Petite note : T&I est l'abréviation de la Division Torture & Interrogation de Konoha.
Disclaimer : Je ne possède pas Naruto. Par contre, je possède une barrette à cheveux avec une mini-peluche pingouin dessus.
« Neji est mort ?
— Depuis quelques semaines, oui. Il a été enterré sur le champ de bataille, mais votre fille s'est assurée que la tradition soit respectée. »
Hiashi resta silencieux un moment, ses yeux blancs perdus dans le vide. Sakura lui laissa le temps d'organiser ses pensées et consulta Shikamaru du regard. Ils avaient pris la décision impromptue de mettre le chef de clan dans la confidence par rapport au sort de son neveu. Neji leur avait avoué qu'après l'examen chuunin, il s'était réconcilié avec son oncle et s'entendait plutôt bien avec lui. Le Hiashi de leur époque avait été dévasté en apprenant la mort de Neji, même s'il avait donné sa vie pour sauver celle d'Hinata.
Ce Hyûga-ci paraissait mieux prendre la nouvelle mais ses épaules s'étaient affaissées et Sakura savait que c'était le seul signe de faiblesse qu'il s'autoriserait. Shikaku détaillait la scène avec attention, retenant les informations les plus importantes qui pourraient lui être utiles plus tard. Elle se félicita une nouvelle fois de sa décision de l'impliquer, mais elle aurait préféré tout dire aux deux hommes en même temps. Elle commençait à avoir une sérieuse migraine et ne rêvait que de retrouver son lit.
La fatigue qui tirait les traits de son ami faisait écho à la sienne et la kunoichi avait vu Shikaku le remarquer à son tour, une inquiétude fugace hantant ses traits alors qu'il regardait son fils.
« Hinata et Hanabi vont-elles bien ?
— Hinata a laissé sa place d'héritière à Hanabi et elle est devenue jounin-sensei. Aux dernières nouvelles, on venait de lui assigner une équipe de genin à former pour le front.
— Pourquoi a-t-elle abandonné son titre ? demanda Hiashi en fronçant les sourcils.
— Hanabi a été blessée lors de notre dernière mission, répondit Shikamaru. Elle ne peut plus marcher correctement, alors Hokage-sama a décidé de la renvoyer à Konoha. Hinata lui a donné son titre pour que quelqu'un s'occupe du clan si elle venait à mourir au combat. »
Hiashi hocha la tête, satisfait du raisonnement de son aînée. Plus il en apprenait sur l'avenir de ses enfants et plus il était fier. Seul la mort de Neji le faisait trembler intérieurement. Le pauvre garçon méritait cent fois mieux que de finir comme ça et ses amis n'auraient pas dû avoir à supporter sa mort. Il préférait ne pas penser au fait qu'Hinata était indirectement responsable après tout, c'était le rôle des enfants de la branche secondaire de protéger ceux de la branche principale. Qu'importait le fait qu'il ait élevé les trois comme ses propres enfants depuis la mort de son frère jumeau, le père de Neji.
« J'ai remarqué que vous ne mentionnez jamais le nom de l'Hokage, intervint Shikaku, profitant du soutien silencieux de Hiashi.
— C'est volontaire, Shikaku-san, soupira Sakura.
— Il va nous falloir plus d'informations, vous en avez bien conscience, répliqua Hiashi.
— Est-ce que vous réalisez la responsabilité que nous portons ? s'énerva Sakura. Ça fait trois heures que je suis dans cette époque et il m'a fallu revivre les funérailles du Sandaime et convaincre deux chefs de clan de mon identité. Je n'ai même pas pu échanger un mot avec Shikamaru ! Alors vous m'excuserez si je ne vous dis pas tout d'un coup, mais votre envie de tout savoir passe après les précautions que je dois prendre. »
Shikamaru retint un sourire moqueur. Il l'avait sentie venir, celle-là. Le tempérament habituel de Sakura était bien loin de l'apparence polie et composée qu'elle avait montré à son père et à Hyûga-sama depuis le début de la journée. Shikamaru avait attendu patiemment de la voir craquer et il n'était pas déçu. Si son état était le même que le sien, il pouvait en plus dire qu'elle avait certainement une gueule de bois et qu'elle ressassait encore la discussion qu'ils avaient eu dans la taverne. Aucun d'eux n'était sain d'esprit, pas après tout ce qu'ils avaient vu et fait. Ils méritaient une pause dans ce Konoha en paix et exempt de ruines.
« Sakura a raison. On doit en parler tous les deux avant de vous en révéler davantage. On ne peut pas se permettre de faire un faux-pas, pas avec ce qui est en jeu.
— En plus, il y a une troisième personne que j'aimerais mettre dans la confidence et ça va être beaucoup plus dur de la contacter. En attendant, Shikamaru et moi allons prendre un verre. Peut-être même deux.
— Sakura, on a douze ans, soupira-t-il.
— Absolument pas. On a l'air d'avoir douze ans, nuance. Je suis sûre qu'on peut soudoyer un vendeur pour qu'il nous donne du saké.
— Mes excuses, Haruno-san, Nara-san, les interrompit Hiashi. Nous allons vous laisser vous reposer.
— Picoler, oui, murmura Sakura.
— Papa, est-ce qu'elle peut rester à la maison avec nous ? demanda Shikamaru en se sentant véritablement comme un enfant cette fois.
— Je suis sûr que Haruno-san serait ravie de retrouver ses parents, tu ne crois pas ?
— Mes parents sont morts depuis longtemps, Shikaku-san. Quoi que, avec les années qu'on vient de perdre, je suppose que ça ne fait qu'un an maintenant. C'était quelques mois avant ma promotion au rang de genin, en fait. »
Les deux chefs de clan offrirent des condoléances chuchotées qu'elle accepta avec grâce. Shikamaru eut l'air mal à l'aise. Il savait que peu de gens avaient été mis au courant, principalement parce que personne ne pensait à poser la question. On supposait simplement que les parents de Sakura étaient des civils et on ne cherchait pas plus loin. De ce qu'il savait, aucun membre de l'équipe 7 n'avait jamais demandé à la jeune femme qui étaient ses parents. Ils auraient été bien surpris d'apprendre qu'elle était aussi orpheline que ses deux coéquipiers et son sensei.
Lui-même n'avait appris la vérité que par accident, après avoir eu accès aux dossiers de tous les shinobis de Konoha sur ordre de Tsunade-sama, afin qu'il puisse constituer des équipes. Il avait été hautement surpris en lisant la mention « décédé(e) » à côté du nom des deux chûnins de carrière qu'avaient été les parents de son amie. Lors d'une nuit plus horrible que les autres où ils avaient bu leur poids en alcool de riz, Shikamaru avait posé la question. En deux phrases, elle lui avait expliqué qu'ils avaient travaillé dans la section T&I de Konoha, sous les ordres d'Ibiki Morino.
Un interrogatoire avait mal tourné et le prisonnier s'était échappé, massacrant tout le monde dans la salle. Sakura était rentrée pour trouver une maison vide, une paye posthume pour la mission et les remerciements officiels de Konoha pour services rendus au village. Elle avait onze ans et avait dû apprendre à vivre seule depuis, comme une bonne partie des enfants de Konoha. Il trouvait horriblement triste que personne ne l'ai su dans leur génération et que Kakashi n'ait jamais songé à demander le statut familial de sa propre élève. Mais l'équipe 7 n'était pas connue pour sa stabilité émotionnelle et il n'était pas surpris par leur comportement. Juste attristé.
« Ne vous en faites pas, je peux très bien me débrouiller seule, les rassura la kunoichi avec un sourire sincère. Pour elle, la blessure était ancienne.
— Ce serait un honneur de vous avoir dans les quartiers Nara, Haruno-san, dit Shikaku avec tout autant d'honnêteté.
— Je vais y réfléchir. En attendant, Shikamaru et moi avons des choses à mettre au point.
— Je suppose qu'on peut tout de même leur dire qui est actuellement Hokage ?
— Pourquoi pas. Après tout, c'est le cinquième Hokage qui pose problème, acquiesça Sakura. Depuis le milieu de la guerre environ, le Rokudaime Hokage est Hatake Kakashi. »
L'air ahuri de Shikaku rivalisait avec l'expression de totale surprise sur le visage de Hiashi. Sakura renifla de rire. Kakashi-sempai avait bien changé et était un Hokage compétent. Mais le Kakashi de cette époque n'avait pas l'étoffe d'un dirigeant et la réaction des deux chefs le prouvait de façon particulièrement amusante.
« On va vous laisser méditer sur ça. Merci pour votre accueil, Hyûga-sama. Nara-san, je vous ferais parvenir ma réponse par le biais de Shikamaru.
— À l'avenir, utilisez un suffixe plus approprié, répondit Hiashi d'un ton plaisant.
— Si la situation le permet, ce sera avec plaisir et honneur, Hyûga-san, se corrigea-t-elle avec un sourire.
— Hyûga-san, je vous remercie également. Papa, on se retrouve tout à l'heure. »
Les deux ninjas quittèrent la pièce après une dernière courbette et se firent raccompagner jusqu'à la bordure de la résidence du clan. Leurs pas les emmenèrent inconsciemment vers une boutique familière de leur promotion. Une vague de nostalgie les renversa en contemplant la façade intacte d'Ichiraku Ramen, le restaurant où toute leur génération s'était retrouvée des années durant avant que la guerre ne le détruise en même temps que le quartier.
Ils prirent une table à côté de l'entrée, parce que les embuscades les avaient rendus suffisamment paranoïaques pour ne plus prendre de risques, et commandèrent avec le doux émerveillement que l'on ressent en retrouvant une chose qu'on croyait perdue à jamais. La réalité commençait enfin à les imprégner. Ils étaient de retour à Konoha et tout le monde était en vie.
Shikamaru ne fit pas de commentaire en voyant les mains de Sakura trembler si violemment qu'elle en lâche trois fois d'affilée ses baguettes tout comme elle ne dit rien concernant les larmes qui coulaient sans pudeur sur les joues bronzées du descendant Nara. (Et plus chef de clan, parce que son père était là, était vivant.)
« Aussi plaisant que ce soit de remanger des ramen, il va vraiment falloir qu'on établisse une stratégie. On ne peut pas rentrer dans le tas à l'aveugle, dit Sakura après un moment.
— Et moi qui croyait qu'une décennie passée aux côtés de Naruto t'aurait rendue aussi brutale et imprévisible que lui, se moqua gentiment son ami.
— Pour qui est-ce que tu me prends ? Mais plus sérieusement.
— Plus sérieusement, je pense que tu devrais accepter notre offre et venir vivre parmi le clan. Ce serait beaucoup plus simple pour discuter avec mon père et on pourrait planifier les choses au fur et à mesure.
— Les gens ne vont pas se poser des questions ?
— Tu n'es pas la première orpheline que le clan récupère, même si habituellement on les adopte beaucoup plus jeunes.
— Pourquoi ça ? Pourquoi est-ce que vous les adoptez tout court, d'ailleurs ?
— C'était une demande du Nidaime Hokage. Il n'y avait pas d'orphelinat à la construction de Konoha et avec la Première Grande Guerre, les enfants étaient immédiatement envoyés au combat. Quand il s'en est rendu compte, Tobirama-sama a chargé les Nara d'élever les enfants de ninjas parce que nous sommes le seul clan qui n'est ni noble, ni en possession d'un kekkei-genkai, ni connu des civils.
— Dans ce cas, je ne vais certainement pas retourner dans mon minuscule appartement. Cette enfance m'a largement suffi la première fois. »
Shikamaru hocha la tête et replongea dans son bol de ramen. Ils auraient tout le temps pour les technicités plus tard. Il avait terriblement hâte de revoir son équipe. Dans le futur... leur sensei était mort avant la guerre et Ino pendant les combats. Il ne restait que Chôji et lui, mais même son ami ne promettait pas de vivre encore longtemps avec l'abus de pilules du soldat dont il avait fait usage. Pour Sakura, il savait que Naruto allait partir s'entraîner avec Jiraya-sama d'ici quelques jours, laissant Kakashi s'occuper de Sasuke et ignorer l'existence de la troisième membre de leur équipe.
Il s'étouffa avec une gorgée de bouillon en réalisant ce qui venait après. Un regard prudent vers son amie lui apprit que la pensée ne devait pas avoir quitté son esprit depuis qu'ils étaient arrivés ici.
« Sakura...
— Oui ?
— Qu'est-ce que tu as prévu pour Sasuke ? »
Elle soupira et passa une main lasse dans ses courts cheveux roses. Ils étaient coupés en zig-zag, parce qu'elle n'avait pas encore eu le temps de se les faire arranger depuis l'examen chuunin où elle les avait tranché avec un kunai. Elle regrettait amèrement de ne pas être revenue dans le passé avant l'examen, avant même de devenir ninja. Parce que pour Sasuke...
« C'est trop tard, admit-elle les dents serrées.
— Il n'a pas encore déserté le village, se sentit-il obligé de rappeler.
— C'est tout comme. Il ne pense déjà qu'à ça, j'en suis sûr. Les funérailles du Sandaime Hokage ont eu lieu juste après l'examen chuunin et Sasuke a déserté douze jours plus tard. Qu'est-ce que je peux bien faire en douze jours, hein ?
— Entre temps, le Kazekage a été assassiné, vous avez retrouvé la trace de Tsunade-sama et vous l'avez ramenée à Konoha. Ça fait quand même beaucoup de choses. Si on s'y prend bien... »
Sakura laissa son visage retomber dans ses mains et lâcha un gémissement de frustration.
« Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? demanda-t-elle, sa voix étouffée par ses paumes.
— Pense à tout ce que ça changera s'il reste au village.
— Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu n'as pas envie qu'il aille se faire tuer quelque part.
— Tu ne le penses pas vraiment, Sakura. »
Elle releva la tête, ses yeux jade se fichant dans les siens avec la dureté que la guerre avait tatoué dans ses iris. Quand elle parla, sa voix vacilla avant de se briser sur son dernier mot :
« Honnêtement... si. »
Ils n'avaient pas reparlé de Sasuke après ça. Shikamaru avait changé le sujet sur la troisième personne qu'elle avait dit vouloir contacter. Il n'avait pas été surpris en entendant le nom de Gaara lui-même l'avait considéré après qu'elle ait révélé sa présence à son père. Le garçon allait devenir le cinquième Kazekage alors qu'eux, qui avaient le même âge que lui, n'étaient même pas encore chuunin.
Gaara était le shinobi le plus puissant du village de Suna, un excellent stratège et un incroyable diplomate. Si on rajoutait à ça que dans leur futur, il était également le commandant en chef de l'Alliance, le mettre dans la confidence maintenant serait un coup de génie. Le contacter, par contre, serait bien plus dur que de faire face à deux chefs de clan de Konoha.
Suna était à plus de trois jours de course pour un ninja qualifié, ce qu'ils n'étaient pas encore à cette époque. Ils n'avaient aucun pouvoir dans l'autre village et auraient un mal fou à lui parler. Sans oublier que Suna était responsable pour la tentative d'invasion qui avait interrompu l'examen chuunin et avait causé la mort du troisième Hokage. En conclusion, Shikamaru voyait mal comment ils arrangeraient ça et Sakura était d'accord avec lui. Ils devraient en discuter plus longuement à l'abri du clan Nara, où ils seraient sûrs qu'aucune oreille indiscrète ne les dérangerait.
Le pied de Sakura contre son mollet lui confirma qu'elle aussi avait remarqué le shinobi qui s'était assis deux tables derrière eux et n'avait pas quitté le restaurant, même après avoir fini son bol de ramen. En soi, rien qui n'aurait alerté leur attention s'ils étaient deux genins et non pas deux vétérans de la guerre la plus meurtrière que les cinq grands pays aient jamais connue.
L'homme avait une quantité de chakra impressionnante mais son absence de veste verte dénotait un rang bas, sûrement genin. Un genin de plus de vingt ans ? Très improbable, mais pas sans précédent. Un genin de vingt ans refusant de quitter un siège qui lui donnait un accès parfait à leur discussion ? Carrément suspicieux.
Sans un mot, ils se levèrent et allèrent régler leur repas auprès d'une Ayame rayonnante, comme à son habitude. Shikamaru offrit son bras à la kunoichi aux cheveux roses qui le prit en feignant un rire gêné. Ils entamèrent une discussion futile sur les rumeurs concernant le couple formé par Asuma et Kurenai (qu'ils savaient ne pas être des rumeurs, mais eux avaient le léger avantage de venir du futur) et quittèrent le restaurant.
Une rapide recherche de chakra leur confirma que l'homme les avait suivi. Sakura se tendit imperceptiblement contre lui mais il lui donna un léger coup de coude et une œillade familière. J'ai un plan, disait son regard, et elle hocha la tête en continuant sur les potins. Il les conduisit sans se presser à la boutique de fleurs du clan Yamanaka. Cela n'attirerait pas l'attention, était donné qu'Ino y aidait ses parents et s'il se trouvait qu'elle était également le coéquipière de Shikamaru et la meilleure amie de Sakura, eh bien tant mieux. (Qu'elle fasse partie d'un clan capable de lire dans les pensées n'était, bien entendu, qu'une simple coïncidence.)
Ino était en devanture en train de réarranger un bouquet de mimosa, exceptionnellement accompagnée de son père qui avait dû assister aux funérailles en son titre de chef de clan. Shikamaru savait qu'Inoichi n'avait pas souvent l'occasion de quitter T&I pour passer du temps avec sa fille et les voir tous les deux le fit sourire. Cela arrangeait aussi grandement son plan.
« Shika-kun, Grand Front ! Qu'est-ce que vous faites là ? leur sourit Ino en les reconnaissant.
— On a été faire un tour à Ichiraku, la Truie, répondit Sakura, profitant du simple plaisir de se chamailler avec son amie perdue.
— Bonjour, Shikamaru, intervint Inoichi. Comment va ton père ?
— Il m'a encore battu au shôgi, soupira-t-il. J'ai beau faire de mon mieux pour prévoir ses mouvement, je n'arrive jamais à rentrer dans sa tête, continua-t-il en insistant sur la fin de sa phrase. »
Inoichi fronça légèrement les sourcils avant de remarquer le signe de main discret que Shikamaru lui faisait, caché derrière le poignet de Sakura. Un sourire éclaira lentement son visage et il posa une main paternelle sur l'épaule du genin.
« Bon courage. J'ai été dans la même équipe que ton père pendant trente ans et je n'ai toujours aucune idée de comment son esprit fonctionne. »
Il n'avait même pas fini sa phrase que déjà Shikamaru sentait sa présence dans sa tête.
« Qu'est-ce ce qui se passe ?
— Un homme nous suit depuis qu'on a quitté Ichiraku et il écoutait à notre table là-bas. Il porte des lunettes noires, est-ce que tu le vois ?
— Oui, il est en face, à la librairie. Mais je ne vois pas pourquoi est-ce qu'ils vous suivraient, c'est Yamashiro Aoba.
— Quoi ? »
Shikamaru fit un pas en arrière, coupant le contact avec Inoichi avant de prendre Sakura par le poignet et de traverser la rue pour se planter devant Aoba.
« Qu'est-ce que tu nous veux ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles, gamin. Pas la peine d'être agressif comme ça.
— Ne me prend pas pour un imbécile. On t'a vu au restaurant.
— Shikamaru, qu'est-ce que tu fais ? siffla Sakura.
— Je le connais, répondit-il en serrant la mâchoire. Il était avec nous quand Hidan et Kakuzu ont tué Asuma-sensei. Il est dans la division Renseignements avec le père d'Ino. »
L'exclamation de surprise que lâcha Aoba aurait été comique, si la situation n'était pas aussi grave.
« Ne me dis pas que...
— À ton avis, Sakura ? répondit Shikamaru avec amertume.
— Aoba-san, est-ce que vous venez aussi du futur ?
— Oui, soupira le jounin. »
