Salut à tous !

Merci pour toutes vos reviews adorables !

(Water-Lilas, aurais-tu un moyen pour que je puisse te répondre ? Je ne peux pas t'envoyer de PM...)

Je vous poste le chapitre 4, plutôt satisfaite de l'écriture, beaucoup moins du scénario. Veuillez pardonner quelques incohérences bien malheureuses, du coup. J'espère que le tout ne va pas trop sembler tiré par les cheveux...

A part ça, il s'agit de l'un de mes chapitres préférés, car j'y introduis un nouveau personnage, Matilda ! Je vous souhaite de l'apprécier autant que moi ! Écrire sur elle n'est que du bonheur :).

Vous souhaitant bonne lecture, Mpies.

Chapitre 4

La quatrième fois qu'il la vit, il la trouva effrayante.

La nuit était tombée depuis quelques heures à peine. James dormait d'un sommeil léger et agité sur la canapé, dans une position inconfortable. Remus venait de quitter le lit de Sirius, qu'il avait investi trois heures plus tôt. Il avait somnolé, mais n'avait pas réellement dormi. Il était fatigué, las. Pire que toutes ces nuits où il travaillait jusqu'à tard dans la nuit -ou plutôt, tôt dans le matin.

Sirius avait été embarqué quatre heures plus tôt à peine. James et Remus avait tourné dans l'appart, appelé tout leur répertoire en quête d'informations. Ils avaient cherché à joindre Peter, mais était tombé sur sa messagerie. Et ils n'avaient pas le numéro de Lily et Svenia.

Une heure plus tard, Remus avait décidé de se coucher, sautant le repas. Il avait toujours eu du mal à s'endormir, et savait qu'avec les derniers événements, c'était peine perdue. Mais il avait quand même essayé , un peu naïvement, au cas où.

Il passa ses doigts fins sur ses paupières lourdes, puis contourna James en allant dans la cuisine. Il ouvrit le frigo.

Depuis le déménagement, Sirius avait fait quelques courses. Enfin. Remus et James avaient fait quelques courses. Sirius se moquait royalement de ne rien avoir à bouffer chez lui pendant deux semaines. Il se commandait des pizzas. Il en avait rien à faire, il était bourré de fric. James et Remus, eux, essayaient quand même de le nourrir correctement. Parfois. Quand ils avaient la foi de cuisiner. Ce qui arrivait TRES rarement. En général, c'était Peter qui cuisinait. Mais il n'aimait pas faire les courses, et avait peu de fric à passer là-dedans. Autres priorités tout simplement. En gros, ils essayaient de manger et de survivre comme ils pouvaient.

Remus attrapa une brique de lait, déballa un verre dans un carton, et se servit. Après avoir remis le lait à sa place dans le frigo, il retourna voir James, qui fronçait les sourcils même quand il dormait.

James avait tourné en rond dans l'appartement, sur les nerfs. Son meilleur pote était en taule bordel ! Et il ne savait même pas pourquoi. Mais il connaissait Sirius. A voir son regard quand il avait été embarqué, il n'avait rien fait. Oui, ils avaient fait des conneries plus jeunes. Mais ils s'étaient calmés ! Sirius ne voulait plus voir son nom apparaître dans les journaux. Non pas que ça lui déplaise, ça faisait une pub terrible à ses parents, vieille famille influente de Londres. Non, c'était juste un accord avec eux. Plus de conneries, et ils lui payaient son appart et ses dépenses quotidiennes. Mais il devait rester dans les lignes, et ne pas se faire remarquer. Or, avec cette arrestation... Ce n'était pas à Londres, alors ça devait quand même être correct. Mais même si ses parents entendaient parler de l'arrestation, ils ne viendraient pas chercher leur fils. La belle bande de connards. James les détestait. Autant que Sirius, peut-être même plus.

Le brun ne s'était calmé que vers 1h du matin, lorsque son portable se mit à vibrer. Il avait lu le sms, et ce fut comme si toute sa tension s'envolait. Il s'était allongé sur le canapé, et s'était rendormi, le portable dans la main.

Remus connaissait assez James pour savoir que s'il avait réussi à s'endormir, c'était parce qu'il était rassuré. Autrement, il serait sorti, sûrement s'acheter des clopes, sous le coup du stress.

Il s'approcha du brun endormi à pas de loup. Une fois qu'il fut assez près, il attrapa le motorola de celui-ci, qui avait glissé sur son ventre. Il le déverrouilla et alla directement dans les messages. La conversation la plus récente était de 'La pute aux yeux d'or'. Remus ne sourcilla même pas. James donnait toujours des noms bizarres aux gens dans son répertoire, sinon, il ne savait pas de qui il s'agissait. La pute aux yeux d'or, c'était sûrement Matilda.

Au courant pour Sirius. Je m'en occupe.

Remus sourit. Si Matilda se chargeait de Sirius, il serait là dans quelques heures, sans aucun doute.

oOo

Sirius cligna péniblement des yeux. Putain qu'il était fatigué. Il venait de passer l'une des plus mauvaises nuits de sa vie, très sincèrement. On aurait dit un vieux film. Tout en noir et blanc, avec des gros plans sur le regard des acteurs et une musique psychédélique qui bourdonne aux oreilles. Ou encore un espèce de vieux trip. Quelque chose qui tourne vraiment mal. Et puis bordel! Pour une fois, il n'avait rien fait, mais vraiment rien. Il avait le cœur au bord des lèvres, et sa tête tambourinait comme aux lendemains de cuite. C'était assez terrible.

Le jeune homme était assis dans une chaise inconfortable, dans une espèce de salle d'interrogatoire qui ne ressemblait pas vraiment aux séries américaines où tout le monde se trimbalaient avec des lunettes de soleil. Ici, pas de lunettes de soleil. Juste un bureau gris minable et un flic tout aussi minable en face de lui. L'homme le regardait en biais, jetant un coup d'œil régulier aux papiers devant lui.

- Vous certifiez donc n'avoir jamais pris connaissance des messages textuels suivants?

Sirius tenta de se masser les yeux, et échoua misérablement, les mains entravées par des menottes glacées.

- Pour la dernière fois, je vous répète que je n'ai rien à voir avec toute cette histoire.

Il y était depuis des heures. Il en avait ras le cul. Ses parents n'étaient pas au courant, ou, tout du moins, il l'espérait. Il ne voulait pas d'avocat. Il n'avait rien fait. Rien du tout. Il était clean, pour une fois.

La police tentait de démanteler un réseau de dealers local, un petit truc minable, mais qui faisait bien chier les flics. Ils avaient réussi à trouver un portable qui, apparemment, ne servait que pour les transactions. Seul hic dans l'histoire. Le portable avait été vendu à son nom. C'était sa carte bancaire, et c'était son nom sur le registre de l'opérateur.

Sirius soupira. Il était tellement crevé...

- Écoutez, est-ce que je pourrais au moins voir ce portable?

Le flic sembla le jauger un instant du regard. Il remonta ses lunettes de vue sur son nez cassé. Son stylo continuait de taper contre la table. Un bruit continu, tellement, tellement chiant.

Ils entendirent quelqu'un frapper.

Le flic se leva lentement, tenant d'une main sa cravate ridicule, et sortit, refermant la lourde porte derrière lui.

Sirius ferma les yeux un instant.

Pourquoi était-il là merde? Il voulait dormir. Rentrer, s'affaler sur son lit, et dormir. Encore et encore. Et peut-être même jamais se réveiller. Quoique. S'il mourrait maintenant, il regretterait sûrement un ou deux trucs. Genre, se taper Matilda. Ouais, c'était sa meilleure amie, mais ça pouvait quand même être sympa.

Les yeux fermés, il commença à déblatérer sur toutes les choses qu'il ferait s'il mourrait demain. Jusque là, c'était surtout se vautrer dans la débauche. Bouffe et sexe. Les besoins primaires. Retourner aux bases, ce genre de conneries.

La porte se rouvrit et le flic réintégra sa base, avec sa tête minable dans son costume minable avec une cravate minable. Putain. Sirius était vraiment fatigué.

- Bonne nouvelle, l'expertise en a fini avec le portable.

Il fit glisser une pochette plastique sur la table.

Sirius déglutit.

- Putain merde.

- Reconnaissez-vous être propriétaire de ce téléphone portable?

Sirius se pencha sur la table. S'il devait tout expliquer, ça risquait de prendre du temps...

oOo

Un coup retentit à la porte, si faible que Lily ne l'entendit presque pas. Elle finit d'attacher ses cheveux en une queue de cheval et se dirigea vers l'entrée, légèrement mitigée.

Elle s'était calmée, depuis sa dispute plutôt violente avec James Potter la veille. Mais si c'était lui qui l'attendait derrière la porte, il pouvait aller se faire voir. Sauf si peut-être, il présentait des excuses. Sincères, bien évidemment.

Soupirant, un peu sur ses gardes, Elizaveta ouvrit la porte.

Son souffle se figea dans sa gorge.

Svenia se tenait devant elle. Dans un état terrible. C'était à peine supportable à voir. Lily sentit les larmes lui monter aux yeux.

Elle ne parvint qu'à chuchoter.

- Svenia...

La petite blonde arrivait à peine à tenir debout. Son tee-shirt était à moitié déchiré, de fait qu'on voyait qu'elle ne portait pas de soutien-gorge dessous. Sa peau était violacée, parcourue par endroits d'hématomes sombres. Sa tête dodelinait, comme si son coup n'avait pas la force suffisante pour la tenir droite.

Mais le pire, le pire, c'était son visage.

Elle avait un œil au beurre noir, gonflé et violet. Sa bouche était fendue, du sang ayant séché sur son menton et sa joue. Son œil encore valide était rouge et boursouflé. Complètement décoiffée, on la reconnaissait à peine.

Se dire qu'elle avait du se déplacer comme ça...

Lily éclata en pleurs. Svenia se mit à pleurer elle aussi, à petits sanglots courts et avalés. Ses genoux semblèrent lâcher, et elle s'affala dans les bras de Lily.

Celle-ci la porta jusqu'au lit le plus proche, en l'occurrence, le sien. Elle la serra dans ses bras de toutes ses forces.

La rousse parvint à chuchoter.

- Je vais m'occuper de toi, promis. Promis Svenia, tout va bien maintenant. Je suis là. Tout va bien, tout va bien.

Quelques minutes plus tard, quand elles se furent enfin calmer, Lily alla chercher un gant humide dans la salle de bain, et l'apposa délicatement sur les blessures de Svenia.

Elle s'en occupa longtemps.

Puis, quand elle trouva enfin la force, que sa voix se fut un peu stabilisée, elle fixa son regard dans celui de Svenia, et dit d'une voix claire et douce:

- Svenia, que t'es-t-il arrivé?

oOo

Sirius ne sourcilla même pas lorsqu'on lui ôta les menottes. Il se massa les poignets, retrouvant ainsi l'usage de ses dix doigts, tandis qu'un autre policier minable l'amenait dans le hall.

Ce qu'il y vit calma instantanément la colère qui bourdonnait dans sa tête.

Matilda était assise sur l'une des chaises de l'entrée. Ces espèces de vieux trucs inconfortables que tout le monde détestait.

Il savait que c'était elle, rien qu'à voir sa posture et son air profondément agacé. Elle était superbe, comme toujours. Il lui sourit, mais elle ne semblait pas l'avoir encore vu. Non, elle regardait à côté, les doigts croisées sur ses genoux.

Le flic minable lui donna une tape sur l'épaule, puis se détourna. Sirius eut un sourire amer. Il chuchota, de manière à être le seul à pouvoir entendre sa phrase.

- C'est ça, casse toi connard.

Matilda l'aperçut enfin, et elle se leva immédiatement, dévoilant ses longues jambes interminables. Elle se dirigea vers lui, à grandes enjambées pompeuses.

La jeune femme le fixa d'un œil sévère, puis dit d'une voix qui n'admettait aucune réplique.

- Toi et moi, il faut qu'on parle.

Sirius haussa les épaules, l'accompagnant jusqu'à la sortie.

- Mouais.

Elle attrapa son sac, qui devait bien valoir une fortune, sortant ses lunettes de soleil et le vissant sur son nez. En mode mouche. Avec son large foulard Dior enroulé autour du visage, elle ressemblait à l'une de ses actrices de vieux films américains, en décapotable et tout. En même temps, la salope avait des origines italiennes, alors... Le luxe, tout ça, elle connaissait bien.

- Espèce d'idiot. Dis moi très sincèrement comment tu t'es foutu dans ce merdier.

Sirius fronça les sourcils, enfournant ses mains dans les poches de son sweat. Il puait, il avait faim, il était crevé.

- C'est Peter.

Ils devaient offrir un tableau assez comique tous les deux. Matilda, image même de la classe, et Sirius, avec une tête de mannequin, mais dans un état lamentable au moment présent.

- Le con. Je l'ai jamais apprécié ce petit merdeux.

- Je sais Matilda, je sais.

- Il a foutu quoi?

- Tu savais qu'il dealer?

Matilda haussa les épaules.

- Bah, ça m'étonne même pas.

- Ouais ben, il s'est servi du portable que je lui ai filé il y a quelques années pour ses petites affaires. Résultat, je me suis fait coffrer à sa place.

- Il t'a versé un pourcentage au moins?

- Même pas.

- Le connard.

- A qui le dis tu.

Elle glissa son bras autour du sien. Trois mois qu'il ne s'était pas vu. Elle avait était en déplacement pour son job. Elle créait des fringues. Genre, elle avait sa propre marque et tout. C'était de la mode quoi. Comme une artiste, mais avec plein de fric.

Matilda pris son faux air sérieux que Sirius adorait.

- Ce soir, toi et moi, dans un bar, et on drague comme mille.

Il lui sourit.

- Ça roule.

Il rajouta, penchant sa tête vers elle.

- Je te bats de toute manière.

Ce à quoi elle répondit, en hurlant, faisant se retourner les passants devant eux.

- FAUX!

- PUTAIN! Matilda!

Sirius éloigna sa tête de la sienne. La salope lui avait hurlé dans l'oreille... Quand il rouvrit les yeux, un petit papier occupait tout son champ de vision. Matilda le lui tenait devant le nez, à l'aide de sa main libre.

- Qu'est ce que c'est?

Elle sourit avec un petit air supérieur.

- La preuve indéniable que je pécho plus vite.

Elle marqua un temps d'arrêt, savourant sa victoire.

- Le numéro d'un policier très séduisant à l'accueil. La journée est à peine commencée et je suis déjà en tête, quelle surprise!

La jeune femme imita un vieux rire huppé, quelque chose d'affreux, qui sonnait complètement faux.

Sirius se vexa.

- J'étais en garde à vue, comment tu voulais que je drague?

Elle fit semblant de lui pincer le téton, joueuse.

- Même pas une petite prostituée? Un camionneur? Un trans à la Tim Curry (1)? NON? Même pas un petit policier frauduleux? Tu me déçois Sirius. Tu me déçois beaucoup.

Il grogna.

- Va te faire foutre.

- Volontiers.

Le jeune homme marqua un temps d'arrêt.

- Le numéro d'un policier tu dis?

Matilda hocha la tête. Sirius fronça les sourcils, interrogateur.

- Mais attends, t'es pas censée être lesbienne toi?

Ce à quoi Matilda répondit, tout innocente, avec un grand sourire.

On ne dit jamais non à un phallus chéri. Jamais.

Ils arrivèrent à l'appart de Sirius quelques minutes plus tard, après avoir pris déambulé à travers le réseau de transport d'Édimbourg. Sirius tombait de fatigue, mais il souriait quand même. Matilda avait même réussi à lui faire passablement oublier le problème Peter. Il lui en parlerait quand il le verrait. Il l'engueulerait bien sèchement, récupérerai son portable, et ça serait oublié. Après tout, ils avaient tous fait des conneries, Sirius le premier. Bon d'accord, c'était de la drogue. De la vraie drogue. Pas un espèce de petit trafic de cannabis un peu misérable et ridicule sur les bords. Non, là, c'était Cocaïne, ce genre de merde. Erk.

Matilda n'aimait vraiment pas ce genre de trucs. Elle l'avait toujours dit. Cette fille, c'était un peu comme une grande sœur, quoique très sexy. A peine plus vieille que lui, d'un ou deux ans. Elle venait d'une famille riche et connue de Londres, comme lui, alors il la connaissait depuis quasiment toujours. Sa famille était d'origine italienne, et possédait des tas de marques de luxe: chaussures, sacs, vêtements, lunettes... C'était pas une surprise qu'elle ait autant de classe et qu'elle travaille dans la mode.

Quand ils ouvrirent la porte, la jeune femme pointa un doigt impérieux, et lui lança.

- A la douche, tu pue.

Il sourit.

- Tu viens?

- Plus tard mon chou, plus tard.

James arriva en courant, se prenant à moitié le mur en effectuant un dérapage raté sur ses chaussettes.

Matilda haussa un sourcil moqueur.

- Et voilà le plus habile de la bande.

- La ferme Matilda.

Il se tourna immédiatement vers Sirius.

- WOWOWO SIRIUS. C'est quoi cette merde?

L'interpellé se massa les paupières.

- Plus tard James, je vais prendre une douche.

- Oh que non. Tu poses ton cul sur ce putain de sofa et tu m'expliques tout!

Matilda leva les mains comme on étend un drapeau blanc.

- Vous vous débrouillez sans moi. J'espère que t'as branché la PS3 Sirius. Le dernier Assassin's Creed est sorti, et je veux pas rater ça.

Sirius se détourna un instant de James.

- Mais je l'ai pas acheté.

Elle sourit.

- Moi si. Il est dans mon sac.

James émit un bruit ridicule qui se voulait moqueur.

- T'as un culot incroyable Matilda.

Elle lui envoya un baiser du bout des doigts.

- Mais je sais que t'aimes ça.

Elle tourna sur ses talons et pris la direction du salon. Qui, en soit, n'était pas si loin, vu la taille de l'appart.

- A plus les hommes!

Une fois que Sirius eut tout expliqué à James, il fila sous la douche, dormant à moitié debout. James, fumant, faisait le tour de l'appart, sur les nerfs. S'il voyait Peter, il l'étripait. IL AVAIT OSE UTILISER SIRIUS COMME BOUCLIER. Le petit con. James ne comprenait vraiment pas pourquoi Sirius ne lui en voulait pas plus. En même temps, il était tellement fatigué qu'il n'aurait pas bouger si une troisième Guerre Mondiale s'était déclarée. Et puis forcément, avec la présence de Matilda, il n'allait pas être de mauvaise humeur. Quoique, parfois, elle était le pire remède du monde.

Pour le moment, elle était affalée sur le canapé à côté de Remus, les jambes étendues devant elle, ses bottines Kurt Geiger posées sur le parquet. Ils jouaient tous deux à la Ps3, se lançant des vannes. Matilda n'arrêtait pas de chercher Remus avec de gros sous-entendus, et lui rougissait légèrement, bien contre son gré. Elle adorait faire ça de toute manière. Le jeune homme avait été mis au courant des activités de Peter, mais relativisant, avait essayé de comprendre les motivations du jeune homme.

La porte s'ouvrit, et le loup en question pénétra dans le salon, l'air de rien.

Il lança à la volée:

- Salut les gens!

Matilda répondit, avec sa naïveté habituelle.

- Va te faire foutre.

Peter s'arrêta, et réalisa soudain la présence de Matilda.

- Ah. Matilda, t'es là.

Elle ne prit même pas la peine de répondre, se concentrant sur le jeu.

Peter tiqua lorsqu'il aperçut le regard froid de Remus, et celui, complètement incendiaire, de James.

- Euh... Il se passe quelque chose?

James s'apprêtait à lui hurler ses quatre vérités en face, mais Remus l'interrompit. Il dit d'un ton calme, quoique bien tranchant.

- Peut-être est-ce à toi de nous expliquer?

Sirius sortit de la salle de bain à ce moment là, les cheveux mouillés, dans un tee-shirt gris moche (qu'il avait sûrement emprunté à James, lequel n'avait aucun goût vestimentaire). L'ambiance dans la pièce baissa d'un ton, si ce n'est plus.

- Peter.

Et là, coup du sort, du destin, d'un vieux sorcier en caleçon, de la voisine de palier ou de la cafetière, la porte s'ouvrit de nouveau.

C'était plutôt comique en fait. L'appart pas bien grand de Sirius, déjà surchargé, qui se devait d'accueillir une personne de plus. Matilda qui se foutait complètement du reste de la pièce, et n'avait d'yeux que pour Connor et sa capuche magique, murmurant "How many fools can I kill today?" (2), par contraste avec la tension quasiment palpable de la pièce.

Et là, l'explosion. Avec un grand E. Genre Amour, mais en Explosion.

Lily pénétra comme une furie dans la pièce, arrachant presque les gonds de la porte d'entrée.

- PETER!

Tout le monde sursauta, Peter en premier.

La rousse le cherchait du regard, avec une expression de pure démence accroché au visage. C'était carrément effrayant.

Lorsque son regard se fut vissé sur sa cible, elle hurla de toute la force de ses poumons, tout en lui sautant dessus.

- YOU SON OF A BITCH!

Les deux adversaires s'écrasèrent au sol, où Lily commença à le rouer de coups, auxquels Peter tenta de répondre bien misérablement. Elle continuait de hurler des insanités en russe, qui aurait fait rougir de honte et d'embarras le plus vulgaire des camionneurs-tatoueurs du fin fond de la Sibérie. C'était pas joli quoi.

Le reste du groupe était tellement surpris, qu'ils ne réagirent même pas. Même Matilda avait lâché la console. Elle fixait la bouche ouverte cette furie rousse qu'elle ne connaissait pas, rouer de coups le gars qui s'était foutu de la gueule de Sirius. Autant dire qu'elle l'appréciait déjà, et qu'elle ne comptait pas l'en empêcher.

Remus fut le premier à réagir. Il se précipita vers Lily, et tenta de la ceinturer de ses bras. Sirius vint l'aider presque immédiatement.

Seul James était resté immobile, sous le choc. La bouche ouverte, les bras ballants.

Lily se mit à battre des bras, tout en étouffant des sanglots.

Personne ne comprenait rien.

Peter massa sa mâchoire endolorie, en grimaçant.

- Raah la pute.

Le visage de Lily se contracta davantage encore, et elle continua de hurler des insanités en russe que personne ne comprenait.

Remus se mit à crier lui aussi, afin de se faire entendre du reste du groupe.

- Putain Lily, qu'est-ce qui te prends ?!

La jeune femme éclata en sanglots, balançant ses bras dans le vide, pleins d'une rage qui ne rencontrait aucun obstacle.

Elle parvint à sortir quelques mots en anglais.

- YOU RAPED HER! YOU SON OF A BITCH, YOU RAPED MY BEST FRIEND!

Elle éclata en sanglots, ses épaules s'affaissant lourdement dans les bras de Remus, qui, sous le choc, eut du mal à la retenir.

Un silence lourd retentit dans la pièce, personne n'osait faire un pas. Ou tout du moins, ils étaient tous tellement sous le choc qu'ils n'auraient pas pensé à bouger.

Ils fixaient tous avec effarement Peter, qui était toujours allongé au sol, le regard hagard.

Matilda fut la première à réagir. Les yeux écarquillés d'horreur, elle murmura.

- Peter, c'est vrai?

L'interpellé eut un rire nerveux.

- Quoi? Bien sûr que non, vous n'allez quand même pas la croire!

Mais avant même que sa phrase ne fut finie, James l'avait empoigné par le col de son pull.

Ses dents grincèrent quand il se mit à parler, articulant toutes les syllabes de sa phrase.

- Tu sors d'ici. Im-mé-dia-te-ment. Tu te barres.

Peter se mit en colère.

- Putain James! Tu vas pas la croire elle plutôt que moi quand même! On la connaît même pas cte meuf!

Sirius fronça les sourcils.

- Après le coup de pute que tu m'as fait, on est en droit d'avoir des doutes.

Peter regarda le brun sans comprendre. Ce fut Remus qui répondit, Lily toujours dans les bras.

- Le trafic de drogue Peter. On sait.

Le visage de Peter devint livide.

James répéta, impassible.

- Dehors.

Par la suite, Peter tenta de se justifier, de s'excuser, de jouer le martyr et l'opprimé, de plaider coupable puis innocent, mais rien n'y fit.

Un trafic de drogue, c'était une chose. Un viol, c'en était une autre.

Pendant que Matilda tournait dans l'appartement, rageant à voix haute à propos du dégoût que lui inspirait Peter et tous les violeurs, dans un élan de manifestation féministe pure et dure, les trois jeunes hommes s'étaient assis sur le sofa, sous le choc.

Lily, épuisée, était enroulée entre James et Remus, et le premier avait posé son bras sur ses épaules, chose qu'elle tolérait largement, étant donné le besoin de réconfort qui pulsait en elle.

James restait songeur, observant son visage rougi et bouffi. Elle avait dû prendre la défense de Svenia. Où était-elle d'ailleurs, cette magnifique petite blonde, si souriante ? Il serra le point.

Ses yeux revinrent pour la énième fois sur la chevelure rousse de Lily.

Les trois jeunes hommes restèrent assis en silence, personne n'osant ouvrir la bouche.

Ils avaient perdu un pote, il le savait. Un très bon pote.

Matilda leur avait servi des verres de whisky à tous.

James observa le liquide ambré qui roulait dans son verre, appréciant le roulis de l'eau et les nuances colorés.

Ce fut Sirius qui rompit le silence le premier.

- Comment on a pu rater tout ça ?

Ils avaient rencontré Peter au lycée. Et puis lentement, sans qu'ils s'en aperçoivent, il avait changé.

James ouvrit la bouche, sentant sa voix rauque lui écorcher la trachée.

- Les choses changent. Les gens aussi.

Il but une gorgée, aussitôt rejoint par ses frères d'armes. Une vieille bande d'amputés.

Le silence se poursuivit, palpable. Matilda se tue et, fatiguée, elle vint se coucher contre Sirius.

Elle chuchota.

- Pauvre fille.

Ils ne surent si elle parlait de Svenia ou de Lily, étant donné qu'elle ne connaissait ni l'une, ni l'autre.

Les yeux de James se portèrent sur le dos de Lily tourné contre lui.

- Elle était effrayante tout à l'heure.

Matilda hocha la tête songeuse.

- Comment s'appelle-t-elle ?

James sourit.

- Lily.

OOo

Parce que le Rocky Horror Picture Show, c'est MYTHIQUE !

Très bonne parodie d'Assassin's creed en rap faîte par Smosh (c'est que le refrain reste vachement coincé dans le crâne quand même!)

See ya all guys !

Mpies