitude que Luna prendrait. Elle en était sûre. Elle ouvrit son armoire et décida de mettre des escarpins noirs, un slim taille haute de la même couleur, la chemise blanche, la cravate noire et la veste que Marianna lui avait donnée pour l'ensemble de costard.

En se changeant, elle regarda le derrière de sa hanche droite. Elle portait un tatouage. Il était petit et rond, environ 5 cm de diamètre. Il représentait la montre qui s'était brisée i ans. Elle l'avait amené à un tatoueur pour qu'il recopie le motif. C'était sa manière de ne pas la perdre. Le motif consistait en un cercle stylisé pour symboliser le tour de la montre et deux lettres entrelacées. Elle n'avait toujours pu lire qu'une seule des deux. C'était un « A ». La deuxième était trop travaillée pour qu'elle la lise. Elle passa sa main dessus. Elle espérait qu'un tatouage ne gênerait pas. En plus, il était voyant quand elle était en sous-vêtements... Elle continua à s'habiller.

Elle coiffa ses cheveux et les laissa détachés. Elle se maquilla légèrement en appuyant sur son regard pour le rendre attractif. Elle se surprit à apprécier le rendu sur elle. Elle regarda l'heure. Plus que 30 minutes. Elle s'activa. Elle manucura ses ongles, mit du parfum et prépara son sac. Elle jeta des tonnes de babioles dedans pour ne manquer de rien. Il était 19 heures. Elle prit son sac et courut jusqu'en bas. Johanna l'attendait à la porte.

« Je suis bien comme ça ? » La femme se retourna en l'entendant. Elle écarquilla les yeux et fit un sourire en coin.

« Eh bien, tu nous avais caché que tu étais belle à ce point. » Luna rougit.

« Je ne fais pas trop mec ? » Johanna secoua la tête en écrasant sa cigarette.

« Pas du tout, juste un peu androgyne et c'est sexy ! » Luna la dépassa sans savoir où se mettre. Elle vit les filles rejoindre la porte principale. Johanna se mit à sa hauteur.

« En route, tu verras, on te ramèneras en un seul morceau. » Luna serra le poing et avança. Elles montèrent toutes dans une grande limousine en bavardant joyeusement. « Ce soir on va à une soirée classique chez un des mafieux. »

« Chez lui ? » Johanna hocha la tête. « Il existe différentes soirées ? »

« Je te l'ai dit au début. Parfois, ce sont des soirées piscines où l'on doit se mettre en maillot, d'autres des discothèques où l'on danse en robe… Tout dépend du lieu. Une fois c'était même un zoo. Bizarre non ? » Luna fit une grimace en riant.

« Effectivement. »

Elles arrivèrent après une heure de trajet. Certaines s'étaient endormies. Luna n'arrivait pas à se calmer. Elle avait fixé le paysage pendant tout le trajet. Elle faisait tressauter sa jambe droite à une vitesse surhumaine pour faire passer son anxiété. Johanna se fraya un chemin entre tous les corps endormis et s'assit à côté de Luna. Elle posa une main sur sa cuisse et prit sa tête pour la coller à elle. Elle inspira un grand coup.

« Soit forte, tu peux le faire. Je comprends que tu sois anxieuse mais on ne peut pas reculer. Courage et crois en toi surtout. » Luna hocha faiblement la tête, incapable de dire le moindre mot. Elle sentait qu'elle allait éclater en morceau si elle e faisait. Or, elle ne pouvait pas se mettre dans des états pareils maintenant. Johanna la relâcha et réveilla rapidement toutes les filles qui rassemblèrent leurs affaires. Elles descendirent de la voiture à la file indienne en discutant tranquillement. Luna passa avant Johanna qui ferma la marche. Des gardes du corps les rejoignirent après être descendu de la voiture de derrière. « Ils sont là pour récolter l'argent et s'assurer qu'il ne nous arrive rien. Ils sont plutôt sympas » glissa Johanna dans son oreille. Luna serra un peu plus son sac et prit une grande bouffée d'air quand ils arrivèrent devant une immense demeure.

« Courage ma grande. Tu n'es pas le genre de fille à être impressionnée par si peux. Tu as survécu à pire et tu as tuée plusieurs hommes qui faisaient trois fois ta taille. En plus, tu es bien plus intelligente que quiconque » se chuchota-t-elle. Elle se mordit la lèvre. « Et tu as abattu un homme de sang-froid à 12 ans en lui perforant le crâne. » Elle sentit une vague d'adrénaline venir soulager son stress. Ce souvenir lui permettait de faire taire facilement ses émotions. Elle savait gérer ses expressions. Elle n'était pas faible. Elle le savait. Elle avait 21 ans et beaucoup d'expérience.

Son principal défaut, elle le connaissait. Elle était impulsive (et cela la rendait émotive d'où la nécessité de reste calme), elle possédait un ego de mauvais conseil et elle avait tendance à foncer tête baissée. Elle avait le sang-chaud en résumé. Beaucoup pourrait dire : mais ce n'est pas un défaut, c'est comme dire que l'on est perfectionniste ! Pourtant cette partie de sa personnalité était celle qui lui attirait des problèmes. A et dernière chose ! Quand elle se sentait en danger, elle devenait violente. Et pas qu'un peu ! Elle se jura de rester calme ce soir. Absolument zen… Après, elle avait tendance à avoir plusieurs manières de se comporter mais ce n'était pas des défauts pour elle. Elle était assez dure à percer mais une fois qu'une personne comptait pour elle, elle pouvait être détruite de l'intérieur en quelques secondes. Elle le savait. Elle était faible avec ses proches. A, et un peu égoïste, surtout en cas de danger imminent.

Ses pensées furent coupées quand elle arriva dans la salle. Ils venaient de traverser un couloir et se retrouvait dans une pièce gigantesque. Elle était dans les tons crème et des lustres pendaient du plafond. Sur la droite, de grandes baies vitrées laissaient voir le jardin et le soleil du soir. Un buffet à volonté et un bar étaient à disposition et des ilots de canapés permettaient de se réunir en petits groupe autour des tables basses. Toutes les personnes présentent étaient bien habillées. Il n'y avait pas trop de bling-bling. Surtout du classe et de l'élégant. Ils avaient du goût, elle l'avouait.

« Dis-moi Johanna. Est-ce que l'on va pouvoir manger à un moment ? » demanda Luna en tirant sur la manche de sa robe rouge. La femme se retourna et lui sourit.

« Bien sûr, nous allons même le faire immédiatement. Nous allons dire bonjour et parler un peu avec notre commanditaire. Il va surement nous inviter à manger. Nous en profitons. Nous recevons très peu de demande au début de la soirée. On fait le plein pour le reste de la nuit. Dans une heure, on se mettra dans un coin et on attendra les clients. » Luna sourit.

« Merci pour l'info Johanna. »

« Appelle-moi Jo. C'est mon surnom et puis ça fait moi sérieux. »

« Ça fait pas un peu unisexe ? » s'étonna Luna.

« Si un peu mais j'aime bien. Il y a un côté… je ne sais pas comment dire… » dit-elle en haussant les épaules. Elles rirent à l'unisson. Elles étaient à côté de la porte depuis quelques minutes quand un homme vint les voir.

« Bonjour mesdames ! » dit-il en ouvrant les bras. Il se tourna vers les gardes. « Et messieurs aussi. Je suis content que vous ailliez une fois de plus répondu à mon appel. » Elles inclinèrent légèrement la tête comme pour dire merci. « Je vous en prie, profiter du bar pendant que nous parlons politique et les choses sérieuses pourrons commencer. » Il montra le bar. « Je vous laisse, je dois aller voir un collaborateur. » Il s'éclipsa.

« Ils ne sont pas si mal éduqués ces mafieux. » s'étonna Luna. Johanna étouffa un rire.

« C'est parce que nous avons à faire aux chefs. » Elle se pencha vers Luna. « Et puis ils ne sont pas encore bourrés. Attends de voir dans deux heures. » Elle gloussa et se dirigea vers le buffet. Luna la suivit. Elle venait de s'apercevoir que Johanna était un peu plus petite qu'elle, même avec ses escarpins d'une taille vertigineuse. Luna faisait bien 1 m 70 avec ses escarpins de 8 centimètres. Elle se sentait incroyablement grande.

Elles mangèrent beaucoup au buffet. Luna goutta de tout et grimaça à plusieurs choses. Comme le caviar. Elle ne préféra pas toucher à l'alcool. Il n'y en avait que des forts comme le rhum ou la vodka et elle ne savait pas si elle tenait. En plus, elle ne savait pas du tout comment elle se comportait quand elle était bourrée. Deux heures s'écoulèrent rapidement. La nuit était totalement tombée et seuls les lustres illuminaient la salle. Elles étaient retournées dans un coin où étaient réparties des chaises pour elles. Elles laissaient filer le temps en se racontant les histoires qu'elles avaient entendues (ou soutirées), en mangeant des restes d'assiettes, en buvant des fonds de verres ou en rigolant à des blagues. Elles parlèrent aussi mecs. Elles évaluèrent les différentes personnes présentes ici et critiquèrent telle ou telle chose. Luna en profita pour glaner un maximum d'informations. Histoire de ne pas se retrouver devant une personne sans connaitre son nom.

L'ambiance avait dégénéré depuis quelques temps déjà. Les conversations sérieuses et discrètes étaient finies. Les gens criaient, commençait à avoir l'alcool présent et ne s'arrêtait pas, faisait des combats, des bras de fer ou autres en hurlant. Luna retrouvait le cliché des mafieux.

« Aaaah ! » s'écria doucement une des filles. Toutes la regardèrent bizarrement puis suivirent ses yeux. Elles tombèrent sur un homme d'environ 28 ans, petit, des cheveux noirs courts, une carrure impressionnante, un costard impeccable accompagné de deux hommes. Leurs regards repartirent instantanément pour ne pas se faire voir.

« Qui est-ce ? » demanda Luna.

« Livaï Ackerman » répondit l'une d'elle.

« Mais encore ? » Son nom, ce n'était pas pour cela que Georgianna s'extasiait non ? A moins que les gens ne fondent qu'à l'entente d'un nom maintenant. Elle l'imagina : -Oh mon dieu ! -Quoi ? -Son nom ! -Tout ça pour son nom ?! -Oui, il est tellement beau ! Elle ricana rien qu'en y pensant.

« Livaï Ackerman » répondit l'une d'elle.

« Mais encore ? » Son nom, ce n'était pas pour cela que Georgianna s'extasiait non ? A moins que les gens ne fondent qu'à l'entente d'un nom maintenant. Elle l'imagina : -Oh mon dieu ! -Quoi ? -Son nom ! -Tout ça pour son nom ?! -Oui, il est tellement beau ! Elle ricana rien qu'en y pensant.

« C'est le chef d'un groupe de mafieux très connu. On dit de son groupe qu'il est incroyablement efficace et loyal. Il a tout construit à sa seule force. C'est pour cela qui est très connu et envier. Il a fait chuter beaucoup de gang pour protéger son territoire » dit-elle en se rapprochant comme si elle détenait le secret du siècle. « En plus, il est dit qu'il est magnifique. Toutes les filles qui le connaissent disent qu'il est irrésistiblement sexy. Elles ne mentent pas. »

« Le gros poisson que vous-voulez attraper alors ? » Tous les regards se tournèrent vers Luna. « Quoi ? »

« Toutes celles qui ont passé la nuit avec lui disent que c'est une bête de sexe. Mais on ne sait même pas si elles ont couchés avec lui. Il ne prend jamais aucune fille, ou alors c'est très rare. Nous sommes plusieurs organismes comme le nôtre et parfois à des soirées avec trois ou quatre complexe, ce qui veut dire environ cent filles… Il n'en prend pas une. »

« Pourquoi mentiraient-elles ? »

« Pour le prestige » répondit Johanna.

« Le prestige d'avoir couché avec quelqu'un ? »

« Malheureusement… Les potins des putes de luxe je suppose… » dit-elle découragée. Luna retourna à son inspection de la salle. Elle vit l'homme en question arrêté au niveau d'un canapé. Il buvait son verre assit sur un accoudoir. Il avait les jambes croisées. Elles n'avaient pas tort. Il était plutôt beau. Luna laissa son regard divaguer sur d'autres choses. Elle n'était pas intéresser par ramener des clients ou avoir du prestige. Elle voulait que la soirée passe et qu'on lui foute la paix.

Soudain, il se passa quelque chose d'étrange. Elle vit deux hommes dans un coin reculé de la salle. Ils étaient habillés en noir de la tête aux pieds. Ils ne mangeaient pas et ne buvaient rien. Ils s'éloignaient des autres et personne ne venait les voir. N'avaient-ils pas de connaissances ? Ils fixaient un point précis en chuchotant. Elle suivit leurs regards et tomba sur Livaï. Elle fronça les sourcils. Elle refit plusieurs fois le trajet pour être sûre qu'elle ne se trompait pas. Au bout de la troisième fois, elle rencontra le regard de l'homme aux cheveux corbeau. Il la dévisageait. Elle sursauta légèrement et tourna immédiatement la tête. C'était vraiment gênant. Elle se concentra sur les deux hommes. En même temps, elle faisait attention de ne pas paraitre trop attentive pour en pas attirer leur attention. Elle tenta de voir si Livaï la fixait toujours. C'était le cas. Elle soupira. Elle voulait vraiment faire un truc mais elle hésitait… Et puis merde hein ! Elle prit un chouchou dans son sac, enleva sa veste de costard et la plia correctement avant de fermer la fermeture de son sac.

« Johanna ? »

« Hum ? » la femme se décolla de ses ongles et la regarda. Plusieurs filles étaient déjà parties dans la salle ou dans les chambres.

« Est-ce que j'ai le droit de faire un tour au bar ? Je suis assoiffée. La chaleur est intenable. »

« C'est à lui qu'il fait demander » dit-elle en pointant le garde. Luna le regarda. Il avait entendu sa question. Elle le savait. Il hocha imperceptiblement la tête. Luna le remercia et partit en direction du bar au fond de la salle.

La salle était rectangulaire. Luna était sur l'angle gauche du mur avec les fenêtres. De son point de vue, la porte d'entrée était sur le mur à sa gauche. En face d'elle à l'autre moitié de la salle se trouvaient les canapés. Livaï était assis sur l'un de la deuxième rangée. La première les séparait mais ils étaient juste en face. Le buffet courait le long des fenêtres et le bar se trouvait au milieu du mur de droite. Le plus loin d'eux.

Elle se leva et alla vers le bar. Elle sentit les yeux de l'homme la suivre. Elle traversa toute la salle et s'accouda au bar. Le serveur vint la voir.

« Que voudriez-vous boire mademoiselle ? » Elle lut la carte.

« Un rhum. » Il hocha la tête et lui servit rapidement avant d'aller voir d'autres personnes.

« Eh bien » l'aborda un homme. « Que fais une aussi jolie femme seule au bar ? » Luna lui lança un regard blasé. Il était bourré. Ça se voyait et ça se sentait. Elle ne lui répondit pas. « Oye ! Tu ne veux pas me tenir compagnie ? Le chef a dit que l'on pouvait prendre du bon temps. Tu me fais une ristourne si je te paye ton verre. » Elle finit par répondre excédée.

« Désolé mais mon verre est gratuit donc tu auras du mal à me l'offrir. Par contre si tu continues je vais pouvoir t'offrir mon genou dans tes couilles. » Elle inclina la tête en souriant. « Tu veux ? » Il parut déstabilisé mais n'abandonna pas.

« Aller, je suis sûr que tu peux faire des choses plus agréables à mes couilles que mettre ton genou dedans. Tu pourrais plutôt utiliser tes mains… » Il parut réfléchir. « Ou ta langue. Au choix. » Elle commença à perdre patience. Elle se tourna vers lui en pianotant sur la surface noire du bar.

« D'accord, j'ai fait mon choix » dit-elle en souriant innocentement. Il s'approcha d'elle en posant sa main sur ses hanches. Son sourire disparut et elle afficha un air passablement énervé. Elle était plutôt calme de l'extérieur mais ses yeux étaient en train de lui creuser une tombe. Elle empoigna la main de l'importuniste et la retourna tout doucement. Elle plaça son bras retourné devant lui sans qu'il ne puisse rien faire. Il n'avait pas la force de lui résister. Personne ne voyait ce qu'elle faisait puisqu'ils étaient proches. « Bien, encore quelques centimètres et ton épaule se déboite. Après, si tu veux je peux la déboiter et mettre mon choix à exécution. A savoir mon genou dans tes parties. Je doute que ce soit ce que tu veuilles ? Hein ? » Il n'osait pas bouger. Elle relâcha son bras et le serveur arriva.

« Tout va bien ? » Elle hocha la tête.

« Le monsieur ici présent. » Elle le montra d'un signe de la tête. « Me disais qu'il avait envie de vous commander votre bouteille de la meilleure qualité. Je lui aie dit que vous seriez le mieux positionné pour le renseigner. » Sans qu'elle ne dise un mot de plus, le serveur sourit et entama la discussion avec le chieur. Elle se décala pour être au calme. Elle avait repéré les deux hommes en noirs à sa gauche. Ils étaient dans le coin à côté du bar. Elle se rapprocha en mimant ne pas arriver à lire la carte de biais.

« Il va bien finir par quitter la salle… » dit le premier.

« Ouais, il ne bouge pas depuis un moment. Il reste là à fixer les putes. Je doute qu'il parte sans l'une d'elle vu comment c'est partit. »

« Pourtant il ne le fait jamais. » L'autre haussa les épaules.

« Restons discret pour l'instant. Même s'il en embarque une il faudra agir. » Luna but une gorgée de sa boisson et profita du mouvement pour reposer son verre pour passer sa tête par-dessus son épaule. Elle suivit la direction du regard des deux hommes. C'était bien Livaï qu'il fixait. Elle en était sûre maintenant. Elle posa son verre quand elle crue bon de partir. Si elle restait plus longtemps elle attirerait leurs regards. Elle ne voulait surtout pas ça. Elle laissa son verre et longea doucement le bar pour s'éloigner avant de retraverser la salle. Ils ne l'avaient pas vu. Elle souffla intérieurement.

« Mission accomplie » murmura-t-elle. « C'était bien lui qu'ils regardaient. Que lui veulent-ils ? » Sa queue de cheval accompagnait ses pas en se balançant au rythme de ses hanches. Elle remonta ses manches en faisant des ourlets à cause de la chaleur et desserra légèrement sa cravate au passage. Elle avait vraiment l'impression d'avoir un style de mauvais gosse de riche. Elle eut un sourire en coin à cette pensée. Elle rejoint les filles et se posta devant Johanna quand elle entendit une voix grave dans son dos.

« Je prends la gamine en costard. » Elle écarquilla les yeux. Depuis le début de la soirée, Johanna et les autres faisaient exprès d'attirer l'attention de ceux qui venaient pour la protéger mais elles ne pouvaient pas s'imposer devant une demande aussi exclusive. Luna baissa des yeux apeurés vers Johanna qui ne la regardait pas. Elle fixait derrière elle bouche-bée. Luna se retourna mécaniquement.

« Livaï ? » s'étonna-t-elle. Il haussa un sourcil en entendant son prénom.

« Ça fera 350 euros. » Luna écarquilla les yeux quand il sortit un paquet de billets de sa poche et les tendit. Elle s'étouffa quand le garde du corps les prit. Sans pression quoi ! Elle n'avait jamais eu plus de trois billets dans les mains à la fois. Elle avait un côté radine. Elle l'avouait.

« Gardez le change. » Elle aurait pu avaler sa salive de travers, s'étouffer et faire un arrêt cardiaque sur le champ. Il partit vers la porte. Il se tourna. « Oye ! Tu comptes rester planter là longtemps ? » Elle tressauta, prit son sac et marcha rapidement jusqu'à lui. En sortant, elle lança un dernier regard à Johanna. Un appel à l'aide. Cette dernière lui fit un regard désolé et lui envoya un bisou. Elle lut sur ses lèvres : Courage Miss ! Puis elle disparut de son champ de vision. Elle resta silencieuse dans les couloirs. Elle entendit des pas derrière eux et jeta un coup d'œil discret. Personne. Elle redoubla de vigilance. Seul le bruit de ses talons claquait sur le sol.

« Liv… » commença-t-elle. Elle se fit couper.

« Tu les as vu non ? » Elle ne répondit pas. « J'ai vu ton manège. » Elle sursauta. « Les gars près du bar. » Il continuait à marcher devant elle d'un pas rapide. Il était plus petit qu'elle d'une demi-tête avec ses talons. Pourtant elle le trouvait quand même imposant.

« Euh… oui… enfin… » Il soupira.

« Pour que même toi tu les remarques, ils ne sont vraiment pas discrets… » dit-il tout bas avec sa voix grave. Ou alors je suis super forte, pensa-t-elle.

« Qu'est-ce qu'ils vous veulent ? » Il ne répondit pas. « Eh ! Je vous parle ! Livaï ! »

« Comment connais-tu mon nom ? » demanda-t-il froidement.

« Ah, euh, ce sont les filles qui me l'on dit. »

« Et elles t'ont aussi dit que tu pouvais m'appeler par mon prénom ? » Elle se rigidifia. Ok, quel homme charmant…

« Non… » Il l'énervait légèrement là… Elle n'aimait pas se rabaisser… Mais c'était pour le boulot… pour le boulot.

« Alors pourquoi tu en prends la liberté ? » demanda-t-il sur le même ton. Elle bouillonna.

« Alors comment dois-je vous appeler ô illustre monsieur qui m'embarque pour me critiquer sans même me donner un nom ! » s'énerva-t-elle. Elle était énervée dans son ton mais restait discrète. Après tout ils croisaient des gens et elle était sur ses gardes. Crier à tout va n'était pas recommander dans ces cas-là. Il tourna légèrement sa tête pour la voir.

« Monsieur Ackerman, ce sera bien. »

« Bien sûr, s'il y a un problème et que l'on se fait agresser j'aurais le temps de dire : Monsieur Ackerman que je ne peux pas appeler Livaï, ayez l'obligeance de vous baisser pour éviter ce tir je vous prie. Et puis de passer la serpillère et l'aspirateur avant que vous tombiez aussi pour éviter de salir vos habits. » Il ne répondit pas. A la place il monta des escaliers et ouvrit une porte. Elle entra à sa suite.

« Ferme-la. » Elle bloqua deux secondes avant de comprendre de quoi il parlait. Il attendit qu'elle ferme le battant. « A clé. » Elle tourna le verrou qui émit un déclic audible. Elle posa son sac dans un coin de la pièce et retira ses escarpins.

« Putain ! Je n'en pouvais plus avec ce truc aux pieds… » murmura-t-elle. Elle les posa à côté de son sac.

« Enlève ton pantalon et vient ici » dit-il avec une voix rauque. Elle rougit au possible. Elle avala difficilement sa salive et défit sa ceinture et son pantalon et sa cravate qu'elle plia sur son sac. Elle se retourna vers l'homme qui était torse-nu. Il ne perdait pas de temps lui… Ses yeux descendirent sur son corps. Johanna avait raison. Il était super bien foutu. Ses épaules étaient larges et son dos était musclé. Il se retourna vers elle. Pour couronner le tout, il avait des putains de pecs, d'abdos et un V parfaitement dessiné qui se perdait dans son pantalon taille basse. Elle vit sa chemise et sa cravate sur le lit. « Je dois venir te chercher ? » Elle réagit et s'approcha de lui en hésitant. Elle se résonna en se disant qu'elle aurait pu tomber sur pire pour un premier essai. Quand elle fut à portée de main, il lui attrapa le poignet et la plaqua contre le mur à côté du lit.

« Aïe ! » se plaint-elle en heurtant le mur. « Vous ne pouvez pas faire gaffe un peu, Monsieur Ack-er-man » articula-t-elle. Il se mit devant elle. Sans ses talons elle ne faisait que quelques centimètres de plus que lui. En fait non, elle faisait sa taille. Mais sa carrure compensait et le faisait paraitre plus grand.

« Tais-toi » dit-il froidement. Elle sentit sa main passer sur ses fesses et s'y poser. Elle sursauta. Il le sentit mais ne s'arrêta pas. Sa deuxième main passa dans son dos et la maintint contre lui. Ne sachant pas quoi faire de ses mains à elle, elle les plaça sur ses épaules. Elle se concentra sur la fenêtre qu'elle voyait par-dessus son épaule. Seul le noir régnait dehors.

Il enfouillit sa tête dans son cou. Elle soupira quand il l'y embrassa. Il recommença en la mordillant, elle tressauta. Elle savait que son expérience avec son ancien copain n'avait été que basique. Ils n'avaient pas fait grand-chose en dehors de l'acte en soi. Alors qu'un homme lui fasse ça c'était inattendu pour elle. En plus, elle ne savait pas comment réagir. Elle se contenta de limiter ses bruits.

« Aie l'air plus active ou ils vont hésiter… » chuchota l'homme. Elle fronça les sourcils.

« Ils vont hésiter ? »

« Ils vont profiter que je sois là pour m'attaquer. Ne me dis pas que tu n'as pas compris. » Elle tiqua. Maintenant qu'il le disait.

« C'est vrai, c'est ce qu'ils ont dit… »

« On s'en fou, pour l'instant j'ai besoin que tu joues le jeu. Tu sais faire non ? » Elle se pinça les lèvres et colla sa bouche à son oreille.

« Désolé Monsieur mais si vous voulez que je réagisse il va falloir me faire réagir. Je ne sais pas simuler. » Elle rougit à sa propre phrase. Il fallait qu'elle le provoque un peu sinon son plan tomberait à l'eau. Elle disait vrai. Elle ne savait pas faire semblant vu qu'elle ne savait pas quoi faire. Elle sentit un frisson parcourir le dos de Livaï à son chuchotement. Il remonta le long de son cou et mordilla son oreille. Les jambes de Luna flanchèrent et elle se retint à lui. Elle gémit doucement. Elle le sentit sourire contre sa peau. Génial. Il se foutait de sa gueule. Elle sentit sa main se raffermir sur son postérieur et la main dans son dos entourer sa taille pour venir caresser son ventre. Elle avait l'impression d'être entièrement entourée. Il se mit à caresser sa peau du bout des doigts. Elle sentait ses propres muscles se contracter à chaque passage. Il s'en amusait elle le sentait. Soudain elle tressauta quand il commença jouer avec l'élastique de sa culotte. Elle se mit à soupirer de plus en plus et de petits gémissements s'échappèrent de sa bouche quand il prononça son action dans son cou.

« Sensible à ce que je vois… » se moqua-t-il. Elle ne put répondre car au moment où elle ouvrit la bouche se fut un gémissement plus fort que les autres qui sortit. Elle plaqua sa main contre sa bouche. Elle se choquait elle-même. Elle décida que le jeu n'était pas équitable et commença à descendre le long du dos de Livaï avec ses ongles. Il ne réagit pas forcément ou du moins ne le montra pas. Curieuse de voir jusqu'où elle pouvait aller, elle continua en descendant sur ses côtes. Elle passa devant et caressa ses abdos qui se contractèrent à son passage. Ah, il était plus sensible ici. Elle continua sa découverte et passa sur le V. Il grogna dans son cou. Elle sentit tout son corps se tendre.

« Sensible à ce que je sens… » chuchota-t-elle pour répondre à sa provocation. Il ne dit rien mais elle sentit quelque chose la picoter dans le cou. Qu'est-ce qu'il faisait ? M'enfin, elle n'était pas dans une meilleure position que lui. Elle ne faisait que soupirer et gémir depuis quelques minutes alors que tout son poids reposait sur lui. Elle s'était légèrement avachie contre le mur et il la dominait de sa hauteur. Elle sentait ses yeux mi-clos embués.

« Ils doivent être là… » mumura-t-il au creux de son oreille. Il vit sa peau se hérisser sous son souffle et son corps entier frissonner. Elle se redressa légèrement. « A la fenêtre. » continua-t-il. Elle se figea.

« Continuez… » souffla-t-elle. Il se remit à bouger doucement sans rien lui faire. Juste de la comédie. « Ils sont deux. Les mêmes que dans la salle je dirais. Ils sont accroupis sur le balcon et ils nous fixent. » Elle sentit un frisson de dégoût la secouer. Elle remonta doucement son genou entre les jambes de Livaï.

« Et ? » l'interrogea-t-il de sa voix rauque. Elle songea un millième de seconde quelle était plus rauque et grave que dans le couloir.

« Attention ! » Luna venait de voir une arme à la dernière minute. La fenêtre vola en éclat pendant qu'elle poussa sur son pied contre le mur pour les propulser à terre. Elle atterrit sur Livaï qui retomba sur le dos. Elle était à califourchon sur lui et venait de se redresser en plaçant ses mains sur son torse. Elle vit l'arme se pointer dans sa direction.

« Attention ! » Luna venait de voir une arme à la dernière minute. La fenêtre vola en éclat pendant qu'elle poussa sur son pied contre le mur pour les propulser à terre. Elle atterrit sur Livaï qui retomba sur le dos. Elle était à califourchon sur lui et venait de se redresser en plaçant ses mains sur son torse. Elle vit l'arme se pointer dans sa direction.

« Salope ! » hurla l'homme. « Tu es celle qui étais au bar ! Je l'avais dit ! Toujours se méfier des femmes ! » Elle évita une balle de justesse. Elle siffla à côté de son oreille. Elle sentit un picotement mais l'oublia rapidement. Elle se recoucha sur Livaï et roula pour l'entrainer sous le lit. Elle se retint de tousser. C'était dégeulasse ici. Elle vit l'homme à sa gauche grimacer. Il n'aimait pas non plus apparemment. Il allait parler mais elle plaqua sa main sur sa bouche. Il lui lança un regard incendiaire. Elle lui montra le côté et mima de parler en se pointant du doigt. Elle fit un geste militaire pour signifier une attaque sur le côté et elle mima un pistolet. Elle lui fit signe de ne pas la quitter des yeux. Il ne dit rien. Elle prit cela pour un oui.

« Je vous en prie ! » pleurnicha-t-elle.

« Qu'est-ce qui te prends d'un coup ? » s'énerva un de leurs agresseurs.

« Je n'ai rien à voir avec tout ce bordel ! Je veux juste reprendre mes affaires et sortir d'ici ! »

« Si on te laisse partir tu vas rameuter tout le bâtiment ! »

« Laissez-moi au moins me cacher dans la salle de bain le temps que vous finissiez vos affaires ! » tenta-t-elle. Un homme recula jusqu'à la salle de bain et vérifia la pièce.

« Ok, sors doucement et rejoint moi » dit le premier. « Au premier geste je te bute et je baise ton cadavre avant de le balancer par-dessus la fenêtre compris ? » Elle ne répondit pas. « Compris ?! »

« Ou…oui… » Livaï la regarda. Sa voix n'allait pas avec son expression. Elle lui tendit sa main. Il haussa un sourcil. Elle lui foutu une claque.

« Tu fous quoi gamine ? Tu te crois tout permis ? » gueula-t-il énervé. Elle lui sourit. Il ne comprit pas.

« Lâchez-moi ! Je ne veux pas de problème. Je signe pour baiser, pas pour me faire tuer ! » Elle lança son poing dans le bas du lit. Livaï entendit ses os craquer légèrement.

« Mais arrête ! » s'énerva-t-il une nouvelle fois. Elle sortit à ce moment.

« Regardez-moi ça ! Ackerman fait pleurer les putes maintenant ! » Luna se releva. Elle força ses larmes à continuer de couler en cachant sa main contre sa poitrine. « Mais dis ma belle, tu es plutôt pas mal ! » Il l'attrapa par les cheveux et la tira vers lui. Elle se retrouva coincée entre son torse et son avant-bras au niveau du cou. Elle lui mordit violemment le bras, il hurla. Livaï passa la tête de l'autre côté du lit pour voir.

« Pute de merde ! Je vais te coller une balle dans la chatte et tu verras si tu mords encore ! Tu vas ramper pour que je te baise ! » Les yeux de Luna changèrent d'attitude. Elle s'était libérée et les toisait. Elle croisa les bras et se pencha légèrement.

« Je pense plutôt que tu seras celui qui viendras me voir en rampant connard… » Elle sourit. « Après, vous pouvez juste poser vos armes et déguerpir. »

« Tu penses que l'on va te croire ?! » s'énerva le deuxième en reculant vers le mur. Livaï retourna sous le lit et se dirigea vers l'autre côté.

« Dommage, j'aurais essayé. » Elle haussa les épaules et se redressa. « On joue ? » Le premier courut vers elle.

« Elle est à moi ok ? » cria-t-il à l'attention de son partenaire. Elle évita son poing en se baissant et lui mis un coup de genou en remontant. Il jura et l'attrapa par la taille. Il n'empoigna que la chemise et la déchira en s'y retenant. Il tomba au sol et Luna avec lui. Il l'écrasa.

« Merde ! » dit le deuxième en cherchant quelque chose.

« Putttaaaaain ! » hurla-t-elle sous le poids de l'homme. Elle entoura ses cuisses autour de son cou et serra le plus fort qu'elle put. Il se débattait mais n'arrivait pas à se défaire de son emprise. Il se mit à la griffer de partout. Les jambes, les hanches, la taille, le cou et le visage. Elle ferma un œil pour ne pas se le faire transpercer. Elle chercha un objet pour s'aider et tomba nez à nez avec Livaï. Elle parut surprise mais le zappa vite. Elle prit sa chemise en lambeau et utilisa le reste pour lui lier les mains dans le dos. Elle réussit après quelques tentatives. Il ne bougeait presque plus. Elle enleva ses jambes de son cou.

« Belle vue » dit-il perversement. Elle retint sa tête en l'air par les cheveux et envoya son genou dans sa tête.

« C'est plus joli par-là ! » dit-elle en mettant un deuxième coup. « Ou par-là au choix ! » Il tomba inerte sur elle et elle le décala en grimaçant. Elle se releva en s'aidant du bord du lit et vit Livaï se battre avec l'autre homme. Il l'avait surpris de ce qu'elle voyait. Leur adversaire leur envoya un coup que Livaï évita. Il prit son bras et le retourna en le forçant à s'agenouiller. Il prit l'arme et la braqua sur sa tempe.

« Bouge plus ou je t'éclate le cerveau, compris ? » dit-il froidement. Luna frissonna. Il faisait vraiment peur quand il voulait. Luna sentit deux bras l'enserrer.

« Bouge plus ou je la saigne ! » cria l'homme dans le dos de Luna. Comment s'était-il libéré. La réponse de la jeune fille arriva sur sa gorge. Un couteau. Elle resta immobile et vit Livaï se tourner vers elle. L'homme à terre essaya de bouger. Mauvaise idée. Livaï lui envoya un coup de genou colossal dans le crâne. Il fit un aller-retour entre sa jambe et le mur et tomba sonné. « Je t'ai dit de ne pas bouger putain ! » dit-il en appuyant un peu plus sur la lame. Luna ne dit rien et se laissa secouer.

« Tch. » Il planta ses yeux dans ceux de Luna qui ne cilla pas. Inconsciemment, il descendit le long de son corps. Elle était en sous-vêtements. Un ensemble noir en dentelle. Heureusement, il n'était pas transparent, pensa-t-elle. Livaï détailla ses blessures. Sa peau était griffée et ses genoux abimés.

« Hey ! » fit-elle en claquant des doigts dans la mesure du possible. « Mon visage est bien plus haut Monsieur Ackerman ! » Il remonta ses yeux en haussant un sourcil.

« Tch. » Elle ouvrit la bouche. Quelqu'un toqua à la porte.

« Qui est à l'intérieur ? » La poignée bougea mais la porte resta en place. « C'est verrouillé, dites-moi, tout va bien ? Qui est là ? »

« Tch. Tch » imita Luna énervée. Elle ne prit pas compte des gens derrière la porte. « C'est tout ce que vous savez dire ? Je suis en train de me faire violenter je vous signale ! » dit-elle en montrant la lame à son cou.

« Luna ?! » cria une voix. « Luna ! C'est toi ? »

« Johanna ?! Georgianna ?! » s'étonna-t-elle. « Restez derrière la porte, tout va bien ici ! Surtout n'intervenez pas ! »

« Avec qui est-elle ? » demanda l'homme de l'autre côté de la porte. Luna ne répondit pas. Elle savait que les filles l'avaient vu partir. Elle se reconcentra sur la situation.

« Ferme ta gueule la pute ! » Elle ne bougea pas un muscle. « Ou tu en payeras le prix. » Elle sut qu'il souriait à sa voix.

« Et je payerais quoi ? » Elle sentit le couteau se loger entre sa peau et sa bretelle de soutien-gorge.

« Tu veux tester immédiatement ? » Elle allait bouger mais il lui empoigna le cou. « Hey Ackerman, ta meuf va mourir et tu t'en fou ? Pas très gentleman à ce que je vois ! » se moqua l'homme. Livaï parut surpris.

« Ma… »

« Femme ? » termina Luna. « Moi sa femme mais ça va pas ! Je ne voudrais pas passer ma vie avec un homme plus froid qu'un glaçon ! Non mais pour qui tu m'as prises ! » s'emporta-t-elle.

« Une pute, quoi d'autre ! » dit l'homme en riant ouvertement.

« Une pute ? » gronda Luna.

« Tu entends bien dis donc ! » se moqua l'homme.

« Enfoiré ! »

« Répète pour voir ?! »

« Toi par contre tu as des problèmes auditifs ! J'ai dit : enfoiré ! » Elle attrapa vivement sa main avec le couteau puis se baissa en l'éloignant et lui fit une balayette. Il s'écrasa à terre, fauché. Elle ne lui laissa pas de répit. Elle se redressa et balança le couteau au loin. L'arme atterrit dans un coin. Elle enchaina des coups de genoux et des coups de poings plutôt violents.

Livaï haussa un sourcil. « Qu'est-ce qui te fait penser que je suis sa femme en plus hein ? Est-ce que l'on a l'air proche ? » demanda-t-elle en le frappant. « Je ne me marierais pas avec tous les gars qui vont coucher avec moi ! Je finirais par avoir un harem sinon ! » Elle se défoula sur lui. La frustration commençait à baisser. Il n'y avait pas à dire. Quand elle pétait un câble, elle adorait être violente. C'était… libérateur. Elle sentit une main sur son épaule. Elle regarda dans son dos. Ses yeux noirs rencontrèrent ceux de Livaï. Elle s'arrêta.

« Il est inconscient. » Il ne dit rien d'autre.

« Tss. » Elle relâcha la tête de l'homme qui s'écroula. Elle se passa la main dans les cheveux pour décompresser. Elle soupira un bon coup. « Première soirée de merde, boulot de merde, gens de merde et vie de merde… Bravo ma vieille tu auras tout fait ! » chuchota-t-elle à elle-même. « Et maintenant tu redeviens violente. Manquerais plus que ça… » Elle donna un coup d'épaule pour que la main de Livaï tombe. Elle se dirigea vers la porte et la déverrouilla. Deux hommes en costard avec des pistolets lui attrapèrent les mains et la collèrent contre le mur. Enfin, ils tentèrent.

Par réflexe, elle attrapa le bras du premier et remonta le long pour lui mettre son coude dans le menton. Elle attrapa son arme et lui tordit le poignet pour lui arracher. Elle resserra le nœud de cravate et tira pour l'étrangler. Au moindre mouvement il suffoquerait. Elle pointa l'arme sur le deuxième en quelques secondes. Ils se tenaient tous les deux en joues.

« Suffit » intervint Livaï. Elle cligna des yeux. Merde, des agents de la sécurité. Elle relâcha tout doucement la pression pour qu'ils ne réagissent pas d'un coup. Trop tard. Elle en vit un se jeter sur elle. Elle ferma les yeux. Rien ne vint. Elle en rouvrit un. Elle était dans des bras. Ceux de son client. Il avait la tête juste sur son épaule. Ils faisaient définitivement la même taille. « C'est bon, elle m'a aidé » dit-il à l'attention des agents de sécurité qui se détendirent. « Ce sont eux qu'ils faut emmener » dit –il en pointant son pistolet sur les deux hommes à terre. Les gardes s'approchèrent des intrus. La voie devant la porte se libéra.

« Luna ? » s'étrangla Georgianna.

« Tch. » Il la balança sur le lit et lui envoya son sac et ses habits qu'elle réceptionna plus ou moins bien. « Habille-toi. A moins que tu veuilles que le monde te voie en sous-vêtements. » Elle roula des yeux.

« Bien Caporal » dit-elle pour se moquer.

« Caporal ? » demanda-t-il avec un air neutre.

« On aurait dit un mec de l'armée » dit-elle en s'habillant. Elle regarda sa veste. Elle n'avait rien à mettre en-dessous. Elle finit par l'enfiler et fermer le bouton. Ça lui faisait un décolleté plongeant mais bon… On fait avec ce qu'on a ! Elle se redressa et deux folles se jetèrent sur elle.

« Oh mon dieu Luna ! On est désolée ! On avait dit qu'on te protègerait et voilà le résultat ! » se lamenta Georgianna.

« Je suis désolée Miss, c'est vraiment pas terrible comme premier soir ! On aurait dû faire plus attention ! Georgianna a raison ! On devait te protéger ! » continua Johanna. Luna sourit. Elle vit Livaï se rapprocher. Il ne lui parla pas mais tenta de prendre un truc sur le lit.

« Tu es sur ma chemise gamine. »

« Pardon… » fit-elle en se levant légèrement.

« Tch. » Elle roula des yeux. « Si vous voulez mon avis, cette tigresse n'a pas besoin de quelqu'un pour la protéger. Il faudrait plutôt quelqu'un qui protège les autres d'elle » dit-il à l'attention des femmes en sortant. Luna parut étonnée et outrée de sa remarque.

« Tch » fit-elle avec un sourire en coin. Elle le vit se retourner à la porte. Il la dévisagea. Elle hallucina. Elle crue voir un sourire en coin étirer ses lèvres. Les lèvres de Livaï Ackerman ! Elle avait cru voir un putain de sourire en coin sur son visage ! Elle l'avait bien vu. Elle décéda intérieurement. Il ne se retourna pas.

Les gardes lui posèrent quelques questions avant qu'elle ne sorte de la chambre.

Les filles la harcelèrent avant qu'elles n'arrivent au complexe.

Marianna lui fit passer un interrogatoire avant qu'elle n'aille se coucher.

Elle voulait mourir à cause de la fatigue. Elle se traina jusqu'à sa chambre. Marianna l'avait félicité pour ses réactions. Inattendu. Elle pensait qu'elle allait se faire assassiner. Elle alluma la lumière. Sur son lit était posée une boite de premier secours avec des chocolats.

« Vous êtes des anges » souffla-t-elle en se regardant dans le miroir. Elle écarquilla les yeux. Elle avait un suçon dans le cou. Très voyant en plus. Elle s'approcha de son reflet et tira son tee-shirt qu'elle avait mis pour dormir. « Ackerman ! » hurla-t-elle.

Yaaaa ! Oh my god ! Enfin, ils lui a sauté dessus mais il avait une bonne raison. Déçus ? ahaha je sens votre scepticisme de derrière mon écran et j'en suis fière ! Ja nee ^^