The Rise and Fall
Les blas-blas de Xérès : Bonjour tout le monde ! Un chapitre riche en événements que voilà ! Pour le moment, c'est celui dont je suis le plus satisfaite. Je ne vous cache pas que mes précédents chapitres me laissaient toujours un arrière-goût amer d'insatisfaction, je restais systématiquement sur ma faim, avec toujours l'impression d'oublier quelque chose. Mais ouf, c'est fini. Je pense que cela se ressentira sur l'écriture, mais pour ça, je vous laisse seuls juges ! Beaucoup d'émotions diverses et variées dans ce chapitre. Plusieurs personnages vont également se révéler, se compliquer … J'ai hâte d'avoir votre avis !
Et comme toujours, merci à mes nouveaux followers ( , Elsar, ) , ainsi qu'à EmmatomS-M, le Saut de l'ange, chapou69, Hardcoredrugs, faerycyn, VivinChlotte, sweet nanoute babar et les petits fripons qui ne donnent par leur nom pour leurs reviews !
LOUFOCA-GRANGER : Tu vas être servie ! Dans ta review, tu disais vouloir savoir ce qu'il se passe dans la tête de Draco lorsqu'Hermione lui révèle la vérité sur ses parents … et bien c'est ainsi que commence ce nouveau chapitre ! Gros bisous, ma femme !
PS : Il se peut que certains nouveaux followers n'apparaissent pas car pour une raison absolument inconnue, je viens de m'apercevoir que toutes mes notifications FF net depuis une semaine sont passées dans … mes SPAMS. Pourquoi ? Pourquoi es-tu si cruelle boîte de réception gmail de merde ! Grrrrrr Je ratisse donc mes spams à la recherche des followers perdus, mais je m'excuse d'avance si j'en oublie…
Chapitre 4 : Comme des enfants
Draco remonta quatre à quatre les escaliers qui menaient à l'étage et s'enferma dans sa chambre, le cœur au bord des lèvres. Il lança aussitôt un sort sur la pièce pour l'insonoriser et se mit à hurler à pleins poumons. Un hurlement primaire, de rage, d'incompréhension, de dégoût, mais qui lui fit du bien sitôt qu'il eut franchi ses lèvres. Il se laissa tomber au sol, haletant et le dos contre la porte, se frappa plusieurs fois l'arrière du crâne contre le panneau de bois.
Il revit le regard de Granger au moment où elle lui avait révélé comment elle avait choisi de disparaître de la vie de sa famille pour les protéger de Voldemort. Si elle avait pu faire une chose pareille, si elle avait été capable de faire un tel sacrifice pour rallier une cause, alors pourquoi lui, Draco Malfoy s'en sentait-il incapable ? Peut-être avait-on raison, peut-être était-il vraiment un lâche ? Un dégonflé ?
« Accio bouteille », marmonna-t-il machinalement, tandis qu'une bouteille de whisky surgissait de sous le lit pour venir se loger dans sa main. Il la porta à sa bouche mais réalisa qu'elle était vide. Il sentit alors encore plus mal. Ah si tout le monde pouvait voir le grand Draco Malfoy assis par terre, une bouteille vide à la main, ce serait très certainement la fin d'un mythe pour beaucoup de gens … si lui-même pouvait se voir, il se jetterait des pierres. Il se cracherait dessus et se laisserait crever la gueule ouverte.
Il regarda la bouteille vide et inutile dans sa main, soudain persuadé que l'objet le narguait. D'un geste vif, il la jeta de toutes ses forces contre un mur et elle se fracassa en des centaines de petits morceaux tranchants. Il se traîna alors jusqu'à son lit, sans prendre la peine de nettoyer les dégâts, et leva le sort d'insonorisation.
Il n'osait jamais insonoriser sa chambre trop longtemps. Lorsque les premiers prisonniers étaient arrivés, ils avaient passé des nuits entières à hurler, à appeler des secours qui ne venaient jamais. Il insonorisait donc systématiquement sa chambre pour dormir. Mais un jour, son père s'en était aperçu après l'avoir appelé pendant dix minutes d'affilée depuis le rez-de-chaussée, sans obtenir de réponse. Draco avait alors reçu l'une des plus grosses corrections de toute sa vie. Après avoir essuyé les coups, il avait aperçu sa mère derrière une porte. Leurs regards s'étaient croisés. Il avait eu envie qu'elle le serre dans ses bras, comme quand il était petit et que son père sortait de ses gonds, mais elle avait simplement regardé son visage meurtri et s'était contentée d'essuyer furtivement une larme sur sa joue, avant de disparaître silencieusement.
Le crâne rempli de souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres, Draco finit par s'assoupir d'un sommeil agité et empli de cauchemars.
~o~
Le lendemain matin, la famille Malfoy au grand complet était réunie (encore une fois) autour de la grande table en chêne pour le Petit-Déjeuner. C'était grossièrement le seul moment de la journée où Draco se retrouvait en compagnie de sa famille et il le redoutait tout particulièrement. Et lorsque son père se mit à lui demander si ça avançait avec Granger, Draco sentit venir une énorme migraine.
« Je n'y suis pas retourné pour l'instant », mentit-il en disparaissant derrière son bol. Il se pinça l'arête du nez et grimaça. La migraine s'intensifiait et il avait l'impression qu'on lui enfonçait un pic à glace dans l'orbite. Une demi-bouteille d'alcool pur, voilà ce qu'il lui fallait et pas ce fichu café au lait qu'on s'obstinait à lui servir.
« Pourquoi ? », demanda sèchement Lucius en fronçant les sourcils.
Mais Narcissa, qui avait remarqué la mine de déterré de son fils, ne lui laissa pas le temps de répondre. « Qu'y a-t-il, mon chéri, tu ne te sens pas bien ? »
Lucius leva les yeux au ciel mais son épouse l'ignora superbement.
« J'ai très mal à la tête », se plaignit Draco, ravi de pouvoir éluder la question de son paternel.
Narcissa se leva d'un bond et longea la table pour se poster aux côtés de Draco. Elle posa sa main fraîche sur le front de son fils et fronça les sourcils. « Non, tu n'as pas de fièvre … », marmonna-t-elle pour elle-même. « C'est sûrement juste une migraine, mais tu devrais remonter te coucher. »
Draco était sur le point de se lever pour filer mais son père ne semblait pas l'entendre de cette oreille. « Narcissa, tu le couves beaucoup trop. S'il veut devenir un homme, il ne peut pas aller s'allonger au moindre petit bobo. » Il se tourna ensuite vers son fils. « Je veux que tu descendes et que tu ailles tirer les vers du nez de cette sale gamine. Je veux savoir où se terrent ces rats de l'Ordre. Et vite. »
Draco s'apprêtait à protester mais la main de sa mère se posa sur sa tête et il la regarda. Elle lui souriait doucement puis se pencha à son oreille pour lui glisser quelques mots. Monte dans ta chambre, mon chéri. Draco ne se le fit pas dire deux fois et déguerpit. Il sortit de la pièce sous le regard mécontent de Lucius. Le sourire de Narcissa disparut et elle se rassit à table, droite comme un « i ». Son époux lui jeta un regard courroucé. Il s'apprêtait à parler quand sa femme se tourna vers lui et son regard de glace le transperça littéralement. Elle prit alors la parole, d'une voix lente et sinistre.
« Tu sembles toujours l'oublier », lâcha-t-elle sèchement.
« Quoi donc ? », grommela Lucius. Il détestait quand sa femme se rebellait. Heureusement que cela n'arrivait pas souvent.
« Que ce ne sont que des enfants », acheva-t-elle.
Il lui jeta un regard surpris et avant qu'il ait pu trouver quoi que ce soit à répondre, elle avait quitté la pièce.
~o~
Draco s'était dirigé vers la cuisine, où s'affairaient les elfes de maison et les regarda s'activer, comme dans une fourmilière géante, pendant quelques secondes. Il était venu ici car c'était le seul endroit où son père ne viendrait jamais. Et aussi pour trouver un peu d'alcool car la migraine était devenue intolérable. Sans prêter la moindre attention aux elfes, il se dirigea vers le placard où étaient rangés les spiritueux et l'ouvrit. Du vin, du vin, encore du vin. Il détestait le vin.
« Pas une seule bouteille potable, c'est quoi ce bordel ? », gronda-t-il en fouillant les autres placards.
Un petit elfe se posta derrière lui et d'un air apeuré, lui dit : « Madame Narcissa a donné des ordres, monsieur… », couina l'elfe, tandis que Draco se retournait vers lui, l'air menaçant.
« Des ordres ? », cracha-t-il.
L'elfe hocha la tête et fouilla dans le haillon qui lui servait de vêtement, pour en sortir un parchemin plié en quatre. Il le tendit à Draco. « Et Madame Narcissa a également demandé à Blinky de vous remettre ceci le jour où vous viendriez chercher de nouvelles bouteilles. »
Draco regarda l'elfe avec un mélange de rage et de stupeur. Il déplia le parchemin et reconnut l'écriture calligraphiée et soignée de sa mère.
Prends tes responsabilités.
Avec tout mon amour.
N.
Draco pinça les lèvres. Ainsi donc, sa mère, qui mettait toujours un point d'honneur à ignorer tout ce qui était dérangeant, avait remarqué son alcoolisation. C'était typique de Narcissa, glisser des petits mots plutôt que de dire les choses en face. Quant à Blinky, il semblait terrorisé à l'idée que Draco veuille se venger sur le messager.
« Blinky est désolé …m-monsieur. »
Draco hésita à employer la menace. Mais une partie de lui-même savait que sa mère avait raison. Il quitta donc la cuisine, avant de revenir sur ses pas pour prendre tout de même une bouteille de vin. Faute de grives, on mange des merles … Puis au lieu de monter dans sa chambre, il s'assura que le couloir était vide et descendit aux cachots.
Lorsqu'il entra dans la cellule d'Hermione avec sa bouteille de vin rouge, la jeune fille se demanda si elle ne venait pas de faire un bond dans la quatrième dimension.
« Je rêve, là, tu veux qu'on prenne l'apéro et qu'on joue aux cartes ? », railla-t-elle tandis qu'il s'asseyait en silence et débouchait la bouteille.
Il ne répondit pas et avala quelques gorgées, directement au goulot. Puis grimaça. Merlin, qu'est-ce qu'il pouvait détester le vin rouge. Comme il ne répondait pas, Hermione s'impatienta.
« Bon, si tu es venu me torturer, tu pourrais au moins le dire, histoire que je me prépare psychologiquement… »
Pour toute réponse, le blond s'envoya une nouvelle rasade. Puis esquissa encore une grimace. Hermione le remarqua.
« Si tu n'aimes pas le vin, pourquoi est-ce que t'en bois ? »
Draco poussa un soupir exaspéré. « Et toi, tu ne dis jamais rien d'intéressant et pourtant, ça ne t'empêche pas de l'ouvrir !? », répondit-il vertement.
Hermione ouvrit grand la bouche, outrée. « Quoi ? Mais c'est toi, qui viens dans MA cellule ! Pourquoi est-ce que tu viens me voir, si tu veux être seul ? »
Draco allait répondre mais il se retint. C'était vrai. Pourquoi était-il venu ici, d'abord ? Pourquoi n'était-il pas allé boire sa bouteille peinard dans sa chambre au lieu de passer son temps dans cette cellule froide et malodorante ? Il haussa les épaules. « Pour tout te dire, Granger … j'en sais foutre rien. »
Hermione écarquilla les yeux et hocha lentement la tête. « Oookééé », souffla-t-elle.
Draco se dit qu'elle devait le prendre pour un fou furieux. Il chassa cette pensée. Après tout, peu importait ce qu'une Sang-de-Bourbe pensait de lui. La voix de Granger le ramena à la réalité.
« Je peux en avoir un peu ? », demanda-t-elle doucement. « J'ai soif … »
Draco plissa les yeux et ricana. « Tu rêves, Granger ! » Il regarda l'étiquette sur la bouteille. « Un Margaux de 1989, c'est hors de question que tu en boives une seule goutte. »
« Tu ne l'apprécies même pas ! Tu grimaces à chaque gorgée ! », protesta Hermione.
« Peut-être. Mais j'aime assez l'idée de te narguer avec… », rétorqua le blond. Puis il réfléchit. « Ou alors, je t'en donne mais tu devras répondre à une question pour avoir une gorgée. »
Hermione haussa un sourcil. « Tout dépend de la question… Est-ce que ça concerne Harry, l'Ordre, nos actions ou quoi que ce soit en rapport avec notre lutte contre Voldemort ? »
Draco prit le temps d'y penser. « Non, enfin pas pour l'instant. »
Hermione hocha la tête. « Ok, mais détache-moi d'abord. »
Draco la regarda d'un air soupçonneux, puis haussa les épaules. Un coup de baguette plus tard, Hermione était libre et elle s'avança vers le Serpentard en se massant les poignets, endoloris par les cordages.
« Première question », dit-il gravement. « Qu'est-ce que ça fait de disparaître complètement de la vie de ses propres parents ? »
Hermione soupira. « Je préfèrerais qu'on ne parle plus de ça. »
« Ce n'est pas vraiment toi qui décides, Granger. Et j'ai envie de savoir. »
Ils s'affrontèrent un instant du regard. « C'est horrible », céda-t-elle après un silence. « Mais comme je te l'ai dit hier, c'était la seule solution. »
« Non », fit le blond en secouant la tête. « Tu aurais pu tout aussi bien partir avec eux et ne plus jamais revenir en Angleterre. »
Hermione eut un petit rire. « Je ne suis pas comme toi, Malfoy. Je ne me contente pas de regarder les autres se battre. MOI je me bats pour que les sorciers nés de parents moldus puissent vivre parmi les autres sans jamais se soucier d'être insultés, battus ou humiliés. Par des gens comme toi. »
Draco fronça les sourcils. « Même si ça devait te coûter la vie ? »
« Même si ça devait me coûter la vie », répéta Hermione en hochant la tête. Puis elle tendit la main. « Bouteille. »
Draco esquissa un rictus narquois et la lui tendit. Elle prit une longue gorgée, mais alors que le Serpentard tendait la main pour la reprendre, elle recula. « Une question, une gorgée, Malfoy. Tu as posé deux questions. J'ai droit à deux gorgées. »
Le jeune homme roula des yeux. « Toi et ta vénération du détail… »
Elle but encore un peu et le regarda. « Pourquoi tu ne pars pas, Malfoy ? »
« J'ai jamais dit que tu pouvais poser des questions … », protesta l'interpellé en tendant le bras vers sa bouteille.
« Au diable ton petit quiz à la con, Malfoy. Je brûle de te demander ça depuis bien trop longtemps. »
Malfoy laissa retomber son bras. « Pour aller où ? », cracha-t-il. « Tous les gens que je connais sont à la solde du Seigneur des Ténèbres. Et quand bien même je me sauverais, j'en sais beaucoup trop pour qu'on me laisse tranquille. Ils finiront par m'avoir. Et alors je mourrai. »
Hermione le regarda longuement. « Nous, on pourrait te protéger… »
Draco éclata d'un rire froid. « Oh oui, je me vois déjà débarquer devant Saint-Potter : salut vieux, je sais qu'on a jamais pu s'encadrer mais j'ai besoin de toi pour me sauver la vie … Tu débloques, Granger. »
Hermione pensa un instant à Rogue. Si seulement elle pouvait lui parler de Malfoy et de sa situation. Avec sa grande expérience d'espion, il pourrait peut-être le convaincre de trahir Voldemort et d'œuvrer pour le compte de l'Ordre. Mais il était hors de question de parler de Rogue à Malfoy, tant qu'elle n'était pas sûre de sa sincérité. Après tout, il pouvait très bien faire semblant d'être dépressif pour l'attendrir. Et elle ne voulait pas risquer de faire foirer la couverture du maître des Potions. Mieux valait attendre encore.
Une porte claqua dans le couloir et ils sursautèrent tous les deux. Quelqu'un arrivait. D'un geste précipité, Malfoy fit signe à Hermione de se rasseoir et lança un sort pour la ligoter. Puis il dissimula sa bouteille de vin dans un coin sombre et se posta près de la porte pour observer les nouveaux arrivants. Quatre Mangemorts approchaient, tirant quatre chaînes noires, au bout desquelles était ligoté un prisonnier. Alors qu'ils passaient, Draco vit qu'il s'agissait en réalité d'une prisonnière. Une prisonnière sale, échevelée, blafarde et qui semblait ne savoir que grogner. Draco n'en crut pas ses yeux quand il reconnut la fille qui avait fait la une de la Gazette quelques jours plus tôt. C'était la sœur jumelle de Blaise Zabini.
Derrière lui, Granger se mit à chuchoter. « Qu'est-ce qui se passe, Malfoy ? » mais il la fit taire d'un geste. Il regarda la fille se laisser traîner jusqu'à une cellule voisine et les Mangemorts l'y firent entrer à coups de pieds. Sans le voir, Draco entendit le corps mou de la jeune Zabini heurter le sol. Les Mangemorts ricanèrent et firent un commentaire gras sur ce qu'ils feraient bien subir à des filles sauvages comme elle. Draco se plaqua contre le mur lorsqu'ils repassèrent devant la cellule d'Hermione. C'était inutile, après tout il avait tout à fait le droit d'être ici, mais pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, cela avait été un geste réflexe, presque un instinct de survie. Il regarda par la petite grille de la porte les Mangemorts quitter le couloir et lorsqu'ils eurent disparut, il s'autorisa enfin à respirer.
Sur sa chaise, Granger s'impatientait. « Tu vas me dire ce qu'il se passe, oui ou non ? »
« Je ne sais pas … », fit Malfoy d'un air absent en fixant le fond du couloir. Pourquoi avaient-ils enfermé la sœur de Blaise ici ? Elle ne représentait aucun intérêt politique, elle ne savait sûrement rien du monde extérieur donc ce n'était certainement pas pour l'interroger. A quoi pourrait-elle bien leur servir ?
« Tu ne sais pas si tu vas me le dire ou tu ne sais pas ce qu'il se passe ? », s'énerva la Gryffondor en tirant sur ses liens. Draco sortit de ses pensées et la regarda d'un air moqueur.
« Un peu des deux, Granger. »
Hermione le fixa et soupira. Qu'est-ce qu'il pouvait bien l'énerver avec son regard suffisant et supérieur.
« Ils viennent d'amener la jumelle de Blaise », répondit-il simplement.
Hermione le regarda, interloquée. « Zabini a une sœur jumelle ? Depuis quand ? »
Draco roula des yeux. « Bah a priori depuis sa naissance, petit génie … »
La Gryffondor poussa un grognement d'exaspération. « Tu sais très bien ce que je veux dire, imbécile. »
« Bla bla bla, Granger », la coupa-t-il grossièrement. « Pour répondre à ta question, il paraît qu'ils l'ont enfermée dans leur cave depuis qu'elle est née parce que c'est une Cracmol… »
Hermione roula des yeux. « Ma parole, c'est une manie de cacher les gens au sous-sol, par chez vous… »
Le blond la fusilla du regard. « Tu te crois en position de faire de l'humour, Sang-de-Bourbe ? », cracha-t-il, piqué au vif.
« Bof, tu sais, au point où j'en suis … », marmonna Hermione avant de se taire malgré tout, un peu effrayée. En silence, elle regarda Malfoy ramasser sa bouteille et déverrouiller la porte.
« Où tu vas ? », demanda-t-elle, ennuyée à l'idée de se retrouver à nouveau seule pour de longues et interminables heures.
« Je voudrais en savoir plus sur … » Il se figea et se retourna vers elle avec une grimace. « Mais d'ailleurs pourquoi je te réponds, Granger ? Mes allées et venues ne te concernent pas. Bonne journée. » Et il claqua la porte. Hermione soupira. Un lunatique de première, ce type, pensa-t-elle.
Draco remonta à la surface et se précipita dans le hall. Il n'y avait plus personne. Il s'était attendu à trouver du monde. D'autres prisonniers, peut-être, ou encore la famille Zabini, mais l'entrée était vide. Il pinça les lèvres. Quelque chose ne tournait pas rond. Il remonta silencieusement dans sa chambre et quelle ne fut pas sa surprise de trouver Blaise, assis en tailleur sur son lit.
Celui-ci leva la tête en voyant son ami et son regard fit frémir le jeune Malfoy. Blaise avait toujours eu une petite flamme dans les pupilles, un éclair joyeux même dans les situations les plus critiques. Mais cette flamme avait disparu. Blaise Zabini n'était plus que l'ombre de lui-même.
« Salut… », souffla Draco, incapable de trouver mieux. Il referma la porte derrière lui et s'approcha de son meilleur ami avec prudence.
« Ta mère m'a dit que tu étais couché. Mais je suis monté et tu n'étais pas là … », fit l'Italien doucement. « Tu étais où ? »
Draco ouvrit la bouche mais ne sut quoi répondre. Alors il leva le bras, qui tenait la bouteille de vin récupérée avant de partir et esquissa un rictus. « Le stock était vide … », déclara-t-il comme si cela suffisait à tout expliquer. Blaise hocha la tête et tendit le bras. Draco lui passa la bouteille, décidant de ne pas préciser que Granger venait de boire dedans. Zabini y but goulûment, puis déclara la mine sombre. « Délicieux. J'espère que tes parents en serviront d'aussi bons ce soir. »
Draco fronça les sourcils. « Comment ça ? »
Blaise le regarda comme s'il venait de débarquer de Mars. « Ce soir. Chez toi. Gala du nouveau Ministère. Beaucoup d'alcool. »
Halleluiah !
« Génial, on va encore pouvoir s'empiffrer pendant que des gens, ta sœur incluse, crèvent de faim sous nos pieds. J'ai hâte d'y être », grommela le blond.
Blaise fronça les sourcils. « Comment tu as pu la voir si tu étais aux cuisines ? »
Draco se figea. « Je … je les ai croisés, en revenant … »
« Pas besoin de passer par l'entrée pour aller des cuisines à ta chambre, tu devrais le savoir, c'est TON manoir … », fit Blaise en buvant une autre gorgée de vin.
Draco pinça les lèvres et lui jeta un regard gêné. « Disons que … »
Blaise sourit faiblement. « Tu sais bien que je te couvrirai jusqu'à la mort, mon frère. Allez dis-moi … t'étais avec Granger ? »
Le blond lui jeta un regard surpris.
« J'ai croisé Théo hier sur le Chemin de Traverse. Il m'a dit que tu voulais devenir le 'Dieu' de Granger ou je ne sais quoi … ça m'a fait marrer… », plaisanta Blaise en lui repassant la bouteille de vin.
Draco la prit mais l'image de Granger en train de boire dedans lui revint et il la posa prudemment par terre sans y toucher.
« Théodore dit n'importe quoi … », bougonna Malfoy.
« Il dit aussi que tu la protèges, c'est n'importe quoi également ? »
Draco se figea. Il avait donc vu juste : Théodore le soupçonnait. Blaise sentit le malaise de son ami et comprit que la discussion devenait dangereuse. Ils étaient en terrain miné. Pour n'importe qui d'autre, ce genre de conversation était sans conséquence, mais pour eux, fils de Mangemorts, le danger de ces mots était trop réel. Blaise décida alors de se lancer. De dire quelque chose qu'il avait toujours eu envie de dire mais jamais pu.
« Très franchement, Draco. Si tu me disais là, maintenant, tout de suite, que tu essaies de protéger Granger, ou de jouer les agents doubles pour ceux d'en face ou juste de t'opposer au Seigneur des Ténèbres parce que tu en as assez de toutes ces conneries … je te dirai : fonce, mec, je suis avec toi. »
Draco cessa de respirer et les deux garçons se regardèrent un instant en silence, le cœur battant. Le blond n'arrivait pas à croire que son meilleur ami venait de prononcer ces mots. Des mots interdits. Des mots qui, s'ils étaient entendus par qui que ce soit d'autre, pouvaient entraîner leur mort à tous les deux. Des mots de traîtres.
« Qu'est-ce qui nous prend, putain », souffla Draco, terrorisé.
« C'est officiel, on est bons à enfermer », marmonna Blaise d'une voix à peine audible.
~o~
Le soir venu, Draco et Blaise durent s'acquitter de leur devoir : saluer et dire quelques mots hypocrites aux grands hommes du nouveau Ministère venus profiter de l'hospitalité des Malfoy. Une fois la corvée effectuée, les deux garçons retrouvèrent Théodore dans le jardin, qui tirait sur une cigarette. Lorsqu'il vit ses deux amis arriver, il en sortit deux de plus de son paquet et les leur tendit.
« Super soirée », fit narquoisement Théodore à l'attention de Draco.
« M'en parle pas », répondit le blond avec amertume. « J'ai dû cirer les bottes d'au moins quatre-vingt connards en costume. Je déteste ça. »
Blaise s'esclaffa, imité par Théo. Ce-dernier se retourna brièvement en direction de la maison. « J'ai vu Pansy et Millicent, tout à l'heure. Pansy te cherchait », fit-il nonchalamment.
« Pitié », gémit Draco, « j'espère que tu lui as dit que j'étais mort ou en vacances à Djakarta ? »
Théodore gloussa. « Non. Je lui ai dit que tu préférais les rats de bibliothèque attachés à des chaises. »
Draco le fusilla du regard. « T'es pas sérieux ? »
Théo haussa les épaules. « Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. »
Blaise esquissa un sourire moqueur. Pansy était le pire pot de colle qu'il n'ait jamais connu et il remerciait chaque jour le ciel qu'elle ait jeté son dévolu sur Draco plutôt que sur lui. Il ne l'aurait jamais supportée.
« Dracoooo ? », fit une voix aiguë depuis l'intérieur de la maison. Horrifiés, ils reconnurent les couinements ridicules de Pansy Parkinson. Par réflexe, les trois garçons plongèrent derrière une haie de buis et s'éloignèrent en rampant dans la nuit noire, jusqu'à gagner les grilles qui délimitaient la propriété des Malfoy.
Hilares et couverts d'herbe fraîche, ils finirent par se laisser tomber dans un tapis de verdure, bien dissimulés derrière un muret et reprirent leur souffle.
« Par Merlin, quelle plaie cette fille », ricana Théodore en jeta un coup d'œil par-dessus le muret pour s'assurer que Pansy ne les avait pas suivis.
Ils éclatèrent à nouveau de rire, puis le silence retomba. Blaise, allongé dans le gazon humide de rosée, se laissa aller à observer les étoiles. Tout était si calme ce soir, si tranquille.
« Si seulement, toute la vie pouvait être comme ce moment », murmura Blaise en respirant l'odeur de la terre mouillée.
Les deux autres le regardèrent, toute joie subitement envolée.
« Comment ça ? », fit Draco, même s'il voyait déjà ce que son ami voulait dire.
« Rire, se moquer des filles, faire les cons … comme des millions d'autres ados sur cette planète … oublier la guerre, les morts, toutes ces conneries. Juste … être des enfants. »
Draco baissa la tête et ne répondit pas. Théo se tourna vers Blaise, son visage arborant une expression sincèrement navrée.
« Je suis désolé pour toi Blaise … cette histoire de sœur Cracmol … ça craint, vraiment. »
Blaise renifla dans l'obscurité. « Merci, vieux. »
Le silence retomba sur le trio. Draco leva le nez vers le ciel et profita lui aussi du calme et de la quiétude de la nuit. Après quelques minutes, Théodore se frappa la cuisse, faisant sursauter les deux autres.
« Bon, qui est prêt à risquer sa vie pour braver Pansy et aller chercher de quoi boire à l'intérieur ? »
Blaise et Draco ricanèrent. « Pas moi », s'esclaffa Draco. « Même pas pour la meilleure bouteille du monde. »
« Vas-y toi », fit Blaise à Théodore. « Tu l'as vue tout à l'heure et tu as survécu. J'estime donc que tu es le plus fort d'entre nous. Nous, on reste là et on te soutient moralement. »
Théodore se leva en soupirant et s'éloigna.
« Tu lui fais confiance ? », souffla Blaise en regardant leur ami s'éloigner.
Draco le regarda. « Non. Il aime trop ça. »
Blaise fronça les sourcils. « Ca, quoi ? »
Draco haussa les épaules. « Tu l'aurais vu le jour où Granger a débarqué, on aurait dit que c'était Noël en avance. Il semblait à deux doigts de … » Il baissa les yeux. « Bref, il est comme tous les autres. Il aime … dominer. »
« Toi aussi », fit remarquer Blaise. « A Poudlard, tu étais sans arrêt en train de rabâcher à Granger qu'elle n'était qu'une Sang-de-Bourbe, que les Sangs Purs sont les maîtres du monde, bla bla bla… »
Draco lui jeta une motte de terre et Blaise protesta en riant.
« C'est pas pareil. J'ai jamais eu envie de vraiment lui arracher les yeux ou de la frapper ou … » Draco s'arrêta devant le regard inquisiteur de Blaise. « Bon, ok, j'en ai eu envie mais de là, à le faire vraiment… non. Mais lui… », il désigna du doigt la direction dans laquelle était parti Théodore. « Lui, il a même insinué qu'il la violerait s'il le pouvait … »
Blaise esquissa un sourire étrange. « Et alors ? »
« Quoi et alors ? », s'exclama Draco. « Mais enfin, c'est inhumain, c'est … »
« C'est ce qui arrive à de nombreuses femmes prisonnières de tes cachots », acheva Blaise, son sourire indéfinissable toujours sur les lèvres. « La question est : pourquoi ça te dérange autant que Granger y passe alors que tu n'as jamais levé le petit doigt pour aucune autre ? »
Draco ouvrit grand la bouche. « Mais … mais … j'en sais rien ! Parce que … parce que … »
Le sourire de Blaise s'agrandissait.
« Mais arrête de sourire comme ça, t'as l'air d'un gros naze », aboya Draco en faisant mine de lui jeter une autre motte de terre. « Qu'est-ce que tu insinues, au juste ? »
« Moi ? Rien ! », se défendit Zabini en levant les mains vers le ciel.
« Ce que tu peux être con, quand tu t'y mets », gronda Malfoy en prenant un air buté. « Granger ne mérite pas ça, c'est tout. Ok elle est exaspérante et pédante et prétentieuse mais si on devait violer tous les gens de la planète qui correspondent à ces critères, le monde entier ne serait qu'une immense et monstrueuse partouze. »
Blaise hochait la tête, sans rien dire.
« Et c'est moi qu'on a chargé de s'occuper d'elle. Pour les autres, j'étais tranquillement dans ma chambre, je pouvais les ignorer. Mais plus maintenant. »
« Je te signale que c'est toi qui te justifies non-stop depuis cinq minutes », ironisa Blaise, « moi j'ai arrêté de parler… »
Draco referma la bouche et lui jeta un regard mauvais. L'Italien sourit.
« Tu fais chier, Zabini », maugréa le blond.
« Moi aussi je t'aime, Malfoy », rétorqua l'autre sans cesser de sourire. Puis il regarda en direction de la maison. « Théo revient », constata-t-il. Puis il baissa d'un ton : « ne t'en fais pas, Draco, on va la sortir de là ta lionne. »
« CE N'EST PAS MA-, hurla Draco avant de se souvenir que Théodore approchait.
« Ce n'est pas ta quoi ? », demanda celui-ci en posant deux bouteilles de champagne entre eux.
Draco ne sachant que répondre, Blaise vola à son secours. « Draco disait que ce n'était pas de sa faute si Pansy nous harcèle sans arrêt. Tu l'as vue, d'ailleurs ? »
Draco adressa un regard reconnaissant à Blaise pour ce sauvetage in extremis et l'autre lui adressa un clin d'œil.
« Aperçue », répondit Théo en faisant sauter le bouchon, qui se perdit dans les hautes herbes. « Elle errait comme une âme en peine entre le salon et ta chambre. »
Draco grimaça. Têtue comme elle était, elle ferait sûrement le pied de grue devant sa porte même une fois tous les invités partis. Il décida donc de se préparer psychologiquement … à grands coups de bulles.
~o~
Lorsque Draco reprit enfin connaissance, il gisait tout habillé sur son lit, à plat ventre. Comment était-il arrivé là, comment avait-il eu la force de monter jusqu'à sa chambre, il n'en avait pas la moindre idée. Il se retourna et son pied heurta quelque chose de mou et de chaud.
Oh non, pitié, pas Pansy, pas Pansy !
Il ouvrit un œil et regarda en direction du truc mou et chaud, qui était en fait la bouche de Blaise. Le garçon était étendu en travers du lit, les jambes pendant à l'extérieur du matelas, dans une position bizarre. Draco se redressa et vit que Théo dormait, lui, entièrement à terre et s'employait avec application à couvrir de bave le tapis persan. Draco grogna en avisant l'heure tardive sur le réveil de sa table de nuit. Il se leva doucement pour ne pas réveiller ses amis et descendit dans la salle à manger. Sa mère était seule et l'attendait avec un air pincé qui lui évoqua McGonagall dans ses mauvais jours.
« Bonjour mon chéri, comment va ta grosse migraine ? », demanda-t-elle d'un ton cassant en lui faisant signe de s'asseoir. Draco soupira intérieurement.
« Mieux, mieux … » bougonna-t-il en prenant place.
« Hmm, c'est étonnant… », fit Narcissa en beurrant un toast d'un air mécontent. « Avec tout ce que vous vous êtes envoyés à la soirée, tes copains et toi … »
Draco commença à se demander si Théo, Blaise et lui n'avaient pas fait quelque chose de stupide sous l'influence de l'alcool. « Ouais … je sais pas … » marmonna Draco, la tête dans le gaz.
« La pauvre Pansy te cherchait partout … », reprit Narcissa, d'un ton plus doux mais moqueur. « Elle avait mis une robe très … », elle chercha ses mots, « très … audacieuse, rien que pour toi. »
Dans la bouche de Narcissa, un choix vestimentaire audacieux signifiait « vulgaire et provoquant ». Draco grimaça à cette idée.
« Mère, si votre objectif est de me faire vomir, je peux vous assurer que c'est en bonne voie », geignit Draco en se tenant le ventre.
Narcissa mit une main devant sa bouche et émit un petit rire discret. « Enfin, Draco, ce n'est pas des manières, à table. Mais la prochaine fois que tu verras Pansy, prie-la s'il te plaît d'enfiler quelque chose qui cache au moins un pourcentage moins négligeable de sa poitrine. Nous sommes dans une maison respectable, ici… »
Draco et sa mère échangèrent un sourire complice. Il avança la main pour saisir un toast quand sa mère reprit la parole d'un air détaché.
« Oh, au fait. Ton père m'a chargée de te dire que comme tu n'étais pas en état, il se chargerait de l'interrogatoire de ce matin … »
Draco se raidit et le toast dans sa main retomba mollement sur la table. Il regarda sa mère, soudain tétanisé, et vit qu'elle le regardait étrangement. Il se leva, renversant sa chaise et se précipita vers la sortie.
« DRACO ! », aboya Narcissa avant qu'il n'ait eu le temps de saisir la poignée. Le jeune homme se retourna. Il comprit au regard qu'elle lui lançait, que Narcissa Black venait encore de lui donner une de ces leçons dont elle seule avait le secret. « Si tu ne veux pas que d'autres personnes fassent ton travail à ta place, arrange-toi pour être toujours en état de t'acquitter de tes tâches. Maintenant, cours si tu veux épargner cette fille. »
Draco écarquilla les yeux, interdit. Mais il ne réfléchit pas une seconde de plus et dévala les escaliers qui menaient aux cachots.
En bas, les bruits de coups qui lui parvinrent de différentes cellules firent remonter le champagne de la veille dans sa gorge. Il se précipita sur la porte de la cellule de Granger et l'ouvrit. Son père était à l'intérieur, les poings et la chemise couverts de sang, un petit couteau tranchant à la main. Sur sa chaise, Granger pleurait. De nouveaux hématomes couvraient son visage, mais surtout, de petits filets de sang couraient depuis les accoudoirs de la chaise pour former des petites flaques sur le sol.
Lucius Malfoy se retourna en entendant la porte s'ouvrir et sourit en voyant son fils, toujours dans ses vêtements de la veille et les cheveux en bataille. « Ah, Draco, déjà debout ? Très franchement, après la soirée que vous avez passée, tous les trois, je ne m'attendais pas à te voir sortir du coma avant ce soir … »
« Qu'est-ce que tu fais ? », gronda Draco en plissant les yeux.
Son père ne sembla pas apprécier le tutoiement. « Je fais mon travail … », le réprimanda-t-il. « Ou plutôt, non, ton travail. Pendant que tu étais en train de cuver, je me suis dit que j'allais faire avancer les choses, vu ton manque de résultats. »
« C'est à MOI de le faire ! », aboya Draco en pointant son index sur son propre torse. « A MOI SEUL ! »
« Alors fais-le ! », s'exclama Lucius en secouant son fils comme un prunier. « Si je suis là ce matin, c'est pour toi ! Pour recueillir des informations et satisfaire le Seigneur des Ténèbres car la dernière chose dont j'ai envie c'est que le Maître considère mon fils unique comme un incapable. »
Draco serra les poings. « Croyez-moi père, lorsque j'arriverai au bout de mes objectifs, personne et surtout pas le Seigneur des Ténèbres, ne me considèrera comme un incapable », siffla-t-il en regardant son père droit dans les yeux.
Lucius le regarda, stupéfait. Ce qu'il venait de voir dans les yeux de son fils ne présageait rien de bon. Sans un mot de plus, il saisit une serviette qui traînait sur la table, s'essuya les mains et quitta la cellule, qu'il referma derrière lui avec colère.
Draco resta immobile un moment, tentant de calmer les battements de son cœur et la rage qui faisait bouillonner son sang dans ses veines. Un sanglot de Granger le ramena à la réalité. Il s'approcha doucement d'elle et chercha d'où venaient les filets de sang.
« Qu'est-ce qu'il t'a fait, Granger ? », gronda-t-il, la voix toujours déformée par la colère.
Hermione renifla et continua de sangloter. Draco la saisit brusquement par les épaules et la secoua. Elle poussa un cri de terreur. « Réponds-moi, Granger, qu'est-ce qu'il t'a fait ? »
Elle leva les yeux vers lui, tremblante. « Mes mains… », gémit-elle d'une voix faible. « Il a enfoncé … son couteau sous mes ongles. »
Draco s'accroupit et prit l'une des mains de Granger dans la sienne pour constater l'étendue des dégâts. Certains ongles étaient soulevés et avaient pris une vilaine couleur pourpre ou noire. Lorsqu'il effleura l'un d'entre eux, Granger poussa un couinement de douleur et se remit à sangloter de plus belle.
« Tu as parlé ? », fit doucement Draco, persuadé qu'elle allait répondre par l'affirmative. Mais elle secoua la tête.
« Non. Jamais je ne baisserai les bras devant un Mangemort, je te l'ai déjà dit Malfoy… », fit-elle d'une petite voix plaintive. Mais cette fois-ci, sa phrase sonnait faux.
Draco sortit sa baguette et Hermione sursauta. « C'est bon, Granger, du calme. Je vais atténuer la douleur. Mais tu comprends que je ne peux pas te guérir, pas vrai ? … Je peux juste faire quelque chose pour la douleur, temporairement… Mais tu dois garder les marques, sinon on me soupçonnera. »
Hermione hocha la tête et soupira de soulagement lorsqu'il lança un sort et que ses doigts cessèrent de la faire souffrir.
« Merci … Merci, Malfoy », souffla-t-elle en reniflant.
Draco ne répondit pas. Il se sentait mal à l'aise d'être remercié par Granger. Cela ne lui ressemblait pas et elle valait mieux que ça. C'était plutôt lui qui aurait dû la remercier de ne pas l'avoir balancé à son père ou à un autre Mangemort.
Il soupira. Et soudain, la soirée de la veille, les rires de ses amis et la douceur de la nuit étoilée lui parurent très loin. Beaucoup trop loin.
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui ! Alors qu'avez-vous pensé de Narcissa ? J'ai envie qu'elle devienne un personnage plus complexe, plus j'écris sur elle et plus je l'aime. Elle est mystérieuse à souhait vous ne trouvez pas ? Et Blaise, j'espère qu'il vous plaît aussi, car il va s'avérer un allié très précieux pour Draco … A vos reviews et à bientôt !
Xérès !
