Parle Plus Bas

Diclaimer : non non, les personnages ne m'appartiennent pas, ni même Poudlard ni... rien en fait ^^. A part, peut être, une ou deux idées qui passeraient par là...

Note de l'auteure : Bon, je sais sais ce que vous pensez, je poste trop tard, ça fait bien plus d'un mois que j'ai publié le dernier chapitre, et c'est mal, et je suis passée du côté obscur de la force. Mais aussi, vous savez ce que c'est, les examens de fin d'année, quand il fait beau dehors, qu'on a toujours un ou deux amis qui ne travaillent quand même pas, et qui vous proposent un truc, et du coup on est obligé de travailler en rentrant, et du coup, pas d'accès envisageable à l'ordinateur et donc pas de nouveau chapitre... et donc voilà quoi! Mais en même temps, comme je suis sûre que certains d'entre vous avaient aussi des examens de fin d'année, je me dis que si j'avais posté, vous auriez peut-être lu, et si vous aviez lu, ça aurait été du temps de travail perdu!Et qui dit temps de travail perdu, dit examens ratés, dit dégouté tout l'été, dit déprimé pour toujours! Donc, finalement, je pense qu'on peut dire de manière tout à fait raisonnée que ce léger retard exceptionnel vous a tout simplement sauvé la vie :D Bref, donc un nouveau chapitre qui précède de peu les réponses aux reviews (d'accord, d'accord, je gère vraiment pas). Mais avant ça, j'aimerais vous faire part d'un petit questionnement existentiel qui m'a saisie, la dernière fois devant ma boîte mail : pourquoi l'homme s'est-il fatigué à inventer toutes sortes de drogues quand de simples mais si gentilles reviews peuvent donner lieu à une si parfaite dépendance? Parce qu'entre nous, je crois que les vôtres ont une légère tendance à éclairer mes journées :D Tout ça pour dire merci, merci, merci beaucoup les gens, vos commentaires sont trop cool, trop intéressant, vous êtes les plusse mieux du monde inter-galactique universel!

Sur ce, Bonne lecture :D


Ça avait débuté peu après les vacances de la Toussaint. Le jour de la rentrée, Ginny s'était assise à côté de Dean, avec qui elle s'entendait de mieux en mieux. Ce dernier n'était ce jour-là pas très loin d'Harry, Ron et Hermione. Poussée par un élan de curiosité, et ennuyée par une conversation scolaire qui animait son entourage, la rouquine s'était donc focalisée sur la conversation du « Trio d'Or » et avait tenté de glaner une ou deux informations quant à leurs activités.

C'est ainsi que Ginny avait surpris une dispute entre Harry d'une part, et Ron et Hermione de l'autre - ce qui en soit était un fait presque aussi rarissime que de surprendre Rogue attribuant des points à Gryffondor.

Harry semblait intimement convaincu que Malefoy avait un comportement louche, qui pourrait s'avérer dangereux, et ses deux acolytes soutenaient le contraire, persuadés que Malefoy était simplement Malefoy.

Au début, cette découverte n'avait pas eu grand impact sur la plus jeune des Weasley. Il était de notoriété publique qu'Harry et Drago se détestaient cordialement, il n'y avait donc rien de surprenant à entendre le brun à lunettes soupçonner son ennemi number 1.

Sauf qu'un jour, plusieurs semaines après cet épisode, par un "hasard malencontreux", Ginny s'était retrouvée à épier Drago dans les couloirs pour découvrir la véritable nature de ses activités. Elle l'avait aperçu quittant le stade de Quidditch alors que tout le monde s'y rendait, et la conversation qu'elle avait surprise auparavant lui était revenue en tête.

Sentant l'excitation s'emparer d'elle à l'idée de pouvoir être utile au « Trio d'Or », Ginny n'avait écouté que son adrénaline et avait suivi discrètement le Serpentard.

Ce dernier s'était rendu au deuxième étage, et Ginny l'avait suivi de loin, prenant bien garde à ne pas se faire remarquer. Elle avait senti son cœur accélérer dangereusement quand le Serpentard était entré dans les toilettes du deuxième étage.

Bien sûr, le souvenir de la Chambre des Secrets était toujours bien vif dans son esprit, et son sang s'était glacé d'un seul coup à l'idée d'être mêlée à nouveau à une histoire concernant le monstre de Serpentard.

Mais l'angoisse était d'autant plus saisissante à l'idée que la Chambre soit ré-ouverte sans que la rouquine ne fasse rien pour empêcher ça. Elle avait donc saisi sa baguette avec fermeté et était entrée à la suite de Malefoy dans le repère de Mimi Geignarde, prête à lancer son redoutable chauve-furie, qui aurait fait fuir un centaure mal-luné.

Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsque, entrant dans les toilettes déterminée à se battre contre un mangemort en devenir assoiffé de meurtre, elle avait trouvé un jeune garçon inquiet qui cherchait une once de réconfort auprès du fantôme le moins populaire de toute l'école.

Ginny avait reculé de deux pas, soudain effrayée par ce spectacle trop déroutant, et avait tenté de disparaître sans bruit. Mais Mimi l'avait aperçue et s'était fait une joie de signaler une présence importune à Malefoy, qui avait alors jeté un regard plutôt menaçant à l'intruse. Par plutôt menaçant, entendons qu'il ne semblait pas d'une humeur suffisamment charitable pour tuer Ginny rapidement.

Ginny songea à la dispute phénoménale qu'elle avait eue avec Malefoy, ce jour-là. Elle ne se souvenait pas précisément des mots qu'ils avaient échangé, il y avait juste ce goût un peu métallique et amer dans sa bouche, cette envie de blesser Malefoy, de lui faire du mal. Il y avait cette colère contre le Serpentard, qui était largement alimentée par les insultes qu'il avait proférées à son égard. Il y avait l'ignorance totale des baguettes que tous deux tenaient pourtant pointées l'un sur l'autre. Il n'y avait que les deux flots de paroles qui luttaient l'un contre l'autre, chacun tentant de se convaincre de sa supériorité, de sa raison, chacun cherchant la confirmation qu'il faisait les bons choix.

Ginny se souvenait qu'elle avait été furieuse contre Malefoy. Furieuse, pour les moqueries qu'il lui avait faites subir, à elle mais aussi à Harry, Ron et Hermione, furieuse qu'il lui fasse peur, furieuse qu'il puisse défendre des idées aussi écœurantes que la pureté du sang, furieuse qu'il suive sans discuter la doctrine de son meurtrier de père et, surtout, furieuse que malgré tout ça, Malefoy restât un être humain qui ne méritait pas de mourir dans d'atroces souffrances, et qui ne méritait pas de porter la marque si jeune, ou de devoir tuer avant même d'être sorti de Poudlard.

Cette colère noire l'avait habitée pendant des jours, des nuits, l'avait obnubilée, elle était désormais incapable de s'en séparer. Elle s'était débattu contre elle, elle s'était mathématiquement prouvé que c'était une colère stupide, infondée, et trop encombrante pour être entretenue, mais rien n'y avait fait. Et un jour, en passant dans le couloir du deuxième étage, elle s'était rendu compte qu'elle pensait à Malefoy sans interruption depuis plusieurs semaines, et que ça lui était devenu indispensable.

Aussi naturellement que l'on respire, que l'on se réveille le matin, que l'on sourit à un ami, elle était devenue dépendante à Drago Malefoy.

Une fois ce constat opéré, le suivant pour Ginny avait été qu'elle devait parler avec le blond. Peut-être que, si elle se disputait à nouveau avec lui, si elle le poussait à être réellement imbuvable, elle pourrait se débarrasser de cette obsession qui lui collait à la peau et lui enserrait le cœur avec trop de vigueur pour être simplement oubliée ?

A son plus grand malheur, l'insolence de Drago n'avait pas suffi. Il ne mettait pas assez de cœur dans ce qu'il disait, et son indifférence avait été plus douloureuse que son semblant de colère. Et le désespoir à peine visible au fond de ses yeux gris avait été bien plus marquant que les deux ou trois mots qu'il avait pu prononcer pour se débarrasser de la dernière des Weasley.

Finalement, celle-ci avait pris le réflexe de le provoquer régulièrement, et tous deux s'étaient habitués à la présence de l'autre. C'était toujours en fin d'après-midi, juste avant que le soleil ne se couche, dans le couloir du deuxième étage. Ginny attendait ce moment toute la journée, imaginant différents scénarii qui pourraient s'y dérouler. Pourtant, c'était toujours la même chose, ils se voyaient, l'un d'eux commençait à provoquer l'autre, et ils se disputaient, ne faisant jamais usage de leurs baguettes.

Ginny ne se souvenait pas avec exactitude lequel des deux avaient pris l'initiative d'embrasser l'autre. Il n'y avait pourtant eu aucune surprise, cela devait arriver. Ils le savaient tous les deux et avaient attendu que ça arrive, avec impatience et inquiétude. Les rendez-vous étaient toujours au même endroit, à la même heure, selon un accord tacite, et, parfois, Ginny et Drago continuaient de se disputer. Ils ne s'appelaient simplement plus « Malefoy » et « Weasley ».

La rouquine avait écouté Drago parler de sa mission pour le Seigneur des Ténèbres, elle l'avait regardé, décrivant les réunions entre Mangemorts, elle avait retenu son souffle quand il expliquait qu'il avait une fois assisté à un meurtre sans agir. Elle avait détourné les yeux quand il lui avait montré sa marque, et s'était mordu la lèvre quand il avait avoué qu'il devait tuer Dumbledore. Elle s'était dit que c'était la guerre, que Drago était un enfant qui n'avait pas eu les bonnes influences, qu'il avait choisi de sauver sa peau et, qu'après tout, on ne pouvait pas condamner un enfant qui avait décidé de vivre quand même.

Bien sûr, il y avait dans sa poitrine ce machin désagréable qui ressemblait curieusement à de la culpabilité, surtout quand elle entendait parler, au détour d'une conversation entre Harry et Ron, de l'Ordre du phénix, de Voldemort, ou de Dumbledore. Et puis, il y avait eu cette angoisse insoutenable quand le mot de « traître » s'était imposé à son esprit, et qu'elle avait pensé que ce qu'elle faisait était grave. Il y avait eu les regards de Fred et George, qu'elle imaginait sombres et emplis de reproches, les expressions déçues et incrédules d'Harry et Ron, le visage fermé d'Hermione, et la tristesse de Molly Weasley.

Il était devenu impératif de parler de tout ça à quelqu'un, et sans même prendre le temps d'y réfléchir à deux fois, Ginny avait tout avoué à Hermione. La Gryffondor l'avait d'abord regardée durement, puis la stupéfaction avait transparu sur son visage. Hermione avait tourné légèrement la tête, pour que Ginny ne voie pas le dégoût dans son regard et, finalement, elle s'était levée pour faire les cents pas et réfléchir à une solution. Elle avait fait une liste des personnes qui pourraient venir en aide à Ginny, puis avait barré tous les noms, un à un. Elle s'était frotté les yeux, avait observé avec attention la rouquine et lui avait demandé de découvrir ce que préparait Malefoy. Elle avait ensuite juré de garder le secret de cette conversation dont elle ne révèlerait rien, à personne.

Ginny avait appris, avec une facilité déconcertante, les plans de Malefoy. Elle les avait communiqués à son amie, et Hermione s'était empressée de courir à la bibliothèque pour chercher un moyen de les contrecarrer, sans mettre Malefoy en danger.

Elle avait ensuite fait part de ses idées à Ginny, qui ne comprenait toujours pas comment Hermione pouvait se révéler si brillante. Bien sûr, tout cela s'était légèrement fait avec le désaccord de Drago - que Ginny avait pris soin de laisser dans l'ignorance la plus totale - et il s'agissait un peu plus d'un enlèvement que d'une réelle évasion, mais le fait est que Drago n'avait pas tué, et qu'il était sain et sauf. Pour l'instant.


-Depuis quelques mois, Ginny, la sœur de Ron s'est… sensiblement rapprochée de Malefoy.

Hermione avait dit tout cela d'une traite, comme si elle avait peur que les mots, en demeurant trop longtemps dans sa bouche, finissent par la lui écorcher. Rogue parut sur le point de l'interrompre, un sourcil interrogateur relevé, mais se ravisa devant le regard noir d'Hermione.

-Elle a fini par connaître la nature de la mission de Malefoy, et elle m'en a fait part. Je crois qu'elle avait peur d'être à nouveau mêlée à ce genre d'attaque comme… comme en deuxième année quand Voldemort…

-Les états d'âme de mini-Weasley ne m'intéressent que très relativement. Coupa Rogue sèchement.

Hermione haussa les épaules avant de reprendre.

-On a donc décidé de… d'empêcher ça.

-Persuadées que votre intelligence devancerait celle de Dumbledore, le plus grand mage de tous les temps…

-Pas de sarcasmes professeur. Ordonna Hermione, observant avec ravissement que Rogue lui obéissait, avide de connaître la suite de l'histoire. On a donc décidé d'empêcher ça, reprit la Gryffondor, sans pour autant dénoncer Malefoy parce que Ginny était inquiète pour…

-Charmant sentimentalisme gryffondorien, à peu près aussi passionnant que les nouveaux croisements opérés entre les mandragores et les bubobulbs. Mais est Malefoy ?

-J'ai donc demandé à Dobby, ce soir-là, de se placer en haut de la Tour d'Astronomie et d'attendre le retour de Dumbledore. Je l'ai désillusioné, et je lui ai dit que, quand tous les mangemorts seraient présents et qu'il entendrait l'explosion, il devrait faire transplaner Malefoy.

-Je sais tout ça, Granger ! S'emporta Rogue.

-Oui, moi aussi, au début, ça me lassait de tout savoir. Mais vous verrez, on s'y fait très bien finalement. Assura la jeune fille avec un sourire moqueur.

Hermione se ratatina sous le regard meurtrier que Rogue darda sur elle.

-Oui, bon… Bref. Reprit-elle, un tout petit - mais vraiment tout petit - peu effrayée par le geste que Rogue avait fait pour récupérer sa baguette magique. Effectivement, un léger problème s'est posé : où faire transplanner Malefoy ? Il devait à tout prix quitter la Tour d'Astronomie, mais ne pouvait pas quitter Poudlard car il aurait été en danger, et qu'on n'était pas absolument certaines que Dobby puisse passer les protections de l'école, d'autant plus en escortant un sorcier.

-Mais les Mangemorts étant présents dans l'Ecole, vous n'étiez même pas sûres que Malefoy serait en sécurité à Poudlard. Compléta Rogue.

-Une simple salle de classe, quand bien même elle se situerait à l'autre bout du château, ne suffisait pas. Il fallait un endroit où le moins de personnes possibles auraient accès.

-Un endroit comme votre petit QG, quand vous étiez en cinquième année et que Potter a voulu jouer au professeur de défenses contre les forces du mal ? S'exclama Rogue triomphalement, persuadé d'avoir trouvé la réponse à l'énigme.

-Oui, c'était l'endroit parfait. Confirma Hermione, souriante.

L'expression de Rogue se fit plus hautaine et satisfaite que jamais.

-Sauf que c'est précisément de là que sortaient les Mangemorts. Ajouta-t-elle. Donc non.

Rogue se ratatina comme un ballon de baudruche qu'on dégonfle, et devint soudain aussi flétri qu'un bézoard périmé.

-Mais alors, où est Malefoy nom d'un ronflak cornu ?

Hermione prit une longue respiration, savourant le suspense insoutenable qu'elle laissait planer, puis expliqua :

-Il y a une pièce, à Poudlard, qu'on ne peut ouvrir qu'en prononçant un mot de passe. Mais, contrairement aux salles communes, par exemple, ce mot de passe est dans une autre langue, une langue qu'une minorité de sorciers maîtrisent. Une salle que Ginny connaissait plutôt bien.

Le visage de Rogue s'éclaira.

-Et mini-Weasley a accepté de retourner là-bas ? Juste pour Malefoy ?

-Elle n'avait pas le choix. Dobby l'a d'abord fait transplanner elle, elle connaissait la Chambre des Secret et a pu guider Dobby, qui se contentait de fournir la magie nécessaire. L'elfe a donc découvert la salle, il est revenu me voir, je l'ai désillusioné, et il a ensuite fait transplanner Malefoy...

-...qui a donc rejoint mini-Weasley dans… la Chambre des secrets, mais vous êtes complètement…

-Brillante ? Absolument géniale ? Epoustouflante ?

-Vous êtes folle, Granger. Complètement folle. Ce tour de passe-passe aurait pu échouer pour... des millions de raisons différentes, c'est...

Mais Hermione eut la satisfaction de voir, pour la première fois depuis qu'elle était entrée à Poudlard, un éclat de surprise dans les yeux de Rogue, qui ne pouvait cette fois pas rester totalement indifférent à la créativité de la jeune Gryffondor. Elle ignorait toutefois qu'en cet instant, Rogue réalisait également que c'était uniquement à cette stupide Miss-Je-Sais-Tout qu'il devait le miracle qui s'était produit à Poudlard. Sans elle, il aurait tué Dumbledore, et aurait dû rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres, passant pour un traître aux yeux de tous ceux pour qui il se battait, se faisant détester de tous ceux qu'il tentait de sauver. Il aurait eu des ennemis dans les deux camps, et aurait très certainement été condamné à mort.

En fait, Hermione ne réalisait probablement pas qu'elle venait tout naturellement de lui avouer qu'elle lui avait sauvé la vie.

Rogue pria pour qu'elle n'apprenne jamais ce petit détail compromettant.

-Mais, une fois la bataille terminée, comment avez-vous fait pour faire sortir Drago de la Chambre?

Le teint d'Hermione rosit légèrement, et elle se racla la gorge.

-Heu oui… héhé, c'est tout le problème, en effet.

Rogue écarquilla les yeux.

-Vous n'aviez pas réfléchi à un moyen de le faire sortir une fois tout ceci terminé ?

Hermione planta son regard dans celui de Rogue.

-Je n'étais même pas certaine de sortir vivante moi-même de « tout ceci », comme vous dites.

Elle avait dit ça sur un ton de défi qui décontenança un instant Rogue. Puis, celui-ci haussa un sourcil dédaigneux avant de remarquer :

-Ce qui est encore pire, étant donné que personne n'aurait jamais retrouvé Malefoy et sa… petite amie, dans une cachette si… ingénieuse.

-Eh bien… le fait est que, finalement, je m'en suis sortie, tout comme Dumbledore, que je me suis empressée d'aller voir après la bataille pour lui expliquer les derniers évènements.

-Serait-ce trop optimiste de ma part que d'espérer qu'il vous ait expulsée de l'école?

-Professeur, rien de "trop optimiste" ne peut venir de vous. C'est contre votre nature, c'est physiquement impossible.

Rogue s'étouffa et leva des yeux perplexes vers elle.

-Enfin, non, il ne m'a pas vraiment expulsée. Répondit plus clairement Hermione. Il a commencé par me proposer des bonbons au citron, puis quand je lui ai parlé de Ginny et Malefoy, il s'est étouffé avec l'un d'entre eux. Ensuite, il m'a dit que mon idée était extrêmement brillante, à ceci près que, dans ses plans à lui, Malefoy n'était pas en constant danger de mort à la fin. Tandis qu'à cause de moi, Voldemort n'aura de cesse de vouloir le retrouver pour lui faire payer sa… si ce n'est sa trahison, au moins sa défaite.

Rogue plissa les yeux.

-Mais, est-ce que Dumbledore vous a fait part de ses plans de départ à lui, Miss Granger ?

Hermione hocha la tête en signe de dénégation. Le professeur de potion se détourna et observa la nuit qui assombrissait la campagne derrière la fenêtre. Ainsi, Dumbledore avait nécessairement compris que Granger lui avait sauvé la vie. Mais, contre toute attente, il avait fait croire à Miss-Je-Sais-Tout qu'il avait eu un plan pour garder la vie sauve, tout en préservant Malefoy, et il l'avait tenue pour responsable de l'échec de ce plan. Granger, en bonne gryffondor stupide qu'elle était, avait donc culpabilisé, et l'autre vieillard en avait profité pour lui faire accepter cette mission absurde.

Rogue en vint donc à la conclusion que, tout bien réfléchi, il y avait encore du bon à tirer du directeur de Poudlard et que ce dernier était peut-être plus serpentard qu'il n'en avait l'air, derrière ses bonbons au citron et autres sucreries superflues.

-Donc, Dumbledore m'a très fortement suggéré d'accepter cette mission, qui était primordiale pour l'avenir du monde sorcier, et il a ajouté qu'en cas de refus, je n'aurais probablement pas que la mort de Malefoy sur la conscience. Enfin, il ne l'a pas vraiment dit comme ça, mais bon...

Rogue se tourna à nouveau vers la jeune gryffondor, qui, partagée entre l'agacement à l'égard de Dumbledore, et le remord, attendait visiblement une réaction de son professeur.

-Vous êtes stupide, Granger. Complètement stupide.