Note de l'auteur :

Pardon. Tout simplement, pardon. La vie a ses aléas et voilà que j'en oublie presque de continuer cette histoire qui démarre seulement. Je m'en veux un peu, car pour les quelques lecteurs, je prend mon temps et ne poste rien pendant deux mois. J'espère (et je pense très fortement !) que la suite sortira plus rapidement. N'hésitez pas à donner vos avis en commentaire, sur ce que vous aimeriez voir, sur les défauts dans le texte, sur n'importe quoi ! Bonne lecture et à dans deux mois ! (Non, ce n'était pas drôle, mais c'était obligatoire...)

II.

Voilà quatre jours qu'il marche en direction du Sud, à la recherche de la cité blanche de Minas Tirith. C'est là, d'après les souvenirs de l'ancien roi du Mordor, qu'il devrait trouver Aragorn, roi du Gondor. Quatre jours sur la route sans croiser une âme qui vive. Si cela aurait pu inquiéter n'importe quel être humain, le Gardien n'en est que peu troublé. Depuis qu'il a pris la place de Gwen face à la Première Flamme, il n'a eu que peu, voir aucun visiteur. Sa marche lui permet également de se concentrer afin de retrouver ses sensations d'homme vivant.
Chaque pause qu'il fait, il s'adonne à la méditation, en profitant pour faire vibrer ses cordes vocales, cherchant à retrouver un autre moyen de communication que des signes visiblement difficiles à comprendre. Il lui est difficile de comprendre ce monde et sa façon d'être. Chaque parcelle de terre est une fourmilière de détail et s'il s'écoutait, il n'avancerait pas, voulant en apprendre plus sur les espèces de la Terre du Milieu.
Assis face au feu en cette quatrième nuit, il pose son épée à côté de lui et se place en tailleur. La flamme danse dans son regard et alors que le râle de ses cordes vocale commence, il cherche à revoir ses terres à travers le rougeoiement de la buche incandescente.

- Tu crois qu'il est mort ?
- T'es bête Meelo ! Regarde, sa barbe bouge, il n'est pas mort !
- Ah ouais, alors, tu crois qu'il dors ?
- Meelo ! Lyla ! Laissez cet homme tranquille, et venez, nous...

Il s'extirpe lentement des limbes de son sommeil. Ses mains se resserrent sur la garde de son épée, qu'il a dû attraper dans son sommeil. Sa bouche est pâteuse, quelle sensation étrange. Alors qu'il relève les yeux, s'habituant encore à la lumière pâle de la matinée, il tombe sur deux pairs d'yeux bleus le dévisageant. Un mouvement de recul le faisant basculer provoque l'éclat de rire des deux enfants. Des enfants... Les larmes lui viendraient presque en retrouvant la sensation du mot sur sa langue. L'avenir du monde, le temps qui passe aussi.

- Seigneur, allez-vous bien ? S'enquit une belle voix proche de lui. Habitué au mutisme, mais sentant que ses efforts ont payé, il se redresse et avec un sourire mal habile, laisse tomber d'une voix rauque, trop rauque pour sa corpulence.
- Très... Bien, merci.
- Les enfants, venez vous excuser auprès du chevalier. Allez. Dit-elle en poussant les deux petites têtes se planquant derrière elle. S'excusant d'une seule voix, le Gardien opine afin de montrer qu'il ne garde aucune rancœur. Appliquant son regard à la femme qui semble conduire seule les deux chenapans et le bagage qui pèse sur ses épaules, il les invite d'un geste de la main à venir prendre place avec lui devant le bucher éteint.
- Voyagez-vous... seule ? Ose-t-il demander une fois que l'inconnue a pris place, massant ses pieds cornus, trahissant la longue route qu'ils effectuent.
- Nous faisons route depuis Dale, mon mari devait partir quelques jours après nous et nous rattraper, mais il n'est jamais venu. Je pense qu'il lui est arrivé malheur, mais je ne peux le dire aux enfants. La franchise de la réponse dérangerait presque le Gardien, dont les dernières conversations n'ont été que traitrise, mensonges et félonies. Sans compter la tentative de larcin. Et vous, seigneur, d'où venez-vous pour porter une si étrange arme ? Et une si étrange armure ? La gorge sèche, il ne sait que répondre. Si l'envie d'expliquer les choses à cette femme qui semble ignorer la peur sont grandes, il s'y retient, sachant que l'excentricité de son voyage ne pourrait pas prendre place dans l'esprit simple de la paysanne.
- Je viens... De par delà les monts et les océans. Je viens de si loin que j'ignore si mon monde existence encore. Tout en parlant d'une voix se ragaillardissant de seconde en seconde, il place d'une main experte de nouvelles bûches dans le cercle de pierre et d'un geste habile, enflamme le bois afin de préparer le petit déjeuner. Je viens du pays lointain de Lordran, dont je suis certain que vous en ignoriez l'existence.
- En effet, glousse-t-elle en dévisageant le chevalier. Votre regard m'explique cependant que malgré la rudesse de ces terres, celle-ci vous manque. Que venir faire ici ? Au milieu du Gondor ?
- Chevalier, il reste des dragons chez vous ?
- Oh oui ! Des dragons ! Des dragons ! Chahutant, les deux enfants viennent troubler la discussion des deux et si la mère semble vouloir les écarter, le Gardien fait signe de ne rien en faire.

- Des dragons, il y en a par centaines. De grandes écailles qui brillent au soleil, de toutes les couleurs, qu'ils soient émeraude, saphir ou topaze, il n'existe aucun dragon assez puissant pour me vaincre. Le regard des enfants s'illumine quand il leur décrit le vol puissant des bêtes et leur majesté dans les airs. Ils s'effraient sous le regard amusé de leur mère, quand il explique les dégâts qu'ils font, sur les parties du royaume qu'ils gardent.
- Es-tu un tueur de dragon, chevalier ? Demande Lyla, qui ne décroche plus son regard de l'inconnu qui leur fait face.
- Non, jeune demoiselle, je n'en suis pas un. J'ai parcouru le pays de Lordran plus qu'aucun homme ne l'a jamais fait, et je n'ai rencontré qu'un seul tueur de dragon, il se nommait Ornstein et fut un professeur, doublé d'un ennemi, redoutable. Mon corps se souvient encore du combat contre lui, des coups puissants qu'il me porta et je n'ai nulle doute, Lady Lyla, qu'il fut un grand tueur de dragon. Dans la braise, le regard du Gardien s'égara une seconde qui lui parut l'éternité. Le combat contre Ornstein et son acolyte Smough lui couta plus que des bleus et des coupures. Il lui couta la vie, une autre vie faite d'âmes de héros disparu. Un sourire perça cependant son visage. Ornstein, le vieux tueur de dragon, la lance rapide et la frappe éclair. Jusqu'à son arrivée dans la Terre du Milieu, il l'avait oublié. Il avait oublié tant de choses qui lui revenaient maintenant.