Bonjour à tous, et voilà le quatrième chapitre ! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire celui-ci car nos héros s'y dévoilent d'avantage, et leurs motivations se font plus claires. Mello prend réellement conscience de son obsession pour Near, mais il a beaucoup de mal à la digérer, d'autant plus qu'il est persuadé que son rival le manipule afin de gagner la partie. Quant à Near… c'est ce chapitre qui vous dévoilera ses pensées véritables, et la raison pour laquelle il accepté ce jeu étrange.


Je suis désolé, Matt, j'aurais pas dû te parler comme ça. Je suis vraiment sur les nerfs en ce moment. Tout ça, c'est de la faute de Near…

Mais merde, Mello, pourquoi tes pensées finissent toujours par dériver vers lui ? Near, Near, toujours Near… qu'est ce qu'il m'a fait ? Quand est-ce que ça a commencé ? Comment est-ce que j'ai basculé ? Je n'ai rien vu venir. Je croyais avoir le contrôle, mais quand j'y pense, je n'ai jamais rien maîtrisé en ce qui le concerne. Ni ma réussite, ni ma colère, ni ma haine. Et voici que désormais je ne contrôle plus mes pensées. Je ne contrôle plus… mes désirs. Mon désir de lui. De le voir, de l'approcher, de lui parler, de le toucher. De le faire souffrir parfois. De le faire payer.

Il est tard. Il faut que je dorme. Demain une rude journée nous attend, il faut que je sois d'attaque. Hors de question que je le laisse prendre de l'avance.

Et il faut que je me montre sous un meilleur jour à mes amis. Je les ai négligés ces derniers temps, et je dois me faire pardonner auprès de Matt. Il ne méritait pas ça.

Enfoiré ! Voilà que je n'arrive plus à dormir désormais ! Et c'est entièrement de ta faute ! Tu m'as retourné la tête, tu t'es infusé dans chacune de mes pensées j'ai l'impression d'avoir l'estomac en charpie.

J'ai envie de te voir. J'ai tellement envie de te voir que j'en chialerais tellement ça fait mal.

On frappa à la porte.

C'est pas le moment Matt !

Il se leva en soupirant et alla ouvrir. Son cœur sauta dans sa poitrine lorsqu'il reconnu la pâle silhouette qui se tenait, immobile, sur le seuil.

« Near ! Bon sang, qu'est-ce que tu fous là ? Le couvre-feu a déjà été annoncé il y a plus d'une heure !

—Je voulais te demander quelque-chose.

— Tu te fous de moi ou quoi ? Je croyais que depuis le temps, tu avais compris que je n'étais pas ton pote! Vas donc trouver ta Linda chérie, je suis sûre qu'elle sera ravie de partager les derniers potins avec toi !

— Même si j'en avais, ce n'est pas un ami qui pourrait me donner la réponse que j'attends. Il n'y a que toi qui puisses le faire. Seulement toi. »

A l'idée d'être considéré aux yeux du garçon comme l'unique solution à un problème, quel qu'il soit, une joie ineffable vint gonfler la poitrine de Mello.

« Qu'est ce que tu veux me demander ?

— Pas ici…

— Tu as conscience que si quelqu'un te trouve dans ma chambre à cette heure-ci, on recevra la punition du siècle, n'est-ce pas ?

— Oui.

— Et tu t'en moques ?

— Oui. »

Mello n'en revenait pas. Near n'avait pas le goût du risque, il n'avait jamais été d'un tempérament aventureux. Quelle question pouvait le torturer au point de ne pas pouvoir attendre le lendemain matin ?

« Ok. Rentre. Attends ! Ecoute-moi ! C'est seulement pour quelques minutes. Ensuite tu retournes dare-dare dans ta chambre. Satisfaire ta curiosité et répondre à tes questions métaphysiques ne valent pas de prendre le risque d'une retenue, ok ?

— D'accord. Je repartirai dès que tu voudras »

Mello retint son souffle lorsque Near passa près de lui. Depuis quand la simple proximité du garçon lui faisait bouillir les sangs et éveillait en lui un sentiment sauvage autre que la haine ou la colère ?

Toutes mes émotions le concernant ont toujours été extrêmes. Il n'y a que lui qui soit capable d'éveiller en moi des sensations aussi vives, aussi incontrôlables. C'est exactement la raison pour laquelle je ne le supporte pas. Il me pousse dans mes derniers retranchements, me fait perdre toute maîtrise.

« Bon, je t'écoute. Qu'est-ce qu'il y a ?

— Je n'arrive pas à dormir. »

Putain, il se fout encore de ma gueule ?

« Je vois. Attends voir. Tu as essayé de compter les moutons ? D'appeler le marchand de sable à l'aide ?

— Ne te moque pas de moi, Mello.

— Non mais sérieusement, Near ! Qu'est ce que tu veux que j'y fasse ? Que je te chante une berceuse ? Je ne suis pas ta baby-sitter !

— Tu pourrais peut-être… me faire une avance ?

— Une avance ? Une avance sur quoi ? »

Il détourne les yeux. Depuis quand tu as peur de me regarder ? Ne me dis pas que…

Il releva les yeux et les plongea, inexpressifs, dans ceux de Mello.

« Une avance sur mon baiser de dimanche. »

Le cœur de Mello fit un tel bond dans sa poitrine qu'il cru un instant qu'il allait s'arrêter net.

Allez, dis quelque-chose Mello, marre-toi, fous-toi de lui, ne montre pas à quel point tu es troublé. A quel point tu en meurs d'envie. Cet enfoiré est certainement en train de t'éprouver. Pour lui, le jeu n'est pas terminé. Et si je l'embrasse ce soir, c'en est fini de toutes mes belles résolutions. Je ne pourrais plus jamais me contrôler face à lui. Je lui appartiendrai définitivement. Entièrement. Non ! Pas question ! Tu ne gagneras pas, Near ! Pas cette fois !

« Allons Blanche-Neige, depuis quand un baiser plonge son destinataire dans le sommeil ? Il me semblait que cela produisait l'effet inverse en général. Alors petit génie, à force de lire du Proust tu en oublies tes classiques ?

— Depuis que le désir d'être embrassé empêche quelqu'un de trouver le sommeil. Combien de barres de chocolat pour un baiser en avance ? »

Je vais devenir dingue. Je vais devenir dingue. Je vais devenir dingue.

La colère crispa les traits de l'adolescent qui serra les poings à s'en blesser les phalanges. Son ton se fit menaçant.

« Tu me prends pour qui, Near ? Je ne suis pas ta pute ! Les règles du jeu sont claires : un carré de chocolat : un baiser. On ne se touche qu'avec les lèvres, les mains restent derrière le dos. Cet échange a lieu le dimanche. Celui qui gagne sera celui qui atteindra le but qu'il s'est fixé. Aucun de nous deux ne connaît le but secret de l'autre. Point barre.

— J'ai déjà gagné, Mello.

— Quoi ? Tu gagnes toujours, c'est ça, hein ? Tu te crois donc tellement supérieur qu'il ne t'est pas possible de seulement envisager une défaite !

— Non, tu te trompes. Mon but caché était de recevoir un baiser de toi. Je l'ai obtenu dimanche dernier.

— Tu… putain… et merde ! »

Mello se retourna et donna un grand coup de pied dans son bureau. Quelqu'un entendrait peut-être quelqu'un avait sans doute entendu le brouhaha de leur conversation dont le ton s'élevait dangereusement, le bruit mat de son pied venant percuter le meuble de bois. Il s'en moquait. Il avait perdu. Pire encore, le jeu était fini. Il n'y aurait plus de chocolat à échanger, de baisers cachés dans la fièvre du soir. Le jeu était fini, et ce n'était pas lui qui en avait écrit la conclusion.

Near ne mentait pas, les règles stipulaient que la partie prenait fin lorsque le gagnant, une fois son but secret atteint, révélait ce dernier. Celui qui mentait sur son but était irrémédiablement déclaré perdant. Qu'est-ce qui lui avait pris de répondre à son baiser ?

Mello posa les deux mains sur son bureau, sur lequel il se courba, un poids énorme sur les épaules. Il ne voulait pas regarder celui qui venait, une fois de plus, de l'humilier. Il reprit, d'un ton qu'il essaya de rendre le plus neutre possible :

« Tu peux le prouver ? Tu as le papier scellé sur toi ?

— Oui.

— Attends deux secondes… pourquoi tu ne me l'as pas dit dimanche ? »

Mello releva la tête et plongea des yeux intrigués dans le regard fuyant du jeune garçon.

« Je… je ne voulais pas que le jeu prenne fin.

— Pourquoi ?

— …

— Pourquoi !?

— Tu sais Mello… c'est seulement à tes yeux que ceci était un jeu. Je ne jouais pas.

— C'est ça… tu t'es bien marré tout le long pourtant, et tu ne t'es pas privé de m'annoncer ta victoire il y a une minute. Pas un jeu… mon cul, oui ! Arrête de me prendre pour un imbécile !

— Je te l'ai dit parce que… parce que je voulais que ce jeu stupide s'arrête !

— Je croyais que tu ne voulais pas que le jeu prenne fin ! Tu t'embrouilles, Near ! Il faudrait savoir ce que tu dis ! A quoi ça te sert d'avoir un QI de dingue si c'est pour ne pas te servir de ta tête ?

— Je ne voulais pas que cela continue dans ces conditions. Avec toi, se jouant de moi.

— Me jouant de toi ? Parle pour toi ! Qu'est ce que tu essaies de faire en ce moment même, à essayer de m'embrouiller ? Tu te fous de ma gueule depuis le début, Near. Et tu te crois bien trop malin, mais je ne suis pas dupe. Je t'écoute alors, qu'elles sont ces nouvelles conditions que tu proposes ? Si je me souviens bien, tu es entré ici ce soir pour me proposer une avance sur un baiser ! Laisse-moi rire !

— Je n'ai pas de nouvelles conditions à proposer. Tout ce que je sais c'est que je ne veux plus de tes jeux. Mais je désire toujours que… que tu me regardes, que tu… m'embrasses comme tu m'as embrassé dimanche. Et si je dois encore te donner mon chocolat pour cela, je le ferai.

— Putain Near, tu veux que je te dise ? J'en ai rien à foutre de ton chocolat ! Je n'aimais même pas le chocolat avant qu'on se lance là-dedans ! Il se trouve que le jour où tout a commencé, c'est une barre de chocolat que tu tenais dans la main. Mais si ça avait été une pomme, ou peu importe, cela aurait été exactement la même chose : je te l'aurais piquée, tu te serais rebellé pour la première fois de ta vie, et tout aurait commencé de la même manière.

— Tu sais, moi non plus je n'apprécie pas vraiment le chocolat. Il n'y a que sur tes lèvres que j'aime sa saveur.

— Ça suffit Near, je suis fatigué de tout ça. C'est fini. Le jeu est terminé. Retourne dans ta chambre.

— …

— S'il te plaît. Near. Retourne dans ta chambre.

— Tu l'aurais fait ? Tu l'aurais laissée t'embrasser ?

— Quoi ?

— Linda. Dimanche tu lui as dit que tu consentirais à ce qu'elle t'arrache un baiser si elle te laissait tranquille.

— Near… tu ne comprends jamais rien à rien, n'est-ce pas ? Qu'est ce que ça peut te faire ?

— Réponds-moi !

— Ne sois pas idiot ! Tu sais bien que je ne la supporte pas, cette fille !

— Moi non plus, tu ne me supportes pas. Pourtant, tu m'as embrassé. »

Si tu savais, Near…

Mello le regarda. Se pouvait-il que Near soit jaloux ? Se pourrait-il qu'il dise vrai ? Qu'il n'ait jamais eu l'intention de jouer, de gagner, de le manipuler ? Comment croire qu'un petit génie comme Near s'intéressait à quelqu'un comme lui ? A quelqu'un qui de plus, n'avait jamais cessé de le tourmenter depuis des années. Le petit premier de la classe ne l'avait jamais regardé auparavant, et c'était l'une des raisons qui le poussait à le haïr avec une telle frénésie. A moins que… se pouvait-il qu'il se soit trompé depuis le début ? Qu'il n'ait rien vu ?

Il se sentait terriblement mal en cet instant, et il n'avait plus envie de lutter. Plus envie de se torturer à force de questions. Near le fixait en silence. Il était tellement beau ! Comment ce pouvait-il qu'il n'ait jamais remarqué à quel point Near était beau ? Un visage de porcelaine, finement ouvragé, que venaient encadrer en mèches folles des cheveux de neige. Des yeux gris tellement profonds et insondables qu'on n'osait s'y plonger trop longtemps sous peine de s'y perdre à jamais. Et cette bouche qui appelait le baiser, la morsure, dont le contact faisait naître en lui des sensations si intenses qu'il peinait à ne pas les laisser déborder.

« Near, viens… embrasse-moi... »

Il avait dit ça sans réfléchir, un peu comme une pulsion irraisonnée, et il fut le premier étonné du ton presque désespéré de sa réplique. L'intéressé, déstabilisé par ce soudain changement d'attitude, écarquilla légèrement les yeux sous la surprise, mais soucieux de ne pas laisser passer sa chance, il s'approcha pour s'exécuter.

« Non, attends !

— …

— Near, c'est toujours toi jusque-là qui m'a embrassé. Je… je voudrais que ce soit moi qui te donne un baiser cette fois-ci. Tu es d'accord ?

— Mello… »

C'est avec une douceur dont il se serait cru incapable un instant plus tôt qu'il approcha ses doigts du visage de Near et écarta une mèche de cheveux blancs qui dansait devant ses yeux. Sa bouche fraîche était là, tout près, qui l'invitait. Il se pencha pour venir cueillir ce baiser qui l'attendait fiévreusement.

C'était la première fois qu'il goûtait aux lèvres de son rival sans que la saveur de ces dernières ne soit altérée par celle du chocolat. Il aimait ces lèvres nouvelles, il les aimait avec passion. Leur texture, leur douceur, leur saveur humide... il en voulait encore. Il en voulait plus. Il glissa nerveusement ses doigts derrière la nuque de Near et l'attira à lui d'avantage. Sa bouche s'écrasa contre la sienne à lui faire mal, mais ce n'était pas assez. Il entrouvrit les lèvres et vint caresser celles du jeune garçon, du bout de la langue. Une sensation brûlante vint mordre le creux de ses reins lorsque son partenaire ouvrit la bouche à son tour et répondit fiévreusement à son invitation.

Le baiser était maladroit, mais il n'en était pas moins voluptueux, ardent. Tandis qu'ils s'embrassaient, que leur souffle se mêlaient, que leur langues s'enlaçaient, de sa main libre Mello vint effleurer le dos de Near du bout des doigts. Il voulait le toucher, le sentir, le découvrir. Tout son être bouillonnait à cette idée. Quand il sentit l'adolescent se cambrer sous la caresse, une sensation sauvage vint s'allumer dans son bas-ventre et irradier tout son être.

Plus près, colle-toi plus près ! Viens contre moi. J'ai besoin de te sentir contre moi ! Je deviens fou, mon Dieu !

Mello abandonna la bouche du jeune garçon et laissa ses lèvres se perdre dans son cou.

Tu sens tellement bon, Near ! Ta peau est tellement douce ! Jamais je ne pourrais m'en rassasier. Tu as gagné. Tu as gagné : je suis à toi ! Et en retour je veux que tu m'appartiennes.

Le garçon pâle laissa échapper un soupir, auquel répondit en écho Mello. Ce dernier se saisit de la main de son rival et la glissa sous son haut de pyjama. Sa peau se contracta à ce contact délicieux.

« Pose tes mains sur moi, Near ! Caresse-moi!

— Te caresser ? D'accord. Mais je ne ferais pas ça gratuitement. »

La réplique tomba comme un couperet. Stupéfait, Mello arrêta net ses caresses, fit un pas en arrière et regarda Near d'un œil livide.

« Qu'est ce que tu dis ?

— Tu deviens sourd, Mello ? Le désir te fait perdre tes facultés. Je dis que je ne vois aucune objection à te caresser, de mes lèvres, de mes mains, peu importe. Mais je ne le ferai pas sans une contrepartie de ta part.

— Bordel Near, à quoi tu joues ?

— A ton propre jeu. Tu te souviens ? C'est toi qui m'as appris. Je te propose un nouveau jeu : une nuit de caresses contre… voyons voir… un de tes puzzles. Celui de ton choix, ça m'est égal. Nous pourrions changer le jour si tu n'y vois pas d'objection. Le vendredi me semble parfait.

— Va crever, Near ! Va crever, espèce de chien !

— Dis-moi juste une chose, Mello. Quel était le but que tu t'étais fixé lors de notre jeu précédent ? Tu te dois de le dévoiler, tu te souviens ? Et de m'en montrer la preuve !

— Va-cre-ver !

— Tu te répètes, Mello. Alors, quel était ton but ? »

Mello sentit les larmes poindre. Les yeux lui brûlaient. Il ne pourrait pas les retenir bien longtemps. Il se sentait tellement faible en cet instant ! Tellement stupide ! Il ne s'était jamais senti aussi humilié, il n'avait jamais eu aussi mal. Et cet enfoiré qui, fidèle à lui-même, ne montrait aucune trace d'émotion !

« Barre-toi de ma chambre !

— Pas avant que tu ne m'aies dévoilé le but que tu t'étais fixé.

— Après ça, tu te casses !

— Je te le promets.

— Je voulais… voir poindre l'émotion dans tes yeux. Te… te faire tomber amoureux. Et te briser.

— Je vois. Et bien, tu pourras toujours essayer pendant le jeu des puzzles. Bonne chance Mello ! »

Une fois Near parti, Mello se jeta sur son lit et ne pu retenir ses larmes de rage, de désespoir, de frustration. Il enfouit son visage dans l'oreiller pour y étouffer les sanglots lourds qui secouaient sa poitrine. Il s'était fait avoir, baisé en beauté ! Il avait baissé sa garde, pendant un instant de faiblesse, et il s'était fait avoir !

Ah tu veux jouer Near ? Et bien nous allons jouer ! Et je te promets que cette fois-ci, la partie ne se terminera qu'avec l'anéantissement de l'un de nous deux. Ce sera toi ou moi ! Alors prépare-toi et affute bien tes armes ! Je ne montrerai aucun état d'âme. Je t'aime, je t'aime à en crever ! Tu as tout fait pour ça ! Mais cela ne rendra ma haine que plus ardente, et mon désir de te voir plier que plus inexorable !

Near s'assit sur son lit et serra son ours en peluche dans ses bras.

Je te demande pardon, Mello. Je t'ai menti, tu sais. J'avais deviné quel était ton but secret depuis bien longtemps. Tu ne sais pas dissimuler un secret. Tu ne sais pas faire taire tes émotions, et je peux lire en toi comme dans un beau livre d'images colorées.

C'est toi qui avais gagné, Mello. Je t'aimais déjà bien avant que le jeu n'ait commencé. Je crois que la vérité, c'est que je t'ai toujours aimé. Et qu'aussi fort que je puisse essayer, je ne cesserai jamais de t'aimer. Mais je ne pouvais pas te laisser gagner. Je ne pouvais pas te laisser piétiner mon refuge aseptisé et le détruire avec la violence de tes émotions. Ta passion est contagieuse, Mello, et tes sentiments me submergent, m'entraînent dans des abysses sans fond et mortifères. C'est trop pour moi. Il fallait que cela cesse. Je perds toutes mes capacités de raisonnement, je n'arrive plus à penser lorsque tu es près de moi, lorsque tu me regardes, lorsque tu me frôles. Je ne peux pas te laisser me détruire.

Mais maintenant que tu m'as fait goûter à l'ivresse des émotions, je ne peux plus me passer de ta présence, de ton regard, de ton odeur. Tu m'as intoxiqué. Et je ne veux pas que tu cesses de me regarder.

La haine vaut mieux que l'indifférence.

Alors hais-moi. hais-moi avec passion. Mais fais-le bien. Méprise-moi, mais regarde-moi. Insulte-moi, mais parle-moi. Bouscule-moi, mais touche-moi.

Hais-moi.

Aime-moi.

Pardonne-moi…


Voilà, j'espère que j'ai à peu près réussi à rendre l'ambivalence des sentiments de nos deux héros. Paradoxalement, c'est au moment où Mello se laisse aller à ses émotions véritables et s'ouvre à lui, que Near, déstabilisé, prend peur et se ferme. Il se montre cruel pour se protéger. Je pense que Near n'avait pas prémédité son coup, il ne mentait pas lorsqu'il disait qu'il « ne jouait pas ». Sa provocation finale fut comme une sorte de réflexe d'auto-défense contre les émotions qui le submergeaient et qu'il ne parvenait pas à contrôler.

J'espère que vous avez apprécié la lecture.

Je posterai l'épilogue qui clôturera cette histoire vendredi soir.

Je songe à écrire sur ce couple à nouveau (c'est un couple que je trouve fascinant), donc si vous avez apprécié la lecture, n'hésitez pas à me le dire pour m'encourager (oui, j'en ai vraiment besoin XD). Et de même, n'hésitez pas à me livrer vos critiques et vos remarques. En gros, dites-moi ce que vous en pensez :)

A bientôt !