A/N: Merci de vos encouragements et de vos reviews ! Bientôt de l'action et des rebondissements... N'hésitez pas à laisser un petit mot, je les lis tous.

En effet, nous ne répondons pas forcément à vos reviews mais nous les voyons toutes et cela nous fait très plaisir.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 4.

Le lendemain, le reste de la route se passa dans un relatif silence, entrecoupé des nouvelles impulsées par la radio. Emma restait pensive, tandis que Regina réfléchissait à sa dernière conversation avec sa mère. Une discussion désagréable où, une fois de plus, celle-ci avait prié sa fille de se plier à ses directives. Elle avait écouté pendant une heure sa mère, lui rappelant les aspects néfastes de leur co-actionnaire sur leur existence. Cora Mills n'exprimait que de la haine et de la colère contre Léopold, leur entente concernant la gestion de leurs affaires était seul point où ils trouvaient quelques accords réguliers face à la concurrence. Plusieurs fois, Léopold Blanchard avait proposé de racheter les parts de leurs biens communs, mais Cora s'était entêtée à ne jamais céder une seule action à ce dernier.

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L'arrivée à Staindfield se fit sous la neige. La police locale n'avait aucune nouvelle information et ratissait les alentours. Pèle mêle, ils avaient auditionné le chauffeur de bus et les autres élèves l'ayant pris avec le jeune Palmer. Ce dernier avait demandé à sortir du bus, prétextant ne pas se sentir bien. Aucun ne l'avait revu depuis ce matin là. L'enfant s'était à proprement dit, envolé. Regina regardait les dépositions des parents, aucun ne savait ce qu'aurait pu faire leur fils sur le chemin, ni qu'il était malade la veille. Emma lisait de façon concentrée chaque récit, chaque détail. La brune organisait quant à elle les communications avec le reste de son équipe. Au bout de quelques heures de recherches acharnées sur les occupations de l'enfant disparu, chacune lisait les témoignages du voisinage mais rien ne paraissait suspect. Aucune personne n'avait un casier judiciaire concernant quoi que ce soit de lié à des activités pédophiles ou diverses autres infractions dans le quartier. Il n'y avait rien, si ce n'est des photos du gamin avec ses amis ici et là dans le dossier. La jeune femme blonde regarda plusieurs photographies puis demanda s'ils savaient qui était son meilleur ami. Un des policiers montra vaguement un jeune garçon sur l'image, et Emma ne tarda pas à demander son adresse.

La fin de l'après-midi s'était vite écoulée et il n'était guère que dix-huit heures quand les deux femmes se mirent en route pour prendre la direction de chez ce qui semblait être le meilleur ami du jeune garçon disparu. Dans la voiture, Regina trépignait de l'inaction de l'après-midi, la recherche d'une piste pendant de longues heures l'avait rendue nerveuse. Emma avait garé la voiture et remettait le moteur régulièrement en route pour le chauffage.

«- Qu'est-ce qu'on attend ? On ne va pas interroger son ami ? » Demanda la brune, sur un ton énervé.

«- Non. On va juste observer. » Répliqua doucement Emma.

«- On va rester dans la voiture à geler ? » S'étonna l'autre femme.

«- Normalement, ça devrait pas être trop long.

- Vous m'expliquez ?

- Et bien, dans 90% des cas qui ne sont pas des infanticides ou un autre truc glauque, le gamin ou la gamine a juste fait une fugue et parfois il y a un complice dans l'histoire, un meilleur pote, un prof, une connaissance...

- D'accord » fit Regina qui voyait où la blonde voulait en venir.

«- Regardez. Là. »

La chambre du petit Greg Handel venait de s'allumer. Il était 22h40 et tout le quartier était plongé dans le noir. Le gamin ouvrit prudemment sa fenêtre et se laissa glisser sur l'auvent enneigé, puis rebondit sur la voiture recouverte d'une couche blanche avant de disparaître. Emma mit le moteur en route et suivit au loin le gamin, puis s'arrêta.

«- Que faites-vous ? » Demanda Regina, interloquée.

«- On va le suivre à pied.

- Dans la neige et par ce froid ?

- Ben le gosse le fait bien... On est pas en sucre. Aller Regina... »

Les deux femmes suivirent l'enfant de loin qui s'engouffrait vers un une maison abandonnée assez éloignée du centre ville.

«- Putain ça craint » fit Emma.

«- Je ne vous le fait pas dire, mon pantalon est trempé par la neige.

- J'parle pas de ça, si le gosse est dans la maison ça fait 48h qu'il dort dehors par ce temps...

- On y va ? » Demanda la brune prête à agir.

«- Nan... On va attendre que le petit Greg retourne chez lui.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il vaut mieux courir après un seul gosse que deux dans le noir. »

Au bout de 15 minutes, l'autre enfant était reparti dans l'autre sens après avoir sûrement délivré un sandwich.

«- Go ! » fit Emma.

Elles s'approchèrent doucement de la maison vide, pas un bruit n'en sortait. Regina la suivait comme son ombre et tentait de ne pas faire de bruit. Les deux femmes entrèrent et montèrent les escaliers chancelants pendant que la brune, lampe torche en main, éclairait l'escalier. Elles entendirent un craquement, le gamin semblait se déplacer à l'étage.

«- Hey... » Parla doucement Emma, « n'aie pas peur Ryan, je suis Emma Swan, je travaille avec la police. »

Elle entendit alors clairement un bruit sourd puis un son de course vers ce qui devait être la salle de bain.

«- Ryan ! » Fit Emma.

Le gamin avait refermé la porte et l'avait sans doute coincée avec une chaise.

«- J'appelle la police ? » Demanda Regina.

«- Non, il est apeuré, pas besoin d'en rajouter. Ryan, ouvre mon lapin, on est des enquêteurs.

- ALLEZ-VOUS EN ! » Hurla le gosse, totalement effrayé.

«- Ryan... On est des gentils promis, on va pas te faire de mal, on va juste appeler la police.

- Je veux pas... Je veux pas... » Répondit le gamin se mettant à pleurer.

«- Oh Ryan... Ouvre... » Intervint à son tour Regina. « Écoutes, je vais rentrer dans la pièce et tu vas tout nous expliquer d'accord ? On est deux femmes, ça va aller ?

- M'en fous... Foutez le camp... Vous êtes des amies à mon père. »

Emma regarda Regina en haussant les sourcils dans la pénombre de la maison.

«- Ryan...On est des amies de la police, pas de tes parents, s'ils t'ont fait du mal, faut nous le dire.

- Non... Non je veux pas en parler » fit le gamin.

«- Ryan si tu m'ouvres pas, je vais être moins cool tu sais... » Répliqua Emma, sans être menaçante.

«- Aller mon chéri ouvre, on va appeler la police de toute façon, alors d'une manière ou d'une autre... » Tenta la brune.

«- Ben appelez-là ! La police je m'en fout, je partirais pas d'ici.

- Ryan on veut pas te faire peur ou du mal... Faut que tu ouvres cette porte et que tu nous explique, je te promets que je ne te redonnerais pas à tes parents si tu ne veux pas.

- C'est ça ! Et qu'est-ce qui me prouve que vous allez pas faire ça ?

- Disons que je les aime pas trop, tes parents. » Dit Emma. « J'ai l'impression que ton père a fait un truc de mal mon grand, pas vrai ?

- Co... Comment vous savez ? » Fit la petite voix.

«- Ça se voit... Aller Ryan, ouvre cette porte. »

Au bout deux longues minutes où seule la respiration des deux femmes trouvaient l'air, la porte s'ouvrit sur un petit garçon aux cheveux roux et aux joues rosies par le froid. Il avait au moins trois manteaux sur lui, ce qui donnait l'impression qu'il était aussi large que haut.

«- Bien bonhomme » fit Emma, « raconte-nous ce qui se passe.

- Je... Je... » Bégaya le gosse, qui s'écroula dans ses bras en sanglot.

«- Okay tu sais quoi, on va aller dans la grosse voiture au chaud, y a des sandwichs, les meilleurs que j'ai jamais mangé, et surtout un chocolat chaud. »

Le gamin continuait à pleurer, totalement gelé contre le corps d'Emma. Regina passa la main sur le dos de l'enfant et avait l'air profondément inquiète. Pendant un bref moment, Emma put percevoir autre chose que la femme stricte en talons qui avait fait démonstration d'un certain sadisme à son égard. Ce regard là, Emma le connaissait, c'était celui d'une mère. Regina avait-elle un enfant ? Emma passa l'enfant à la brune qui le prit dans ses bras à son tour. La jeune femme en profita pour ouvrir la porte de la voiture et s'engouffra d'un coté, tandis que Regina déposait Ryan sur la banquette. Celui-ci urina sur lui-même et sur la belle brune par la même occasion. L'enfant se remit alors à pleurer encore de plus belle.

«- C'est pas grave mon chéri, c'est pas grave. » Fit Regina tout en berçant le jeune garçon.

Emma resta silencieuse devant le spectacle, elle s'attendait à des hurlements au vu de l'état des sièges de la Mercedes, sans compter le prix que le pantalon devait coûter, ou encore la note de pressing.

«- Mettez le contact Emma, qu'on soit au chaud dans cette voiture. »

Au bout de quelques minutes, alors qu'Emma était assise devant et enlevait son bonnet, la lumière du plafonnier les éclairait doucement, elle entendit sa patronne demander :

«- Mon garçon, je vais enlever ton pantalon, tu es trempé et on va te donner une couverture, d'accord ? »

Le gamin hocha la tête et se laissa faire. Visiblement, les manières douces et l'odeur parfumée de Regina avaient eu pour effet de le rassurer.

«- Okay gamin, moi c'est Emma et la dame là, c'est Regina. Dis-nous ce qui t'arrive avant qu'on te conduise au poste de police.

- Je veux pas aller à la police.

- Pourquoi ? » Demanda doucement Regina tout en prenant la couverture pour y emmailloter le gosse.

«- Papa... Papa a fait quelque chose de mal.

- A toi ? » Demanda Emma qui sentit ses poings se durcir par la colère.

«- Non, pas à moi... A Wendy.

- Qui est Wendy ?

- Wendy... C'est ma voisine celle du 45, elle vit avec sa maman toute seule.

- Et qu'est-ce qui s'est passé au juste ? »

Le gamin commença alors un discours décousu, où il expliqua qu'il ne se sentait pas très bien dans le car. Il était donc descendu pour rentrer chez lui exceptionnellement. Une fois arrivé là-bas, il avait surpris son père dans le salon avec sa petite voisine, en train de faire des choses « sales », des choses qu'en général on ne fait pas à un enfant... Pris de panique, il avait décampé, laissant son père pantalon sur les genoux crier après lui.

«- Putain » lâcha la blonde, après que le gosse se soit remis à pleurer, totalement vidé par ses derniers efforts.

«- Emma il faut l'emmener à l'hôpital je pense, il est épuisé. » Dit Regina.

«- Okay, juste le GPS... Voilà, ok, y'en un à deux kilomètres, je vous laisse appeler la police. »

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La Mercedes fila tout droit vers la clinique la plus proche. Le gamin fut hospitalisé, la police vint sur place écouter ce que les deux femmes avaient à dire. La police locale connaissait déjà Emma pour une affaire similaire, il y a deux ans, alors elles n'eurent guère de soucis à les convaincre. La jeune blonde semblait bénéficier d'une certaine notoriété auprès des forces de l'ordre mais aussi du FBI qui avait mené l'enquête conjointement avec ces dernières. Regina ressentit une certaine fierté inexpliquée, d'habitude elle n'avait ce sentiment que d'elle-même. Peut-être était-ce de l'admiration pour cette jeune femme qui avait rondement mené son enquête, se basant à la fois sur son instinct mais aussi sur sa connaissance de ces situations précises ?

La brune avait enregistré les confidences de l'enfant sur son portable et le fichier fut copié par la police. Celle-ci arriva chez les Palmer et embarqua le père sans plus d'explications. La petite Wendy, âgée de 6 ans, fut vue par un médecin qui constata des traces de tentative de viol. La mère de l'enfant était décontenancée et ne comprenait pas comment elle n'avait pu ne rien voir depuis si longtemps.

Regina fit valoir auprès de madame Palmer les honoraires du service auquel elle avait souscrit il y a quelques années. Celle-ci, hébétée, signa les papiers. Emma n'aima guère ces méthodes et fit part à Regina de son point de vue.

«- Vraiment... Sérieusement ça pouvait pas attendre ? Sauter comme ça sur cette pauvre femme qui vient de découvrir le monstre qu'était son mari, je...

- Miss Swan, nous ne sommes pas des sauveurs à la petite semaine, si vous voulez jouer à ça, engagez-vous dans la police. »

Emma fronça les sourcils et ne répondit pas. L'ambiance s'alourdissait d'un seul coup après cet échange et un silence s'établit dans la voiture. L'attitude de la blonde énervait passablement Regina.

«- On va s'arrêter pour dormir ici. » Dit Emma en montrant un motel à la sortie de la ville.

«- Miss Swan allez-vous bouder toute la soirée ? Allons, nous avons sauvé un enfant tout de même.

- Je ne boude pas, je pense à Madame Palmer qui doit se demander comment payer une telle somme.

- Emma...

- Non s'il vous-plaît, commencez pas ! »

Emma avait répondu, les larmes aux yeux. L'émotion provoquée par l'histoire du petit Palmer avait fait ressurgir plusieurs sentiments divers.

«- Emma, écoutez-moi ! » Dit Regina, encore engoncée dans son siège de voiture. « Nous sommes des assurances, nous ne sommes pas une œuvre caritative. Je vous choque peut-être mais nous avons 20,004 employés dans le pays, nous avons besoin que nos prestations soient payées pour que ces gens puissent avoir un travail !

- Ouais, et au passage engraisser quelques actionnaires... » Argua la blonde, toujours sarcastique.

«- Cela constitue aussi votre paye, Emma.

- Ouais... »

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Elles entrèrent alors dans la chambre louée, qu'elles avaient machinalement demandé ensemble, alors que ça n'était plus vraiment nécessaire. Emma alluma la télévision locale, qui annonçait que le petit Palmer avait été retrouvé par les forces de police, car comme d'habitude les actions de la blonde était couvertes par un silence total sur le sujet. Le devoir de discrétion rentrait dans les accords menés avec la police fédérale et locale et c'était ainsi. Après quelques minutes, le présentateur annonça que monsieur Palmer avait la chance d'avoir trois avocats avec lui et qu'il pensait bien plaider non-coupable. Madame Palmer, qui était interviewée, était sidérée par la position de son mari, elle ne comprenait pas qu'il ne reconnaisse pas les faits et expliqua qu'elle était très inquiète pour son avenir.

«- Super. » Fit la blonde, déprimée devant l'écran. « Foutu pays de merde...

- Pourquoi dites-vous cela Emma ?

- Suffit d'avoir du pognon et voilà, ce type va s'en sortir avec ses trois avocats, sa femme a l'air totalement abattue, le gamin va se retrouver à la rue avec sa mère... Vous voulez que je dise quoi à la fin ?

- Je vois »

Pour Regina aussi, l'idée que monsieur Palmer s'en sorte et recommence ses actions sur d'autres enfants lui était totalement insupportable. Elle prit son téléphone et composa un numéro.

«- Bonsoir Gold. Oui j'ai besoin de vos services, oui je sais qu'il est tard. Vous avez entendu parler de l'Affaire Palmer ? Parfait, je veux que vous appeliez la femme de ce type et que vous proposiez vos services, faites tout pour descendre son mari. Je vous ferais parvenir les numéros... Quoi les honoraires ? Mais je vous paye déjà Gold... Faites ce que je dis. »

Emma resta sidérée et dévisageait la brune.

«- Quoi ? Pourquoi me regardez-vous comme cela ? On ne va pas laisser cette ordure en liberté quand même. » Lui dit la brune en raccrochant son téléphone.

Emma se pencha vers Regina, qui resta interdite. La blonde déposa un baiser sur la joue de celle-ci. Elle n'avait pas réfléchi le moins du monde, elle était trop dans l'émotion du moment pour trier ce qui aurait put être une bonne idée à une excellente idée ou une idée catastrophique. Elle l'avait fait, voilà tout.

«- Oh... Euh pardon, je... Enfin je suis contente, merci.

- Il... Il n'y a pas de soucis... » Dit Regina, toujours plus ou moins pétrifiée par le baiser et rougissant suite à ce dernier.

«- Je suis désolée... Hein vous êtes ma chef, je dois pas faire ça... Désolée vraiment. » Continua la blonde, rouge pivoine.

«- Calmez-vous, Emma c'est bon, je ne vous en veux pas... »

Emma était prise dans un tourbillon dangereux d'émotions. Proche de l'euphorie, elle attrapa la brune contre elle, pour cette fois un câlin très improvisé. Regina enserra la blonde et lui rendit en souriant l'étreinte. Quand leurs regards se croisèrent, il y eu comme un vide long et terrible. Dehors la neige tombait, tout était affreusement silencieux. Le regard vert se perdit bientôt dans les yeux bruns qui restaient interrogatifs. Mais Regina connaissait ce regard là, c'était celui du désir, en général c'était plutôt les hommes qui la regardaient ainsi. Emma sentit tout flotter autour d'elle, elle avait envie de cette femme, là, tout de suite, elle voulait l'embrasser, la déshabiller et lui faire l'amour comme jamais personne ne lui avait fait. Elle sentit son corps lui envoyer les signaux d'une excitation forte et sans billet de retour. Regina arrêta de sourire pour se noyer dans les yeux émeraudes qui s'obscurcissaient sous la force de l'envie.

«- Emma... » Commença-t-elle.

Tout d'un coup, des coups violents se firent entendre sur la porte.

«- Qui... Qui est là ? » Demanda d'une petite voix Emma, qui n'avait pas relâché sa prise.

«- C'est moi Swan... C'est Killian ! »

Emma relâcha à regret la brune, qui ne s'était ni débattue ni n'avait cherché à fuir. Regina était sonnée et cherchait à reprendre ses esprits, elle maudit alors le dénommé Killian et son arrivée impromptue au plus mauvais moment. Emma ouvrit la porte sans oublier de lancer un regard désolé à Regina qui avait l'air soudainement en colère.

«- Hey poupée ! Bravo ! Encore une victoire pour la TEAM SJ ! »

L'homme se précipita sur Emma et lui déposa un baiser forcé sur la joue, ce qui ne manqua pas de faire sourcilier Regina.

«- Monsieur Jones, on ne vous pas demandé de venir me semble-t-il ? » Interrogea-t-elle de façon presque hargneuse.

«- Non madame, mais quand j'ai eu les nouvelles, je me suis dit, aller on va fêter ça ! Alors j'ai attrapé le premier avion, il restait une seule place et j'ai sauté dans une voiture de location ! Quelle chance n'est-ce pas ? J'ai repéré un petit Diner à coté ! Je suis sûr qu'ils ont de la bière sympa et des tubes des années 80 dans le juke-box ! » Dit-il en rigolant à plein poumons.

«- On est assez crevées Killian. » Répliqua la blonde un peu gênée de l'intrusion.

«- Hey ! Où est passée la fêtarde que je connais ? On fait toujours la fête après une victoire. Aller ! Habillez-vous mes princesses ! Ce soir c'est notre soirée ! »

Emma soupira et enfila sa veste. Dans un sourire timide, elle demanda :

«- Vous venez Regina ?

- J'imagine que oui. Laissez-moi le temps de me changer. »

Regina s'était engouffrée dans la salle de bain. Elle repensa à la scène juste avant l'arrivée de « l'autre guignol », comme elle le nommait intérieurement. Et ça ne lui plaisait pas vraiment, depuis quand était-elle la proie et Emma le chasseur ? Peut-être avait-elle mal compris le regard de la jeune femme. Mais quoi que pouvait penser Regina, elle le savait pertinemment, elles avaient été prises dans une spirale euphorique, la tension s'était relâchée mais avait laissé place à une explosion d'émotions diverses ou chacune s'était raccrochée à l'autre. Euphorie qui les aurait conduites à un dérapage certain. Ce qui troublait le plus la brune, c'est qu'elle était sûre qu'elle n'aurait eu aucun regret. Après tout Emma était une très belle femme, au corps athlétique, et elle n'imaginait pas la blonde être maladroite dans un lit. Mais si elle était ici avec Emma, ça n'était pas pour ce genre de choses. Elle avait besoin de mieux la connaître et elle savait pourquoi, ce genre de rapprochement aurait pu compromettre le stratagème qu'elle avait mis en place.

Regina ressortit de la salle de bain tout sourire mais elle s'arrêta quand elle vit le regard de Killian posé sur Emma qui semblait ne rien voir. Visiblement ce dernier avait des vues sur la blonde et n'était franchement pas discret dans son approche.

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Arrivés au Diner, ils commandèrent un repas calorique et bien chaud, ce qui ne réjouissait pas particulièrement la brune mais pour une fois, elle n'avait pas envie d'être désagréable. Lorsque Killian s'éclipsa pour faire un tour près du vieux juke-box, Regina ne résista pas :

«- Visiblement, monsieur Jones se meurt d'amour pour vous.

- Pa... Pardon ? » Demanda la blonde, décontenancée.

«- Vous ne le voyez pas ? Il a envie de sortir avec vous.

- Je... Je ne suis pas intéressée.

- Pourtant c'est un bel homme, célibataire, et pas spécialement pauvre non plus.

- Je recherche pas le genre de qualités qu'il a. » Répondit froidement Emma

«- Il n'a pas l'air au courant. » Continua Regina qui sirotait son café.

«- Ça fait un an qu'il tente sa chance, et un an que je lui dit non.

- Il est du genre tenace...

- Disons que si c'était pas un super collègue sur le terrain, il aurait déjà eu une plainte pour harcèlement. »

La jeune femme avait répondu sombrement. Regina releva l'absence de sarcasme dans ses propos et fronça les sourcils.

«- Si vous voulez, je peux le remettre à sa place, nous n'avons pas besoin de ce genre de personne dans notre société.

- Ouais... J'irais pas jusque-là, c'est un bon enquêteur tout de même...

- Miss Swan, ce n'est pas parce que nous sommes des femmes que tout est permis. Ce genre de personne doit comprendre que les femmes ne sont pas des jouets ou je ne sais quel amusement. »

Cette fois, Regina était franchement énervée par l'attitude passive de la blonde.

«- Vous avez sans doute raison, mais quand j'ai commencé dans le service, Killian était le seul qui m'adressait la parole.

- Attitude totalement désintéressée sans doute. »

Regina avait répliqué sèchement. Elle finit son café et prit son manteau.

«- Vous allez où ?

- Dormir Miss Swan, si je reste je pense que je vais être moins encline à "faire la fête" avec un pauvre type qui confond le flirt avec le harcèlement. »

Killian revint alors vers la table avec des bières. Voyant la brune avec son manteau, il lui demanda :

«- Vous allez où ?

- Oh monsieur Jones, dans un endroit où vous ne mettrez JAMAIS les pieds.

- Que... Quoi ? Où ?

- Mon lit ! Bonne nuit ! »

La blonde avait du mal à tout comprendre, tout avait été trop vite toute la soirée. Killian sourcilla en voyant la femme s'éloigner et claquer la porte du Diner.

«- Et bien, sa Majesté est de mauvais poil ! » Ria-t-il.

«- Te marre pas, elle t'a pas à la bonne et elle est ton patron.

- Écoute, je crains pas grand chose, si elle veut me foutre à la porte, faudra une raison valable. Tu bois pas ta bière mon ange ?

- Killian arrête de me dire des trucs comme ça.

- Comme quoi ? » Fit le brun.

«- Mon ange, ma chérie, love ou je sais pas quoi comme connerie, je suis ta collègue Killian !

- Tu disais rien jusqu'alors, tu sais bien que je suis sérieux... Henry va bien ? »

Killian connaissait Emma comme le fond de sa poche, il savait que de parler de son fils était le sujet de discussion neutre et agréable qu'il pouvait partager avec la blonde.

«- Ouais il va bien, je vais me coucher.

- Quoi déjà ? Tu n'a pas bu ta bière.

- Ouais je te connais Killian, on va boire quatre bières, tu vas vouloir m'embrasser, je vais me laisser faire, tu vas vouloir que ça aille plus loin et je vais encore te dire non... On va arrêter ça, c'est pas très sain.

- Oh arrête Emma, aller rien qu'une. »

La blonde se leva et fit un geste négatif de la tête.