Titre : Anniversaire

Auteure : Riza M.

Genres : Romance

Personnages : Roy et Riza

Bonjour, voici donc venir le troisième Os de cette série. Il porte sur mon couple préféré dans Fma ( Ouh... Suspens... ) : Le royai. Initialement, cet Os était faisait partie de ma fic " Ce que j'aurais dû te dire ", mais finalement, je l'ai retiré en me disant que je le remanierais peut-être plus tard... Chose faite !

Dans le genre, j'ai mis romance, mais pour moi, à cette époque-là, on ne peut pas encore vraiment parler de couple pur.


Anniversaire

Riza avait toujours été une petite fille très calme, obéissant sans rechigner à son père. Aussi, s'il lui disait qu'il n'avait pas le temps d'organiser un anniversaire, aucune protestation ne suivait ces propos. C'est pourquoi, la jeune blonde ne fêta plus jamais le sien. Avec le temps, les pincements qu'elle ressentait lorsque son père ne prenait même pas la peine de le lui souhaiter, finirent par s'estomper.

Durant une décennie, tous les jours se ressemblèrent… jusqu'à une année particulière. L'année où Roy Mustang était arrivé.

Le matin de ce cinquième décembre avait pourtant été très ordinaire. Riza s'était réveillée, avait lavé ses dents, puis descendu calmement les escaliers. Berthold ne supportait pas le bruit, surtout au petit matin. La jeune fille devait donc faire attention à ne pas faire trop grincer ces vieilles marches.

Lorsqu'elle s'assit à table où trônait le petit déjeuner, son père ainsi que son élève étaient déjà présents. Dès que Roy la vit, son visage s'illumina. Certainement car il se réjouissait d'avoir un meilleur interlocuteur qu'une pierre muette. Or, la blonde ayant principalement vécu avec son père, elle n'avait pas énormément d'idées pour engager une conversation. C'était déjà un miracle si à l'école, elle pouvait tenir une discussion durant cinq minutes.

Depuis la mort de sa mère, la maison avait été divisée en deux quartiers : la chambre de Riza, dans laquelle elle s'enfermait presque constamment, et le bureau de Berthold. Les Hawkeye n'avaient jamais brisé la tradition voulant qu'aucun de ses membres ne franchisse la limite de leur « domaine ». Par conséquent, ils ne se parlaient que très rarement.

- Bonjour, lança tout de même Riza, en s'asseyant sur une chaise.

Elle ne reçut comme écho qu'une vague hochement de tête de la part de Berthold, tandis que Roy lui répondait beaucoup plus joyeusement. La blonde s'attendit à ce qu'il occupe comme à chaque petit déjeuner l'espace sonore – elle et son père étant de nature taciturne, presqu'aucun mot n'était échangé. Or, il n'en fut rien. Riza mangea pour la première fois depuis des mois ses tartines un peu rassies dans le silence le plus complet.

Lorsqu'elle goûta le pain, elle dut faire un énorme effort pour ne pas grimacer. C'étaient des restes qu'ils mangeaient. Son père allait certainement la sommer d'aller faire les courses, quand bien même il avait gelé durant la nuit.

Roy lui demanda soudainement, la bouche encore pleine :

- Riza, pourrais-tu aller au village pour acheter tout ça ?

Il sortit de sa poche un morceau de papier, qu'il lui tendit. Il s'agissait d'une liste sur laquelle s'étendait une suite de mots impressionnante.

- S'il te plait, ajouta-t-il après avoir dégluti, un énorme sourire hypocrite plaqué sur le visage.

Cela surprit énormément Riza. Elle n'avait pas l'habitude que l'apprenti lui donne de tels ordres.

- Maintenant ? lui demanda-t-elle, bêtement.

Elle ne s'attendait pas à ce qu'il réponde oui la blonde l'avait uniquement questionné par pur réflexe. Ils n'avaient même pas fini leur petit déjeuner !

- Evidemment maintenant ! rétorqua l'élève, en la poussant sans ménagement vers la sortie.

Il avait renversé leur chaise et la tirait à présent maladroitement par la manche de son pull.

S'il y avait bien une chose à savoir sur Roy, c'était qu'il était incapable d'orchestrer discrètement la moindre manipulation il avait toujours été du genre fonceur.

Riza aurait dû remarquer qu'il y avait anguille sous roche, mais ce matin, elle était particulièrement fatiguée. A vrai dire, elle ne dormait jamais bien la nuit précédant son anniversaire.

Lorsqu'elle se retrouva face à sa propre porte d'entrée, ce fut à peine si elle put attraper un manteau de laine, avant d'être « jetée » à bas de son perron.

Et surtout ne reviens pas avant d'avoir tout ce que j'ai noté sur la liste ! lui ordonna Roy, en lui lançant un grand panier d'osier.

Riza n'eut même pas le temps de répliquer, qu'un claquement sonore retentit. Il ne lui restait plus qu'à acheter toutes ces choses que l'élève souhaitait avoir en sa possession.

Ce qui avait de premier abord semblé facile, se révéla assez compliqué. Certains objets, ou ingrédients étaient présents sur beaucoup d'étalages, mais une grande partie des choses demandées était tout simplement introuvable.

De la soie…

Où diable voulait-il trouver de la soie ! En plein hiver ! D'accord, techniquement c'était l'automne, mais l'immense couche de neige tapissant le sol laissait présager le contraire.

Roy n'était pas un idiot, du moins, pas complètement. Il devait savoir que l'importation de Xing était quasiment impossible par un temps pareil.

« Alors pourquoi la soie… » Se demanda Riza, complètement blasée.

Secouant la tête de dépit, elle se résolut à continuer de sillonner les échoppes. Peut-être que l'une d'elles abritait également des ananas ! Qui savait après tout ?

Après avoir tourné en rond durant plus d'une heure, la jeune blonde s'assit sous un arbre dont les branches ployaient à cause de la surabondance de neige. Et sans qu'elle comprenne pourquoi, elle se mit à rire. La situation dans laquelle elle avait été fourrée était juste risible.

Qui, de sensé dans ce monde, passerait son anniversaire à chercher des ananas, des oranges et des… pièces détachées d'un moteur ?

Son rire d'abord discret, s'intensifia, si bien que les passants la dévisagèrent. Mais Riza s'en fichait. Sacré Roy. C'était bien la première fois qu'elle riait autant un cinq décembre.

Se reprenant tant bien que mal, elle se releva et épousseta son sombre manteau. S'il c'était un simple jeu de sa part et pas une corvée comme elle l'avait pensé au départ, elle y jouerait !

Prenant alors cette responsabilité beaucoup plus à la légère, la blonde prit plaisir à déblatérer à chaque marchand le contenu de sa liste. Quand elle avait fini, ceux-ci la regardaient avec des yeux ronds, se demandant d'où sortait cette fille au manteau bleu nuit. La dite fille s'amusait énormément de leur tête. Parallèlement, si elle avait été à leur place, elle aurait fait pareil.

Lorsqu'elle eut questionné tous les tenants d'échoppe possible, elle sentit une vague nostalgie s'emparer d'elle. Riza s'était vraiment amusée à désarçonner tous ces marchands, mais quand elle rentrerait, elle aurait encore droit à une ambiance glaciale, de plus, Roy serait certainement entrain d'étudier.

Elle soupira. Pour une fois que la matinée d'un cinq décembre avait été bonne… Elle ne voulait pas gâcher le reste de sa journée en restant seule dans sa chambre.

Riza ne voulait pas rentrer. C'était ce qu'elle voulait le moins faire en cet instant ! Mais malheureusement, elle n'avait pas le choix elle n'avait plus rien à faire sur cette petite place recouverte de blanc.

Arrivée devant les marches précédant son perron, elle s'arrêta net. La jeune fille n'avait strictement aucune envie de toucher à la poignée de ce stupide morceau de bois. Mais elle n'avait pas non plus envie de fuir devant son père, elle avait sa fierté.

Finalement, le froid aidant, le blonde se réfugia en haut des marches et poussa la lourde porte de chêne.

Lorsqu'elle entra dans le salon, l'expression déprimée qu'affichait son visage se mua en une stupéfaction des plus totales. Ses mains, maintenant tremblantes, laissèrent échapper le panier en osier qu'elles tenaient. Les maigres objets qu'il contenait s'éparpillèrent dans un grand fracas sur le parquet lustré. Immobile, la blonde ne pouvait que fixer l'étrange phénomène se produisant devant ses yeux.

Pour briser le silence presque religieux qui s'était installé dans la pièce, un '' Bon anniversaire Riza ! '' fut lancé. Une grande banderole, faisant passer le même message, avait été suspendue au-dessus de la grande table polie, utilisée pour les grandes occasions. Sur cette dernière, était déposé un énorme gâteau au chocolat, garni de quinze bougies en cire. Tous les camarades de classe de Riza étaient réunis autour de ce havre de bonheur, par elle ne savait quel miracle. Au vu de l'air satisfait qu'arborait Roy, la jeune fille comprit immédiatement que c'était lui qui avait orchestré tout cela.

Alors qu'elle retenait tant bien que mal des larmes de bonheur, ses camarades de classe commencèrent à quitter leur chaise pour la prendre dans leurs bras et lui lancer leurs félicitations.

Néanmoins, une seule personne lui importait, celle sans qui tout cela n'aurait jamais eu lieu d'être. Une fois arrivée devant elle, Riza n'arriva qu'à bégayer un vague merci, tout en baissant les yeux. Il la prit maladroitement dans ses bras, provoquant ainsi des frissons qui parcoururent leur deux corps.

- Ce n'est rien, lui murmura-t-il dans le creux de l'oreille.

Subitement atteint d'une toux convulsive, il rejoignit les autres.

La fête qui eut lieu, avait été le plus belle de la vie de Riza. De plus, ils ne furent jamais dérangés par son père.

En réalité, Roy et lui avaient passé un marché : l'alchimiste acceptait que l'anniversaire ait lieu, à condition que son élève travaille plus dur que jamais. Les jours suivants, il resta d'ailleurs cloîtré dans sa chambre, sans prendre la peine de venir aux repas.

Pensant encore à cette magnifique soirée, la blonde s'assit prêt de sa coiffeuse. Elle retira deux petites perles nacrées logées dans ses oreilles, pour les déposer précautionneusement sur le dessus de sa commode. Dans la foulée, elle attrapa sa brosse et la fit voleter dans sa courte chevelure. La jeune fille ne cessait de passer et repasser sur sa mèche, tandis qu'elle fredonnait rêveusement la chanson ''joyeux anniversaire''. Totalement sous l'emprise de son chant, elle n'entendit pas le grincement produit par la porte de sa chambre. Ce ne fut que lorsque les minces reflets de Roy apparurent dans la glace, qu'elle se rendit compte de sa présence. De son élégance surnaturelle, il s'avança vers elle dans la plus totale désinvolture - du moins, était-ce son but-.

Riza fit légèrement pivoter la chaise sur laquelle elle était assise, pour lui faire face. L'adolescent triturait nerveusement ses mains, malgré son air assuré.

- Est-ce que ça t'a fait plaisir ?

Sa voix était hésitante, et les légers filins de lumière provenant de la bougie posée sur la coiffeuse, renforçaient son aura de fragilité.

- Quoi ? demanda Riza, encore rêveuse.

- La fête… Ca t'a fait plaisir ? réitéra-t-il, encore plus hésitant.

L'obscurité de la pièce, uniquement déchirée par le périmètre resplendissant de la chandelle, empêchait la blonde d'entièrement cerner l'élève de son père, aussi, n'avait-elle pu apercevoir les rougeurs s'affichant peu à peu sur ses joues.

- C'est le plus beau cadeau qu'on m'ait jamais fait.

Ces paroles eurent pour effet de redonner contenance à la figure du ténébreux. Ce fut avec un sourire en coin qu'il murmura mystérieusement :

- Dommage, parce que celui que j'avais préparé va paraître bien minable maintenant !

Riza ne trouva rien à lui répondre.

- Ferme les yeux.

Surprise par cette demande incongrue, l'adolescente ne réagit que lorsqu'il répéta une seconde fois ces paroles.

- Mais, pourquoi, je… bégaya-t-elle, soudain inquiète.

Allons donc, était-elle stupide ? De quoi avait-elle peur ? Il s'agissait seulement de Roy. Pourquoi ces simples paroles lui faisaient-elles un tel effet ?

- Ferme juste les yeux.

Malgré l'inquiétude que l'adolescente ressentait, elle s'exécuta. Soudain, elle sentit des doigts froids s'emparer des lobes de ses oreilles. Elle dût fournir un effort inimaginable pour ne pas sursauter, plus par plaisir que par peur.

Comment des doigts pouvaient-ils être si rugueux et si doux à la fois ? Comment de simples doigts pouvaient-ils la rendre heureuse ?

Avant que Riza puisse élaborer une réponse à cette question, ils se retirèrent de ses oreilles. Comprenant qu'elle pouvait à présent ouvrir les yeux, elle souleva ses paupières. L'éclat argenté reflété par le miroir fut la première chose qui la subjugua.

Ses oreilles étaient ornées d'une magnifique paire de boucles d'oreilles. De simples petits disques classiques, mais tellement ravissants.

La blonde en resta sans voix.

Mais Roy, interprétant mal son silence, commença à s'affoler. Son présent ne lui plaisait-il pas ? Avait-il fait quelque chose de mal en le lui offrant ? Peut-être était-elle allergique à l'argent pur…

Riza était très heureuse, presque trop. Beaucoup trop pour un cinq décembre. Elle voulait terriblement remercier le responsable de ce bonheur, mais ne savait pas trop comment s'y prendre. Alors elle prit exemple sur sa mère, la seule personne à jamais lui avoir apporté de l'affection.

Se levant de sa chaise, elle prit doucement le corps de Roy dans ses minces bras. Ce dernier, dont le cœur avait loupé un battement, finit par lui rendre son étreinte. Aucun des deux ne sut combien de temps elle dura, mais ils étaient sûrs d'une chose : ce fut bien trop court.


Voilà, j'espère que ça vous a plu ^^