Pour ce chapitre, déjà un grand merci à ceux qui ont mit des review. Elles encouragent toujours à écrire. Sur ce, je vous laisse lire.

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Chapitre 3

Lorsque Madara fut enfin à l'extérieur du bâtiment, la gravité des événements qui venaient de se produire le frappèrent de plein fouet, le laissant si désorienté et fatigué que ses genoux cédèrent sous son poids.

Emporté vers l'avant, il se prépara à l'impacte qui ne vint jamais. A la place, il sentit deux mains se poser un sur ses épaules et une poitrine soutenir sa tête.

Aussitôt, il bondit en arrière et eut la surprise de sa vie en voyant Hashirama (qui abordait une expression préoccupé) face à lui.

-Qu'est-ce que tu fais ici ! S'exclama-t-il avant de grogner et porter une main à son front : Il ne l'avait pas remarqué, mais il semblait que cette réunion ait tant joué sur ses nerfs qu'elle l'avait épuisé aussi bien mentalement que physiquement.

Rien que de penser au sourire désobligeant d'Uchiha Takeshi l'enrageait et lui donnait encore plus la migraine.

A nouveau, il sentit la présence de l'hokage à ses cotés. Doucement, celui le poussa à s'assoir contre le mur et s'agenouilla devant lui.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Répéta Madara en haletant.

Il se sentait fiévreux et avait la bouche pâteuse.

-J'ai lu ta convocation à cette réunion, répondit Hashirama en plantant son regard dans le sien, lorsque que ce jeune garçon Uchiha te l'a apporté, j'en ai profité pour la lire quant tu avais le dos tourné.

-Comment as-tu osés ! S'indigna Madara absolument scandalisé.

S'il ne se sentait pas aussi mal, il l'aurait frappé.

-Ne te fâche pas, dit Hashirama en levant ses mains en signe de défense, il n'y avait aucun sceaux de scellement autours du message, j'en ai déduit que ce ne devait pas être quelque chose de très important et y ait jeté un œil. Tu ne peux pas m'en vouloir pour ça quand même ?

-Règle 54 des shinobis : La curiosité est un mauvais défaut, lui rétorqua Madara en tentant sans succès de se remettre sur pieds.

Encore une fois, son ami le reteint au sol.

-Ne te surmène pas, l'avertit-il en ne récoltant qu'un regard noir en retour.

-Ne me dis pas quoi faire !

-Chut ! Siffla l'Hokage en jetant des coups d'œil frénétiques autours d'eux. -Fais moins de bruit, je ne voudrais pas me faire repérer ! Qui sait ce que ton clan pourrait me faire. Leurs regards m'ont toujours rendu nerveux.

-Ça, c'est ton problème.

-Tu es si cruel, geignit Hashirama en baissant la tête, et dire que j'étais venus prendre de tes nouvelles, voilà comment je suis reçu.

Avec un soupir éreinté, Madara laissa le dos de son crane toucher le mur. Il était si découragé qu'il ne voulait même plus remettre l'idiot, lui faisant office d'ami, à sa place.

-Alors ? Reprit l'Hokage en profitant de sa faiblesse, que s'est-il passé pour que tu sois dans cet état ?

-J'ai été bannis, soupira finalement le second ninja en se passant une main sur les yeux, je ne suis plus le chef du clan Uchiha. Je ne pourrais plus jamais remettre les pieds dans cette partie du village.

Aucune réponse ne lui parvint. Intrigué, Madara enleva sa main de son visage et jeta un coup d'œil à son ami pour s'apercevoir que celui-ci le fixait avec une expression bovine et des yeux de merlan frit.

-Quoi ? Gargouilla-t-il en fermant et ouvrant plusieurs fois la bouche.

-Ne me fais pas me répéter, lui dit Madara d'une voix sèche.

Cette fois, il parvint à se remettre sur ses pieds, puis essaya une seconde fois d'échapper à Hashirama qui le rattrapa de nouveau.

-Ou crois-tu aller ?

-Récupérer mes quelques possessions, répliqua-t-il, je ne suis plus autorisé à vivre ici je te rappel.

Il irait probablement se trouver une auberge pour la nuit, et aviserait le lendemain de quoi faire. De toute manière, se trouver un nouveau logement immédiatement serait impossible : Il faisait nuit noire.

La seule chose qui l'inquiétait était de savoir si les hôtels accepteraient Nadja, son précieux busard cendré. Il ne comptait pas la laisser seule. Quoiqu'il pourrait toujours demander à Hikaku de veiller sur elle pendant son déménagement… L'homme semblait la détester pour une raison obscure, mais il était sûr qu'il lui ferait cette faveur.

-Tu n'as nulle part ou aller ? L'interrogea soudain Hashirama en le tirant de ses pensés.

En retour, Madara le fixa d'un air mauvais :

-Non, lâcha-t-il, je n'ai nulle part ou aller. Maintenant si tu veux bien… J'ai des affaires à régler.

-Tu peux venir chez moi si tu veux. Mon offre tient toujours.

L'ex-meneur du clan Uchiha se raidit.

Incrédule, il se tourna vers l'hokage qui lui sourit d'un air gêné.

-Surement pas !

Une nouvelle voix les interrompit, les surprenant tant qu'ils dégainèrent d'un même mouvement les quelques armes qu'ils cachaient sous leurs vêtements.

Quelle ne fut leur surprise de voir venir vers eux un Hikaku fulminant aux yeux rouges. L'homme paraissait essoufflé tandis que ses cheveux, habituellement attachés en une queue de cheval formelle, volaient en tous sens, lui donnant un air échevelé.

-Je vous trouve enfin, souffla-t-il en parvenant à leur hauteur.

Il adressa un doux sourire à Madara puis se tourna vers Hashirama, l'expression de son visage changeant drastiquement.

-Qu'est-ce qu'il fait ici, cracha-t-il en fronçant le nez, comment ne s'est-il pas fait repéré ?

-On me surnomme le dieu shinobi, répondit Hashirama sans paraitre offensé par l'impolitesse dont faisait preuve le nouvel arrivant. –Ce titre ne m'a pas été donné pour rien, ajout-t-il en souriant brillamment : -Evidemment que je passerais inaperçu !

Bien qu'il paraisse joyeux, on pouvait distinguer dans ses yeux un éclat condescendant, prouvant que le ton du conseillé ne lui plaisait guère.

Hikaku se renfrogna, puis se tourna à nouveau vers son ex-chef :

-Vous ne comptez pas accepter sa proposition tout de même ? Dit-il.

-Eh bien, à vrai dire je-

-Ce n'est pas à toi de décider à sa place, le coupa subitement Hashirama en reniflant dédaigneusement.

Le conseillé parut s'hérisser :

-Pardon ? S'insurgea-t-il, comment osez-vous ? Vous empiétez sur notre territoire et vous vous permettez de nous enlever notre meneur !

-Ex-meneur tu veux dire !

A cette mention, quelque chose craqua en Madara.

-EXCUSEZ-MOI ? Rugit-il en abandonnant toute retenue.

Il savait déjà que revenir dans le temps et changer des événements serait compliqué, or, jamais il ne se serait imaginé que cela puisse être un pareil casse-tête, doublé d'une épreuve pour ses nerfs déjà à vifs.

Il prit une grande inspiration :

-Pensez-vous donc avoir le droit de vous disputer ma garde comme ont le ferait pour un enfant ? Vociféra-t-il en ignorant les regards coupables que lui envoyèrent les deux hommes. –Pour qui vous prenez-vous ? Mes tuteurs ?

-Non, non ! Bafouilla précipitamment Hashirama, loin de ça ! Je suis juste inquiet : Ton ami n'a pas l'air de se rendre compte qu'aucune auberge n'accueille de visiteur à cette heure là, de plus, tu n'as aucun délais pour quitter ton clan tu dois le faire tout de suite n'est-ce pas ?

-Malheureusement oui, gronda Madara en souhaitant soudainement pouvoir retourner dans la salle de réunion pour y poignarder Uchiha Takeshi.

-Dans ce cas tu n'as aucun logement donc, reprit le Senju, excepté le mien bien sûr… Ajouta-t-il lentement avec un sourire malicieux.

A ce moment précis, Hikaku paraissait estomaqué. Apparemment, il avait toujours prit l'Hokage pour un imbécile heureux il ne découvrait que maintenant le coté manipulateur de celui-ci.

-Très bien, lâcha alors Madara, je viens chez toi.

Après tout, c'était son unique option. Sinon, il passerait la nuit à l'extérieur alors que le temps commençait à se couvrir. De lourds nuages venaient depuis l'ouest, cachant la lune et les étoiles.

Hashirama poussa alors un petit cri de joie, tandis qu'Hikaku restait les bras ballant, éberlué.

Bien que Madara soit plus que réticent à l'idée de séjourner chez son ami, il tenta de voir les bons cotés : Au moins lorsque Tobirama l'apprendrait, il serait vert de rage.

Cette pensé lui apporta un peu de réconfort.

-Madara-sama ! S'étrangla son conseillé, en êtes vous sûr ?

-Ne t'inquiète pas pour moi, soupira-t-il, ce n'est que pour une nuit ou deux.

Malgré ses paroles rassurantes, Hikaku ne parut pas apaisé.

-Tu pourras prendre soin de Nadja pour moi en attendant que je vienne la récupérer ? Demanda-t-il.

Le conseillé hocha mécaniquement la tête.

-Oui, marmonna-t-il distraitement, je prendrai soin du monstre…

-Merci, répondit Madara en ignorant délibérément la façon dont l'homme avait parlé de son précieux oiseau.

-Tout est réglé ? L'interrogea Hashirama.

-Tout est réglé, approuva-t-il.

N'ayant clairement plus rien à se dire, les deux hommes se jetèrent un dernier regard avant de s'apprêter à quitter l'arrière du bâtiment de réunion. Or, ils virent leur route barré par Hikaku qui, malgré sa taille, vint se positionner face à l'Hokage, le menton haut.

-Une dernière chose, Hokage-sama, persiffla-t-il en plissant les yeux, si vous ne touchez ne serait-ce qu'un cheveu de mon meneur, vous le payerez cher. Ne croyez pas que je vous fais confiance, Senju.

Puis, sans un mot de plus, il s'en alla. Purement et simplement, dans un tourbillon de robes noires aux échos dramatiques.

Interdit, Madara le fixa un long moment. Dans ses souvenirs, Hikaku avait toujours été protecteur, mais jamais autant comme aujourd'hui. Il supposa que le fait d'avoir détruit la stèle sacrée de leur clan devait l'avoir bouleversé.

-Il est vraiment attaché à toi dit donc, déclara soudain Hashirama en prenant la parole.

Pour toute réponse Madara haussa les épaules.

-Au fait, reprit l'Hokage alors qu'il marchait à travers les rues silencieuses de Konoha, qui est cette Radja ?

- Nadja, le corrigea l'ex-meneur, c'est mon oiseaux.

-Tu as un oiseau ? Dieu, c'est inattendus ! C'est un canari ? Un corbeau peut-être ? Ou alors un pigeon ?

-Est-ce que j'ai une tête à avoir un pigeon ?! Feula Madara, outré par la question.

Un pigeon ? Quelle vision de lui avait Hashirama pour penser qu'il serait le possesseur d'un animal aussi vulgaire ? Il se sentait blessé dans son orgueil.

-Alors tu as quoi ? Demanda l'homme sans se douter qu'il avait vexé son compagnon.

-Un busard cendré, grogna Madara.

L'Hokage laissa échapper un « hmm » pensif et ils poursuivirent leur chemin jusqu'à parvenir devant une grande maison en bois à l'aspect chaleureux.

Ne perdant pas une seconde, Hashirama alla ouvrir la porte et Madara découvrit avec surprise un vaste hall donnant sur un salon bien rangé et où diverses plantes de tout genre étaient posées sur chaque surface disponible.

-Bienvenu dans mon humble demeure, plaisanta l'heureux propriétaire avec un sourire radieux.

-C'est différent d'à quoi je m'attendais, avoua Madara en faisant quelques pas à l'intérieur.

C'était la première fois qu'il mettait les pieds chez son ami. Il devait dire qu'il était surpris : Le connaissant, il se serait attendu à un espace jonché de divers objets et vêtements. Pas à une pièce impeccable qui dégageait une aura accueillante.

-Impressionné ? Le taquina Hashirama.

-Pas le moins du monde, rétorqua Madara en croisant les bras.

L'Hokage afficha brièvement une moue déprimé avant de se reprendre : Il marcha alors vers une porte se trouvant non loin de sa cuisine, uniquement séparé se son salon par un buffet, et l'ouvrit pour révélé une petite chambre n'ayant que pour seul meuble une table de chevet collé à un simple lit aux draps verts.

-La chambre des invité, déclara-t-il d'un ton presque solennel, ce sera la tienne jusqu'à que tu te trouves un logement.

-Je te remercie, déclara Madara en passant le seuil de la pièce.

Aucune réponse ne lui parvint, si bien qu'il se retourna, les sourcils froncés, pour découvrir avec étonnement qu'Hashirama paraissait médusé pour une quelconque raison.

-Qu'y à-t-il ? L'interrogea-t-il.

L'homme sembla sortir de sa rêverie :

-Quoi ? Oh ! Non rien ! Merci à toi plutôt !

Il se passa une main sur la nuque :

-Je pense que je vais te laisser alors… Bonne nuit je suppose ?

La situation devenait certainement inconfortable se dit Madara alors qu'Hashirama restait planté devant sa porte, un sourire benêt aux lèvres. Attendait-il qu'il lui souhaite aussi bonne nuit ?

Si c'était cela, alors il se fourrait le doigt dans l'œil : Les niaiseries de ce genre ne faisaient pas partie des choses qu'il affectionnait.

C'est pour cela, qu'après un simple grognement suivit d'un hochement de tête, il lui ferma la porte au nez.

Avec un soupir, il se débarrassa de ses vêtements avant de s'apercevoir que dans son désir précipité de quitter les quartiers du clan Uchiha, lui et Hahirama avait complètement oublié de passer chez lui pour récupérer quelque habits.

Par chance, il remarqua une vieille armoire dans un coin de sa chambre. Lorsqu'il l'ouvrit, se fut pour y découvrir quelques vieilles tenues ayant probablement appartenue à son ami.

Oui. Définitivement à l'hokage se dit-il alors qu'il sortait un yukata rayé du placard. Ses gouts vestimentaires étaient toujours aussi horribles, songea Madara avec nostalgie.

Et dire qu'il n'avait aucune raison de l'être étant donné qu'il était de retour dans le passé. Quelle ironie.

Ne voulant plus y penser, il enfila le yukata (malgré son dégout apparent pour ses motifs) et s'installa sur le lit, enfouissant son visage dans ses mains.

Il savait déjà que son clan l'aurait rejeté. Mais même en ayant la connaissance de ce fait, ce même sentiment de déchirement lui crochetait le cœur pour la seconde fois en 80 ans. Il avait de nouveau l'impression de perdre une part de lui.

Devait-il essayer de regagner leur confiance ? Dans cette ligne de temps, ne pouvait-il pas changer les choses pour le mieux ?

Il serait étonnant qu'Uchiha Takeshi le laisse faire…

Madara gémit. Ce soir là, il était bien trop épuisé pour penser correctement : Son esprit était en sens dessus dessous. Il ferait mieux de se coucher demain, se dit-il, la brume qui occultait ses pensés aurait surement disparue.

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oOo

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Les débuts de la colocation avaient été pour le moins difficiles : Ils se parlaient peu, et étaient perpétuellement embarrassés par le fait de partager le même espace. En particulier dans le cas de Madara qui ne savait pas comment agir en présence de la personne à qui il avait fait tant de mal dans sa précédente vie.

Il était hanté par un sentiment de culpabilité en permanence.

Evidemment, son ami ne semblait pas s'en douter et tentait de passer du temps avec lui. C'était dans ses moments de l'ex-meneur découvrait des trais de l'hokage dont il se serait bien passé de savoir.

Le lendemain de sa première nuit, par exemple, il s'était rendu compte qu'Hashirama ne savait vraiment pas cuisiner, et qu'il avait l'horrible habitude de faire pousser ses fruits et légumes sur son propre corps.

Il avait failli avoir une crise cardiaque en se levant un matin pour apercevoir l'homme jeter des brocolis, qu'il arrachait de son bras, dans le four.

Et encore, ce n'était pas le pire : Il rangeait ses shampoing (et il en avait beaucoup) par ordre de taille ! Lorsque Madara s'était retrouvé face à une vingtaine d'entre eux placés du plus petit jusqu'au plus grand, il n'avait pas pu s'empêcher de les déplacer pour voir si Hashirama le remarquerait.

Il avait été surpris de constater que l'Hokage les avait immédiatement replacés dans leur ordre d'origine. Et ce, sans même lui faire de remarque.

Par contre, le jour suivant, dans le bureau de la tour ou ils travaillaient, l'homme s'était tenus derrière lui durant tout le temps ou il remplissait les rapports des missions de la semaine. C'était une situation vraiment malaisante qui l'avait fait raturer plusieurs de ses phrases, et échapper le crayon de ses doigts à de nombreuses reprises. Il supposait que cela avait été la seule manière qu'Hashirama avait trouvé pour se venger.

Il n'avait plus touché aux shampoings.

Ces jours là avait également marqué le début d'une routine de vie entre eux.

Ce matin là, comme à son habitude, l'ex-meneur du clan Uchiha se dirigeait vers la tour de l'Hokage, sachant qu'il y trouverait son ami en train de travailler sur des dossiers plus ou moins important qu'il serait obliger de classer plus tard par ordre alphabétique.

« J'aimerais tellement que les papiers soient aussi bien organisés que les shampoings dans sa douche » Se disait-il tout en montant les escaliers de la tour.

Et alors qu'il parvenait au dernier étage, des éclats de voix se firent soudain entendre par-delà les portes closes du bureau de l'Hokage.

-… Le laisser rester chez toi est de la folie ! S'exclamait une première voix qu'il identifia comme celle de Tobirama.

Il soupira : Apparemment, l'homme ne s'était toujours pas remit du fait qu'il vivait temporairement chez son frère. Doucement, il s'approcha de la porte en prenant le temps de dissimuler au maximum son chakra dans le but d'espionner la conversation.

-Allons, lui répondit une seconde voix (celle d'Hashirama), c'est mon ami et il n'a jamais rien fait de mal.

-A part tuer des milliers de gens sur les champs de bataille ?

-Tobirama… Gémit l'Hokage.

-Je ne rigole pas mon frère, cet homme est plus que dangereux : Même son clan l'a rejeté ! La nouvelle à déjà faite le tour du village.

Madara se crispa.

-Il y à une très bonne raison à cela, répliqua calmement Hashirama.

Le connaissant, l'ex-meneur l'imaginait assis derrière son bureau, entrelaçant ses doigts ensemble alors qu'il venait y poser ses lèvre, fixant son frère d'un regard pénétrant.

-Parce que tu es courant peut-être ? S'esclaffa alors Tobirama.

-En fait, pour tout te dire, oui.

Il eut un silence.

-Et quelle est la raison de ce rejet alors ? Demanda le ninja aux cheveux blancs après un bref moment.

Craignant qu'Hashirama ne livre le secret de son expulsion de clan, Madara cessa d'écouter et fit claquer les portes du bureau contre le mur avant de pénétrer dans la salle.

Choqué par le claquement sonore, les deux Senju se tournèrent brusquement vers lui.

-Tobirama... Hashirama… Les salua-t-il d'un ton sec.

-Madara… Gronda le plus jeune des trois en le fusillant du regard.

-Madara ! S'exclama joyeusement Hashirama, tu tombes bien ! J'avais justement quelque chose dont je voulais te faire part !

Le ninja haussa un sourcil :

-Si tu me propose encore d'aider l'architecte responsable de la construction de ma maison, alors la réponse est non : Tes gouts architecturaux sont aussi lamentables que ceux vestimentaires.

L'hokage s'affala sur son bureau.

-Pourquoi tant de cruauté… Geignit-il.

Tobirama renifla.

-Désolé, reprit l'Hokage quelques secondes plus tard, mais ce n'est pas de ça dont je voulais parler.

Il se pencha ensuite vers un des tiroirs de son bureau et en tira un rouleau qu'il remit à Madara.

Sans attendre une seconde, celui-ci l'ouvrit et se mit à le lire, sentant ses yeux s'élargir à chaque ligne qu'il parcourait. Sa lecture achevé, il reposa la missive sur le bureau.

-Un sommet de Kages ? S'exclama-t-il finalement.

-Oui ! Gloussa Hashirama avec le visage d'un chiot à qui on aurait offert son premier os. –N'est-ce pas fantastique ? Les autres nations se sont inspirées de notre village !

-Ils l'ont littéralement copié plutôt ! Rétorqua Madara curieusement appuyé par Tobirama qui grogna en signe d'approbation.

-Ce n'est pas grave : Cela prouve juste que notre idée est bonne si elle est reprise.

-C'est une des choses que je déteste chez toi, grommela Madara, tu es trop optimiste, mais d'une mauvaise manière. Te rends-tu comptes un peu que si d'autre village se crées, alors cela signifie que des clans se sont alliés, non dans le but de faire la paix, mais dans celui de pouvoir se défendre contre nous si nous décidions de les attaquer.

-Pourquoi les attaquerions-nous ?

Cette fois, même Tobirama soupira.

-Laisse tomber mon frère, souffla-t-il avant de secouer la tête. –Juste une question… Pourquoi dire cela à Madara ?

-Tu juges que je ne suis pas assez digne de confiance, intervint aussitôt l'ex-leader de clan en prenant un air menaçant.

Peut importe la ligne de temps dans laquelle il se trouverait : Tobirama serait toujours le pire vaurien qu'il rencontrerait.

L'homme ouvrit la bouche, probablement avec l'intention d'emmètre une réplique cinglante, mais se fit aussitôt couper par son frère :

-Je lui dis car je veux qu'il vienne avec moi.

La réplique les prit tellement au dépourvus que les deux shinobis en perdirent leur mot.

-Quoi ? S'étranglèrent-ils.

-Madara m'accompagne, décréta l'hokage en confirmant ce qu'il venait de dire plus tôt.

-Pourquoi lui ?

-Pourquoi moi ?

-Parce-que c'est mon ami, et aussi un des fondateurs de Konoha.

C'était une réponse simple, mais pourtant logique. Ils ne pouvaient rien y redirent.

-Et puis fait ce que tu veux ! Persiffla soudain Tobirama, lorsque cela te retombera dessus ne viens pas pleurer sur moi.

Surpris par la réaction du jeune homme, Hashirama et Madara ne purent que se sentir dépassés.

-Tu sais au moins qui va diriger ton village pendant ton absence ? Ajouta Tobirama un peu plus calmement alors qu'il se dirigeait vers la porte. –Ce sera moi n'est-ce pas ?

-Euh… Oui, c'est ce que j'avais en tête, balbutia l'Hokage.

Son frère se contenta d'hocher la tête et une seconde plus tard, la porte du bureau claquait, les laissant seul.

-Tu penses qu'il est fâché ? Demanda Hashirama quelques minutes plus tard en fixant toujours l'endroit où Tobirama avait disparut.

-C'est le cas de le dire, renifla Madara.

Il croisa ses bras :

-Tu veux vraiment que je vienne avec toi ?

-Bien sûr, dit Hashirama, qui d'autre à part toi devrait être présent ? Dit toi que ça te donnerais l'occasion de sortir du village, je vois bien que tu es bizarre ces dernier temps : Un peu d'air frais te ferait du bien.

-Je suppose, grinça-t-il.

Ne sachant clairement pas quoi ajouter, les deux se murèrent dans un silence gênant. Si Madara regardait par la fenêtre, Hashirama lui, l'observait.

L'Hokage prit une grande inspiration :

-Tu comptes m'aider pour les papiers ? L'interrogea-t-il timidement.

-Bien sûr, maugréa Madara en se détournant de sa contemplation de l'extérieur, mais faisons le rapidement : Je dois retrouver Hikaku d'ici deux heures.

-Encore lui ? Tu le connais depuis longtemps pour être aussi proche.

Il y avait une sorte de ton de reproche dans sa voix qui prit Madara au dépourvus.

-Je le connais depuis mon enfance en effet, répondit-il en clignant des yeux, nous allons aller faire voler Nadja sur la falaise, ajouta-il après un temps de réflexion.

Il avait l'étrange impression de se justifier à propos de quelque chose, sauf qu'il ne savait pas quoi.

Bizarrement, les yeux d'Hashirama semblèrent s'adoucirent.

-Je vois, dit-il, dans ce cas j'espère que ton oiseau sera content.

-De même, répondit Madara avant de faire volte-face pour se mettre à fouiller dans l'immense pile de papier éparpillé sur le sol.

Il ferait mieux de presser son ami de les remplir : A ce rythme, le sol deviendrait invisible sous tous ces documents administratifs.

…..

Voilà, j'espère vraiment que vous aurez aimé ce chapitre…

Review ? Elles motivent toujours.